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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 15:20

 Sous-titre : L'organisation recèle ses propres périls .

" Les masses iront toujours vers un césar " ( Georges Sorel, Réflexions sur la violence ) .

   " Une classe qui arbore en face de la société le drapeau de revendications déterminées et aspire à réaliser un ensemble d'idéologies, ou d'idéaux, découlant de fonctions économiques qu'elle exerce, a besoin d'une organisation. Qu'il s'agisse en effet de revendications économiques ou politiques, l'organisation apparaît comme le seul moyen de créer une volonté collective. Et  en tant qu'elle repose sur la plus grande économie de forces, l'organisation est, entre les mains des faibles, une arme de lutte contre les forts... L'ouvrier isolé se trouve en fait livré sans défense à l'exploitation de ceux qui sont économiquement plus forts... ( Robert Michels. Les partis politiques. Traduit par S. Jankélévitch en  1914.)

... Mais le principe politiquement nécessaire de l'organisation, s'il permet d'éviter la dispersion des forces contre l'adversaire, recèle d'autres périls... C'est que l'organisation constitue précisément la source d'où les courants conservateurs se déversent sur la plaine de la démocratie et occasionnent des inondations dévastatrices qui rendent cette plaine méconnaissable."  ( R. Michels.)

 

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   Je ne veux pas rentrer, ici, dans le débat âpre qui opposa , à la fin du XIXe siècle, les syndicalistes révolutionnaires, tenants de la Révolution par la grève générale, et les sociaux démocrates,  partisans du parlementarisme et donc de l'organisation des travailleurs en partis politiques. Ce débat est tranché, les démocraties se sont construites tout au long du XXe siècle sur les partis politiques et leur pluralisme.

   Mon propos est de reposer la question, dans le contexte actuel où notre démocratie s'essouffle :  est-ce que les partis n'ont pas montré, dernièrement,  pas leurs limites ?  Est-ce qu'il ne faut pas creuser de nouvelles pistes pour se rapprocher d'une démocratie plus directe, pour faire reculer, par exemple, la trop facile délégation des pouvoirs, la désastreuse formation des oligarchies dirigeantes des partis ?  " ...L'idéal pratique de la démocratie consiste dans le gouvernement des masses par les masses, conformément aux décisions des assemblées. Mais s'il est vrai que ce système limite l'extension du principe de délégation,  il n'offre en revanche aucune garantie contre la formation d'un état major oligarchique ", affirmait le sociologue allemand Robert Michels .

   Le philosophe français  J.J.Wunenburger résume très bien la pensée de Michels, me semble-t-il, et explicite la métaphore de ce dernier :  " Sur les plaines dévastées... "

   " ...Ce qui est en cause, c'est la mécanique des Partis... , dit-il  ... Sous la complexification croissante des affaires publiques dans les Etats modernes, le parti a tendance à se bureaucratiser, chaque représentant se spécialise dans des domaines techniques, ce qui donne en retour, à la direction du parti un poids hégémonique, puisque seuls les dirigeants seront à même de prendre les décisions d'importance politique. Les plus ambitieux ou chanceux des membres du Parti se consacreront rapidement à une lutte permanente pour la direction du parti, les autres deviennent d'authentiques professionnels, préférant, même en cas de désaccord avec le parti, continuer à y faire carrière, de peur de ne plus retrouver de responsabilités à leur mesure dans la société civile. Quant aux chefs,  ils se livrent à de cyniques manipulations d'appareil pour neutraliser leurs concurrents et pour mettre à profit des jeux de coalition et de factions,  afin de devenir les leaders charismatiques incontestés auprès des militants, avec souvent, d'ailleurs, le concours de la presse..."

     A cette fin,  l'idée préconisée  par  J.J.Wunemburger, de l'application du principe de subsidiarité, pour toute décision politique, au sein du parti, est tout à fait intéressante : faire prendre toute décision à l'entité la plus inférieure dans la hiérarchie institutionnelle, à même de la prendre, et toutes les fois que c'est possible.

 La démocratie, pour les anciens Grecs, se fondait sur un principe : " l'exercice par tous les citoyens de leur souveraineté libre et inaliénable, ce qui veut dire communauté publique,  les gouvernants n'étant que des magistrats chargés d'appliquer la volonté générale..." explique J.J.Wunemburger ) . Mais de là, à prendre exemple sur ce modèle, il y a un pas difficile à franchir . Aristophane, s'amuse déjà,  dans sa comédie " Les guêpes ", ( environ 430 av. JC ), de la propension des citoyens à vouloir être magistrats, si bien qu'un tiers de ceux-ci étaient des juges et que tout le monde voulait juger tout le monde .

Le fiasco des primaires de la droite et du Parti socialiste illustre à l'envi le défaut d'un tel modèle .

En ce moment, la question ici posée, de la place des partis dans la vie politique, est devenue brûlante . E. Macron veut gouverner au-dessus des partis comme en témoigne la formation de son gouvernement . Pour mener à bien son dessein présidentiel,  le champion réformateur  compte sur la " verticalité"  de sa gouvernance  par l'usage des réseaux sociaux pour continuer à mobiliser ses troupes et les technocrates de ses administrations centrales . Une " désintermédiation " d'où, partis et médias traditionnels seront en permanence contournés voire ignorés, comme en témoignent ses deux premières sorties officielles : visite à l'hôpital militaire de Percy - sans caméras - et visite aux soldats français, au Mali - avec des journalistes sous contrôle .

Chamboulement dans la méthode, ça paraît clair : big bang ? C'est autre chose . Il arrive qu'un big-bang se termine en " Boum ! "

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 18:06
Image : Le Monde .

Image : Le Monde .

" Celle du vieil Hugo tonnant de son exil / Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines / Celle qui construisit de ses mains vos usines . Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on l'assassine / Ma France  ... " ( Jean Ferrat ) .

" Moix la menace " a encore frappé (1) .

Le magazine Marianne semble oublier, depuis un certain temps, sa charte éthique . Après un éditorial dithyrambique, signé R. Dély, la semaine dernière, sur le nouveau Président - pourquoi pas, mais point trop n'en faut - dans l'édition du 19 mai 2017, sa rédaction n'hésite pas à donner la parole à l'écrivain de seconde zone, héros fatigué de l'émission " On n'est pas couché ", Yann Moix, qui signe un véritable appel à la haine " de la France de la de rue " .

Adolphe Thiers, l'assassin de " La Commune ", a ses émules dans l'intelligentsia . Appelé à écrire une adresse au nouveau Président de la République, voici les menaces que le très lointain Prix Renaudot s'autorise .

Méfiez-vous, M. le Président, de la France en colère . Celle de 1793 et de 1871 . Elle n'est pas légaliste, elle est haineuse; elle prône l'égalité au bout d'une pique et n'aime pas perdre la face . Elle n'est pas le peuple, elle est la foule . Elle n'est pas la démocratie, elle est " l'ochlocratie " . ( M. Moix, adore les mots désuets qui, croit-il, l'aident à briller, cependant, dans le cas présent, je pense qu'il a manqué de courage et n'a pas osé écrire, " le gouvernement de la populace " ) . Cette France ne vous fera pas de cadeau . France en colère, France de la rue, remplie de véhémence et de menaces qui, dès demain matin, bloquera votre action, empêchera votre pouvoir, freinera vos décisions . Une France pleine de rancoeur dont on ne saurait excuser la violence quand elle met le feu aux agents de police . Puissiez-vous être le premier Président, depuis De Gaulle à ne pas avoir peur de la rue, à ne pas vous laisser mener par les diatribes des meneurs, par les huées des sans-culottes qui râlent et grognent te plongent, ricanant, hurlant, le pays dans un chaos satisfait, souhaité, voulu ... Cette France de la foule n'est pas la France du peuple : le peuple qu'elle prétend incarner  est pris en otage par elle, comme sous la Commune où l'immense majorité des Parisiens était prise en otage par " la folie rouge " . L'extrême gauche a trop souvent fait montre de toxicité . Soyez ferme ... " 

Passons sur la lecture biaisée de l'histoire que fait cet homme qui ne dédaigne pas flirter, à l'occasion, avec l'extrême-droite . Mais relevons la " niaiserie " d'un tel propos, alors que la procédure électorale conduisant à l'installation, peut-être, d'un nouveau régime, n'est pas terminée : les élections législatives n'ont pas encore eu lieu  . Arrêtons-nous enfin sur l'appel à la haine envers les classes populaires, ces " classes dangereuses ",  parce que par nature, dépravées, alcooliques, sans morale, violentes - un quasi " appel au meurtre " digne des meilleurs moments du XIXe siècle .  Seul un psychopathe peut avoir accès à pareilles pulsions . Emmanuel Macron, veuillez rétablir, au plus tôt, le bagne de Toulon, le bagne de Cayenne, les déportations en Nouvelle Calédonie, les galères, et puis à y être, prévalez-vous de l'ancien projet de Traité Constitutionnel Européen, de 2005, pour réintroduire " la peine de mort ", pour participation à une émeute . 

Journalistes de Marianne, ressaisissez-vous !

(1) . " Max la menace ", espion 86 de l'agence " Control ", et traquant avec plus ou moins de réussite l'organisation criminelle " KAOS " ; série télévisée de la fin des années 1960 .

 

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 14:01
" Des mots pour faire accepter l'inacceptable " (1) .

(1) .  " Mots-masques, mots mystificateurs, mots menteurs, la dérive n'en finit pas du vocabulaire dévoyé qui décervelle et dépolitise les citoyens . Elle a pris au cours de la dernière période une ampleur à la mesure du pouvoir des publicitaires, de la hargne des technocrates et de l'arrogance des élites politiques ... " ( Le Monde Diplomatique, Mai 1995 ) .

Le mot " communication ", par exemple, avait encore, il y a une trentaine d'années, le sens positif d'échange d'informations entre interlocuteurs de même niveau . Les publicitaires l'ont bien vite monopolisé pour couvrir leur entreprise unilatérale de propagande suivis par les politiciens substituant à la réalité de leur action politique l'obsession des images que les médias peuvent en donner . Un véritable brouillage réussi qui ne manquera pas d'égarer le public : l'ascension d'E. Macron durant la campagne électorale en est l'illustration .

On peut trouver un autre mot, " consensus ", jouissant lui-même d'une considération usurpée, un mot qui se veut le point culminant de la démocratie, ce point où tout le monde s'accorde sans avoir à forcer personne quand, en réalité, il n'est que falsification . L'idéologie du consensus ne vise qu'à une chose : éliminer dans tous les domaines l'opposition, le débat, la délibération proprement démocratiques . Elle présuppose l'existence secrète d'un assentiment collectif qu'il suffit de " révéler " pour que chacun s'y rallie . Un pouvoir habile n'a plus qu'à présenter ses choix comme l'expression d'un consensus - à coups de sondages fabriqués et de sentences de faux experts à gages -, et le citoyen n'a plus qu'à suivre : le gouvernement par " Ordonnances " est l'avatar de ce modèle .

Et le mot " dialogue " ? C'est pour camoufler des décisions autoritaires qu'on le met en avant pour donner à des décisions des allures d'ouverture . Généralement le mot dialogue cache une réalité, le conflit . N'a-t-on pas vu souvent le dialogue s'instaurer après de longues semaines de conflits sociaux ( CIP Balladur, réformes Juppé, CPE  Villepin, Loi El Khomri, et bientôt ordonnances Philippe ) parce que les politiques se montraient incapables d'écouter, le tout se terminant par : venez dialoguer, il y avait un malentendu, on va réparer cela ..? En fait le dialogue ne sert plus qu'à " sauver les meubles " .

De la même manière, le verbe " rassembler " dont abusent les candidats qui se disputent un même public, ne sert plus qu'à voiler son contraire, " diviser " . Dans l'ère " Macron " qui s'ouvre, ils deviennent même synonymes . Une véritable prouesse !

Il en est un enfin, de ces mots, qui vient, aujourd'hui, de sa magnificence toute macronienne, écraser tous les autres : " Progressisme " . L'anti-Hegel - " l' histoire est progrès " - l'usurpation incarnée . Il a déjà remplacé au fronton de nos bâtiments publics la devise républicaine .

La disparition du droit du travail, le démantèlement de la protection sociale, la rentabilisation à outrance de notre système de santé, la privatisation d'une partie du système éducatif :  dans une opération de " communication " offensive  et de grande ampleur, les " progressistes " nous appellent à nous " rassembler ", dans un esprit de  " dialogue " et de " consensus " pour déboulonner toutes les entraves au triomphe du libéralisme . Une autre France débranchée de son histoire .

Faisons respirer nos " start-up ", soyons tous les entrepreneurs de notre destin, "  ubérisons " notre quotidien, suivons aveuglément celui qui aura été " le candidat naturel " de la France de demain, mais peut-être aussi l'artifice idéologique dont le rôle sera de " rendre innocentes " des réalités qui n'ont pourtant rien de naturel .

Et ringard, conservateur, réactionnaire soit " qui mal y pense " !

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 15:05
Une nouvelle technique de pêche : le filet à mailles très larges .

Une nouvelle technique de pêche : le filet à mailles très larges .

" Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est même le contraire, c'est leur situation sociale qui détermine leur conscience ", ( Karl Marx ) .

La politique est simple à comprendre car les idéologies qui la sous-tendent sont elles-mêmes très simples . D'un côté le capitalisme effréné - qu'on appelle plus facilement aujourd'hui, le néo-libéralisme - qui nous a mené au pouvoir absolu de la haute finance, qui exploite tout ce qui existe parce que sa philosophie est que tout s'achète et tout se vend - même l'homme - au risque de tout détruire et d'exterminer l'humanité . 

De l'autre, il y a l'humanisme, certes qui se présente à nous dans une grande diversité et qui ne nous demande pas d'être parfaits et que l'on reconnaît aisément parce qu'il pense d'abord au bonheur des peuples et à la préservation de nos milieux naturels .

C'est simple à comprendre . Il est donc facile de choisir !

Lors de la présidentielle, aujourd'hui derrière nous, il y avait deux visions du futur, portées par deux mouvements se voulant libérées des cadres imposées par les partis traditionnels . " La France insoumise " et " En marche " . La deuxième l'a emporté parce que nous avions été très formatés pendant des mois par un rouleau compresseur médiatique sans retenue . Le pouvoir des médias n'est plus à prouver, aujourd'hui, après la séquence de fabrication de " l'homme nouveau " que nous venons de vivre, un homme nouveau entre les mains de puissances financières animées par une seule logique, simple mais implacable .

Si l'on regarde de près, la France était dans le monde le dernier bastion d'un mode de vie envié, avec ses services publics, ses protections sociales, ses politiques de santé  et son droit du travail très efficaces . 

Mais tout cela ne plaisait pas, depuis très longtemps, aux milieux financiers qui les voient comme des obstacles à leur enrichissement sans fin . Petit à petit, ils essayaient depuis des décennies à démanteler tout cela pour s'emparer de tout ce qui rapporte, mais cela n'allait pas assez vite . Le coup de force qu'ils viennent de remporter en faisant élire Emmanuel Macron est la preuve de leur volonté de tout détruire sans attendre davantage . Et donc, par des privatisations accélérées des services publics,  tout va nous coûter plus cher, exigeant de nous, de payer par nos impôts tout ce qui ne sera pas rentable . Nous paierons tous, tout ce qui ne sera pas rentable, et parfois, deux fois . Les grands gagnants seront les marchands du temple de la mondialisation, les grands perdants, nous .

La réaction immédiate des marchés financiers, de l'Europe, de l'Allemagne, la couverture médiatique donnée à cette élection présidentielle dans le monde, illustrent à l'envi le futur que les puissances à l'oeuvre entendent nous imposer . Dans le même temps, autant de fébrilité démontre que le système ultra-capitaliste est fragile .

C'est pourquoi, l'enjeu des prochaines élections législatives est aussi important que l'enjeu des présidentielles . Il n'est pas trop tard pour bâtir un barrage à la puissance financière . 

C'est très simple . Chacun de nous n'a que deux choses à intégrer : les dangers majeurs, pour les classes populaires, de la politique qui sera conduite dans les cinq années qui viennent et l'obligation de ne jamais oublier d'où il vient .

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 14:19
V. Hugo sur le rocher des proscrits, Jersey, 1853 .

V. Hugo sur le rocher des proscrits, Jersey, 1853 .

" Depuis l'âge où mon esprit l'entrevoit, voici les phases que ma conscience a traversées, en avançant sans cesse, sans reculer un jour : 1818, royaliste ; 1824, royaliste, libéral ; 1828, libéral, socialiste ; 1830, libéral, socialiste et démocrate ; 1849, libéral, socialiste, démocrate et républicain . ( Victor Hugo, Actes et Paroles, 1850 ) .

Qui sont les électeurs d'E. Macron ? Quel est le profil des électeurs de Marine Le Pen ?

I ) . Profils politiques :

E. Macron a bénéficié d'importants reports de voix chez les électeurs de F. Fillon ( 48% ), de J.JL. Mélenchon ( 52% ), de B. Hamon ( 71% ) .

En revanche, Marine Le Pen n'est rejointe que par 20% des électeurs de F.Fillon, 7% de ceux de J.L. Mélenchon, 2% de ceux de B. Hamon . Seulement 30% des électeurs de N. Dupont-Aignan ont voté pour la candidate du FN, malgré leur alliance de second tour, contre 27% à E. Macron, 20% ayant voté blanc et 23% s'abstenant .

L'abstention reste surtout visible chez les électeurs de J.L. Mélenchon ( 24% ) .

E. Macron réalise ses meilleurs scores parmi les électeurs qui se positionnent à gauche ( 92% ) .L'electorat de droite apparaît clivé, au second tour : 48% votent E. Macron, 52% votent pour Marine Le Pen .

Chez les sympathisants des " Républicains " on vote à 70% pour E. Macron et chez les électeurs ne se déclarant proches d'aucun parti, le score atteint 62% .

II ) . Profils démographiques : 

E. Macron réalise ses meilleurs scores chez les retraité ( 74% ) . Il recueille 70% des suffrages des 60-69 ans et atteint les 78% chez les plus de 70 ans, soit 13 points de plus que son score national . Marine Le Pen  a du mal à convaincre cet électorat âgé, réalisant ses meilleurs scores chez les 25-34 ans( 40% ) et les 35-49 ans ( 43% ) . 

III ) . Profils sociologiques :

E. Macron est surreprésenté dans les catégories socioprofessionnelles aisées : cadres ( 82% ) . Marine Le Pen réalise des scores élevés chez les ouvriers ( 56% ) et chez les employés ( 46% ) .

Les voix en faveur d'E. Macron augmentent en fonction des revenus recueillant 75% de voix dans les foyers gagnant plus de 3000 € mensuels, mais ne séduit que 55% des électeurs  dont le foyer ne gagne que 1250 € mensuels . 69% des électeurs qui affirment s'en sortir très difficilement ont apporté leurs voix à Marine Le Pen .

Les chômeurs se sont partagés entre le candidat " En marche " ( 53% ) et la candidate du FN ( 47% ) accordant une légère prime au premier .

Les catholiques votent quasiment comme la moyenne nationale 63% ) pour E. Macron, contre 37% pour Marine Le Pen . Relevons que le premier séduit davantage les électeurs d'autres religions ( 72% ) et les athées ( 68% ) .

Relevons que les autorités musulmanes, juives et protestantes avaient appelé à voter pour le président élu, à l'inverse de l'épiscopat qui vait préféré garder le silence .

IV ) . Profils géographiques :

Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores dans les petites communes ; la France rurale lui apportant 43% de suffrages . E. Macron réalise des scores nettement supérieurs à son résultat national dans les grandes agglomérations de plus de 100 000 habitants .

( Enquête Ipsos Steria, publiée par www. publicsenat.fr,  au lendemain du second tour,  ) . Elle fournit des clefs de lecture incontournables pour les législatives du mois de juin et montre que la formulation " des feux France " qui s'affrontent est très largement approximative .

 

NB : vade mecum, petit livre qu'on porte commodément sur soi, pour se diriger .

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 14:47
Francebleue.fr

Francebleue.fr

" La popularité ? C'est la gloire en gros sous ! " ( Ruy Blas, Victor Hugo ) .

La campagne électorale des présidentielles a été principalement marquée par la substitution au discours politique d'une dialectique de communication publicitaire sans vergogne .

Les deux grands partis de l'alternance qui depuis un demi-siècle ont conduit le pays, empruntant la pente douce de la désinformation, à l'état où il se trouve, aujourd'hui, ont été éjectés du deuxième tour, à la fois par l'esprit de " dégagisme " qui s'est emparé des électeurs, chassant sans ménagements les têtes honnies et par les tiraillements internes entre leurs forces centrifuges, à la recherche de nouvelles sécurités pour les privilèges qu'elles ne veulent pas abandonner .

Avant même les affaires, F. Fillon ne pouvait plus compter sur les juppéistes, dont certains partaient déjà vers Macron, ce qui lui enlevait au moins un tiers de son électorat . Benoît Hamon, sorti malencontreusement vainqueur d'une primaire qui ne lui était pas destinée et où pourtant ni Macron, ni Mélenchon ne se présentaient, allait les retrouver sur le chemin d'un premier tour qui lui fut fatal, ses soutiens potentiels ayant fui vers les deux étoiles montantes de la vie politique hors des partis .

Ainsi, au-delà des affaires pour les uns, d'une erreur de casting pour les autres, la catastrophe politique qui a frappé la France tient avant tout à la déliquescence des partis classiques . Les dissensions internes ne sont pas nouvelles dès lors qu'il s'agit d'atteindre la taille critique pour remporter des élections mais le temps est fini où les citoyens admettaient qu'un appareil vigoureux puisse décider d'un candidat capable de gagner pour imposer ensuite une stricte discipline de parole et de vote : les chaînes d'information en continu et les réseaux sociaux sont passés par là .

La civilisation libérale et consumériste ayant cultivé un individualisme outrancier, les ego l'emportent sur le bien commun, ce que démontrent le " jusqu'au-boutisme " d'un J.L. Mélenchon - " Je ne veux pas affaiblir le PS,  je veux le remplacer - clame-t-il à Marseille "-, et la pussillanimité de B. Hamon : si les deux s'étaient unis, contre tous les obstacles placés sur leur route, la gauche pouvait l'emporter .

Hors de la structure des partis historiques, des " formations " nouvelles sont apparues, qui font la joie des observateurs, commentateurs et mercenaires de la plume, toujours prêts à embarque sur les grands  navires de croisière mais ne rassurent pas pour autant les électeurs . Ces formations nouvelles n'ayant pris l'apparence de la réalité que par l'attachement des premiers fidèles à un seul candidat, attachement personnel dont il n'est pas difficile d'entrevoir les dangers . 

Que peut devenir la démocratie s'incarnant dans un seul homme ou femme sinon un exercice de pure communication et une banale dialectique publicitaire . Exactement le spectacle que nous a offert E. Macron durant toute la campagne . 

Il a d'abord usé du fameux art " de faire durer le suspense " en faisant traîner jusqu'au dernier moment le dévoilement de la nature de l'offre, laissant les médias travailler essentiellement son image . Les Français ont dû attendre pendant de longues semaines son programme comme si celui-ci n'était qu'un vulgaire produit à vendre, et non l'affiche de la future France . Quant à ses mmetings, le candidat a laissé voir des scène ahurissantes de bonimenteur de foire, s'égosillant dans les dernières minutes pour convaincre la foule d'acheter son " aspirateur révolutionnaire " .

Une image : mais quelle image ? Un physique lisse au point d'être insipide, parfait mais sans charme et sans expressivité . Le regard, même lorsqu'il s'enflamme, est d'une étrange vacuité au point que le spectateur ressent un étrange malaise . On devine cet art consommé du commercial consistant à ne fâcher personne afin d'élargir son " bassin de chalandise ", n'énonçant que des principes consensuels mais jamais les moyens de leur réalisation . Il ne cesse de louer ses idées originales au seul prétexte qu'il est jeune, et cela devrait suffire ? La suite de l'aventure le dira .

Chez le nouveau président, tout est flou, conciliant, ambivalent, contradictoire, certes en phase avec une époque  où les intérêts ont remplacé les convictions, où les corpus politiques plus efficaces semblent trop contraignants pour qu'on y adhère, laissant à chacun le soin de se dire de gauche ou de droite dans un choix opportuniste qui ne le concernerait plus .

La France a donc cru voter pour la " nouveauté ", le mot magique des gondoles de  super-marchés, désormais passé dans les urnes .

Les Français ne vérifieront que plus tard si la marchandise est bonne mais ils doivent savoir que dans ce cas, " la marque " n'a prévu aucun remboursement .

NB : Statistiquement, la durée de vie d'une " start up ", en France, est de trois ans .

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:54
" - Oh ! p... que c'est haut ! "

" - Oh ! p... que c'est haut ! "

Depuis des décennies, la " Bonne Mère " s'est montrée très versatile en ce qui concerne le destin de sa bonne ville .

Depuis le soir du 7 mai, peut-on dire que la donne politique a véritablement changé en France ? On veut nous forcer à le croire pour nous faire adhérer à une démarche qui aurait l'apparence de la nouveauté mais est-ce bien sérieux ?

En se hissant au second tour de la présidentielle et en gagnant 1,2 millions de voix sur 2012 ( +3,4% ), le FN confirme son implantation nationale, même si le résultat reste loin des prévisions initiales . Cependant, la percée de Jean-Luc Mélenchon permet de dessiner une carte du vote populaire différente et dont la première victime est l'extrême droite . 

L'ex-ministre de Lionel Jospin gagne 3 millions de voix sur 2012, et en réussissant le coup du " casse-noix " sur B. Hamon, il inverse une courbe électorale qui conduisait la gauche de rupture à la marginalisation . Et donc, si l'irrésistible ascension de Marine Le Pen a été stoppée dans les esprits et dans les urnes, c'est bien à JLM qu'on le doit, en partie . Il ne faudrait pas l'oublier . 

Si Marine Le Pen arrive toujours en tête chez les ouvriers ( 34% ) elle est suivie par JLM ( 24% ) ; chez les chômeurs MLP réalise 30% talonnée par JLM à 27,5% ; de même que chez les employés où la candidate du FN atteint 30,1% devant le candidat des " Insoumis 23,1% . Ajoutons que JLM revit la première place à MLP, chez les 18-24 ans ( 30% ) . Une magnifique campagne couplée à une utilisation des réseaux sociaux inédite ont bousculé les vieilles machines électorales des partis devenues des repoussoirs pour les jeunes générations .

La progression de JLM est spectaculaire dans dans les régions dominées par un électorat populaire . Il est en tête en Seine-Saint6Denis ( 34%), ancien bastion de " l'ex-ceinture rouge " entre-temps passée au rose PS . Dans un bon nombre de villes à direction communiste de la banlieue parisienne, il dépasse les 40%, enregistrant des gains non moins négligeables dans le Nord et le pas-de-Calais sur des terres où le FN croyait régner définitivement .

Bouder son plaisir devant ces résultats serait criminel mais ... les Insoumis seraient avisés de ne pas s'approprier ces votes trop vite et définitivement . Car rien ne dit que ce vote est durable et appelé à se répéter lors des Législatives .

Rien ne dit, aujourd'hui, que la dynamique qui s'est cristallisée sur le nom du tribun se reproduira 577 fois car il n'est pas prouvé que les 577 candidats de la " France insoumise " " seront autant de clones de JLM . En effet, le succès de ce dernier a tenu pour beaucoup à sa personnalité, à son énergie, à ses remarquables qualités de tribun et de pédagogue, ce qui peut représenter aussi, du coup, son talon d'Achille le transformant parfois en sauveur suprême, ce qui ne fonctionnera plus, en tout cas beaucoup moins, aux Législatives . Et l'on risque alors de vérifier que la mise en orbite d'un homme seul ne remplacera jamais un mouvement qui soit à la fois bouillonnant, créatif, démocratique et collectif . Il va être difficile de tordre le bras, après l'avoir fait au PS, au Parti Communiste, aux écologistes encore fidèles à leurs principes, aux socialistes sincères, aux humanistes respectueux de l'histoire de chacun . Les logiques de parti peuvent revenir en force face au message " singulier " de JLM .

Son discours sur l'immigration - sujet structurant dans les milieux populaires - humaniste et franc, pourra-t-il être porté par ses candidats, avec la même ferveur, dans les 577 circonscriptions du pays ? Il s'imagine en pôle de référence d'une grande force citoyenne capable de bousculer l'ordonnancement traditionnel de la vie politique et de faire reculer davantage encore l'influence du FN . L'objectif est noble .

Mais le pari est risqué quand on veut le porter seul !

 

NB : à partir du billet de Jack Dion, " La France d'en bas n'est plus ce qu'elle était ", Marianne No 1050, du 9 mai 2017 .

 

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 14:10
Le funambule . Photographie Alain Nahum ( Galerie Marie Vitoux ) .

Le funambule . Photographie Alain Nahum ( Galerie Marie Vitoux ) .

18 juin 1204 : victoire de Philippe Auguste à Rouen ; la Normandie redevient française .

18 juin 1429 : Jeanne d'Arc écrase les Anglais à Patay, 6 semaines après avoir libéré Orléans 

18 juin 1538 : Paix de Nice signée entre François Ier et Charles Quint .

18 juin 1694 : Bataille de la " plage rouge ", en face de Brest . Les Français repoussent une tentative de débarquement anglais .

18 juin 1815 : Waterloo .

18 juin 1940 : Appel de Londres, du Général de Gaulle .

Qu'en sera-t-il du 18 juin 2017, avec des Français " athées de tout ", " et peut-être athées d'eux-mêmes ", disait André Malraux, qui vont devoir accomplir un acte politique majeur : " choisir entre de grands inconvénients ",  affirmait le Cardinal de Retz ? Et cela ne va pas être aisé .

S'il faut tirer un trait sur le cauchemar présidentiel que nous venons de vivre, nous en retiendrons cependant une image, celle de " la princesse d'un conte médiatique ressassé depuis cinq ans, celui de l'ascension d'une blonde princesse se transformant sous nos yeux médusés en une horrible mégère, les traits convulsés par la haine, la bouche tordue, vomissant des torrents de crapauds et de couleuvres " .

L'élection d'Emmanuel Macron marque-t-elle vraiment une rupture d'idées, de propsitions, de style, comme on l'entend, ici ou là ? Rien n'est moins sûr . Car, qu'y a-t-il dans le mouvement macronien ? Les récents documentaires télévisés sur le sujet montrent à l'envi une chose : au sein de ce mouvement souple règne une discipline rigide . Certes, tout le monde parle mais seul Macron décide . L'on a, en somme, une sorte de clarté dans un halo de confusion .

Et l'on peut dire qu'il y a la même chose dans la nébuleuse dite de " La France insoumise " . Le système des hologrammes en meeting, inventé par l'équipe du tribun, n'est pas un gadget : c'est un principe . Il y a un candidat et ses hologrammes comme en témoigne son choix de se faire parachuter sur la IVe circonscription de Marseille pour les prochaines législatives, assorti d'une injonction télévisée : silence dans les rangs !

Dans ces " rassemblements citoyens ", ou supposés tels, les citoyens ne pèsent guère . Le chef décide, on exécute . Ce sont de très beaux collectifs, c'est indiscutable, sauf qu'on n'y distingue qu'une seule tête, ce sont d'admirables mouvements nouveaux mais qui nous ramènent  à l'ordre ancien : la conquête de circonscriptions en utilisant les " ficelles " passées .

La préparation des Législatives illustre parfaitement ce " leader prinzip " . Au milieu des conciliabules, des combinaisons, des discussions, des tractations, LR se divise, le PS se vide de son sang, le FN est saisi par le doute, le PCF s'étrangle, " En marche " tente de surfer sur la vague présidentielle, b. Hamon crée son mouvement, A. Hidalgo, M. Aubry et  Ch. Taubira le leur .

Les uns veulent des alliances, les autres revendiquent leur autonomie, d'autres encore inscrivent d'ores et déjà leur place dans l'opposition . F. Baroin mise sur une majorité contre la majorité . A. Juppé, B. Le Maire,J.P. Raffarin veulent travailler avec E. Macron, M. Valls veut monter sur la marche-pied, Hamon veut saboter les rails, J.Ch. Cambadélis est recroquevillé dans la salle d'attente de la gare .

Et donc, E. Macron présente des candidats dans toutes les circonscriptions sous une étiquette unique et un programme unique . C'est la même chose pour " La France insoumise ", J.L. Mélenchon exige un seul nom, un seul logo, un seul programme : il veut bien accueillir dans son église les communistes à condition qu'ils se soumettent et acceptent de disparaître .

On ferait donc du neuf ? On disserte sans fin sur la démocratie participative, sur les organisations horizontales, sur la fin des vieilles hiérarchies, sur l'obsolescence des partis structurés au profit de mouvements informels, de nébuleuses qui, à la fin des fins, n'apportent au débat public que des aventures individuelles . Le poète André Chénier semble avoir prophétisé tout cela : " Sur des pensers nouveaux, faisons des vers antiques ... " ( L'Invention, 1787 ) .

Place " au mélancolique et douloureux vertige " du 18 juin 2017 .

 

 

  

 

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 14:14
" Tout va maintenant se montrer à nu ! "

" La grande accélération politique arrive : nous entrons dans une période de hautes énergies où les vrais points critiques se rapprochent à grande vitesse . C'est bien ! " ( Frédéric Lordon )

" Tout ce que cachaient les habitudes et les pratiques institutionnelles de ce qu'on peut appeler désormais l'Ancien Régime, va devenir soudain clair comme l'eau d'un lac de montagne " ( F. Lordon ) .

Il ne fallait pas beaucoup d'acuité politique pour apercevoir dans le débonnaire conseiller général de Corrèze, F. Hollande, le loyal fondé de pouvoir du capital - qu'il était depuis longtemps - Mais l'oligarchie exaspérée par l'urgence d'entamer la dislocation de notre modèle social n'avait plus la patience d'attendre le long travail de mise en forme du processus de casse entamé par ce même Hollande, trop lent, trop précautionneux . Elle a donc porté au pouvoir, directement, un des siens, façonné dans des officines de communication et propulsé sans intermédiaire, ou presque, d'un emploi dans un autre .

Mis sur orbite après un lancement spectaculaire de " Unes " de médias, chacun sait qu'il ne faut pas espérer quelque " reprise de contention " des varices que nous laisse F. Hollande . Mais au point où nous en sommes, c'est tant mieux car tout va maintenant se montrer à nu .

La prise de pouvoir en direct, le programme outrancièrement " de classe " que porte le nouveau Président de la République, l'inféodation des médias définitivement accomplie sous le contrôle des puissances d'argent, la crise civilisationnelle qui travaille en profondeur le corps social mais que celui-ci ne percevait pas encore très clairement, vont apparaître en pleine lumière, devenir des évidences, annoncées par " la start-up nation " , la " managérialisation de la politique "  depuis le sommet d'un gouvernement de " co-workers " ( collègues de travail ) jusqu'à la base d'un parti de " helpers " ( les petites mains ), autant d'objectifs du rêve macronien .

Toute au ravissement infra-culturel de la victoire, " la secte macronienne ", égocentrique, elle croit être la France - alors que le vote par adhésion pour son gourou atteint au mieux 20% de Français - va nous régaler de sa philosophie " d'open space " et de son impayable " sabir "

L'écoeurement général, au milieu d'un irrépressible sentiment de grotesque, ne va pas tarder à nous submerger et, avec lui, comme toujours dans les périodes de grande crise, les progrès de la conscience politique .

 Tout promet d'aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite et malheureusement certaines catégories sociales " vont salement ramasser ", mais, la connexion " pouvoir-oligarques- médias " ne pouvant que devenir monstrueusement visible, le rejet général va croître .

Et alors ! L'électorat, réduit à une archi-passivité devenue insupportable, peut, un matin, décider de recouvrir brutalement sa capacité d'agir, mais dans des conditions où l'on peut être quasi certain qu'elle se manifestera par le pire - puisque la seule capacité d'agir sera celle du pire . C'est avec ce risque qu'aura joué la classe élitaire, entre folie et aveuglement, égoïsme et goût des privilèges . 

L'heure n'est plus aux empoignades entre abstentionnistes et " malgré-nous " du macronisme, qui en étaient à un stade égal de désespérance - comme ces guerres où les pauvres s'en prennent aux plus pauvres - sans jamais songer à se tourner vers ceux qui, au-dessus d'eux, aménagent le terrain de leurs empoignades . 

Passé ce scrutin pestilentiel, le temps est venu de s'interroger à propos des irresponsables " très responsables " qui ont installé la catastrophe qui arrive et dont ils croient pouvoir se laver les mains . 

Le résultat du 7 mai leur appartient, à eux-seuls, comme le résultat d'une nécessité n'appartient qu'à ceux " qui ont armé la nécessité " . " Admirables élites qui  désireuses de pousser le bouchon toujours un peu plus loin, ont joué à " la roulette russe " avec la tempe des autres ... " 

 

NB : d'après le billet de Frédéric Lordon, " De la prise des otages ", le Monde Diplomatique, Mai 2017 .

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 14:08
" La Goulue ", Toulouse-Lautrec . Publication Facebook de Niku Riboldi .

" La Goulue ", Toulouse-Lautrec . Publication Facebook de Niku Riboldi .

En 1077, l'empereur Henri IV d'Allemagne dut se soumettre à l'injonction de l'Eglise et entreprendre un voyage dans la ville italienne de Canossa pour s'incliner devant le pape Grégoire VII qu'il avait voulu faire destituer, implorer son pardon et faire lever l'excommunication qui pesait sur lui .

Hier, dimanche 7 mai, beaucoup de Français ont dû se soumettre à une injonction de même nature que celle de Canossa, quel que soit leur choix : " Injonction de se soumettre à à une logique politique de coordination ( donc collective ) que le vote " par l'isoloir " exclut par construction puisqu'il est totalement individuel " .

La campagne électorale qui s'achève laisse à des millions de citoyens un goût amer . Nous ne parlons pas ici de son côté pestilentiel mais des choix qui auront été imposés aux uns et aux autres . Il aura été fait appel à toutes les voix qui ont pu compter par le passé .

Ainsi en a-t-on pu appeler au philosophe Emmanuel Kant, pour tenter de condamner les abstentionnistes " ne voulant pas se salir les mains " . L'impératif catégorique du philosophe tombait à point : " une règle de comportement ne vaut comme maxime morale que si elle peut être universalisée " . Mais la politique n'est pas une affaire de morale et de maxime universalisable, elle est même tout le contraire : une question de conflits donc de fragmentation et de rapports de force . L'abstention ne s'adresse pas à tout le monde . Elle ne fait sens politique que pour une fraction déterminée de l'électorat, précisément de gauche . On n'a demandé aucune justification aux gens de droite et pourtant ce sont eux qui ont fourni les bataillons de la progression du FN au second tour . L'objection de " laisser faire le sale travail aux autres " ne tient pas dans la mesure où la position abstentionniste ne prétend en rien à l'universabilité .

Jean-Paul Sartre n'a pas manqué d'être interpellé par les abstentionnistes - un classique - à propos de sa formule : " Elections, piège à cons ! ", formule largement  incomprise, le philosophe ne pointant qu'une contradiction de la politique : pratique fondamentalement collective et immanquablement altérée quand elle est soumise à un vote totalement individuel " dans l'isoloir " .

Même Baruk Spinoza fut mis à la peine, avec son " homme qui rit de tout ", comme si un seul des Français qui s'est rendu aux urnes, hier, avait envie de rire .

Le 7 mai 2017 a, en fait, mis en évidence, l'aporie fondamentale du vote individualisé : l'absence de passage, les difficultés du choix, l'embarras ... 

Nous nous devons d'intégrer la réalité suivante : " La politique se fait ensemble, le vote uniquement par devers soi " . Et la puissance de la politique comme activité collective est telle qu'elle cherche à toute force à réinvestir le vote atomisé . C'est ainsi que la pratique du " vote utile " - faire barrage au FN - ou la logique spéculative - stratégiser son vote en fonction du vote anticipé des autres - sont autant de tentatives de recréer de l'action coordonnée là où, par construction n'existe aucune instance de coordination . 

Vouloir réintroduire de la coordination collective dans un univers d'où cette logique est exclue, paraît vain . C'est pourquoi n'étaient que fiction, les appels à " faire élire Macron avec la plus décevante des marges " ou " noyer Macron sous un vote massif " pour qu'il ne puisse arguer d'aucune majorité lisible .

Chacun de nous a pu se dire parfois que l'absence de son vote " n'aurait rien changé ", et c'est vrai, même si cet énoncé vrai au niveau individuel devient faux lors du passage au bilan du résultat collectif . Mais c'est là un autre énoncé du problème .

Dieu que ce billet est confus, à l'image de la journée d'hier . Aussi pour y introduire un soupçon de clarté, je n'en retiendrai qu'un résultat : la poussée irrésistible du FN, " cet iceberg de merde, repeint légèrement en blanc sur sa partie émergée " ( Frédéric Lordon ) est provisoirement stoppée .

Cependant, la volonté destructrice de l'oligarchie de faire disparaître le clivage " droite-gauche " , qui structurait notre vie politique depuis plus de deux siècles demeure : empêcher les dominés de trouver un quelconque passage par les urnes à l'éclosion de leur émancipation .

 

 

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