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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 18:27
Un parti unique à tous égards .

" Au temps du stalinisme, le centralisme démocratique, principe de fonctionnement des partis communistes, était ainsi illustré par l'humour des gens de l'est : on vide un seau par la fenêtre, et c'est le centralisme ; pour le rendre démocratique, il suffit de faire remonter l'eau ", ( citation de Guy Konopnicki dans Marianne, No 1060 ) .

A force de multiplier les courts-circuits à l'intérieur de leur propre mécanique provoqués par les courants contradictoires qui les traversaient, les haines recuites de personnes et les ambitions meurtrières de trop de dirigeants, les anciens partis terminent brûlés au troisième degré .

Sur ce terreau, un nouveau parti s'affirme sans que l'on sache vraiment ce qui peut bien unifier tous ses adhérents . Les médias publient des portraits, de belles histoires de jeunes gens et de jeunes femmes séduisants, dynamiques, déterminés qui ont, un jour de cette année folle que demeurera 2017, décidé d'adhérer au parti .

Certes, il ne faut pas leur demander avec trop d'insistance ce qui les motive, la réponse étant toujours la même : " On veut faire bouger les choses ! " Vaste programme . Ils peuvent même se montrer plus précis : " On veut réformer ! " N'attendez pas de savoir à quelles réformes ils comptent s'atteler, ils ne savent pas : c'est l'affaire des chefs ! Mais soyez en convaincus : " Ils vont faire ! " Ah ! ce maître mot de langue française qui dit tout et qui ne dit rien . 

C'est que ce parti est une création inédite : il a conquis le pouvoir avant d'exister . Quand on songe à tous ces partis qui ont occupé, pendant des décennies, le champ politique, sans jamais accéder au pouvoir on ne peut que s'incliner devant le savoir-faire des " riens " d'il y a quelques mois . Devenir d'emblée " tout et rien à la fois " n'est pas donné à tout le monde . La France est aux mains d'un parti qui détient tout et dont elle ne sait rien . Il y a bien une présidente par intérim chargée de structurer " le machin ", mais c'est  une inconnue ; le parti s'est même réuni, une fois, mais ce n'était pas un Congrès fondateur, au mieux une assemblée générale où les adhérents apprenaient à applaudir des orateurs - en fait à maîtriser son claquement de mains - sans vraiment attacher du prix aux différentes prises de paroles . 

Les adhérents du " Mouvement en Marche " ne paient pas de cotisations aussi n'ont-ils qu'un seul choix : s'en remettre à un homme qui les a payées pour eux . L'adhésion étant gratuite, il serait mal venu que le marcheur trouvât le moyen de se plaindre . Pour une innovation, c'est une innovation .

Nous avons devant nous, le parti idéal : un financement colossal fondé sur le nombre de voix obtenues aux élections législatives et au nombre de députés élus . " Une pompe à fric " inépuisable . Les cotisants la ramènent toujours, un jour ou l'autre, l'adhérent " internet " la ferme . 

Les partis classiques étaient fondés sur des projets, des principes, une idéologie qui existaient avant les plus prestigieux de leurs leaders : le socialisme avait précédé et de loin, Jaurès . La vie de " La République en Marche " commence avec Emmanuel Macron . Pour une révolution, c'est une révolution ! Le parti ne peut donc connaître qu'une seule pensée, celle du président . L'adhérent a le droit de se réunir mais sous le portrait du président et pour applaudir !

Pour ses députés, " La république en Marche " vient de réinventer le centralisme démocratique : le gouvernement déversera ses projets de loi dans l'hémicycle et les élus " En marche " se contenteront de faire remonter leurs votes vers le perchoir .

" La République en Marche est bien un parti unique ... dans son genre ! " ( Guy Konopnicki, Marianne, No 1060 du 14 juillet 2017 ) .

 

 

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 14:13
Le bourbier .

" En régime capitaliste, la politique fait s'affronter deux mouvements émancipateurs : la gauche, qui cherche à émanciper le travail, et la droite, qui cherche à émanciper le capital - des conquêtes de gauche - et à étendre l'emprise de ce dernier ", ( Christophe Bertiau, Lavamedia ) .

Comment sortir du bourbier politique dans lequel nous a plongé l'élection d'Emmanuel Macron suite à la trahison de dirigeants du PS passés avec armes et bagages à droite, à la dégénérescence d'une droite rongée par la corruption et à une poussée de l'extrême-droite favorisée par les politiques  anti-populaires  de ses comparses ?

La contradiction fondatrice entre les intérêts des uns et les intérêts des autres est l'horizon indépassable de toute politique authentique .  Les étiquettes de gauche et de droite avaient été créées pour ne servir qu'à traduire cette conflictualité propre au capitalisme et est encore plus vraie à l'ère du " capitalisme total " ( ou mondialisé ) .

La confusion est totale, en ce moment où s'impose - provisoirement, sans doute - la pensée dominante d'un monde économique non-conflictuel, incarnée en France par Emmanuel Macron : " un bourbier idéologique " d'où nous ne pourrons sortir qu'en ayant les idées claires .

Aux tenants d'un " capitalisme à visage humain " qui ont tous viré à droite, il va falloir expliquer que le capitalisme ne s'améliore pas mais qu'il se combat, ou plutôt qu'il ne saurait s'améliorer qu'en étant combattu - c'est la grande leçon du XXe siècle et ses deux grandes guerres impérialistes - et que c'est dans ce combat que s'inscrit la vraie gauche, jamais ailleurs .

En régime capitaliste, croire à la politique du " bien commun " n'est que dangereuse illusion . Toute amélioration substantielle du bien-être des uns se fait forcément au détriment de celui des autres parce que le capitalisme ne peut fonctionner et se développer que si s'opposent  les deux logiques antagonistes qui constituent son essence : celle des " investisseurs " et des " créanciers ", toujours désireux de faire fructifier leur capital, c'est à dire de capter une grosse partie de la valeur produite par le travail d'autrui contre celle des travailleurs, qui seront toujours des " exploités " - quoiqu'en pensent nos intellectuels sous burka idéologique - en tant qu'ils sont dépossédés ainsi d'une partie des fruits de leur travail  .

Certes, certaines politiques, par périodes, peuvent permettre aux travailleurs de disposer d'un peu plus de disponibilités pour pouvoir acheter les excédents de production du système, mais cela n'a toujours qu'un temps, et ne permettent au travailleur que d'accéder aux biens de qualité très inférieure .

Aussi, quand E. Macron tient à ramener la gestion du conflit majeur à l'échelle de l'entreprise, en lieu et place de la Loi, ne soyons pas dupes . L'imposture est évidente : le conflit est rabaissé au niveau d'un " jeu de tir à la corde ", avec avantage certain au patron, donc au capital : donnez au capital et vous prendrez au travail ; donnez au travail et vous prendrez au capital .

Sous prétexte que la situation a changé depuis le XIXe siècle - heureusement - qu'il existe des impôts, la sécurité sociale, le code du travail, le droit de grève ; sous prétexte que beaucoup de travailleurs ne savent pas faire fructifier le capital - les imbéciles - c'est cette logique fondamentale du conflit capital-travail qu'on a voulu extirpé de nos esprits .

Le capitalisme s'est amélioré, nous dit-on . Eh ! bien, non, c'est faux ! Ce qui a changé c'est qu'il a été modéré par des conquêtes de gauche mais que les logiques du capital sont restées les-mêmes ce qu'on voit bien à travers les coups de boutoir portés par fausse-gauche et vraie droite, depuis trente ans, à ces conquêtes, au nom d'une pseudo-modernisation, nous dit-on, car avouer l'inavouable reste encore très difficile à dire .

 

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 16:57
Sus aux vieux !

" Ma conviction est qu'il faut mettre une limite à la part du gâteau national qui est allouée aux plus de 60 ans " ( Jean-Hervé Lorenzi, Président du très orthodoxe Cercle des Economistes ) .

Hier,  les " moutons noirs " des précédents quinquennats  furent les fonctionnaires dénigrés " à l'envi ", puis les assistés gavés aux aides sociales, aujourd'hui ce sont " nos vieux " qui deviennent la victime expiatoire du nouveau régime .

L'idéal américain va leur être appliqué : chacun paye ce qu'il coûte et Dieu fait le reste . L'ironie de l'histoire étant que ce sont " les vieux " qui ont fourni les plus gros bataillons aux électeurs d'Emmanuel Macron . La philosophie du changement de paradigme est simple : " les vieux " ont beaucoup reçu de la société ces dernières décennies ( les trente glorieuses ), ils vont devoir rendre ce qu'ils ont reçu .

Et d'abord, pourquoi les plaindre," ces profiteurs " resteront dominants dans la société, affirme l'économiste Jean-Hervé Lorenzi : ils détiennent deux tiers de l'épargne financière des ménages ( 7000 Mds d'€ sur 11000 Mds, principalement placés en assurance vie ) et reçoivent en moyenne des revenus légèrement supérieurs à ceux des actifs .

Regardons les choses de plus près . En macro-économie on ne raisonne qu'en " moyennes  ", c'est tellement plus pratique pour faire avaler les couleuvres . Ce principe permet d'occulter qu'une partie d'entre eux vit réellement dans la misère comme nulle part ailleurs dans le monde développé . La France est extrêmement excluante à l'égard de cette catégorie . Mais voilà, il y a des favorisés .

Imaginez le scandale : 20% de la population captive 20% du PIB dès qu'on ajoute à ses revenus ses dépenses de santé . Dans dix ans, ces " vieux " seront 30% : vont-ils accaparer 30% du PIB . Ce sera proprement insupportable et il faut mettre une limite à un tel accaparement, assène M. Lorenzi .

" Dans la réforme à venir, les chiffres de l'augmentation de la CSG prévue, restent très modestes : 1,7% pour les pensions de plus de 1,7% demeure modeste mais  met fin à une aberration que représente une CSG plus faible pour les retraités que pour les actifs . "

Nous sommes dans une période de " transition " ( euphémisme pour ne pas dire période post-crise financière ) ajoutent les économistes orthodoxes où la France restera éloignée d'une croissance à 2% où la révolution numérique n'apporte pas encore les fruits d'une productivité solide, mais la vraie cause de cette croissance faible c'est le vieillissement de la population ( et surtout pas la crise de 2008 ) . Et voilà l'anathème lancé !

Parce qu'on alloue 20% de notre PIB, à " nos vieux ", parce que l'innovation est le fait des jeunes, parce que l'aversion au risque augmente à mesure qu'on vieillit ( les vieux n'investissent pas - ils détiennent les 2/3 de l'épargne et refusent d'investir dans les placements risqués, que de tares accumulées - ils doivent être punis .

Ils gardent quand même en main deux leviers du pouvoir : le patrimoine et le poids politique, ils votent massivement par rapport aux jeunes .

Ne rétorquez pas à ces économistes que le nouveau partage entre générations, entre actifs et inactifs est déjà sur les rails . Les rapports du Conseil d'Orientation des Retraites ( COR ) sont clairs : la trajectoire du calcul des pensions est qu'en 2030 le taux de remplacement moyen des retraites atteindra 72% ( au lieu des 82% actuels ) et que la mesure Macron l'abaissera encore de trois points, à 69% .

M. Lorenzi ( Marianne No 1059 du 7 juillet 2017 ) vous remettra à votre place : " Le défi qui est devant nous est celui de la dépendance et l'augmentation des maladies neurovégétatives dont personne ne sait évaluer les coûts futurs, probablement des dizaines de Mds d'€, et la plupart des personnes âgées sont dans l'incapacité d'assumer la charge d'une maladie invalidante ... ", donc on les fait payer avant qu'il ne soit trop tard, c'est tout .

AH ! mais . On ne va tout de même pas faire payer les banques pour nos vieux et leur demander de rendre tout ce que l'Etat leur a donné pour les sauver, en 2008 !

 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 14:09
Gravure lavamedia.be

Gravure lavamedia.be

" Le libéralisme est une valeur de gauche " ( E. Macron, Le Monde du 27/09/2015 ) .

L'aventure politique française dans laquelle E. Macron vient d'engager le pays n'est pas une affaire de génération spontanée : elle a été méticuleusement préparée sur le plan idéologique . 

En 2007, deux économistes italiens, Alberto Alesina et Francesco Giavazzi publient un ouvrage " Il Liberalismo è di sinistra " . La même année, dans un entretien accordé à " La libre Belgique ", le politicien belge Richard Miller déclare : " Le libéralisme est par nature authentiquement social " . En 2013, le journaliste Rainer Hank, déplore, dans la " Frankfurter Allgemeine Zeitung "  la rupture entre " les moralistes de gauche et les idéalistes du libre-marché ", qui gagneraient à être réunis . Le 1er octobre 2015, dans les colonnes de Libération, les historiens Kevin Brookes et Jérôme Perrier, s'étonnent de l'étonnement suscité par le propos d'E. Macron affirmant que le libéralisme est de gauche : rien d'iconoclaste dans ces mots, affirment-ils . Quant à l'écrivain et chroniqueur belge Marcel Sel, plus récemment, il ne fait pas dans la dentelle : Je suis de gauche, " un libéral " de gauche, " la quintessence même de la gauche " .

C'est donc à l'automne 2015 qu'E. Macron lance son imprécation, " le libéralisme est de gauche ", qui lui permettra, quelques mois plus tard, de brandir la bannière de sa campagne : " Ni de droite, ni de gauche " .

Le mécanisme idéologique est fort simple : expurger le mot capitalisme du vocabulaire politique et lui substituer le terme de libéralisme, plastique à souhait ; annoncer que le libéralisme est de gauche ; promouvoir la fin du clivage droite-gauche - qui fleure un peu trop la lutte des classes et structurait dangereusement le vote des Français - ; faire sauter le verrou des partis, lui aussi trop structurant ; laisser entendre enfin que le macronisme est de gauche mais qu'il est également de droite . Et le tour est joué . La confusion est totale . La stratégie de l'arnaque politique est au point .

Comprenons bien le blocage qui vient de sauter . Beaucoup de libéraux - tenants du capitalisme - sont réticents à se revendiquer de la droite, pour des raisons psychologiques autant que stratégiques . L'étiquette de droite est lourde à porter : elle véhicule des idées de pouvoir, de domination, de conservatisme, d'immobilisme, quand la gauche évoque le progrès, l'égalité, les luttes sociales, l'intérêt pour le peuple . Peut-on imaginer un politicien élu sur la base d'un programme prônant ouvertement la dégradation des conditions de vie des travailleurs ? En politique, il y a des choses qui ne se disent pas .

Depuis quatre décennies, deux stratégies se sont offrertes à la droite pour viser au succès . La première était l'inversion des normes : la droite se proclame la force motrice de la société, elle se range du côté de la modernité, elle fait preuve de courage et met en oeuvre les réformes conçues pour vaincre les archaïsmes du système économique actuel, défendus par une gauche favorisant l'inactivité, la paresse et l'assistanat  . La deuxième stratégie, en dépit de tout bon sens, consistait pour la droite à se déclarer de gauche et prend l'apparence de partis socialistes ou sociaux-démocrates : " la droite décomplexée " stigmatisée par Frédéric Lordon . 

Ces deux stratégies arrivaient à bout de souffle après deux quinquennats surréalistes . Une synthèse s'imposait . E. Macron se présenta au grand jury des stratèges libéraux pour l'incarner fort habilement dans la confusion entretenue la plus totale, où l'on vit le génie des médias dominants se déployer en un tableau apocalyptique " d'un conflit meurtrier entre la droite et la droite décomplexée " : " Les Républicains " contre " La République en marche " , à l'occasion des élections législatives .

On pourrait rire du phénomène s'il n'avait des conséquences graves sur l'imaginaire politique et les choix électoraux . Désormais, la France est dominée par un seul courant de pensée : à droite, le capitalisme libéral et à gauche le capitalisme libéral !

 

 

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:21
Pour la politique politicienne, le renouveau attendra !

" Twitter : @EPhilippePM , Dès le 1er janvier 2018, nous supprimerons les cotisations salariales sur l'assurance maladie et l'assurance chômage # ModèleSocial , 6 juin 2017 " .

Le premier volet de la refonte du système fiscal français consiste dans un basculement des cotisations salariales des assurances maladie et chômage vers la Contribution Sociale Généralsée ( CSG ), en un mot, vers l'impôt .

La CSG est un impôt prélevé directement sur notre salaire . Mise en place en 1991 par Michel Rocard, elle était prévue pour être temporaire et comportait un taux de 1,1% sur notre salaire . Cet impôt est resté et a même augmenté pour passer, en 1997, sous Lionel ,Jospin, au taux de 7,5% . Pour compenser la perte de rentrées que devra assumer la Sécurité Sociale, engendrée par la suppression des cotisations salariales, E. Macron va encore augmenter la CSG de 1,7 points, mais - et ce détail est à retenir - au 1er janvier 2019 . C'est ainsi que nous retrouvons la politique politicienne . Le but de la suppression des cotisations salariales est de faire croire aux salariés qu'on leur redonne du pouvoir d'achat, mais il faut que cela se voie sur la feuille de paie, dès la fin du mois de janvier . Or si, simultanément, on augmente la CSG, le gain ne se verra pratiquement pas : il faut donc décaler l'augmentation de la CSG pour que le gain de popularité qu'attend E. Macron de sa première mesure ne soit pas altéré, alors que concomitamment sera mise en oeuvre la réforme du code du travail, elle parfaitement impopulaire  . Tactique purement politicienne . 

Un exemple : une personne payée au SMIC verra, au final, son salaire net passer de 1153 € par mois à seulement 1174 €, une augmentation de 21 € . 

Les salariés doivent clairement voir que le bénéfice de la suppression de la cotisation salariale sera très vite rogné, l'année d'après, en 2019, et par l'augmentation de la CSG et par l'augmentation de leur impôt sur le revenu lié à l'amélioration provisoire de leur salaire .

Trois groupes sociaux vont être frappés d'abord, de plein fouet, par cette mesure : les retraités, les indépendants et les fonctionnaires qui ne payaient pas ou peu de CSG ou de cotisation chômage .

" En même temps ", l'ISF ( Impôt de Solidarité sur la Fortune ) va être réduit de moitié, l'IS ( Impôt sur les Société ramené de 33% à 25% ) et l'impôt sur le revenu des titres spéculatifs ( actions ) plafonné à 30% . A qui profite le crime, pourrait-on se demander ?

La protection sociale en France représente 730 Mds d'€ chaque année, soit 34,2% du PIB . Contrairement aux autres pays d'Europe, le financement de notre protection sociale ne repose pas majoritairement sur l'impôt mais sur des cotisations à hauteur de 61,7%, qui en font un système assurantiel, beaucoup plus sécure, la part de l'impôt atteignant 35,1 Mds - part qui a doublé en 25 ans - toutes les réformes depuis 1991 ayant tendu à gommer cet écart, la dernière à venir gardant le même objectif .

En 1991, la part de l'impôt, dans notre protection sociale, représentait 20%, après la réforme Macron, cette part passera à 38% .

En France, l'impôt finance 100% de ce qui correspond à la solidarité nationale pure comme " le minimum vieillesse " et est majoritaire dans la garantie maladie et aide à la famille, par contre il ne finance rien - ou presque - de tout ce qui touche individuellement au travail du salarié : " assurance accidents du travail " et " assurance chômage " .

Le basculement vers la CSG poursuit donc la fiscalisation de la protection sociale au détriment de la cotisation, engendre l'étatisation de l'indemnisation du chômage, ce qui permettra au gouvernement de reprendre en main plus drastiquement le système, les dépenses, taillant en fonction de la conjoncture économique dans les aides sociales .

En clair, cela signifie une protection contre les aléas de la vie dépendante des crises financières provoquées par les banques .

Aujourd'hui encore, chaque personne, suivant ce qu'elle a travaillé, cotise pour elle et pour tout le monde : magnifique modèle ! S'il vient à être supprimé et transformé sous forme d'impôt, tous les gouvernements, actuel et à venir, s'ouvrent la possibilité de revenir quand bon leur semblera - ou quand bon semblera aux banques, posons notre regard vers l'Est et la Grèce  - sur les droits ouverts aux travailleurs . 

Mais rassurons-nous ! Nos gouvernants ne sont pas des chiens : autour des années 2030, il restera quand même " le minimum vieillesse généralisé ", pour nos enfants, assorti au droit à certains petits boulots d'appoint, jusqu'à l'âge de 90 ans !

 

NB : site www.revolutionpermanente.fr 

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 15:02
Le gouvernement par les rébus .Le gouvernement par les rébus .

" En réalité, le grand roi du monde est entre les mains de la finance " ( Daniel Dessert, historien, chercheur en histoire économique et sociale ) .

Pendant que des historiens passionnés de la grandeur éternelle de la France louent le grand siècle et le règne de Louis XIV, le Duc de Saint-Simon, chroniqueur de ce règne, nous rappelle, dans ses mémoires des réalités moins avantageuses . Le grand Roi était en fait entre les mains de la finance : " Pendant que Versailles ( la Cour ) faisait son carnaval, les Ministres présentaient au Roi, vingt mesures déjà prises - avec les financiers - laissant à ce dernier la possibilité de n'en refuser qu'une ... "

Lors d'un séjour à Marly, Saint-Simon voit passer le roi, s'efforçant de séduire le banquier Samuel Bernard, à qui il doit déjà 11 millions de livres : " Stupeur, devant cette espèce de prostitution du Roi, pourtant si avare de ses paroles, à un homme de l'espèce de ce Bernard ... Le plus riche d'Europe et qui faisait le plus gros et le plus assuré commerce d'argent ... Il sentait ses forces et il voulait des aménagements proportionnés ... Les Contrôleurs Généraux ( Ministres des Finances ) le traitaient avec force distinctions et égards ... " ( Mémoires, 1708 ) . 

En parfait lettré, Emmanuel Macron est amoureux de Versailles : y recevoir Poutine, trois cents ans exactement après l'enfant-roi Louis XV ( 1717 ) recevant le futur Tsar Pierre le Grand, et lancer officiellement son quinquennat ( le 3 juillet ) depuis ce haut-lieu en est une parfaite illustration . Mais la photo officielle de sa présidence, récemment parue, n'est pas moins évocatrice .

 C'est " une ribambelle " de symboles qui nous est offerte .

Entre le drapeau français et la bannière européenne ( affirmation de sa détermination à nous engager dans plus d'Europe ), debout devant son bureau ( où il travaille )  qu'il agrippe de ses deux mains crispées ( torse bombé, prêt à bondir, à se battre ), une fenêtre grande ouverte sur le parc ( l'extérieur, le monde, l'ouverture ) ; sur le bureau, des livres ( de la Pléiade, les Mémoires de Charles de Gaulle ) grands ouverts, et non sagement enfermés dans une bibliothèque, ( intelligence complexe nourrie à la grande littérature, à l'inverse de ses prédécesseurs ) ; à sa gauche, une pendule proclamant que le monarque-président entend rester " le maître du temps ", ( le temps de son action ) ; à sa droite, son téléphone portable ( l'ère numérique dont il entend faire l'axe de la transformation du pays qu'il entreprend ) et un encrier surmonté du coq gaulois pris dans le pli du drapeau national  ( le pendant rassurant pour les souverainistes de la bannière étoilée de l'Europe ), le Président annonce au Pays son programme sous forme de " rébus " .

Enfin, les lèvres pincées de qui sait ce qu'il veut et surtout ce regard perçant que les médias adorent, qui paraît vouloir vous scruter jusqu'au tréfonds de votre âme comme pour vous dire que personne n'échappera à sa vigilance : aucune empathie dans ce portrait, seulement un défi : je suis " le pouvoir ", tel Louis XIV proclamant " l'Etat c'est moi " !

 Célébrer le 14 juillet, en la cathédrale de Reims, c'est pour bientôt !

 

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 14:23
" Enclosures " .

" Enclosures " .

" Il ne faut pas s'attendre à ce qu'un homme qui trime toute sa vie à une activité laborieuse devienne plus savant de la variété des choses de ce monde qu'un cheval de somme qui fait constamment le même va-et-vient sur un chemin poussiéreux, sur la route du marché, n'est spécialiste de la géographie de son pays ... Aussi, une grande partie de l'humanité est-elle, en raison de la nature des affaires humaines, inévitablement vouée à une ignorance invincible, car ayant fort à faire pour acquérir ses moyens de subsistance, elle n'est pas en état de s'occuper des moyens de connaître ... " ( John Locke, Draft A, 1671 ) .

En ce printemps 2017, les Français ont voulu le changement et à cet effet ont choisi un Président Philosophe, affirment les commentateurs . Certains ajoutent qu'il n'a pas vraiment de programme . C'est faux ! Le programme d'Emmanuel Macron existe et il est connu depuis le XVIIe siècle, écrit par le philosophe anglais John Locke ( Draft A, Première esquisse de l'essai sur l'entendement humain, 1671 ) .

Dès le XVIe siècle, en Angleterre, la transformation des terres arables en pâturage pour les moutons et leur clôturage ( enclosures ) exproprient les paysans et leur enlèvent les moyens de subvenir aux besoins de leurs familles . Ils sont pris en charge par les paroisses ( Loi sur les pauvres 1601, loi du domicile 1662 ) .

En 1697, John Locke propose à une commission gouvernementale des mesures aptes à favoriser " l'employabilité " des pauvres .

 " L'extension de la pauvreté n'est pas due à une pénurie d'offres d'emplois mais à une corruption des moeurs entraînée par un relâchement de la discipline sur la population laborieuse . Il faut appliquer avec rigueur les lois existantes et les renforcer pour remettre les pauvres au travail, les rendre utiles et " alléger ainsi le fardeau des payeurs de taxes ..." ( Bourgeois et propriétaires terriens ) .

Locke distingue parmi les pauvres, les aptes au travail, les partiellement aptes et les inaptes . La distinction ne s'embarrasse pas de fioritures ce qui la rend aisée à traiter .

" Les aptes au travail doivent être contraints d'accepter tout travail même s'ils sont payés au-dessous des normes établis, car ils ont été incapables d'obtenir du travail conformément à celles-ci parce qu'ils étaient moins habiles ou moins honnêtes que ceux qui ont été engagés selon ces normes ( On ne pourra pas refuser plus de deux proposition d'emplois ) . Les aptes au travail de plus de 14 ans qui mendient sans autorisation seront envoyés dans des maisons de redressement pour y effectuer des travaux forcés . Les enfants de moins de 14 ans, dans la même situation, seront placés dans des écoles de travail ( formation professionnelle ° . Les femmes à la maison regroupent une grande partie des partiellement aptes : elles disposent, entre leurs tâches de mère et de ménagère, de " temps libre " qui pourrait être utilisé pour apporter des revenus d'appoint à la famille ( temps partiels ) . Afin de libérer les femmes et de les rendre disponibles à un travail productif, les enfants entre trois et quatorze ans seront obligatoirement envoyés dans des écoles de travail où ils apprendront à filer et à tricoter la laine ( Centres de formation des apprentis ) où l'on enseignera aux enfants la discipline du travail, tout en défrayant par leur travail le coût de leur nourriture et de leur formation ( sic ) ... Un agriculteur ou un artisan peut retirer à n'importe quel âge, un enfant de ces écoles pour en faire un apprenti ; celui-ci est alors attaché à son patron jusqu'à l'âge de vingt-trois ans ( Accord d'entreprise ) ...

Les inaptes au travail devront être regroupés dans des bâtiments publics afin de réduire le coût de leur entretien . Ils auront le droit de mendier, dans des lieux précis et à des heures convenues, en arborant un écusson les y autorisant ... " ( Réduction de la dépense publique ) .

Qui est l'imbécile qui, un jour, a osé proclamer que les philosophes étaient tous de doux rêveurs ?

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 13:57
Le Monde .fr

Le Monde .fr

" Si toute l'agressivité qui meut les insoumis,cultivée en interne et sur les réseaux sociaux, passait dans la vraie vie, avec comme objectif la destruction de tous les lieux de débats, à l'occasion de graves déceptions dans un contexte social tendu, la FI de J.L. Mélenchon pourrait devenir un foyer possible de graves dérives ... "

" Le système " a réussi sa mue : substituer à un fonctionnement politique basé sur l'alternance de deux partis hégémoniques allant dans le même sens l'installation d'une grande étoile avalant tout ce qui gravite près d'elle et rejetant aux marges deux pôles d'intoxication idéologique à même de protéger l'astre naissant .

L'alternance avait fait son temps mais permis au " Capital " devenu intégralement financier de réaliser des progrès notables . Cependant l'alternance fonctionnait trop lentement : en ces temps de forte financiarisation de l'économie où des profits énormes sont possibles en quelques clics, tout frein est vécu par le " Capital " comme une injure à sa domination .  Les progrès n'y étaient pas assez sensibles et ce modèle social français insupportable à une Europe " fer de lance " de la mondialisation sauvage continuait de résister . Il fallait donc passer à autre chose : " une puissante force centrale " écrasant toutes les structures en capacité de ralentir le processus de destruction du modèle français, bien mauvais exemple pour les autres pays de l'Union Européenne  .

Le développement de cette démarche nouvelle suppose que deux exigences soient remplis : mettre en place deux pôles extrêmes aux deux bouts du système ayant pour mission de capter les déceptions, les frustrations, les colères des classes populaires, leur faisant croire que des " jours meilleurs " seront possibles un jour mais loin de toute idée de révolution sociale, les neutraliser en quelque sorte, en même temps qu'on protège ainsi le " Centre " de toute fièvre .

A l'extrême-droite, l'arnaque idéologique était déjà en place, avec  la présence depuis trente ans du Front National, redoutable arme à capter les frustrations populaires mais admirablement encadré par le scrutin électoral, uninominal à deux tours, afin qu'il ne vienne pas, à l'occasion un imprévisible soubresaut de l'histoire, perturber la mécanique à l'oeuvre . 

A l'extrême gauche tout restait à faire . Mais les stratèges du " système " ne mirent pas longtemps à repérer le personnage idoine à la construction du nouvel édifice : d'un égo démesuré, doté de véritables qualités de tribun, fin connaisseur de l'histoire sociale du pays et auréolé du capital politique conquis lors de l'élection présidentielle de 2012, l'homme ferait l'affaire . Certes, ce capital politique était issu d'une unité populaire matérialisée dans le Front de Gauche, alliance de plusieurs partis, mais qu'à cela ne tienne, les faiblesses psychologiques du " héraut " permettaient d'envisager sans crainte l'appropriation de son capital politique au service d'un projet différent .  " Le héraut " s'appellerait J.L. Mélenchon .

" La France Insoumise ", levier de la nouvelle donne, allait être inventée dès le début de l'année 2016, à la faveur de la déclaration de candidature, très précoce, de J.L. Mélenchon à la présidentielle de 2017 . Il s'agissait pour lui de se dégager de toute négociation, notamment avec le PC, de toute référence au Front de Gauche, tout en excluant sa participation à toute velléité de primaire, quand bien même ces différents processus, discussions ou primaires, pouvaient donner à penser qu'ils aboutiraient à sa légitimation comme candidat . De cela, il ne voulait pas .

Dès le mois de février 2016, le lancement de la " France Insoumise " reposait sur une idéologie précise et une " équipe ", issue du Parti de Gauche, clairement identifiée .

L'idéologie de la " France Insoumise " , distillée pendant des mois sur le blog de JLM est finalement d'une grande simplicité . 

Premièrement, on ne parlera plus de lutte des classes, de salariat, de travailleurs et surtout pas de l'antagonisme " capital-travail " : le clivage fondamental oppose désormais " le peuple " - le " peuple populaire " a dit récemment le tribun, dans un pléonasme aussi lourd que le marteau d'un forgeron -, le peuple également appelé les 99%, à " l'oligarchie ", appelée aussi " la caste " .

Deuxièmement, on redéfinit le peuple : " C'est une nation ", la nation française, et son identification en peuple ne peut reposer que sur une symbolique nationale qui doit se substituer aux symboles du mouvement ouvrier . C'est ainsi que peu à peu le drapeau rouge disparaît des meetings du " dirigeant "  pour être remplacé par le drapeau tricolore et que " l'Internationale " y est proscrite en faveur de " La Marseillaise " .

Troisièmement, " le peuple " devient une nouvelle entité à construire dans un mouvement qui n'associe plus des travailleurs exploités, des salariés écrasés et humiliés, des petits paysans spoliés, mais " des individus-citoyens ", que Mélenchon s'emploie à interpeller par ce mot infamant, " les gens ", qui pouvait trouver mieux pour réduire ses soutiens à l'anonymat , mouvement symbolique et national reposant sur deux clefs de mobilisation et de dynamisme :

  • L'identification à une figure, la soumission au chef charismatique, acquise dès le début, dans le cas des insoumis puisque la construction de l'organisation fut voulue et pensée comme totalement verticale, à partir du chef au capital politique indiscutable .
  • L'identification d'un ennemi : la construction d'une identité politique par désignation d'un ennemi . L'ennemi, dans le populisme mélenchonien étant " l'oligarchie " ou " la caste " . Que derrière ces mots, il n'existe que peu de chose, importe peu . La vraie question est que, cette conception est directement empruntée au principal penseur juridique du national-socialisme, Carl Schmitt .     

" Le peuple " doit donc être construit par son chef dans une mobilisation où il se dote de symboles, les uns nationaux et hérités, les autres identifiant le mouvement, ce sera le cas du " Phi ", et par la conviction d'être le regroupement des " victimes " de l'ennemi, s'engageant contre celui-ci . Une mobilisation de " victimes ", c'est un peu court !

Les sentiments sociaux, le mécontentement social, la conscience politique claire de l'exploitation et de l'oppression, s'ils sont encore présents dans l'imaginaire insoumis, ont glissé dans une zone de pénombre bien différente du projet d'organisation du mouvement ouvrier qui cherchait à donner son expression démocratique au mouvement réel de la société . On ne peut pas nourrir la construction d'un peuple avec d'uniques sentiments de frustration, une identification au chef et une simple désignation d'un ennemi vaporeux .

Dans la tradition du mouvement ouvrier révolutionnaire, le mouvement inconscient et spontané de résistance à l'exploitation et à l'oppression doit être rendu conscient, à la fois par la lutte collective, par l'organisation structurée en commun à travers les syndicats, les partis, les conseils qui tous reposent sur le pluralisme et par la théorie politique appuyée sur une culture historique et sur la culture en général, y compris " bourgeoise " . L'oligarchie n'est pas le capital, elle n'est que la finance, plus les médias, plus les hommes politiques . Réduire " l'exploitation capitaliste " à ces seules entités, c'est se condamner à l'échec ...

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 14:50
Image " Le point.fr " .

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" L'idéal de la Ve République est l'adéquation de la majorité présidentielle et de la majorité parlementaire, ce qui s'est rarement produit : trop restreinte, elle se bunkérise, trop large, elle se divise ... " ( Yves Daudu, journaliste, éditeur ) .

Le cours de la Ve République n'a jamais été un long fleuve tranquille et E. Macron devrait en relire toute l'histoire .

En novembre 1958, quelques mois après le retour du général de Gaulle au pouvoir à la faveur de la crise algérienne et deux mois après l'adoption par référendum de la nouvelle Constitution, les premières élections législatives de la Ve République voient la cinglante défaite des opposants, dont de nombreuses têtes d'affiches vont tomber : F. Mitterrand, P. Mendès-France, Gaston Defferre, Jacques Duclos ... 

Mais les gaullistes arrivés en tête doivent déjà composer avec la droite classique : ils n'ont la majorité absolue que grâce à une alliance avec le Centre National des Indépendants et Paysans ( CNIP ), formation très à droite et assez hétéroclite pour pouvoir accueillir en son sein, à la fois, Valéry Giscard d'Estaing et un certain Jean-Marie Le Pen . Le renouvellement est déjà d'actualité : 310 députés, les deux tiers de l'Assemblée n'ont jamais siégé . Ce record reste à battre .

Ces " Indépendants ", c'est ainsi qu'on les appelle, vont inaugurer la tradition frondeuse jusqu'à entraîner la première dissolution de la Ve . Opposés à l'indépendance de l'Algérie, en désaccord avec l'interventionnisme gaulliste dans l'économie ( ce sont déjà des ultra-libéraux ), ils refusent en outre l'élection au suffrage universel du Président de la République . On a oublié, que cette disposition n'existait pas dans la Constitution de 1958 . Et le 4 octobre 1962, cas unique sous la Ve, une motion de censure est adoptée à une confortable majorité grâce à un improbable attelage de partisans de l'Algérie française, d'adeptes de l'intégration européenne, de socialistes et de communistes . Cela n'empêche pas de Gaulle de retrouver une courte majorité à l'Assemblée, de gagner son référendum sur l'élection du Président de la République au suffrage universel .

Mais quand G. Pompidou succède à Michel Debré à Matignon, il n'obtient qu'à une très courte majorité la confiance de l'Assemblée et ce grâce à l'abstention massive de 100 députés de droite .

C'est que les centristes entendent s'émanciper et Jean Lecanuet, leur chef de file ( MRP ) se présentera contre de Gaulle en 1965, prétendant incarner le renouveau, parlant même de " remettre la France en marche ", et en tout cas, du haut de ses 15% acquis au premier tour de la première présidentielle au suffrage universel, il refusera d'appeler à voter de Gaulle au second tour . Aux législatives de1967, les gaullistes n'obtiennent pas de majorité et doivent composer avec les Républicains Indépendants ( RI ) de Giscard d'Estaing qui a pris le relais de Lecanuet mais avec une faible majorité de une voix . Ils sont soumis à une implacable discipline de parti ; c'est de cette époque que date l'expression de " députés godillots " . En avril 1967, le nouveau gouvernement de G. Pompidou, renouvelé à son poste, doit recourir aux ordonnances pour faire passer trois textes fondamentaux : création de l'Agence Nationale pour l'Emploi ; généralisation de l'assurance chômage ; réforme de la Sécurité Sociale .

Au lendemain des événements de mai 1968, les législatives du mois de juin débouchent sur un raz-de-marée de la droite . L'ensemble de la gauche se retrouve avec 91 sièges sur 485 à l'époque .

Mais Giscard d'Estaing et ses Républicains Indépendants préparent de plus en plus l'après de Gaulle . Ce dernier veut rasseoir son autorité par un référendum sur une réforme du Sénat et la Décentralisation où il mettra son mandat en jeu . Ce sera une erreur fatale car il n'y a rien de tel qu'une volonté de plébiscite pour ressouder les oppositions . Le 27 avril 1969 au soir, le référendum débouche sur un non à plus de 52% et entraîne le départ du général de Gaulle . 

Dans la foulée G. Pompidou est élu Président et s'appuie sur la large majorité issue de juin 1968 . Son Premier Ministre, Jacques Chaban Delmas, gaulliste historique, donne de l'urticaire à toute la droite avec son projet de " nouvelle société ", porté entre autres par son conseiller spécial Jacques Delors, qui verra avec soulagement le remplacement de Chaban par P. Messmer, en juillet 2012, un gaulliste de stricte obédience .

Les législatives de 1973, donnent à Pompidou une confortable majorité gaulliste mais la docilité n'est plus de mise . Valéry Giscard d'Estaing est à l'affût et le Président va l'apprendre à ses dépens quand sa réforme constitutionnelle de passage du septennat au quinquennat est retoquée par les députés ...

Et l'histoire ne s'arrête pas là . Aucun Président n'a encore trouvé la majorité idéale . Les " leçons de l'histoire " ne nous apprennent qu'une chose : " Tout nouveau, tout beau ", puis, et parfois très vite, la réalité reprend ses droits et les premières claques vous tombent dessus .

" Vas-y, mais on t'attend au tournant ! " ont signifié les Français, à E . Macron, en ce dimanche 18 juin, en restant chez eux ou en glissant un bulletin blanc dans l'urne .

( Sur 47,5 millions d'inscrits : 27 millions ont choisi l'abstention ; 2 millions ont voté blanc ou nul . Ce sont donc près de 30 millions d'électeurs qui ont refusé de prendre part à ce scrutin ) .

 

NB : Source : Marianne,  No  1055 du 9 juin 2017 .

 

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 14:08
Image wikibéral.com .

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" En démocratie, un citoyen vaut une voix . Avec le scrutin majoritaire à deux tours, certains valent plus, d'autres moins " ( Jack Dion, Marianne ) .

La séquence électorale que nous venons de vivre consacre l'accomplissement d'un vieux dessein des classes dirigeantes : écarter définitivement du champ démocratique les classes populaires . En douceur ! Sans modifier autoritairement  la loi, sans jeter en prison les opposants, sans bâillonner la presse . Très simplement : par le biais de " la frustration civique " génératrice du phénomène de " l'abstention " . 

Une abstention qui atteint 36% aux élections législatives de 2002 - première année de l'application de la loi imposant les législatives à la suite immédiate des présidentielles - puis 43% en 2012, pour culminer, en 2017, à 57%, auxquels il faut ajouter 7% de bulletins blancs . La mort de la démocratie en France est confirmée . Ce chiffre est d'autant moins négligeable que le phénomène touche d'abord les plus jeunes ( 72% chez les 18 - 24 ans ) et les plus pauvres ( 65% chez les ouvriers ) . Plus les médias célèbrent le renouvellement - encore aujourd'hui, un journaliste osait déclarer sur un JT que le renouvellement était bien là, avec l'entrée à l'Assemblée Nationale d'un ouvrier et d'une étudiante -  plus fonctionne la machine à exclure ceux d'en bas, ou du moins à les décourager de glisser un bulletin dans l'urne .

 18 millions de votants sur un corps électoral de 47,5 millions d'électeurs : le score de E. Macron, seul, à la présidentielle . Autant de voix pour désigner 577 députés que pour élire un Président . Cela mérite d'être médité .

Il ne peut s'agir que d'un véritable réflexe de défiance des milieux populaires comme si ces derniers avaient intégré qu'ils n'étaient plus que les victimes expiatoires des décisions politiques auxquelles on n'accordait plus qu'un droit : " Se taire ! "

Le joujou favori de nos dirigeants a accouché, hier, d'un miracle : un parti ultra-majoritaire à l'Assemblée Nationale ( 60% de députés ) alors qu'il ne représente que 30% des électeurs ayant voté et surtout 15% du corps électoral . Ce qui permet d'affirmer qu'un électeur de La République en Marche avait en main deux voix .

Ce résultat nous oblige à nous interroger sur les dessous d'un tel système et surtout sur dangers qu'il recèle . 

L'élection du Président au suffrage universel est une arme à double tranchant . Elle prend les apparences de la plus pure démocratie puisqu'elle permet à chaque citoyen de choisir qui sera, pendant cinq ans, son suzerain, mais dans la réalité, l'hôte de l'Elysée a la statut d'un hyper-président doté de pouvoirs exorbitants qui écrasent ceux de l'Assemblée Nationale et du gouvernement faisant de la France une exception dans le monde . 

Ils sont nombreux ceux qui applaudissent " cette rencontre magique entre un homme et un peuple ", oubliant un peu vite qu'il s'agit de la définition même du pouvoir personnel voire du despotisme . 

D'accord, les partis ne jouaient plus leur rôle depuis longtemps mais de là à idéaliser " un sauveur suprême " , il vaut mieux rester prudent .

Le système des " primaires " pour désigner le candidat de chaque parti venu s'ajouter aux Institutions a, par ailleurs, fonctionné comme une machine à tuer les partis, à asphyxier les adhérents et à empêcher tout débat d'idées . L'élection des députés au scrutin majoritaire fonctionnant, quant à elle, comme une simple opération de confirmation de la présidentielle, faisant dire à l'ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin - qui n'est pas un perdreau de l'année - que " le Président nomme les députés " . Constat qui est loin d'être une caricature : les élus " En marche " ne sont-ils pas issus d'un recrutement " internet " à partir du dpôt d'un CV, d'entretiens d'embauche et de la décision d'un jury de recrutement ( modèle entreprise ) .

Nous voilà bien loin du principe de la souveraineté populaire comme pilier de la République !

 

 

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