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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:17
Photo, " Le Temps " ( Suisse ) .

Photo, " Le Temps " ( Suisse ) .

" Voter, ce n'est pas choisir entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable " ( Raymond Aron ) .

Expédions les affaires courantes : le 7 mai, je voterai E. Macron parce que je tiens plus que tout à dire " Vous, jamais ! " aux héritiers des collabos de Vichy et de l'Algérie Française . Il ne peut y avoir débat, pour moi, là-dessus . Bon, ça c'est fait !

Passons aux choses sérieuses . Les " faiseurs d'opinion " qui se succèdent sur les plateaux télévisés depuis dimanche soir sont pathétiques . Ils ont tout faux . " Le petit prince de la finance " a terrassé les partis, il ouvre la voie à un renouvellement de la vie politique, enfin avec lui, toutes les formes de conservatisme incarnées par les partis étant étouffées, la France va pouvoir se réformer . Bla, bla, bla ! ...

Sauf que ce qui s'annonce avec la victoire annoncée d'E. Macron, c'est le retour en force des Partis . Parce que loin du " mantra " médiatique actuel de la fin des partis, ces derniers ne meurent pas, ils se transforment, certes, ils évoluent, mais ils restent, parce qu'ils sont nécessaires à la vie politique, comme le disait Léon Blum, parce qu'ils la structurent et j'ajoute - avec l'historien Michel Winocq - qu'ils doivent être forts et disciplinés, pour rester les vrais remparts contre toutes les aventures totalitaires, de toutes natures .

Je reprends donc à mon compte la métaphore mélenchonienne du " casse noix ", inventée pour dépeindre la tragédie du pauvre B. Hamon, pour décrire ce qui vient . 

Pour une affaire de " gros sous " d'abord, leur financement durant les cinq années à venir, pour peser de tout leur poids dans le prochain quinquennat, et pour la droite, prendre sa revanche de la présidentielle ratée, les Socialistes, de leur côté, et Les Républicains, du leur, vont se rabibocher, panser quelques plaies, pour empêcher Emmanuel Macron de gouverner à sa guise .

Ce matin, chez J.J. Bourdin, sur BFMTV, Bruno Le Maire a énoncé très clairement la stratégie de son camp : " La droite ne présidera pas la France mais elle peut la gouverner ", tant le désir d'alternance est grand chez ces conservateurs .

Les grognards de ces deux camps ont bien compris que " Peter pan " et les 577 - ou presque - inconnus qu'il va lancer dans la bataille des Législatives n'ont aucune chance d'obtenir une majorité à l'Assemblée Nationale, alors soyons lucides, le troisième tour de la présidentielle ne se jouera pas entre E. macron et la droite, sans Fillon, mais dans un combat entre le PS et Les Républicains, afin d'obtenir pour chacun des camps, le groupe de députés le plus puissant à l'Assemblée et imposer au nouveau président, éventuellement, un Premier Ministre issu de leurs rangs ou, au moins, un pacte de coalition très contraignant . Et l'on devrait appeler cela la mort des partis ?

J. L. Mélenchon, après une magnifique campagne, et alors qu'il pouvait s'enorgueillir d'un résultat pour la vraie gauche, remarquable, gagnant huit points et plus de trois millions de voix sur 2012, choisit de son côté, de mettre un terme à son épopée, au soir du premier tour, dans une intervention télévisée, confuse, inaudible et sans panache, hypothéquant ainsi les résultats de ses insoumis lors du troisième tour . 

La question qui se pose donc, aujourd'hui, ne concerne plus le deuxième tour de la présidentielle, déjà joué, mais les Législatives : quel signal les Français voudront-ils envoyer au nouveau président ? Barrage, rejet, navigation plus à droite, cap plus à gauche ? Dans tous les cas, le nouvel élu n'a pas à attendre, comme ses prédécesseurs d'état de grâce, sa marge de manoeuvre sera très étroite . Il n'aura ni majorité claire ni autorité morale suffisantes pour réformer . Dans l'Hémicycle, les familles politiques ne l'épargneront pas et les tentations de dissolution seront fréquentes .

Alors, le président aura à choisir : l'impuissance ou la brutalité ! 

" Emmanuel ", c'est ainsi que dans la bible le prophète Isaïe, désigne le Messie, Jésus : " celui qui accomplit le dessein de Dieu " . Cette référence biblique devrait pouvoir nous réconforter sauf, qu'à ce jour, notre Emmanuel n'a toujours pas annoncé quel était son dessein .

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 14:23
" La République des copains " .

" La tribu qu'une passion collective soude à son chef ", ( Marc Bloch ) .

Au-delà des reniements sur les questions économiques et sociales, il en est une où le quinquennat hollande ne pourra jamais être absout, c'est la question démocratique . 

Au terme du quinquennat de N. Sarkozy qui avait poussé jusqu'à la caricature tous les traits détestables de la monarchie républicaine, au point de transformer la France en une sorte de système néo-poutinien, on s'était pris à sepérer que F. Hollande tournerait la page sur ce plan-là . On pouvait donc espérer que les socialistes engageraient, au moins, des réformes - qui ne coûtent rien - pour refonder la démocratie, pour sortir des méfaits du legs bonapartiste et de tous ses excès : le pouvoir personnel, l'affairisme, le népotisme, la xénophobie, la flatterie des instincts les plus vils .

Pour beaucoup de Français qui votèrent en 2012 pour F. Hollande il y avait d'abord l'indignation soulevée par les comportements de N. Sarkozy, la volonté de tourner une page honteuse . Sans doute ce vote était-il un vote sans illusion sur la question sociale, les socialistes avaient tant de fois tourné casaque, mais au moins, avec F. Hollande, l'air pouvait devenir démocratiquement un peu plus respirable .

Il n'en fut rien . Et " l'imposture " s'imposa en ce domaine comme dans tous les autres :  la république des copains poursuivit son chemin comme " la tribu soudée à son chef " que dénonçait Marc Bloch en 1940 . 

L'historien, nous donne dans " L'étrange défaite ",  en pleine  débâcle de 1940, où la démocratie s'écroulait parce qu'elle était anémiée, sa très belle définition de cette démocratie : " La Cité étant au service des personnes, le pouvoir doit reposer sur leur confiance et s'efforcer de la maintenir par un contact permanent avec l'opinion . Sans doute, cette opinion peut-elle, doit-elle être guidée, mais elle ne doit être ni dupée, ni violentée, et c'est en faisant appel à sa raison que le chef doit déterminer en elle la conviction ... - Deux quinquennats successifs n'auront fonctionné que sur l'appel aux passions des gens - . Ainsi doit-il avant tout distinguer les aspirations profondes et permanentes de son peuple, exprimer en clair ce que celui-ci dénie parfois bien confusément et le révéler pour ainsi dire à lui même . Un tel débat ne peut être méné que dans la sécurité - c'est à dire hors passions . L'Etat au service des personnes ne doit ni les contraindre, ni se servir d'elles comme d'instruments aveugles pour des fins qu'elles ignorent . leurts droits doivent être garantis par un ordre juridique stable . La tribu qu'une passion collective soude à son chef est alors remplacée par la Cité que gouvernent les Lois ... "

A l'évidence, F. Hollande n'a jamais lu notre grand historien . C'est pourtant de cette démocratie tolérante, libérale au sens politique du terme, respectueuse des citoyens, dont la France a été privée durant les deux derniers quinquennats, dont elle a besoin .

Marc Bloch formule peut-être un rêve . Mais en ce dimanche d'élection présidentielle, prenons la mesure des enjeux : trois candidats sur les quatre en lice font peser d'énormes dangers sur la démocratie, le quatrième nous invite au contraire à tenter l'aventure démocratique . Ne nous trompons pas . Nous vivons un moment historique .

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 18:49
Valmy : 22 septembre 1792 .

Valmy : 22 septembre 1792 .

" Tout commence en mystique et finit en politique " ( Charles Péguy, Notre jeunesse, 1910 .

Souvenons-nous ! En 1981, le slogan des socialistes lors de la campagne de F. Mitterrand était le beau mot d'Arthur Rimbaud : " Changer le vie " ( Une saison en enfer, Délires, Vierge folle ) .

Et nous y avons cru et le 10 mai 1981, fut pour nombre de ceux qui l'ont vécu un moment de grande espérance . Quels que soient les reniements qui suivirent, reconnaissons qu'en 1981, la gauche cherche, sitôt au pouvoir, comme en 1936, et même si les conditions historiques ne sont pas les mêmes, à faire bouger les choses, à honorer ses promesses . A la différence de 1936, il n'y a pas de grève générale mais il y a l'enthousiasme formidable de la Bastille au soir du deuxième tour, et pour cette fois encore les choses vont aller très vite .

Dans les premiers jours qui suivent l'alternance, le gouvernement de Pierre Mauroy met en oeuvre une politique économique de relance : augmentation de 10% du SMIC, de 20% du minimum vieillesse, de 25% des allocations familiales, de 3,4% du salaire des fonctionnaires, le premier Ministre annonçant dans la foulée, lors de sa Déclaration de politique générale un nombre de réformes considérable : abaissement de la durée hebdomadaire du travail à 39 heures sans perte de salaire ; retraite à 60 ans et les nationalisations de cinq grands groupes industriels, de 36 banques de dépôt et des prises de participation majoritaires dans les deux plus grosses entreprises de l'armement : Dassault et Matra ...

En 2012, rien de tout cela . Le gouvernement de " notaires tristes " de Jean-Marc Ayrault, annonce d'emblée l'austérité . Passons !

Demain nous votons à nouveau, et nous devons apprécier avec rigueur ce qui nous est proposé .

Le néofascisme de Mme Le Pen : chasse aux immigrés, puis chasse aux syndicats, puis chasse aux assistés, suivies de la chasse aux " ouvriers non ralliés ", de la chasse aux gens de culture, de la chasse aux libres-penseurs, de la chasse aux SDF ...

L'ultralibéralisme de F. Fillon et son tout pour l'entreprise avec son corollaire, réduction drastique des services publics, démantèlement de la Sécurité Sociale, baisse des retraites, appauvrissement général des classes populaires et restriction des libertés : limitation du champ des droits . F. Fillon n'est pas un républicain .  

E. Macron, c'est " l'ubérisation " de la société . La fin du salariat et l'explosion des " autoentrepreneurs ", s'assurant eux-mêmes auprès de groupes privés pour tout : santé, retraite, chômage, . L'appauvrissement généralisé des ménages, l'impossibilité de construire un projet de vie pour le plus grand nombre, un avenir meilleur réservé à une poignée de chanceux ou d'héritiers .

Alors, pour retrouver un de ces moments historiques, que furent 1936 et 1981, retrouver le droit d'espérer, le droit de rêver, dans " la fièvre des réformes " à venir, il n'y a pas beaucoup d'options, il n'y en a qu'une .

Et encore une fois, Charles Péguy nous montre la direction : " L'intérêt, la question, l'essentiel est que dans chaque ordre, dans chaque système, la mystique ne soit point dévorée par la politique à laquelle elle a donné naissance ... Il importe évidemment que les républicains l'emportent sur les royalistes ou que les royalistes l'emportent sur les républicains mais cette importance est infiniment peu, cet intérêt n'est rien en comparaison de ceci : que les républicains demeurent des républicains, que les républicains soient des républicains " . ( A bon entendeur salut, M. Fillon ! )

" La mystique n'a-t-elle pas été dévorée par la politique ? " dans cette génération de socialistes qui, ayant accédé au pouvoir en 2012, avec F. Hollande à sa tête, fuit avec armes et bagages se réfugier dans les bras d'une marionnette, afin de sauver ce qui peut l'être : " la soupe " .

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 14:09
Publication FB de Maria Sakar .

Publication FB de Maria Sakar .

(1) . Article du 27 mai 1936, de Marceau Pivert (Gauche Révolutionnaire ), aile gauche de la SFIO : " Les masses ne se contenteront pas d'une modeste tasse de guimauve que l'on porte à pas feutrés au chevet de la mère malade " .

" Plus de cent économistes de dix-sept pays à travers le monde appellent les citoyens à se prononcer, dimanche, pour le programme de La France insoumise ",  ( Libération, édition du 18/04/2017 ) .

Alors que la France n'est toujours pas sortie de la récession économique qui fait suite à le grande crise financière de l'année 2008, Emmanuel Macron et François Fillon veulent poursuivre et aggraver les politiques de coupes dans les dépenses publiques, le démantèlement de l'Etat social et du droit du travail, dans le droit fil des deux quinquennats précédents, politiques qui ont conduit à un chômage de masse inédit, et au cercle vicieux de l'explosion de la précarité et de la pauvreté avec son corollaire qu'est la poussée du FN à la nature profondément raciste et xénophobe .

" A l'inverse, les solutions proposées par J.L. Mélenchon sont, à nos yeux, les seules capables de répondre aux urgences majeures de notre temps ", affirment ces universitaires .

Les propositions du programme " L'avenir en commun " prennent en compte les équilibres budgétaires non pas en se lançant dans une course à l'austérité mais en proposant un programme économique précis et ambitieux reposant sur une plus grande justice fiscale, une politique d'investissements et une émancipation réelle de la tutelle des marchés financiers ... ", ajoutent-ils .

La première urgence dans toutes ces mesures vise la baisse du chômage, aujourd'hui arrivé à des taux insupportables dans la durée : plus de 6,5 millions de chômeurs ( 10% de la population ) avec un taux de 25% chez les jeunes de moins de 25 ans . Pour cela il faut dégager des marges de manoeuvre pour les investissements publics en mettant fin à une dépense autant inutile que préjudiciable à la collectivité : la dépense fiscale du pacte de responsabité et du CICE qui auront coûté aux contribuables 41 Mds d'€ pour une efficacité nulle dans la mesure où les politiques d'austérité tant en France qu'en Europe avaient réduit drastiquement la demande .

Face au sous-investissement chronique sous le quinquennat Hollande qui s'est contenté de charcuter la fiscalité, l'urgence est à une ambitieuse politique de relance pour stimuler l'activité, donc l'emploi . A ce titre, le plan d'investissements de 100 mds d'€ sur l'ensemble du quinquennat est correctement proportionné, la dépense étant judicieusement focalisée sur des secteurs essentiels, à fort coefficient multiplicateur ( transition énergétique,, infrastructures scolaires, transports publics, santé, logement ... ) et qui ne sont pas soumis à la concurrence internationale . Son efficacité et son financement sont avalisés par le récent rapport de l'OFCE ( Investissement public, capital public et croissance de Xavier ragot et Francesco Saraceno ) .

Pour sortir de l'austérité budgétaire et salariale, des mesures comme la revalorisation du SMIC, des retraites et des minima sociaux couplées à une ferme politique d'égalité salariale femmes-hommes, devenues totalement nécessaires et combinées à un plan de réduction du temps de travail, telle que le respect effectif des 35 heures, la semaine supplémentaire de congés payés tout comme à une formation professionnelle de qualité envers les chômeurs, ceux qui ont abandonné toute recherche d'emploi ou ceux encore qui sont insatisfaits de leur temps partiel imposé, sont absolument cohérentes .

Les contempteurs de ces mesures qui brandissent le chiffon rouge de la dépense oublient de nous dire que l'aggravation de l'austérité qu'ils préconisent se traduira par plus de chômage et toujours moins de services publics .

La deuxième urgence à laquelle le pays doit répondre consiste à enrayer le creusement des inégalités, à mettre fin à l'augmentation indécente des patrimoines des possédants et à remédier aux injustices du système fiscal, injustices qui affectent tout autant les ménages que les PME par rapport aux grands groupes .

Et en ce domaine encore, la proposition de J.L. Mélenchon est précise et cohérente : pour les ménages, en passant le nombre de tranches de l'impôt sur le revenu de cinq à quatorze ; pour les petites et moyennes entreprises, en baissant le taux de l'impôt sur les sociétés à 25%, les grands groupes devant y souscrire alors qu'aujourd'hui ils contribuent au mieux à 10% . Par ailleurs bon nombre de niches fiscales seront supprimées en vue de mettre fin à la captation des richesses par une minorité .

La troisième urgence est industrielle . Il s'agit de combattre la financiarisation de l'économie  qui a tué notre tissu productif . Pour qu'il monte en gamme, les dotations et les missions de la Banque Publique d'Investissement seront étendues . L'octroi des crédits et les prises de participation seront libérées de la strcte logique financière pour privilégier la vision à long terme des investissements . Le contrôle du système bancaire français par la Banque de France sera renforcé et la séparation des banques d'affaires et des banques de dépôt mise en oeuvre sans tarder couplés à un contr^le plus strict des mouvements de capaitaux spéculatifs afin que la spéculation n'entrave plus l'investissement .

Ces économistes soutiennent par ailleurs deux autres urgences abordées par JLM : la transition écologique et la désobéissance aux traités européens dans un seul but : " Sauver le meilleur de l'Europe en supprimant ce qu'il y a de mauvais " .

En un mot, le programme économique de " La France insoumise " nous offre une occasion historique de prouver qu'il y a des alternatives sérieuses, crédibles et désirables aux politiques absurdes menées avec acharnement depuis trois décennies .

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 16:06
Les quatre portes .

" Qui aurait pu prévoir que les Français accepteraient un jour l'incertitude et choisiraient l'aventure ? " ( Guy Konopnicki, journaliste à Marianne ) .

Telle est la première surprise de cette étrange campagne électorale : la tentation de l'aventure . Les Français ont éliminé, un par un, les hommes politiques blanchis sous le harnais, trop prévisibles, ayant démontré leur impuissance ou ayant trahi, triché, certains se vautrant dans la corruption : Sarkozy, Juppé, Hollande, Valls, Duflot et tant d'autres ... disparus, naufragés, noyés, évanouis ...

Les Français passaient, depuis trente années pour des enfants sages, votant pour des partis rassurants, pour des alternances et des cohabitations molles mais du coup paisibles, n'entraînant aucun bouleversement dérangeant . En somme des petits bourgeois peu pressés de courir l'aventure . Et tout allait bien ainsi, pour le plus grand bonheur de tout un monde de privilégiés se goinfrant au soleil de la sagesse de tout un peuple .

Or, patatras ! Voilà que les Français, à l'occasion d'une campagne électorale " sentant trop mauvais " ( dixit F. Hollande ) se rebiffent, regimbent, se cabrent, se révoltent et se proclament séduits par l'aventure comme si la peur ne rôdait plus autour de nous, comme si le chaos n'effrayait plus personne, comme si le " plus rien à foutre " avait pris le dessus sur tout autre considération .

Pourtant le chaos s'invite à notre table, chaque jour : il gouverne la Syrie, l'Irak, l'Egypte, la Suède, Londres, l'Afghanistan, la Mer de Chine ... Vous imaginez un peu, à côté de ces conflits, vous voudriez que la minuscule aventure politique de notre présidentielle puisse nous effrayer, clament les Français à l'oreille de candidats en mal d'envolées lyriques chantant la grandeur, le rayonnement et même la puissance toujours intacte du pays .

En cette dernière semaine de campagne, les Français ont choisi de laisser entrouvertes quatre portes, quatre portes ouvrant sur quatre aventures très différentes, quatre incertitudes, quatre chaos, peut-être . Qui peut savoir ?

Qui peut avoir peur aujourd'hui de l'instabilité politique qui nous donna, quand même, quatre Républiques et dont les partis dominants avaient fait un épouvantail pour justifier les alternances douces de la Ve . Les moroses alternances ont fini par lasser et cela, les partis en place ne l'avaient pas anticipé .

Les français n'ont plus peur de l'inconnu . Ils savent que la surprise peut être terrible mais l'épouvantail de l'instabilité s'est fondu dans le paysage .

Au bout du couloir donc, quatre portes . L'une nous conduit directement au néo-fascisme, à une société autoritaire, déshumanisante, conflictuelle, invivable et surtout irréversible : les régimes totalitaires ne rendent jamais le pouvoir sans violence .

La deuxième, ultra-libérale, rompant avec tout pacte social, va démanteler des pans entiers de notre modèle, services publics, assurance-maladie, retraites, assurance chômage, promouvoir l'extension des petits boulots et réintroduire une morale religieuse très pesante sur notre quotidien .

La troisième s'ouvre sur une société " sans statut " . Dehors, la République, la démocratie,  les services publics, le contrat social, la règle sera :  "  Les salariés on ne les paie que quand on a besoin d'eux ", à la tâche, à la mission, au chantier et ils se débrouilleront pour se loger, se soigner, s'occuper de leurs enfants et de leurs vieux .

La quatrième s'ouvre sur un monde plus généreux et surtout plus démocratique . Assemblée constituante, référendum révocatoire, non cumul des mandats en nombre et dans la durée, renouvellement des élites politiques, débat contradictoire pour les décisions locales comme nationales . Davantage de démocratie, donc . Beaucoup plus de démocratie ! Mais alors, il faut se poser la question : n'est-ce pas trop de démocratie d'un coup ? La nouvelle société saura-t-elle gérer ce " trop plein " de démocratie ? Un pari, certes, mais un pari fondé sur la confiance dans l'intelligence collective : une inconnue mais vers un progrès véritable si elle se transforme en succès .

Il nous reste une semaine pour savourer tant d'incertitude avant de connaître le nouveau paysage politique que notre curiosité pour les mondes inconnus aura choisi . Souhaitons que la rage ne suive pas de trop près la recomposition attendue !

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 14:02
" Après le 6 mai 2012" .

Suite du billet précédent : " L'imposteur " .

Macron est le spasme d'un système qui repousse son trépas, sa dernière solution, l'unique moyen de déguiser une continuité devenue intolérable au reste de la société " ( F. Lordon ) .

La baisse de popularité de F. Hollande commence dès la rentrée 2012 . Les observateurs avisés nous expliquent qu'il a manqué d'esprit de responsabilité, qu'il a pris des vacances, se montrant en short sur les plages, souriant, aux bras de sa compagne, disparaissant ainsi, tout l'été, des radars politiques et que les Français lui en veulent de tant de légèreté . Quel aveuglement !

En fait, F. Hollande n'a cessé de piloter la mise en place concrète de son " imposture " .

Dans le courant du mois de janvier 2012, " L'Institut de l'entreprise ", annexe du MEDEF où l'on retrouve pêle-mêle les patrons de Vinci, Sodexo, Axa, Schneider Electric, Lafarge, GDF Suez, BNP Paribas et bien d'autres, rien que du beau linge du CAC 40, avait publié une note intitulée : " Pour un choc de compétitivité en France " et sous titrée : " Transférer une partie des cotisation sociales vers la fiscalité pesant sur les ménages " . Voici ce que dit le document : " Le poids du financement de la protection sociale pèse de manière démesurée sur les coûts de production . Le système de protection sociale étant le résultat de nos préférences collectives, c'est aux ménages d'en assurer d'abord la charge . Une réforme de l'assiette de financement de la protection sociale, qui verrait une partie des cotisations employeurs rebasculée vers les ménages, via la mise à contribution de la TVA, la CSG, la TICPE, la fiscalité écologique, doit être envisagée . Un tel transfert aurait la vertu symbolique d'envoyer le signal déterminé d'une nouvelle politique de l'offre ... " 

En mars 2012, " l'Institut Montaigne ", autre club patronal, remet ça et précise : " Pour avoir un effet réel sur l'emploi et la compétitivité le transfert de charges doit être suffisamment important, il faut rechercher un choc de l'offre, ce sont ainsi plus de 30 Milliards d'€ qui pourraient être transférés . Les cotisations maladie et famille  ont vocation à être basculées prioritairement vers la consommation , en raison de leur caractère universel ... "

Le décor est posé . Et dès le lendemain du 6 mai les choses vont aller très vite . Un grand patron, Louis Gallois, ancien président d'EADS, nommé Commissaire Général à l'investissement, et de mèche avec F. Hollande, va mener le train . On envoie d'abord l'inconsistant Pierre Moscovici, Ministre de l'économie, que personne n'écoute, lancer une sonde, devant un parterre de patrons de la CGPME, " Planète PME ", nous sommes le 28 juin 2012, et les formules du ministre sont sans équivoque : " La conférence sociale convoquée par le premier Ministre, les 9 et 10 juillet, posera les premiers jalons d'une politique de compétitivité . Elle sera l'occasion pour l'Etat et les partenaires sociaux d'aborder les questions touchant au marché du travail et des moyens de fonder une nouvelle compétitivité pour notre économie " .

Avec les déclarations encore plus nettes de Louis Gallois, le 7 juillet, tout s'accélère . Ce dernier est envoyé en mission à Aix-en-Provence, pour s'exprimer devant un parterre d'économistes, les-mêmes que rencontrait Hollande en 2011, auxquels il confie : " Pour toucher le secteur exposé à la concurrence, il faut que le choc de compétitivité soit assez massif et qu'il porte aussi sur les cotisations sociales des salaires élevés . Il s'agit de transférer 30à 50 Milliards pour avoir un effet significatif " . Les intentions cachées de l'Elysée vont devenir de plus en plus transparentes .

Le 9 juillet, en ouverture de " La Grande Conférence Sociale ", F. Hollande tombe le masque . " L'équilibre de nos comptes et la compétitivité de notre pays ne sont pas seulement des impératifs économiques, ce sont des obligations sociales . Nos mécanismes de solidarité seront menacés si nous ne savons pas les faire évoluer  . pour les entreprises les plus exposées à la mondialisation nous devons trouver le moyen de les aider à rester dans la course face à des concurrents qui ont fait des efforts considérables ces dernières années ... Voilà pourquoi je considère nécessaire une réforme du financement de la protection sociale pour qu'il ne pèse plus seulement sur le travail ... " .

Venir sur le terrain de l'adversaire, au lendemain même d'une victoire, cela ne s'était jamais vu ! Et la marche en avant se poursuit . Dès le 11 juillet, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, charge Louis Gallois de rédiger un rapport sur ces sujets de la compétitivité des entreprises et du coût du travail .

Pour ce grand patron, la tâche ne sera pas harassante : il va puiser toutes ses recommandations dans les deux notes de " l'Institut de l'entreprise " et de " l'Institut Montaigne ", dont nous avons déjà parlé, les remettant au Premier Ministre, le 5 novembre 2012 où il préconise " un choc de compétitivité de 30 Milliards ", au milieu d'un plagiat éhonté des deux rapports patronaux .

Dans un communiqué intitulé " Rapport Gallois ", la présidente du MEDEF, Laurence parisot, laisse éclater sa joie .

Dès le lendemain - le Premier Ministre a dû lire tout le rapport dans la nuit - Jean-Marc Ayrault, annonce un gigantesque allègement d'impôts consenti aux entreprises pour un montant de 20 Mds sous la forme d'un Crédit d'Impôt ( CICE ); invraisemblable cadeau, offert sans raison et sans contre-partie . Ces sommes fabuleuses seront payées par 10 Mds d'économies sur les services publics et 10 Mds d'impôts supplémentaires sur les ménages .

La boucle est bouclée . A la fin de l'année 2012, F. Hollande a pris la première grande mesure de son quinquennat : " Une grande mesure de redistribution ... à l'envers ", pourra dire le journaliste Laurent Mauduit .

NB : source " L'étrange capitulation " de Laurent Mauduit, Ed. J.C. Gawsewitch, 2013 .

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 11:56
L'imposteur .

" Les anciens socialistes chantaient Le temps des cerises, les nouveaux, de droite, à l'image de F. Hollande, n'ont retenu que les merles moqueurs ... ", dit le journaliste Guy Konopnicki .

Ne dites pas de F. Hollande qu'il est un " traître " au PS, à la gauche, au socialisme ; F. Hollande n'a trahi personne, il n'est qu'un " imposteur ", un banal " imposteur " . Le sommet de son imposture est atteint durant la campagne des présidentielles de 2012 et les tout premiers mois de son mandat . " Une double campagne " .

Sa campagne officielle, une posture publique, où il feint de tourner le dos aux priorités économiques et sociales inégalitaires défendues par N. Sarkozy et propose au pays une politique économique alternative : " Le changement, c'est maintenant ! " son slogan principal qui promet des lendemains qui chantent, une véritable rupture avec les années Sarkozy . Cette campagne, c'est le discours du Bourget du 22 janvier 2012 qui en est le temps fort . Ce jour-là, le candidat socialiste dévoile ses principales promesses : les réformes démocratiques, du non-cumul des mandats à l'introduction d'une dose de proportionnelle dans les élections législatives en passant par le mariage pour tous ou le vote des étrangers aux élections locales . On y trouve aussi une refondation de l'école, une réforme fiscale profonde, la fin des dérives du nouveau capitalisme financier - " mon adversaire c'est la finance " - une taxe sur les transactions financières, la séparation des activités, de crédit et de spéculation au sein des banques ... En cet instant, F. Hollande semble être devenu le candidat dont le pays a besoin, le chevalier blanc qui va terrasser " cette finance qui s'est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle ", ajoute-t-il .

Ne nous étendons pas, le refrain est connu ...

Mais F. Hollande mène une double campagne . car il y a, dans le même temps, la campagne officieuse, celle dont la grande presse ne parle pas, une campagne autrement plus prudente, conservatrice, qui tourne le dos à la campagne publique .

Pour comprendre ce qui se passe quand F. Hollande accède à l'Elysée, il faut se plonger dans cette deuxième campagne, pour y déceler les ambiguïtés du candidat mais aussi sa part de calcul et surtout, disons-le sa part de duperie .

F. Hollande est homme habile, et même dans ses envolées lyriques évoquant la passé glorieux de la gauche, des oreilles averties peuvent déceler des petits riens subliminaux envoyés au camp d'en face, des signaux envers les milieux d'affaires, soucieux de rigueur économique et de respectabilité financière .

Le début de la campagne occulte du candidat socialiste peut être datée . En septembre 2010, F. Hollande n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature à la primaire socialiste, mais soumet un débat sur internet sur le thème : " Parlons de la France ", et le petit livre numérique qu'il dévoile, à cette occasion, aurait dû faire dresser l'oreille à certains . Multiplication des appels à la raison et à la modération comme s'il cherchait à ce que de vieux slogans comme le " Changer la vie ! " de 1981, ne revienne pas hanter la gauche .

Nous ne pouvons pas multipler les propositions comme si nous avions tous les moyens pour agir et disposions de tous les leviers ... les trésors cachés n'existent pas ... Les prélèvements sur les revenus financiers comme sur les grandes fortunes, aussi légitimes soient-ils, ne peuvent suffire à combler tous les déficits de notre protection sociale ", insiste-t-il . Matine Aubry y avait vu un " flou ", puis un " loup " .

Puis il ajoute : " Ces comportements peuvent paraître séduisants électoralement car nos concitoyens préfèrent entendre que " Tout est possible " ( Marceau Pivert, en 1936 ) plutôt que " l'Etat ne peut pas tout " . Par ailleurs, toujours dans son petit livre numérique " Parlons à la France ", il entre fermement dans le concret à propos des retraites : " Afin de tenir compte de l'allongement de la durée de la vie, il est logique d'allonger la durée de cotisation au fur et à mesure que l'espérance de vie augmente " .

Quelques mois plus tard, en janvier 2011, lors d'un face à face organisé par Mediapart, avec l'économiste Thomas Piketty, que certains ont prétendu à tort qu'il a inspiré la politique économique de F. Hollande, ce dernier fait comprendre, d'emblée, que sa révolution fiscale sera la moins radicale possible et qu'elle s'interdira une trop forte taxation des plus hauts revenus . Le dirigeant socialiste, émettant de très fortes réserves sur le barème d'imposition préconisé par l'économiste : " les taux faciaux pour un tout petit nombre sont inefficaces et conduisent aux délocalisations ... Je préfère un impôt payé à un impôt fraudé ", assène-t-il, quand Piketti lui fait remarquer que si on réduit en-dessous de 50% le taux supérieur de l'impôt sur le revenu, cela induit d'augmenter les taux d'imposition des revenus moyens et inférieurs, ce qui se produira d'ailleurs, dès le début du quinquennat .

Le 24 mars 2011, au détour d'un entretien, le journal " Les Echos " demande au candidat Hollande s'il accepte une filiation avec le centriste Raymond Barre - " le Père la rigueur " - que les socialistes ont chassé de son poste de premier Ministre en 1981, et Hollande acquiesce : " Il a eu le souci de mettre nos finances à flot " .

Le 24 août 2011, à l'occasion d'une réunion qu'il tient avec des économistes, le socialiste, va tenir les propos suivants : " La gestion au fil de l'eau, l'accoutumance aux déficits, la programmation sur des hypothèses irréalistes, l'acceptation d'un niveau d'endettement plus élevé sont autant de manifestations d'une irresponsabilité qui a coûté trop cher et à laquelle il est temps de mettre un terme " . " Cet effort de longue haleine devra être mené avec résolution ", martèle-t-il, avant d'ajouter qu'il fait siens les objectifs de réduction des déficits fixés par le gouvernement Fillon .

Ce jour-là, il n'y a pas que le contenu du discours de F. Hollande, qui a de l'intérêt . La brochette d'économistes invités à débattre avec lui, ne manque pas de piquant . Les plus convenus de Paris, les plus mondains, les plus libéraux, les plus conservateurs .

Et comme il a aimé l'expérience, le candidat cette fois investi par la primaire, remet ça, le 9 novembre suivant, à la maison de l'Amérique latine, avec les mêmes experts : Jean-Hervé Lorenzi, Président du cercle des économistes ; Philippe Aghion, l'économiste de Harvard ; Gilbert Cette, l'économiste de la Banque de France : Agnès Bénassis-Quéré, future présidente du Conseil d'Analyse politique, auprès du Premier Ministre ; Thomas Philippon, professeur d'économie à New-York ; Romain Rancière, professeur à l'Ecole d'économie de paris, et ancien du FMI ou encore Stéphane Boujnah, directeur général du " Banco de Santander France " . " Des imposteurs de l'économie " qui barbotent dans d'insupportables conflits d'intérêts, tous discrètement appointés par le monde de la finance .

Foin de jeunes chercheurs et d'économistes qui essaient dans un contexte de crise historique de chercher des voies nouvelles pour la gauche .

Le leiv-motiv de cette journée sera : " Une politique salariale trop généreuse fait le lit du chômage et nuit à la compétitivité " . 

Bien d'autres réunions discrètes suivront et en particulier après le 6 mai 2012, pour mettre en place, en 2013, le fameux " Pacte de responsabilité " qui devait déverser sur les grosses entreprises des dizaines de milliards d'€ . Mais nous y reviendrons .

Le chef politique est nécessairement un imposteur puisqu'il enseigne à résoudre les problèmes de la vie en ne les posant pas " ( A. Malraux, L'espoir " ) .

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 14:40
Site, Urtikan.net ( Dessin de Deligne, octobre 2014 ) .

Site, Urtikan.net ( Dessin de Deligne, octobre 2014 ) .

" Dans les poulaillers d'acajou, / Les belles basses-cours à bijoux, / On entend la conversation / D'une volaille qui fait l'opinion . /  Ils disent : / Que font ces jeunes, assis par terre, / Habillés comme des traîne-misère, / On dirait qu'ils n'aiment pas le travail, / Ca nous prépare une belle pagaille . / Mais comprenez-moi : c'est inquiétant, / Nous vivons des temps décadents, / Mais comprenez-moi : le respect se perd / Dans les usines de mon grand-père ... " ( Chanson d'Alain Souchon, album " Jamaix content ", 1977 ) .

Accrochons-nous ! " Les volailles qui font l'opinion " sont énervées . A dix jours du scrutin - des présidentielles - elles continuent à nous livrer le même diagnostic, qui les irrite car elles ne peuvent nous offrir aucune nouveauté : Le Pen et Macron dominent toujours la compétition, malgré un léger tassement pour les deux, à 23%, contre Fillon et Mélenchon, au coude à coude, autour de 18% . Avec la satanée marge d'erreur des sondages, à 3% - en plus ou en moins - rien n'est donc joué . Pas de favori indiscutable à nous présenter . C'est énervant ! D'autant plus que le jeune et bienveillant " fils de ... " se voit décerner des bons points par F. Hollande - ce n'est pas forcément un cadeau - qui dans le même temps flingue avec la méthode qui lui est propre, l'artillerie lourde, J.L. Mélenchon ( Interview du " Point ", à lire demain ) .        

Pourtant, tout est tellement clair !  

" Macron devrait gagner au deuxième tour, mais si Mélenchon continue son ascension, il peut lui passer devant, ce qui donnerait un deuxième tour " FN-France insoumise " que Mélenchon devrait emporter avec un apport de la gauche, à moins que la droite fillonniste choisisse massivement Le pen, hypothèse qui néglige toutefois le fait que Fillon garde son socle au premier tour et ne voie revenir à lui les électeurs de droite momentanément  déconcertés par les affaires de justice, ce qui le placerait en challenger de Le Pen au deuxième tour, avec une bonne chance de l'emporter, sauf si la gauche faisait totalement défaut au candidat LR, sans oublier le fait que dans un autre cas de figure, toujours possible, Fillon et Macron pourraient s'affronter au deuxième tour, avec une bonne chance pour Macron, sauf si la droite se mobilise et si la gauche s'abstient, rebutée par l'ultra-libéralisme de Macron, lequel peut avoir éventuellement en face de lui - et pourquoi pas - Mélenchon, dans un duel final que Macron devrait alors dominer grâce à l'apport des électeurs de droite effrayés par " La France insoumise ", à moins que les électeurs de Le Pen ne se joignent à ceux de la gauche pour faire tomber le candidat de la haute finance, qui garde toutes ses chances, sauf s'il les perd dans les tout derniers jours ... 

Résumons-nous :

A droite, si l'on est lepéniste, on vote Le Pen ! Si l'on est conservateur-libéral à la Thatcher, on vote Fillon ! Il n'y a là, aucun motif d'hésitation . Si l'on est d'une droite plus ouverte, plus modérée, on votera Macron pour éviter les fractures que le programme " réac " à souhait de Fillon va provoquer, et si l'on est d'une gauche libérale, réformiste, on va aussi voter Macron pour éviter Le Pen, Fillon et Mélenchon .

A gauche, la gauche authentique, si on veut la rupture, on vote Mélenchon, pas de changement . Si on veut, d'abord, sauver le PS et une gauche historique, on vote Hamon . Ah ! oui, mais : Le Pen et Fillon, c'est la catastrophe annoncée, alors il faut bien se résoudre à voter Macron, même sans savoir ni ce qu'il vaut, ni ce qu'il veut ...

" C'est pas simple, tout ça ! " Voilà pourquoi, notre sondeur se tait .

 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 11:45
" Ciel, un ouvrier à la télé ! "

" J'en appelle aux fainéants, aux crasseux, aux drogués et aux alcooliques pour leur foutre au cul ! ... Je suis grossier mais pas vulgaire, merde ! " ( Coluche, campagne pour la présidentielle de 1981 ) .

" La grossièreté se promène parfois en débardeur . La vulgarité, elle, porte souvent des costumes bien coupés " ( Renaud Dély, journaliste Marianne ) .

Les réflexes de classe ne tardent pas à resurgir dès qu'un représentant " des classes dangereuses " s'immisce dans les débats policés de " la caste " .

" Un ouvrier à la télé ", dans un débat institutionnel et pas seulement " dans un micro- trottoir " où on lui fait dire ce qu'il n'a pas dit . La Rédaction du Figaro a eu des hauts-le coeur . Le soir même du débat " à onze " du 4 avril, sur BFMTV, la brochette de chroniqueurs mobilisés par cette chaîne tançaient " l'irrespectueux " Philippe Poutou, aux si mauvaises manières, enfin, les soutiens de F. Fillon qui suivaient le débat, de laisser transpirer leur agacement contre les maires qui ont cru bon de parrainer " l' intrus ".

Mais la palme de l'indécence reviendra au philosophe et ancien ministre - le philosophe des sagesses très tiédasses -, Luc Ferry, déversant sur Twitter son mépris de classe contre ce candidat "  débraillé en Marcel " et à sa distinguée épouse Marie- Caroline Becq de Fouquières infligeant au mécanicien de l'usine Ford de Blanquefort une leçon de maintien " ouvrier " : " Faut-il mépriser la classe ouvrière pour croire la représenter en guenilles, par la veulerie, l'impolitesse et la bêtise " . En matière de " veulerie ", Marie-Caroline sait de quoi elle parle : son passage au Ministère de l'Education Nationale, en 2003, à côté de son ministre de mari, où elle fit la pluie et le beau temps, sans y avoir aucun titre à revendiquer, a laissé des traces ... 

" MARIE-CAROLINE FERRY SE LA PÈTE ! 

( Site " Le Mague ", 02/10/2003,  François Xavier ) .

Avec un tel prénom, la pauvre fille était déjà encline à un mauvais destin. Mais au lieu de la jouer soft, la voilà qui en rajoute : à 27 ans, elle est la plus jeune femme de ministre de la Ve République, ce qui devrait suffire à son bonheur, en sus d’avoir épousé le play-boy de service. Car, avec Bernadette Chirac et Cécilia Sarkozy, elle forme le trio des « Drôles de Dames » de Paris … 
Mais non, elle parade, elle légifère, donne son avis, dirige, remanie … 
Bref, elle indispose.

Le 110 de la rue de Grenelle n’a plus de secret pour elle. Elle y pénètre comme si elle était chez elle, le port altier, la tenue provocante, le regard hautain. Qui ne l’a pas vu au moins une fois en mini-jupe et bas résille, traverser la cour avec Droopy tenu en laisse, petit chien de la haute qui fait un peu tâche dans ce fief de gauche, ne connaît pas madame Ferry.
Qui n’a pas été scotché par la gestuelle sensuelle avec laquelle elle manie son fume-cigarette noir tout en caressant d’une main distraite, en apparence, sa natte auburn, ne sait pas ce que c’est qu’une vamp …
Cette femme est une bombe, mesdames et messieurs, une sulfureuse, mille volts dressés sur des escarpins italiens pour vieux monsieur à l’ego surdimensionné.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?
Comme tout n’est que relationnel dans le petit monde de la politique, surtout quand celui-ci croise le petit monde intello-mondain, il se trouve que le sieur Villepin, ami de son mari, a intercédé pour que le brillant philosophe ait enfin le poste qu’il mérite (sic) … Il ne suffit pas, en effet, de dire à chaque réunion du Conseil national des Programmes, « il faudrait … il faudrait … », pour que les réformes se fassent ; il faut mouiller la chemise, payer un peu de sa personne. Et là encore, Marie-Caroline prendra la direction des opérations et enverra manu militari son mari dire oui, merci monsieur le Président, je ferais de mon mieux, et patati et patata …

Une fois dans la place, Marie-Caroline décide que, non, vraiment, l’Hôtel de Breteuil n’est pas agencé dans le bon style, trop vieillot le truc, vous voyez ? Pas du tout de bon goût ces meubles maronnasses et beiges, beûrk !
Et la voilà qui donne des coups de pieds dans les vilaines chaises d’époque, jugées trop sinistres, tout en exigeant un décorateur dans l’heure sinon rien …

Sur sa lancée, la voilà qui transforme une bibliothèque réservée au personnel en une salle de gym privée. N’aurait-elle pas confondue ministère de l’enseignement avec ministère de la jeunesse et des sports ? Adieu livres et encyclopédies, culte du corps d’abord ! Il faut dire qu’elle cultive son corps Marie-Caroline, à son âge, la trentaine arrivant est vécue comme un drame insurmontable. 
Donc, salle de gym remplace bibliothèque égale ? Premier tollé. Résultat tout le monde aura le droit d’aller transpirer sur les jolis agrès tout neuf. Sans jouir de Marie-Caroline en plein effort, cela va de soi.

Puis vinrent les interruptions de séance, les réunions de cabinet aux allers et venues tapageuses dans des tenues que l’on a plutôt l’habitude de voir dans des boîtes de nuit à la mode, les prises d’opinion et les discours déplacés. Les réponses fulgurantes à la place de son mari. Etc. Les chefs de cabinet s’exilent pour ne pas avoir à se prononcer sur les manières cavalières de madame. Qui à Gaz de France, qui à l’inspection générale de l’administration.

Au fait, qui a osé la surnommer Cruella ?. "

En 2012, au lendemain de la défaite de son idole N. Sarkozy, cette icône du " bon goût " n'hésita pas à commercialiser dans sa petite entreprise de luxe, des sacs brodés " Nicolas, reviens ! " 

Mercredi dernier, pendant quelques heures, au lendemain du débat " des onze " on se serait cru revenu au matin du 11 mai 1981, lorsque les-mêmes, ou leurs aïeux, s'enfuirent planquer leurs lingots en Suisse devant l'arrivée annoncée des chars soviétiques sur les Champs Elysées, suite à la victoire de François Mitterrand .

Comme le dirait Ph. Poutou, ils sont restés toujours aussi " cons ", ces gens-là ! Ce qui est sûr, c'est que, et bien mieux qu'une romancière " rive gauche ", l'ouvrier de Blanquefort a su dire, haut et fort, à F. Fillon le dégoût et la colère qu'inspire aux classes populaires un candidat mis en examen pour détournements de fonds publics et a renvoyé l'héritière de " Montretout " dans son clan, celui des privilégiés du " système " , démontant en quelques mots la supercherie lepéniste bien mieux que des années d'indignation et de leçons de morale d'une gauche bien-pensante si souvent rongée par ses propres turpitudes .

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 14:58
" Andante sostenuto " .

" Pour des regards distraits la France était sereine ; / Mais dans ce ciel troublé d'un peu de brume, à peine, / Où tout semblait azur, où rien n'agitait l'air, / Lui, rêveur, il voyait par instant un éclair ... " (  " Le 7 août 1829 ", Recueil : " Les rayons et les ombres ", 1840, V. Hugo, à propos de la chute de Charles X ) .

 Cette espèce " d'aggloméré " de bouts de bois divers, qu'il est convenu d'appeler " Le Mouvement en Marche ", a pris la route il y a un an, sur un rythme " andante sostenuto " ( allant et soutenu ), mais pourra-t-il soutenir ce rythme jusqu'au bout ? Car dans tout matériau aggloméré il faut un liant - colle ou résine - et la question fondamentale  est bien : où sont la colle et la résine qui puissent faire tenir ensemble R. Hue, A. Madelin, M. Valls, F. Bayrou, A. Minc, JY Le Drian, B. Kouchner, C. Lepage et tant d'autres ? ( Relevons au passage que quatre de ces soutiens ( Hue, Madelin, Bayrou et Lepage ) étaient déjà candidats à la terrible présidentielle de 2002 et avaient réalisé un score de 16% à eux quatre ) .

Pour le moment, tous ces gens en proposent un, un mantra qui vaut ce qu'il vaut, mais qui ne saurait tenir très longtemps : " Je choisis EM parce que je veux barrer la route à Marine Le Pen " . Ah bon ! Barrer la route à M. Le Pen, dès le premier tour ? Parce que M. Le Pen aurait quelque chance que ce soit d'accéder à l'Elysée dès le premier tour, de faire plus de 50% des voix dès le 23 avril ? La bonne blague !

Allons, chers " convertis ", ne vaudrait-il pas mieux nous donner les vraies raisons de votre conversion - de l'illumination qui vous a saisis sur votre chemin de Damas politicien ? Lesquelles d'ailleurs ? Le programme du candidat ? La diversité enthousiasmante de ses soutiens qui ont longtemps affiché avec détermination leurs convictions de droite, du centre et de gauche ? Le niveau des sondages ? L'après présidentielle ?

Auriez-vous honte d'expliquer les vraies raisons de votre choix, rencontrez-vous quelques difficultés à donner un seul argument positif pouvant justifier votre décision, par crainte d'y perdre toute crédibilité ?

Il est vrai que le candidat s'est juré de faire disparaître les partis politiques . Ne s'agirait-il pas alors, dans votre esprit, de construire un mouvement, " le MEM ", rassemblant toutes les composantes de cet " arc extravagant " surgi de quelque tête malade ? 

Mais il vous faudra bien alors l'appeler parti, comme le veut la Constitution, dans son article 4 : " Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage ... " et parce que, et ce n'est pas le moindre des pièges qui vous attendent, des lois ( 11 mars 1988, 15 janvier 1990, 19 janvier 1995, 11 avril 2003 ) ont prévu un financement public de leurs activités, indispensable pour qu'ils ne soient pas tributaires des dons privés .

Et ce financement privé, qu'allez-vous en faire ? Sera-t-il versé à un seul parti, " le MEM ", ou à chacune de ses composantes qui voudra avoir sa vie propre, tout comme elle souhaitera conserver à l'Assemblée Nationale " un groupe ", gage d'autonomie politique et de privilèges exorbitants ?

La loi a prévu que le financement public d'un parti, est accordé pour cinq ans, le temps de la législature, en fonction des résultats aux législatives, à ceux qui ont présenté des candidats et obtenus au moins 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions, et au prorata du nombre de députés élus . Des millions d'euros pour les meilleurs .

Qui ne voit qu'au soir du 7 mai, et alors que la pression des législatives s'abattra sur chacun, " La Belle Alliance Christique " en prendra un coup et que " l'andante sostenuto " se liquéfiera en " moderato comptabilisé " !

Allons, chers nouveaux convertis, ne vous cachez pas derrière la bonne figure de M. Le Pen, laissez tomber le paravent du buffle nationaliste, il y aura un deuxième tour pour cela . Un peu de courage ! Expliquez-nous clairement les raisons de votre choix, ces préoccupations opportunistes pour vous permettre d'exister encore, au jour d'après, dont l'avenir proche nous dira si " le MEM " que vous aurez contribué à créer aura envie de les prendre en considération . 

Dieu que la vie politique est difficile pour ceux qui ont choisi d'en vivre surtout quand elle s'écrit sur une partition très gélatineuse .

 

 

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