Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 14:32

Nous proposons la création d'un "Ministère de la race" qui nettoierait la France de ces "hordes" d'étrangers , "à la constitution physique précaire et anormale " qui " encombrent ses hôpitaux" et viennent corrompre de l'intérieur son intégrité biologique . ( Jean Giraudoux ." Pleins pouvoirs" .1939 . Gallimard . Commissaire Général à l'information dans le gouvernement Daladier . Cité par B. H. Lévy dans L'Idéologie Française .)

 

 

581278_214558255322794_162113340567286_308390_2097721742_n.jpg

 

   Nous sommes dans une période trouble, dans une crise de vertiges où nous ont conduit l'inconséquence, l'irresponsabilité et la fureur d'un mythomane, qui voulut écrire une épopée, la sienne, mais qui s'effondre dans les gouffres de Roncevaux, s'époumonnant à sonner de la trompe pour appeler Marine à son secours, mais Marine ne viendra pas .

   Pendant cinq ans notre Mythomane a fait le lit des idées de Marine, se les appropriant, les réorientant vers les canaux d'une  politique de trottoir, et qui a bien marché : le résultat est là ! 

  " Le déferlement de valeurs nouvelles, de tourbe et de sang, venues garroter l'hémorragie qui s'est déclenchée dans les cervelles et a commencé à les lézarder ." ( BHL : l'Idéologie française .)

   En lieu et place de la Raison, du Droit, de la Conscience, et de l'Ethique, le malade qui a dirigé la France pendant cinq ans, a préparé le retour et l'avènement des quatre piliers qui portèrent sur les fonds baptismaux le régime de Vichy : " La gloire de la Terre, du Corps, de la Race et de la Nation " .( BHL .)

   La Terre d'abord, où il faut être né pour participer aux valeurs de la race : c'est tout l'enjeu du vote des immigrés aux élections locales ; le droit à l'emploi et aux prestations sociales ouvert aux seuls nationaux ; en un mot la préférence nationale .

   La glorification du Corps, ensuite, la discipline du corps, l'ordre moral appliqué au corps, le corps qui ne t'appartient pas : donc le refus de l'euthanasie et de l'avortement, la glorification du créationnisme, le corps appartient à Dieu, autant que l'âme .

   La défense de la Race reste prégnante . Oh ! on ne dit plus "race", " c'est pas joli" ;  on préfère dire " Identité Nationale", mais c'est du pareil au même : et c'est l'instrumentalisation de l'Islam, de la viande halal aux prières de rue, qui ajoutée à la récurrente propagande sur l'insécurité ont fait la différence le 22 avril dernier .

  Regardons enfin la Nation,  " le repli fiévreux sur le cadre national" , de Marcel Déat : "  Néosocialisme,Ordre, Autorité, Nation ". 1933 . Déat appelle à la grande alliance du peuple de France contre les parasites et les voleurs : le Président en exercice appelle à dénoncer les fraudeurs et les assistés ; Marine n'en veut plus et appelle à les jeter dehors, en commençant par leur retirer toute aide sociale .

   Nous sommes trés loin du cadre de la Fraternité Républicaine, nous sommes " dans des obscures  mais plus robustes parentés de chair et de sang", plus parlantes à l'esprit patriotique belliciste .

   Marine n'a plus qu'à ramasser les oripeaux de la Sarkozye, elle n'a plus besoin du polichinelle qui a débroussaillé le terrain, c'est bien pourquoi elle n'ira pas à son secours, mais par contre va s'amuser à l'obliger à se tortiller dans ses multiples contradictions : il réclame son aide, mais il ne peut pactiser ouvertement, alors elle joue avec ses nerfs en lui proposant un accord de désistement pour les élections législatives .

 

   France ne tombe pas dans la torpeur de l'année 1940 où tu laissas le pire de ce qui est en toi  prendre le dessus sur ce que tu as de meilleur .

   Il n'est pas anodin de chanter la gloire de Jeanne la paysanne, de vanter les couleurs et les parfums de nos terroirs en même temps que l'on fustige le cosmopolitisme des élites et que l'on sussure : " La France aux Français ."

 

   Une fois cela dit , que reste-t-il ?

   Il reste l'essentiel . Que faut-il dire aux 6.5 millions de Français qui ont voté Marine Le Pen , dimanche dernier ?

Qu'ils sont victimes de la crise et que nous les plaignons ? Qu'ils sont en souffrance- expression trés à la mode ces jours-ci- et que nous compatissons ? Qu'ils se sentent abandonnés par tous les politiques et que nous comprenons que cela les angoisse ? Qu'ils sont " les invisibles" de la société, comme les appelle Marine, et que nous imaginons combien cela est difficile ?

   Non ! Etre en souffrance ne saurait être une excuse à un choix politique trés dangereux . Des millions de personnes en grande difficulté sociale ont refusé ce choix et ont même fait le choix courageux de la lutte contre le vrai adversaire : le monde de la finance, pas l'étranger , en choisissant LO, le NPA,le Front de Gauche et pour certains François Hollande .

   Les électeurs de Marine le Pen" n'ont pas le monopole de la souffrance ! "

  "Les hommes et les femmes qui ont voté pour Marine Le Pen, dimanche dernier, sont  des adultes, conscients de leurs actes et des conséquences de leur vote ."

   Est-ce vraiment parce qu'ils souffrent que des gens font un tel choix ? Ils savent en toute connaissance de cause qu'ils ont voté pour l'expulsion des étrangers, pour une répression sans indulgence, pour la misère des plus humbles, contre l'avortement, pour la chasse aux arabes, pour la peine de mort .

   Alors, toute tentative de séduction de ces gens, toute tentative de dédiabolisation du Front National sont  " des nouveaux petits Munich" ! Il faut leur dire que nous ne sommes pas d'accord avec eux, qu'ils ont "posé un acte" qui les engage, et que nous combattrons leur choix, que nous combattrons leurs idées, en essayant de convaincre ceux qui pourront l'être .

   

 

   NB : (1) Le titre s'inspire d'une expression de B.H.Lévy dans l'Idéologie Française :" L"Humanité absente de son passé ." ( Grasset .1981 .)

             La deuxième partie du texte s'inspire du billet des " Invités de Mediapart" : Séduire et dédiaboliser le FN ? Certainement pas ! du 25/04/2012 .

 


Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 14:27

Sous-titre : La Raison, l 'Emotion, l'Anticipation .

" La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde " . ( Paul Valéry ) .

" Il semble que le progrés consiste à être poussé en avant par la police " . (  Gilbert Keith Chesterton )

 ( Illustration : livre.fnac.com ) ..

 

 

 

imagesCAC1Q5SH.jpg

 

   Le Siècle des Lumières, et son prolongement La Révolution Française, nous firent entrer dans l'ère de la Raison . Le premier pilier de la Terre . Qu'opposer, aujourd'hui, à l'anarchie économique dans laquelle nous ont plongés économistes, dirigeants politiques, capitalistes et aventuriers de tous crins , mettant en jeu l'avenir de la planète et celui de l'Humanité ?  La Raison !

   C'est la Raison qui doit énoncer aux Peuples du monde, dans quelles folies nous a entraînés le système actuel . La Raison des Peuples est à même de le comprendre, si on se donne la peine de le lui dire d'abord, puis de le lui expliquer .

   600 000 Milliards de dollars, soit trente fois la dette cumulée des Etats-Unis et de l'Union Européenne, tournent en permanence , de plate-forme boursière en plate-forme boursière, uniquement au gré de spéculateurs, qui n'en ont jamais assez, qui jouent à se faire peur, qui se font plaisir à déstabiliser tel ou tel pays, pour leur gloire personnelle - tel le célèbre financier Georges Soros -, qui se croient donc dans un casino , selon la formule à la mode .

   Ces sommes astronomiques, "vivent seules", à l'écart de toute vie économique, comme un casino à côté d'une boulangerie . Le casinotier et le boulanger travaillent tous deux de nuit, mais ne se connaissent pas . Que fermerez-vous, en premier, en cas de nécessité ?

   Seulement, de telles sommes, lorsqu'elles glissent, par hasard, vers les rives de l'économie réelle, pareilles à des tsunamis ou des cyclones, font de gros dégâts : des peuples entiers tombent dans la misère .

   Où est la raison ? Qui a raison ? Faut-il nous faire une raison ?

 

   Depuis l'Antiquité, les sociétés, pour exister, se fortifier, accroître leur cohésion et durer se sont donné des mythes : des récits historiques sur lesquels ces sociétés asseyaient leur mode de fonctionner, leurs certitudes, nécessaires à l'action, à l'effort de chacun pour la perennité du groupe , des mythologies propres à les rassurer face à un monde naturel jugé hostile .

   Les Egyptiens s'étaient donné Pharaon, Dieu proche d'eux et protecteur, et le Nil, source de la richesse et de la prospérité .

   Les Grecs se donnèrent les Dieux de l'Olympe, les Atrides, la Guerre de Troie .

   Les Romains se livrèrent à Rémus et Romulus, l'homme ayant besoin de certitudes sur ses origines, à Cincinnatus, quand la République Romaine se revendiquait encore de la Vertu . Plus tard, quand l'aventure commençait à tourner mal, Constantin Ier, comprit que le récit du Christianisme pouvait sauver une partie de l'histoire romaine .

   Au Moyen Age, ce n'est pas tant, l'histoire de Jésus, qui va coaliser les paysans autour de leurs Princes, que l'Histoire de l'Eglise de Rome, avec ses pères, ses saints, ses miracles, ses indulgences, et la mise aux fers des consciences par le sacrement de la Confession .

   Plus tard, aux XVIIIe et XIXe siècles, viendra l'heure des vrais récits : les récits de la science, qui ouvriront la voie aux récits sur la liberté et l'égalité, sur la justice et l'Idée socialiste de la Fraternité . Ces récits se donneront leur mythologie : les Grands Hommes . Les Grands Hommes de la Science, les Grands Hommes de la Pensée, les Grands Hommes de la Politique .

   Le Mythe, le Récit, les Grands Hommes, c'est le deuxième pilier de la Terre : l'Emotion . On ne mobilise pas les masses sans faire appel à leurs émotions . Et l'émotion est blottie dans le mythe : celui qui donne à l'individu son identité sociale, le sentiment d'être, la conviction qu'il a une mission sociale à accomplir, pour exister tout simplement .

   Le Mythe moderne, celui qui permettra à l'individu de se relever, de dire halte à la folie meurtrière du système capitaliste, c'est le Mythe de ces deux soeurs que sont la Liberté et l'Egalité . Et ce mythe a son histoire : la Révolution Française, la Révolution Américaine, dans ses premières années, la Révolution d'Octobre, dans ses premières années également,  la Résistance à la bête immonde que fut le Nazisme . 

 

   Le troisième pilier de la Terre, c'est l'Anticipation . J'en ai parlé hier, c'est le sens de la prévision, c'est la planification . Pour en démontrer l'importance, un seul exemple suffit .

   La sortie de l'énergie nucléaire, énergie dont les dangers ne sont plus à démontrer . Peut-on se contenter de slogans, d'affirmations péremptoires, de descriptions apocalyptiques, voire de mensonges ?

   Il s'agit de substituer de nouvelles énergies à une énergie jugée trés dangereuse . Cette action fait intervenir une multitude de facteurs, trés lourds : des coûts de démantèlement astronomiques ; un besoin de sécurité absolument maîtrisé ; un besoin de formation de techniciens d'une rigueur extrême ; l'assurance d'un approvisionnement en énergie d'un pays, sans à-coups, et surtout sans régression ; des progrés scientifiques indispensables pour certaines opérations ; l'absolue nécessité de poursuivre une recherche médicale de pointe, sur cette technologie, le nucléaire, à la base de bien des thérapies modernes .

   Le développement d'énergies nouvelles, connues, mais insuffisamment développées à ce jour, en veillant à les créer chez nous, pour des questions de préservation de l'emploi, mais aussi pour ne pas tomber sous la dépendance d'autres pays, sur une question où la sécurité est si vitale .

   Et certains voudraient nous faire admettre que cela est possible en dix ou vingt ans !

   Seule une vraie planification, et à long terme, est à même de répondre à un tel défi .

   J'ajouterai que le travail de prévision et de planification est le domaine où la Démocratie peut s'exercer à plein .     Faire participer toute une population à cette recherche d'un autre mode de vie, à ses implications, à la réflexion sur le temps, l'évolution des connaissances me paraît un enjeu démocratique tellement évident et enthousiasmant .

 

   Alors, nous arrivons au terme de la première partie d'une campagne électorale . Eh ! bien, je crois que dans les dernières heures qui précèdent le choix que nous allons faire, une seule question vaut la peine d'être posée : des dix candidats, quel est celui, ou celle,  qui a fait appel , en nous,  à ces trois qualités à la fois, qualités  fondatrices de l'être humain ?


 

   NB : Le titre est un clin d'oeil au trés beau livre éponyme de Ken Follet .

 

   

 


Repost 0
Published by regain2012 - dans Société
commenter cet article
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 14:49


" Le plan est la loi des Nations raisonnables ...Il signifie, à la fois, l'enchaînement logique des réalisations techniques et le rassemblement des énergies dans la perspective de la recherche du bonheur . Mais il faut aussi que le peuple soit associé à la construction de son avenir, et pas seulement aux controverses électorales . Quoi de plus exaltant que la mise en valeur des ressources nationales, que de suivre pas à pas, les progrés de l'équipement de sa région, que de travailler à l'amélioration progressive du niveau de vie d'une nation ?"  ( J.M. Domenach . " La propagande politique ." PUF . 1950 .)

( Illustration : estrepublicain.fr ) .

 

la-filiere-bois-atout-majeur-de-la-franche-comte.jpg

 

   Il y a bien longtemps qu'il n'existe plus en France de Ministre Chargé du Plan . Il n'existe même plus de Commissariat Général au Plan . Il fut supprimé en 2006, par Dominique de Villepin, et remplacé par une vague commission, rattachée aux services du Premier Ministre, appelée Centre d'Analyse Stratégique .

   Le Commissariat Général au Plan avait été créé par le Général de Gaulle, en 1946, pour programmer la reconstruction du pays et préparer l'avenir économique du pays : il fonctionnait sous forme de plans quinquennaux, chargés de définir le développement industriel ou agricole utile au pays .

   C'est aux experts de ce Commissariat , et aux décisions de De Gaulle que l'on doit, les grandes réussites industrielles françaises, qui aujourd'hui font que la France n'est pas encore tombée dans le sous-développement : Airbus, Ariane,Les Satellites, le TGV, la Filière Nucléaire .  Toutes ces décisions capitales furent prises dans le cours des années 1960 .

 

   Mais voilà !  Dans les années 1980, les économistes et les politiques, Américains et Européens, se précipitèrent dans l'ultra-libéralisme, sous la houlette de Reagan et Thatcher, c'est à dire dans le grand " n'importe quoi" du " laisser-faire" d'Adam Smith ; de la " main invisible" des marchés, seuls à même de s'autoréguler ; exit l'état, exit la planification, exit la prévision à long terme .

   On en mesure les dégats aujourd'hui . Le noeud de la crise est là !

 

   " Gouverner c'est prévoir", dit l'adage . Gouverner c'est planifier, disons-nous .

   Il est un candidat qui a soulevé le voile de la question, mais qui s'est refusé à condamner la système responsable : c'est François Bayrou . Je reprends les exemples qu'il a développés dans ses discours, qui sont significatifs du refus de nos politiques de prévoir l'avenir économique du pays, et donc d'orienter autrement notre développement .

   Il cite la filière bois . La France possède la plus vaste forêt d'Europe : 16 millions d'hectares . Mais on importe la moitié de nos besoins en bois, parce qu'on n'entretient plus notre forêt . En 2011, nous avons replanté 47 millions d'arbres ; dans le même temps, l'Allemagne qui possède 11 millions d'hectares de forêt, a replanté 450 millions d'arbres, dix fois plus ; et les Polonais en ont replanté un milliard .

   Nous avons 450 000 emplois dans cette filière, les Allemands en ont prés de 1.2 millions . On pourrait créer plus de 500 000 emplois, dans ce secteur, si l'on se remettait à exploiter nos forêts, on créerait de l'emploi, et on allègerait notre facture du commerce extérieur . De plus on améliorerait notre taux de CO2 dans l'air . Encore faut-il prévoir et décider .

   Le deuxième exemple porte sur l'automobile . En 2005, Volkswagen et Renault produisaient dans leur pays respectif, 1.2 millions de véhicules par ans, chacun . Sept ans plus tard, Renault ne produit plus en France que 440 000 voitures en France ; Volkswagen a doublé sa production en Allemagne : 2.2 millions de voitures . De plus , Wolksvagen va verser à ses salariés une prime de 7000 euros de participation à la réussite de l'entreprise .

   Le PDG de Renault a choisi les délocalisations et le développement de l'associé japonais Nissan . Pourtant l'Etat est le plus gros actionnaire de Renault .

   Le troisième secteur où la prévision aurait pu éviter des erreurs est le textile . Cette industrie qui avait fait entrer la France dans l'ére industrielle, au XIXe siècle, ne compte plus que 100 000 emplois chez nous . Les fantômes de nos grandes entreprises textiles hantent les friches industrielles du Nord de la France .

   Les Italiens ont su conserver 500 000 emplois dans ce secteur.

   Qui sait que la moitié des jeans vendus en France proviennent de Turquie - et non de Chine- . Qui sait , qu'entre un jean fabriqué en France, et un jean fabriqué en Turquie, la différence n'est que de quatre euros ? On voit bien que le soi-disant argument des coûts salariaux ne tient pas la route .

   Et aujourd'hui, j'entends au journal télévisé, que nous n'avons plus de jeunes couturières formées, pour prendre la relève de celles qui vont partir à la retraite dans les dix ans qui viennent . On ne forme plus de coututières dans les lycées professionnels . Comment appelez-vous cela ? De la prévision bien pensée ?

   Un dernier exemple : le tourisme . La France a perdu, en 2011, la première place mondiale de pays de grande destination touristique, dépassée par l'Espagne . Nous avons 1 million d'emplois dans l'industrie touristique, l'Espagne en a 2 millions . Mais nous n'avons pas assez de formations sur ce créneau, disent les professionnels .

 

   Avez-vous entendu parler de planification pendant la campagne électorale ? Trés peu ! Sauf par J.L. Mélenchon, avec le concept de " Planification écologique", qui reste à développer et approfondir, mais qui revêt un intérêt certain, entre la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables, et qui exige, non pas des slogans dans le style des " Verts", mais des études approfondies et une planification trés rigoureuse . Mais au moins le concept est-il, enfin,  à l'ordre du jour .


 

   

Repost 0
Published by regain2012 - dans Economie
commenter cet article
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 13:56

Sous-titre : Le mythe du chiffre souverain .

" Un jour les hommes obéiront au chiffre, à l'usine et dans leur vie privée même, réglant, selon ce qui leur sera prescrit, leur hygiène, leur budget, la distribution de leur temps, l'éducation de leurs enfants, leur appartenance à telle ou telle dénomination religieuse ou philosophique, le choix de leurs lectures, que sais-je encore ?... Ils se soumettront à l'acceptation passive d'une humanité, qui non seulement se résignera, qui se satisfera, qui peut-être s'enthousiasmera à remettre son sort aux décrets du Chiffre ." ( Albert Béguin . 1901.1957 . Ancien directeur de la revue Esprit . Cité par Serge Tchakhotine dans " Le viol des foules par la propagande politique ". Gallimard .1992 .)

Illustration : desencyclopedie.wikia.com ) .imagesCAZ87299.jpg

 

   Il y a quelques décennies encore, notre vie pouvait se décrire en actes : actes devant le Maire, devant le Maître d'école, confessions à Monsieur le Curé, confidences à son docteur, soumission ou rébellion à l'endroit du patron, relations de bon ou de mauvais voisinage , déclaration d'amour à sa Dulcinée ... On avait même les dix commandements de Dieu pour apprendre à bien se tenir .

   Aujourd'hui, Dieu étant mort, et ne guidant plus nos petites actions quotidiennes, notre vie n'est plus qu'une martingale de chiffres : notre vie est dirigée par des chiffres . Notre vie est aux mains du " Chiffre" .

   Dés ma naissance, à la maternité, on me place un bracelet autour du poignet, avec un chiffre, pour que je ne sois pas confondu avec un autre nouveau-né . Le même jour, mon papa va déclarer ma naissance, avec les meilleures intentions du monde, à la Mairie, qui m'attribue un chiffre sur mon acte de naissance .

   Mais qu'est-ce qui prend à ma mére de demander déjà mon chiffre astral ?

   Je serai trés vite scolarisé, avec un chiffre, destiné bien plus tard à devenir mon numéro d'immatriculation au baccalauréat et à mon inscription pour l'Université .

   Bon, entre-temps, j'ai dû demander un document attestant de mon identité : on m'a octroyé un autre chiffre que je dois décliner à la police, chaque fois que je suis contrôlé . Il paraît que pour certaines personnes , c'est trés dur, car on le leur demande souvent .

   Pour la sécurité sociale, j'ai le chiffre de papa, mais attention, à 21 ans, j'aurai le mien .

   Le service militaire ayant été supprimé, j'échappe au matricule militaire, mais j'obtiens un chiffre de recensement . Qu'est-ce que vous croyez !

   J'ai commencé à travailler, et j'ai un chiffre, à la comptabilité de l'entreprise, pour pouvoir être payé, à la fin du mois . Et comme le patron ne peut plus me payer en espèces, dans une enveloppe, comme celle que papa ramenait à la maison, le trente du mois, j'ai ouvert un chiffre à la banque : que de soucis avec ce chiffre ! Auquel il faut ajouter le chiffre de la carte bancaire , qu'on peut me voler .

   Je ne dirai rien des impôts : trop de chiffres et trop gros !

   Et mon syndicat ? Il m'a chiffré, lui aussi !

   Pour aller au travail, j'ai dû acheter une voiture : pan ! un chiffre ! Et vous savez quoi ? Quand je roule, pour les radars et autres caméras de surveillance, je ne suis plus un être humain, je ne suis que le " chiffre" de ma voiture .

   Et attendez : j'ai rencontré une fille qui me plaît . On se marie . Et il me tombe un nouveau chiffre : celui de mon acte de mariage .

   On vit ensemble, et l'on veut garder des relations avec la famille et les amis . Qu'est-ce que l'on fait ? On demande le téléphone et une liaison internet : la cata ! là, c'est au moins cinq sortes de chiffres qu'il faut ingurgiter !

   Ah ! J'oubliais . Je ne dois pas faire de bêtises ; car, en prison, on vous en colle un chiffre : le matricule !

   Et puis les choses tournent mal: je suis licencié de mon entreprise . Pan ! Pôle-Emploi me " colle" mon chiffre" de demandeur d'emploi . Les gens mal-intentionnés disent , mon numéro de chômeur .

   De-là, le chômage me rend malade, je suis hospitalisé : en entrant, première condition, annoncer son chiffre de la Sécurité Sociale et son chiffre de la mutuelle, si on en a une . Et pour vous "remettre d'aplomb", et que vous ne vous sentiez pas orphelin, on vous attribue un chiffre d'hospitalisation .

   Je sors de l'hôpital déprimé, alors pour me rassurer , je vais souscrire " une assurance décés" : stop ! Même pour mourir on m'assigne un chiffre . Je veux acheter une concession au cimetière, pour na pas disparaître complètement, patatras ! Il faut un chiffre pour la concession .

  Avant de mourir, je demande ma petite retraite, pour survivre quelques années encore : taratata ! D'accord, mais acceptez un chiffre de plus, sur votre titre de pension .

 

 

   Vous ne croyez toujours pas à la tyrannie du chiffre ? D'accord ! Prenons le problème autrement !

   Sept heures du matin ! Je sors de chez moi, pour aller travailler . Je tape le chiffre de l'alarme intrusion -car je suis vigilant- et je ferme la porte . Patatras ! J'ai oublié les clefs de la voiture , à l'intérieur . Je tape le digicode, pour ouvrir la porte; je débranche le chiffre de l'alarme; tant que j'y suis je tape un chiffre sur la télécommande de la télé pour enregistere un match de foot-ball ; j'allais oublier de mettre en route le lave-linge : j' enregistre le chiffre de la température recommandée ;  je récupère les clefs ; je retape le chiffre de l'alarme ; je ferme .

   Dans ma voiture chiffrée, je suis prés d' entrer en ville : attention, des panneaux lumineux m'annoncent que je dois réduire ma vitesse de tant, parce que le taux de CO2 de l'air ambiant a été calculé par des chiffres qui disent que le chiffre de CO2 est trop élevé .

   Sur le parking de mon entreprise, je dois me garer sur l'emplacement qui porte mon chiffre . J'entre, et première tâche, je dois pointer en donnant mon " chiffre" d'entreprise .

   A midi, je mange à la cantine de l'entreprise, mais j'ai un chiffre à donner, pour que le tourniquet d'accés me libère le passage, et me donne accés aux plats .

   La jounée est presque finie . Je sors du boulot . Je fais un retrait d'argent à un distributeur automatique : chiffre de ma carte bleue en bandoulière . Comme j'aime me cultiver, je fais un détour par la bibliothèque municipale : halte-là ! je dois présenter mon chiffre d'adhérent .

   J'arrive dans le hall de mon immeuble et ouvre ma boîte à lettres : je me rends compte, soudain , que j'ai dû donner à la poste le chiffre de ma rue et de l'étage de mon appartement pour faciliter le travail du " facteur" .

   Enfin, chez moi ! Je déplie mon " canard" et sur la bande d'envoi, j'aperçois me clignant de l'oeil, mon chiffre d'abonné .

   Avec mon courrier, je reçois les résultats de la dernière analyse de sang que mon médecin m'a prescrite : les chiffres de mon cholestérol ne sont pas bons ; c'est parti pour un régime où je devrai surveiller les chiffres de matières grasses dans ce que je mange .

   Je dois également faire un test d'effort pour mesurer le chiffre de la résistance de mes coronaires .

   Je pense qu'heureusement les congés approchent . Je pars à l'étranger pour me dépayser . Mais je ne pars pas seul : je m'en vais avec le chiffre de mon passeport, le chiffre des réservations du billet d'avion, le chiffre du billet d'accés à la salle d'embarquement et même, le chiffre du fauteuil qui m'est attribué dans la cabine .

   C'est impardonnable ! En cette période d'élection, j'allais oublier que dimanche je dois aller voter . Il faut que je retrouve vite mon chiffre d'électeur .

   Je laisse de côté les chiffres des stastistiques qui envahissent les journaux télévisés, mais qui conditionnent, aujourd'hui, bien des décisions politiques, et donc, notre quotidien .

 

   Je me dis que, tout de même , on déraisonne un peu ! Le "chiffre" est le fruit de l'intelligence humaine . Il est urgent de lui assigner sa vraie place, au service de l'homme : alors il autorisera les plus grandes espérances . Mais si on l'autorise à en usurper une autre, alors il va devenir maléfique : comme le sont, le chiffre d'affaires, les chiffres du profit, du bénéfice net, de la rentabilité effrénée, des taux de change, de la spéculation, de la plus-value, des flux tendus, etc ... etc ...

 



Repost 0
Published by regain2012 - dans Société
commenter cet article
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 14:59

Sous-titre : La fin des aventuriers politiques .

    " L'espèce humaine est en fin de course. L'esprit n'est plus capable de s'adapter assez vite à des conditions qui changent plus rapidement que jamais .Nous sommes en retard de cent ans sur nos inventions . Cet écart ne fera que croître. Ainsi le monde humain n'est pas seulement en faillite, il est liquidé . Il ne laissera rien derrière lui...Il n'y a plus de choses à venir ".

( Herbert Georges Wells ." L'Esprit au bout du rouleau ." 1945 .)

   ( Illustration : la machine à remonter le temps . orgone-design.com ) .

 

imagesCAMQYNM7-copie-1.jpg

 

   Pourquoi commencer par ce mot désespéré d'un penseur socialiste de tout premier ordre, dont aujourd'hui l'on ne veut retenir que  l 'oeuvre de science-fiction ? Je ne sais pas . Sauf que H.G.Wells écrit cela , à la fin de sa vie, et au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale : voilà qui peut expliquer son terrible pessimisme . Je crois cependant que son découragement vient plutôt du constat , que la politique ne prend pas au sérieux la science, qu'elle ne lui fait pas toute la place qui devrait être la sienne . C'est attristant pour un homme qui s'engagea beaucoup pour la place de la science dans l'ordre du monde .

   J'ai entendu récemment, dans une émission télévisée, l'astrophysicien André Brahic en appeler à une plus grande participation des scientifiques aux gouvernements des Etats . Qui sait encore que pendant la deuxième guerre mondiale, la Grande Bretagne se trouva , à un moment, dans une trés grande difficulté de ravitaillement, car ses convois étaient décimés par les sous-marins allemands . Churchill fit appel à des scientifiques pour examiner, de leur regard extérieur, cette situation . Ces savants , totalement étrangers à l'objet politique et militaire, firent des propositions qui permirent , en quelques semaines, de réduire de 50% les pertes .

   Est-ce que je sais vraiment où je veux en venir ?

   Mais oui ! N. Sarkozy a perdu ! Il a un bilan désastreux, il fait campagne seul, à l'inverse de 2007, il a mené une stratégie complètement illisible, allant pêcher, depuis les eaux troubles de l'extrême droite jusqu'aux psaumes soporifiques d'un centre non identifié, enfin traînant le boulet de comportements adolescents totalement inexplicables , à ce niveau de la politique .

   Je crois que nous tournons la page de l'ère des " aventuriers de la politique ".


   En face, il y a le professeur, sérieux, posé," normal", qui rassure : on devine qu'il ne nous entraînera pas dans des aventures folles . Et cela fait du bien . Mais il n'enthousiasme pas particulièrement . Son discours de Vincennes, dimanche dernier, était plutôt ennuyeux .

   J'ai envie de dire que François Hollande, à l'image des grands chefs démocratiques se soucie assez peu des états d'âme de ses " supporters", qu'il n'est pas assez attentif à leurs envies ; il ne se doute pas que cette indifférence , c'est ce qui paralyse les masses et les militants .

   Il n'a pas compris, semble-t-il, qu' un discours de plus d'une heure, "qui accumule, arguments sur arguments, chiffres sur chiffres, statistiques et raisonnements, lasse et sature physiologiquement ses auditeurs",  que le " trop-plein d'excitations verbales éloigne ses adeptes de l'action pour laquelle il plaide ." Avec le danger qui menace toute démocratie : cela est trop compliqué, je m'en remets à celui que j'ai élu .

   Pourtant une harangue n'a pour seul objet que de mobiliser les foules pour un acte déterminé .

 

   " L'enthousiasme constructif", " la réactivation du socialisme", voilà la grande tâche qui est dévolue, aujourd'hui, aux tribuns populaires qui veulent soulever les masses pour marcher à la conquête de temps meilleurs, contre la résistance des usurpateurs . Et N. Sarkozy aura été un grand usurpateur .

   Tant qu'on continuera à espérer que les choses s'arrangeront d'elles-mêmes, tant qu'on invitera les hommes à attendre sans fin et à subir passivement l'inertie des chefs, tant qu'on fermera les yeux sur les nouvelles formes de la lutte politique, la situation empirera de jour en jour .

   Et c'est là qu'intervient la nature de la campagne de J.L. Mélenchon . N'en déplaise aux journalistes qui ne voient dans ses succés que la nostalgie du Front Populaire ou des grandes révolutions du XIXe siècle, argument fort peu crédible, quand on sait combien l'enseignement de l'histoire a été saccagé par la droite conservatrice, la campagne de J.L. Mélenchon est construite, balisée , réfléchie .

 

   A la Grande Peur de la Mondialisation, répandue paradoxalement par tous les profiteurs de cette mondialisation, il oppose le concept de " l'optimisme actif" .

   C'est à dire, la volonté de faire naître, dans le mouvement politique populaire, une forte soif d'action, un optimisme agissant . Mélenchon est en ce domaine, l'antithèse de Hollande.

   Cet optimisme- là, ne rejette pas tout ce qui a été fait de bon par les générations précédentes, il n'est pas hostile aux traditions saines qui ont pris racine dans la vie même et dans les découvertes scientifiques, d'où les références permanentes à l'histoire, chez Mélenchon .

   Cet optimisme- là se nourrit de la foi dans la progression de l'humanité, selon les lois du progrés scientifique, mais aussi de la loi immuable de la Communauté Humaine, de l'amour de son prochain sans distinction de races ou de peuples, de la fraternité, autant d'éléments qui seront la base de toute construction future . A Marseille, samedi dernier, Mélenchon a superbement parlé de cette foi, qui  plus est, à une des foules les plus cosmopolites qu'il a dû rencontrer dans sa campagne .

   Mélenchon , en bon connaisseur de la science, a trouvé comment éveiller en nous " la volonté de résister", et de résister d'abord, " à la volonté d'autrui" . Quand il dit, qu'aujourd'hui tout commence, il nous rappelle que bâtir cette volonté d'agir demande du temps, tout un travail d'éducation et de formation pour mieux combattre les tentatives de robotisation auxquelles nous sommes soumis .

   Et ses propositions concrètes immédiates, sur le SMIC, la retraite, le logement, le pouvoir d'achat, l'emploi, ne sont pas des mesures populistes, comme, encore une fois, les journalistes veulent les caricaturer ; ses propositions s'inscrivent dans une perspective à plus long terme : l'amélioration des conditions d'existence, un salaire suffisant, le repos garanti, les soucis au travail écartés , consolident la résistance de l'homme et le libèrent pour lutter plus efficacement contre les forces qui veulent en faire un esclave .

 

   Ces messages sont compris, c'est pourquoi les foules qui accourent à ses meetings n'attendent pas de lui des chiffres sur la dette, mais les appels à relever la tête et cela dans la fraternité . Et honte à ceux qui, malhonnêtes et indignes, ont osé assimiler son discours à celui de Marine Le Pen .

 

 

   NB : Texte inspiré du livre du biologiste Serge Tchakhotine :" Le viol des foules par la propagande politique ." Gallimard .1992 .

 

   

 

   

   

 


Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 13:49

Sous-titre : " Un tiers de président ."

   " La propagande affective et obsessionnelle crée le danger du " viol psychique" des masses et fait que les principes démocratiques deviennent un leurre dans la vie sociale ..." (  Motion du Congrés de l'Education Nouvelle , Paris, 1946 .)

  ( Illustration : homme libre.blog.tdg.org ) .1472861988.jpg

 

   La propagande suscite l'adhésion à une cause par des techniques de communication, en vue de persuader pour mobiliser .

   Elle ne sert pas à vendre une chose désirable : cela c'est la publicité .

   Elle ne sert pas à enseigner un savoir vrai et utile : cela c'est la pédagogie .

   Elle ne sert pas à convaincre d'une thèse controversée : cela c'est la réthorique .

   Elle ne sert pas à répandre des dogmes : cela c'est le prosélytisme .

   Elle ne sert pas à transformer des adeptes en robots obéissants : cela c'est le lavage de cerveaux .

 

   Le journaliste progressiste américain, professeur à l'Université de Columbia, Clyde R. Miller, nous a appris, dans les années 1940, à décrypter les messages de la propagande :" The process of persuasion", 1946 .

   Il nous dit ceci :  "Analysons avant de nous émouvoir, de croire ou de faire ce que celui qui tente de nous persuader veut de nous ." Et pour nous aider à analyser, il nous propose le concept de " mot-poison" .

   Pour nous armer, il nous donne une conduite à tenir . Face à un discours politique, je dois me poser les questions suivantes : que se passe-t-il ? Qu'est-ce que ce mot signifie ? En quoi touche-t-il mes propres réflexes ? Est-ce que ce " mot-poison" ne suscite-t-il pas dans mon cerveau des images fausses ? Qui est celui qui l'emploie et avec quelle intention ? Qu'est-ce qu'il cherche de moi que je fasse ? Quelles conséquences s'ensuivront si je suivais ses désirs ?

 

   J'ai écouté, hier, le discours de notre Président-candidat, Place de La Concorde, armé de cette technique !

   Eh ! bien, mes amis, j'ai trouvé, dans son discours, le " mot-poison", ou plutôt les " mots-poisons".

   Le Président s'est " lâché", s'est découvert, s'est mis à nu : " Je n'aime pas l'égalité", s'est-il écrié .

   En quatre mots, N. Sarkozy a avoué qu'il n'était, ni Républicain, ni Démocrate, ni tout à fait Français . En quatre mots, il a balayé plus de deux cents ans d'histoire de France ;  il a effacé vingt-deux Textes Constitutionnels, qui tous affichaient en préambule le principe d'égalité, depuis 1791 ; il a jeté aux orties La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 Août 1789 qui fit le rayonnement politique de la France pendant deux cents ans ; il a souillé la devise de la République : " Liberté, Egalité, Fraternité," lui,  Président de la République en exercice !

   Son "pisse-copies", Henri Guaino, ce pseudo -républicain, qui lui écrit ses discours, a encore une fois dérapé, comme lors du discours de Dakar .

   Oui, les masques tombent, oui, pendant cinq ans nous n'avons pas eu un Président, mais seulement, " un tiers" de Président, puisqu'il avait renié deux des trois piliers de la République : l'Egalité et la Fraternité . Deux mots seulement : Rousseau définissait l'égalité comme le fait que " nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre ." N. Sarkozy, n'a eu de cesse, pendant cinq ans que de favoriser les plus riches, nous n'y reviendrons pas . En ce qui concerne la Fraternité, ses " mots-poisons' contre les immigrés, les pauvres et les assistés se suffisent à eux-mêmes .

   Accordons-lui donc, qu'il croyait encore à la liberté, mais vu l'Etat policier qu'il nous a bâti, nous dirons, une certaine liberté, celle d'entreprendre et de s'enrichir, pour quelques-uns .

 

   J'ai écouté, hier , le candidat Sarkozy, Place de La Concorde, un des symboles de la Révolution Française, jeter aux orties, cette même Révolution Française, et j'ai essayé de répondre aux questions de Clyde Miller.

   Que se passe-t-il ? Un candidat, président sortant de surcroît, nous demande de renier nos racines . Que signifie cette injure à  " l'égalité" ? Celui qui n'a pas une rollex à cinquante ans a raté sa vie . En quoi touche-t-il mes réflexes ? J'ai bondi : ce n'est pas cela , ma France . Quelles images fausses a suscitées le mot-poison en moi ? Que la France, serait la France de Vichy, et pas celle de Lucie et Raymond Aubrac . Qui est celui qui l'emploie ? Un arriviste, opportuniste, égoïste, haineux, imbu de soi . Qu'est-ce qu'il cherche à me faire faire ? Renier mes parents, renier mes origines, renier ceux qui souffrent d'une société injuste . Quelles conséquences , si je le suis ? L'abaissement de la France, la multiplication des souffrances des exclus , le futur de la jeunesse définitivement condamné .

 

   Je vous propose,  pour retrouver un peu d'oxygène, cet appel de Stendhal :" Amis lecteurs, essayez de ne pas passer votre vie à haïr et à avoir peur" . ( Préface à Lucien Leuwen .)

 

 

   NB : Les références à Clyde R. Miller sont empruntées au livre de Serge Tchakhotine : " Le viol des foules par la propagande politique ." Gallimard .1992 . 

   

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 14:06

Allusion au film de Sidney Pollack : en pleine dépression économique, au début des années 1930, les primes de marathons de danse attirent jeunes et vieux accablés par la misère ...

Illustration : imaginaction.over-blog.orgimages-copie-13.jpg

 

   La discussion sur l'ouverture aux marchés à terme de la Dette française, prévue le 16 avril, et dénoncée par J.L. Mélenchon, fait rage sur les réseaux sociaux . De quoi s'agit-il ?

   Coup d'Etat financier ? Coup politique du Président sortant ? Opération pour rendre plus fluides les levées d'emprunts de l'Etat ? Qu' il y ait un peu de tout cela me paraît plausible !

   La plateforme boursière allemande, Eurex, qui pilote l'ouverture d'un nouveau marché à terme, sur la dette française à long terme, dix ans, est le leader mondial des marchés à terme, né de la fusion en 1998  d'un marché à terme allemand et du marché à terme de Zurich : 150 Mds d'euros circulent chaque jour par ce marché , pour 1.5 millions d'opérations journalières .Plateforme créée par des experts-comptables et des commissaires aux comptes, gens trés connus pour leur attachement à préserver les dettes des Etats, son produit phare est : " l'eurobund" .

   Dix Banques et Institutions françaises qui depuis le déclin du MATIF,( Marché à Terme des Instruments Financiers, plateforme française,)  il y a treize ans, ne pouvaient plus vendre de titres de la dette française à découvert, vont pouvoir le faire à nouveau : AXA, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole,etc...

   Le 21 mars 2012 Eurex avait prévenu l'Autorité des Marchés Financiers et l'Agence France Trésor, chargée de la gestion de la Dette, de cette initiative . Ces autorités n'ont émis aucune objection, puisque, si l'on en croit le Ministre des finances, François Baroin, aucune réglementation ne leur permet de s'y opposer : dont acte ! Mais pourquoi s'empresser d'ajouter aussitôt que l'AMF suivra de trés prés les opérations menées sur ce marché ?

   L'opération d'Eurex est présentée par le directeur général de l'AFT comme un élargissement de la base des prêteurs, pour faciliter les levées d'emprunt , et une couverture pour la protection des transactions . Sauf que !

 

   Concrètement, que va-t-il se passer ? Faisons simple .

   Les titres de la dette française vont être mis en vente, à terme et à découvert . Mécanisme de pure spéculation, qui consiste à vendre un titre dont on anticipe la baisse . C'est à dire qu'on peut vendre un titre que l'on ne possède pas avec livraison à une date donnée, en pariant qu'il va baisser . Une fois le contrat passé, je fais tout pour que le titre baisse : rumeurs, agitation, panique, avec la complicité de persoonnes bien placées pour que leurs petites phrases " fassent mouche" . Dés que la baisse est vérifiée, je rachète des titres, j'engrange ma plus value, et je livre mes titres à mon acheteur originel : mais j'ai engrangé ma plus value . Pendant ce temps la dette souveraine d'un pays a été dans la tourmente, ses taux d'intérêt ont augmenté, voire il a eu des difficultés à lever d'autres emprunts .

   C'est exactement la nature des attaques qui a déstabilisé l'Italie , depuis deux ans,  dont la situation monétaire reste fragile ; c'est pour cette raison, que "Bafin", autorité des marchés allemands, a interdit à ses banques de vendre à découvert de la dette allemande, dés mai 2010 . Pourquoi, l'AMF ne pourrait-elle pas le faire pour les banques françaises, M. Baroin ?

   Je crois intéressant de rappeler que ce sont ces mécanismes, conjugués à une titrisation folle, qui ont provoqué la crise de 2008, aux Etats- Unis : ce sont ces mécanismes que le milliardaire américain Warren Buffet appelle : " des armes de destruction massive ."

   Les titres de la dette française pourront être mélangés, dans des contrats renouvelés, avec des titres sur l'évolution de l'inflation, sur les courbes du chômage, sur les prix de l'immobilier, sur la volatilité des marchés financiers,etc ... Tout ce qu'on appelle , gentiment, produits dérivés, mais que depuis 2008, les gens sérieux appellent titres" pourris" . La banque Lehman Brothers, l'agence Reuters, Bear Sterns dénoncèrent cela, contre les pratiques de sa concurrente  Goldman Sachs : " les entrepreneurs manipulateurs", propagateurs de rumeurs pour faire baisser des titres .

   Il n'est pas inintéressant de savoir que ce type d'échanges de produits dérivés représentait, fin 2009, un encours de 600 000 milliards de dollars, sur la planète .

   Aucun danger, me direz-vous !

   Mais pourquoi, le" trés initié" financier Marc Fiorentino, annonce-t-il, des attaques trés violentes contre la France, pour le 7 mai ?

 

   Je ne puis croire à un plan organisé de massacre de la gauche , au lendemain du 6 mai, de la part de notre bien-aimé Président ; mais une indifférence à ce qui peut arriver- une attitude à la Ponce Pilate, en somme -,  aprés " la déculottée" qui l'attend, me paraît plausible, de la part d'un personnage dont le sens de la dignité n'est pas la plus évidente des qualités . " On achève bien les chevaux ! On peut bien achever les Français qui empêchent les spéculateurs de tourner en rond ! "

 

 

   NB : les éléments sur les marchés à terme et à découvert sont tirés du rapport No 3034 de l'Assemblée Nationale .( Cité par Marie Caroline Porteu : blog Mediapart .)

Repost 0
Published by regain2012 - dans Economie
commenter cet article
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 15:06

" Dans la vie il n'y a que trois ou quatre choix fondamentaux à faire . Tout le reste est affaire de hasard ." ( Raymond Aubrac . Entretien donné au Monde en mars 2011 .)

( Illustration : chiclondres.com )       

 

photo-reistants-raymondaubracstephanehessel-cropped-1-452_a.jpg.

 

   L' annonce du décés de Raymond Aubrac a éveillé, en moi, une interrogation sur la lucidité . Comment ces hommes et ces femmes de la Résistance, issus de la société civile,  admirables de courage, ont-ils pu faire preuve de tant de lucidité, face au fascisme et au nazisme, alors que les classes politiques des divers pays occidentaux, soit se voilaient la face, soit hésitaient à miser entre deux périls, soit choisissaient Hitler, croyant encore que l'on pouvait pactiser avec le diable : ce fut le cas de la droite conservatrice traditionnelle, dans son ensemble, et de tous les grands industriels .

   N'oublions jamais qu'hitler obligea tous les sceptiques à se liguer contre lui et que , si le fascisme n'avait été représenté que par Mussolini, il n'y eût jamais eu d'alliance antifasciste. Rappelons que  les Etats-Unis, tout à leur politique isolationniste, n'envisageaient pas d'intervenir en Europe , mais il y eut  Pearl Harbor en décembre 1941 . ( Eric J. Hobsbawm . L' Age des Extrêmes .) Personne n'envisageait de s'en prendre, alors, à l'Italie . Pas plus qu'on ne s'en prit à Franco, en 1945 .

   Pour s'y retrouver, un peu, mais, il est vrai, soixante et dix ans aprés, et pour rétablir une réalité trop souvent occultée par la propagande médiatique et même des manuels scolaires, ( Roger Garaudy . " Souviens-toi "), rien ne vaut une analyse factuelle .

 

   Dans les années trente, loin de pratiquer une politique de résistance au fascisme et à ses agressions, les dirigeants anglais er français pactisent volontiers avec lui . Le " Pacte à quatre "de 1933, entre l'Allemagne, l'Italie, la Grande Bretagne et la France, en témoigne ; la signature de l'accord dit du " Front de Stresa" en avril 1935, entre l'Italie, la Grande Bretagne et la France, (représentée par son ministre des Affaires Etrangères, un certain Pierre Laval ) ; l'accord naval anglo-allemand de juin 1935, ( signé dans le dos des Français et des Italiens ), corroborent cet état d'esprit . Le Pacte de non-intervention en Espagne n'est pas la moindre des  démonstrations, de cette attitude . 

   L'URSS a en vain proposé aux Occidentaux, une semaine aprés l'élection de Hitler à la Chancellerie, lors de la Conférence Mondiale sur le Désarmement  de Genève, ( 1932-1934),  sous l'égide de la Société des Nations, un projet de riposte commune à toute agression . L'URSS est à ce moment-là menacée par le Japon, qui occupe la Mandchourie et tente d'envahir la Mongolie .

 

   Hitler a entrepris sa politique de réarmement et, tenez-vous bien : en octobre 1936, en pleine guerre civile en Espagne, le gouvernement français signe avec le Ministre hitlérien de l'économie, le banquier Von Schacht, un accord économique visant la livraison à l'Allemagne, pour trois milliards et demi de marks par an de minerai de fer , jusqu'en 1938 .Les exportations de bauxite, vers l'Allemagne, sont multipliées par cinq, en cinq ans, ce qui fait de l'Allemagne, le premier producteur d'aluminium au monde .

   Juste avant la deuxième guerre mondiale, les investissements américains en Allemagne s'élèvent à un milliard de dollars, sans compter les prêts accordés au gouvernement d'Hitler .

   Les Britanniques ne sont pas en reste . Qui sait que le 24 Juillet 1939, à un mois et demi de la déclaration de guerre, le Premier Ministre britannique Chamberlain, annonce à la Chambre des Communes, que les pourparlers menés par son Ministre du Commerce extérieur Hudson, et les Allemands, se sont conclus le 20 juillet par un prêt à l'Allemagne d' un milliard de livres sterlings .

 

   Lorsque la Tchécoslovaquie est menacée par la revendication de Hitler sur les Sudètes, L'URSS propose de lui prêter secours , en raison d'un accord de 1935, la France décline la proposition, et fait pression avec la Grande Bretagne sur la Tchécoslovaquie, pour ne pas appeler à l'aide l'URSS .

   Le 20 septembre 1938, c'est Munich : Daladier et Chamberlain se joignent à Hitler et Mussolini, pour intimer l'ordre à la tchécoslovaquie de rendre les Sudètes à l'Allemagne . Ce fut cela Munich ! Quelques heures pour livrer la Tchécoslovaquie aux nazis .

   Entretemps, il y avait eu l'Anschluss, 12 septembre 1938, l'annexion de l'Autriche, et personne n'avait rien dit .

 

   C'est que, dés cette époque, les dirigeants occidentaux pensent  imminente la campagne d'hitler vers l'Est . Voici ce que dit, Coulondre, l'ambassadeur de France à Berlin, le 15 décembre 1938 : " le dynamisme allemand ne s'arrêtera pas, et l'on parle déjà dans les milieux militaires allemands d'une promenade au Caucase et à Bakou ."

 

   Une précision, elle aussi historique, est nécessaire à ce stade : en 1939, peu de gens ont lu " Mein Kampf", à part une élite intellectuelle ; les camps de concentration allemands comprennent quelques huit mille prisonniers- tous politiques, communistes et opposants au régime , aucun plan d'extermination n'est en place, tout au plus , pense-t-on, les juifs, bien que déjà persécutés, vont-ils être expulsés d'Allemagne . Voilà quelle est la vision majoritaire, à l'Ouest ; finalement cela n'est pas si terrible ! Il y a , à l'Est, un danger bien plus grand, le Communisme et sa révolution sociale, et sa condamnation catégorique du droit à la propriété .( Eric J. Hobsbauwn) .

 

   Quand Hitler envahit la Tchécoslovaquie complètement, le 15 mars 1939, l'URSS tente encore une fois d'obtenir de la France et de l'Allemagne un accord, et propose le 17 avril 1939, un pacte tripartite d'assistance mutuelle . L'URSS propose même, le 23 juillet, une réunion des responsables militaires des trois puissances pour élaborer des mesures concrètes . Malgré l'urgence, car Hitler menace déjà la Pologne, les délégations anglaise et française n'arrivent à Moscou que le 11 août et , mépris suprême, sans mandat .

   L'URSS demande aux Anglais et aux Français d'obtenir, de la Pologne et de la Roumanie, leurs alliés, l'autorisation pour les armées russes de traverser leur territoire . Ni l'une ni l'autre ne réagit .

   La politique munichoise se poursuit : l'intérêt de voir s'écharper l'Allemagne et l' URSS , qui s'affaiblissent ainsi, mutuellement, ne déplaît pas aux démocraties occidentales .

   Le 23 août 1939, l'URSS signe avec Hitler, et à sa demande, le fâmeux Pacte de non agression !( Molotov- Ribbentrop ) . Que vouliez-vous qu'ils fissent !

   L'indignation fut grande chez les Philistins!

 

   Oui ! je me demande comment ces hommes et ces femmes de bonne volonté ont pu se forger une conviction, dans ce fatras de calculs politiques, d'hypocrisie diplomatique, de choix de société hors de toute humanité, d'égoïsmes nationalistes, de pacifisme béat , d'intérêts matériels, de folie sûrement ...

 

 

   NB :  Texte qui emprunte ses références au livre de Roger Garaudy :"Souviens-toi ". 1994 . Ed. Le temps des cerises ; et au livre de Eric J. Hobsbawn : l'Age des Extrêmes . 1999 . Editions Complexe .

 


 

   

Repost 0
Published by regain2012 - dans histoire
commenter cet article
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 14:09

"Je ne fabrique pas des recettes pour les gargotes de l'avenir ." ( Karl Marx ) .

" je ne crois qu'à l'impératif catégorique de bouleverser tous les rapports où l'homme est un être dégradé, asservi, abandonné, méprisable . " ( Karl Marx .1843 . Vingt ans avant d'écrire Le Capital .)

 (Illustration : forum.foot.land.com ) .

 

069.jpg

 

   Le temps est proche où les historiens vont devoir revisiter l'histoire du socialisme . Encore et toujours l'histoire ! Les historiens peu scrupuleux qui , aprés la chute du Mur de Berlin, ont cru pouvoir jeter , dans la même eau, Gorbatchev, Brejnev, Staline, Lénine, Marx,  et avec eux, tous les socialistes utopistes du XIXe siècle, vont devoir reprendre leur copie, s'il leur reste un zeste d'honnêteté .

   Ici, aujourd'hui , et trés brièvement , je ne veux que rappeler la vision de Lénine sur la Révolution d'Octobre . 

   Marx à partir de l'étude des lois de développement de l'économie anglaise du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle, la première, établit le concept d'un socialisme comme dépassement des contradictions d'un capitalisme ayant atteint sa pleine maturité . Pour lui, le modèle avait été fourni par la Révolution française, en tant qu'évènement signant la victoire de la classe dominante, la Bourgeoisie, sur les forces féodales qui entravent le développement du système pensé par la bourgeoisie : la capitalisme .

   Observant le modèle industriel anglais, Marx établit que la nouvelle classe montante, par le nombre et la place occupée par la production est la classe ouvrière ., le prolétariat .

   Sa mission sera de mettre en harmonie les structures politiques et sociales avec la réalité économique voulue par une bourgeoisie qui ne peut plus maîtriser les systèmes qu'elle a créés . Mais pour Marx, cela va prendre beaucoup de temps, c'est un long processus de maturation : " le capitalisme doit arriver à sa pleine maturité" .

 

   Or, et l'essentiel du problème est là : la première révolution se réclamant du marxisme, c'est à dire où la classe dominante, le prolétariat, prend historiquement  le pouvoir sur la bourgeoisie, classe qui paralyse le mouvement, éclate dans un pays où la classe ouvrière est embryonnaire : 4% de la population active . La Russie est encore un Etat féodal, essentiellement paysan .

   Tout le paradoxe historique tient dans cette volonté de mener une révolution prolétarienne, sans prolétariat , - et sans bourgeoisie, trés embryonnaire également - .

  " La dérive sera redoutable" .( Roger Garaudy ) . Trotsky décrira cette dérive, plus tard, avec beaucoup de lucidité : le parti parle au nom de la classe, puis l'appareil au nom du parti, les dirigeants au nom de l'appareil, et finalement, un seul parlera et pensera au nom de tous .

   Les contempteurs de Lénine se sont basés et seulement basés sur son livre le plus connu : "Que faire ?", écrit en 1902 . Lénine y commet un contresens par rapport à la pensée de Marx , quand il explique que la conscience révolutionnaire ne peut naître spontanément de la classe ouvrière elle-même, dans la sphère des rapports économiques et des luttes syndicales, qu'elle doit être apportée " du dehors" et que c'est la tâche du parti communiste .

   Les Marxistes les plus proches de la pensée de Marx, tel l'allemand Kautsky, secrétaire de Engels, le mettent en garde : " Les conditions objectives ne sont pas réalisées en Russie...donc il ne faut pas faire la révolution ." Lénine a conscience de "son éloignement des schémas marxistes" mais n'en tient pas compte .

 

   La vraie pensée de Lénine, et elle est autogestionnaire,  se trouve dans ses écrits nés dans l'action de la révolution : " Les Thèses d'avril ", de 1917, et dans " l'Etat et la Révolution ". Il y rappelle que Marx n'appréciait rien tant que " l'initiative historique des masses " . Aux "vieux bolchéviks" qui s'insurgent il dit : " La spontanéité, c'est le contraire de la conscience apportée du dehors" . 

   Il va même plus loin : " L'initiative de millions d'hommes apporte toujours quelque chose de plus génial que les pensées, même les plus géniales de quelques dirigeants et théoriciens ."

   Le dernier article qu'il publie avant sa mort, " sur La Coopération "- ,  en janvier et février 1923 - il meurt en janvier 1924- mais il ne participe plus au pouvoir depuis la fin de 1921, diminué par la maladie ; dans cet article , que l'on peut considérer comme son testament, il montre que la formule coopérative est la seule qui permettrait d'associer les larges masses, y compris la paysannerie, à l'élaboration et à la prise de décision .

   Il prône déjà une sorte " d'autogestion", mais il prévoit de longues années pour y parvenir, afin que les paysans, se convainquent à partir de leur propre expérience .

   Nous sommes aux antipodes du centralisme étatique que va construire Staline quelques années plus tard .

   Lénine est également préoccupé de démocratie, pour lui " la participation", dans les domaines de l'éducation et de la culture, en particulier . Dans son testament il définit ce qu'il appelle " une révolution culturelle" . Dans un peuple inculte, il ne peut y avoir de participation réelle à la prise de décision de la part des masses : par conséquent réaliser le socialisme c'est aussi réaliser cette révolution culturelle , grâce à laquelle les grandes masses cultivées pourront effectivement prendre part aux décisions .

 

   Dés 1920, aprés la chute du mouvement spartakiste en Allemagne, dans le contexte de guerre étrangère où l'URSS est assiégée par les Occidentaux et en proie à la guerre civile,  il comprend que la révolution est vouée à l'échec . Il écrit : " Nos soviets dans les conditions où ils fonctionnent aujourd'hui, c'est à dire non plus avec une participation réelle à la prise de décision des grandes masses, mais seulement sous la direction de quelques-uns des plus instruits de nos militants, ces soviets peuvent à la rigueur construire encore le socialisme pour le peuple, mais pas par le peuple ." Cet aveu d'une si grande lucidité ne saurait être l'aveu d'un tyran .

   D'autant qu'il y ajoute : " Notre ennemi principal c'est le bureaucrate, le militant communiste qui occupe une fonction administrative dans l'Etat ou le Parti ."

 

   J'ai eu envie d'écrire ce texte à la suite de certains commentaires de mes politologues tant aimés, concernant la campagne de J.L. Mélenchon, dont ils attribuent le succés populaire à une certaine nostalgie des révolutions .

   Je crois ce propos parfaitement stupide . Les gens ont ouvert les yeux sur l'anarchie et l'injustice génétique du monde financier et capitaliste, et se souviennent que, par le passé, ce système fut contesté et donna lieu à des propositions de transformation qui n'étaient pas forcément à jeter aux oubliettes de l'histoire, une fois repensée leur adaptation à un monde en mouvement permanent .

 

 

   NB : (1) . Le titre est une expression de " Antonio Gramsci ", co-fondateur du Parti Communiste Italien, mort dans les geôles mussoliniennes .

   Ce texte s'inspire du livre de Roger Garaudy : "Souviens-toi, bréve histoire de l'Union Soviétique ." Editions " Le temps des cerises " . 1994 .

 

   

Repost 0
Published by regain2012 - dans histoire
commenter cet article
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 14:22

" Pour la défense des intérêts communs, la société a créé, ordinairement par simple division du travail, ses organismes propres . Ces organismes, dont le sommet est constitué par le pouvoir d'Etat, se sont avec le temps  mis au service de leurs propres intérêts ; de serviteurs de la société, ils en sont devenus les maîtres..." ( Karl Marx .Misère de la philosophie .1845 .)

  ( Illustration : fr.wikipedia.org ) .

 

imagesCAS2BD0E.jpg

 

   Les campagnes électorales des présidentielles revêtent, chez nous, un caractère trés personnalisé qui jette un voile sur les vrais enjeux, qui les rendent illisibles aux yeux des observateurs étrangers, qui écoeurent beaucoup d'électeurs, qui en font une espèce de pugilat verbal plutôt décevant . Quand les commentateurs ont dit: c'est normal, cette élection est la rencontre d'un homme avec un peuple, selon la volonté du Général de gaulle, ils ont tout dit, et surtout n'ont rien dit ! Je crois qu'il faut chercher dans l'histoire de notre pays le cheminement social et politique qui noua conduit à cette caricature de Démocratie : c'est qu'un jour, le pouvoir politique fut confisqué aux forces sociales desquelles il devait émaner, et que ce phénomène de confiscation ne fait que se renforcer au fil des siècles .

   Aujourd'hui, le pouvoir politique est totalement incarné dans la fonction de Président de la République, donc toute élection présidentielle n'est qu'un assaut dirigé vers la prise de ce pouvoir singulier .

   D'où cela est-il parti ? N'en déplaise à nos politologues assermentés, pour le comprendre, il faut remonter bien au-delà du Général de Gaulle .

 

   " Le pouvoir exécutif, avec son immense organisation bureaucratique et militaire, avec son mécanisme étatique complexe et artificiel, son armée de fonctionnaires, son armée de soldats, effroyable corps parasitaire qui recouvre comme d'une membrane le corps de la société française et en bouche tous les pores, se constitua à l'époque de la monarchie absolue, au déclin de la féodalité, qu'il aida à renverser . Les privilèges seigneuriaux des grands propriétaires fonciers et des villes se transformèrent en autant d'attributs du pouvoir d'Etat ; les dignitaires féodaux en fonctionnaires appointés ; la carte bigarrée des droits souverains médiévaux contradictoires devint le plan bien réglé d'un pouvoir d'Etat .

   La première Révolution française qui se donna pour tâche de briser tous les pouvoirs indépendants, locaux, municipaux, provinciaux, pour créer l'unité bourgeoise de la Nation, devait nécessairement  développer l'oeuvre commencée par la Monarchie absolue : la centralisation,, mais en même temps l'étendue, les attributs, l'appareil du pouvoir gouvernemental . Napoléon acheva de perfectionner ce mécanisme d'Etat . La Monarchie de Juillet y ajouta une plus grande division du travail, qui alla croissant à mesure que de nouveaux groupes d'intérêts apparaissaient avec par conséquent un nouveau matériel pour l'administration d'Etat .

   Chaque intérêt commun était immédiatement détaché de la société, opposé à elle au nom de l'intérêt supérieur, général, enlevé à l'initiative des membres de la société, transformé en objet de l'activité gouvernementale : le pont, la petite école rurale, la propriété communale du plus petit hameau, les chemins de fer, les biens nationaux, l'université ..." ( Karl Marx ."Le dix huit brumaire de Louis Bonaparte" . Ed. Intern.1928 .

 

   L'important est de comprendre sur quelle base sociale se bâtit cet édifice, perfectionné, et non pas brisé, par les  révolutions successives : 1789, 1793, 1830, 1848 .

   Les partis luttant pour le pouvoir, en sont toujours à considérer, que cet édifice du pouvoir d'Etat, si patiemment construit par la bourgeoisie, est " le butin du vainqueur " .

   La base donc de cette construction se trouve dans la classe la plus nombreuse alors, et jusqu'à il y a peu, la paysannerie, et plus précisément dit :" les paysans parcellaires " .

  " C'est une masse énorme, dont les membres vivent tous dans la même situation, sans être unis les uns aux autres par des rapports variés . Leur mode de production les isole les uns des autres au lieu de les amener à des rapports réciproques ." " La parcelle, le paysan, sa famille . A côté, une autre parcelle, un autre paysan, une autre famille ." ( K. Marx .)  

   Ces" paysans parcellaires" entre lesquels n'existent que des liens locaux, et non sociaux, sont incapables de défendre eux-mêmes leurs intérêts de classe ; dans leur isolement, ils ne peuvent se représenter eux-mêmes : aussi aspirent-ils à se donner à"des représentants à qui ils vont confier leur avenir, et leur destin, dont ils attendent qu'ils leur apparaissent comme leurs maîtres, comme une autorité supérieure, comme la puissance gouvernementale absolue ..." ( Karl Marx . Le dix-huit brumaire .)

   Notre héritage est là ! Et c'est K. Marx qui nous l'explique, en nous faisant revenir sur notre histoire : l'unité explicative, par l'histoire .

 

   Nous n'en sommes pas encore à nous donner des représentants qui doivent agir selon les mandats que nous, les citoyens, nous leur donnons . Le poids de la génétique nous fait élire des" maîtres", et les candidats à la " Grande Maîtrise" l'entendent bien ainsi . Derrière cette" tromperie consentie" se trouve l'explication de ces campagnes électorales décevantes, où le véritable enjeu ne se trouve pas à l'endroit où on l'attend .

   Et je crois trouver , dans le discours de J. L. Mélenchon, une sorte d'écho à cette anormalité : il n'est pas normal que le fait social soit soustrait à la société, que la pratique sociale se métamorphose en pratique politique . Il n'est pas normal qu'une telle situation se consolide au lieu de n'être qu'une étape provisoire vers un véritable développement social .

 

   NB : article inspiré par le livre d' Henri lefebvre . " Sociologie de Marx " .

   

 


Repost 0
Published by regain2012 - dans Société
commenter cet article

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens