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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 13:57

"Ceux qui ont lu, enfants, Alice au pays des Merveilles, le conte de Lewis Carroll , se souviendront de la méchante Reine rouge . Celle-ci oblige Alice à courir continuellement, et quand Alice se plaint de ce que le paysage ne change pas, qu"elles n'avancent pas, la reine rouge lui répond qu'elle doit courir afin de rester sur place.

   Lewis Carroll utilisait cette image pour illustrer les lois de l'évolution naturelle . Celui qui ne lutte pas pour avancer et ne pas se laisser distancer doit disparaître .

   Pour ma part, je lis dans la parabole de la Reine rouge, le sort qui est fait, aujourd'hui, à tous ces salariés de la société ultra-libérale que l'on appelle les précaires ."

 (  Illustration : onauratoutvu.canalblog.com )

 

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   "Je travaille, je galère...je travaille, je galère ...et ainsi de suite ...Je ne peux faire aucun projet, je ne peux rien construire, pas de famille, pas d'enfants ..." Ainsi me parlait récemment un de ces travailleurs  précaires que Sarkozy montre du doigt .

   C'est un jeune qui court, de petit boulot en petit boulot, et sait qu'il ne doit pas s'arrêter, ne serait-ce que pour souffler un peu, sinon il tombe . 

   Mais que s'est-il passé ces trente dernières années ?  Pour accompagner les folies du système financier , de nouvelles règles, dans la gestion de l'économie ont fait leur apparition, trés sournoisement.

   On peut les rassembler sous les termes de : transfert des risques !

   Les principes sont simples : les actionnaires ont décidé de transférer les risques courus par leurs dividendes sur les salariés . C'est depuis que l'on dit que les salaires sont devenus la variable d'ajustement .

   On le voit trés bien, en ce moment, en pleine crise pour les peuples, les dividendes n'ont jamais été aussi élevés .

   Le deuxième transfert des risques, c'est celui de la grande société vers les sous-traitants . Quand les commandes baissent, on annule en premier les contrats avec les sous-traitants , souvent des PME , pour qui ne reste que la faillite .

   Le troisième transfert des risques , c'est celui de l'entreprise vers l'Etat par le mécanisme du temps partiel, en temps de crise, dont l'Etat, donc le contribuable, prend en charge une partie .

   Le quatrième transfert des risques, c'est celui, encore une fois, des actionnaires sur l'emploi . Certains économistes le désignent sous le vocable de " Capitalisme paresseux ."

   Les actionnaires désireux d'encadrer leurs risques réclament au PDG qu'ils ont élu un rendement de 15%, par exemple, et lui imposent qu'au delà, parce qu'il y a un peu plus de risques,  il arrête tout investissement.

   Vous comprenez ainsi pourquoi l'on entend dire parfois que les capacités de production de notre pays, ou d'un autre, ne tournent qu'à 60%.

   Là se trouve, avec les délocalisations et la désindustrialisation, le vivier de millions de chômeurs . C'est dans cette logique des transferts de risques que se trouve l' explication des termes : le capitalisme n'a qu'un but , protéger la rente, et certainement pas l'emploi .

 

   Un tel système ne peut pas fonctionner sur l'ancien principe du contrat de travail : la soumission contre un CDI !

   Un tel système ne peut fonctionner que par la mise en place d'un nouveau fonctionnement dans l'entreprise : le précariat . Nous y sommes en plein . Il faut savoir qu'aujourd'hui, 60% des embauches se font sur des CDD de moins de un mois .

   Il faut savoir qu'aucune étude n'a pu démontrer qu'il existait un lien entre flexibilité du travail et baisse du chômage . La preuve par neuf est fournie par la France: 10% de chômage depuis des années . Et le modèle allemand, si cher à notre Président n'est qu'une énorme supercherie . Allez donc voir ce que donnent les petits boulots à un euro de l'heure, Outre-Rhin . Nos journaux télévisés ne disent rien des luttes qui se développent en Allemagne contre la politique de Mme Merkel .

   Le pays du compromis social est loin d'être calme .

 CDD,  intérim, temps partiel, contrats de mission, ne sont que des armes pour protéger la rente, casser les solidarités ouvrières, prévenir les conflits, obtenir la soumission brutalement, augmenter la productivité en exigeant des précaires toujours plus, sous la menace de la chute sociale .

   Comme je l'ai entendu de la bouche d'un de ces gars : " L'enfer" !

 

   Et au cas où toute cette brutalité ne suffirait pas, notre Président des couches populaires, avait trouvé une arme encore plus redoutable, au tout début de son mandat . Je regrette que les socialistes en parlent aussi peu . C'est la face cachée de la fameuse fusion de l'ANPE avec les Assedics, au nom d'une meilleure efficacité en faveur des chômeurs . Déjà !

   C'est la face cachée du vrai rôle de Pôle Emploi . Il suffit d'écouter les agents de cette administration, écoeurés par le rôle qu'on leur fait tenir .

   Un chômeur est suivi par le même agent, en ce qui concerne sa recherche d'emploi, et le réglement de ses allocations . Ce qui signifie que la même personne qui propose un emploi a le pouvoir de suspendre les allocations "dans la foulée", si vous le refusez .

   J'ai entendu un agent de Pôle Emploi dire qu'il y a peu de temps encore, les agents de l'ANPE suivaient des stages " d'empathie", pour apprendre à être à l'écoute  des usagers . A Pôle Emploi, c'est la menace que l'on vous apprend à manier .

   Vous comprenez pourquoi les radiations explosent, et pourquoi les chiffres officiels du chômage sont si loin de la réalité .

   Aprés ces quelques constats, je vous invite à écouter le Président-candidat avec prudence sur la  proposition d'un référendum à propos de la formation des chômeurs .

   Je vous invite également à demander à vos amis socialistes de faire passer un message à leur candidat : le précariat mérite un débat . Ce serait grave que le candidat socialiste ne s'empare pas de ce sujet .

 

   Comme je suis fatigué de dénoncer les dégâts du capitalisme financier, de l'ultra-libéralisme, des marchés , dorénavant je parlerai des massacres de " La Reine rouge" . Et tant pis pour l'erreur de casting sur la couleur . C'est de la faute de Lewis Carroll .



 

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Published by regain2012 - dans Société
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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 15:33

"Des maladies de peuple ne tuent pas l'homme...Et néammoins, quiconque suit la clinique sociale hoche la tête par instants ... Sous la mortalité sociale on sent l'impérissabilité humaine ." (1).

 

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   " Qu' une société s'abîme au vent qui se déchaîne sur les hommes, cela s'est vu plus d'une fois ; l'histoire est pleine de naufrages de peuples et d'empires ; moeurs, lois, religions, un beau jour, cet inconnu, l'ouragan, passe et emporte tout cela . Les civilisations de l'Inde, de la Chaldée, de la Perse, de l'Assyrie, de l'Egypte, ont disparu l'une aprés l'autre . Pourquoi ? Nous l'ignorons . Quelles sont les causes de ces désastres ? Nous ne le savons pas . Ces sociétés se sont elles obstinées dans un destin fatal ? Question sans réponse . L'ombre couvre les civilisations condamnées ...

   Nous ignorons les maladies des civilisations antiques mais nous connaissons les infirmités de la nôtre ...

   L'avenir arrivera-t-il ?

   Il semble qu'on peut presque se faire cette question quand on voit tant d'ombre terrible . Sombre face à face des égoïstes et des misérables . Chez les égoïstes, les préjugés, les ténèbres de l'éducation riche, l'appétit croissant par enivrement, un étourdissement de prospérité qui assourdit, la crainte de souffrir qui, dans quelques-uns, va jusqu'à l'aversion des souffrants, une satisfaction implacable, le moi si enflé qu'il ferme l'âme .

   Chez les misérables, la convoitise, l'envie, la haine de voir les autres jouir, les profondes secousses de la bête humaine vers les assouvissements, les coeurs pleins de brume, la tristesse, le besoin, la fatalité, l'ignorance impure et simple ...

   L'idéal est effrayant à voir, ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant mais entouré de toutes ces grandes masses noires monstrueusement amoncelées autour de lui ..."

 

 

   Ce texte est tiré  des livres IVet VII du dernier tome des" Misérables ", cité dans le hors-série du Monde, consacré à V. Hugo , pour le 150e anniversaire de la parution de cette oeuvre . Février à Avril 2012.(1) .

 

   N. Sarkozy pourrait-il répondre à la question que pose le titre : avons-nous un avenir ?

   Certainement pas !  Le personnage répond trop bien au portrait que fait Hugo de l'égoïste . Seul son avenir personnel l'intéresse .

   Par contre il pourrait répondre sur " les infirmités" de notre société , lui qui en cinq ans les a toutes aggravées , au point de nous conduire dans une impasse d'où il va être difficile de sortir .

   La plus grande de ces infirmités étant l'exclusion .

   Oui ,  N. Sarkozy restera dans la petite histoire, qu'il mérite, comme le Président de l'exclusion .

   Il n'aura pas exclu de la société française que des étrangers .

   Il aura exclu de la société française des millions de gens qui sont  dans l'impossibilité de se soigner.

   Il aura exclu de la société française des millions de chômeurs stigmatisés, culpabilisés, assimilés parfois à des délinquants .

   Il aura exclu de la société française des dizaines  de milliers de femmes isolées , montrées du doigt, parce qu'assistées .

   Il aura exclu de la société française des centaines de milliers de jeunes sans qualification, en massacrant l'école publique, et en ne faisant rien dans la gestion des fonds publics de la formation professionnelle, par les organismes patronaux .

   Il aura exclu de la société française des centaines de milliers de personnes âgées en ne mettant pas en chantier la réforme de la dépendance , tant et tant promise ? 

   Il aura exclu de la société française tous ces anonymes titulaires du RSA , les offrant en boucs-émissaires, aux pauvres  de la couche sociale juste au-dessus .

   Il aura exclu du bonheur de la culture et de la pensée  tant de gens brisés par la misère .


   "Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?" écrivait Hugo .

 

   Sarkozy restera le Président qui a multiplié sur notre peau les" dartres" , les" solfatares" de l'injustice, les" plaies" et les" cratères" des inégalités qui jettent leur " pus" sur notre société , mais ces maladies qu'il a instillées dans notre société , si elles ont affaibli le peuple ,  "n'ont pas tué l'homme". (1).

 

   Alors qu'il attaque sa campagne sur l'air de : je veux être le candidat des pauvres et des couches populaires contre le candidat des élites et du système - véritable discours de faussaire - , il est bon de rappeler, avec l'aide du Grand Hugo , d'où il vient , et où il compte nous conduire .

  

 

   

   

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Published by regain2012 - dans Société
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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 14:19

   Sous-titre : Les morceaux d'une société cassée .(1)


   " Si les dégâts de l'industialisation et la peur du paupérisme ont débouché sur les noces de la République et de la Sécurité Sociale, il serait normal que ce couple donne aussi toute sa mesure pour éponger les dégâts de la désindustrialisation ." ( Jean François Laé , Numa Murard , sociologues , " L'Argent des pauvres , 1985, Seuil . )

   ( Illustration : de.houdart. free.fr )

 

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   Nous disions hier que toute l'action de N.Sarkozy est encastrée dans un effet miroir qui stigmatise une catégorie pour attirer la catégorie voisine . En 2007 il se jeta sur les immigrés pour ramener à lui les couches populaires, ouvriers et employés , et chasser sur les terres du Front National , de même qu'il s'attaqua aux fonctionnaires , sûr de son coup , en période de crise .

   En 2012, il va réitérer la manoeuvre , sauf que, conscient que cela ne suffira pas, car les gens sentiront  "le réchauffé" , il ajoute à sa stratégie du miroir et du soupçon , " les pauvres " ! Pour Sarkozy , les pauvres ce sont  d'abord " les assistés" . Ce sont ces personnes, ces familles qui survivent grâce à l'aide  publique et dont il sera facile de dire qu'ils vivent " aux crochets " de la collectivité , de ceux qui travaillent . 

   Tordons le coup tout de suite à une idée reçue . La France n'est pas si généreuse que cela avec ses " citoyens trés pauvres", Elle leur consacre 31 % de la somme globale des prestations sociales , la Grande Bretagne et l'Irlande font mieux, l'Allemagne et les Pays Bas plus du double, Finlande et Danemark font cinq fois mieux . Redisons aussi que c'est un mensonge que de faire croire que  les revenus de l'aide sociale pourraient dépasser parfois les revenus du travail .

   Précisons encore que la moitié des chômeurs inscrits à Pôle Emploi ne touchent aucune indemnisation . 

   Et il y aurait beaucoup à dire sur la manière dont les jeunes de moins de vingt-cinq ans sont exclus du RSA et donc restent à la charge de leur famille , déjà empêtrée dans les plus grandes difficultés .


   Mais revenons à la stratégie de celui qui a ramené la morale politique à la valeur d'une " Rolex " .

   Il a perdu beaucoup de crédibilité dans son propre camp . Il faut donc ressouder le bloc de droite , le noyau dur de son électorat , celui pour qui parler des pauvres avec compassion , c'est déjà du Communisme . Celui pour qui le mot " partager" est déjà menaçant .

   Pas de problème , on affiche quatre Valeurs " fourre tout " et le tour est joué , tout cela dans le fort complaisant Figaro Magazine de samedi dernier .

    " Travail, Famille, Education , Laïcité !" Du Grand Art , reconnaissons -le !

   Travail et Famille : faisons un bout de chemin vers Vichy !  Le travail pour annoncer que les vrais Français sont ceux qui travaillent ! La famille , pour prévenir que les homosexuels et leurs revendications , l'euthanasie, l'interruption volontaire de grossesse ne font pas partie de nos valeurs chrétiennes .

   Et puis admirez l'entourloupe : L'Education ! Vous pensez, vous l'école publique ! Candides que vous êtes! L'école , il l'a cassée . L'Education , c'est en contre-point , tout ce que les familles d' assistés ne font plus , tout ce que ces enseignants soixante-huitards ne font plus , c'est le laxisme dans ces familles bobos qui soutiennent l'autre candidat, c'est tout ce dans quoi il va remettre de l'ordre .

   Et la Laïcité ? Vous n'en croyez pas vos yeux ! Pensez au miroir . Sa Laïcité , à lui, c'est celle qui doit combattre l'Islam .

   Et Mme Boutin, Démocrate Chrétienne , mais plus Intégriste que Démocrate , plonge dans le bouillon !

   Ah! encore un mot ! Aurait-il oublié la Patrie ? Réfléchissons ! Au moment où tous ses amis font la queue dans les halls des banques suisses, au cas où l'autre serait élu , il n'est peut-être pas trop pertinent d'évoquer la Patrie .

   Voilà , le socle trés réactionnaire, pour ne pas dire plus,  de sa majorité est rassuré .

 

   Il faut maintenant élargir l'assiette électorale aux ouvriers et employés . Pour l'immigration et les étrangers, sujet trés sensible pour les couches populaires qui travaillent,  son " mercenaire" Guéant assure parfaitement le " job".

   Il va continuer .

   Mais Marine Le Pen maraude aussi sur ces terres là . Alors il faut attirer les ouvriers et les employés , par un autre reflet du miroir . 

   Et l'on part d'un constat assez ancien et connu concernant l'attitude des étrangers intégrés de longue date, ou des Français récemment naturalisés. Ils sont souvent plus xénophobes que la moyenne des gens , car trés proches encore des étrangers récents , ils ont peur d'être assimilés à eux , et donc en rajoutent dans l'expression de leur identité française .

   Voilà le dernier" ressort" que Sarkozy va exploiter. Les travailleurs pauvres ne veulent pas être assimilés aux chômeurs , les travailleurs pauvres ne veulent pas être assimilés à des "assistés", par fierté , parfois , par peur de se voir dans cet état dans le futur , par peur de l'image de déclassement .

   Il faut savoir qu' un tiers des personnes accessibles au RSA socle , n'en font pas la demande , par ignorance des procédures parfois , par fierté souvent .

   On va donc mitrailler " les assistés " . La guerre aux pauvres est déclarée car il faut alimenter ce " ressentiment" anti-assistanat, et la peur de tomber dans la précarité .

 

   Précision : la guerre est déclarée depuis des mois . Le candidat qui ne savait pas s'il voulait être candidat , mais qui pourrait bien l'être ce soir,  en tout cas qui le sera demain, avait lancé ses troupes depuis un bon bout de temps. 

   Cela a commencé avec le trés social ministre Laurent Wauqiez qui veut imposer des travaux d'intérêt général aux titulaires du RSA , limiter l'ensemble des aides reçues par une famille à 75% du SMIC , et réserver les logements sociaux à ceux qui travaillent . 

   Certains députés UMP ont même proposé de réserver le minimum vieillesse aux seuls Français : c'est exactement le programme de Mme Le Pen .

   Des réformes plus restrictives de l'assurance chômage sont mises en oeuvre et précipitent de plus en plus d'ex-chômeurs dans l'assistanat .

   Soyons assurés que dans les semaines qui viennent les propositions meurtrières vont fleurir .

   Tenez ! Rien que ce matin , par une étrange coïncidence , alors que le Président va annoncer sa candidature, l'Observatoire National de la Délinquance  publie un rapport, du jamais vu, fort curieux et même trés ambigü , sur l'origine des délinquants .

   Les étrangers sont plus nombreux dans les affaires de vol sans violence , par contre les Français sont plus nombreux dans les affaires où il y a violences physiques . Qu'est-ce qui pourrit notre quotidien ?

 

   Disons-le crûment :  la Sarkozie , c'est un cloaque où les affidés du" Grand Timonier" font mijoter les plus bas sentiments .

   L'assistanat ne produit que "désarroi et humiliation" et N. Sarkozy y ajoute comme ingrédients , rancoeur , "aigreur" et ressentiment .

 

 

   NOTE :(1) . Texte  inspiré par l'article de Mathieu Magnaudeix , du 14/02/2012 sur le site de Mediapart.fr

 

  

   

 

   

   

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Published by regain2012 - dans Politique
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 13:53

"L'autre est un miroir dans lequel je me reflète . Et ce que je vois et décris , ce que j'enregistre dans ma mémoire, c'est le reflet du miroir, c'est à dire moi ! Pas l'autre ."  ( L'effet miroir est un concept de psychologie et de psychanalyse inventé par Carl Gustav Young, disciple de Freud .)

   Celui qui manie l'effet miroir sait que c'est moi qui me projette dans ce que j'observe , il m'envoie donc des reflets d'un objet, positifs , valorisant ma propre estime , afin que j'y adhère .

   Illustration : ( archiexpo.fr )

 

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   N. Sarkozy et ses communicants sont des experts dans l'utilisation de l'effet miroir . je veux dire que quand ils s'attaquent à un groupe social , aux protections de ce groupe , ils ne nous montrent pas le groupe agressé , ils n'argumentent pas sur les mécanismes de démantèlement des liens qui unissent le groupe . Ils nous présentent , au contraire, en reflet, un autre groupe, décrit comme antagoniste , et qui va bénéficier d'avantages , d'améliorations, voire de protections  jugées nécessaires .

   Nous projetons nos illusions plus facilement sur le groupe en apparence  bénéficiaire que sur le groupe menacé .

   J'ai sélectionné douze exemples de ces mesures"sarkozystes", " en miroir .

 

   1. Les étrangers en situation illégale qu'il faut expulser : il s'agit de protéger les étrangers en situation régulière , qui ont droit à un logement décent, par exemple .

   2. Il y a trop de  chômeurs profiteurs : on facilite le recours aux heures supplémentaires défiscalisées, pour les actifs . C'est la défense du pouvoir d'achat .( Tant pis si cela accroît le chômage .)

   3. Il faut réduire le nombre d'assistés qui pèsent sur les comptes publics : on nous présente l'injustice qui pèse sur ceux qui côtisent .

   4. Les fonctionnaires coûtent trop cher à la nation, il faut supprimer des postes : on prétend que l'on se préoccupe en priorité des travailleurs exposés à la compétition , à la mondialisation .

   5. L'instituteur fait partie de ces fonctionnaires : on affirme qu'il ne poura jamais concurrencer le curé ou le pasteur , en matière d'éducation.

   6. Les fraudeurs aux prestations sociales doivent être pourchassés : il s'agit de défendre ceux qui travaillent et que ces fraudeurs volent .( Mais la corruption en col blanc n'est jamais évoquée .)

   7. Il y a 8 millions de gens mal logés en France , il faudrait bloquer le prix des loyers : pensez aux propriétaires qui doivent vivre des loyers qu'ils encaissent ; ces propriétaires humanistes  qui logent déjà beaucoup de monde. 

   8. Les retraités privilégiés doivent travailler plus longtemps : c'est du bon sens , il faut protéger la future retraite de nos jeunes . Tant pis si on travaille plus longtemps malade !

   9. La Justice ne fait pas son travail , les juges sont laxistes , il faut mettre la justice sous le joug du pouvoir exécutif : on nous abreuve d'images et de reportages sur les victimes ; le Président est le Président des victimes .

   10. Au jeune, prisonnier de sa banlieue, bloqué par la pénurie de transports urbains , mais que l'on assimile à un dealer ou à un paresseux : on oppose la jolie image du fils de bobo , entreprenant , qui voyage en Europe , pour s'ouvrir à la vie, dans un de ces " magnifiques" dispositifs Erasmus .

   11. Au Grec inconséquent , jouisseur, qui crève sous les plans d'austérité : on oppose la quintessence de la réussite moderne, l'Allemand, travailleur, rigoureux, discipliné .

   12. En un mot , on  oppose , à la raison , socle de la construction d'une société basée sur l'intérêt général , selon Rousseau , l'émotion , les passions , sources de tous les conflits , de toutes les incompréhensions , de tous les replis . A l'intérêt général , l'intérêt particulier .

   Fasciné par le reflet que me renvoie le miroir, je m'identifie à mon voisin , ce travailleur immigré, en situation régulière,  si discret et soumis ; je m'identifie à ce bon  Français qui se lève tôt et est en règle avec les impôts ; je m'identifie au curé de la paroisse si attentif à ses ouailles - surtout pas à l'instituteur soixante-huitard- ; je m'identifie à ces parents qui ont perdu leur enfant et je hurle pour le retour à la peine de mort ; je m'identifie aux parents bobos qui ont des enfants si charmants ; je m'identifie à l'ouvrier allemand si vaillant...

 

   Ce qui est trés grave dans cette manipulation des mentalités , c'est que" l'effet miroir"n'est pas qu'une technique.   En jouer et en abuser fait des dégâts . Jouer de la réalité et de son reflet, du dit et du non-dit , dire et ne pas faire, faire sans dire, tant de confusion  nous fait entrer dans une nouvelle société , la société du soupçon . La société du soupçon provoque une sorte de chaos communicationnel , qui rend trés  relatifs valeurs et droits .

   Instaurer le soupçon sur la religion , la morale , la culture, l'économie puis la politique, conduit,  je l'ai déjà dit, au totalitarisme . 

   Et si je devais qualifier le quinquennat finissant , d'un seul mot , je dirais qu'il aura été le quinquennat du soupçon .

 

   

   

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Published by regain2012 - dans Société
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 14:26

Le sociologue et économiste américain  Thorstein Veblen,( 1857-1929 ), dans son ouvrage : "Théorie de la classe de loisir" ,  nous aide à mieux comprendre le fonctionnement de la société capitaliste grâce à deux  concepts : " la consommation ostentatoire " et  " le sabotage industriel ."

   Il démontre que la fin de la société capitaliste n'est pas de procurer les produits nécessaires à la vie de la population, mais de maintenir le taux de profit de la fortune et le pouvoir social qui s'attache à la rareté de la richesse .

   ( Illustration : archives-lepost;huffingtonpost.fr )

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   Hier nous avons insisté sur les mécanismes de mise en place de la " rareté " afin de préserver les hauts rendements du capital . Aujourd'hui , nous voulons aborder ce même  fonctionnement à partir de l'organisation de la consommation . Vous l'avez compris, notre conviction est que dans le système capitaliste rien n'est laissé au hasard, tout est pensé et organisé . Les thuriféraires de la liberté des marchés , et du laisser-faire se moquent tout simplement de nous .

   Dans son livre : " Théorie de la classe de loisir", ( comprendre : classe semi oisive des possédants ) ,  Veblen , qui n'est pas un marxiste , décrit le rôle important que joue dans les relations sociales l'ostentation de la richesse et le pouvoir économique dans le contrôle social . Il nous invite à regarder comment le système utilise les ressorts psychologiques , le désir de posséder,  l'âme humaine pour mieux l'asservir .

   Quel est son principe ?

   Le rôle joué par la " consommation ostentatoire" dans le contrôle social est de permettre à la classe oisive de s'assurer l'adhésion des classes inférieures par la création de valeurs morales et sociales tout à fait artificielles, voire dégradées .  

   Cela se passe ainsi : la classe fortunée en montrant de façon ostentatoire ses comportements, à travers surtout sa consommation , instille dans l'esprit des classes inférieures les normes de ce qui est acceptable, convenable, respectable . 

   C'est exactement le rôle attribué aux peoples , aux élites, à la société du spectacle , qui n'est pas un avatar d'une société décadente, mais une construction sociale délibérée pour une fin trés précise . Pour cela sont mobilisés tous les médias, tuotes les sociétés de publicité et de marketting ,  toutes les idoles, sportives ou du showbizz, ou des affaires .

   A travers l'exhibitionnisme de ces" stars préfabriquées", la description dégoulinante de leur fortune, de leur mode de vie , de leurs travers parfois,  s'installe insidieusement la soumission , dans l'esprit des gens .

   Cette soumission se renforce par le phénomène de " mimétisme" qui pousse les individus-consommateurs" à vouloir imiter les modes de consommation de leurs idoles , c'est le phénomène " fans", les modes de consommation de la classe oisive .

   La soumission se traduit ainsi par un changement de comportement des individus . Ils ne se posent plus la question , est-ce que cela est juste ou injuste ?  Leur préoccupation principale devient : comment puis-je devenir riche et rejoindre le mode de vie de la classe oisive , de mes idoles ?

   Les crédits à la consommation font partie du processus .

 

   Et puis vient le piège !

   Les possibilités d'accéder à cette classe oisive sont strictement limitées du fait que le critère d'appartenance à la classe supérieure est la capacité à consommer à des niveaux bien supérieurs aux possibilités de la moyenne des consommateurs . 

   Et il faut que cet écart reste grand , donc il faut que les classes inférieures ne parviennent jamais à imiter complètement la classe oisive car il faut maintenir " la différence de rang social et l'ordre de la société " , c'est à dire une répartition de la forfune inégalitaire .

   A ce stade , nous retrouvons le mécanisme de la rareté organisée , de la pénurie , pour que l'ordre des choses ne soit pas bouleversé . La pénurie maintient les prix élevés pour préserver les  profits, tout en ne privant pas les plus aisés de l'assouvissement de leurs besoins , puisqu'ils en ont les moyens .

   J'avais toujours pensé que l'étalage des richesses de quelques-uns était une erreur stratégique des classes dirigeantes , créant l'envie et la colère des démunis , et que ce phénomène pouvait conduire à la contestation du système . La lecture de Veblen m'a montré qu'il ne fallait jamais sous-estimer l'adversaire .

 

   Sommes-nous si loin du problème de la dette et de la campagne électorale ? Je ne crois pas !

   Ces trente dernières années ont vu l'expansion d'une société de création de richesse par la consommation , appuyée sur la facilité accordée au crédit , le profit provenant de la création de produits financiers nouveaux et trés rémunérateurs . Cependant , les rentes apportées par les produits pétroliers à certains pays, les réussites des pays émergents , et le crédit facile ont provoqué une surabondance de liquidités dans les circuits financiers et économiques qui ont fait baisser drastiquement le rapport de l'argent - au niveau macro-économique- nous sommes donc entrés dans une phase de rareté organisée : il faut éponger ce trop plein de liquidités pour revenir à une rentabilité telle que la veulent les financiers .

   Le problème actuel n'est donc pas la dette des Etats . Le problème est de faire disparaître ce trop-plein, mais les financiers ne vont pas jeter au feu leurs avoirs ; on retire des circuits le trop d'argent en le prenant au plus grand nombre : c'est le rôle  des plans d'austérité, de l'encadrement du crédit , du chômage de masse , de la pauvreté organisée .

   Les investisseurs ne sont pas gênés par la dette des Etats, elle leur rapporte des intérêts sûrs et réguliers . Leur souci c'est le rapport de leur capital .

   C'est pourquoi , le débat des présidentielles est biaisé ; les programmes des trois candidats du système , basés sur la soi-disant réduction de la dette, participent de fait du processus du  "grand  rabotage" des liquidités .

   C'est pourquoi je conclus avec John Maynard Keynes : "La richesse est la vraie cause de la pauvreté ."

 

   NOTE : d'aprés l'article de Charles M.A. Clark , " Richesse et rareté ", sur le site : contreinfo.info/article.php3?id_article=2867

 

 


   

   

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 14:14

" L'accroissement de la richesse n'est pas du tout la même chose que la réduction de la pauvreté ." ( Joan Robinson .1972. Economiste Britannique de l'Ecole de Cambridge .)

   " La richesse ne reste une richesse que si sa rareté est maintenue et si la majorité est exclue de sa possession et de son contrôle ." ( Charles A. M. Clark . Professeur d'économie à l'Université catholique St John , USA .)

  ( Illustration : nato.int )

 

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   Il est un ressort de la mécanique capitaliste dont" les économistes mercenaires télévisuels" ne parlent jamais : " La rareté " !  

   Le premier grand idéologue de la théorie libérale de l'économie, l'Anglais Adam Smith ,( XVIIIe s.),  est trés clair : la richesse doit être largement partagée ." Aucune société ne peut être assurée de la prospérité et du bonheur, lorsque la plus grande partie de ses membres sont pauvres et misérables ." ( La richesse des Nations .) Smith pensait que l'intérêt général l'emporterait sur les égoïsmes, que l'individu a besoin des autres, introduisant la notion de sympathie dans son discours,  et que la société d'abondance irriguerait, des richesses créées par le système capitaliste, toutes les strates du corps social .

   Il ne pouvait imaginer que plus tard , vers la fin du XIXe siècle, des disciples moins humanistes, les économistes néo-classiques ou " marginalistes",  corrigeraient ses analyses en introduisant un concept qui allait donner toute sa mesure au système : la rareté .

   On dit que Karl Marx passa une partie de sa vie à élucider ce qu'il appelait " la théorie du manque " et que c'est quand il eut défini le concept de " plus-value", pierre angulaire de sa doctrine, qu'il comprit qu à  ce premier concept s'adossaient deux autres notions : rareté et accumulation capitaliste  .

   Nous n'évoquons pas ici, la rareté naturelle , rareté des ressources naturelles, rareté de l'eau de la terre, rareté des relations sociales, rareté des bons sentiments, mais une construction économique et sociale , qui agit sur l'activité de production pour la réguler afin de préserver l'accumulation des profits : " la rareté organisée " .

 

   Comment cela marche-t-il ?

   L'accumulation des profits se fait dés la fabrication d'un bien, par la production d'une plus-value sur ce bien . Pour fabriquer ce bien, le capitaliste achète à un ouvrier sa force de travail , et la paie au prix du renouvellement de cette force de travail : la nourriture, l'habillement, le logement et le maintien de la famille de l'ouvrier . Si cet ouvrier peut vivre, à minima, avec quatre heures de travail, et s'il m'en donne huit, la plus-value du capitaliste correspondra à la valeur des quatre heures que je lui fais faire sans les lui payer , moins le coût de la matière première et les taxes .

   C'est ce mécanisme  qui crée le profit . Et c'est ce mécanisme qui engendre la nécessité d'organiser la rareté . 

   L'abondance des produits sur le marché fait baisser  la valeur d'échange du produit, donc la plus- value, donc le profit . Organiser la rareté, créer le manque,  est une nécessité .

 

   Nous sommes au coeur de la contradiction fondamentale du système capitaliste. J'insiste, ici,  sur un aspect de mon discours .  Je revendique le retour au vrai vocabulaire de l' économie politique, capitalisme, accumulation, profit ,plus-value,  c'est le seul moyen de comprendre les manipulations, les mensonges  auxquels nous sommes soumis . Les termes de libéralisme, de néo-libéralisme, de finance folle , n'ont servi qu'à enfumer nos esprits .

   La contradiction du système est la suivante : il faut produire pour générer de la plus-value, il faut vendre pour la réaliser, donc il faut créer des besoins, mais à un moment il faudra mettre une barrière à l'assouvissement de ces  besoins par le plus grand nombre .

   L'homme est un être de désirs . Pour l' économie capitaliste il faut transformer ces désirs en besoins . Et là, tous les progrés scientifiques et technologiques servent puissamment cette démarche. Les progrés des sciences humaines, la connaissance subtile de la psychologie humaine, les manipulaions  sur les instincts primitifs, l'exploitation des réflexes mimétiques , sont autant d'armes à la disposition du capitaliste pour nous accrocher.

   L'organisation de la rareté ne peut être un phénomène spontané . Là encore le système a ses outils . La concentration des forces de production en trés grandes entreprises, en sociétés  transnationales plus puissantes que certains Etats , les réseaux d'experts , les organisations internationales , ( OMC, Banque Mondiale, FMI, Davos, Bourse de Chicago sur les matières premières, Conseil des gouverneurs de banques centrales à Bâle...), autant d'institutions à même de programmer une rareté, à tout instant .

 

   Cette approche du système par la rareté a l'avantage de nous faire comprendre tous les autres comportements du capitaliste . Le chômage de masse est un outil de l'organisation de la rareté : la rareté de l'emploi. Les concentrations capitalistes , capables d'imposer leur volonté aux Etats en sont un autre . Les transferts de charges sociales vers l'ensemble d'une population, qui vont augmenter la plus value, participent du phénomène. La réduction des investissements productifs, usines, automatisation , sont aussi des moyens de créer de la rareté . Ce phénomène est intéressant à observer: il fait partie du débat des élections présidentielles , chez nous ,sous le vocable de désindustrialisation . La désindustrialisation de notre pays,  ce n'est pas la faute des chinois, c'est la mise en oeuvre du principe de rareté , par la réduction des investissements .

   J.M. Harribey dont un article a inspiré ce texte, professeur à l'Université Montesquieu de Bordeaux et ancien Président d'ATTAC , appelle ce système : " L'économie économe ."

   Les thuriféraires du capitalisme jouent trés bien leur partition . En assimilant, dans leur discours envers le public , la course à l'accumulation des profits sans fin, à une pseudo production de masse , entendez d'abondance, ils  cachent une réalité tout autre :" la richesse n'est pas directement liée à la production de biens et de services, puisqu'elle n'est liée qu'à la rareté d'un bien , donc elle n'est pas liée non plus à l'amélioration du bien-être de toute la population, et en particulier des plus pauvres " , condamne Charles M.A.Clark .

 

   La quête de l'abondance ce ne peut pas être l'entretien de la rareté . Le vrai visage du capitalisme est tout entier dans cette contradiction !

 

   (1).J. M. Harribey .

   

   

 

   

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 16:50

   "De nos jours le savoir sous toutes ses formes joue un rôle capital dans le fonctionnement de l'économie . Les nations qui exploitent et gèrent efficacement leur capital de connaissances sont celles qui affichent les meilleures performances . Les entreprises qui possèdent plus de connaissances obtiennent systématiquement de meilleurs résultats . Les personnes les plus instruites s'adjugent les emplois les mieux rémunéré ." ( Rapport de l'OCDE, 1996 : Technologie, productivité et création d'emplois . (Cité par" Le Monde actuel ", 2000, Gallimard ,Questions éconoiques et sociales .)

  ( Illustration : linter.over-blog.com )

 

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   Essayons un peu d'aborder les fondamentaux du système capitaliste, autrement que par l'approche purement financiére , par exemple par l' approche historico-économique . Aprés le stade du  capitalisme marchand des XVVIIe et XVIIIe siécles, aprés le stade du capitalisme industriel du XIXe et de la première moitié du XXe siècle , selon la vision de fernand Braudel , dans quel stade du capitalisme sommes-nous entrés au début des années 1980, et pour le XXIe siècle ?

   Un colloque, Paris I/ CNRS de 1999 , a dégagé la définition de " capitalisme cognitif" , capitalisme du savoir , de la connaissance .( Cité par Le Monde actuel, 2000 , Questions économiques et sociales . Article du journaliste Antoine Reverchon .)

   Le système capitaliste , qu'on tourne ou retourne la chose dans tous les sens , reste à la base un système d'accumulation de capital . Quels seraient, aujourd'hui les ressorts de cette accumulation ?

   Les historiens de l'économie nous disent : la connaissance , à travers " la dématérialisation des biens produits comme dans celle des facteurs de production ." ( A. Reverchon .)

   Nous sommes passés de l'époque où nous achetions des produits manufacturés pour les utiliser, les user , les consommer , à une époque où nous achetons davantage des services :  loisirs , sports , spectacles ,  et quand nous faisons l'acquisition de produits matériels : téléviseurs , jeux vidéos , ordinateurs, tablettes , ce n'est plus en tant que produits à consommer mais outils pour les services qu'ils vont nous rendre et pour l'exploitation que nous allons en tirer .

   Dit autrement , pour les prolongements que nous allons donner au produit , par l'intervention de notre intelligence, de nos savoirs , pour des compléments ludiques, culturels , artistiques ou carrément professionnels , en l'occurrence , l'ordinateur et toutes ses utilisations .

   Cette vision fait dire aux historiens de l'économie que l'on est entrés dans la société de production de biens immatériels .

   Comprenons bien ; La valeur d'un produit , dans le système capitaliste , est sa valeur marchande , faite du travail incorporé , de l'impôt et de la plus-value recherchée par le capitaliste . Dans la société de l' immatérialité , s'ajoutent  à ces bases dont la valeur se réduit par l'automatisation , les nouvelles valeurs des services qui sont attachés à la production de ces nouveaux biens : " disponibilité  et autonomie des salariés, maintenance , évidente en informatique , financement, aidé ou non, investissement initial, logistique ,gestion des stocks, logicels créés par l'entreprise ou pas , politique de la qualité, conception dans les propres bureaux d'études de l'entreprise ou externalisée , productivité évaluée et mise en oeuvre suivant  des programmes conçus par des sociologues "maison" ou des cabinets de consultants extérieurs, marketting et publicité .

 

   On le voit bien , la part de services immatériels , de données dépendantes de l'intelligence et de la connaissance , tend à s'imposer comme essentielle . Pour autant , la fabrication du produit  que je qualifierai de "nodale" , demeure et ne peut être évacuée .

   Et une fois cela dit, deux considérations s'imposent à nous ! 

 

   Est-ce que cette nouvelle donne dans l'élaboration d'un produit, ce besoin plus grand d'intelligence , change quelque chose à la nature même du système capitaliste , porteur de tensions, conflictuel , ennemi de la dignité humaine ?

   Evidemment pas ! La fabrication "nodale" est délocalisée dans des pays émergents et reste porteuse de l'exploitation déjà connue ; et dans le pays  qui se charge de la création de plus-value , elle engendre le chômage de masse et la pression sur les salaires et la couverture sociale .

   Dans la relation duelle, patron-salarié , y a-t-il une modification du rapport de subordination entre les deux ? Aucune , et je suis tenté de dire, cette relation est encore plus dure pour le salarié .

   A ce salarié on dit : soyez plus autonome , plus responsable , prenez des initiatives que votre niveau de compétences vous aotorise de prendre .

   Mais la vérité est tout autre . Les vraies consignes sont les suivantes : "soyez autonome , parce que je le veux ! Innovez mais selon les règles de l'entreprise ! Décidez, mais sans faire prendre de risques à l'entreprise !" ( A. Reverchon.)

   Le salarié, armé  d'une formation initiale longue et de qualité , enrichie par" une formation tout au long de la vie" qui lui a demandé bien d'efforts personnels , découvre vite la supercherie, à travers un salaire qui n'est pas à la hauteur de l'employabilité qu'il s'est construite , et à travers un rapport humain dans l'entreprise, qui en est presque plus humiliant que le rapport de l'ère fordiste .

   D'où ces nouvelles maladies psychiques et les taux de suicides dans l'entreprise qui explosent .

 

   On comprend mieux les slogans politiques qui disent que l'avenir d'un pays est dans la formation des jeunes, la recherche et l'innovation ! C'est vrai !

   On comprend moins bien pourquoi N.Sarkozy a saccagé l'école publique, en cinq ans .

   On se pose des questions sur le flou maintenu par le candidat socialiste sur le sujet .

 

 

   NOTE : D'aprés l'article de A. reverchon ." Le Monde actuel". Questions économiques et sociales .2000 .Gallimard .


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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 14:13

   Sous-titre : les zones grises du droit du travail .

 

   "La Commission Européenne a publié un rapport en 2003, aprés des études lancées durant l'année 2000 , sur ce qu'elle appelle "une zone grise entre le travail salarié et le travail indépendant ."  Les termes utilisés dans ce rapport sont ceux de : "travailleurs économiquement dépendants ", " travailleurs parasubordonnés" , ou " personnes pouvant s'apparenter à des travailleurs salariés ". ( D'aprés l'avant-propos au rapport , de Mme Odile Quintin , Direction Générale de " l'Emploi et des Affaires Sociales " .

  ( Illustration : meyroune.elunet.fr )


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   En 1981, la Gauche et François Mitterrand présentaient aux Français un autre modèle de Société, dont les Nationalisations étaient le coeur, mais il y avait à côté , un volet social d'une grande importance qui concernait les droits des travailleurs dans l'entreprise , la place du délégué du personnel par exemple . Aprés les élections , ces projets se traduiront dans les Lois Auroux , du nom du Ministre du travail de F.Mitterrand .

   Je suis toujours surpris, quand j'entends faire référence au mois de Mai 1981, de n'entendre jamais parler des Lois Auroux . Pourtant la notion du " Droit du Travail " avait du sens pour les ouvriers .  

 

   Aujourd'hui,"  crise aidant",  le débat se cantonne dans des exercices techniques qui lassent les ouvriers, ne leur parlent pas et donc ne les mobiliseront pas . Pourtant bien des inquiétudes seraient à nourrir à propos du Droit au travail, quant à l'évolution du " contrat de travail" , et particulièrement au sujet de la progression fulgurante de nouvelles relations sociales , baptisées par les Italiens il y a déjà quinze ans , " la parasubordination" ,dans une loi de 1998 , et que le journaliste  Alain Lebaube qualifie " d'espace indécis, de véritable triangle des Bermudes où s'évanouissent tous les repères traditionnels " . ( Le Monde actuel ; J.C. Grimal ; Gallimard ; 2000 )


   A l'origine qu'est-ce que le contrat de travail ?


   Dans le modèle Fordiste , c'est à dire celui de l'ère industrielle , c'est l'acceptation d'un lien , entre deux personnes  , l'employeur et le salarié . Pendant le travail ,  le salarié se met à la disposition de l'autorité de l'employeur et exécute ses ordres ; en contrepartie de cette sujétion, l'employeur lui assure un revenu régulier , et lui procure une couverture sociale . L'employeur s'engage surtout à fournir du travail au salarié, lequel s'engage à ne pas être absent .

 

   Personne n'ignore que dans la société de l'ultra-libéralisme , de l'inégalité érigée en dogme , si la sujétion du salarié n'émeut pas le patron , il n'en va pas de même d'avoir à participer à la couverture sociale de son salarié et de ses enfants . Sous le terme , édulcoré, de coûts de production , il s'agit de dire : " je ne veux plus payer pour lui ."

   Alors , comme l'on ne peut pas attaquer de front le système social , ce qui provoquerait,  à coup sûr , de violentes réactions , on invente de nouvelles formes de relations du travail , qui vont conduire au même résultat , mais plus lentement et insidieusement .

   Le processus est enclenché depuis des années . C'est le transfert des risques , par la sous-traitance , trés visible dans l'attribution des marchés publics, c'est " l'externalisation" de certains services, l'expertise comptable par exemple, l' entretien et le nettoyage, RATP ou SNCF,  les  plates-formes téléphoniques aux dysfonctionnements  desquelles nous avons été tous confrontés un jour , et enfin ces" travailleurs dépendants économiques" , qui assurent des missions d'entreprise ,  mais prennent sur eux les coûts de leur couverture sociale .

   Les réseaux d'entreprise , voulus pour optimiser les services du salarié , participent du mouvement .

   Le statut de l'auto-entrepreneur , si vanté par la nébuleuse sarkozyste , est un dispositif à classer dans cette évolution .

   Ajoutons à la liste, la multiplication de situations hors normes , ces consultants-conseils, ces conseils juridiques , ces communicants " aux confins du salariat, un pied dedans, un pied dehors , qui vivent en solitaire les contraintes de la sujétion " .( A. Lebaube ).

   Ce processus n'est pas anodin .  Il conduit à une évolution de la couverture sociale collective, solidaire, arrachée par les travailleurs au cours de tout un siècle de luttes vers une individualisation de la couverture sociale , avec à terme , la fin de la Sécurité Sociale  et  de la  Retraite par répartition  pour une explosion des profits des assurances privées , que nous n'arrêtons pas de dénoncer .

   Il a une autre finalité , tout aussi dangereuse , c'est d'isoler le travailleur et par voie de conséquence de neutraliser les luttes futures , d'empêcher les mobilisations d'autrefois .

   Soyons vigilants sur l'argumentation d'apparence ; ce serait la conséquence des nouvelles technologies , de l'informatique , de l'organisation nouvelle du travail ; le salarié accède à plus de liberté , d'autonomie , d'initiative .

   Foutaises ! Demandez à ceux qui ont choisi le télé-travail ; ils sont plus " fliqués" que jamais sur leurs ordinateurs .

   Pourquoi tout ce discours ? Parce qu'il faut sortir le débat actuel de l'ornière où Nicolas Sarkozy veut l'enliser . Sortir d'un débat d'experts-comptables et l'élever vers une réflexion de société , mobilisatrice : quel avenir pour le salariat , quel avenir pour les relations sociales , quel avenir pour les services publics , quel avenir pour une école publique que Sarkozy nous laisse exangue ?

 

 

   NOTE : L'idée de ce texte est partie de la lecture de la série :" Le monde actuel", publié par Le Monde Economie , chez Gallimard , 2000 . Titre : Questions économiques et Sociales .

   

 

   

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 14:10

   Dans l'entreprise, " je peux vous dire que la préparation du futur n'a pas toujours la place qu'elle devrait avoir . La simple observation des résultats financiers reste le critère quasi unique ." ( C.H. Le Chevalier . Consultant d'entreprise . Cité par Monde Economie. M.B. Baudet.)

 (  Illustration : stripsjournal.canalblog.com )

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   Laissons un peu de côté les spreads, CDS, subprimes, triple A , et bla, bla, bla, et posons le débat de fond . Dans les années  1980 , à la remorque des Américains et des Anglais, la France fait le choix d'une économie basée sur les services et le modèle  financièr , contre son industrie , et prépare donc les temps où l'on déchante, la crise d'aujourd'hui . Le chômage de masse chronique, ce n'est pas à cause du coût du travail, c'est parce que  nos dirigeants, droite et gauche confondus , ont décrété que le pays devait se passer de son industrie traditionnelle , car les services financiers étaient bien plus lucratifs . Exit donc notre sidérurgie , nos industries chimiques , nos houilléres, le textile la machine outil .

   Et c'est là que commence la schizophrénie de nos patrons . Je ne parle pas des artisans et petits commerçants .)

   Encore une fois, un peu d'histoire ne nous fera pas de mal . Au temps- qui n'était pas béni, non plus- du capitalisme familial , avant la seconde gerre mondiale, les patrons étaient les" faiseurs" et" défaiseurs" de la vie sociale. Grâce au cadre stable du contrat de travail à durée déterminée, ainsi qu'aux horaires établis , une fois pour toute, le patronat administrait les horaires professionnels, mais aussi l'espace civique de ses travailleurs . Les Houillères, Michelin, Peugeot, Renaud, logeaient les familles, construisaient des stades, finançaient les clubs sportifs " maison", avaient leurs propres commerces, et leurs propres écoles d'apprentis . Se faire embaucher chez Michelin, c'était se marier à Michelin pour la vie. 

   L'entreprise supervisait complètement la vie sociale .

 

   A la libération, le gouvernement d'Union nationale , nationalise, crée la Sécurité Sociale , et décide de ne pas écarter le patronat de cette dimension de gestionnaire de l'espace social , mais au nom de la justice sociale, chère au Conseil National de la Résistance, il décide que cela se fera en co-gestion avec les Syndicats .

   C'est la naissance du paritarisme . Les quatre  branches de la Sécurité Sociale seront gérées sur un mode paritaire , Syndicats-Patronat , à égalité de représentation , puisque cette solidarité est financée par les côtisations des salariés et des entreprises : branche maladie, retraites, chômage, collecte des fonds de la  formation professionnelle .

   Des sommes énormes sont en jeu , et la gestion des fonds de la formation professionnelle soulève régulièrement des interrogations .

   Le fait est que le patronat a gardé toute sa place dans la vie sociale , hors de l'usine , du pays .

 

   Mais les évolutions économiques, sociales, culturelles voire politiques sont en train de changer la donne .

   La financiarisation de l'économie , le sacrifice délibéré de notre industrie , la compétiton internationale, l'Europe, modifient considérablement  la donne sociale .

   L'affaiblissement des contrats de travail en CDI, au bénéfice des CDD , du temps partiel , du travail intérimaire, le chômage de masse, les 35 heures,  bouleversent complètement  l'organisation de la vie sociale . On n'a qu'à regarder les débats sur le travail du dimanche .

   L'évolution de la démographie , a conduit les organismes sociaux à des niveaux d'endettement insupportables, l'Etat est obligé d'intervenir pour maintenir les équilibres ; on introduit donc l'impôt  dans la gestion de la solidarité .

 

    Du coup, une partie du patronat, le regard fixé sur le coût du travail, c'est à dire le poids des charges , combat pour le passage de la solidarité à l'impôt . C'est ce qu'on appelle la fiscalisation des charges .

   Mais une autre partie de ce même patronat, devine un danger , c'est la perte de toute influence sur la vie sociale , c'est la fin de la gestion paritaire ,c'est la perte de la gestion de certains pactoles de la formation professionnelle .

   L'Etat aura la main-mise , seul, sur ces politiques . Le patronat, par égoïsme actionnarial , se marginalise , lui-même .

   Les plus intelligents de cette caste, sentent les dangers futurs, de cette marginalisation : perte d'influence et retour à la lutte des classes . C'est pourquoi, certains avaient proposé aux syndicats , en 2000 , plusieurs rounds de négociations sur le thème de " la Refondation Sociale" , mais ces discussions ont produit peu de résultats .

 

   Alors, je dis, attention ! Les propositions de Nicolas Sarkozy de dimanche dernier vont dans le sens de la fiscalisation de la solidarité  : baisse des charges, augmentation de la TVA, de la CSG , impôt qui ne porte pas son nom.

   On sait ce qu'il en est de la Dette des Etats , due aux banques, et non aux peuples . Au nom de la dette, les prestations diminueront régulièrement , on se soignera moins, mais cela fera le jeu des assurances privées. Ce refrain est bien connu .

  (Vigilance !  Monsieur Hollande flirte avec ces thèmes : faire de la CSG et de l'impôt sur le revenu, un seul impôt . C'est exactement la fiscalisation de la solidarité .)

 

   Et voilà ce qu'il en est de la schizophrénie de nos patrons : c'est ce qui explique un écho aux propositions présidentielles , assez mitigé, dans les milieux patronaux .

 

 

   NOTE : texte inspiré de l'article de Alain Lehaube . Le Monde Economie ." Le monde actuel ". Gallimard . 2000.

   



   


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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 14:29

   "C'est le peuple qui sera le juge suprême, c'est lui qui prononcera, c'est lui qui jugera, mais ce que nous lui devons, nous, aprés avoir affirmé devant lui et notre conscience, une idée, c'est de nous y tenir quels que puissent être les remous et les mouvements incertains de l'opinion, c'est d'y engager notre responsabilité personnelle . Ce sera moins dangereux que vous ne l'imaginez : les courants qu'on dit irrésistibles sont faits bien facilement de la paresse qu'on met à leur résister ."

   ( Jean Jaurès .Discours du 18 novembre 1908 . Cité dans le livre édité par le Centre et le Musée Jean Jaurès  .Exposition de septembre et octobre 1994 .)(1).

 (  Illustration : histoire.image.org )imagesCAR11NS5.jpg

 

   Je vois dans la campagne électorale actuelle des raisons , pour chacun , de désespérer, de se replier sur soi, de s'enfermer dans un égoïsme que pourtant je dénonce, tous les jours,  depuis mon premier article .

   Je pressens tous les pièges qui nous sont tendus par les " grands candidats ", et je me dis que nous sommes bien loin de l'appel de Jaurès, que j'ai mis en exergue , comme une adresse aux responsables socialistes .

 

   Le premier piège qui nous est tendu réside dans ces discours de la plus grande nudité  gestionnaire , froidement monétaires et économiques, au nom de la crise , complètement extérieure au problème français , purement spéculative  . Regardez comme on ne parle plus de spéculation , mais de compétitivité économique, de compétitivité des entreprises . Le changement sémantique n'est pas anodin . Les dérives financières, noyau dur de la crise,  sont occultées, ainsi on ne parlera plus de s'attaquer aux rouages de la spéculation ; on revient à la vieille antienne , du poids du coût du travail, du poids des charges patronnales , mais surtout pas du parasitisme des actionnaires . Glissement sémantique anodin ? Sûrement pas ! Revenir à la question des coûts , c'est à dire pour le travailleur, qui préfère la simplicité , son  salaire et ses côtisations, c'est préparer l'opinion à la nécessité de geler l'un et augmenter l'autre . Mr Hollande, sur ce point , vous vous refusez à apporter une vraie réponse.

   Les grands enjeux, l'école , la recherche , la formation n'ont droit qu'à des incantations . Mr Hollande nous ne voyons rien dans votre programme , qui puisse rappeler "les germes d'un futur meilleur" tel que les appelait de ses voeux jaurès .

 

   Un deuxième piège nous attend avec les errements catatoniques du candidat sortant . Certes reconnaissons lui une cohérence  irréfragable : le quinquennat a commencé par de superbes cadeaux financiers aux riches ; il se termine par un magnifique racket sur les pauvres, avec l'imposition de deux points de TVA supplémentaires, et l'augmentation de la CSG .

   Avec lui, nous allons avoir droit aussi au discours gestionnaire, plus clair que son concurrent : c'est aux pauvres de payer . Ajoutons-y",  les boules puantes" que son entourage va continuer à balancer, qui font partie de la stratégie d'enfumage sur les vraies solutions .

 

   Le troisième piège, pour détourner nos votes , est bien connu , il a trente ans d'âge , c'est le" Vote Utile ". Il n'y aurait que trois discours valables , à la hauteur, pensent même certains . C'est le mécanisme " du racisme de l'intelligence", dénoncé par Bourdieu et dont j'ai déjà parlé . Certains détiendraient la vérité, les autres n'ont qu'à suivre. C'est la manipulation des sondages sur le score de Marine Le Pen, contre qui on ne pourrait faire barrage qu'en votant massivement pour F. Hollande, dés le premier tour . Attention ! Là réside le danger le plus grand .

   Donnons un score de maréchal au Parti Socialiste dés le premier tour , et soyons sûrs qu'il retournera à ses vieux démons , hégémonie,impérialisme des idées, trahison des promesses, dés le lendemain .

   Au sein de la gauche, l'histoire démontre qu'il a toujours fallu  des contre-pouvoirs forts aux vieilles tentations oligarques de ce parti .

   Faisons un petit retour en arrière, sur la défaite de Jospin en 2002, qui revient dans le débat en ce moment . Est-ce bien un hasard ? Voter utile ce serait échapper à un nouveau  21 avril 2002 ? Car ces candidatures de gauche, irresponsables,  peuvent faire perdre François Hollande .

   Qu'est-ce qui a fait perdre Lionel Jospin en 2002, qui ne réunit que 16% des suffrages ?  Des erreurs, des mauvais choix politiques , l' arrogance des caciques du PS  qui croyaient la victoire acquise . Et certainement pas les autres candidatures de gauche . Je m'explique .

   L'abstention a été élevée dans les couches populaires désespérées par les socialistes . Or l'abstention favorise le Front National , c'est vérifié .

   Que disait Jospin à ces couches populaires ? " L'Etat ne peut pas tout... Mon programme n'est pas socialiste ..."

   Qu'ont fait ses Ministres des Finances, Stauss-Kahn et Fabius  ? Alléger, déjà,  les impôts des riches , libérer les " stocks options ". Et que fait son gouvernement, en fin de mandat, pour plaire à la CFDT et aux Verts ? Mettre en place" les 35 heures", dans la précipitation, dans le désordre, dans l'impréparation,  en promettant au patronat  20 Mds d'euros par an,  pour  dédommager les entreprises, que nous payons toujours . Et en ajoutant à cela une faute politique énorme , que peu de gens ont relevée : exclure les ouvriers et employés des petites entreprises de moins de vingt ouvriers de ce dispositif.

   Qui avait désespéré la classe ouvrière , en l'oubliant ?

 

   Mr Hollande , vous avez dit avoir été traumatisé par ces évènements, c'est bien ! Alors, attention , ne commettez pas les mêmes erreurs qu'en 2002 !  Pour l'instant, les ouvriers et les employés sont les oubliés de vos propositions, et votre attitude à l'égard de Bayrou est ambigüe . Bayrou, dont le vide sidéral des propositions devient "assourdissant" .

   Pour ma part , je suis convaincu que l'élection ne se gagnera à gauche que par une forte participation au scrutin et qu'elle se perdra si l'abstention est trés élevée .

   J'ai choisi comme introduction à ce blog les dernières phrases du Germinal de Zola :" La germination des siècles futurs ", qui rejoignent l'appel de Jaurès dont j'ai fait mon titre, aujourd'hui . Pourquoi ?

   Nous avons besoin d'hommes et de femmes politiques qui ne nous promettent pas que de réparer les dégâts de la Finance , mais d'hommes et de femmes qui nous proposent aussi de poser les bases d'un vrai futur .


   

   

 

   

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