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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 20:40
Les temps sont durs, vive le " MOU " !

" Je ne parle pas de politique . Je préfère jouer du concertina . C'est l'instrument de l'alternance : quand on appuie à droite, ça souffle à gauche ; quand on appuie à gauche, ça souffle à droite . Et à l'intérieur, c'est du vent " . ( Raymond Devos ) .

Les Editions " Le Cherche Midi " ont eu une heureuse idée en republiant, le 17 janvier dernier, le Manifeste de Pierre Dac, " Le Parti d'en rire, Pierre Dac Président ", sorti en 1965, pour inaugurer la création du " Mouvement Ondulatoire Unifié " ( Le MOU ), parti autour duquel l'humoriste allait construire sa candidature à la première élection présidentielle au suffrage universel .

L'actualité de ce texte est indiscutable et attestée par l'une des premières propositions qu'il comporte et qu'aucun candidat à la primaire socialiste d'aujourd'hui n'a osé reprendre : " Des mesures seront prises pour relever le Salaire Minimum avant qu'il ne tienne plus debout " . Mesure d'une grande force, s'il en est, mais nous remarquerons que le SMIC, bien malade, attend toujours d'être relevé, P. Dac n'ayant pu mener sa candidature jusqu'au bout . Des économistes empressés profitèrent de ce forfait pour imposer à la droite et à la gauche un principe dont ils ignoraient tout ce qu'il devait à la prescience de P. Dac : " Un dirigeant soucieux de faire preuve d'autorité ne doit jamais oublier que, quand ses concitoyens sont raides, ils se montrent beaucoup plus souples " . Depuis cinquante ans, les hommes politiques n'ont par contre, jamais oublié ce concept de " raideur ", là . N'est-ce pas d'ailleurs l'esprit des dernières lois sociales ? Quand les hommes n'en peuvent plus de chômer, ils avalent toutes les législations sur les boulots précaires, sous-payés et renoncent à toutes les protections sociales .

On peut avancer sans craindre de se tromper l'affirmation que P. Dac va être très présent dans la campagne présidentielle qui commence . Prenons pour exemple le fonctionnement des chaînes de télévision dites d'information continue .

P. Dac disait : " Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir  " .

BFMTV . Le deuxième débat de la primaire socialiste était précédé et suivi de tables rondes d'éditorialistes, politologues et " grands reporters " - mais si - . Il s'agissait dans un premier temps de déterminer la posture de chacun des protagonistes, en fonction de celle qu'il avait adoptée lors de l'épisode précédent . Après le débat, il importait de discuter sur la forme de chacun . Débattre du fond du débat n'était pas à l'ordre du jour . Les sondeurs apportant à la discussion une densité politique émouvante : toutes les prévisions précédentes se sont avérées erronées aussi convient-il de se dire que les résultats vont amener sans nul doute des surprises . 

Prendre un taxi pour se rendre, à travers les embouteillages parisiens, dans des studios pour n'avoir rien à dire et le dire quand même, entre deux commentaires portant sur la couleur de cravate des prétendants, qui ne disent pas grand chose et en pensent encore moins, quel vibrant hommage offert au " Sâr Rabindratah Duval " et à son compère Francis Blanche . Les dents des crânes de nos deux complices doivent claquer d'allégresse dans leur tombe . 

D'autant plus que sur la chaîne concurrente on ne rêvait que de relever l'affront de ne pas avoir été choisie pour accueillir ce débat primaire, peut-être à cause du nom de son propriétaire, " M. Bolloré ", anagramme parfait du " Boléro " sur l'air duquel les " fous du rire " chantaient l'hymne de leur parti .

La chaîne concurrente répliqua par un débat entre les porte-parole des candidats, " seconds couteaux vantant chacun le tranchant de son maître " . C'est déjà une tâche très difficile de porter la parole d'un homme politique, mais d'un homme politique qui n'a pas encore parlé, vous imaginez la gageure . Et pourtant il y a plus difficile encore . Que dire quand " il " l'a déjà dit ? Une seule chose, comme dans le sketch de " Sâr Rabindratah " , répétant F. Blanche : " Il l'a dit " . Sauf que le porte-parole adverse, très avisé, vous rétorque, à son tour, à demi-mots : " Il l'a dit " ? ... Mais nous, nous l'avions dit quand il fallait le faire " . Réplique fatale ! Quarante minutes d'un débat de perroquets, de la maltraitance caractérisée .

Quand la télévision organise le débat politique elle tient une promesse faite par le candidat P. Dac, et encore, en 1965, n'existait-il qu'une seule chaîne  : " Pas question d'élever le niveau de qualité et de bon goût du débat et de rompre avec les souverains poncifs de la médiocrité universelle " .

A quoi bon rappeler aux programmateurs d'émissions politiques cet autre conseil de l'auteur : " S'il est bon de ne rien dire avant de parler, il est encore plus utile de réfléchir avant de penser " ? Ils n'en retiendront rien . Il faut dire que leur horizon est bien bouché, au niveau que l'humoriste dépeignait ainsi : " Il vaut mieux qu'il pleuve aujourd'hui plutôt qu'un jour où il fait beau  " ... 

 

NB : à partir du billet de Guy Konopnicki dans Marianne No 1034, " Les temps sont toujours durs ... " .

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 15:06
Photo : Le Parisien.fr .

Photo : Le Parisien.fr .

" Quand le possible est improbable, le souhaitable peut, au moins psychologiquement, tenir lieu de réalité " ( Jacques Julliard , Journaliste ) .

Hier soir, lors du troisième débat de la primaire socialiste, je me suis cru au théâtre, devant une pièce de Pirandello : six personnages allaient et venaient, se croisaient, s'apostrophaient parfois, soliloquaient souvent, levaient les yeux au ciel à certains moments, chacun visiblement pris dans son histoire personnelle et tous en quête d'un auteur qui à l'évidence n'était pas là .

J'en écarte un, d'emblée, un tantinet illuminé, qui visiblement n'a besoin de personne pour se raconter et qui nous fait sourire quand il annonce les premières mesures qu'il prendra, dès son arrivée à l'Elysée .

Mais ces six comédiens jouaient-ils la même pièce dans la mesure où les trois acteurs principaux du drame étaient absents : F. Hollande au centre, J.L. Mélenchon à gauche et E. Macron à droite ? C'est donc bien à un véritable théâtre d'ombres que la "Belle Alliance Populaire " nous conviait, hier soir, sur le service public dans la mesure où, jusqu'à ces derniers jours, le vainqueur de cette consultation ne se voit crédité que de la 5e place au premier tour de l'élection présidentielle du printemps prochain, après M. Le Pen, F. Fillon, E. Macron et J.L. Mélenchon .

Un classement aussi piteux explique l'atmosphère irréelle qui entoure la désignation du candidat socialiste dont les chances de parvenir à l'Elysée sont nulles .  

Cependant, la primaire n'est pas totalement dénuée d'intérêt . Les deux favoris - Manuel Valls et Benoît Hamon - y ont dessiné deux lignes qui annoncent une nouvelle répartition des rôles pour l'après présidentielle .

La première, incarnée par Manuel Valls, qui considère que le PS doit rester un parti de gouvernement, posture qui est la sienne depuis F. Mitterrand et assumer pleinement l'ensemble des questions qui se posent à la France, mondialisation, prédominance de la finance, diktats européens, volonté qui limite singulièrement les marges de manoeuvre .

L'autre, portée par Benoît Hamon, se veut en opposition à la précédente, se pare de certains atours utopistes - c'est le cas avec la proposition de revenu universel, l'ouverture sans beaucoup de limites à l'immigration, une certaine indulgence envers le communautarisme ou encore la légalisation du cannabis - sans pour autant inviter à une quelconque révolution, ce doit être clair . Ce faisant, on s'affranchit des deux conditions exigées par la posture précédente : une alliance majoritaire au sein du peuple entre classes populaires et classes moyennes et le financement des projets . Remarquons que B. Hamon n'a pu apporter aucune réponse au financement du revenu universel .

Benoît Hamon négocie un virage périlleux : quand on n'a plus les moyens d'agir on conserve toujours les moyens de rêver . Et si dimanche, c'était cette ligne utopique qui l'emportait, on peut être assuré que cela signifierait que le Parti Socialiste se mettrait en vacances de la politique et peut être du réel .

Ne soyons pas aveugles, n'est-ce pas ce que désirent ces classes moyennes supérieures et classes supérieures diplômées, présentes encore au sein de la clientèle socialiste, qui n'ont rien à craindre de la mondialisation, et qui peuvent trouver même quelques avantages aux politiques proposées par F. Fillon, en matière d'impôt particulièrement ? 

Une nouvelle répartition des rôles : aux progressistes, le rêve, aux conservateurs la réalité ? Cela dit, est-ce si nouveau que cela ?

Il y a donc deux façons de regarder la primaire socialiste . On peut y voir une sorte de " tournoi ", dans la grande tradition médiévale, de " guerre symbolique " et désintéressée dont l'enjeu n'est que de désigner un futur vaincu, perspective peu grisante . Mais on peut estimer aussi que le PS est à la croisée des chemins, écartelé entre une dégénérescence " bobo " et une dégénérescence " austéritaire ", écartèlement dont la sanction pourrait être la scission du parti d'Epinay assortie d'un double reclassement . Et, à ce stade, j'ose une prédiction : la partie dite de gauche du PS, la plus bourgeoise, irait rejoindre les troupes de Mélenchon - l'essentiel des classes populaires ayant rejoint Marine Le Pen depuis longtemps - , la partie de droite du PS, plus populaire, allant rejoindre les troupes d'un centrisme revu et corrigé par l'expédition Macron, pour en faire un parti démocrate à l'américaine .

Et à la clé de ces reclassements, l'assurance d'une droite au pouvoir pour vingt ans !

 

NB : d'après le billet de Jacques Julliard, dans Marianne, " Utopie et social-démocratie ", No 1034, du 20 janvier 2017 .

 

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 14:21
Photo tempsreel.nouvelobs.com

Photo tempsreel.nouvelobs.com

" Nous allons vivre une présidentielle particulière où l'on jouera à l'aveugle " ( J. Ch. Cambadélis, Premier secrétaire du PS ) .

J.Ch. Cambadélis s'affole un peu trop vite . Le dernier essai ( Insoumissions, Portrait de la France qui vient , chez Seuil ) de son ami Thierry Pech, directeur général de la Fondation " Terra Nova " - la boîte à idées du PS - ne pourrait-il l'éclairer un peu ?

" La France qui vient ", explique l'essayiste, est en train de naître, sous nos yeux, à partir de l'expression de trois " insoumissions " : dans la sphère du travail, dans celle de la consommation et enfin dans celle de la démocratie . Les figures les plus positives de la société contemporaine, vues par T. Pech, sont donc celles de l'autoentrepreneur et des " slashers " - ces gens qui cumulent plusieurs jobs -, celles des " contre-consommateurs ", ces gens qui veulent consommer intelligemment et celles des audacieux en matière de " démocratie délibérative " en lieu et place de la " démocratie représentative " .

Nous voilà donc placés devant un corpus d'idées parfaitement clair et immédiatement exploitable : la classe politique a en face d'elle " des individus qui se regardent de plus en plus comme des entrepreneurs d'eux-mêmes - l'avenir appartient à ceux qui ont confiance en lui - et d'abord dans les catégories les plus qualifiées " . Là, réside la force phénoménale qui va permettre de " faire surgir immanquablement  les formes de la société de demain ", dans ce désir de chacun " d'écrire sa vie ", de " s'accomplir soi-même " . C'est beau comme du Verlaine !

 Les forces objectives d'un capitalisme en demande de davantage de profits, de plus de flexibilité et de mobilité de l'emploi pour ce faire, de réduction du pouvoir d'achat et des protections sociales, sont oubliées dans la réflexion " terranovienne " . Sûrement par volonté de clarté .

 Une seule question prévaut aujourd'hui : " Quelle politique sociale pour des temps libéraux ? " Mais poser la question ainsi, c'est y répondre : " Le droit du travail, hérité de la civilisation de l'usine, d'un salariat rassemblé, ignore un certain nombre d'autres actifs, tels les indépendants, les artisans, les agriculteurs ... Il faut refondre ce droit du travail en un nouveau droit, " le droit à l'activité professionnelle " , un droit qui engloberait tous les actifs et les protégerait à proportion inverse de leur degré d'autonomie ... " La voilà, la révolution authentique, versus " Terra Nova " .

On prend acte des évolutions de l'individualisme et des attentes sociales qui se cristallisent, aujourd'hui, en un besoin grandissant " d'autonomie ", le maître mot  - en mettant de côté le rôle majeur de la propagande des classes dominantes dans ces évolutions - et l'on décrète, un nouvel ordre social extraordinairement " tarabiscoté " :

" Vous êtes très autonome, très qualifié, votre besoin de protection est sans doute très inférieur à celui d'un salarié ou d'un autoentrepreneur très peu qualifié ", on vous protège moins, mais en contrepartie, vous participerez beaucoup moins à la solidarité et l'on réduit vos cotisations sociales .

Vous me suivez, toujours ? Ou plutôt, suivez-vous bien, Monsieur Pech ? Si c'est le cas, posons lui la question suivante : ces gens autonomes, qualifiés, éduqués se trouvent essentiellement dans les classes moyennes supérieures, et les classes supérieures, dont toutes les enquêtes démontrent que leurs dispositions à la solidarité envers les plus démunis s'affaissent chaque jour un peu plus, alors que dans les classes populaires fleurit le sentiment d'être " les poires du système " . 

En instituant, les classes privilégiées, en " acmé " de la révolution à venir, ne rejetez-vous pas, les classes populaires devenues, dans votre raisonnement réactionnaires, aux oubliettes, ne leur laissant plus le choix qu'entre le retrait de toute vie politique, par l'abstention ou pire, l'abandon dans les bras du Front National ?

La réponse de Monsieur Pech est atterrante : " L'arithmétique, résout la question ", déclare-t-il dans son essai . On ramène les classes populaires vers les urnes, en leur demandant de choisir : " Protection ou Liberté " .  Et ils seront nombreux à vouloir " s'accomplir par  eux-mêmes ", ces ouvriers, sans SMIC, sans Sécu, sans droit au chômage . Car, voyez-vous, la seule définition du socialisme qui vaille est celle du socialiste libéral italien, Carlo Rosselli :  " Le socialisme sera réalisé lorsqu'on aura fait entrer la liberté dans la vie des pauvres " . ( Pour ma part, j'en étais resté au cri du chef de file des " Enragés " à la Convention : " Un affamé n'a que faire d'un bulletin de vote " ) .

" Je suis progressiste, très simplement, car je cherche à jeter les bases d'une confiance dans l'avenir et dans l'idée que demain peut être meilleur qu'aujourd'hui ", clame Monsieur Pech, à la fin de son livre, pris par des convulsions de ses convictions parfaitement émouvantes .

 

NB : les citations sont empruntées à l'entretien accordé par Thirry Pech, à Marianne , No 1033 du 13 janvier 2017 .

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 15:22
" Genèse " : commons.wikimedia.org .

" Genèse " : commons.wikimedia.org .

" Je veux rendre toute puissante l'influence du clergé pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l'homme qu'il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l'homme : " Jouis ! "  ( Adolphe Thiers ) . Aujourd'hui : François Fillon .

(1) . Genèse, chap.3, verset 19 .

Je ne suis pas un ardent défenseur des " primaires " . Je me refuse à " amnistier " les dirigeants du PS de ce quinquennat de renoncements et de trahisons, mais je reconnais que, hier soir, lors du deuxième débat de la " primaire socialiste ", les candidats nous ont fait vivre un grand moment, lorsqu'ils ont abordé le thème de la " Laïcité " .

Suspendue entre deux attentats, l'élection présidentielle ne se jouera pas sur le " chômage " . La première préoccupation des Français est la lutte contre le terrorisme . C'est pourquoi, sur les sujets que sont la sécurité et la laïcité, les candidats " socialistes " qui veulent déjouer tous les pronostics, se doivent d'être impeccables . Et hier soir, sur la " Laïcité ", je le dis, sans ambages, ils l'ont été . En effet, et l'événement est tellement rare qu'il convient de le souligner, nous avions, hier soir, l'une des affiches les plus laïques et les plus responsables, que la Gauche européenne puisse nous offrir .

Du côté des " petits " candidats, François de Rugy et Sylvia Pinel n'ont pas failli à leurs engagements, le premier dénonçant depuis longtemps les errements des écologistes sur le sujet, la seconde, en tant qu'héritière de ces Radicaux qui furent les pères de la Loi de 1905 .

Pas de multiculturalisme béat ni d'héritier du cléricalisme, dans cette primaire ! Un vrai soulagement .

Du côté des quatre " grands ", même détermination certes, mais pas toujours la même vigilance envers l'intégrisme, convenons-en .

Manuel Valls à qui l'on reproche parfois ses choix droitiers à cause d'un certain extrémisme laïque est un élu qui s'est battu dans sa ville d'Evry pour organiser des conférences sur la laïcité, a favorisé la mixité ethnique, a refusé d'employer le terme " islamophobie " après l'attentat contre l'hebdomadaire " Charlie-Hebdo ", a soutenu la crèche " Baby Loup ", qui refusait que ses employées soient voilées, a publiquement, en tant que Premier Ministre, mis en garde l'Observatoire de la Laïcité de Jean-Louis Bianco pour son rapprochement avec le CCIF et le rappeur " Médine " ... Pourtant, le Ministre Manuel Valls se rendit au Vatican, pour assister à une cérémonie de béatification, ce que n'aurait jamais fait son modèle en politique, Clémenceau .

Vincent Peillon campe sur la même attitude de fermeté envers les religions intrusives comme en témoignent sa Charte de la Laîcité affichée dans toutes les écoles, l'introduction de l'enseignement de la morale républicaine ou encore les " ABCD de l'égalité " entre hommes et femmes . Il a combattu, en son temps, contre les conférences du " prêcheur " islamiste Tariq Ramadan . Mais, ces deux dernières années, celles de son retrait de la politique, et surtout des attentats meurtriers qui ont endeuillé le pays, il a semblé mollir, fustigeant davantage " les dérapages " au nom de la Laïcité que le recul de cette idée structurante de la république . Et il y a quelques jours seulement, sa langue a fourché, quand il a osé comparer le sort des musulmans en France au port de l'étoile jaune, par les juifs, dans les années 1940 ...

Benoît Hamon avait bien commencé quand, il y a huit ans, en tant que député européen, il avait soutenu la liberté d'expression de la député néerlandaise d'origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, condamnée à mort par des islamistes pour des propos jugés islamophobes . Mais depuis qu'il est élu à Trappes et se veut le candidat de la banlieue, Hamon parle beaucoup moins de laïcité et plus du conflit israëlo-palestinien . Le Canard Enchaîné affirme qu'il y verrait un bon moyen de " récupérer les voix des quartiers " . Peu glorieux ! Et on le devine plus précautionneux quand il s'agit de parler des cafés où les femmes sont interdites que de la libération, en féministe affirmé,  de Mme Catherine Sauvage .

Arnaud Montebourg, enfin, semble ne pas avoir grand chose à dire sur la laïcité, il faut vraiment l'interroger avec insistance, il peut alors lâcher quelque bonne interprétation .

Les bons moments sont si rares dans cette campagne des " primaires " que nous ne devons pas bouder notre plaisir .

 

NB : d'après le billet de Caroline Fourest, dans Marianne No 1033, " Une primaire sur la laïcité " .

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 14:59
( Site topito.com )

( Site topito.com )

" La justice c'est comme la Sainte Vierge, quand on ne l'a pas vue depuis longtemps, on commence à douter " ( réplique de Michel Audiard dans le film Pile ou face ) .

" Au-delà des photos people et des sourires de circonstance, des discours en anglais pour amuser la galerie et des soupirs voluptueux de nos élites, où est la vérité du phénomène médiatique appelé " Macron "  : le grand bond en avant ... dans le brouillard ? "

Il est inutile d'attendre un programme de la part du candidat " Macron " . Un programme n'a jamais fait élire un Président de la République . C'est tout juste bon à être pris en pleine figure, six mois après l'élection, à travers le traditionnel catalogue des promesses non tenues . Non ! Emmanuel Macron a mieux : un projet ! Un projet, cela a le mérite de pouvoir rester imprécis et flou, à la limite ambigu et de ne pas vous lier les mains . Nous n'aurons donc que des " éléments de langage " à nous mettre sous la dent mais que l'on peut décrypter .

Ce projet peut se résumer ainsi : " Faciliter, à tous les échelons, l'accès à l'emploi " .  Jusque-là tout va bien . Mais comment ? C'est facile, répond-on dans l'entourage de l'ancien ministre . Il suffit de faciliter les licenciements de ces 80% d'actifs en CDI, ces " insiders ", ces protégés de la mondialisation, en commençant par limiter de façon drastique le montant des indemnités de licenciement et les attributions des Conseils de Prud'homme . En ce domaine la Loi El Khomri n'est pas allée assez loin .

Parallèlement, il faudra former massivement et obligatoirement les privés d'emploi, ces " outsiders ", à l'endroit desquels " il faut montrer plus de bienveillance " : seuls 15% des 32 Mds d'€ de crédits réservés à la formation professionnelle sont mobilisés pour les chômeurs . Or, les privés d'emploi au long cours sont massivement peu qualifiés . A ce stade, rien à redire .

Dans le même temps, on alignera les couvertures maladie et chômage des artisans, commerçants et des micro-entrepreneurs sur celles des salariés en supprimant le RSI, ce régime tant décrié des Indépendants, véritable hold-up sur les bénéfices . L'idée est bonne, mais cache peut-être des arrière-pensées non énoncées .

Par ailleurs, il tient à rendre du pouvoir d'achat aux salariés : en favorisant des augmentations de salaire ? Pas du tout . Les entreprises doivent pouvoir poursuivre la reconstitution de leurs marges, initiée sous F. Hollande . On va donc accélérer la réduction des cotisations sociales des entreprises et pour faire avaler " la pilule ", on réduit les cotisations des salariés, ce qui leur redonne du pouvoir d'achat . 

Il nationalise en outre l'UNEDIC,  à la barbe des partenaires sociaux, prononçant la fin de la notion d'assurance pour le chômage . La couverture chômage n'est plus un dû pour lequel on a cotisé, mais un simple engagement de l'Etat, révisable à tout moment par la loi, et dont le montant et la durée peuvent être, en cas de crise, corrigés par simple décision réglementaire .

Faux-naïf, Macron sait qu'il doit jouer cartes sur tables . Aussi prend-il soin d'avancer un mode de financement de ces réductions de cotisations : la CSG, donc l'impôt . Avec 1,7% d'augmentation de la CSG, il compte récupérer 20 Mds d'€ de rentrées fiscales . Certes les petits salaires y retrouveront un avantage provisoire, 500€ par an, mais sur quel principe ? Ce sont les salariés qui se redonnent l'argent qui était le leur, sous forme de salaire différé, l'entreprise n'est pas mise à contribution . Et, cerise sur le gâteau, les retraités sont de facto écartés de la mesure, ne cotisant plus, mais participent à la revalorisation des salaires en lieu et place de l'entreprise avec l'augmentation de leur CSG . L'habileté politique mérite qu'on la salue : " Gagner plus, en cotisant moins " ! Et si vous tombez malade, entre temps,alors que vous ne cotisez plus, il sera toujours temps d'aviser !

De ce point de vue, la philosophie " macronienne " énonce qu'elle souhaite établir un contre-feu à l'exploitation des micro-entrepreneurs par les plates-formes numériques mais dans le même temps, si elle veut bien moraliser, un tant soit peu,  " l'ubérisation " de l'économie, elle ne la dénonce pas, mais au contraire la favorise en lui donnant une apparence présentable .

A partir de là, se pose la question essentielle : quels effets la " macronisation " de l'économie va-t-elle produire sur la qualité des emplois ? Quand on entend le chant des sirènes venu du MEDEF, on comprend tout : employer librement des micro-entrepreneurs sans craindre leur requalification en CDI par la justice, en lieu et place des CDD auxquels il faut verser une indemnité de 10% de fin de mission, en fin de contrat . 

En tout cas, tel est le deal social que propose Emmanuel Macron aux Français en 2017, leur promettant qu'ainsi ils décrocheront plus facilement un " job " ... comme on dit aujourd'hui .

Comme toujours avec les tenants du libéralisme extrême, la " bienveillance macronienne " s'assortit donc d'importantes " contreparties " : " Je vous facilite l'accès à l'emploi ... ultra-précaire " . 

Plus subtil que du Fillon mais pas moins brutal !

 

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 13:54
Halte à la brosse à cheveux stupide !

" Cours moins vite, camarade, le nouveau monde, celui du réchauffement climatique, de Goldman Sachs et de la Silicon Valley, est devant toi ... " ( Jean-Claude Michéa, Notre ennemi, le capital, chez " Climats " ) .

Chaque année, le gouvernement accorde aux entreprises, un Crédit d'impôts pour la Recherche et le Développement ( R&D ) d'un montant de 5,5 Mds d'€ . Ces milliards sont-ils bien utilisés ? La réponse va de soi . La France est classée troisième nation au monde pour l'innovation technologique, depuis trois ans, et le groupe Kérastase, filiale de l'Oréal de Mme Bettencourt, vient de se voir attribuer le prix international de l'Innovation au " Consumer Electronics Show " ( CES ) de Las Vegas ( janvier 2017 ) pour sa " brosse à cheveux intelligente " , une première dans toute l'histoire de l'humanité .

Il faut préciser que cette brosse est vraiment formidable .

Elle est bourrée de capteurs qui vont nous permettre d'évaluer la qualité de nos cheveux, de mesurer la force de notre brosse, d'enregistrer le son que celle-ci produit - d'un intérêt absolu pour le sort de l'humanité - . Quatre ans de recherche approfondie pour la mettre au point . On imagine aisément l'ambiance tendue qui a prévalu dans les laboratoires de " Kérastase ", durant ces quatre années, chacun cherchant à se dépasser, flirtant avec le burn-out, pour réussir le challenge : porter haut les couleurs de la " French Tech ", confirmer qu'impossible n'est pas français .

Ajoutons une autre qualité à notre brosse nationale . Elle est hautement compétitive, ce qui est extrêmement important pour notre balance commerciale . Imaginez : 200€ pièce, c'est donné, eu égard aux services qu'une telle invention va rendre à la collectivité .

Quoi ? Vous doutez de son utilité, hommes de peu de foi ! Elle sera connectée, un maître mot ! Elle transmettra à votre smartphone ses infos . Celui-ci, via une application mobile, vous dira quels produits, quels shampoings, quelles crèmes, quelles poudres, quels onguents vous devrez acheter - chez l'Oréal, cela va de soi - pour que vos cheveux vous soient reconnaissants de toute l'attention que vous leur portez .

Cela dit, à Las Vegas, la victoire n'était pas acquise d'avance, la concurrence fut dure .

Le diffuseur de parfum " Sensorwake " qui vous pschitte sans prévenir un nuage qui va vous endormir ; le bitoniau " Wistiki " qui retrouve votre chien ou votre trousseau de clefs égarés - renvoyant du même coup le pauvre Saint Antoine de Padoue à son cher Moyen-Age - ; la brosse à dents " Kolibree " qui analyse 16 zones différentes de votre bouche et vous dit où insister . Et, tenez-vous bien, rien que des trouvailles françaises, qui ont tenu longtemps la dragée haute à la brosse à cheveux . 

La Secrétaire d'Etat au Numérique, Mme Axelle Lemaire, pouvait arborer un visage radieux en pronostiquant que le combat contre le chômage passera par l'économie numérique . Sapin, Fillon, Macron, qui ont fait le pèlerinage de Las Vegas, ont bien eu raison d'insister : " Là, est l'économie de demain " !

Au même moment, sort le livre du philosophe Jean-Claude Michéa : " Notre ennemi, le capital " . On y lit deux vérités premières : " C'est une nécessité inhérente à toute société libérale que de poursuivre à l'infini le processus de mise en valeur du capital " ... autrement dit, toute production de biens et de services ne doit avoir qu'un seul but, il faut que ça rapporte ... " quand bien même la plupart des marchandises ainsi produites se révéleraient tout à fait inutiles " .

 M. Michéa n'aura pas droit au " Crédit d'impôts recherche ", ses vérités n'ont rien d'innovant ...

 

 

NB : d'après l'article de J.L. Porquet, Le Canard Enchaîné du 11 janvier 2016, " Coupons les cheveux en quatre " .

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 11:53

Article du 13/01/2012 : réédition .

 

"La Nature a doté l'homme d'une intelligence fabricatrice au lieu de lui fournir les instruments, comme elle l'a fait pour bon nombre d'espèces animales et végétales, elle a préféré qu'il les construisît, lui-même." ( H.Bergson. L'évolution Créatrice.1907.°

 

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   Illustration:" Mon cerveau et moi", de Ph.Sollers.Site:pileface.com

 

    Je dois reconnaître un défaut personnel, j'ai du mal à faire confiance à l'intelligence de nos dirigeants politiques. Je ne parle évidemment pas de leurs capacités, de leurs aptitudes à appréhender les problèmes . Mes interrogations proviennent du fait que l'intelligence se déploie sur la toile de passions, d'émotions, de préjugés qui rendent souvent aveugle , sourd , égoïste, le sujet politique.

   L'homme, comme le dit H.Bergson, est un " homo faber " qui doit construire par lui-même les outils de sa survie, tracer, par lui-même, le sillon de sa vie. Et quand on a choisi comme objet de sa propre réalisation, le pouvoir, c'est à dire l'exercice de sa propre domination sur les autres, toutes les dérives, tous les dangers nous guettent , comme l'arrogance que peut procurer le sentiment de sa supériorité intellectuelle.

   Peut-il exister un mal pire que la misère du monde ? Je réponds, oui ! C'est la misère du monde programmée par des gens intelligents et au nom de leur intelligence, je veux dire " la domination " des uns fabriquant " l'exclusion " des autres par l'intelligence .

 Cette domination étant ensuite théorisée, pour apporter les justifications morales à cet état de fait: je domine car je suis plus intelligent ; tu es dominé car tu le mérites, puisque tu n'as pas les qualités nécessaires pour être autre chose.

   Max Weber nous avait déjà alertés sur ces dangers : " Les dominants ont toujours besoin d'une " sociodicée ", c'est à dire, d'une justification théorique du fait qu'ils sont privilégiés " .

   Je suis donc inquiet quant au comportement de nos dirigeants politiques, car les cinq années écoulées nous ont offert la démonstration de cette maladie  trés particulière de la société : une personnalité agitée entraînant dans le tourbillon de sa jouissance du pouvoir tout le personnel politique.

   La conséquence naturelle de ce mal étant l'incapacité de ces dirigeants de parler au peuple, de l'écouter, de prendre en compte sa désorientation, d'un côté comme de l'autre. Mais, dans ce brouillard, il est des gens, aussi imprégnés que les autres de leur supériorité,  qui ont saisi où se trouve le point faible, et qui trés hypocritement appuient où cela fait mal ; Mme Le Pen a une longueur d'avance sur ses concurrents, sur cette question.

 

   Pour mieux me faire comprendre, je vais en appeler à un grand sociologue, qui a analysé ces phénomènes et sans aucune tendresse.

   Pierre Bourdieu lance un pavé dans la mare, en 1983, dans un article publié par le Monde Diplomatique et intitulé:" Classe contre Classe". Il y invente le concept de "Racisme intellectuel", concept qui ne lui vaudra pas que des amis.       Que dit-il en substance ?

 

   " Il y a des groupes qui ont besoin de se justifier d'exister comme ils existent...( La sociodicée de M.Weber.)...Et cela conduit au...Racisme de l'intelligence...Le racisme de l'intelligence est un racisme de classe dominante  de nature petite bourgeoise... Il est propre à une classe dominante dont la reproduction dépend , pour une part, de la transmission du capital culturel, capital hérité qui a pour propriété d'être un capital incorporé, donc apparemment naturel, inné. Le racisme de l'intelligence est ce par quoi les dominants visent à produire une justification de l'ordre social qu'ils dominent. Il est ce qui fait que les dominants se sentent d'une race supérieure...

   Le racisme de l'intelligence concerne une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d' intelligence , et qui ont pris la place, pour l'accés aux positions du pouvoir économique, et politique,des titres anciens, comme les titres de propriété et les titres de noblesse..."

 

   Je crois comprendre, enfin, ce qu'est une intelligence dévoyée. Je me dis qu'à côté de la lutte des classes traditionnelle, loin d'être révolue, s'est développé un autre conflit, ces dernières décennies. Le conflit entre ceux qui croient savoir, " les meilleurs ", et ceux qui, naïvement sont tombés dans les pièges tendus, par " les  ruses de la parole ", par d'habiles procédés où l'on ridiculise le dominé, en le mettant en situation: comme nos élites médiatiques savent si bien le faire.

   Il est un autre ressort qui crée les conditions de l'apparition de cette nouvelle lutte des classes. Les " soi-disant inférieurs " sont de plus en plus nombreux à prendre conscience de la duperie. Et les dominants voient cela comme une menace. Et toute leur énergie sera mobilisée à ramener " à leur niveau inférieur " les dominés.

   Avez-vous vu beaucoup de politiques en appeler à l'intelligence de leurs électeurs ?

 

 

   

 

   

   

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 14:11
Est-ce que l'on " farte " les planches de surf ?

" - Tu sais pas à qui tu as à faire . Moi, j'ai bouffé des méduses ...( B.de N.) - Ah ! C'est pour ça que t'es transparent ! ..." ( Répliques du film Brice de Nice ) .

" Macron est parti en car pour continuer par de la marche à pied, " En marche " . Le voici désormais passé à la planche de surf ", comme ne cessent de le répéter les médias " embauchés " pour faire sa promotion : " La vague qui monte " . Si l'on s'en réfère à l'affluence de ses meetings, où il refuse du monde, quand Manuel Valls a du mal à rassembler deux cents ou trois cents personnes, même en terrain non hostile comme Liévin, les médias n'ont pas tort . D'autant plus que sur le Net la fréquentation est à l'avenant, et là encore, Valls se voit distancé, ce qui ne manque pas de l'énerver : qu'est venu faire, dans la course, ce " candidat de trop " qui profite chaque jour un peu plus du " trop " de candidats ?

La vague qui devait larguer le jeune homme " immature " dans un bouillon d'écume sans consistance, l'a en fait ramené, en trois coups de cuillère à sondages, à la troisième place, voire à la deuxième, du premier tour de l'élection présidentielle . 

Désormais bien installé dans le paysage de la présidentielle, le " surfeur ", ne cesse de perturber la " primaire " socialiste . 

Certes en piquant la vedette à Manuel valls qui devait en être le favori, qu'il n'est toujours pas, mais surtout, en prenant en tenaille, avec Mélenchon à gauche, cette primaire à laquelle aucun des deux ne participe, dont le vainqueur se retrouvera forcément coincé, entre eux deux .

Rien n'est joué d'avance, nous sommes bien d'accord . D'autant que " l'homme de la vague " reste, côté programme, plutôt dans le vague et que, avec les débats de cette semaine, la primaire va repasser sur le devant de la scène . Mais il convient de prendre la mesure du handicap que la " planche de surf " représente pour le succès de l'opération " Belle alliance populaire " .

Le vainqueur de la compétition à droite avait de fortes chances de se retrouver à l'Elysée . Le vainqueur de la primaire socialiste sait d'ores et déjà, qu'il n'a presque aucune chance d'y parvenir .

En attendant, " Brice de Nice ", fait tout pour la plomber . Il ratisse large, multiplie les déplacements, les meetings, s'apprête à en faire un grand dans le Nord, là où Valls a été boudé et, originalité " bricéiste ", vient sur le terrain où l'on attend le moins un grand libéral, ancien banquier d'affaires, il promet le remboursement à 100% des lunettes, des prothèses dentaires et auditives . C'est qu'il faut aussi  taper Fillon, sur sa droite, ce pourfendeur de la " Sécu " . A moi, " les sans-dents "

" Brice "  ne reculera devant rien pour vendre " sa vague " , une vague qui ne s'étale pas mais qui s'étend parce qu'il faut qu'elle " éclabousse ", comprenez-vous, et jusqu'au gouvernement, où le vent en poupe de Macron rend " l'encalminage " de Valls encore plus problématique .

D'autant qu'à l'image de Ségolène Royal, certains sont tentés de " prendre la vague au vol ", les autres se contentant de répéter que les vagues, ça peut submerger un temps les quais, mais que ça finit par retomber, ce qui reste bien insuffisant pour contrer la vague .

Quoi qu'il en soit, c'est un véritable " vent de panique " qui souffle à Solférino, au point que des responsables socialistes n'excluent plus l'idée qu'une partie de leur électorat ne " file chez Macron ", et ce quel que soit le vainqueur de la primaire, mouvement qu'ils entrevoient encore plus prononcé, si Valls est battu, l'horreur absolue étant même envisagée par un cadre du parti ( selon le Canard Enchaîné ) : " Plus de la moitié de nos parlementaires pourrait alors rejoindre Emmanuel Macron, la dynamique serait de son côté, pas du nôtre, et dans ce cas, il n'est pas sûr que notre candidat pourrait se maintenir " .

Epilogue : qui est donc Brice de Nice ? Un pseudo surfeur, prétentieux, égocentrique, obnubilé par son apparence et le plaisir de " casser " ses interlocuteurs grâce à des réparties cinglantes qui les désarçonnent . A Nice, il n'y a jamais de vague qui permette de surfer et Brice le sait bien, tout comme il sait que le surf c'est " casse gueule " .

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 14:11
Image du film de Jacques Demy ( 1971 ) .

Image du film de Jacques Demy ( 1971 ) .

" Malheur à toi, terre, dont le prince est un jeune homme et dont les princes ont mangé dès le matin ", ( L'Ecclesiaste, X, 16 ) .

( Note : Hamelin est une ville de Basse-Saxe, au centre de l'Allemagne, bâtie sur les rives du fleuve Weser, qui se jette dans la Mer du Nord ) .

Au XIXe siècle, les frères Grimm, reprennent le récit d'un événement survenu dans la ville d'Hamelin, au XIIIe siècle, et en font le conte du " Joueur de flûte d'Hamelin ", qui, grâce à un air sorti de sa flûte, libère la vile d'une invasion de rats, entraînant ces animaux dans son sillage et les conduisant jusqu'à la Weser, où tous se noient . ( Le titre allemand du conte étant " Der Rattenfänger, l'attrapeur de rats " ) .

L'historien Jules Michelet avait signalé, en son temps, qu'avec l'apparition du suffrage universel dans le processus politique, le problème des hommes politiques modernes allait être de gérer leur carrière sous la menace permanente de ce suffrage universel, c'est à dire qu'ils allaient devoir s'appuyer à la fois " sur l'argent des riches et le suffrage des pauvres " . Une équation très complexe .

L'entrée du capitalisme dans son stade " néolibéral " n'a pas arrangé les choses . Dès lors que sur fond de croissance en berne et de désastre écologique grandissant, il est devenu clair que les pays libéraux avaient désormais plus de comptes à rendre à leurs créanciers internationaux qu'à leurs propres citoyens, les élites occidentales ont dû se mettre à réfléchir sur le moyen le plus efficace de " gouverner autrement " .

C'est à cette aune-là, qu'il faut mesurer les péripéties actuelles de la vie politique française, disparition des uns, réapparition éphémère des autres, apparition de nouvelles têtes . C'est à cette aune-là qu'il faut chercher à comprendre le sens de ce nouveau slogan, totalement incompréhensible selon les critères de la tradition française, ce " Ni droite, ni gauche " venu d'en haut, dont on trouve l'accomplissement dans la grande coalition allemande " SPD-CDU ", conservateurs et sociaux-démocrates, à ne pas confondre avec le " ni gauche, ni droite " d'en bas, porté par le mouvement " Podemos " espagnol : " Tracer de nos mains un éclair qui montre qui sont ceux d'en bas et qui sont ceux d'en haut ", dit très joliment le théoricien du mouvement Juan Carlos Monedero .

Dans la nouvelle perspective, venue d'en haut, qui a la faveur des " marchés financiers ", il fallait d'abord mettre sur la touche les classes populaires, " ces empêcheurs de tourner en rond ", et ce fut le rôle dévolu à Marine Le Pen : " le joueur de flûte " de la nouvelle politique , entraîner les classes populaires dans son sillage, jeu risqué, certes, mais que l'on saurait contenir, le moment venu . 

La " Rattenfänger " des classes populaires a tenu son rôle avec un certain succès, emmenant " les indésirables ", grisés par sa démagogie, se noyer dans la " Weser " du Front National .

Le PS, dont le dépeçage façon Hollande avait bien fonctionné, et réduit à une portion congrue de nostalgiques, étant prêt à faire le saut ultime, le scénario pouvait être lancé à la faveur de ces " Primaires ", de droite comme de gauche, importées des EEUU, mais impossibles à acclimater en France comme on va le voir .

Les deux " jokers " de la classe dominante, les plus prometteurs à l'évidence, pour mener la sarabande " ni droite, ni gauche " étaient Emmanuel Macron et Alain Juppé : " le " off " et le " in " .  Manuel Valls aurait pu faire l'affaire, pensa-t-on un moment . Mais ses rigidités dans le domaine régalien le rendaient peu fiable .

Misère ! Contre tous les pronostics officiels et les instituts de sondage, c'est le fils de notaire, le notable de province, sans subtilité, sans imagination, sans fibre populaire qui l'emporte et devient le présidentiable le plus plausible : avec moins d'aveuglement, ces élites arrogantes, auraient pu deviner, que les primaires, cette espèce de " suffrage censitaire " , vieux et vicié, pouvait conduire à cela .

Du coup, toutes les cartes sont rebattues . Tout est à refaire . Bon, d'accord ! Macron est toujours là : on va donc tout miser sur Macron . Tous les médias doivent se mettre " en ordre de marche " - oui, nous osons - pour élever " le brillant jeune homme " à la dimension d'un présidentiable . Fillon ne convient pas vraiment à nos élites urbaines façonnées pour la mondialisation : l'élection présidentielle étant la dernière élection qui mobilise encore les classes populaires, son programme des primaires, radical en matière sociale, va l'obliger - et il a déjà commencé - à des " rétropédalages " que les " marchés "  détestent, parce que incertitudes et risques ne sont jamais bons pour les affaires .

Mais notre classe dirigeante ne doit pas écarter trop vite l'avertissement de l'Ecclesiaste, vieux de 2300 ans : " Malheur à toi, terre, dont le prince est un jeune homme et dont les princes ont mangé dès le matin " .

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:57
Plus belle la vie : place du Mistral .

Plus belle la vie : place du Mistral .

Soirée de " Nouvel An " chez Jean-Pierre Pernaud : la France comme carte postale y est tout entière représentée . Chaque salle de l'hôtel particulier du présentateur  a son animation régionale - paysans vendéens armés de fourches, stand de produits auvergnats, orchestres basque et savoyard, groupe de polyphonie ... Le bureau du journaliste avec sa grande bibliothèque de guides touristiques et ses " Sept d'or " est bien le lieu où la nouvelle France se construit comme représentation . Comme la carte précède le territoire, le Journal de 12 heures, de Pernaud et de TF1 précède la réalité& . Par ses choix réactionnaires le fabricant de cartes postales " fait " la France ...( La Carte et le Territoire, Michel Houellebecq, 2010 ) .

Les  J.T. sont des mines de renseignements pour qui sait les regarder et particulièrement au moment des fêtes et des congés, pour que nous nous fassions une idée de ce que la France est en train de devenir . 

La nation fière et querelleuse, reconnaissable entre toutes, incapable de s'imaginer autrement qu'au faîte de la domination politique, du développement des lettres et des arts, des sciences et des technologies est en train de céder la place à un peuple de petits rentiers de son patrimoine et d'aubergistes du monde occidental . Un scénario à la Houellebecq mais pas si absurde qu'il n'y paraît .

La " carte postale " d'un pays fatigué, recroquevillé, bonhomme au fond, revenu de tout, et " vivant des rentes de sa grandeur passée ", des châtelains vieillissants qui font visiter à des japonais et des Chinois bardés d'appareils photos, la galerie de portraits de leurs ancêtres .  Cette attitude porte un nom : " Le Tourisme " . 

Pour s'en convaincre il suffit de regarder les J.T. Tout y est traité - et particulièrement chez Chez Jean-Pierre Pernaud - en fonction de son incidence sur la fréquentation touristique .

Y aura-t-il de la neige cet hiver ? Du soleil, l'été prochain ? Des vagues dans le Golfe de Gascogne pour les surfeurs ? Des grèves pendant l'Euro de football ? Du verglas lors des 24 heures du Mans ? C'est terrible, mais y aura-t-il encore des attentats terroristes qui feront fuir le touriste américain ? Allons-nous connaître une nouvelle flambée de la délinquance qui éloignera de Paris le touriste chinois ?

Quand le Ministre de l'Education Nationale fixe le nouveau calendrier des vacances scolaires qui trouve-t-il en face de lui, comme contradicteur unique, s'il met trop l'accent sur l'intérêt des élèves ? Le représentant du syndicat de l'hôtellerie . 

Lors des dernières fêtes, nous n'avons pas eu un seul J.T. sans le passage d'un grand chef, cuisinier, pâtissier, chocolatier, venu y présenter son dernier livre de recettes .

" Les châteaux de la Loire, la Tour Eiffel, la blanquette à l'ancienne, le rosé de Provence, le béret basque, les cabarets de Montmartre, le pèlerinage de Lourdes, la Fête de l'Huma, le Festival d'Avignon, Les Vieilles Charrues de Carhaix, tous ces hauts-lieux ne se conjuguent plus qu'à un seul temps : le potentiel de fréquentation touristique ... " . Un dénominateur commun peu compatible avec notre gloire culturelle  passée : " Liberté, égalité, foie gras " .

Le Français fut jadis un monsieur décoré ignorant avec superbe la géographie de son pays, il est devenu un garçon en gilet rayé et serviette sur l'avant-bras . Et comme il a conscience de sa chute - à la différence de son concurrent italien - il s'acquitte de sa nouvelle tâche avec mauvaise humeur . Demandez donc aux garçons de café et aux chauffeurs de taxis parisiens .

A terme, la France pourrait ressembler à la série télévisée de France 3 , " Plus belle la Vie " . Un quartier de Marseille qui n'existe pas, une Place du Mistral en carton, un bar du Mistral enserré dans un studio de tournage et des touristes dont la première préoccupation, en arrivant dans la cité phocéenne, est de demander à visiter la " Place du Mistral . "

( Note technique : derrière la carte postale à la Houellebecq, une réalité . Le tourisme représente le secteur économique où la précarité est la plus élevée : temps partiel, CDD, contrats de mission de courte durée, emplois saisonniers, heures supplémentaires non payées dans la restauration .

Ce secteur devait compenser la désindustrialisation du pays, liée aux délocalisations massives des investisseurs français vers les pays émergents : en trente ans, la part de l'industrie dans la richesse du pays est tombée à 11%, quand elle reste à 16% dans la zone euro et à 22% en Allemagne, et alors que les industries traditionnelles restent les principaux fournisseurs d'emplois stables ( CDI ) .

Cherchez l'erreur ! )

 

NB : d'après l'article de Jacques Jullierd dans Marianne, No 1032, " Trois scénarios pour la France " .

 

 

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