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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:43
Renoir : " le déjeuner des canotiers " .

Renoir : " le déjeuner des canotiers " .

" A Joinville le Pont, pon,pon / Tous deux nous irons, ron, ron / Regarder guincher, chez, chez / Chez Gégène / Si le coeur nous en dit, di, di / On pourra aussi, si, si / Se mettre à guincher, chez, chez / Chez Gégène ... "

Avec les socialistes, on n'est jamais déçu . Reconnaissons que le nom de leur " Belle Alliance Populaire ", rappelle plus celui " d'une guinguette " de " la Belle Epoque " où l'on se rendait le dimanche pour " guincher " et s'amuser, en buvant ce vin blanc, " le guinguet ", au goût aigrelet, produit en Ile-de-France, qu'une " Union Politique " voulue pour prendre en main le destin de la France .

Et d'ailleurs, les acteurs de l'animation musicale de la " BAP ", ils seront finalement sept, évoquent davantage les accordéonistes qui faisaient danser le prolo, en ce temps-là, que Jaurès, Blum ou Marcel Cachin .

Les commentateurs habilités, ne cessent de nous comparer la prochaine " primaire " socialiste, du mois de janvier 2017, au très fameux " Congrès de Rennes ", où tout ce qu'il y avait de socialiste en France, alla s'empailler, en Bretagne, un mois de mars 1990, pour savoir lequel mettrait la main sur le Parti en vue d'être placé pour l'élection présidentielle suivante . Encore faudrait-il, que du haut de leur chaire de " sachants ", ils rappellent ce qu'avait été ce moment de douceur " camaradesque "

Mars 1990 . F. Hollande a été élu pour un second septennat deux ans auparavant, mais sans majorité à L'Assemblée Nationale, il est contraint de nommer son pire ennemi Michel Rocard, Premier Ministre, car c'est le seul à même d'obtenir des majorités de circonstance avec le Centre . La prochaine échéance présidentielle est encore lointaine (1995 ) mais l'on sait F. Mitterrand malade, il faut se tenir prêt, pense tout ce beau monde aux " égos " enflés comme des montgolfières . L'ancien Premier ministre de F. Mitterrand, Pierre Mauroy, est Premier Secrétaire depuis 1988, contre l'avis du Président . F. Mitterrand veut écarter P. Mauroy de la direction pour y propulser Laurent Fabius et en faire son dauphin désigné .

Mais sept motions s'affrontent au Congrès - en langage socialo, sept courants, un peu comme aujourd'hui -, aucune synthèse n'a été trouvée entre certains courants : " les égos " ! Voyez-vous .

Motions et nombre de voix obtenues lors du vote des militants :

 1 : " Un parti fort, uni, ouvert sur l'avenir " : Jospin, Mauroy, Mermaz ( 28,94% )

 2 : Un contrat de progrès social " :  Poperen, Ayrault ( 7,20% ) .

 3 : " Les défis du socialisme démocratique " : Rocard ( 24,26% ) .

 4 : " Un cours nouveau pour l'action socialiste  " : Dray, Mélenchon ( 1,35% ) .

5 : " Egalité " : Fabius ( 28,84% ) .

6 : " Transformer la société " : Lienemann, Finel ( 0,66% ) .

7 : " Agir en socialistes " : Chevènement ( 8,52% ) .

Après une nuit de débats houleux, en fin de Congrès, sous les huées, les insultes, les bras d'honneur des délégués, les dirigeants se séparent en n'ayant trouvé aucun accord ni sur la ligne, ni sur une nouvelle direction . Mauroy, cependant, reste provisoirement Premier secrétaire .

" Un suicide collectif ", n'hésiteront pas à confier ces mêmes dirigeants .

Il y a peu de formations politiques en France capables de transformer en quelques jours une aventure commune en suicide collectif . Il n'y a que les socialistes pour, après avoir inventé et défendu la procédure des primaires qui devait départager " la conspiration des égos ", la transforment en foire d'empoigne . Tous les ingrédients sont à nouveau réunis pour revivre " le ballet des claques " de 1990 .

La conquête du parti, et même si ce n'est plus qu'une coquille vide, voilà le seul enjeu qui galvanise quelques " tricératops " juste soucieux d'attendre, dans l'antre de Solférino, des jours meilleurs . Une pieuse illusion, sans doute .

Quant au peuple de gauche, qu'il se console : il pourra toujours, au soir du 1er tour de l'élection préidentielle, aller danser " chez Gégène ", mais sans chemise et sans pantalon .

 

 

 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 15:33
Train emmenant les candidats à la primaire socialiste arrivant en gare de Solférino .

Train emmenant les candidats à la primaire socialiste arrivant en gare de Solférino .

"  Je ne suis pas un citoyen et je n'ai pas envie de le devenir . On n'a pas de devoirs par rapport à son pays, ça n'existe pas . On est des individus, pas des citoyens, ni des sujets . La France est un hôtel, rien de plus " , ( Michel Houellebecq ) . 

A l'automne 2010, l'écrivain Michel Houellebeck, recevant le prix Goncourt pour son livre " La carte et le territoire " déclamait, peut-être sans le savoir, le " Credo " de " la Caste " au pouvoir, ( propos rapportés par Le Monde du 11 novembre 2010 ) .

Il est d'abord important de rappeler les origines de la notion de " civis ", à la racine du mot " citoyen " .. Chez les latins, ce terme impliquait une " communauté d'habitat " pour compagnons à laquelle était rattachée une valeur de réciprocité . En langue germanique, le mot correspondant désigne " l'ami, le parent ou l'allié " ( Emile Benveniste, " Le vocabulaire des institutions indo-européennes ", 1969 ) . Dans les deux cas, le " civis " désignait une sorte de concitoyen engagé avec ses pairs dans la construction d'une " civitas ", " d'un monde commun " . L'historien Pierre Rosanvallon appelle cette démarche " la communalité " .

A l'occasion de la Révolution Française, le sens de cette  " communalité " s'était retrouvé étroitement attaché à l'expression des Droits de l'Homme et du Citoyen, lien qui allait en faire, en quelque sorte, " le coeur de l'idée d'égalité " . 

Force est de constater que les deux concepts se sont aujourd'hui fortement éloignés l'un de l'autre, le sens de la " communalité " s'atrophiant de façon spectaculaire et , avec lui, le sens de la " démocratie " .

L'analyse par la poussée coupable des individualismes, oublieux de l'intérêt général, liée au système néo-libéral est certes séduisante mais ne couvre pas tout le champ du processus d'atrophie de la construction d'un " commun " . N'a-t-on pas accordé une omnipotence aux Droits de l'Homme qui aurait éclipsé le souci du politique ? Insuffisant .

Il s'est passé autre chose . Les fondements sociologiques, et pourquoi ne pas le dire, anthropologiques, du vivre ensemble, sont atteints ce dont témoigne " la sécession des riches " ( P. Rosanvallon ), c'est à dire le fait que la frange la mieux lotie de la population vit désormais en dehors du " monde commun " . L'illustration la plus frappante nous est offerte par " les exilés fiscaux " qui font ouvertement sécession en se retirant matériellement de la solidarité nationale : ils restent juridiquement des citoyens mais ne sont plus partie prenante de la " communalité " .

Quand on pense qu'à Rome, le " Code théodosien " fustigeait les " anachorètes fiscaux ", ceux qui se dégageaient de leurs obligations sociales en quittant la ville où ils avaient leurs attaches .

Ces gens qui devraient être frappés " d'apatridie " ne sont que quelques dizaines de milliers dans chaque pays, mais leur niveau de fortune, les noms qu'ils portent et leur statut social, qu'ils soient entrepreneurs, artistes ou sportifs de premier plan en font les symboles criants du séparatisme à l'oeuvre . Mais plus largement, la distance prise par le 1% le plus riche avec le reste de la population crée les conditions d'un divorce explosif . Nous sommes revenus au milieu du XIXe siècle, au temps où " deux nations hostiles ", au sein de la même nation, donnaient le signal à un nouveau cycle révolutionnaire .

Et là encore, l'opposition entre riches et exclus, ne doit pas nous empêcher de voir l'extension et la dissémination d'un séparatisme social à l'oeuvere dans tout le corps social . C'est à tous les niveaux de l'échelle sociale que les comportements d'éviction et de distinction se sont développés dans un grand mouvement de recomposition des identités relatives .

" Le ghetto français n'est pas tant le lieu d'un affrontement entre inclus et exclus, que le théâtre sur lequel chaque groupe s'évertue à fuir ou à contourner le groupe immédiatement inférieur dans l'échelle des difficultés : les ouvriers fuyant les travailleurs immigrés, les classes moyennes supérieures qui esquivent les classes moyennes, les classes moyennes qui refusent de se mélanger aux employés, les classes supérieures qui prennent de la distance avec les classes intermédiaires ... ", montre le sociologue Eric Maurin dans " La république des Idées ", Seuil, 2004 .

S'il y a une évolution sociologique majeure qui peut caractériser le monde contemporain c'est bien celle de ce séparatisme social généralisé, bien plus que le progrès diffus d'un individualisme encore flou dans sa définition .

Cette dislocation du " commun " se trouve magistralement illustrée, de façon particulièrement visible, dans l'organisation de l'espace urbain : multiplication des ensembles résidentiels fermés ( gated comunities ), des quartiers homogénéisés, des quartiers abandonnés par la puissance publique . En France, ce phénomène est illustré par le refus des communes riches de construire des logements sociaux, en refus de toute mixité sociale .

Nous voici parvenus au temps de " l'homo munitus " - du latin " munere " signifiant fortifier, protéger -  ( Expression créée par l'Américain Greg Eghigian, professeur associé à l'Université de Pennsylvanie ) .

A partir de là, une question se pose . Comment " l'homme barricadé ", replié sur lui-même dans l'entre-soi contraint de ses doubles, enclin à une dépolitisation croissante, à une dévitalisation de l'ordre démocratique hérité des anciens Grecs,  pourrait-il aspirer à la venue d'un " Clisthène " moderne, porteur d'une idée iconoclaste : " l'organisation délibérée d'une vie commune entre des gens différents " ?

 

* Clisthène : homme politique ( Archonte ) et réformateur grec - vers 570 av. JC - qui posa les premiers fondements de la démocratie athénienne . Prenant acte de la fin d'un monde composé de groupes sociaux figés dans des logiques familiales, il y substitua un nouveau cadre de la vie politique dont le but était de " fondre " les habitants - l'expression est d'Aristote -  dans un même corps civique . Tout l'opposé du processus actuellement à l'oeuvre dans le monde occidental .

 

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 15:17
Salle dortoir d'un ancien hospice .

Salle dortoir d'un ancien hospice .

" A la limite, il n'y aurait plus rien à assurer si les individus et leurs histoires étaient radicalement particuliers : on ne pourrait plus constituer aucune population assurable " ( Pierre Rosanvallon, La Société des Egaux ) .

Comment en est on arrivé à ce que ce qui constituait la colonne vertébrale de notre modèle qui, depuis la " Libération ", nous avait permis de " faire société " et que nous appellerons " le désir de solidarité ", puisse être remis en cause aussi brutalement par le projet affiché d'une droite revancharde et prête à tous les renoncements pour effacer d'un trait de plume un " contrat social " pourtant né des leçons infligées par une longue nuit fasciste, qualifiée trop rapidement par certains, peut-être pour en adoucir la barbarie : " le Pétainisme "

La rupture actuellement à l'oeuvre ne saurait s'appréhender comme le voeu d'un simple " retour en arrière ", voire un simple dérèglement de l'ordre existant . Et d'abord parce que des facteurs historiques ont une part évidente dans le basculement des années 1990, de notre " modèle assuranciel " qui occupait la centralité unificatrice de notre société : l'effondrement du communisme et du projet révolutionnaire entraînant la fin du réformisme de la peur ; l'érosion de la mémoire des grandes épreuves collectives du XXe siècle qui avaient donné chair sensible à un sentiment renforcé de solidarité .

A ces deux phénomènes, il convient d'ajouter trois causes : la crise mécanique et  morale des institutions de solidarité ; l'avènement d'un nouveau capitalisme ; les métamorphoses de l'individualisme .

L'installation de la France dans un chômage de masse et l'apparition de formes nouvelles d'insécurité sociale ont conduit à un glissement de " la protection universelle " vers un véritable " Etat d'assistance " se limitant de fait à ne gérer que les situations d'exclusion les plus criantes . Le caractère universaliste de nos protections s'en est trouvé entamé conduisant à en affaiblir la légitimité et tout particulièrement au sein des classes moyennes . 

Les phénomènes de chômage de longue durée et d'exclusion ont reconstitué " la pauvreté " en une véritable " condition ", fortement déterminée socialement, affectant de façon stable et durable certaines populations . Du coup, nous ne sommes plus dans l'ordre de situations individuelles aux risques également et aléatoirement répartis, situations  assises sur des distinctions simples : malades et bien-portants ; travailleurs et chômeurs ; actifs et retraités courant des risques de même nature .

Nous avons basculé dans un ordre nouveau de cohabitation de groupes de population socialement très hétérogènes, les exclus, les pauvres, les gens modestes, les gens plus aisés, les riches, les très riches, etc ... A partir de là, plus rien n'est assurable par la solidarité et vient vite l'heure de l'assurance particulière, privée .

Les ennemis de " la solidarité " ont tôt fait de saisir ces changements et tout mis en oeuvre pour les accélérer s'appuyant pour cela sur les progrès des connaissances et leur vulgarisation : Ah ! La beauté des statistiques .

Diffuser et démultiplier dans le public toutes ces statistiques sur l'état de la société, les conduites individuelles, le coût de chaque groupe pour la collectivité, le décorticage des conduites à risques, la prise de conscience par chacun de sa propre espérance de vie, les liens entre les comportements individuels et les situations objectives sont de plus en plus précisément appréhendés .

C'est une connaissance de plus en plus fine des différences entre individus et entre groupes sociaux qui s'est mise en place, qui se poursuit et ne pouvait que mettre à l'épreuve " le contrat social " .

Si les hommes sont facilement solidaires face à un destin qu'ils ignorent, ils le sont moins volontiers s'ils perçoivent des situations comme plutôt liées à des comportements et des choix individuels .

Le mouvement de " désolidarisation " se met en marche quand les informations sur les individus se multiplient : " l'information devient alors l'aliment direct de la différenciation ", écrit l'historien P. Rosanvallon .

Cette bataille-là, la gauche ne l'a pas vu venir, et la droite l'a d'ores et déjà gagnée .

C'est pourquoi, F. Fillon avec ses plans de destruction massive, pense pouvoir jouer sur du velours . Mais l'avenir n'est pas écrit !

 

NB : réf. " La Société des Egaux ", Pierre Rosanvallon, Seuil, 2011 .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 14:45
Blason des De la Croix de Castries : d'azur à la croix d'or .

Blason des De la Croix de Castries : d'azur à la croix d'or .

" Fidèle à son roi et à son honneur " ( devise de la famille des De La Croix de Castries ) .

Pour les mois qui viennent, il est impératif de retenir le nom de l'homme fort de la " Fillonie ", de l'inspirateur du programme économique de F. Fillon, du personnage qui a l'intention de faire danser les Français, du futur ministre des finances du " Président Fillon " , peut-être même de son Premier Ministre, dont la devise économique se résume en trois mots : " Couper ! Couper ! Couper ! "

Le financier Henri, René, Marie, Augustin de la Croix de Castries, Comte de Castries - prononcer Castre -, tout récemment encore PDG du puissant groupe d'assurances AXA, qu'il dirigeait depuis l'année 2000, a rejoint l'équipe de F. Fillon à la fin de l'été, non sans avoir auparavant inspiré le chapitre économique du programme du nouvel " aigle " de la droite .

La famille d'Henri de Castries est originaire de Montpellier, des marchands de poissons à l'origine, puis prêteurs et usuriers, anoblis pour charge, en 1487, sous le règne du roi Charles VIII . Henri, René, Marie, Augustin, est le fils de Pierre de Chevigné, résistant, plusieurs fois Secrétaire d'Etat à la Guerre sous la IVe République, Haut-Commissaire à Madagascar, Gouverneur Général de l'Outre-Mer .

Les De La Croix de Castries représentent une grande famille de l'Ancien Régime qui compte en son sein, des généraux - le dernier commandait le camp retranché de Dien-Bien Phu en Indochine, en 1954, des amiraux, un Maréchal de France, des archevêques, un académicien, un compagnon de Lafayette engagé dans la guerre d'indépendance des Etats-Unis, une duchesse de Castries eut une liaison avec Balzac, une autre épousa même le troisième président de la république française, Patrice de Mac Mahon, et ce qui n'est pas le moindre de ses titres, cette famille compte parmi ses ascendants le Marquis de Sade .

Henri est diplômé d'HEC et a fait partie de la promotion Voltaire de l'ENA, où il a eu pour camarades de classe, F. Hollande, Ségolène Royal, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Jouyet, Michel Sapin, etc ...

La personnalité d'Henri est vite définie : " Quand on est né Henri de la Croix de Castries, avec une palanquée d'ancêtres qui se sont illustrés au plus haut niveau, on n'a pas le droit d'être quelconque " .

Il en est convaincu, son heure est venue et elle porte un nom : F. Fillon . Et son message aux " croquants " que nous sommes est sans ambiguïté :  La France est à la ramasse, trop de dépenses, trop de laisser- aller, trop de gaspillages, trop de tout, il va falloir du courage politique ... Le budget ? On va couper, couper, couper ...

La France a besoin de gens comme lui : des vaillants hobereaux, des caractères trempés par des siècles d'Histoire pour garder le cap, des gens qui savent et dont la main ne saurait trembler .

" Dans les petits cercles, il ne cache pas qu'il veut sabrer dans les dépenses publiques à hauteur de 100 Mds d'€, ce qui est énorme ", raconte un patron qui le connaît bien .

Ce pur aristocrate, si sûr de sa supériorité d'Inspecteur des Finances, peu enclin à supporter la contradiction, en bon catholique pratiquant, s'est donné pour devise personnelle, une phrase - censée camper le sens de l'exemplarité du personnage - de la philosophe Simone Weil, devise qu'il aime répéter à longueur d'interviews : " Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin " .

Du " Jansénisme " - rigorisme spirituel et toute puissance de la Grâce en opposition à la liberté individuelle - en pleine idéologie " libéral-libertaire ", ça fait chic et ça ne peut que plaire au patron, F. Fillon .

Henri, comme tout bon financier, est aussi un homme de réseaux : il ne manque jamais un dîner des anciens de la promotion Voltaire, ni une réunion de l'amicale des Inspecteurs des Finances et préside depuis 2012, le groupe de Bilderberg, ce cénacle très confidentiel d'une centaine de dirigeants internationaux, qui tentent d'y dessiner l'avenir du monde et dans lequel il a introduit, il y a peu, F. Fillon .

Henri avait beaucoup fréquenté N. Sarkozy en qui li voyait " enfin le chef de guerre dont la France avait besoin ", pour s'en détourner assez vite, déçu par " ce va de la gueule " qui, en fait, ne fait rien .

Aujourd'hui, il adore Fillon . Il en est sûr, Fillon ira jusqu'au bout : il coupera, coupera, coupera, et " Henri sera son Maréchal de France " .

Et " les vilains " danseront devant le buffet * ! Il n'y a pas à dire, tout cela fleure bon " la Restauration ", de 1815, et la revanche des " ci-devants " émigrés .

* L'expression " danser devant le buffet " est le fruit d'un calembour du XVIe s. entre les mots " fringaler " - danser - et " fringale " - avoir faim - .

 

NB : d'après le portrait de Anne-Sophie Mercier, Le Canard Enchaîné du 7 décembre 2016 .

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 14:25
 Un gros chewing-gum collé à la semelle . Un gros chewing-gum collé à la semelle . Un gros chewing-gum collé à la semelle .

Manuel Valls est candidat à l'élection présidentielle de 2017, mais de là à l'imaginer à l'Elysée, il y a un gouffre car nombreux sont les obstacles qui se dressent sur sa route : un gros chewing-gum collé à la semelle de sa chaussure .

Manuel Valls doit d'abord passer par une " primaire socialiste " qui ne sera pas sans danger . Il n'est pas encore sûr de qui il va devoir affronter . Ce qui reste de " hollandie " est persuadé qu'il a porté le coup fatal à F. Hollande et ne le lui pardonnera pas . On sait " les hollandais " en recherche d'une alternative à Manuel Valls, pour la primaire, ( Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem ) afin qu'il ne soit pas seul à y représenter le gouvernement sortant et pour s'assurer que le bilan du quinquennat, jugé positif par ces pauvres orphelins, soit défendu comme il se doit . Les candidats, déjà connus, qui ont fui le navire avant qu'il ne sombre, ne l'épargneront pas davantage . L'influente Martine Aubry, de son côté, a déjà fait connaître ses fortes réticences à l'encontre de la candidature de Manuel valls . La maire de Lille n'a jamais oublié la véhémence de M. Valls contre elle, lors du Congrès de Reims, de 2008 . Une aide éventuelle de Ségolène Royal est à écarter, tant les oppositions entre ces deux personnes ont été nombreuses au sein du gouvernement ... Enfin, le salut ne viendra pas de F. Hollande qui n'a pas eu un mot de soutien pour son Premier Ministre lors de son allocution " hara-kiri " du 1er décembre, oubli qui donne à penser que le Président voudrait bien entretenir un certain flou sur la mise en oeuvre des réformes libérales - pacte de responsabilité, loi Macron, loi El khomri - à savoir, lequel des deux tenait le manche et qui usait de la lame .

Il n'est pas inutile de savoir que pour les " primaires socialistes " de 2011, Manuel Valls n'avait pas les parrainages suffisants pour se présenter et que F. Hollande est intervenu auprès d'élus socialistes pour qu'il les ait, afin de contrebalancer le poids de Montebourg à gauche .

 Même dans le cas d'une neutralité relative des " hollandais ", la partie est loin d'être gagnée . Au sein des sympathisants socialistes, futurs électeurs de la primaire, la ligne " vallsiste " faite de social libéralisme - libéralisme économique sans parapet et protection des plus démunis, mais eux-seuls - est loin d'être majoritaire .

Cependant, le " chewing-gum " qui colle à sa semelle et qui peut le faire trébucher dans le parcours du combattant qui l'attend, c'est lui-même, c'est sa personnalité, dont les méthodes parfois brutales ont rebuté plus d'un socialiste qui lors de la campagne des présidentielles de 2012, et alors qu'il était porte-parole du candidat Hollande, l'avaient surnommé " Kommandantur " .

De sa théorie de " deux gauches irréconciliables " d'il y a quelques mois, à ses imprécations d'avant 2011, contre un PS moribond à reconstruire, et dont il fallait changer le nom ; de son passage en force, à coups de 49.3, devant l'Assemblée Nationale, pour faire adopter la loi El Khomri à la répression policière qu'il a engagée contre les opposants à son texte ; de ses déclarations d'amour à l'entreprise devant l'assemblée générale du MEDEF à son choix de supprimer les 35 heures, lors de la primaire socialiste de 2011 : de sa proposition d'une TVA sociale - version F. Fillon - à son soutien total à l'allongement de la durée de cotisation pour les retraites, le chewing-gum n'a cessé de s'élargir . 

Aucun véritable militant socialiste ne peut avoir oublié son livre d'avril 2008 : " Pour en finir avec le vieux socialisme ... ", où toute sa pensée est résumée : " Le Parti socialiste, c'est daté . Ca ne signifie rien . Le socialisme ça a été une merveilleuse idée, une splendide utopie . Mais c'était une utopie inventée contre le capitalisme du XIXe siècle " .

On ne peut rêver plus belle épitaphe pour un parti dont aujourd'hui, l'auteur, réclame le soutien,  alors qu'il l'enterrait il y a déjà bientôt dix ans, pour le conduire vers la gloire élyséenne .

Malgré tout cela, et même si Manuel Valls franchissait tous les obstacles avec succès, il lui resterait une élection présidentielle à gagner, et là, les choses pourraient se compliquer sérieusement . Il aurait d'abord à faire face à une droite et une extrême-droite très forte mais il aurait aussi à ferrailler avec une offre à gauche et au centre ( son positionnement naturel ) très pléthorique : Macron - fils de Hollande - , J. L. Mélenchon, gonflé à bloc par les sondages , l'écologiste Yannick Jadot ; peut-être Mme Pinel pour le PRG ; les deux trotskystes de service .

Dans ces conditions, les sondages deviennent inutiles : la qualification est impossible à assurer .

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 14:58
" Un homme ça s'empêche " *

" Nous avons basculé dans l'heure d'un pouvoir électronique immense et tutélaire ... absolu, détaillé, régulier, prévoyant,et doux ... " ( Eric Sadin, écrivain et philosophe ) .

* Albert Camus : " Le Premier Homme " .

Des politiques, tels Emmanuel Macron ou Nathalie Kosciusko Morizet, et bien d'autres, cherchent à nous entraîner dans ce qu'on pourrait appeler le pouvoir du " techno-libéralisme ", nouveau modèle dans lequel se vautre le néo-libéralisme, sous les coups de boutoir des start-up de la Silicon-Vallée : " Un monde où les écrans fascinent et où nous sommes surveillés, stimulés, excités puis endormis ... mais toujours sans violence ", ( Sébastien Lapaque, Marianne No 1027 du 2 décembre 2016 ) .

Dans son dernier livre " La silicolonisation du monde " ( Ed. L'échappée ), le philosophe Eric Sadin tente d'ouvrir des voies par où échapper au " libéralisme numérique " .

Les stratégies sont compliquées car ce que note d'emblée le philosophe c'est que nous sommes en face d'une colonisation douce : " Une colonisation d'un nouveau genre, plus complexe et moins unilatérale que les formes qu'elle prit au XXe siècle en s'incarnant dans des totalitarismes  d'une extrême barbarie . Une de ses caractéristiques principales étant qu'elle ne se vit pas comme une violence subie mais comme une aspiration ardemment souhaitée par ceux qui entendent s'y soumettre : une adhésion planétaire au système source de nouvelles compétitions économiques et d'un élargissement sans fin des marchés " .

L'organisation économique antérieure avec ses systèmes lourds et centralisés des deux premières révolutions industrielles ont atteint leur limites dans les organisations pyramidales et rigides, les très grosses usines de production, qu'ils exigeaient . Les nouveaux maîtres du monde ( Google, Facebook, Apple ... ) ont alors imaginé - aidés en cela par les progrès fulgurants de l'électronique - de nouvelles organisations, des structures, petites unités, souples, conviviales, délivrées de tout pouvoir coercitif, fondées sur des " visions " qui mêlent savamment un certain " techno-romantisme " à " la fibre contestataire " propre à tout être humain et d'une redoutable efficacité pour diffuser le venin d'un " jeu " qui n'en est pas un . 

" Le mouvement, le jeu, l'improvisation, la transgression, la dérive ... " constituent le fond de commerce de la nouvelle économie,  autant d'idées nouvelles, libertaires en apparence, mais grosses de menaces pour " l'humanité de l'homme " . N'en voit-on pas tous les jours le résultat ? " Désastre de la communication totale, cauchemar du pseudo-dialogue, enfin rétabli, entre tous les individus, malfaisances en expansion de l'inter-activité, culte de l'horrible contact, dictature du proximisme, éloge des tribus, dissolution programmée des frontières symboliques et de toutes les différenciations ... ", recensait l'essayiste Philippe Muray, dans son ouvrage " Après l'histoire II ", en 2000, Ed. Les Belles Lettres ) .

Quand l'historien du droit et psychanalyste Philippe Legendre en appelle à Freud pour nous détourner de " l'enfer des capteurs " a-t-il totalement tort ? 

" Freud identifiait un malaise fondamental dans la civilisation comme résultant d'un processus nécessaire situé à la base de toute société devant, par des lois et des règles, freiner les pulsions des individus, générant de facto des frustrations, un malaise enfoui et partagé . Et si c'était cette structure-là, fondatrice de toute civilisation, qui actuellement s'effondre, autorisant chacun à vivre ses pulsions gérées par des systèmes chargés de continuellement les assouvir  ? " 

Ces systèmes, qui insidieusement, contribuent à nous défaire de notre libre jugement, de notre capacité singulière d'action .

Nous n'avons pas le choix : n'en déplaise à M. Macron ou à Mme Kosciusko Morizet, nous devons nous libérer au plus tôt de " l'enfer des capteurs et des objets connectés ", de  la réalité augmentée, des réseaux sociaux sans filtres, du voyage au bout de la nuit de nos consciences dans laquelle nous fait sombrer la soi-disant " raison numérique " .

Tel est le message d'Eric Sadin, dans la conclusion de son livre, conclusion qu'il intitule " Gloire de la limite " : " La limite est à la fois la conscience et la preuve que nombre de choses nous excèdent et que le réel ne peut s'ajuster à tout instant à notre volonté " .

Albert Camus dans " Le Premier Homme ", ne disait pas autre chose : " Un homme ça s'empêche " .

 

NB : à partir du billet de Sébastien Lapaque dans Marianne No 1027 du 2 décembre 2016, concernant le livre d'Eric Sadin .

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 15:26
Photos Lewis Hine .Photos Lewis Hine .
Photos Lewis Hine .Photos Lewis Hine .Photos Lewis Hine .
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Photos Lewis Hine .

" Il y a la charité quand on n'a pas réussi à imposer la justice " ( Victor Hugo ) .

* Luis Sepulveda ( écrivain chilien ) .

Le 21 décembre 1985, sous la présidence de F. Mitterrand et un Premier Ministre nommé Laurent Fabius, la préhistoire en somme, l' humoriste Coluche faisait installer une tente dans un terrain vague du XIXe arrondissement de Paris, où furent servis, cet hiver là, 60 000 repas . Aujourd'hui, nous en sommes à 2112 antennes des " Restos du Coeur " réparties sur tout le territoire et 132 millions de repas distribués .

Le Secours Catholique ne cesse d'avertir que la France compte 9 millions de pauvres, dont 3 millions d'enfants, vivant dans des familles ayant moins de 1000 € de revenus mensuels . 

Emmaüs tonne contre la situation des mal logés : plus de 3 millions de familles vivant dans des appartements insalubres et dangereux .

L'Observatoire national de la précarité insiste sur l'explosion du nombre de foyers dans l'incapacité de payer leurs factures de gaz et d'électricité et renonçant à se chauffer autant que sur l'augmentation du nombre de locataires menacés d'expulsion pour cause de loyers impayés ... 

Les enquêtes faisant état du nombre de personnes, en constante augmentation, qui ne se soignent plus faute de moyens, se multiplient .

Autrefois, certains naissaient avec une cuillère d'argent dans la bouche, aujourd'hui ils naissent avec deux cuillères d'argent sur la langue, tandis que des millions d'autres, de plus en plus nombreux, font leurs premiers pas " la fourchette du besoin à la main " dont les pointes restent désespérément nues .

En toute logique, une telle situation devrait ulcérer les gouvernants, torturer les consciences, mobiliser les intellectuels . Pas du tout ! Alors que des millions de bénévoles font preuve d'un dévouement sans limites, les représentants de la " caste " s'en lavent les mains, ou pire parfois, se moquent de ces " ploucs " et de ces " sans dents " .

Le rideau est retombé sur " la primaire de la droite " où l'on a évoqué, " vannes grandes ouvertes ", la hausse de la TVA, les charrettes de fonctionnaires, l'obligation incontournable d'en finir avec l'ISF, le nécessaire recul de l'âge de la retraite, l'inévitable impératif de travailler plus pour gagner moins, l'absolue nécessité de réduire la couverture " santé " aux acquêts, mais pas un mot sur la lutte contre la misère, sinon la vieille antienne qui veut qu'en permettant aux riches de devenir toujours plus riches, il y aurait moins de pauvres .

Depuis le virage de 1983 et la plongée " sans combinaison de survie " de la France dans les Traités européens et leur logique d'austérité les pauvres n'avaient plus leur place sous le soleil européen : raboter les investissements publics, soigner les actionnaires, favoriser la rentabilité financière au détriment de la production de biens, laisser les banques spéculer à gogo, asphyxier les petites entreprises, freiner la recherche, tel était le credo " des gens biens " .

Et il ne fallait pas prendre le risque de proposer autre chose car " la police politique " de la " caste " faisait sortir aussitôt les canons à eau .

" Mieux répartir les richesses ? Impossible ! Frapper les hauts revenus afin de les faire participer à l'effort collectif ? Irréaliste ! Donner la priorité aux créations d'emplois plutôt qu'aux délocalisations folles ? Archaïque ! Taxer ceux qui s'enrichissent en dormant ? Illusoire ! ... "

Bref ! Ne toucher à rien et se laisser glisser le long de la pente : c'était la version " Hollande-Valls " . Mais depuis la primaire de la droite, un autre discours est né, tout faire en pire : c'est la version " F. Fillon " .

La morale de l'histoire c'est " la caste " qui la donnera, et pour une fois ce sera gratuit  : " des efforts, encore des efforts, toujours des efforts " mais pour les autres .

 

NB : d'après l'article de Jack Dion, " Une nouvelle maladie contagieuse ", Marianne No 1027 du 2 décembre 2016 .

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 14:35
l'escamoteur .

l'escamoteur .

Le jeu de bonneteau, connu depuis des siècles, n'est pas un jeu de hasard mais une escroquerie .  " Le manipulateur " et ses comparses en sortent toujours gagnants .

Se considérant comme " le meilleur d'entre nous ", l'habile F. Hollande a joué sa candidature à l'élection présidentielle de 2017 au " bonneteau " mais il a tant et tant manipulé les gobelets de sa stratégie qu'il n'a plus su, à un moment donné, où se trouvait la " bille " de son escroquerie . Il l'avait perdue .

C'est pourquoi, hier soir, au " 20 H " des chaînes de télévision, il est venu annoncer qu'il arrêtait la partie . La partie de " bonneteau " . Pour une fois, " le manipulateur " venait de perdre .

Reconnaissons-le, jamais sous la Ve République on n'avait vu s'installer au sommet de l'Etat un tel " bordel généralisé " . 

Résumons : quand le Président de la République est recadré par son Premier Ministre qui le harcelait depuis des mois afin qu'il se retire de la compétition pour 2017 ( interview au JDD du dimanche 27 novembre ) ; quand le Ministre de l'Agriculture rappelle à l'ordre le Chef du Gouvernement et se pose en arbitre de la morale politique avec l'élégance et la finesse d'un Eric Ciotti ou d'un Christian Estrosi ; quand deux anciens ministres de l'économie somment manuel Valls de se montrer loyal alors qu'eux-mêmes ont abandonné le Titanic qu'est devenu le gouvernement, depuis des mois ; quand le quatrième personnage de l'Etat, le Président de l'Assemblée Nationale, qui ne digère pas d'avoir été traité par le Président " d'incapable ", invite les deux têtes de l'Etat à aller s'entretuer sur les plateaux d'une " pseudo primaire de gauche " alors, oui, on peut affirmer, sans crainte de se tromper, que les socialistes n'étaient pas prêts pour gouverner, en 2012 et surtout, qu'en cinq ans, ils n'ont jamais pris la mesure des responsabilités qui leur incombaient, adoptant au sommet de l'Etat les mêmes postures que " rue de Solférino " et dans les inénarrables Congrès du parti .

Dans la dispute de " cour d'école " qu'ils nous ont offerte durant ces très longs derniers mois, ces disputes où l'on joue à se " coller " bêtement des coups de pied dans les tibias, l'on a eu souvent envie de rappeler à ce petit monde que le pays était en situation de guerre, que les défis auxquels il était confronté étaient gigantesques et qu'il était plus que jamais nécessaire d'avoir des gouvernants plus tournés vers l'intérêt général que vers leurs ambitions personnelles . 

Pour une présidence que l'on nous avait promise normale, quel lamentable et pathétique spectacle que cette empoignade du week-end dernier qui s'est terminée par " un déjeuner de dupes ", à l'Elysée, ce lundi 28 novembre, où Manuel Valls était venu annoncer sa démission de Premier Ministre au Président, en vue de se lancer dans la bataille des présidentielles, et où, F. Hollande l'avait roulé dans la farine avec l'expression normande célèbre : " peut'être ben que oui, peut'être ben que non " .

A son retour à Matignon, Valls ne pouvait que laisser éclater sa rage : " Culbuto nous tient par les c... ", déclarait-il à son entourage .

Alors que le pays traverse des temps sombres, on n'a pensé à la tête de l'Etat qu'à s'entre-déchirer pour une fonction présidentielle qui s'éloigne toujours un peu plus de tous ces protagonistes inconséquents . Mais que n'ont-ils pensé, plus tôt, à sombrer avec classe ! Se souviennent-ils seulement qu'ils vont devoir encore gouverner le pays pendant cinq mois ?

Alors, hier soir, " le manipulateur " de tout ce jeu indécent déclarait la partie terminée . Avec grandeur ? Avec classe ? Questions stupides ! Vulgaire " empêchement ", tout bonnement, F. Hollande ayant perdu, bille, boussole et gouvernail .

La partie est terminée : certes ! Mais ce n'est qu'une partie . Car dès aujourd'hui, une autre commence, celle de la " primaire socialiste ", croquignolesque, risible .

Prévue initialement par J. Ch. Cambadélis pour servir de rampe de lancement à F. Hollande, à quoi peut-elle servir aujourd'hui, avec ces candidats de troisième série, sans charisme, sans expérience sur le temps long, et qui ne pourront, au mieux, que laver un peu de linge sale en famille, à quoi l'on peur ajouter une participation prévisible ridicule, tant les sympathisants de gauche ont intégré les avertissements des sondages : le cinquième rang dévolu au premier tour de la présidentielle au représentant de cette famille .

En écrivant cette parole à peu que le coeur ne me fend " ( F. Villon ) .

 

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 14:08
Droopy : surnom de F. Fillon dans la famille " Les Républicains " .

Droopy : surnom de F. Fillon dans la famille " Les Républicains " .

" Droopy : lent et triste, le discours rare et paradoxal, mais capable d'exploits surprenants, tel se présente le personnage de Tex Avery ."

L'irruption de F. Fillon au premier plan de la politique française, après avoir été un éternel second durant trois décennies est " un contresens " politique total .

Tenant d'une purge sociale radicale au nom d'un renforcement de la compétitivité des entreprises sur la scène de la globalisation mondiale, F. Fillon n'a rien vu venir : les secousses qui traversent les mécanismes du commerce international ont complètement échappé à ses équipes .

Depuis la crise financière de 2008, la mondialisation est en panne et le protectionnisme a repris du poil de la bête confirmé par le programme économique du prochain locataire de la Maison Blanche .

Le Projet TAFTA, traité de libre- échange entre les EEUU et l'UE est - et c'est heureux - abandonné . Depuis 2008, Washington a édicté plus de 600 règles protectionnistes ( droits de douane et autres mesures non tarifaires ), ramenant sa part dans le commerce mondial à moins de 9% - soit en dessous de l'Allemagne - . En 2016, l'OMC ( Organisation Mondiale du Commerce ) a recensé 350 mesures protectionnistes nouvelles dans les seuls pays du G20 .

C'est tout l'enjeu des politiques que Trump s'apprête à mettre en place aux USA, exprimée dans la menace qu'il adresse aux entreprises américaines : " Avec une administration Trump il va falloir changer les pratiques commerciales et plus vite que ça ! " , agitant la perspective d'une taxe sur les importations en provenance de Chine de 45%,  ainsi que la dénonciation des accords de l'OMC et de l'ALENA ( EEUU, Canada et Mexique ) .

C'est pourquoi APPLE a déjà demandé à ses deux principaux fournisseurs, pour sa production fétiche, les smartphones, Foxconn en Chine et Pegatron à Taïwan, de rapatrier leur production ( assemblage et fabrication des composants ), éclatée dans 12 pays différents, en Amérique, précise le " Nikkei Asian Rewiew " .

( Foxconn est l'entreprise emblématique de la globalisation, forte de ses 300 000 salariés, employés à monter tous les smartphones des grandes marques occidentales avec un temps de travail de 12 heures par jour, 6 jours par semaine, des salaires de 156€ par mois ( en 2010 ) et ses vagues de suicides de travailleurs épuisés par la terreur productiviste de la direction . )

C'est que certaines données ont changé depuis 2008 . Produire en Chine est actuellement plus onéreux qu'en Espagne, par exemple, si l'on réfléchit en termes de productivité, de transport et de réactivité, affirme l'économiste Patrick Artus de Natixis .

Ce dernier ajoutant : " Le protectionnisme nous l'avons de  puis quatre ou cinq ans avec la remontée des mesures prises par les Etats, notamment pour les échanges de biens qui représentent 80% du commerce international . Il y a de plus en plus souvent de la part des gouvernements l'exigence d'une production locale, comme on le voit avec les contrats d'avions en Inde et la montée des coûts salariaux dans les pays émergents .

Ce mouvement va durer : d'ici une décennie, les multinationales fabriqueront avec moins d'échanges entre zones éloignées ... " 

L'économiste affirme que l'on est en train de " démondialiser ", au sens où les productions  se rapprochent des consommateurs fiscaux dans de grandes régions .

F. Fillon est bien en retard d'une guerre . Mais prudence ! Pas plus qu'il n'y a eu de " mondialisation heureuse ", selon l'expression du grand Alain Minc, il n'y aura de " démondialisation heureuse " dans la version Trump .

L'amnistie fiscale annoncée pour les multinationales américaines qui ont planqué 1500 Mds de $ dans des paradis exotiques à taxes nulles, l'abaissement du taux de l'impôt sur les sociétés de 35% à 15% pourraient transformer les EEUU en un gigantesque paradis fiscal pour les grandes firmes mondiales, qui provoquerait l'assèchement des investissements dans les autres pays et particulièrement en Europe .

L'Europe a chaud . Elle a choisi depuis trente ans d'inscrire son avenir dans le seul développement sans fin d'une mondialisation débridée, elle en devient du coup, la zone la plus exposée, la plus fragile face au renversement de la logique économique mondiale en cours . Et c'est le moment où " Droopy " surgit et nous promet d'aller encore plus loin dans la course à l'abîme .

Souhaitons qu'il reste aussi lent que son clone " averyen " !

 

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 15:25
Présenté par le politologue Thomas Guénolé .

Présenté par le politologue Thomas Guénolé .

" Le Petit Parisien "  fut le quotidien de référence de toute la IIIe République, de 1876 à 1944 . En 1919, il annonce une nouveauté sociale très progressiste : la durée de la semaine de travail passe à 48 heures, rappelant que l'âge du droit à la retraite avait été réduit à 65 ans, en 1910 .

Réjouissons-nous, la droite, la vraie, celle qui n'était jamais morte mais attendait l'heure de la revanche, nous entraîne, avec F. Fillon, un siècle plus tard, vers une vision du progrès social, retraite à 65 ans et semaine de 48 heures, couleur " Guerre de 14-18 " .

L' aveuglement de ce que l'on appelle gentiment " la gauche de gouvernement " aura été total . Une fois de plus elle avait oublié un morceau de France, ou plus précisément n'avait pas voulu le voir . Les manifestations les plus massives contre la politique de F. Hollande n'étaient pas ces forums nocturnes de la Place de la République, au printemps dernier, attendrissants mais peu efficaces ; ce n'étaient pas non plus les mobilisations spectaculaires des " défenseurs des zones humides " de la Loire Atlantique ; ce n'étaient pas davantage les cortèges syndicaux en colère contre les mesures annoncées dans la Loi El Khomri et durement réprimés par un pouvoir aux abois ; les foules massives qui se levaient contre la politique de F. Hollande, contre " le socialisme " de F. Hollande, s'étaient vues, bien plus tôt, au début du quinquennat, dans les cortèges de " La Manif pour tous " - des millions - vociférant contre les atteintes aux droits de la famille, contre les atteintes aux droits de l'enfant, contre le droit à l'IVG et la contraception : Civitas, Sens Commun, Opus Dei, le FN de Marion, tout y était pour nous prévenir que la France profonde bouillonnait .

Ces gens, " Des réacs, plus réac que ça tu meurs ", estima-t-on en haut lieu, ce n'est pas la France, tout au plus quelques bataillons d'homophobes déphasés, à cacher au plus vite . La question qu'un malaise plus profond pût s'exprimer là ne vint jamais troubler l'esprit de ceux qui pensent " faire l'opinion " . 

Il est vrai que la gauche " façon F. Hollande " planait sur d'autres hauteurs : ayant abandonné toute vision sociale depuis longtemps, elle pensait s'inscrire dans la durée à travers des réformes sociétales et donc ces trublions qui lui disaient tout le contraire n'étaient au mieux que des gêneurs qu'il fallait oublier au plus vite .

Il suffirait, pensait-elle, de reconnaître les minorités, de leur faciliter une expression libre, fût-elle, parfois un peu antirépublicaine, parfois un peu agressive, parfois menaçante, et même un tantinet terroriste, d'une gentille morale sucrée dans ce miel indéfinissable qu'on appelle " le vivre ensemble ", pour rassembler une majorité de " gagnants " de l'ordre nouveau, de la mondialisation, pour s'assurer une confortable pérennité dans les fauteuils de la République étant acquis que les " perdants " finiraient par ne plus venir voter, ce qui arrangerait tout le monde .

La deuxième erreur de ce pouvoir socialiste fut de se croire, face aux gesticulations d'un N. Sarkozy, le seul rempart contre l'extrême-droite . Il ne comprit rien à ce qui se produisit aux élections régionales de 2014 à savoir que par arrogance et aveuglement il laissa la droite seule face au FN dans ses terres historiques du Nord et des Bouches du Rhône au point d'investir un Christian Estrosi comme Sauveur de la République en Provence-Alpes-Côte d'Azur : c'était offrir à " une gentille droite " l'occasion de montrer, qu'une fois au pouvoir, elle saurait être de droite et bien de droite .

La troisième erreur du pouvoir fut de déclarer la CGT hors la loi, d'engager une répression policière et judiciaire d'une violence inouïe contre les militants de la centrale syndicale, toujours en cours, les frappant impitoyablement de peines de prison ferme ou avec sursis, empêchant désormais toute réconciliation entre la classe ouvrière et le parti socialiste et autorisant les prises de position anti-syndicales d'un F. Fillon .

Les imprécations de " cette gauche morale " n'impressionneront plus une droite ultra-libérale désormais désinhibée par l'irresponsabilité socialiste et bien décidée à réduire drastiquement les services publics et à combattre les syndicats .

Et oui, elle est réactionnaire, la droite, elle est de droite, et il ne sert à rien de crier au loup, messieurs de la rue de Solférino, c'est vous, qui l'avez façonnée, depuis cinq ans, pour être ce qu'elle est devenue, tant vous avez discrédité et ridiculisé l'idée de progrès .

F. Fillon n'est rien d'autre que la créature de F. Hollande !

 

 

  

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