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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 14:45

" Vivre une ville dans sa xénophilie, dans le souci de son ouverture à l'autre, impliquerait une relecture totale de l'histoire des sociétés occidentales et nous obligerait à donner une plus grande place à la vie de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ..." ( Ethnologie de la porte . Pascal Dibie . Anthropologue . Ed . Métailié . 2012 . Cité par Maxime Rovère . Marianne No 801 du 25 au 31 août 2012 ) .

   ( Illustration : la porte d'Ishtar à Babylone . site : cafe-geo.net ) .

 

 

babylone.jpg

 

    Durant la Préhistoire, les ouvertures des huttes ne connaissaient pas la porte, et restaient grandes-ouvertes . Au Moyen-Orient ou en Egypte, dans l'Antiquité, les maisons ordinaires ne fermaient leur ouverture que par une natte ou une toile .

   " Les 14 morceaux éparpillés  du corps d'Osiris, reconstitués grâce aux cordelettes du noeud d'Isis, ouvrent les portes du royaume des Morts ."

   " La mezourah , qui porte deux extraits de textes bibliques, fixée au poteau de porte d'une maison, indique chez le croyant juif, que Dieu protège lui-même ses fidèles, et leur maison ."

   " Et moi je te dis que tu es Pierre et que sur cette pierre je bâtirai mon église et que les portes  du séjour des morts ne prévaudront point contre elle ."  Et Pierre reçoit les clefs du Paradis qui symbolisent le pouvoir délégué à l'Eglise par Jésus .

   " Quarante années de marche séparent les deux battants des portes du Paradis... Ils aboutiront à la porte du Paradis et trouveront une boucle de rubis rouge accrochée à deux plaques d'or ;" ( Haddit du Prophète .) L'Islam attribue huit portes au Paradis .

 

   A son apogée, sous le règne de Nabuchodonosor II, - 580 av. JC ., Babylone compte autour de 100 000 habitants installés sur environ mille hectares .

   La ville est protégée par une enceinte de murailles, extérieure de 12 à 15 kilomètres de long, constituée de trois murs séparés par un fossé, et en avant de ce dispositif on trouve un fossé rempli d'eau de 50 mètres de large . Cent vingt tours défensives de trente à cinquante mètres de haut surplombent ces murailles , percées de cinq portes .

   A l'intérieur de cette première enceinte , on trouve une deuxième ligne de défense faite de deux murs sur une longueur de huit kilomètres, l'un de 7.20 mètres d'épaisseur, l'autre de 3.70 m . En avant de ces murs, encore un fossé de 50m de large, rempli d'eau et suivi d'une autre muraille .

   Cette ligne de défense s'étend sur 100 mètres de profondeur .

   Huit portes ouvrent l'accés à la ville intérieure, portant chacune le nom d'un Dieu, et un " nom sacré " qui ne laisse planer aucun doute sur les sentiments des habitants de Babylone : " L"ennemi lui est répugnant ... Il haït son agresseur ... Il terrasse son assaillant ..." 

 

   Mais qu'est-ce que la porte dans notre imaginaire ?

   " Selon qu'elle est fermée, ouverte, entrouverte, fermée à clé, battante, une porte exprime la présence ou l'absence, l'appel ou la défense, la perspective ou le plan aveugle, l'innocence ou la faute ..." ( Site profils de libertés : Françoise Leclercq  .) 

   Elle est pouvoir d'ouverture ou de fermeture, d'échange ou de rupture, elle sépare le sédentaire du nomade ...

   La porte est séparation ou relation .

   

   Mais la porte a aussi sa fonction sociale . Elle annonce la nature, la fonction et même le statut social du bâtiment . Palais et châteaux ont des portes grandiloquentes qui disent la grandeur et le pouvoir ; les cathédrales ont leur portail et leur tympan qui annoncent le sacré du lieu ; la prison ne peut nous offrir qu'une porte muette . Vers la fin du Moyen-Age on renforcera la fonction de la porte d'un verrou, d'une serrure, d'une cloche et parfois de la présence d'un portier .

    Et puis il y a la modeste porte en bois, déglinguée des maisons pauvres ; la porte prétentieuse, vernie, sertie de cuivre du bourgeois ; la porte moderne, automatique, vitrée, mais à laquelle on peut se cogner...

   Le premier homme qui a percé une ouverture  dans sa hutte cherchait bien, tout de même à créer une communication entre le dehors et le dedans .

 

   Et puisque nous en sommes à la communication, arrêtons-nous un instant sur les peuples qui ne connaissent pas les portes : " les Roms " .

   Venus du Nord de l'Inde, il y a mille ans, ces peuples rejetés de chez eux car jugés " impurs " - ou intouchables - n'ont connu que le nomadisme : du Moyen-Orient à l'Europe Centrale, ils arrivent en Europe Occidentale et s'y installent au XIVe siècle .

   D'abord bien accueillis, protégés par le Pape et les grands féodaux, ils deviennent vite indésirables . Dés la fin du XVe siècle, les villes leur sont interdites et commencent à paraître les premiers décrets d'expulsion ou de sédentarisation imposée : les résistants sont emprisonnés, mutilés, envoyés aux galères ou dans les colonies quand ils ne sont pas exécutés . En 1682, une ordonnance royale de Louis XIV, permet de les envoyer directement aux galères sans jugement .

 

   Monsieur Valls, les campements sauvages posent un problème de sécurité, d'hygiène, de santé, de délinquance, nous sommes d'accord . Mais raser un campement pour jeter sur les routes des femmes et des enfants sans but, sans repères, sans de quoi se nourrir, à la merci de tous les trafiquants, me paraît pire que de maintenir le statu-quo .


   Ouvrez les portes du dialogue, avec ces communautés, avec les associations qui les aident, pour ne démanteler un campement que lorsque la solution alternative a été trouvée : ne dit-on pas, dans le langage familier " ma porte reste ouverte" ?

   En dehors de ce dialogue, toutes portes fermées, nous restons dans la trop connue " politique politicienne ".

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 13:53

"  Ma seconde maxime était d'être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pourrais , et de ne pas suivre moins constamment les opinions les plus douteuses, lorsque je my serais une fois déterminé, que si elles eussent été trés assurées . Imitant en cela le voyageur qui, se trouvant égaré en quelque forêt , ne doit pas errer en tournoyant, tantôt d'un côté , tantôt d'un autre, ni encore moins s'arrêter en une place, mais marcher le plus droit qu'il peut vers un même côté, et ne le point changer pour de faibles raisons, encore que ce n'ait été , peut-être, au commencement, que le hasard seul qui l'ait déterminé à le choisir : car par ce moyen, s'il ne va justement où il désire, il arrive au moins à la fin quelque part, où vraisemblablement il sera mieux qu'au milieu de la forêt ..." ( Desc artes . Le Discours de la Méthode . 1637 . La seconde maxime . ) Citation empruntée au site : arbreapalabre .

   ( Illustration : cercle-de-samsara.com ) .

 

 

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   " Nous sommes condamnés à choisir sous peine de mourir, comme l'âne de Buridan " .  Je ne cherche pas à  enfoncer  le gouvernement de F . Hollande, je ne veux surtout pas mêler  ma voix aux grotesques critiques d'une droite à la dérive et sans propositions .

   Mais l'été socialiste qui se termine par l'équinoxe traditionnel des " Journées de La Rochelle " laisse un goût de " parenthèse dans l'immobilité "  , alors que les nuages n'ont cessé de s'accumuler sur l'Europe et la France, ce qui ne peut qu'inquiéter .

   C'est pourquoi, Descartes  et sa " morale par provision " m'ont paru bienvenus dans le climat de cette rentrée, pour rappeler à ceux qui nous dirigent que l'incertitude n'appelle pas à l'hésitation mais à l'action . " On ne peut arrêter d'agir , mieux vaut donc agir tout en étant dans l'incertitude que de ne pas agir du tout ."


   Selon le site Mediapart des confidences de couloirs laissent entendre, qu'au sein du PS réuni à La Rochelle ces inquiétudes existent : " Cet été on a eu l'impression d'une sorte de vacance du pouvoir"  , confie un cadre du Parti . Le porte-parole du PS, est plus prudent mais reconnaît qu'il  " y a pu avoir une impression de décalage entre nos premiers pas et les mauvaises nouvelles qui s'accélèrent " . " Il y a un problème de décision à Matignon " avoue le Conseiller d'un Ministre, ajoutant aussitôt " qu'à l'Elysée , on a l'impression que tous les conseillers ne sont pas trés occupés ..." Martine Aubry reconnaît qu'il n'y a pas d'agitation, mais se voulant rassurante - ou coquine - affirme que " le Président et le Premier Ministre font tout ce qui est possible pour redresser le pays " .

   Laissons les états d'âme de côté et regardons les aspects plus positifs .

   Toujours selon le site Mediapart, le Président du groupe socialiste à l'Assemblée annonce une session parlementaire d'automne trés chargée . Le combat pour l'emploi sera le fil rouge de toute l'action gouvernementale, même si l'absence de croissance , doit entraîner une poursuite de la hausse du chômage .

    Le vote du Budget 2013 occupera bien des nuits de nos Députés et Sénateurs, sachant que c'est un trou de 33 Mds d'euros qu'il va falloir combler . Les textes sur la création de 150 000 " emplois avenir" - des CDI à durée déterminée -,  selon le Ministre du Travail ( sic ) ; sur les contrats de génération ; la taxe sur la compétitivité des PME ; les tarifs de l'énergie et du gaz ; l'obligation pour les multinationales de céder des sites rentables à des repreneurs potentiels - coopératives ouvrières - au lieu de les fermer purement et simplement, pour neutraliser toute concurrence ; Création d'une Banque Publique d'Investissement censée débloquer les crédits aux PME ; Loi sur la séparation des activités de dépôt et de détail des banques .

   Avant la fin du mois de septembre le Parlement aura dû adopter le Traité européen de stabilité financière .

   Les élus ont du travail devant eux, et c'est bien .

 

   Mais à ce stade, j'en appelle au philosophe pour prévenir les élus, que pour aboutir à un endroit, et sortir de la forêt, il faut se fixer un cap et s'y tenir . La finance était le principal adversaire du candidat Hollande : mais le Parlement, avec la complicité d'un Conseil Constitutionnel indulgent, va voter le Traité européen de stabilité financière, dans les termes précis du texte signé par Sarkozy et Merkel : austérité, sacrifices, démantèlement du droit du travail,  et du droit social , plus respectueusement appelé : " mesures stucturelles ."

   La séparation des activités au sein d'une même banque ne garantit en rien la sincérité de son comportement ; ce sont des banques de statuts différents qu'il faut créer, sinon le contribuable continuera à payer de sa poche .

   La Banque Publique d'Investissement peut être un excellent outil économique , mais seulement si on lui donne les moyens financiers et juridiques d'assumer sa fonction, et à condition que la Commission Européenne ne vienne pas la condamner, par avance,  pour entrave à la libre concurrence non-faussée .

 

   Les hémorragies lyriques de nos amis allemands ne doivent pas nous impressionner : " Hollande ménage un peuple qui refuse de regarder la réalité en face ... Les salariés français tiennent à leurs quarante jours de vacances ... Paris est une ville d'affaires où il est impossible de sauter le repas de midi ...Les Français préfèrent parler de redressement plutôt que de réformes ...D'ailleurs quand leur Président se définit comme normal, il faut comprendre que tout restera comme avant, car les  Français sont trés conservateurs ..."  ( Le " Spiegel "  du 13/08/2012 . Cité par Le Canard Enchaîné du 22/08/2012 .)

 

   Certes je dois confesser que Descartes m'intéresse quand il me dit d'avancer tout droit, mais il ne répond pas à l'autre question : que faire aprés ?



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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 15:20

Réédition .

"La domination de l'Occident est la pire de l'histoire humaine dans sa durée et son extension planétaire ." ( Edgar Morin . Vers l'abîme .2007 . Ed. de l'Herne .)

   ( Illustration : live2times.com ) .imagesCANZSRT1.jpg

 

   

   Eloignons-nous un temps de l'écume des choses pour revenir encore une fois à l'histoire de nos sociétés, la seule histoire qui nous fait comprendre, d'où viennent les problèmes, et vers quoi,  les mêmes erreurs et les mêmes horreurs, nous conduisent .

 

   Cela fait cinq siècles que les Occidentaux dominent la planète : " domination féroce et trés bien organisée .(1).

   On peut isoler quatre étapes dans l'évolution de cette domination .

  " L'étape des conquêtes" que l'on peut faire commencer avec la Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, en 1492 :  prise de possession d'immenses terres, de mines d'or et d'argent , au nom de monarques européens, génocide de millions d'indiens au nom de la Sainte Eglise Catholique et Romaine .

   L'étape suivante est celle que Jean Ziegler, (1), appelle " le temps du commerce triangulaire", celle de la déportation massive des Noirs Africains vers l'Amérique dépeuplée par les massacres d'Indiens : celle de l'esclavage planifié et régi par des codes .

   Le" troisième système d'oppression" occidentale,(1), qui se mit en place tout au long du XIXe siècle, en Afrique et en Asie, fut la colonisation . L'occupation militaire garantit l'accés aux ressources minières et agricoles, protège le dépeçage de régions entières, couvre la destruction de civilisations autochtones, autant par des missionnaires chrétiens que par des "apôtres de l'universalisme républicain" ,(1), invente les travaux forcés .

   A ce stade, on est en droit de se dire que le pire est derrière nous . Eh ! bien, non .

   Le quatrième stade de l'oppression que nous appellerons, " l'ordre du capital occidental globalisé",(1), le dernier en date, et le plus meurtrier, est là, sous nos yeux : il s'appelle dette, libre-échange, liberté de circulation des capitaux, FMI,  Banque Mondiale, OMC, Etats-Unis, Union Européenne , Bourse de Chicago sur les matières premières, sociétés transcontinentales privées , paradis fiscaux,  en un mot, l'Idéologie néo-libérale .

   Les historiens évaluent le nombres de victimes civiles et militaires des six années de seconde guerre mondiale, à 60 millions . Mais qui sait que le système économique actuel largement dominé par les occidentux, en fait autant chaque année, par les famines, la malnutrition, l'absence d'accés à l'eau potable, les épidémies, l'absence d'accés au soin, le SIDA, pourtant enrayé en Europe , les conflits armés alimentés par les industries d'armement occidentales .

   Je ne vais pas revenir sur les méthodes cyniques du FMI  pour mettre à genoux les pays pauvres, par la dette, ou sur celles de l'OMC pour imposer le démantèlement de leurs droits de douanes et la mise en place de cultures extensives pour l'exportation ; sachez simplement que les Commissaires Européens sont aussi arrogants et impitoyables que les technocrates du FMI ou de l'OMC quand il s'agit de faire ouvrir un marché africain aux entreprises européennes .

   On nous cite toujours l'exemple de trois ou quatre pays émergents qui auraient réussi, mais on ne nous parle jamais des 122 pays qui restent en voie de développement, car pillés par les sociétés transcontinentales et dont la moitié, loin de se développer, s'enfoncent chaque jour un peu plus dans la misère .

 

   Vous devez vous dire encore une fois que je délire . Que vient faire Christophe Colomb dans la crise européenne ?  La réponse est simple . Les " Initiés", dont j'ai déjà parlé, sentent bien qu'ils ont pressé à mort les pays pauvres . Et donc ils tournent leurs appétits vers l'épargne des pays riches ? Vers nous . La bataille des dettes souveraines est le cinquième stade du pillage des richesses créées par les producteurs, au profit de quelques-uns . C'est cela qu'il faut aller voir sous l'écume des choses . La Gréce, le Portugal, l'Espagne sont les premières victimes du déplacement du champ de bataille . Et le personnel politique européen est consentant et complice . S'en remettre à lui en adoptant le Traité de stabilité n'est rien moins qu'un suicide collectif .

   C'est pourquoi la récente campagne des présidentielles françaises s'était vautrée dans des affrontements pitoyables de personnalités qui ne voulaient surtout pas se confronter à l'essentiel , étant d'accord sur cet " essentiel " .

   C'est pourquoi nous avons besoin de comprendre comment a fonctionné le système depuis cinq siècles .

 

   " Comment comprendre que le prix d'un produit fabriqué durant de longs mois et par un dur labeur, sous le soleil et sous la pluie, par des millions de paysans, est déterminé par quelqu'un qui est assis sur une chaise, derrière un ordinateur, dans un bureau climatisé, sans qu'il prenne en considération leurs souffrances ?" ( Oulai Siene . Ministre de la Justice de la Côte d'Ivoire . Conférence de Durban . Septembre 2001 .) - Cité par Jean Ziegler : La Haine de l'Occident .

 

 

   NB /(1). Texte inspiré par le livre de J.Ziegler : La haine de l'Occident .Albin Michel .2008.

   

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 19:03

Réédition .

 

" L'aliénation du spectateur au profit de l'objet contemplé,( qui est le résultat de sa propre activité inconsciente), s'exprime ainsi: plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir." ( Guy Debord. La Société du spectacle .1967. Cité par le site: sami.is.free.fr/oeuvres/debord_societe_spectacle ).

   (1)" La planète malade" est un essai de Guy Debord , de 1971 ; édité par gallimard , 2004.) Guy Debord, écrivain et essayiste révolutionnaire français ; 1931-1994 )


   Illustration: site www.wat.tv/video/planete-malade

 

 

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   F.Hollande avait-il pris la mesure des enjeux, quand il déclarait, au soir des "Primaires socialistes ", en octobre 2011,  " Il faut réenchanter le rêve "?  Regardons , avec un Guy Debord trés lucide, la réalité en face .

   Nous avons atteint le point "de l'impossibilité de la continuation du fonctionnement du Capitalisme... La pollution s'est emparée de toute la vie de la société." Et de nous citer des exemples: 

   Pollution chimique de l'air respirable ; pollution des eaux des rivières, des mers, des océans ; augmentation irréversible de la radioactivité accumulée par le développement des énergies nucléaires ; nuisances sonores généralisées ; envahissement des plastiques, non biodégradables, dans notre environnement le plus proche ; falsification insensée de nos aliments ; lèpres  urbanistiques s'étalant à perte de vue, en lieu et place de nos campagnes ; recrudescence d' épidémies que l'on croyait révolues ; augmentation du nombre des maladies mentales ; augmentation des suicides, particulièrement dans des lieux où les agressions  contre  l'environnement sont le plus localisées.

   N'oublions pas,  dans la liste,  le danger permanent de l'arme nucléaire , ou des armes biologiques, de plus en plus aux mains de petits potentats sans foi, ni loi.

   La nouveauté, c'est qu'aujourd'hui, la science indépendante le dit, le prouve, et prononce des mises en garde de plus en  plus pessimistes, car cette science sait mesurer et extrapoler avec une précision accablante les désordres engendrés par le développement industriel pensé sur le seul mode du profit de quelques-uns. La science indépendante peut même nous dire à quelles dates probables les premières  catastrophes vont se déclencher. Nous ne sommes plus dans les terreurs collectives millénaristes, nous avons atteint le moment où la science nous annonce,  mathématiquement, notre fin, si nous ne réagissons pas. Et encore, réagir pour faire reculer légèrement l'échéance.

 

   Les dirigeants politiques et économiques ne peuvent plus nous cacher ces réalités . Ils savent trop bien que la société n'accepterait pas que l'on cachât les dangers, et qu'une telle attitude pourrait provoquer des révoltes d'une grande violence.

   C'est qu'il ne s'agit plus d'une exploitation porteuse de misère, d'un système d'oppression privatif de libertés, le capitalisme, dans son expansion et accomplissement de  son économie politique, en abîmant et en condamnant le milieu même de la vie,  nous a fait entrer dans sa phase ultime: la mort ! la mort de l'humanité .

   En tuant l'air des villes et l'air des champs, l'eau des sources et l'herbe verte, les capitalistes et les réformistes qui croyaient pouvoir encadrer le système,( socio-démocrates et autres naïfs ), et le faire évoluer vers un "capitalisme à visage humain", nous ont conduit sans états d'âme, à ce que Debord qualifie de " reniement achevé de l'homme" .

 

   Alors , les têtes pensantes du système ont réagi . Oui aux mesures anti-pollution, oui  aux économies d'énergie, oui à la protection de l'environnement, il y a là, ont-ils trouvé, des réserves fabuleuses de profits à faire encore, des niches d'investissements à faire prendre en charge par les Etats, pour faciliter les gains à venir .  Car ne nous y trompons pas,  même à la veille de sa mort, un profiteur songe encore au profit,  c'est son élan vital.

   Mais il faut faire croire au citoyen que l'on a changé, que l'on s'intéresse maintenant, et pour de bon, à son sort.

   Et l'on a mis en marche une force de combat, colossale et meurtrière, la force des médias télévisés, radiophoniques, les publicitaires, le cinéma et Internet, les personnalités peu regardantes sur les valeurs, quand il y a de la renommée et de l'argent à gagner, on a mis en marche , ce que Debord appela:" La société du spectacle."

   Cette société fonctionne sur un principe d'aliénation, comme l'ancienne exploitation du prolétaire. " L' aliénation du spectateur s'exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ;  plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir... Ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente."(2)

   Debord va plus loin, quand il dénonce  l' entourloupe  du système qui n'a qu'un but,  nous endormir. " A mesure que la nécessité se trouve socialement rêvée, le rêve devient nécessaire. Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir... le spectacle est le gardien du sommeil."(2)

   Et  nous pouvons comprendre ainsi quel est le rôle assigné à nos stars du cinéma, de la chanson, du sport, mais aussi de l'industrie, des médias, de la politique, de l'écologie, de la littérature voire de la "truanderie" ; à tous ces jeux télévisés, à la télé-réalité, à ces documentaires si esthétiques sinon pathétiques.

   Un seul but, amener le spectateur à s'identifier au héros, il est si beau, si riche, si intelligent. Ce pourrait être moi, donc" je suis quelqu'un", (Rosanvallon). Le monde peut bien s'écrouler, je suis quelqu'un, ce que j'ai voulu être toute ma vie. je rêve ! Sauf que de ce rêve là, on ne redescend pas.

        Et pendant que je me prends pour Brad Pitt , les financiers continuent de se goinfrer.

  

   Voilà, Mr Hollande,  parlez  vrai aux Français, car vous courez le risque d'être assimilé aux tricheurs qui nous grugent, à ceux qui nous" enfument" de paroles et refusent les actes.

   Tenez-nous le langage de la vérité !  Nous saurons ainsi  , un jour peut-être, dépasser" le spectacle" pour choisir les bonnes réponses, et  montrer aux  parrains de l'illusion qu'ils ne nous ont pas encore , tous, endormis.

 

 

   NOTE: (2) Les citations de Guy Debord sont empruntées au site:sami.is.free.fr/oeuvres/debord_société_spectacle

 

   


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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 14:41

" L'existence d'une classe privilégiée est incompatible avec la Liberté ... " ( Pierre Larousse . Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle . )

( Illustration : paperblog.fr ) .lencyclopedie-larousse-est-ligne-L-1.jpg

 

   Voici deux jours je m'interrogeais sur la place vivante - ou morte - de la Fraternité dans le tryptique de la République, considérant que pour le premier terme de la devise républicaine, la Liberté, la question était réglée :  la Liberté serait passée dans notre quotidien , depuis la Révolution, - malgré quelques accrocs historiques - et l'on n'a plus à y revenir .

   Mais voilà que je m'interroge :  la Liberté a-t-elle vraiment eu sa place, un seul jour, dans nos sociétés, depuis l'Antiquité ?

 

   " La Liberté, reconnue par tous les politiques modernes dignes de ce nom comme un droit primordial de l'espèce humaine, n'a presque jamais existé ici-bas ", dit Pierre Larousse, le créateur du Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, dans l'article qu'il c onsacre à la Liberté .

   Deux faits antagonistes dominent la politique humaine, nous dit cet ancien instituteur , les nécessités sociales et les droits individuels , ou dit autrement : l'autorité et la liberté . L'opposition de ces deux faits est la cause de tous les bouleversements, car ils ont été niés , l'un et l'autre, par des intéressés égoïstes ou par des fanatiques irréfléchis . Nier l'autorité, c'est briser le lien social, détruire l'idée de société ; nier la liberté c'est installer le despotisme, c'est livrer la société à une exploitation réglée par quelques cupides ambitieux .

   La Liberté a presque toujours été  dans l'histoire la victime de l'autorité : elle n'a pour elle que le Droit, alors que l'autorité dispose de la force .

   La Liberté est la limite naturelle de l'autorité, elle se présente aux gouvernements comme un obstacle à leurs ambitions, comme une gêne intolérable à leur action . " Il est donc naturel à tout gouvernement d'écarter de son chemin la Liberté, cette digue qui s'oppose à tous les abus de pouvoir ", dit encore P. Larousse .

   Dans cette lutte inégale la Liberté a presque toujoursz succombé .

   Donc défendons courageusement la Liberté, l'autorité saura bien se défendre elle-même .

 

    Mais la Liberté nécessaire, à la base de tout ordre social, a-t-elle toujours été bien défendue ? Nous en connaissons tant de formules, " les unes trop absolues, les autres si insuffisantes qu'elles s'évanouissent dans l'application ."

   L'Antiquité a trés peu connu la liberté politique car elle a quasiment ignoré la démocratie . Partout, ou presque, elle s'est incarnée soit dans un homme, soit dans une caste privilégiée, toujours régie par un régime d'autorité outrancier .

   L'Egypte et ses institutions savantes mais néammoins absolutistes ; l'Asie livrée à la volonté du Prince et aux caprices du despotisme ; la République romaine plus démocratique mais où les lois émanaient d'une caste, qui ayant oublié les plébéiens, laissa le chemin libre au césarisme , le peuple ne trouvant aucune différence entre César ou les Patriciens . La Grèce de Sparte où tout citoyen était l'otage de la Cité ne saurait nous convaincre ; mais pas davantage Athènes, où vingt mille citoyens vraiment libres, réglaient la vie quotidienne de deux cent mille habitants .

   Au Moyen Age, qui donc pouvait se prétendre vraiment libre, sinon le tenant d'un fief, le seigneur, trop libre, qui, ne relevant d'aucune autre autorité, écrasait toutes les volontés au-dessous de lui , les populations ne jouissant d'aucun droit et subissant le joug d'un semi-esclavage .

   Les Temps Modernes et la Monarchie Absolue, ne firent pas mieux .

 

   Certes la Révolution parut ouvrir, en 1789, le vrai espace à l'épanouissement de la Liberté, mais ses héritiers, les membres de la bourgeoisie française s'empressèrent, dés 1830 et sous la Monarchie de Juillet, d' effacer de la devise de leurs pères, le mot Liberté . Ce qui donna quelques années plus tard, à l'image de la fin de la république romaine, un retour au césarisme , avec Napoléon III , mais surtout dans l'indifférence populaire , les ouvriers ne se sentant plus concernés .

   Ce Second Empire, donna aux Français " la liberté du commerce, de la boucherie, de la boulangerie et du théâtre ", mais ni la liberté de l'homme, ni le plein exercice des droits du citoyen .

   "  Le travail est libre, mais qu'importe au peuple, si dépourvu des instruments du travail, sols,  outils ou capitaux, il ne trouve même pas l'emploi de ses bras ? " interroge P. Larousse, il y a cent cinquante ans .

 

   Le suffrage universel a-t-il fondamentalement changé la place que la Liberté doit tenir dans une société moderne ? Je n'en suis pas trés sûr !

   " La Liberté est la Loi naturelle en vertu de laquelle l'homme se meut dans l'orbite de sa raison ... La liberté est la loi de l'homme comme le mouvement est la loi de la terre ...

   Tout discuter, tout simplifier, tout essayer, tout vérifier : voilà le règne de la Liberté ..." ( Emile de Girardin, journaliste et  publiciste ) .

   " Aussi , pour fonder et faire vivre la liberté ce n'est point sur les gouvernements que ses amis doivent compter , mais sur leurs propres efforts, sur leur persévérance, sur leur inébranlable volonté ..." ( P. Larousse ) .

 

 

   NB :  (1) .  D'aprés l'article sur " la liberté " du Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, de Pierre Larousse . Parution des premiers fascicules, en décembre 1863 .

   Cité par Michel Winock , Les voix de la liberté , Seuil , 2001 .

   

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 15:11

      Article de novembre 2011 : réédition .

 

 "Comment, au royaume morcelé du Moi-je, retrouver la force du nous, un nous durable, faisant toujours référence à une sacralité, séculière ou révélée." ( Régis Debray. "Le moment Fraternité".Février 2009.)

 

 

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   La Devise de la République est fille de la Révolution de 1789. Elle est mentionnée pour la première fois, dans un discours de Robespierre, en 1790, Le Discours sur l'organisation des gardes nationales, et donc bien avant la Proclamation de la République. Elle est dans l'air ambiant, d'ailleurs le salut républicain n'est-il pas: Salut et Fraternité?  Cependant les différentes Constitutions de l'ére révolutionnaire ne la reprendront pas.

   Il faut attendre la Révolution de 1848, pour qu'elle apparaisse dans l'article IV de la Constitution de 1848. C'est enfin la IIIe République, qui en 1880, l'officialise par décret, en en rendant obligatoire l'inscription sur le fronton de tous les bâtiments publics.

   Dans le débat politique, la Liberté et l'Egalité tiennent le haut du pavé. Mais de la Fraternité on parle si peu !

 

   Je me suis toujours demandé à quoi pouvait faire référence le troisième pilier de ce triptyque éminemment républicain. D'autant plus que si pour la Liberté et l'Egalité, je saisissais bien qu'il s'agissait d'énoncer des Droits et de mettre en oeuvre les moyens de les faire respecter, je ne voyais pas la Fraternité comme un Droit. Je mettais plutôt, derrière ce terme une notion d'obligation, de volonté, de morale, assez éloignée d'un juridisme pur et dur.

   Ainsi, pendant trés longtemps , pour me simplifier la tâche, j'ai confondu Fraternité et Solidarité. Du coup, l'obstacle devenait plus facile à surmonter.

   La Solidarité c'était: 

   - Une fiscalité progressive, juste, demandant à chaque citoyen un effort envers la Communauté Nationale, en rapport avec ses revenus.

   -L'instauration d'une Sécurité Sociale, plaçant les Citoyens à égalité devant la maladie et les coups du sort.

   -Le système des Retraites intergénérationnel et par Répartition.

 

   Aujourd'hui, et face aux coups de boutoir de la droite contre notre système de Solidarité, et les valeurs de Fraternité, - je pense aux plus démunis et à l'accueil des étrangers - je me dis qu'il y a entre Solidarité et Fraternité une différence de taille à découvrir.

 

   Le premier Principe ne pose pas de problème. Que les Révolutionnaires aient mis en avant tout de suite, la Liberté, face à un Pouvoir Royal, arbitraire, capricieux, injuste, impitoyable:" Lettres de cachet, Bastille, usage de la Question", ne peut qu'être évident.

   La première Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen la définit ainsi : " La Liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui: ainsi, l'exercice des droits naturels de chacun n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la Société la jouissance de ces mêmes Droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi."

   Principe fort moral, finalement, surtout si on le traduit ainsi : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait."

 

   Le Principe d'Egalité est, lui aussi , assez facile à cerner d'un point de vue juridique, et compréhensible de la part de gens qui viennent de vivre sous le joug des Privilèges d'une caste, d'une Aristocratie  richissime, exemptée de l'Impôt,  et même riche de l'arrogance de ceux qui ont tout envers ceux qui n'ont rien.

   Alors, l'Egalité qui annonce que la Loi est la même pour tous, que les distinctions de naissance ou de condition sont abolies et que chacun est tenu à la mesure de ses moyens de contribuer à la dépense de l'Etat n'a pas à nous surprendre. Ici l'on retrouve dans la définition de l'Egalité, ce que moi, j'ai longtemps  vu comme de la Fraternité. 

   Si nous poursuivons dans la vision de l'Egalité des révolutionnaires de 1789, nous voyons Robespierre préciser qu'il y a une dimension sociale dans l'Egalité, puisqu'elle résulte de l'amour de la République, " qui ne tolère pas l'extrême disproportion des richesses...L'Egalité demande donc que l'héritage soit aboli, que chacun ait un travail et que l'Impôt soit progressif..." Voilà comment Robespierre me conduit à repenser l' égalité .

   J.J.Rousseau définissait l'Egalité, comme consubstantielle de la Liberté, et comme le fait que" nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre."

 

   Le précédent Président fut vraiment bien éloigné de ces préoccupations, lui qui ne savait qu'injurier ceux qui ne réussissent pas ! Nicolas Sarkozy qui nous amènait par ses comportements à nous interroger quotidiennement sur une question de fond : la Devise de la République était- elle encore une référence, n'était-elle pas obsolète ? Allait-elle tenir encore longtemps face à la férocité des tenants de la Mondialisation acharnée ?

 

   Mais revenons à la Fraternité ! En tête de la Constitution de l'An III, 1795, il est dit:" Faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir ". C'est bien d'une Constitution républicaine dont nous parlons. Michel Borgetto, en 1997, dira dans son livre sur "la Devise", chez PUF:  " Pendant la Révolution, la fraternité avait pleine vocation à embrasser tous ceux qui, Français ou Etrangers, luttaient pour l'avènement de la Liberté et de l'Egalité".

 

   La Fraternité, je le disais, est plus une affaire de morale et de volonté. On va donc la trouver dans des situations particulières. Dans des combats, et de toutes sortes.  L'engagement politique dans un Parti, avec les limites des rivalités personnelles. L'engagement syndical, l'engagement dans des Organisations Humanitaires. Comme le dit J.Attali, " c'est l'Urgence qui crée la Fraternité". Comprenons que devant les Catastrophes Naturelles, c'est vrai, la Fraternité joue. Ou devant un envahisseur, dira R.Debray : la Fraternité de la Résistance. Ou encore quand l'être humain est plongé dans les monstruosités les plus insoutenables : la Fraternité des tranchées, en 1914-1918.

   Mais de tous ces exemples, l'on voit surgir  trés clairement une chose : la Fraternité ne peut pas être un comportement durable. Elle disparaît avec la disparition de la cause, admet  R.Debray ; tout le problème est donc de trouver la réponse à la question : comment rendre durable la Fraternité ?

    Ce n'est pas possible aujourd'hui : nous vivons dans une société totalement mercantile, sous l'administration de gens sans envergure, dit encore R.Debray.

 

   En attendant qu'une Grande Idéologie- inscrite dans le siècle, et non religieuse - , centrée sur le Bien Commun, tendue vers un horizon indiscutable pour tous, telle que : il faut sauver la planète pour sauver l'humanité ;  en attendant, soutenons les efforts de la société civile, des associations qui essaient de" maintenir des poches de Fraternité, " là où elles le peuvent, puisque les Politiques ont  dans leur  majorité trahi cette magnifique devise !

 

   Note :-  Texte inspiré de l'article " Liberté, Egalité, Fraternité " sur Wikipedia; trés référencé.

              -  Les citations de R.Debray sont empruntées au site de Mediapart.

   

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 17:30

       Article de décembre 2011: réédition .

 

"L'égalité des fortunes est une chimère...Je ne veux pas toucher à vos trésors." ( Discours de Robespierre devant la Convention, en Avril 1793.) Les profiteurs habiles, les spéculateurs, les nouveaux riches qui ont su se servir des bouleversements révolutionnaires, respirent. Le révolutionnaire intransigeant a cédé devant le mur de l'argent. (Rapporté par J.Ziegler, dans son livre: L'Empire de la Honte.)

 

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   Il est vrai qu'envisager un ordre socialiste n'est pas chose simple. L'homme politique qui a le mieux explicité cela, c'est l'Italien Saverio Merlino:" Il faut renoncer aux solutions uniques, aux systèmes faits tout d'une pièce. L'organisation politique de la Société Socialiste ne sera ni un gouvernement de Majorité, ni un gouvernement d'experts, ni un gouvernement direct, ni un gouvernement représentatif. Ce sera nécessairement un système mixte...Et l'efficacité des combinaisons dépendra de la puissance du sentiment public et de l'ensemble des rapports sociaux..." C'est bien complexe!

   Et c'est pourquoi je disais hier que la pensée de l'économiste Hongrois Karl Polanyi allait nous être particulièrement utile, en ces temps où la folie financière du néo-capitalisme apparaît dans toute son horreur, et surtout au moment où les Peuples voient clairement les dégâts et comprennent qu'il faut sortir de cette folie au plus vite.

   Je veux vous citer, au passage, encore une horreur de ce système. La Chine est engagée dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Le protocole de Tokyo, a prévu que les entreprises qui réduisent leurs émanations, perçoivent des droits à polluer, qu'elles peuvent revendre. L'ONU a découvert, qu'en Chine, sept usines se consacrent uniquement à produire un gaz trés polluant, et même toxique, mais qu'elles emprisonnent, touchant ainsi, ces droits: 5 Mds de dollars, en six ans. Les Chinois menacent, si on les embête, de lâcher ce gaz dans l'atmosphère. ( cité par Marianne, No 763.)

   Il est là, notre système, même une initiative positive est contournée, pour inventer le pire, puisqu'il y a de l'argent à gagner. Bon, mais cela nous le savons . L'essentiel, aujourd'hui, est de voir ce que nous voulons mettre à la place.

 

   Avec Polanyi, je propose clairement le Socialisme démocratique.

   

   Polanyi a observé la naissance du capitalisme anglais des XVIIe et XVIIIe siècles, et il a été frappé par une interrogation qui traversait les mileux économiques britanniques, à savoir, pourquoi alors que le pays s'enrichissait, grâce à l'industrie et au commerce qui commence à se mondialiser, le peuple tombe dans la pauvreté et la misère. Il constate surtout que les économistes tels Adam Smith ou Ricardo  explicitent leurs théories libérales et libre-échangistes, sans avoir compris cette contradiction.

   Polanyi a compris lui, mais deux siècles plus tard, que l'enrichissement d'un pays, ce n'est rien d'autre que l'enrichissement de ceux qui possèdent les moyens de production, et que cet enrichissement ne peut se faire que sur le dos de ceux qui travaillent, en pesant sur les salaires, en jouant sur le chômage, en faisant prendre, parfois, une partie du salaire par la collectivité. Ce furent, un temps, les Paroisses, qui assurèrent la prise en charge des sans-emplois ou des Indigents.

   Polanyi se moquait quand on lui avançait que les réponses se trouvaient dans une coopération Capital-Travail, ou que la richesse générale conduirait par une loi naturelle à la prospérité de tous, ou que la socialisation des moyens de production était un leurre.

   Polanyi condamnait le dogme de l'économie souveraine, au-dessus du politique; il condamnait le dogme de l'économie comme science, et particulièrement comme science des comportements humains. Il apportait une explication trés pertinente: l'économie, éthymologiquement, fait partie de notre environnement, elle est un eco-système comme un autre, elle fait partie de notre environnement, mais elle n'en est pas le centre. Pour lui l'être humain est , d'abord et avant tout, un être social, qui n'existe que dans des relations sociales, que par rapport à autrui, et certainement pas dans l' enfermement  d'une catégorie économique.


   C'est pourquoi, il disait que l'économie avait été "désencastrée" du milieu social pour vivre sa propre vie, d'où les dérives constatées dont les fascismes, dont il vit la montée dans les années trente, et qu'il était urgent de la "réencastrer" dans le monde social, dont le centre serait l'homme.

 

   C'est le processus de 'réencastrement" qu'il va désigner comme Socialisme démocratique, et que je fais mien.

 Fondamentalement, il pose trois postulats incontournables:

  - La Nature en ce qu'elle est  le milieu qui nous fait vivre, et en premier la terre, doit être tenue à l'écart de toute activité marchande, donc spéculative. Quand on pense aux centaines de milliers d'hectares achetés par les Chinois ou les Européens, en Afrique, pour nourrir leur propre population pour les uns, ou cultiver des tulipes pour les autres- je l'ai vu- au détriment des cultures vivrières locales.

  - Le travail humain, s'il n'est que la vente de ses bras parce qu'on ne possède rien, et qu'on appelle "salaire", est contradictoire avec la dignité humaine, et ne saurait être établi par le patron, arbitrairement, mais par la collectivité. Et il peut revêtir plusieurs formes.

   - L'argent monnaie, en tant qu'outil de développement de l'homme et support de son existence, instrument facilitateur des échanges, n'a pas à devenir une propriété privée. Il doit être maintenu en dehors de toute sphère spéculative.

   -Personnellement, et pour les mêmes considérations, j'ajoute l'eau, qui n'a pas à servir les bénéfices d'entreprises privées.

 

   Pour assurer le succés de ces objectifs, Polanyi, propose le système politique suivant:


  - Une République Parlementaire, pluraliste- ni dictature d'un parti, ni pouvoir d'un seul homme- et tricamériste, afin que le politique ait toujours le dessus sur l'économique. Dans les deux premières chambres, l'élection se ferait évidemment au Suffrage Universel, et au scrutin proportionnel. Avec , pour promouvoir le plus de citoyens possibles, à la participation aux affaires, l'interdiction absolue du cumul des mandats, et pas plus d'un seul renouvellement, afin de mettre fin au clientélisme qui est le pire ennemi du socialisme.

   

Personnellement, je crois que chez nous ce ne serait pas compliqué: nous l'avons cette troisième chambre, c'est le Conseil Economique Social et Environnemental. Simplement, il faut qu'il cesse d'être l'assemblée où l'on recycle les anciens ministres et les" copains"; qu'il soit la représentation réelle du monde économique, syndicats, organisations patronales, associations de consommateurs ou de défense de l'environnement,  ONG, économistes bien sûr, avec des pouvoirs plus étendus: sur le contrôle des prix, des salaires, sur le respect des négociations sociales, sur le fonctionnement des Comités d'entreprise, pouvoirs disciplinaires éventuellement, mais agissant sous l'autorité des chambres politiques.

 

   Comme  Polanyi, je considère que pour protéger la dignité humaine et empêcher que la majorité du peuple ne tombe dans la misère alors que d'autres se goinfrent, il faut procéder à la socialisation d'une partie du système bancaire et économique.

   Il faut un secteur bancaire public puissant, apte à soutenir les investissements des PME, vraies sources d'emploi, et à nous protéger de la spéculation.

   Il faut un secteur industriel public , puissant, notamment pour ce qui touche à l'énergie et aux transports, piliers de notre indépendance.

 

   La vie quotidienne s'appuierait sur un réseau d'associations trés dense, sur un réseau de coopératives dynamiques, de mutuelles à but non lucratif, soutenues par les diverses collectivités territoriales, à qui il serait donné plus d'autonomie et des domaines d'intervention plus étendus.

   Il manque beaucoup de choses à ce projet, mais déjà, la spéculation serait contenue, le politique remis à sa place, la première, et l'économie à la sienne, comme environnement et non comme fin.

 

   Cette esquisse,  je suis fort tenté de l'appeler : socialisme démocratique . C'est à dire un socialisme pluraliste, parlementaire, décentralisé, associatif et participatif.

 

   NOTE: (1) Le titre est emprunté à un dossier du magazine Marianne, No 763.

                     Les analyses de Polanyi , sur le développement de l'industrialisation, sont empruntées au site Wikipedia.org/wiki/La Grande Transformation 

                     Les analyses sur le socialisme démocratique de Polanyi, sont inspirées du site laviedesidees.fr

 

  

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 14:30

Article de novembre 2011 : réédition .

 

"Nous tenons les vérités suivantes pour évidentes par elles-mêmes: tous les hommes ont été créés égaux. Le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont: le Droit à la vie, le Droit à la Liberté, le Droit au Bonheur..."

   ( Préambule de la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis du4 Juillet 1776. Cité par J.Ziegler dans l'Empire de...)

 

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   J'évoquais hier la construction d'un nouvel ordre économique et financier, venu pour l'essentiel des Etats-Unis, et je me suis demandé comment un tel modèle avait pu naître dans un pays que, d'aucuns, n'hésitent pas à qualifier de berceau de la Démocratie et des Droits de l'Homme. Certes, si l'on s'en tient au Préambule, cité ci-dessus, on pourrait le croire. Mais la Vérité est plus complexe.

   Je viens de terminer le livre de Noam Chomsky, Linguiste et politologue américain , de notoriété internationale: " Les Etats Manqués". Chomsky nous démontre, avec brio, je crois,  que le  pouvoir d'une élite économique sur le reste du peuple, est inscrit dans la nature, dés l'origine, du système américain.

   Je m'appuie, pour essayer de le démontrer, sur le chapitre: "Le Nouvel Esprit de l'Epoque".  Chez nous, en France, l'on aurait plutôt dit: le nouvel ordre...

   Chomsky appuie sa propre Démonstration sur les convictions d'un des  Pères Fondateurs, 4e Président des Etats-Unis et rédacteur des dix premiers articles de la Constitution de ce Pays: articles portant sur les droits individuels: "James Madison"!

 

   Quel était donc le Projet initial des Pères Fondateurs? Ecoutons les déclarations de James Madison devant la Convention Constitutionnelle!

   "Le Pouvoir doit être entre les mains de la part riche de la Nation... du groupe des hommes les plus capables..." "Quant aux gens sans propriété, ni espoir d'en acquérir, on ne peut attendre d'eux qu'ils sympathisent suffisamment avec les droits de la propriété pour être des détenteurs sûrs du pouvoir de ces Droits." dira-t-il, vers la fin de sa vie.

   Madison était un fervent adepte d'Adam Smith et avait bien compris la formule du fondateur de l'économie libérale:"Le gouvernement civil, en tant qu'il a pour objet la sûreté des propriétés est, dans la réalité, institué pour défendre les riches contre les pauvres, ceux qui ont quelques propriétés contre ceux qui n'en ont point."

   Il met ses collègues de la Convention en garde contre les périls de la Démocratie. Réfléchissez, leur dit-il, à ce qui se passerait ,  en Angleterre, " si les élections étaient ouvertes à toutes les classes de gens!" La population utiliserait son droit de vote pour redistribuer la terre plus équitablement.( Cité par Noam Chomsky .)

   Il préconisa des "mécanismes pour protéger la minorité des opulents contre la majorité". C'est ainsi que le Suffrage Universel ne fut pas institué, et n'entra dans la vie politique du pays, que progressivement.

 

   Le XIXe siècle est le théâtre de luttes populaires qui vont faire progresser la démocratie aux USA, les travailleurs remportant même des conquêtes sociales. Mais au début du XXe, sous l'impulsion des patrons de grands trusts, la Réaction va reprendre ses droits. L'apparition des Sociétés Anonymes, pour mieux concentrer la Production Industrielle et le Capital va faciliter les choses. Le Président Woodrow Wilson, lors de son discours d'investiture, va dénoncer cette nouvelle Amérique: "La plupart des hommes sont devenus des serviteurs des sociétés anonymes, dans une Amérique différente de l'ancienne...Cette nouvelle Amérique n'est plus celle de l'entreprise individuelle, des possibilités individuelles et de la réussite individuelle... Les petits groupes qui dominent les grandes firmes tiennent sous leur coupe et leur contrôle la richesse et les occasions d'enrichissement du pays."( Cité par Noam Chomsky).

   Une grande bataille idéologique eut lieu, pendant des années, avec l'aide des médias, pour "chasser des cerveaux les idées subversives", dit Chomsky. C'est "le Nouvel Esprit". L'historien Robert Wiebe dira, lui: " Les lumières ont faibli dans la grande vitrine de la Démocratie du XIXe siècle...", dénonçant" ces offensives pour imposer le conformisme et le contrôle..." Le Président Wilson, progressiste au départ,  ira même, au nom de la lutte contre le Communisme, entre 1919 et 1920, jusqu'à provoquer une vague d'arrestations et de détentions sans procés de syndicalistes et de gens de gauche,  mouvement qui fut appelé le " Red Scare".(" Trente ans plus tard, le Sénateur Macarthy n'inventa rien de neuf!)

 

   N'en terminons pas là, sans un bref rappel de" l'ère" Bush,et son" Messianisme Démoniaque", L'invention de l'Axe du Mal pour justifier les guerres d'Irak et d'Afghanistan, alors qu'il ne s'agit que d'un extrême dévouement à  un cercle étroit de riches et de puissants.( Chomsky." ) Rappelons aussi les conditions des deux élections de G.W.Bush: la grande fraude de 300 000 voix, en 2000, dans l'Etat de Floride; l'élection de 2004 avec l'appui de toutes ces églises Baptistes, qui chez nous, seraient classées Sectes et les Milliards de dollars des Géants pétroliers.

   Je crains qu'il n'y ait quelque chose de" pourri", au pays de Washington, de Jefferson et de Franklin...

 

   Sauf à penser avec Marx que: "Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel, en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être, c'est inversement, leur être social qui détermine leur conscience."

   

   

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 16:05

  Article de novembre 2011 : réédition . Les_principales_dates_de_la_fin_du_monde.jpg

   "Une Société devient totalitaire lorsque sa structure artificielle devient flagrante... Cela survient lorsque la classe dirigeante a perdu sa fonction, mais réussit à s'accrocher au pouvoir par la fraude ou par la force. " ( George Orwell.)

  " Nos élites ont utilisé la fraude, il ne leur reste que la force."

 

      J'ai utilisé, hier, le concept de Sheldon Wolin:" le totalitarisme inversé". Je veux l'expliciter, à l'aide d'un article du journaliste Chris Hedges.

 

   " Le Coup d'Etat au ralenti":

 

L'essayiste canadien John Ralston Saul, écrit que la Démocratie est un système idéalement conçu pour secouer le statu quo, le défier, mais elle a été endommagée et domptée, pour servir aujourd'hui ce statu quo.Le coup est terminé, ils ont gagné.( Les financiers.) " Nous avons subi un Coup d'Etat au ralenti." ( La formule est trés réussie!)


   Nous nous trouvons à la frontière d'une des plus sombres périodes de l'histoire de l'Humanité, où les lumières de la Civilisation vacillent, chancèlent, et où nous risquons de descendre pendant des décennies, peut-être des siècles, dans la Barbarie... Les élites ont réussi à nous convaincre que nous n'avons plus la capacité de comprendre les Vérités révélées de l'économie, pas plus que de lutter contre le chaos causé par les catastrophes économiques et écologiques.

   Beaucoup de gens continuent à croire à la façade de la politique électorale, aux Parlements, aux Constitutions, aux Chartes de Droits, ou à l'apparition d'une économie rationnelle. C'est peut-être encore vivable. Mais les leviers du Pouvoir sont tellement contaminés que les besoins et la voix des Citoyens sont  devenus inaudibles. Par exemple, chez nous, qu'est-ce qui préoccupe, aujourd'hui, les "éléphants" socialistes, autour de François Hollande? La chasse aux futurs postes ministériels!

 

   La" politique déchet":

   L'on nous fait vivre dans une culture que l'écrivain américain Benjamin Demott appelle:" La politique Déchet." La politique déchet, n'exige pas la Justice ou la réparation des Droits. Elle incarne toujours des causes plutôt que de les expliquer pour les clarifier. Elle évite les véritables débats pour des potins, des spectacles, des scandales fabriqués, ou pas, voyez les affaires DSK: et le voyeurisme honteux qui a envahi nos écrans  télévisés. Elle vante sans cesse notre force morale, notre caractère de battant, et communique dans un langage de compassion menteuse:" on ressent votre douleur."

   Avec la politique déchet, rien ne change, au contraire, rien ne vient arrêter les connivences, le népotisme- peux-tu placer mon fils-,les petits arrangements, les liens qui favorisent les avantages socio-économiques d'un groupe de particuliers.

   Ne cherchez pas à faire appel à 'la Bonne Nature"  de ces profiteurs: ils ne connaissent même pas le mot. 

   Le pouvoir est aux mains de décérébrés qui participent impitoyablement à la création d'un système néo-féodal. Là est 'le totalitarisme inversé."  Nos dirigeants politiques se sont révélés être de bons" outils" du pouvoir financier.

 

   L'uniformité idéologique:

 


   Les Médias inféodés au système contrôlent à peu prés tout ce que nous lisons, regardons ou écoutons et imposent une uniformité insipide de l'opinion. La culture de masse, détenue et diffusée par les sociétés privées, nous divertit avec des questionnaires, des potins sur les célébrités, les journalistes s'invitent entre eux pour nous débiter leurs fadaises, faire la promotion de leurs livres trés souvent d'une nullité attristante. On nous amuse aussi avec des spectacles de plus en plus débiles, la téléréalité, où les producteurs se livrent à une compétition des plus honteuses. On nous conditionne avec des publicités percutantes assises sur des techniques souvent fort discutables.

   Aujourd'hui, l'économie domine la vie politique, et avec la domination viennent les différentes formes de cruauté.

   En fait, le pouvoir financier exploite la science et la technologie pour atteindre ses sombres buts . Les scandales des laboratoires pharmaceutiques sont là pour le démontrer. Ce pouvoir impose l'uniformité idéologique en utilisant les systèmes de communication de masse pour nous inculquer une débauche de consommation comme si ce n'était qu' une pulsion intérieure et nous fait prendre nos illusions sur nous-mêmes pour la réalité.

   Dans ce système, on ne réprime pas encore les "Dissidents", du moins tant que ceux-ci demeurent inefficaces. Mais regardez comment la répression pointe sur"Les Indignés" , qui commencent à "agacer" nos beaux messieurs.

   En détournant notre attention, par ces émissions télévisées, en flattant les instincts les plus bas des gens, ils veulent masquer le démantèlement des industries nationales, les attaques contre certaines ethnies, le déclenchement de vagues de misère humaine, la délocalisation des emplois vers des pays où des tyrans à l'ancienne savent encore garder les travailleurs au garde à vous.

 

   Puis viendra le retour aux dictatures classiques:

 

   Le totalitarisme inversé, c'est encore ceci. Nos élites médiocres, sans courage ou corrompues, tentent désespérément de sauver un système qui ne peut être sauvé, on peut même ajouter qu'ils tentent de se sauver eux-mêmes. Le Théâtre de marionnettes des sommets européens, ou des G20, G8 et même G2 aujourd'hui, illustre trés bien cette affirmation.

   Mais, une fois le Crédit asséché pour le citoyen moyen, une fois que le chômage massif aura créé une classe ,marginale permanente et furieuse, que les produits fabriqués "bon marché", qui étaient l'opium de base de notre culture auront disparu, nous allons progressivement dériver vers un système qui ressemblera davantage au totalitarisme classique.

   Des formes plus violentes de répression se substitueront aux mécanismes de contrôle des peuples, jusque là, un peu plus souples, bien que réels. Nous verrons, nous voyons déjà , des zones urbaines dont les centres-villes seront des déserts alimentaires, nous verrons la violence sauvage exploser à cause de biens devenus tout d'un coup trop chers et inabordables, et la répression étatique se durcira. Le recours à la force par les élites sera de plus en plus manifeste.

 

   L'apologie de l'égoïsme:

 

   L'indifférence au sort d'autrui, c'est ce qu'essaie de nous inculquer cette société pourrie par l'individualisme. On utilise la peur ou l'apologie du plaisir personnel pour contrecarrer l'esprit de solidarité.

   Nous ne devons pas baisser les bras! Nous devons continuer à combattre cette idéologie dominante, ne serait-ce que pour préserver notre humanité commune, et même à travers de petits  ou minuscules actes. L'espoir demeure à travers ces petits actes de défiance. Cette capacité de dire non, c'est ce que les contrôleurs de l'Etat Financier veulent éradiquer.

   Notre Devoir est de résister à la tentation du repli sur soi, à la tentation d'ignorer la cruauté se trouvant de l'autre côté de notre porte.

 

" Nous sommes à la veille d'un des moments les plus dangereux pour l'Humanité."( D'aprés Chris Hedges. Journaliste au New York Times, Prix Pulitzer.)

 

   NOTE: -Ce texte s'inspire d'un article de Chris Hedges," le totalitarisme inversé," présenté et commenté, sur le blog: Les 7 du Québec, à la date du 13 juillet 2010.

                - L'illustration représente un temple Maya, civilisation disparue aux alentours du XVe siècle.

   

 


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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 14:20

      Réédition : article de décembre 2011 .

 "La croyance économique fondamentale des classes supérieures, le libre-échange, leur interdit de répondre aux inquiétudes et aux aspirations de la population". ( Emmanuel Todd. Aprés la Démocratie.Gallimard.2008).JUSTIC-1.JPG

 

   Face au vertige que nous donne la crise économique et financière, face à la volonté de la droite et d'une partie de la gauche, de nous imposer un régime politique nouveau, calqué sur les modèles anglo-saxon et allemand, les inégalités  comme état naturel, et l'autorité comme état nécessaire, chez nous, des traditions sont encore debout, qui peuvent le faire échouer si nous sommes mobilisés.

   Parmi ces  forces, il en est une que l'ex-Président n'avait pas mesurée, ou dont il minimisait l'importance: je veux parler de l'attachement des Français à l'égalité. La première année de son septennat l'avait montré, avec la confrontation de deux décisions: le bouclier fiscal pour les riches, les attaques contre les régimes spéciaux des retraites de soi-disant privilégiés : agents EDF, ou agents SNCF.

   Le résultat ne s'était pas fait attendre, quelques mois plus tard, avec une défaite cuisante aux élections municipales.

 

   Tout  Président devrait s'inspirer de l'approche anthropologique que nous propose le Démographe E.Todd. Il nous suggère de nous arrêter à certains" systèmes de moeurs" hérités du fonctionnement de la famille, dans divers pays, depuis des siècles.

   Ainsi, comment comprendre la préférence anglaise pour la liberté, disons plutôt les libertés individuelles, la "résistance allemande" aux notions de liberté et d'égalité, la passion française pour le couple liberté et égalité?

   E.Todd, nous invite à examiner la diversité des systèmes familiaux paysans traditionnels," structurés par des valeurs distinctes", mais qui concourent à la détermination d'idéologies et de politiques.

   Les études, de plus en plus riches et complètes, se sont multipliées depuis les années 1960, sur ces sujets.

   Le système familial anglais repose sur la famille mononucléaire et le privilège accordé à la primogéniture, droit d'aînesse dans les procédures successorales. Donc système inégalitaire, mais qui peut parfois s'assouplir, selon la volonté paternelle. Le fils aîné, à la puberté, part travailler chez un autre fermier, et dés qu'il se marie, il doit s'installer sur son propre domaine: pas de cohabitation familiale. Les autres enfants n'ont rien, ou peu, ils doivent donc se battre pour exister, bien qu'ayant un avantage, l'éducation et l'instruction, sur les enfants des non-possédants.

   Pour les anthropologues, il y a un lien évident entre la structure familiale et l'individualisme anglo-saxon, et l'attachement aux libertés individuelles, à la judiciarisation de la société, donc au parlementarisme. Mais la contre-partie de cet individualisme, c'est l'indifférence aux inégalités, et particulièrement sociales. Cette indifférence, fera de l'Angleterre" un pivot de la résistance" au modèle français. Ce n'est pas inintéressant, pour comprendre certaines attitudes contemporaines des Britanniques.

   Pour le modèle allemand, on relèvera, une pratique inégalitaire également, le fils aîné hérite , mais assortie d'une contrainte non négligeable, il reste sur la propriété, et l'autorité continue d'être détenue par le père. Système donc inégalitaire et autoritaire.

   Que se passe-t-il en France, qui expliquerait cette "passion viscérale" pour l'égalité, parfaitement incarnée par nos périodes révolutionnaires: 1789, 1848, 1871.

 

   Il faut pour cela examiner la situation des pratiques familiales du grand Bassin Parisien, creuset de la Nation française. Depuis des siècles, l'héritage s'y pratique selon un critère " frénétiquement égalitaire",  tous les enfants ont droit à la même part, filles y compris.

   On retrouve ce système tout le long du littoral méditerranéen. Dans les autres régions s'installent des systèmes mixtes, avec une spécificité bretonne, proche de la tradition anglaise, ou celle de l'ouest du Massif Central, dans le Limousin : tradition égalitaire et communautaire; les enfants héritent à égalité mais doivent rester sur la propriété et travailler en commun l'ensemble. Certains sociologues y voient les sources d'un attachement , non démenti tout au long du XXe siècle , à l'idéologie communiste dans ce coin de France.

 

   Alors, bien sûr, il faut prendre en compte les évolutions récentes, de ces dernières décennies : la disparition progressive de la paysannerie, les  phénomènes d'urbanisation, de désindustrialisation,les diverses vagues d'immigration ,  les crises économiques...

   Mais attention, cet attachement à l'égalité vient de trés loin, il explique mieux que notre ascendence supposée gauloise, les soubresauts révolutionnaires de notre peuple, une marche chaotique vers la Démocratie, peut-être, mais à mon sens plus solide q'une marche par trop apaisée. Solidité que nous devons, me semble-t-il,  aux grands hommes qui ont fait la IIIe République.

   Il explique, paradoxalement,  un certain succés du Lepénisme, aspect dont nos commentateurs établis, professeurs à Sciences Po, parlent peu , et pour cause, ils en font partie, je veux parler du discours "anti-élites" cher à Marine, que son père traduisait par "l'estableshiment". C'est un point que les caciques socialistes devraient étudier de prés.

   Je repense aux évènements de 2005, dans nos banlieues, que certains, par confort intellectuel, ont voulu réduire à un conflit ethnique. Moi je prétends qu'il fut une revendication égalitaire d'abord, aprés une explosion contre les provocations d'un Ministre de l'Intérieur irresponsable, ou plutôt "apprenti-sorcier."

 

   Je veux poursuivre cette mise en garde à ceux qui veulent, comme à droite mais aussi à gauche, nous conduire vers une démocratie à l'anglo-saxonne, dite apaisée, parce que construite sur une alternance douce, entre deux partis, qui auraient un projet commun.

   Nos racines ne le permettent pas. Car à la passion égalitaire d'une moitié de la France, il faut ajouter des modèles trés divers, parfois contradictoires. Nous avons cité le modèle Limousin, le modèle breton côtier, joignons leur le modèle matriarcal de la Bretagne intérieure,  celui du sud ouest moins égalitaire mais plus libéral, le modèle du piémont des Pyrénées plus autoritaire mais en même temps trés autonomiste, voire encore le modèle alsacien de type germanique, avec tout proche un système jurassien assez communautaire.

   On voit bien que toute cette diversité ne peut nous conduire vers des consensus politiques qui banaliseraient l'inégalité instituée, qui feraient accepter un gouvernement des élites destructeur. 

   Elles sont là nos défenses , qui ne laisseront pas les jouisseurs d'un monde qu'ils croient fait pour eux, se vautrer dans la misère des démunis.

 

   En France, la passion de l'égalité "enrayera" toute tentative de nous faire aller au stade pour assister " au long et pacifique  match de tennis politique" entre deux partis qui joueraient la coupe de  l'alternance, tout en nous tondant.

 

NOTE: texte inspiré du livre d'E.Todd, "Aprés la Démocratie". Gallimard.

 


   

 

   

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Published by regain2012 - dans Société
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