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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 14:08
Image jmthivel.com

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(1) . " Si Marine Le Pen l'emporte, nous verrons rapidement si nos institutions sont solides, si nous sommes encore en démocratie et si la France peut se transformer en régime totalitaire, haineux et violent en quelques mois " ( Guillaume Martin, No Planet B, " Anthropocène sans la migraine " ) .

Ce qui me déprime dans cet entre-deux tours de la présidentielle, ce n'est pas tant que l'alternative portée par JL Mélenchon, et que je soutenais, n'ait pas convaincu assez de gens pour avoir sa chance . Ce n'est pas la première fois que je sors battu - en compagnie de millions d'amis - d'un combat que j'avais choisi .

Ce n'est pas non plus la taille des ficelles qui s'agitent devant nos yeux depuis des mois . Un grand classique . Ces " invisibles "  qui, en réalité, gouvernent mais que nous n'avons pas le pouvoir d'élire ou de révoquer sont capables de créer de toute pièce, en quelques mois, " une fiction politique " et d'en propulser le poulain, en pole position, en se servant du cerveau émotionnel des électeurs, à coups de Unes dans la presse, d'éditos mensongers, de plateaux télévisés débilitants, de sondages bien bidouillés et autres artifices publicitaires . Si l'on ajoute à cela une bonne dose de divisions politiques bien entretenues au sein des partis, grâce au chant des sirènes chargé d'allumer le feu des " égos " et le scénario est bouclé : on jouera contre Marine Le Pen, le combat contre la honte et la haine, la meilleure affiche .

Ce qui me déprime, ce n'est pas davantage que la structure des partis historiques, certes gravement défaillants, soit remplacée par des formations nouvelles, véritables nébuleuses de gaz, attachées à un seul candidat, ce qui n'est jamais bon, où la démocratie ne peut devenir qu'un exercice de pure communication, une dialectique altérée de publicitaire, sans véritable fond . C'est exactement le spectacle que nous offre Emmanuel Macron . Tout d'abord, il a usé de ce qu'on appelle, dans le langage des communicants, " le teasing ", l'art de faire durer le suspense en dévoilant le plus tard possible la nature de son " offre ", son programme, comme s'il s'agissait d'un vulgaire produit et non de l'avenir du pays . Du coup ses meetings laissaient voir des scènes ahurissantes, durant lesquelles en remarquable bonimenteur de foire, il s'égosillait pour convaincre la foule d'acheter son aspirateur dernier cri . Dérangeante ambiguïté .

Ce qui me déprime vraiment, c'est que face à tant de vacuité, MLP peut l'emporter, dimanche 7 mai, elle et son idéologie crasseuse . En partie, parce que certains, trop nombreux, n'iront pas voter refusant de cautionner un scénario arrangé d'avance, et je ne leur jette pas la pierre . Je comprends qu'ils ne veuillent pas " marcher " pour un monde qui s'écroule et accélérer la fuite en avant des " invisibles " qui essaient de gagner du temps en attendant que croissance et innovation leur permettent de se mettre bien au chaud, sur leurs îles transhumanistes, bien gardées, quand au-dehors tout ne sera que chaos et flammes . D'autres passeront de la France Insoumise au Front National, par contestation et révolte, d'autres encore, les malades de " Sens commun ", le fan club de F. Fillon, seront plus attirés par MLP  - et ses ambigüités sur le droit à l'avortement ou la PMA - que par le filleul politique de F. Hollande .

Et ce qui me déprime le plus, c'est que, grâce à l'acuité politique de F. Hollande, les élections présidentielles se déroulent en plein " Etat d'urgence " qui démultiplie  les pouvoirs exorbitants, accordés par la Constitution, du Président de la République . La Présidente de la République, Mme Marine Le Pen, aura dès le 8 mai, en mains, un arsenal de pouvoirs discrétionnaires exceptionnel, plus une moitié de policiers et de gendarmes très compréhensifs à son égard .

Alors voilà ce que me dit ma mélancolie : la métaphore de la peste ou le choléra n'est pas adaptée à la situation , préfère-lui celle de la mort ou la longue maladie . Contre la mort, tu ne peux rien . Contre la maladie tu peux encore lutter .

C'est pourquoi, dimanche, je voterai " Polichinelle ", pour ne pas être mort dès lundi, mais être prêt à me " remettre en marche " pour la lutte contre la maladie . 

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 14:06
Images Slate .

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" Je ne crains pas le suffrage universel : les gens voteront comme on leur dira ", ( Alexis de Tocqueville, De la démocratie ) .

" La France est devenue une mosaïque composée de plaques mortes et de plaques vivantes, comme une chevelure touchée par la pelade . On passe d'une petite ville à une autre, d'une vallée à une autre, d'une rue à l'autre, et on change de monde . Le voyageur ne s'y retrouve plus " . ( Florence Weber, professeur à l'ENS ) .

Si l'on observe les résultats du premier tour de la présidentielle dans les 20 plus grandes villes de France, un constat saute aux yeux : si elles seules avaient voté, le second tour aurait donné, non pas Macron-Le Pen mais Macron- Mélenchon . Ce dernier y obtient en effret 24,48%, devançant F. Fillon de 5 points et Marine Le Pen de 10 points . Macron aurait fait mieux de 2 points .

Alors que Marine Le Pen est en tête dans 19 000 communes ( 54% des 35500 communes ), elle n'atteint ce classement que dans une seule grande ville : Toulon, s'écrasant pitoyablement, à Paris, où elle reste en dessous de 5% .

Evidemment, à partir de ces chiffres, nombre d'observateurs avisés, ont tôt fait de les traduire en une équation des plus simplistes, psychologisante : la fameuse coupure entre l'avant-garde prospère et courageuse de la mondialisation heureuse, habitant les grandes métropoles, et la France des périphéries abandonnées, ce repaire de Français craintifs, angoissés, résignés, souvent paresseux, mais, c'est vrai, parfois en colère . 

Comme si tout cela pouvait être aussi simple, comme si un vote ne pouvait être que l'expression d'une vive émotion, d'un stress, d'une réaction au mieux d'un calcul tactique . Eh, bien ! Non . Le vote est d'abord le fruit de la rencontre entre une offre politique et des dispositions sociales, culturelles, de statut social et de trajectoire personnelle .

C'est pourquoi on ne peut faire l'économie d'une analyse sociologique du vote du dimanche 23 avril 2017 .

Autrement dit, le faible score de Marine Le Pen dans les grandes villes est d'abord le résultat de l'inagale répartition territoriale des groupes sociaux et des classes d'âge . Dans les 20 plus grandes villes du pays, la part des classes populaires dans la population, et particulièrement des ouvriers qui ont voté à 39% pour Le Pen, dit l'IFOP - y est nettement plus faible . La part des chefs de famille ouvriers y est de 12,3% contre 16,7% dans la France entière, et l'écart est plus grand encore si on retire le nombre d'ouvriers étrangers en plus forte concentration dans ces métropoles, étrangers qui ne votent pas . 

Concernant l'âge, les moins de 30 ans y sont de 6,5 fois plus nombreux ( 43%) qu'ailleurs, les retraités, y représentant seulement 20,6% contre 26,6% de la population totale . Or le vote des retraités penche nettement à droite .

Le rejet du FN et la propension à voter à gauche dans les grandes villes tient aussi à la part des emplois publics ( administrations, enseignement, santé, action sociale ) qui y regroupent 37,6 d'emplois, contre 31,6% ailleurs et à celle des diplômés du supérieur, 37,5% contre 26,8% ailleurs . A contrario, les non-salariés y sont moins nombreux, 13,5% contre 16,1%, tandis que les propriétaires de leur résidence principale n'atteignent que 36,3% contre 57% hors métropoles .

On oublis enfin trop souvent de prendre en considération le revenu médian, qui est inférieur de 1300€, annuels, par rapport au reste du pays, eu égard au poids des familles mono-parentales .

On voit bien là, davantage un effet de configuration sociologique qu'une opposition entre " Winners " et " loosers "

Cela dit, toutes les grandes villes ne se ressemblent pas . On peut tout à fait opposer Paris  avec ses 28,3% de cadres et professions intellectuelles supérieures, ses 5,5% d'ouvriers chefs de famille, ses 57% de diplômés du supérieur et son revenu médian de 25 981 € et Le Havre, et son histoire de ville communiste pendant longtmps, où ces données s'inversent, 5,9% de cadres, ses 19% d'ouvriers, ses 20,9% de diplômés du supérieur et son revenu médian de 19 087 € mais où l'activité portuaire a jusqu'à aujourd'hui épargné les emplois .

A Paris, E. Macron recueille 13,5 points de plus qu'au Havre tandis que J.L. Mélenchon y fait 10,5 points de moins, et Marine Le Pen 15 .

Corrélation ne signifiant pas causalité, ces éléments ne sauraient se suffire à eux-mêmes et sont donc à combiner à bien d'autres données .

Cependant, ils révèlent une inconnue, pour le deuxième tour . La surreprésentatio des cadres et des professions intellectuelles parmi les électeurs d'E. Macron est un fait . Mais celle des professions intermédiaires l'est tout autant, alors que ses prises de position en faveur des petits patrons, commerçants et artisans ont bien moins pris, ces derniers lui ayant préféré F. Fillon . 

Mais alors, si ces derniers auxquels peuvent venir s'ajouter les ouvriers, les familles monoparentales, les fonctionnaires de catégorie C, toutes catégories auxquelles le candidat " En Marche " ne parle pas, se réfugient dans l'abstention ou carrément décident de sauter le pas, le cordon sanitaire établi par les grandes villes peut se déchirer brutalement .

 

NB : Eléments empruntés à l'article de " Alternatives économiques ", du 28/04/2017, " Le vote des grandes villes et ses clivages ", Frédéric Sawicki,  professeur à Paris I .

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 15:03
Arche de Noë .

Arche de Noë .

(1) . titre de l'article de Guy Konopnicki, Marianne No 1049 du 28 avril 2017 .

" Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat ", ( Louis Aragon, La rose et le réséda, mars 1943 ) .

Heureusement, quand les choses vont mal, la poésie est encore là pour nous remettre la tête d'aplomb .

" Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l'essentiel , parce que l'effort lui paraît indigne de soi ? Ne pas faire son devoir républicain en raison de la nausée que nous donne le moyen d'action, c'est prendre un risque collectif sans commune mesure avec l'inconvénient individuel " . Au mois d'avril 2002, tu avais su, Jean-Luc, comme très souvent, trouver les mots, de très beaux mots, pour appeler le peuple de gauche à ne pas se dérober, à ne pas se défausser sur la décision du voisin, à assumer son combat par l'expression d'une conscience de classe particulièrement acérée . Et, dans une situation analogue, quinze ans après, tu pourrais renier de tels mots ? 

Pourquoi un tel visage sombre au soir des résultats de ce 23 avril 2017, bien loin des accents de victoire d'un Noël Mamère et d'un Olivier Besancenot, au soir du 21 avril 2002, parce qu'ils venaient de franchir la barre des 5%  - qui vous donnent droit au remboursement des frais de campagne - alors que Jean-Marie Le Pen accédait au 2e tour et que la gauche s'écrasait déjà sur le mur de ses reniements ?

Pourquoi ce silence, alors qu'au terme d'une magnifique campagne où certes tu méritais bien mieux qu'une 4e place, une campagne suivie avec enthousiasme par une gauche militante que nous croyions tous disparue, où tu venais de convaincre deux fois plus d'électeurs qu'en 2002, et remporter ton pari d'élever la conscience politique de toute une France rebelle sans laquelle aucun progrès n'est possible ? Une campagne qui a mis un frein indiscutable à la montée permanente du FN depuis 2002 .

Faut-il laisser la parole pour combattre le pire à quelques peoples en manque d'image cathodique ?

Pour l'heure, le problème ne réside pas dans le programme du petit lutin de la finance, " les insoumis " qui invoquent le danger de 2022, après une nouvelle purge libérale, mésestiment leur force . Quand on vient de rassembler  prés de 20% de suffrages et près de 7 millions de voix, sur un programme de transformation sociale, politique et écologique, on ne peut cultiver pareil pessimisme .

Le succès de la " France insoumise ", car c'est bien d'un succès qu'il s'agit, dessine enfin une véritable alternative au Front National si cette " France insoumise " sait, tout en préservant son indépendance politique, faire fructifier ses acquis du premier tour . 

Si d'aventure, la victoire d'E. Macron s'avérait trop étroite, réduite à l'alliance d'un centre vaguement de gauche et des restes d'une droite républicaine, Le Front National apparaîtrait alors comme la seule force d'opposition, une force ayant démontré sa capacité à rassembler au deuxième tour plus de 40% d'une élection présidentielle, plus de 10 millions d'électeurs . Qui ne voit, la catastrophe que cela serait ?

Par l'espoir que tu incarnes désormais, Jean-Luc, tu es le seul aujourd'hui à pouvoir nous aider à dépasser le sempiternel et inefficace " barrage au fascisme " en poursuivant le combat de la construction d'une grande force citoyenne . 

La vraie question qui nous est posée est celle-ci : le Front National ne doit pas rentrer en force à l'Assemblée Nationale, avec 50 ou 60 députés, ou plus, c'est bien pourquoi, le combat commence dès à présent, à condition que tu parles encore et clairement à ces 7 millions de Français qui attendent de savoir si tu continues le combat .

 

NB : source, " Ne fais pas la gueule Jean-Luc " , Guy Konopnicki, Marianne No 1049 .

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 15:28
Ojim.fr

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 D'un point de vue philosophique, la substance est la réalité permanente qui sert de substrat aux attributs changeants, expliquait Leibniz . La substance est ce qui existe en soi, en-dessous des accidents, sans changements, du latin " substare ", se tenir dessous, le support .

" Il faut saluer la performance, l'itinéraire d'Emmanuel Macron est inédit dans l'histoire de la république, sauf peut-être à remonter à Louis-Napoléon Bonaparte, le neveu, en 1848 . Novice en politique, jamais élu, doté d'un programme social-libéral qui n'a jamais pris dans une élection française, fondateur d'un mouvement qui compte à peine douze mois d'existence, il se hisse en tête d'une présidentielle . Qui l'eût cru, il y a seulement un an ? " . C'est ainsi que le journal Libération salue, sous la plume de son directeur,  le score du candidat " au centre du milieu " de la politique française, le présentant comme une espèce nouvelle due à un phénomène de génération spontanée . Louis Pasteur tousse .

Et si l'on allait regarder de plus près, la substance du phénomène, ce qui est en-dessous, la permanence, comment le candidat " d' En marche " a été fabriqué de toutes pièces par des médias, entre les mains du capital .

Souvenons-nous, des images d'E. Macron, sortant discrètement de Bercy, à la fin du mois d'août 2016, pour emprunter une navette fluviale de la police, et se rendre à l'Elysée où il va remettre sa démission à F. Hollande . Une escapade voulue, nous dt-on secrète, mais alors que faisaient les caméras de BFMTV, en nombre sur les quais et filmant l'événement, en direct, en mode " paparazade ", en mode images volées ?

Ce que nous ignorons à ce stade, c'est que les coeurs des patrons du CAC40, battent depuis un certain temps pour " le chérubin " si compréhensif aux doléances de ces messieurs et ont fergé un projet : le porter à la Présidence de la République . A ce stade, le jeune homme n'est encore rien, mais ce n'est pas un problème . Les " Gepetto " qui envisagent de le guider ont les poches pleines de billets et des rédactions de médias pleines de journalistes peu regardants . Ils sont prêts à en faire un tout .

La scène de Bercy, reprise en boucle sur les plateaux de BFM est hallucinante : la surexcitation des commentateurs chargés de faire mousser le non-événement et le faire passer pour un moment historique atteignait des sommets de ridicule et pourtant nous ne comprîmes pas, ce jour-là, que commençait une opération de propagande d'une dimension tout à fait inédite .

Depuis des années la situation dans les médias français s'est spectaculairement dégradée, jusqu'à faire chuter la France au 45e rang du classement mondial de la liberté de la presse, selon " Reporters sans frontières ", entre le Botswana et la Roumanie - excusez du peu . Le tout à cause " d'une poignée d'hommes d'affaires ayant des intérêts extérieurs au champ des médias et qui ont fini par posséder la grande majorité des médias privés à vocation nationale " ajoute l'organisme international .

En ce domaine, on retrouve, une nouvelle fois, l'imposture de F. Hollande qui avait promis de relever les seuils anti-concentration de la presse et nous gratifia de la loi naine appelée " Loi Bloche " ( fin 2016 ), enterrant le projet au profit de la mise en place de dérisoires " chartes éthiques " censées garantir la liberté des journalistes .

A rebours de ses engagements, F. Hollande favorisera en 2015, le rachat de titres historiques comme " Libération " et " L'Express " par Patrik Drahi, géant des télécoms ; la prise de contrôle de " Canal + " par le groupe Vincent Bolloré avec ses conséquences sinistres ; le rachat du " Parisien " par Bernard Arnaud, déjà propriétaire des " Echos " ; l'absorption du " Monde " par le trio d'investisseurs bien connus : Xavier Niel, télécoms, Mathieu Pégasse, banque, et Pierre Bergé, luxe, auxquels le Président va offrir ensuite, le titre sur lequel il veillait comme le lait sur le feu, " l'Obs " .

Soyons clairs, F. Hollande pensait avoir verrouillé ce milieu, pour lui-même, en vue de sa propre réélection . Et là nous flirtons avec " la farce " en tant que spectacle du Moyen Age : l'habile homme politique ne vit jamais que le polichinelle à qui il avait mis le pied à l'étrier, avait amené dans ses tiroirs ses amis du CAC40 . Le châtiment biblique l'attendait : la lapidation .

Plus précoce que la dupe élyséenne, il y a des années que Macron plaçait ses pions auprès de ces géants des médias . En tant que banquier d'affaires chez Rothschild, il avait conseillé le groupe Lagardère dans la vente de ses journaux à l'international ; de ses relations avec Bolloré, l'impétueux ne se cachait, il les avait révélées, sans fard, au journaliste Marc Endeweld qui les rapporte dans son livre " L'ambigü M. Macron " chez Flammarion tout comme son étroite amitié avec le fils, Yannick Bolloré, PDG d'Havas, un géant de la communication mondiale, chargé de la grande soirée de janvier à Las Vegas, où Macron lança sa campagne auprés de grands donateurs triés sur le volet .

Avec Patrick Drahi, patron de BFMTV, c'est la lune de miel permanente, au point que ce dernier se sent régulièrement obligé de nier que sa chaîne fait du " Télémacron " , ce qui ne trope personne .

Avec Xavier Niel, patron du " Monde ", la relation est torride . Au point que ce monsieur allait annoncer, en janvier 2016, son soutien financier aux ambitions de l'autre, mais un reportage au 20H de France2 éventa le coup et fit peur aux protagonistes qui devinrent plus taiseux sur leur relation .

Une enquête bien informée du magazine " Vanity Fair ", au début du mois d'avril, sur la reine de la presse people, Michèle Marchand, dite " Mimi " dans le milieu, levait un coin de voile, cependant, sur les dîners privés organisés entre Xavier Niel et le couple Macron, depuis plus d'un an .

L'argent rode autour de cette candidature, et cela sortira un jour, tout finit par sortir .

Mentionnons pour conclure la dizaine de couvertures sur Macron réalisées par l'Obs en deux ans, alors que dans le même temps une seule était consacrée à Mélenchon et une seule à Benoît Hamon, tout comme l'Edito publié à quatre jours du scrutin appelant clairement à voter Macron, en contradiction flagrante avec le pluralisme de gauche revendiqué depuis toujours par ce journal .

Alors ? " Génération spontanée " ou " Job bien mené " par des amis qui veulent du bien au candidat ou plutôt qui se veulent du bien à eux-mêmes ?

 

NB : source, article de la journaliste Aude Ancelin, " Emmanuel Macron, un putsch du CAC40 ", site Agoravox, du 21 avril 2017 .

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:17
Photo, " Le Temps " ( Suisse ) .

Photo, " Le Temps " ( Suisse ) .

" Voter, ce n'est pas choisir entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable " ( Raymond Aron ) .

Expédions les affaires courantes : le 7 mai, je voterai E. Macron parce que je tiens plus que tout à dire " Vous, jamais ! " aux héritiers des collabos de Vichy et de l'Algérie Française . Il ne peut y avoir débat, pour moi, là-dessus . Bon, ça c'est fait !

Passons aux choses sérieuses . Les " faiseurs d'opinion " qui se succèdent sur les plateaux télévisés depuis dimanche soir sont pathétiques . Ils ont tout faux . " Le petit prince de la finance " a terrassé les partis, il ouvre la voie à un renouvellement de la vie politique, enfin avec lui, toutes les formes de conservatisme incarnées par les partis étant étouffées, la France va pouvoir se réformer . Bla, bla, bla ! ...

Sauf que ce qui s'annonce avec la victoire annoncée d'E. Macron, c'est le retour en force des Partis . Parce que loin du " mantra " médiatique actuel de la fin des partis, ces derniers ne meurent pas, ils se transforment, certes, ils évoluent, mais ils restent, parce qu'ils sont nécessaires à la vie politique, comme le disait Léon Blum, parce qu'ils la structurent et j'ajoute - avec l'historien Michel Winocq - qu'ils doivent être forts et disciplinés, pour rester les vrais remparts contre toutes les aventures totalitaires, de toutes natures .

Je reprends donc à mon compte la métaphore mélenchonienne du " casse noix ", inventée pour dépeindre la tragédie du pauvre B. Hamon, pour décrire ce qui vient . 

Pour une affaire de " gros sous " d'abord, leur financement durant les cinq années à venir, pour peser de tout leur poids dans le prochain quinquennat, et pour la droite, prendre sa revanche de la présidentielle ratée, les Socialistes, de leur côté, et Les Républicains, du leur, vont se rabibocher, panser quelques plaies, pour empêcher Emmanuel Macron de gouverner à sa guise .

Ce matin, chez J.J. Bourdin, sur BFMTV, Bruno Le Maire a énoncé très clairement la stratégie de son camp : " La droite ne présidera pas la France mais elle peut la gouverner ", tant le désir d'alternance est grand chez ces conservateurs .

Les grognards de ces deux camps ont bien compris que " Peter pan " et les 577 - ou presque - inconnus qu'il va lancer dans la bataille des Législatives n'ont aucune chance d'obtenir une majorité à l'Assemblée Nationale, alors soyons lucides, le troisième tour de la présidentielle ne se jouera pas entre E. macron et la droite, sans Fillon, mais dans un combat entre le PS et Les Républicains, afin d'obtenir pour chacun des camps, le groupe de députés le plus puissant à l'Assemblée et imposer au nouveau président, éventuellement, un Premier Ministre issu de leurs rangs ou, au moins, un pacte de coalition très contraignant . Et l'on devrait appeler cela la mort des partis ?

J. L. Mélenchon, après une magnifique campagne, et alors qu'il pouvait s'enorgueillir d'un résultat pour la vraie gauche, remarquable, gagnant huit points et plus de trois millions de voix sur 2012, choisit de son côté, de mettre un terme à son épopée, au soir du premier tour, dans une intervention télévisée, confuse, inaudible et sans panache, hypothéquant ainsi les résultats de ses insoumis lors du troisième tour . 

La question qui se pose donc, aujourd'hui, ne concerne plus le deuxième tour de la présidentielle, déjà joué, mais les Législatives : quel signal les Français voudront-ils envoyer au nouveau président ? Barrage, rejet, navigation plus à droite, cap plus à gauche ? Dans tous les cas, le nouvel élu n'a pas à attendre, comme ses prédécesseurs d'état de grâce, sa marge de manoeuvre sera très étroite . Il n'aura ni majorité claire ni autorité morale suffisantes pour réformer . Dans l'Hémicycle, les familles politiques ne l'épargneront pas et les tentations de dissolution seront fréquentes .

Alors, le président aura à choisir : l'impuissance ou la brutalité ! 

" Emmanuel ", c'est ainsi que dans la bible le prophète Isaïe, désigne le Messie, Jésus : " celui qui accomplit le dessein de Dieu " . Cette référence biblique devrait pouvoir nous réconforter sauf, qu'à ce jour, notre Emmanuel n'a toujours pas annoncé quel était son dessein .

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 14:23
" La République des copains " .

" La tribu qu'une passion collective soude à son chef ", ( Marc Bloch ) .

Au-delà des reniements sur les questions économiques et sociales, il en est une où le quinquennat hollande ne pourra jamais être absout, c'est la question démocratique . 

Au terme du quinquennat de N. Sarkozy qui avait poussé jusqu'à la caricature tous les traits détestables de la monarchie républicaine, au point de transformer la France en une sorte de système néo-poutinien, on s'était pris à sepérer que F. Hollande tournerait la page sur ce plan-là . On pouvait donc espérer que les socialistes engageraient, au moins, des réformes - qui ne coûtent rien - pour refonder la démocratie, pour sortir des méfaits du legs bonapartiste et de tous ses excès : le pouvoir personnel, l'affairisme, le népotisme, la xénophobie, la flatterie des instincts les plus vils .

Pour beaucoup de Français qui votèrent en 2012 pour F. Hollande il y avait d'abord l'indignation soulevée par les comportements de N. Sarkozy, la volonté de tourner une page honteuse . Sans doute ce vote était-il un vote sans illusion sur la question sociale, les socialistes avaient tant de fois tourné casaque, mais au moins, avec F. Hollande, l'air pouvait devenir démocratiquement un peu plus respirable .

Il n'en fut rien . Et " l'imposture " s'imposa en ce domaine comme dans tous les autres :  la république des copains poursuivit son chemin comme " la tribu soudée à son chef " que dénonçait Marc Bloch en 1940 . 

L'historien, nous donne dans " L'étrange défaite ",  en pleine  débâcle de 1940, où la démocratie s'écroulait parce qu'elle était anémiée, sa très belle définition de cette démocratie : " La Cité étant au service des personnes, le pouvoir doit reposer sur leur confiance et s'efforcer de la maintenir par un contact permanent avec l'opinion . Sans doute, cette opinion peut-elle, doit-elle être guidée, mais elle ne doit être ni dupée, ni violentée, et c'est en faisant appel à sa raison que le chef doit déterminer en elle la conviction ... - Deux quinquennats successifs n'auront fonctionné que sur l'appel aux passions des gens - . Ainsi doit-il avant tout distinguer les aspirations profondes et permanentes de son peuple, exprimer en clair ce que celui-ci dénie parfois bien confusément et le révéler pour ainsi dire à lui même . Un tel débat ne peut être méné que dans la sécurité - c'est à dire hors passions . L'Etat au service des personnes ne doit ni les contraindre, ni se servir d'elles comme d'instruments aveugles pour des fins qu'elles ignorent . leurts droits doivent être garantis par un ordre juridique stable . La tribu qu'une passion collective soude à son chef est alors remplacée par la Cité que gouvernent les Lois ... "

A l'évidence, F. Hollande n'a jamais lu notre grand historien . C'est pourtant de cette démocratie tolérante, libérale au sens politique du terme, respectueuse des citoyens, dont la France a été privée durant les deux derniers quinquennats, dont elle a besoin .

Marc Bloch formule peut-être un rêve . Mais en ce dimanche d'élection présidentielle, prenons la mesure des enjeux : trois candidats sur les quatre en lice font peser d'énormes dangers sur la démocratie, le quatrième nous invite au contraire à tenter l'aventure démocratique . Ne nous trompons pas . Nous vivons un moment historique .

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 18:49
Valmy : 22 septembre 1792 .

Valmy : 22 septembre 1792 .

" Tout commence en mystique et finit en politique " ( Charles Péguy, Notre jeunesse, 1910 .

Souvenons-nous ! En 1981, le slogan des socialistes lors de la campagne de F. Mitterrand était le beau mot d'Arthur Rimbaud : " Changer le vie " ( Une saison en enfer, Délires, Vierge folle ) .

Et nous y avons cru et le 10 mai 1981, fut pour nombre de ceux qui l'ont vécu un moment de grande espérance . Quels que soient les reniements qui suivirent, reconnaissons qu'en 1981, la gauche cherche, sitôt au pouvoir, comme en 1936, et même si les conditions historiques ne sont pas les mêmes, à faire bouger les choses, à honorer ses promesses . A la différence de 1936, il n'y a pas de grève générale mais il y a l'enthousiasme formidable de la Bastille au soir du deuxième tour, et pour cette fois encore les choses vont aller très vite .

Dans les premiers jours qui suivent l'alternance, le gouvernement de Pierre Mauroy met en oeuvre une politique économique de relance : augmentation de 10% du SMIC, de 20% du minimum vieillesse, de 25% des allocations familiales, de 3,4% du salaire des fonctionnaires, le premier Ministre annonçant dans la foulée, lors de sa Déclaration de politique générale un nombre de réformes considérable : abaissement de la durée hebdomadaire du travail à 39 heures sans perte de salaire ; retraite à 60 ans et les nationalisations de cinq grands groupes industriels, de 36 banques de dépôt et des prises de participation majoritaires dans les deux plus grosses entreprises de l'armement : Dassault et Matra ...

En 2012, rien de tout cela . Le gouvernement de " notaires tristes " de Jean-Marc Ayrault, annonce d'emblée l'austérité . Passons !

Demain nous votons à nouveau, et nous devons apprécier avec rigueur ce qui nous est proposé .

Le néofascisme de Mme Le Pen : chasse aux immigrés, puis chasse aux syndicats, puis chasse aux assistés, suivies de la chasse aux " ouvriers non ralliés ", de la chasse aux gens de culture, de la chasse aux libres-penseurs, de la chasse aux SDF ...

L'ultralibéralisme de F. Fillon et son tout pour l'entreprise avec son corollaire, réduction drastique des services publics, démantèlement de la Sécurité Sociale, baisse des retraites, appauvrissement général des classes populaires et restriction des libertés : limitation du champ des droits . F. Fillon n'est pas un républicain .  

E. Macron, c'est " l'ubérisation " de la société . La fin du salariat et l'explosion des " autoentrepreneurs ", s'assurant eux-mêmes auprès de groupes privés pour tout : santé, retraite, chômage, . L'appauvrissement généralisé des ménages, l'impossibilité de construire un projet de vie pour le plus grand nombre, un avenir meilleur réservé à une poignée de chanceux ou d'héritiers .

Alors, pour retrouver un de ces moments historiques, que furent 1936 et 1981, retrouver le droit d'espérer, le droit de rêver, dans " la fièvre des réformes " à venir, il n'y a pas beaucoup d'options, il n'y en a qu'une .

Et encore une fois, Charles Péguy nous montre la direction : " L'intérêt, la question, l'essentiel est que dans chaque ordre, dans chaque système, la mystique ne soit point dévorée par la politique à laquelle elle a donné naissance ... Il importe évidemment que les républicains l'emportent sur les royalistes ou que les royalistes l'emportent sur les républicains mais cette importance est infiniment peu, cet intérêt n'est rien en comparaison de ceci : que les républicains demeurent des républicains, que les républicains soient des républicains " . ( A bon entendeur salut, M. Fillon ! )

" La mystique n'a-t-elle pas été dévorée par la politique ? " dans cette génération de socialistes qui, ayant accédé au pouvoir en 2012, avec F. Hollande à sa tête, fuit avec armes et bagages se réfugier dans les bras d'une marionnette, afin de sauver ce qui peut l'être : " la soupe " .

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 14:20
Premier gouvernement Hollande : " Des notaires tristes " .

Premier gouvernement Hollande : " Des notaires tristes " .

Le 1er mars 1937, Marceau Pivert rompt avec Léon Blum, dans une lettre annonçant sa démission du secrétariat de la Présidence du Conseil . Le 13 février précédent ( allocution radiodiffusée ) Léon Blum avait annoncé " la pause sociale " décidée par son gouvernement .

" Non je ne serai pas un complice silencieux et prudent . Non, je n'accepte pas de capituler devant le capitalisme et les banques . Non, je ne consens ni à la paix sociale, ni à l'union sacrée . Et je continuerai à le dire, quoiqu'il puisse m'en coûter ", ainsi s'exprime le leader de la gauche de la SFIO .

Le front populaire reste avant tout pour les classes populaires une dynamique sociale, une formidable dynamique qui redonne aux ouvriers, même si ce n'est que pour un temps limité, leur dignité .

Tel est le message de la philosophe Simone Weil, (1), dans l'article formidable qu'elle écrit, sous le pseudonyme de Simone Galois, le 10 juin 1936, dans le journal " La révolution prolétarienne "  et intitulé : " La vie et la grève des ouvrières métallos " : " Se sentir des hommes, pendant quelques jours . Indépendamment des revendications, cette grève est en elle-même une joie . Une joie pure . Une joie sans mélange " .

Plus loin, la philosophe ajoute : " Nul ne sait comment les choses tourneront . Plusieurs catastrophes sont à craindre . Mais aucune crainte n'efface la joie de voir ceux qui par définition courbent la tête, la redresser . Ils n'ont pas, quoi qu'on suppose du dehors, des espérances illimitées . Il ne serait même pas exact de parler en général d'espérance . Ils savent bien qu'en dépit des améliorations conquises, le poids de l'oppression sociale, un instant écarté, va retomber sur eux . Ils savent qu'ils vont se retrouver sous la domination dure et sèche et sans égards . Mais ce qui est illimité, c'est le bonheur présent . Ils se sont enfin affirmés . Ils ont enfin fait sentir à leurs maîtres qu'ils existent " .

Le Front Populaire, quels qu'aient été ses reniements et ses abandons ultérieurs, c'est d'abord un moment héroïque de l'histoire de la gauche . Un moment symbolique entre tous puisqu'il a permis des avancées sociales historiques, des congés payés jusqu'aux conventions collectives et aux 40 heures .

Pas grand chose à voir avec le Parti Socialiste de F. Hollande . Où est le Marceau Pivert des temps présents ? Pas grand chose à voir, non plus, avec ces dirigeants socialistes qui accèdent au pouvoir en 2012 : ni joie, ni enthousiasme , comme en témoigne la photo ci-dessus . Et pour cause : ils préparent déjà des mesures sociales d'une sécheresse et d'une dureté sans égales depuis longtemps . Connaissent-ils seulement le sens du joli mot " espérance " qu'utilise Simone Weil ? 

 Cette photo de " notaires tristes ", au coeur sec, prise à la sortie de leur congrès annuel montre à l'envi combien cette équipe de F. Hollande ne va jamais être en empathie avec le peuple qui les a portés au pouvoir .

Alors, dimanche prochain, à l'heure de voter, quel que soit le jugement que l'on porte sur certaines propositions de J. L. Mélenchon, souvenons-nous, de la joie de nos pères et mères en 1936, ne nous privons pas du bonheur de faire embrasser le sol à ceux qui se croient nos maîtres même si l'on sait que dès dimanche soir, si J.L. Melenchon est qualifié pour le second tour, ce ne sera que le début d'un long combat .

NB : source " L'étrange capitulation ", Laurent Mauduit, mars 2013 .

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 14:09
Publication FB de Maria Sakar .

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(1) . Article du 27 mai 1936, de Marceau Pivert (Gauche Révolutionnaire ), aile gauche de la SFIO : " Les masses ne se contenteront pas d'une modeste tasse de guimauve que l'on porte à pas feutrés au chevet de la mère malade " .

" Plus de cent économistes de dix-sept pays à travers le monde appellent les citoyens à se prononcer, dimanche, pour le programme de La France insoumise ",  ( Libération, édition du 18/04/2017 ) .

Alors que la France n'est toujours pas sortie de la récession économique qui fait suite à le grande crise financière de l'année 2008, Emmanuel Macron et François Fillon veulent poursuivre et aggraver les politiques de coupes dans les dépenses publiques, le démantèlement de l'Etat social et du droit du travail, dans le droit fil des deux quinquennats précédents, politiques qui ont conduit à un chômage de masse inédit, et au cercle vicieux de l'explosion de la précarité et de la pauvreté avec son corollaire qu'est la poussée du FN à la nature profondément raciste et xénophobe .

" A l'inverse, les solutions proposées par J.L. Mélenchon sont, à nos yeux, les seules capables de répondre aux urgences majeures de notre temps ", affirment ces universitaires .

Les propositions du programme " L'avenir en commun " prennent en compte les équilibres budgétaires non pas en se lançant dans une course à l'austérité mais en proposant un programme économique précis et ambitieux reposant sur une plus grande justice fiscale, une politique d'investissements et une émancipation réelle de la tutelle des marchés financiers ... ", ajoutent-ils .

La première urgence dans toutes ces mesures vise la baisse du chômage, aujourd'hui arrivé à des taux insupportables dans la durée : plus de 6,5 millions de chômeurs ( 10% de la population ) avec un taux de 25% chez les jeunes de moins de 25 ans . Pour cela il faut dégager des marges de manoeuvre pour les investissements publics en mettant fin à une dépense autant inutile que préjudiciable à la collectivité : la dépense fiscale du pacte de responsabité et du CICE qui auront coûté aux contribuables 41 Mds d'€ pour une efficacité nulle dans la mesure où les politiques d'austérité tant en France qu'en Europe avaient réduit drastiquement la demande .

Face au sous-investissement chronique sous le quinquennat Hollande qui s'est contenté de charcuter la fiscalité, l'urgence est à une ambitieuse politique de relance pour stimuler l'activité, donc l'emploi . A ce titre, le plan d'investissements de 100 mds d'€ sur l'ensemble du quinquennat est correctement proportionné, la dépense étant judicieusement focalisée sur des secteurs essentiels, à fort coefficient multiplicateur ( transition énergétique,, infrastructures scolaires, transports publics, santé, logement ... ) et qui ne sont pas soumis à la concurrence internationale . Son efficacité et son financement sont avalisés par le récent rapport de l'OFCE ( Investissement public, capital public et croissance de Xavier ragot et Francesco Saraceno ) .

Pour sortir de l'austérité budgétaire et salariale, des mesures comme la revalorisation du SMIC, des retraites et des minima sociaux couplées à une ferme politique d'égalité salariale femmes-hommes, devenues totalement nécessaires et combinées à un plan de réduction du temps de travail, telle que le respect effectif des 35 heures, la semaine supplémentaire de congés payés tout comme à une formation professionnelle de qualité envers les chômeurs, ceux qui ont abandonné toute recherche d'emploi ou ceux encore qui sont insatisfaits de leur temps partiel imposé, sont absolument cohérentes .

Les contempteurs de ces mesures qui brandissent le chiffon rouge de la dépense oublient de nous dire que l'aggravation de l'austérité qu'ils préconisent se traduira par plus de chômage et toujours moins de services publics .

La deuxième urgence à laquelle le pays doit répondre consiste à enrayer le creusement des inégalités, à mettre fin à l'augmentation indécente des patrimoines des possédants et à remédier aux injustices du système fiscal, injustices qui affectent tout autant les ménages que les PME par rapport aux grands groupes .

Et en ce domaine encore, la proposition de J.L. Mélenchon est précise et cohérente : pour les ménages, en passant le nombre de tranches de l'impôt sur le revenu de cinq à quatorze ; pour les petites et moyennes entreprises, en baissant le taux de l'impôt sur les sociétés à 25%, les grands groupes devant y souscrire alors qu'aujourd'hui ils contribuent au mieux à 10% . Par ailleurs bon nombre de niches fiscales seront supprimées en vue de mettre fin à la captation des richesses par une minorité .

La troisième urgence est industrielle . Il s'agit de combattre la financiarisation de l'économie  qui a tué notre tissu productif . Pour qu'il monte en gamme, les dotations et les missions de la Banque Publique d'Investissement seront étendues . L'octroi des crédits et les prises de participation seront libérées de la strcte logique financière pour privilégier la vision à long terme des investissements . Le contrôle du système bancaire français par la Banque de France sera renforcé et la séparation des banques d'affaires et des banques de dépôt mise en oeuvre sans tarder couplés à un contr^le plus strict des mouvements de capaitaux spéculatifs afin que la spéculation n'entrave plus l'investissement .

Ces économistes soutiennent par ailleurs deux autres urgences abordées par JLM : la transition écologique et la désobéissance aux traités européens dans un seul but : " Sauver le meilleur de l'Europe en supprimant ce qu'il y a de mauvais " .

En un mot, le programme économique de " La France insoumise " nous offre une occasion historique de prouver qu'il y a des alternatives sérieuses, crédibles et désirables aux politiques absurdes menées avec acharnement depuis trois décennies .

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 14:46
Publication FB de René Leucart .

Publication FB de René Leucart .

" Une équation perverse surplombe les programmes de trois candidats, sur les quatre en lice : réduire le salaire brut patronal - payé par le patron - pour hausser le salaire net salarial - reçu par le salarié " . Plus de cotisation prélevée sur les salariés, à ajouter aux exonérations patronales déjà accordées aux entreprises : la SS est nue ! 

Nous venons de traverser un week-end de feu, à droite . Il est de tradition, en fin de campagne, dans ce camp, quand la bataille finale se fait très proche, de déclencher " la mitraille " . Foin des litotes, des paraboles et des euphémismes, on canonne .

C'est ce que n'ont pas manqué de faire la néo-fasciste Marine Le Pen et le néo-maurassien F. Fillon .

La première, voulant réveiller une campagne un peu somnolente et constatant une érosion des sondages à son endroit, a choisi " la recoagulation " de son socle électoral, en invoquant " les mânes " de la maison FN .  A cette fin, elle a annoncé, hier,  dans un Zénith de Paris même pas à moitié rempli, qu'elle allait - si elle était élue - suspendre toute immigration légale et rappeler les réservistes de l'armée française, non pas dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais pour garder nos frontières et arrêter les hordes de migrants lancées à l'assaut de notre identité nationale . Ces hordes qui dans une stratégie particulièrement raffinée entendent attaquer notre civilisation par l'invasion pernicieuse des " plonges " de nos restaurants et l'occupation insidieuse de nos bureaux, dès l'aube, pour des nettoyages subversifs, à l'heure où nous dormons encore .

Le second, a choisi d'autres boucs émissaires : les journalistes, cette engeance au patriotisme " douteux ", cette cinquième colonne de la bien-pensance qui a eu l'outrecuidance d'informer le public de ses turpitudes financières, déstabilisant un projet de campagne fondé sur la probité, l'honnêteté, le don de soi à la patrie en danger, fustigeant le complot de la presse, le cabinet noir de l'Elysée, l'acharnement des médias, levant la main droite tel un " Christ Pantocrator ", les Saintes Ecritures dans la main gauche, quand ses ouailles hurlent aux " journalopes " et aux " merdiass " pour les absoudre de leur inélégance . Et, sans doute pour s'absoudre lui-même, de clamer, qu'un homme politique n'a pas à être " Saint François d'Assise ", le saint des pauvres, ne voyant pas l'étrange aveu contenu dans ce cri du coeur . Pour lui aussi " recoaguler " son socle électoral, il ajoute qu'il prendra - s'il est élu - dans son gouvernement, des ministres issus de " Sens commun ", cette secte catho vouée à l'homophobie, frontalement anti-mariage pour tous, anti-PMA, anti-avortement .

Et pour montrer qu'il est un vrai rebelle, il refuse de se rendre, ce mardi matin, dans l'émission de Jean-Jacques Bourdin, sur BFMTV, où tous ses concurrents seront passés, geste qui se veut héroïque car ce journaliste est un " véritable dictateur " mais refus dont on apprend qu'il tient davantage au fait que Bourdin voulait lui poser des questions sur ses affaires . Le " Savonarole " des médias est démasqué . 

Le favori des sondages, E. Macron, a fait le plein, hier, à Bercy : 20 000 personnes . Le meeting est réussi mais le candidat est fatigué : on a placé quatre " prompteurs ", autour de lui, par précaution . Il s'enlise, entre Pyrénées et Picardie, les deux régions où il a grandi et parle " d'architecture, de cathédrales, de colombages familiers ... " 

Cependant, il réussit à faire passer le coeur de son message : " Ce qui nous est proposé depuis vingt ans, ce n'est ni la libération, ni la reconstruction mais un lent consentement au chômage de masse ... " Et il parvient à faire vibrer la salle quand il invoque " la génération debout, la génération en marche, la nôtre ", celle de tous ceux qui l'ont rejoint depuis un an, contre les candidatures du passé qui n'ont que " leur impuissance " à faire valoir .

En ce week-end de Pâques, Jean-Luc Mélenchon, fidèle à sa stratégie " des surprises " , parcourait, paisiblement, sur sa " péniche insoumise " les canaux de l'Ile de France . Ni fracas, ni fureur, dans ce camp . De simples appels au sang-froid, au travail militant, à la modération de ses soutiens sur les réseaux sociaux, face aux attaques violentes des opposants : " Nous sommes fâchés mais pas fachos " . 

Ce rapide panorama du week-end de Pâques nous dit une chose : " L'exigence de probité ne concerne pas l'art de gouverner mais l'honnêteté des élus " ( Michel Winock, historien ) .

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