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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 14:36

Sans-titre-copie-1.pngSans-titre.png " Etre radical c'est saisir les choses à la racine, mais la racine pour l'Homme, c'est l'Homme lui-même " . ( Karl Marx . Critique de la philosophie du droit de Hegel ) .

( Illustration :  source INSEE , mai 2013, sociétés non financières, tableau 7. 101 . En rouge, courbe des augmentations des dividendes et intérêts d'emprunt, entre 1949 et 2011 ; en bleu, évolution du taux des côtisations sociales ) .

 

   Gouvernement, patronat, économistes, médias, ne cessent de nous asséner les supposés dégâts que feraient sur nos vies les " coûts du travail " : salaires, côtisations sociales, taxes environnementales, etc. , etc... Nos entreprises rencontrent beaucoup de difficultés en raison d'un coût du travail trop élevé qui obère leur compétitivité, donc leurs bénéfices, donc leur incapacité à embaucher . Toutes les réformes économiques à venir doivent toutes être tendues vers un seul et même objectif : faire baisser le coût du travail .

   Je suis favorable à une baisse des coûts, je ne fuis pas la question, mais je ne pense pas aux mêmes coûts que ceux auxquels s'attachent les patrons, la droite et le gouvernement .

   Pourquoi ne pas examiner ce que coûte " le capital " à une entreprise, et les marges de manoeuvre qui pourraient en découler, si l'on transformait le discours dominant ?

 

   En 2012, selon l'INSEE, les dividendes versés par toutes les entreprises françaises non financières, auxquels il faut ajouter les intérêts d'emprunts et les commissions d'intermédiation bancaires, s'élèvent à 298.5 Mds d'€ . C'est énorme : 30% de la valeur ajoutée, créée par ces entreprises .

   Cela représente quasiment le double du montant des côtisations sociales à la charge de l'employeur : 157.9 Mds d'€, soit 16% de la valeur ajoutée de ces entreprises .

 Ce prélèvement de dividendes et intérêts est également supérieur aux dépenses d'investissements matériels de ces mêmes sociétés non financières : 197.4 Mds d'€, toujours en 2012 .

   Depuis 1999, ce coût du capital a doublé, passant de 144 Mds d'€  (21% de la V.A. ) , alors, à 298 Mds€, en 2012,  ( 30% de la V.A. ) tandis que les salaires stagnaient .

 

   ( Dans les banques et les assurances, le coût du capital s'établit à 40.9 Mds€ ( 2012 ), presque la moitié ( 44.4% ) des 92.1 Mds€ de la  V.A. réalisée par ces entreprises financières .

 

   Pour mieux saisir le poids pris par le coût du capital dans les dépenses de l'entreprise, il convient d'en déterminer le périmètre, car les dividendes et les intérêts de la dette ne représentent que les éléments " extérieurs " du hold up, même s'ils ont un intérêt évident, c'est qu'ils sont incontestables .

   L'entreprise paie des salaires, mais ces salaires ne sauraient être assimilés purement et simplement à un coût, ils sont aussi une dépense de développement de l'entreprise, un investisswement dans l'avenir . En 2012, salaires et côtisations sociales cumulés, s'établissent à 689.6 Mds€ .

   L'entreprise procède aussi à des achats de matières premières, de produits intermédiaires, de services, de brevets, , autant de " consommations intermédiaires ", selon le calcul du PIB national, qui s'élevèrent en 2012, à : 1546.5 Mds€ .

   N'oublions pas les impôts : 89.3 Mds€ .

   Mais tout n'a pas été dit sur les coûts du capital : amortissements, loyers, crédit-bail sur les machines, bonis de liquidation, royalties sur les brevets et les marques, ces dépenses, pures charges financières, ajoutées au montant des dividendes, et intérêts, nous font apparaître un montant de 554.9 Mds€ .

 

    Le coût du travail - salaires et côtisations - représente, en 2012,  23.9% des dépenses des entreprises non financières ; mais le coût du capital n'est pas loin, avec ses 19.3 Mds€, sachant que si le premier chiffre affiche des dépenses indispensables et riches pour l'avenir de l'entreprise, le second ne correspond qu'à des dépenses parasitaires qui s'opposent du coup à d'autres dépenses, salariales, de formation, d'amélioration des qualifications, de recherche - développement, par exemple .

 

   Un beau sujet !

 

 

   Source : http:// www.pcf.fr   . " Lutter contre le coût du capital pour des dépenses d'expansion sociale ... " .


 

  

 


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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 15:55

   Le chansonnier Charles Georges Coqueley de Chaussepierre publie, en 1770, un livre qu'on pourrait qualifier de " non imprimé " . Il se compose de quatre chants illustrés et d'un certain nombre d'indications sur l'action,  faites de quelques mots épars sur des lignes le plus souvent vides ...

   L'auteur se justifie ainsi :  " En n'y mettant rien on ne pourra pas en critiquer le style " .

( Illustration : http://nikosolo.voila.net/charlatans.htm ) .

 


 

 

 

le_roue_3.jpg

 

 

 

   Je veux vous parler de rouerie, ce caractère de quelqu'un qui est d'une habileté sans scrupule . La roublardise, autre nom de la rouerie, peut prendre naissance dans la non diffusion, par exemple,  du palmarès suivant, auprés du grand public .

   " La France est, en 2013, médaille de bronze, aux Jeux Olympiques des dividendes versés aux actionnaires " . Voilà ce que nous apprend la Société d'investissements américaine " Henderson Global Investors " .

   A l'échelle mondiale, les entreprises cotées en Bourse, ont battu, en 2013,  tous les records de dividendes versés à leurs actionnaires : 1003 Mds de $ ( 731 Mds d'€ ) . Soit une augmentation moyenne, ces cinq dernières années, de 9.4% par an , 43% en cinq ans, en pleine crise mondiale : en 2009, début de la crise financière, ce montant était de 782 Mds de $, montant pulvérisé .

   

   " Il y a ceux qui ont le pistolet chargé et ceux qui creusent ", entend-on , dans un western spaghetti .

   On pourrait ajouter, d'un côté les records de chômage, de l'autre les records de dividendes ...

 

   La France est sur le podium dans cette discipline : 3e, médaille de bronze, avec 50.5 Mds de $ ( 36.8 Mds d'€ ), attention, en comptant uniquement ses sociétés du CAC 40 .

   Les EEUU sont évidemment en tête, avec 301 Mds de $ versés , soit une augmentation de 49% en cinq ans . Vient ensuite le Royaume-Uni, loin derrière les USA, mais avec + 39% de mieux en cinq ans également .

   L'Europe, sans le RU, a versé 200 Mds d'€ à ses actionnaires , soit 15 Mds d'€ de plus qu'en 2009 où le montant atteignait 185 Mds d'€ ( + 7.8% en cinq ans ), en pleine crise de la zone euro .

   Les pays émergents constituent la troisième grande zone pour ces répartitions de dividendes, avec une augmentation de 109%, en cinq ans, soit plus du double, malgré la crise .

   En augmentation de 76%, c'est le secteur financier qui fournit à ses actionnaires la plus grosse part du gâteau : 160 Mds d'€, 24% du total . Encore une fois, en pleine crise financière . Quand on vous dit qu'à l'occasion de la crise, l'argent des banques a été prélevé de la poche du contribuable, pour aller directement dans celle des actionnaires, voici des chiffres qui le prouvent .

   A présent, je vois venir la question qui vous taraude . Et l'Allemagne ? Je n'ai pas oublié l'Allemagne . Je l'ai gardée pour la fin . Les poids lourds de l'industrie et de la banque allemands du Dax, ont versé, à leurs actionnaires, en 2013, 27.5 Mds d'€, une augmentation de 6% sur un an, et ont retrouvé, tout de même, le niveau de 2008 .

   A ce stade, j'ai une question : comment se fait-il que nos économistes et observateurs, si prompts à lancer les comparaisons franco-allemandes, ne se demandent jamais pourquoi le niveau des dividendes allemands versés, reste inférieur, ici, en 2013, de 9 Mds d'€, à celui des dividendes français . N'y aurait-il pas, entre les deux, des gens plus gloutons que d'autres ?

   Nous allons être amenés à revenir sur ce sujet .

   Si nous ajoutons aux sociétés du Cac 40, l'ensemble des entreprises non cotées, le total des dividendes versés aux actionnaires s'établit à 100 Mds d'€, pour notre pays, soit l'équivalent demandé par M. Gattaz, en cadeau, pour ses entreprises . 100 Mds d'€, auxquels il faut ajouter l'exode des bénéfices des grands groupes vers les paradis fiscaux, qui plombent d'autant les " marges de nos entreprises ", si faibles, sur lesquelles nos Excellences socialistes nous demandent de pleurer .

   Je m'autorise quelques questions sottes, parce qu'uniquement morales : pourquoi ne pas réduire sensiblement le niveau des dividendes, avant de saccager la politique familiale ? Pourquoi ne pas bloquer le niveau des dividendes, avant de geler les salaires ?  Pourquoi ne pas s'en prendre au coût du capital, avant de laminer le supposé coût du travail ?

 

   Le quinquennat de F. Hollande rappelle, de plus en plus, l'extravagant livre de Charles Georges Coquelay de Chaussepierre : rien n'est écrit, pour éviter les critiques  mais la rouerie aidant, on repasse " la patate chaude " à des " partenaires sociaux ", pour écrire quelque chose, partenaires qui,  toute gloutonnerie déployée, s'étripent déjà, au sein même du MEDEF, pour savoir qui va le mieux profiter des allègements de charge .

   L'embrouille est telle, que le Pacte de Responsabilité de la Saint Sylvestre, est devenu une " soupe ", qui fume certes, mais pleine de grumeaux : par exemple, " l' Observatoire des contre-parties ", annoncé le 14 janvier, pour faire plaisir à la gauche du PS, il est toujours là, en tant qu'observatoire,  mais on ne sait plus de quoi .

   Rien n'étant écrit, les questions ne cessent de se multiplier : est-il normal, non, est-il sain, que la politique familiale de la Nation soit décidée par les partenaires sociaux - empêtrés dans leurs égïsmes - et non par la Représentation Nationale ?  

   Pire que cela ! Est-ce que le " Roué de l'Elysée " ne serait pas en train de chercher à mystifier tout le monde ?

 


" Dévorez-vous, pendant ce temps vous m'oubliez un peu, vous oubliez mon échec sur l'emploi, et surtout le fait que la question de l'emploi ne connaîtra aucune solution, tant que les politiques d'austérité européennes séviront .

   Oubliez-moi, un peu, car le temps presse pour moi : une échéance politique majeure m'attend !  Pas les élections municipales, je m'en fous ! Je veux parler de mon rendez-vous devant la Commission de Bruxelles, au mois d'avril 2014,  où j'ai bien plus à perdre, car je devrai présenter mon bilan de deux années aux affaires, pour la Commission, il est mauvais, et les correctifs que j'entends y apporter .

   La Commission sait déjà, que , ni en 2014, (- 4% ), ni en 2015,( - 3.9% ),  je n'atteindrai les objectifs sur les déficits publics ( - 3% ) sur  lesquels je me suis engagé, et ce malgré les deux ans de délais qu'elle m'a accordés ... l'austérité européenne nous en empêche . "

  

   Où compte-t-il trouver 50 Mds d'économies ? Personne n'y croit !

   Le sénateur socialiste Gaëtan Gorce aurait-il mis le doigt sur une vérité hollandaise, quand il écrit sur son blog? " Cette opération - le pacte de responsabilité - n'est qu'un leurre visant à enfumer la Commission avec laquelle la France a rendez-vous en avril " . ( Cité par Hervé Nathan, Marianne No 880, l'embrouille du 1 million d'emplois ) .

   " On ne tient pas les déficits, mais les réformes structurelles sont engagées ! " dira-t-on à Bruxelles .

 

   " Le Roué Vertueux " ! On voit bien où trouver la rouerie dans cette manipulation politique, allez-vous me dire, mais on n'y trouve pas la vertu . Et vous avez raison . Le livre d'Hollande s'est écrit en deux parties . La première qui parlait de vertu, est restée au pied de l'estrade d'un orateur anonyme, au Bourget, un soir de février 2012 .

 

 

   NB : les chiffres de HGI ont été publiés dans l'Humanité.fr du 25 février 2014, et d'autres journaux .

 

   

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 15:12

Baker_Charleston.jpg 

 

 

Sous-titre : " L'entreprise ne crée pas l'emploi " (1) .

 

"  Les entreprises ne créent pas l'emploi : " elles " opèrent " l'emploi déterminé par la conjoncture . Si l'on veut de l'emploi, c'est à la conjoncture qu'il faut s'intéresser, pas aux entreprises " . (1) . ( Frédéric Lordon . Le Monde diplomatique du 26 février 2014 ) .

 ( Illustration :  Joséphine Baker . Charleston  . Photobucket ) .

 

   " Les entreprises ne sont pas des lieux d'exploitation ou d'accumulation du profit ...  " ( B. Cazeneuve ; Ministre, à Bercy, du budget ; BFM-TMC du 6 janvier 2014 ) .

   " La France doit être accueillante pour les entreprises et les talents ... Les entreprises sont au coeur de notre politique économique " . ( P. Moscovici ; Ministre, à Bercy, de l'économie . Les Echos , 4 mai 2013 ) .

   " Le pacte est une réconciliation de la Nation autour de l'entreprise, en contrepartie il est attendu que l'entreprise secoure la Nation " . ( A. Montebourg ; Ministre, à Bercy, du Redressement productif  . France Inter , 18 fév. 2014 ) .

   Et la plus belle fleur dans ce florilège " bisounours " : " Le milieu entrepreneurial a encore besoin de preuves d'amour " . ( Fleur Pellerin ; Ministre, à Bercy, de l'innovation et de l'économie numérique , Reuters, 12 fév. 2014 ) .

   Nous pouvons relier ces preuves d'amour à la prière pressante de M. Gattaz, patron du MEDEF, au gouvernement,  de lui épargner toute nouvelle disposition " stressante ", ( Conférence de presse du 18 février ) . Le gouvernement doit témoigner de l'amour à M. Gattaz et, surtout, lui éviter toute contrariété .

 

   Mais M. Gattaz a bien stressé F. Hollande quand il lui a proposé, fin 2013, un " deal " inattendu . " Cent Mds d'€ de baisse des charges en faveur des entreprises, contre la création d'un million d'emplois, en cinq ans " . Et F. Hollande, empêtré dans les méandres, étourdi par le " yoyo ", de sa courbe du chômage qui n'en fait qu'à sa tête, s'est écrié, sous la houlette de Saint Sylvestre : " Banco " !

   Deux chiffres, bien ronds, faciles à retenir, mais surtout faciles à faire entrer dans les têtes ; n'allez surtout pas imaginer qu'ils sont le fruit de savantes études : c'est de la pure communication . C'est un troisième larron qui vend la mèche, un peu benoîtement, il faut bien le reconnaître . Patron de la CGPME - les petites et moyennes entreprises - Jean-François Roubaud, en gros nigaud, s'écrie : " Encore faudra-t-il que les carnets de commandes se remplissent ...", ( Les Echos, 3 janvier 2014 ) .

   Et voilà, dévoilée, l'irrémédiable inanité de la stratégie Hollande et de ses conseillers, esprits entièrement colonisés par " l'énoncé princeps " du néolibéralisme : " Ce sont les entreprises qui créent l'emploi " ! C'est faux ! C'est Roubaud qui a raison !

 

   " Les entreprises n'ont aucun moyen de créer par elles-mêmes les emplois qu'elles offrent " . Ces emplois ne résultent que de " l'observation du mouvement de leurs commandes ", dont elles ne sauraient décider elles-mêmes, puisqu'elles leur sont extérieures, puisqu'elles leur viennent du dehors, c'est à dire du bon vouloir dépensier, des moyens et des besoins, de l'optimisme, de leurs clients, des ménages, des autres entreprises, des collectivités locales, de l'Etat, des citoyens des pays voisins ou lointains, et dans ce dernier cas, des possibilités de transport, des taux de change monétaires, des comportements politiques des dirigeants de ces pays ...

 

   Si les entreprises fabriquaient elles-mêmes leurs carnets de commandes, cela se saurait depuis longtemps et les règles du capitalisme seraient d'une simplicité déconcertante .

   Mais ça ne se passe pas ainsi . Les entreprises enregistrent des flux de commandes sur lesquels elles n'ont que des possibilités d'action marginales, -  à l'échelle macro-économique, elles n'en ont aucune, sauf dans le cadre précis d'une certaine coordination liée à l'appartenance à un trés grand groupe multinational -, puisque ces commandes ne dépendent que de la capacité de dépense de leurs clients .

   Certains diront qu'elles peuvent aller chercher au-dehors le surplus de demandes que n'offre pas le revenu interne . Oui, elles le peuvent, mais le coeur de la question n'est pas altéré pour autant . Les entreprises enregistrent, à l'export comme à domicile, des demandes qu'elles ne peuvent pas individuellement contribuer à former ; elles se bornent tout au plus " à convertir en emplois ces commandes " !

   Ne cherchez aucun geste créateurde richesse, comme le revendique hautement l'idéologie néo-libérale, ou créateur d'humain, ou créateur tout court . Les entrepreneurs et les entreprises ne créent rien en matière d'emploi .

   N'allez pas croire que je penserais que les entreprises ne font rien . Pas du tout ! Elles se font concurrence pour capter, comme elles le peuvent, " les flux de revenu-demande " : c'est cela leur boulot .

 

   Tout cela pour dire que nous n'avons pas à obéir, au doigt et à l'oeil, à M. Gattaz et à ses extravagances, au motif qu'il détiendrait, puisqu'il est le patron des patrons, le secret de la création des emplois . Il ne détient rien du tout : il n'a rien d'un héros !

   Il ne détient rien du tout, pour la simple raison, que la création des emplois est l'aboutissement d'un processus totalement impersonnel, qu'on appelle la conjoncture économique - à tout le moins, dans le système néo-libéral dérégulé - , aboutissement qui ne peut être qu'une synthèse non intentionnelle, non assignable, donc parfois incohérente, d'une multitude de décisions individuelles, autant celles des ménages qui vont consommer plutôt qu'épargner, que celles d'entreprises et de collectivités qui lanceront ou non des investissements .

 

   Les entreprises, séparément n'ont aucune prise sur rien, puisque le propre de l'économie de marché est que les agents y prennent leurs décisions par devers eux et sans coordination avec les autres : chacun est donc renvoyé à son isolement et à sa condition passive .

 

                                                         

 

 

   NB : d'aprés l'article de l'économiste Frédéric Lordon, " Les entreprises ne créent pas l'emploi " ; Le Monde Diplomatique du 26 février 2014 .

  

 

  

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 14:04

PAIN-ET-SAUCISSON.jpg

 

 

 

" Les idées ne sont pas des peintures muettes sur un tableau, elles enveloppent une certitude qui est quelque chose d'entièrement positif " . ( Spinoza . L'ethique ) .

 ( Illustration : monartemoi.artblog.fr )  .

 

   " Le hollandisme est une entreprise de rectification de la politique, continuée, et sans précédent " . ( Expression empruntée à l'économiste Frédéric Lordon, à propos de l'historien Pierre Rosanvallon et son initiative " Le Parlement des invisibles " ) .

   Comprenons-nous bien : loin de moi l'idée de prétendre que le " hollandisme " serait une sorte de " nature morte " de la politique, qui ne dirait plus rien, qui aurait perdu tout sens, qui n'aurait plus aucun message à délivrer ; pire encore, que ce serait , dans les catégories de natures mortes, " une vanité ", ces compositions allégoriques qui suggèrent que l'existence terrestre est vaine, vide, la vie humaine précaire et de peu d'importance ...

   Nous n'en sommes pas là !

   Le " hollandisme " n'est pas muet, au contraire, je dirai même qu'il affectionne les discours, mais attention, les discours " enveloppes " . C'est à dire, non pas le discours qui porte " une certitude ", mais le discours qui détourne de son véritable objet .

   Le " hollandisme " n'est pas la fâmeuse " boîte à outils " du Président, qu'il nous mit sur la table au printemps 2013 , non, le " hollandisme " est une machine-outil, une " rectifieuse ", cette machine munie d'une meule qui a pour tache de produire une pièce dotée d'une surface parfaite aprés usinage par une fraiseuse ou un tour .

  Le " hollandisme " s'attache à faire disparaître aspérités, bosses et égratignures, mais aussi liens, liaisons et causalités,  pour offrir la surface politique la plus lisse qui se puisse trouver .

   L'entreprise de rectification s'est donc donnée pour mission de retirer de tous les rapports de production ce qu'ils ont d'humain, de vivant, de conflictuel, pour en faire des abstractions, isolées, comme elles peuvent l'être dans la conscience ordinaire, sans aucun travail de " fabrication politique " qui consiste - et ce depuis deux siècles -  en un effort de liaison : " rapporter des communautés d'expérience à des communautés de position, ou de situation, des souffrances à des mécanismes, des effets à des causes " ( Frédéric Lordon ) .

   Vous chercherez en vain, dans tous les discours de F. Hollande, les mots de peuple, de travailleurs, d'ouvriers, ( il ne connaît pas ), de chômeurs . Il ne connaît que la courbe du chômage, le taux de croissance et les excédents commerciaux .

   Et mieux que tout, " l'entreprise " !

 

   " L'entreprise " ! Pas l'entreprise concrète, réelle, faite d'hommes et de femmes, aux intérêts contradictoires, bâtie sur le conflit, la lutte, la revendication, la souffrance, le profit,  toutes choses plus humaines les unes que les autres . Non ! Pas de ça, chez nous, clame-t-on en " Hollandie " !

   Non ! Mais l'entreprise " abstraite ", vide, irénique - les excés en sont bannis - , l'entreprise créatrice de croissance, de bien-être, de bonheur, mais sans ses producteurs, sans la force de travail d'ouvriers et de techniciens, sans personne . Pardon ! Si, il y a quelqu'un, le chef d'entreprise : M. Gattaz ! Tout seul ? Pas tout à fait, il a derrière lui une petite troupe d'actionnaires, les dieux du monde moderne .

   Dans les années 1990, certains ont voulu inventer " l'industrie sans usines " ; le hollandisme s'essaie à une autre gageure : l'entreprise sans producteurs .

   Et pourquoi pas, puisque en " Hollandie " on ne connaît que les variations saisonnières des courbes et des statistiques ?

   Il y a cinquante ans, quand on se chauffait encore au charbon, il était difficile de cacher à ceux de la surface que leur bien-être avait un prix : l'atrocité des conditions de travail dans les mines . Il était encore plus difficile, lorsque ces mineurs se mettaient en grève, d'organiser des " micro-trottoirs, où l'on met en scène des consommateurs outrés d'être pris en otage, de voir leur vie de famille ou leur départ en vacances perturbé par des irresponsables .

   Les politiques de gauche, d'alors, s'attachaient à " faire tenir ensemble " , selon le mot d'Orwell, les contre-parties de l'exploitation capitaliste : la satisfaction tranquille des uns et les profits,  ont pour pendant la peine et la fatigue des autres .

   Le discours de la " hollandie " n'est plus rien " qu'un néant de causalité où on abandonne les vies des travailleurs " ( F. Lordon ), réduites à un bout de saucisse, un morceau de pain et un verre de vin blanc duralex .

 

   Ce faisant, les tenants du " hollandisme " prennent le risque du ridicule au-delà de toute mesure, le ridicule d'être les derniers à accepter de parler de ce dont tout le monde réclame qu'on parle, la crise financière, la crise européenne, la brutalisation croissante des rapports économiques .

 

 

   NB : à partir de l'article de F. Lordon, " les évitements visibles du parlement des invisibles ", le Monde Diplomatique du 7 février 2014 .


  

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 15:36

" Perdre les ouvriers ? C'est pas si grave ! "  ( Mot de François Hollande, rapporté par la journaliste Cécile Amar dans son livre " Jusqu'ici tout va mal ",  mot  prononcé à l'occasion d'un voyage à Florange ) .

 ( Illustration : forwallpaper.com ) .

 

 

BondJamesBond.jpg

 


 

   Il est d'usage de considérer, chez les amateurs de films d'espionnage, que le chiffre qui accompagne le nom du super-espion " James Bond 007 ", signifie que cet agent est autorisé, par ses chefs, à tuer . F. Hollande et ses députés, qui ne peuvent se défiler, puisqu'ils ont voté, ont inventé le même code , en vue des mêmes effets , pour les banques .

   L'article 60 de la Loi des Finances 2014 - le budget de l'Etat - stipule qu'il est interdit aux collectivités locales , éventuellement ruinées, de porter plainte contre les banques qui leur ont accordé des prêts " pourris ", les mettant sur la paille : dans le  langage policé de la finance , " qui leur ont vendu des actifs financiers risqués " . Ne cherchez pas dans vos gazettes habituelles, elles n'en ont pas parlé, et pour cause . ( 1) .

   Cet article n'est pas autre chose qu'une loi d'amnistie pour les banques, mais bien cachée dans une loi des finances toujours fort confuse et difficile à décortiquer .

   A des ouvriers désespérés qui ont cassé, dans un excés de colère, parce qu'ils voyaient qu'on se moquait ouvertement d'eux, un peu de mobilier public dans une sous-préfecture, on refuse une amnistie, au nom de l'égalité de tous les citoyens devant la justice ; mais on l'accorde " en catimini ", à des banquiers " voyous " qui ont " braqué " des millions de contribuables . Cela peut-il nous étonner de la part de celui qui ose s'écrier que perdre les ouvriers n'est pas un problème pour lui ?

   Il faut tout de même ajouter que l'article 60 n'est pas seulement la proclamation d'une amnistie, il va bien au-delà, puisqu'il donne un signal clair, aux banques . Vous pouvez recommencer, demain !  Vous êtes absoutes d'avance ! ( Un permis de tuer "du " contribuable, permanent . )

 

   C'est la même capacité à nous achever qui a été attribuée aux banques par la loi bancaire à la française, dite loi Moscovici-Berger , deux " coquins ", votée, ce qui n'est pas innocent, en juillet dernier, quand les gens sont en vacances . Je ne reviens pas sur la pseudo-séparation des activités , suffisamment évoquée . Le piège " apocalyptique " réside dans une autre dimension . Il vient d'être décrit par trois journalistes (2) .

   On nous a annoncé que l'on créait un fonds de sauvetage des banques, en cas de crise, financé par les banques ; et un fonds de garantie des dépôts des Français, les fâmeux 100 000 €,  financé par l'Etat , le tout pour protéger le contribuable, et ne pas le ponctionner mortellement comme cela est fait depuis 2010, avec des prélèvements fiscaux devenus insupportables . C'est tout à fait vrai ! 

   Sauf qu'on ne nous a pas dit que la Loi Moscovici- Berger fusionnait ces deux fonds : les banques et les fonds spéculatifs peuvent donc puiser  dans le fonds de garantie comme ils l'entendent . Quand le déposant français arrivera au guichet de sa banque, on lui répondra, que le fonds est vide . 

   La conséquence est claire : les déposants français ne sont plus assurés ! Nous sommes bien dans la géométrie de la sphère où l'ex- gauche n'est plus qu'une droite incurvée .

 

   Et pourquoi nos banques se gêneraient-elles pour nous écraser ? Les  gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans n'ont cessé de les laisser grossir, au point de leur offrir un pouvoir de chantage terrifiant . Qui sait, en dehors des milieux économiques et financiers, que la première banque française, BNP Paribas présente chaque année un bilan de 2000 Mds d'euros, un chiffre supérieur au PIB français . BNP Paribas est un groupe plus puissant que l'Etat français : question ! Qui s'agenouille devant l'autre ? Qui peut croire que la France a les moyens d'absorber la faillite d'un tel monstre ? (3) .

 

   Qui était au chevet de la Grèce, en janvier 2012, quand il s'est agi de restucturer la dette grecque ?  Quatre personnages :  deux politiques, Angela Merkel et  Nicolas Sarkozy ; et deux banquiers : Pébereau de BNP Paribas, et Ackermann de la Deutsche Bank et pour une raison trés simple, parce que les principaux détenteurs de la dette grecque étaient les banques allemandes et françaises .

   " La société grecque n'a été détruite que pour sauver nos banques " . (3) . Avoir confié un tel pouvoir de négociation à des banquiers en dit long sur la nature actuelle de l'Union Européenne et sur ce qui nous attend encore ! Nous n'avons pas encore tout vu !

   A la fin du XIXe siècle, les Républicains eurent à combattre l'alliance du sabre et du goupillon . Aujourd'hui, les classes populaires et moyennes ont à affronter la collusion entre pouvoir politique et haute finance privée .

   

   Ecoutez cet avertissement sans frais du système bancaire : " " tout ce qui nuit à nos intérêts - les mesures de régulation -  nous fragilise, et si nous mourons, vous mourrez tous avec nous " ! (3) .



   Notes : 

   (1) . Gaël Giraud , économiste et jésuite, ancien élève de l'ENS d'ULM, diplômé de l'Ensae, directeur d'études au CNRS . " L'illusion financière " 

   (2) . Adrien de Tricornot, Mathias Thépot, Fra Dedieu, chez Bayard, 2014 , " Mon amie, c'est la finance " .

   (3) . Gaël Giraud, entretien avec Bertrand  Rothé dans Marianne No 879 du 21 février 2014 .    

   

 

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 16:11

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" Il est temps que le quatuor Jospin, Chevènement, Hue, Voynet se rappelle que les majorités de gauche ont conduit au désastre chaque fois qu'elles ont voulu appliquer les politiques de leurs adversaires et pris leurs électeurs pour des idiots amnésiques " . ( Pierre Bourdieu . C'est ainsi que le sociologue rappelait à l'ordre la gauche plurielle, en 1998 ) .

 (1) . Expression empruntée à l'économiste Frédéric Lordon ) .

 ( Illustration : gralon.net . Medaille Fields ) .

 

   C'est prochainement que F. Hollande va se voir attribuer la Médaille Fields - équivalent du Prix Nobel pour les mathématiques - pour son invention dans le domaine de la géométrie de l'espace, plus précisément la géométrie des sphères : ce domaine de la géométrie doit désormais à F. Hollande le " concept de la droite incurvée " .

   Dans la géométrie des sphères, il n'y a pas de droite rectiligne, il n'y a que des courbes, des droites incurvées, si vous préférez .

   Le concept de " gauche réformiste " de type linéaire, dans le cadre de la géométrie plane, dite nationale,  est devenu inutilisable dans une mondialisation de nature planétaire à l'évidence sphérique .

   La disparition de la gauche des réformes s'imposait donc afin d'y substituer la " droite incurvée " .

   Soyons clairs ! Dans une sphère, comme dans le cercle de la géométrie plane, il y a un centre . Mais le  " matheux "  F. Hollande n'a pas choisi d'orienter sa politique vers le centre, car il eût dû reprendre une droite rectiligne - le diamètre de la sphère est une droite rectiligne - , cela il le laisse à la droite classique . La droite classique va droit au but . Le but c'est le centre de la sphère, la droite fonce droit sur le but, c'est d'ailleurs là, toute la nature, par exemple,  du sarkozysme : les profits, les marges, les plus-values d'un côté, les destructions de toutes les protections sociales de l'autre, et le plus vite possible .

   C'est la droite rectiligne, bien installée dans son repère orthonormé !

 

   F. Hollande n'est pas N. Sarkozy, comme le prétendent certains . Il est plus rond prétendront d'autres . Certains malfaisants avanceront qu'il ne déteste pas les courbes . Pour ma part je préfère dire qu'il aime la difficulté .

   Pas les chicanes d'un circuit automobile, comme les affectionne un François Fillon . Disons plutôt, les grands virages bien négociés, bien réguliers , qui n'exigent aucun à-coup .

   Ce que F. Hollande apprécie dans un virage c'est sa raison d'être . En premier lieu, un virage est construit pour contourner un obstacle ou parce qu'un relief l'oblige, et le Président ne déteste pas les obstacles . Voyez avec quelle indifférence il " surfe " sur son incroyable impopularité !

   La passion qu'éprouve le Président pour les virages, donc les courbes, les droites incurvées, tient aussi au fait que les virages annoncent les bretelles d'accés et les échangeurs, si bien nommés, puisqu'ils permettent de changer d'itinéraire, de direction .

   Attention, il déteste le virage en épingle, trop brutal, à son goût, et à l'origine de certains dérapages . Dans la géométrie des sphères il n'y a pas de virage en épingle .

 

   F. Hollande n'aime pas la géométrie euclidienne qui comporte trop de droites et de plans sécants, se coupant brutalement entre eux, avec des angles saillants, trop agressifs .

   Il préfère la douceur des courbes riemanniennes  lui permettant de glisser sur des ellipses aux candides inclinaisons , mais qui le conduisent à coup sûr, vers le centre, le but : l'avènement du libéralisme sans régulation . C'est que le Président adore les ellipses .

   Vous comprenez, l'ellipse lui offre la possibilité de jouer sur deux tableaux .

    Le tableau rhétorique, d'abord , l'ellipse littéraire - du grec manque, défaut, insuffisance - cette figure de style qui lui permet d'omettre certains éléments nécessaires à la compréhension de son discours . Cette figure lui permet de cacher une partie de son projet et ainsi d'avancer à couvert . Il adore les couverts !

   Le tableau mathématique ensuite, ces ellipses aux accueillantes  inclinaisons, qu'il nous décline depuis des mois en  " bouquet " de " pactes " aux parfums grisants : pacte de compétitivité, pacte de simplification, pacte de confiance, pacte de responsabilité .

   L'ellipse étant une courbe plane, nous nous sentons glisser, sur ces plans inclinés, vers notre malheur, mais avec reconnaissance , car nous savons bien, que N. Sarkozy, lui, si nous l'avions conservé, nous aurait précipité dans le fleuve de l'enfer sans autre forme de procés .

 

   Nous pouvons nous estimer heureux d'avoir élu, en 2012, un mathématicien !  F. Hollande est un fin connaisseur de la pensée de Montesquieu : " Les propositions mathématiques sont toujours reçues comme vraies parce que personne n'a intérêt à ce qu'elles soient fausses " .

 

  


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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 15:13

(1) discordes commerciales .

 L'AMI : projet d'Accord Multilatéral sur l'Investissement, négocié secrètement, entre 1995 et 1997, par les 29 pays membres de l'OCDE d'alors . L'objectif de l'accord était d'étendre le programme de dérèglementation de l'OMC aux secteurs vitaux des économies mondiales non encore concernés ... Divulguées in-extremis , notamment par le Monde Diplomatique, une vague de protestations sans précédent , obligea les acteurs de ce coup de Jarnac à remiser le projet ...

( Illustration : typhon . europe1.fr ) .

 

 

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   Le capitalisme n'acceptant  jamais la défaite mais doté d'une patience digne d'un animal à sang froid, revient à la charge, quinze ans plus tard, avec le même projet, mais présenté sous un autre habillage . Il s'appelle, cette fois, l'Accord de Partenariat  Transatlantique, négocié depuis juillet 2013, entre les EEUU et l'UE, pour une ratification prévue au cours de l'année 2015 .

   C'est ce projet que F. Hollande veut voir accélérer, comme il l'a clamé à Washington, véritable déclaration d'amour à l'intention de B. Obama .

   Cet accord, crée une zone économique, que Dante eût appelée les " Malesfosses ", région où règneront les Trompeurs : séducteurs et ruffians, flatteurs et adulateurs, simoniaques, sorciers, concussionnaires et prévaricateurs, hypocrites, voleurs, fraudeurs, semeurs de scandales, simulateurs, faux-monnayeurs ... eût écrit l'illustre florentin .

   Ce futur accord est porté par un lobby connu sous l'appellation " Trans- Atlantic- Business- Council  (TABC), créé en 1995 par la Commission Européenne et le Ministère du Commerce américain, rassemblement de riches entrepreneurs qui milite pour " un dialogue " (sic) , hautement constructif entre les élites économiques des deux continents, l'administration de Washington et la Commission de Bruxelles .

   TABC est donc un forum permanent qui permet aux multinationales de se coordonner dans la lutte contre les politiques d'intérêt général qui tiennent encore debout des deux côtés de l'Atlantique .

   Son objectif n'est plus caché, la crise financière étant passée par là, on n'a plus besoin de se gêner : l'objectif est d'éliminer ce que ces messieurs appellent , avec élégance, " les discordes commerciales " ( trade irritants ) . Il s'agit d'opérer sur les deux continents avec les mêmes règles et sans l'interférence des pouvoirs publics .

   Le maître-mot de ce Lobby est " la convergence régulatoire " - encore du Verlaine - c'est à dire, la mort de toutes les barrières législatives locales, ces " discordes commerciales " , protégeant le travail, la santé et l'environnement,  qui entravent  la production, la mise en circulation, la circulation, et la distribution des biens et des services .

 

   Ce qui est trés nouveau dans la démarche actuelle de démantèlement des législations locales, c'est que le TABC n'en est plus à prôner de simples assouplissements des lois existantes - redisons-le avec force, le bloc communiste n'est plus là pour tempérer certaines ardeurs des capitalistes et la crise de 2008 a accompli son ouvrage de sidération - " les activistes du marché transatlantique " se proposent de les réecrire eux-mêmes : la Chambre américaine de Commerce et " BusinessEurope, deux des plus grosses organisations patronales de la planète, ont tout bonnement appelé les négociateurs de l'APT à réunir autour d'une table de travail un échantillon de gros actionnaires et de responsables politiques afin " qu'ils rédigent ensemble les textes de régulation " qui auront ensuite force de loi aux Etats-Unis et dans l'Union Européenne .

   Les principes déjà actés de l'accord prévoient donc que les législations en vigueur des deux côtés de l'Atlantique se plient aux normes de libre-échange établies par et pour les grandes entreprises européennes et américaines, sous peine de sanctions commerciales pour le pays contrevenant ou de réparations financières de millions d'euros au bénéfice des plaignants .

   L'APT combine en les a ggravant les éléments les plus néfastes des accords conclus par le passé . Avec cet accord, les privilèges des multinationales prendront force de loi et lieront les mains des gouvernants pour de bon . A l'abri des alternances politiques et des mobilisations populaires, l'accord s'appliquera de gré ou de force, puisqu'aucune de ses dispositions ne pourront être amendées qu'avec le consentement unanime des pays signataires .

   L'importance de cet accord peut être mesurée en quelques chiffres . Du côté américain, les délégations comptent plus de 600 consultants mandatés par les multinationales avec un accés illimité aux documents préparatoires et aux représentants de l'administration . Mais rien ne doit filtrer, ce que l'on peut comprendre aisément : il vaut mieux prendre son temps avant d'annoncer au citoyen américain les effets que l'accord va provoquer sur ses habitudes et traditions . Du sommet de l'Etat fédéral jusqu'aux conseils municipaux, en passant par les gouvernorats et les assemblées locales, les élus vont devoir redéfinir de fond en comble les politiques publiques de manière à satisfaire les appétits du privé .

   On peut imaginer l'ampleur de ces effets sur les 28 Etats de l'UE . 

   Les intérêts en jeu sont énormes dans la mesure où ils concernent, aux EEUU, 3300 entreprises européennes présentes sur le sol américain, démultipliées en 24000 filiales, et à l'inverse, sur le sol européen, on décompte 14400 compagnies américaines, disposant d'un réseau de 50800 filiales qui patientent dans les starting-blocks .

   " Au total ce sont 75000 sociétés qui attendent de pouvoir se lancer dans la chasse aux trésors publics ", s'écrie le journaliste Lori M. Wallach .

   Si votre gazette habituelle vous vante les mérites d'une telle révolution en matière économique et comme accélérateur de croissance, retenez, ce que déclare doctement  " Le centre européen d'économie politique internationale " ( ECIPE ), à savoir qu'en 2029, l'APT rapportera à la population concernée, un surcroît de richesse de 3 centimes d'€ , par tête et par jour .

 

   Il est aussi fort intéressant de savoir que, parallèlement à l'APT, un accord similaire vient d'être conclu et est en cours de signature, entre douze pays de la zone Pacifique, ardemment promu par les hommes d'affaires américains . L'accord de partenariat transpacifique ( TPP , Trans-Pacific Partnership ), et l'APT transatlantique, vont former à eux deux, un empire économique  historiquement inégalé, fondé sur une une législation supranationale, expressément écrite pour les intérêts des multinationales .

   Un " début de gouvernance mondiale ", un thème si cher au sinistre J. Attali .

   L'utilisation du commerce  comme " Cheval de Troie " pour démanteler les systèmes sociaux et installer " la Junte des Chargés d'Affaires ", a échoué plusieurs fois , dans le passé, beaucoup de signes laissent à penser que cela pourrait être différent, cette fois .

 

 

   NB :  d'aprés l'article de Lori M. Wallach , " Un typhon qui menace les Européens ", Le Monde Diplomatique, novembre 2013 .

 


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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 14:14

Dans la Divine Comédie, Malebolge est le nom donné par Dante au huitième cercle de l'enfer, le cercle des fraudeurs .

( Illustration : l'Enfer de Dante peint par Boticelli  . Wikipedia ) .

 

 

 

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" Malebolge " est le nom que l'on pourrait attribuer au " hollandisme ", qui se caractérise par une  fraude généralisée sur tout ce qui fut l'Idée de progrés social propre au XXe siècle , et parfaitement résumée par l'incontournable faussaire, Alain Minc : " Hollande est en train de nous débarrasser du socialisme " .

   Le porte- étendard de cette fraude intellectuelle, en hollandie, s'appelle Pierre Moscovici, le Ministre de l'Economie et des Finances .

   Aprés avoir réduit à rien, la réforme bancaire , à la française, et afin de plaire à ses amis banquiers français, il monte au front pour pourfendre un projet européen qu'il juge trop violent et agressif à l'endroit de nos banques .

   On pourrait presque en rire, si cela n'était pas aussi sérieux .

 

   Un Ministre français, supposé socialiste, s'en prend à l'ultra-libérale Commission de Bruxelles, non pas parce qu'elle chercherait à accroître les dérives libre-échangistes, mais parce qu'elle  irait trop loin dans l'encadrement des banques . La fraude intellectuelle est totale . D'habitude, c'était Bruxelles qui endossait le rôle du méchant suppôt du libéralisme et le Ministre français revêtait l'habit du chevalier blanc, grand régulateur de la finance, Robin des bois des travers du libéralisme .

   De quoi s'agit-il ?

   Le Commissaire Européen aux affaires intérieures, un conservateur français affilié à l'UMP, Michel Barnier, propose un projet d'encadrement des 29 plus grosses banques européennes, dont certaines ont un chiffre d'affaires qui égale ou dépasse le PIB de leur propre pays de naissance .

   Jugées " trop grosses pour faillir, trop compliquées à démanteler, mais aussi trop coûteuses pour être sauvées par le contribuable " par la Commission Européenne, celle-ci suggère de leur interdire de spéculer avec l'argent de leurs déposants, et donc de " filialiser leurs activités de tenue de marché ", c'est à dire de séparer leus activités de dépôts de leurs activités de spéculation : du Roosvelt, en 1933 .

   Et qui montre les dents, aussitôt connu le projet ?  Le Ministre de l'économie,  supposément socialiste, français , farouchement soutenu par son gouverneur de la Banque de France .  Mais pourquoi, direz-vous ? Mais parce que dans les " 29 ", il y a les 4 plus grosses banquess françaises : BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Banques Populaires-Caisses d'Epargne, dont P. Moscovici est trés proche .

   L'année dernière, sur une " pseudo-loi " de séparation bancaire à la française, il les avait épargnées, ne leur imposant que 0.75% de leurs avoirs propres à " mettre en jeu " sans le filet de l'Etat , comme le reconnut, avec candeur, le Président de la Société Générale, trés satisfait du succés de son lobbing .

   P. Moscovici avait accéléré le mouvement du côté français, pensant que l'Europe s'alignerait sur ce que nous appellerons " la modération française " . 

   La curieuse députée française, Karine Berger, économiste qui se prétend reconnue, et qui avait, en partie , porté le projet français, dont elle avait défendu avec acharnement la nature anti-financière, a dû reconnaître que le projet Barnier comblerait utilement les insuffisances de la Loi française qu'elle avait contribué à faire voter .

   Tandis que de son côté, Christan Noyer, gouverneur de la Banque de France, et parlant à la place de son patron, qualifie le projet de directive " d'irresponsable " et " espère qu'il sera enterré et ne connaîtra aucune suite ", ce qui semble assez probable .

 

   Le côté " malebolge " du quinquennat hollande, ne s'arrête pas là . Alors que onze gouvernements de la zone euro, dont Paris et Berlin,   ont déjà acté le principe de la mise en place d'une taxe sur les transactions financières, on sait que depuis des mois, P. Moscovici fait le forcing à Bruxelles pour la réduire à sa plus simple expression, combattant pied à pied toutes les propositions émanant de la Commission, taxe que son porte-voix, le dénommé Noyer,  juge également " irresponsable " .

   Et quand Hollande clame, à Washington, qu'il faut accélérer les discussions sur le " partenariat transatlantique " qui va livrer l'Europe aux multinationales, et lier juridiquement les " pieds et les poings " de nos gouvernements, ce n'est plus du huitième cercle de Dante que nous devons parler, mais du neuvième, celui des " traîtres " .

 

 

   NB : d'aprés l'article d'Hervé Nathan, Marianne No 878 du 14 février 2014 , " Moscovici plus banquier que Barnier ".

 

   

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 14:56

" Il est aussi certain que l'histoire ne se répète jamais identiquement qu'il est certain qu'elle se répète toujours en certaines parties que nous pouvons dire principales ... Les faits du passé et ceux du présent  se prêtent un mutuel appui pour leur compréhension réciproque ... "  ( Vilfredo Pareto . Economiste et sociologue italien ) .

 ( llustration :  Prestidigitation . Joseph Faverot . 1862 .  Wikipedia  ) .

 

 

 

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   " Je ne m'accomoderai pas du monde tel qu'il est et  je soutiendrai qu'on peut lui opposer une idée forte et juste ... Il est frappant que je sois devenu une figure idéologique à l'extrême de l'extrême, uniquement parce que j'ai continué à soutenir, tout en renouvelant de fond en comble ma pensée théorique, qu'il fallait désirer que le monde change absolument " . ( Alain Badiou ) .

 

   " Le Libéralisme ne saurait être un laisser faire ... Nous avons été conduits à l'abîme par des affirmations économiques constamment répétées , mais non prouvées . Par un matraquage incessant nous avons été mis face à des vérités établies, des tabous indiscutés, des préjugés admis sans discussion . Cette doctrine affirmait comme une vérité scientifique un lien entre l'absence de régulation et une allocation optimale des ressources . Au lieu de vérité il y a eu, au contraire, dans tout cela, une profonde ignorance et une idéologie simplificatrice ... " ( Article : Maurice Allais flingue le néo-libéralisme . Cité par blog.syti.net ) .

    " L'enjeu capital actuel est le risque d'une destruction de l'agriculture et de l'industrie françaises . Un tel risque est réel et j'emploie le mot de destruction car il est l'expression de la réalité . Un tel risque provient du mouvement incessant des délocalisations, elles-mêmes dues aux différences de salaires entre pays développés tels que ceux de l'Amérique du Nord et de l'Europe de l'Ouest d'une part, et d'autre part ceux d'Asie ou d'Europe orientale, comme la Roumanie . Un écart de salaire élevé, aussi extrême par exemple que de un à six, n'est pas supportable à long terme par les entreprises des pays où le revenu est plus élevé ... Cela ne veut pas dire que j'oppose ces régions entre elles, elles sont toutes des victimes du libre-échangisme imposé par l'OMC, le FMI et Bruxelles pour l'Europe ... " . ( Maurice Allais . Unique Prix Nobel d'économie français, 1911- 2010 ) .

   

   Peut-on comprendre, oui, peut-on admettre, non, le tour de passe-passe que nos dirigeants politiques, sous la pression des lobbyes financiers, nous infligèrent , en 2008 ?

   Durant 10 années de faste,  banques et assurances jouèrent, au casino  de la bourse , des sommes colossales qu'elles ne possédaient pas , avant que  la faux du  " croupier " ne se mît à siffler au-dessus des tables de jeux annonçant que ces " illustres dames " venaient de tout perdre .

   Panique dans le monde des spéculateurs !  Aussitôt le vieux précepte libéral est activé : on privatise les bénéfices mais on nationalise les pertes . Les dettes des banques sont transférées aux Etats, donc aux citoyens - contribuables .

   Mais rappelez-vous le coup de " bonneteau " !  Les Etats, déjà trés endettés, ne disposaient pas réellement de l'argent qu'il fallait prêter aux banques pour leur éviter la faillite . Que firent les Etats, qui n'ont plus le droit , en zone euro, en particulier, de créer leur propre monnaie ? Ils empruntèrent, contre intérêts, aux mêmes banques,  supposées en faillite, et qu'il fallait aider . " Je t'achète, tu me vends ! Je te prête, tu me rends ! " .

   Cohérence, quand tu nous tiens !

   Le renflouement des banques ainsi que la baisse des recettes fiscales du fait , et de la crise et de l'austérité imposée par l'Europe, ont fait exploser la dette publique des pays occidentaux : l'Irlande à la veille de la crise possédait une dette de 30%, elle est aujourd'hui de 120% de son PIB ; la Grèce traîne un niveau de dette de 170%, malgré une remise de la moitié de ses créances bancaires et l'austérité la plus dure imposée par l'Europe à l'un de ses membres .

   La majorité des pays occidentaux est au bord de la faillite avec des taux d'endettement proches ou supérieurs à 100% de leur PIB .

   Le transfert des dettes bancaires sur des Etats déjà trés affaiblis n'est pas tenable trés longtemps et inquiète les banques privées . C'est pourquoi, le projet européen de réforme bancaire, porté par le Commissaire européen Michel Barnier, un Français issu de l'UMP, les rend " nerveuses " et qu'elles " montent au front " pour le combattre , avec comme porte-étendard - tenez-vous bien - le ministre socialiste français de l'économie et des finances, le trés droitier et ami des banquiers, Pierre Moscovici .

   Car, " voilà-t-il pas " que ce conservateur veut museler - l'insolent - les 29 plus grosses banques européennes, dont 4 sont françaises, ( BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banques Populaires - Caisses d'épargne ), au motif  " qu'elles sont trop grosses pour faillir, trop compliquées à démanteler, trop coûteuses pour être sauvées avec l'argent du contribuable ", et qu'elles doivent donc séparer leurs activités spéculatives de leurs activités de dépôts .

   La banque " s'étrangle " !

   Mais ne nous faisons pas d'illusion, ce projet ne passera pas ! Nos politiques ont déjà fait leur choix :  le libéralisme a déjà sapé la démocratie, ruiné les classes moyennes, réduit à la précarité les classes populaires, plongé dans la pauvreté les chômeurs de longue durée et bientôt une grande proportion de retraités, alors la destruction de nos sociétés, qui nous ramènera aux conditions sociales du XIXe siècle, n'est pas pour l'arrêter .

 

   Aussi, je déclare, avec le philosophe Alain Badiou , que " je ne m'accomode pas du monde tel qu'il est et que je soutiens qu'on peut lui opposer une idée forte et juste " !

 

 

   NB : inspiré du billet " Comment 30 ans de libéralisme ont d&étruit nos sociétés " , blog.syti.net , du 11/06/2010 .

 

   

 

   

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 15:44

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" On ne fait pas admettre des valeurs en forçant la porte d'entrée " . ( François Dubet ) .

 ( Illustration : fr.wikipedia.org ) .

 

   " Flatter le multiculturalisme, frayer avec les communautarismes, cela a un prix, mais certains ont du mal à s'en rendre compte " . Ignorer trop longtemps la réalité, c'est s'exposer à un moment ou à un autre, à la recevoir en pleine figure . 

   Le sociologue François Dubet le dit clairement à ses amis de la gauche morale, à propos de la nouvelle guerre de religion qu'ils viennent d'allumer .

   " Des groupes qui avaient une identité culturelle forte estiment que leurs valeurs se dérobent sous leurs pieds . C'est ce que vivent les catholiques mais ce ne sont pas les seuls ... Quand on commence par dire qu'une petite fille a deux papas -  formule à laquelle on peut adhérer si l'on n'est pas cadenassé dans un dogme - on rentre dans le " dur " du sujet et l'on est tenu d'expliquer ce que l'on veut dire par là ... Cela ne peut tenir en quelques énonciations trop faciles ...  Des chrétiens se sentent heurtés, des musulmans aussi et d'autres encore . Est-ce que l'école a besoin de passer par de telles images, aujourd'hui, pour promouvoir l'égalité filles-garçons ? Il est terrible qu'il ait fallu la mauvaise foi de gens comme Alain Soral, Farida Belghoul ou Eric Zemmour pour que cette question soit posée ... " .

 

   Le quiproquo est gigantesque ; le malentendu est énorme ; la gauche morale a beau qualifier Farida Belghoul " d'illuminée ", et même si cette dame a utilisé la rumeur et les inventions pour manipuler des parents, elle a aussi révélé des faits exacts . Pour promouvoir l'égalité " hommes-femmes ", est-il besoin de faire réfléchir de jeunes enfants sur une image :  " papa porte une robe " ? Pour promouvoir l'égalité homme-femme est-il désormais absolument nécessaire de parler de " genre " ? La "théorie du genre " n'est encore qu'un sujet " embrumé " de recherches dans quelques laboratoires universitaires, mais madame Najat Vallaud-Belkacem l'utilisait beaucoup, il y a encore quelques semaines, avant que Vincent Peillon ne signifie qu'il ne veut plus en entendre parler ...

 

   Il eût été utile à certains de mieux écouter le discours de Farida Belghoul car le problème de cette dame n'est pas la théorie du genre, mais les partenariats passés entre des associations militantes LGBT ( lesbiennes, gays, bi et trans ) et l'Education Nationale .

   Fadela Belghoul ne s'émeut pas pour une théorie du genre, en complète opposition avec le Coran, mais difficile à décrire ; Fadela Belghoul cherche le rapport de force . En militante aguerrie, elle a compris que dénoncer les interventions de groupes de pression dans l'école - relevons que, sciemment, elle ne dit pas le lycée - serait plus mobilisateur auprés de sa cible : les familles musulmanes , et que ce qu'un groupe de pression a imposé, des groupes de pression plus forts peuvent le défaire .

   Elle a trés bien compris que le seul fait d'évoquer l'homosexualité à l'école allait mettre le feu aux poudres dans les familles musulmanes où ce serait pris comme une ultime provocation .

   Les mêmes qui ont pris le risque, par le passé, de qualifier  "d' islamophobes "  les dénonciations des mères accompagnatrices de sorties scolaires voilées, la viande halal partout, la condamnation du blasphème, l'employée de crèche voilée, et qui , avec les meilleures intentions du monde, ont cru pouvoir engager, cette fois, la société dans un escalier éthique dont la première marche est encore bien trop haute, pour la grande majorité des gens, vont recevoir une gifle cinglante .

   Car l'objectif de Mme Belghoul est clair : proposer un front commun des catholiques et des musulmans pour abattre la " Laïcité " .

 

   Et dans cet épisode qui ne fait que commencer la confusion est totale . Depuis 1967, c'est la droite républicaine qui a autorisé la pilule, institué la majorité à dix- huit ans, voté le divorce par consentement mutuel, légalisé l'IVG .

   J. F. Copé et Christian Jacob se retrouvent carbonisés par ce qu'ils croyaient constituer leur socle électoral . Car, bien que d'aucuns cherchent à rendre trés " paternaliste " - si j'ose dire - la " manif pour tous du 2 février, par rapport au nauséabond " jour de colère " du  26 janvier, c'est quand même le 2 février que nos trés respectueuses familles catholiques conspuaient non seulement le mariage pour tous, mais également l'IVG, les familles recomposées et l'enseignement de l'égalité des valeurs à l'école ...

   Du côté du PS, le vieux routier de la politique qu'est F. Hollande a vu venir le boulet et a réagi - mais ce pourrait être un peu tard .

   C'est le sociologue Jean Viard qui prévient les apprentis-sorciers . " Il existe aujourd'hui deux classes ouvrières . La première, ancienne et blanche, dans les zones périurbaines lorgne vers le Front National mais reste acquise à l'égalité des sexes de par l'éducation reçue autrefois du Parti Communiste . La seconde, d'origine immigrée, est particulièrement divisée sur la place des femmes dans la société, et fait actuellement l'objet d'une terrible bataille dans le monde musulman " .

   Les banlieues, trés souvent maghrébines, ont apporté massivement au candidat F. Hollande les voix qui auraient pu lui manquer en 2012 ; laisser ses troupes , PS, Terra Nova ou SOS Racisme, continuer d'appuyer, de façon aussi irresponsable, sur une telle fracture sociétale, n'eût été rien d'autre que la porte ouverte à un suicide politique collectif .

   Quel " pataqués " , sur les deux bords de la politique traditionnelle !

 

   Mais attention, le retrait d'une Loi ne suffira pas à ramener de la clarté dans un débat profondément trouble . Seul un nouveau passage par la case " laïcité " peut nous sortir du piège dans lequel des imbéciles nous ont enfermés, mais attention : la pure et exclusive " laïcité " .

 

   NB : à partir du dossier " La famille, piège préféré de la gauche " . Hervé Nathan et Eric Conan . Marianne No 877 du 7 février 2014 .

 


 

   

    

  

 

 

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