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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 15:33

 

 

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(1) . Expression empruntée au blog " Le Gay Tapant ", sur http:// blogs.mediapart.fr   .

" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur de ce monde " . Albert Camus .

 ( Illustration : Une du " Point " du 28 novembre 2013 ) .

 

   Les " bobos ", héritiers de la " gauche caviar " des années Mitterrand, orphelins de DSK, sans timonier, s'éteignent, peu à peu, dans la longue, triste, inexorable et silencieuse agonie d'Europe- Ecologie - Les Verts, euthanasiés par les ambitions sans fard de Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé, et les autres .

   Du coup, ils libèrent une place , pour une nouvelle caste d'héritiers, enfants, ceux-là, de la droite " décomplexée " sarkozyste, des " beaufs " adeptes du : " Tout pour le confort ; confort domestique, confort intellectuel, confort urbain . Le grand retour de l'ancienne promesse des trente glorieuses : " Confort à tous les étages " .

   On les appelle déjà  " les boubours " : les bourgeois-bourrins, sans complexe et sans complexité . ( Cf. le blog de " Le gay tapant " ) (1) .

   Le " boubour " réinvente les codes, rejette l'attitude bobo : retour aux sources, ethnocentrisme, machisme, chauvinisme assumé, rejet de ce qui est trop recherché et exigeant . On veut bien être gentil, mais il faut pas exagérer non plus . Faut pas aller trop loin ... Ah ! le confort des habitudes ...

   " La boubourrinitude, c'est une recherche de sensations fortes, certes, mais quand même simples, une sorte de " défonce " tranquille, voyez-vous, dans la béatitude ...

 

   J'étais plongé dans une profonde méditation sur l'apport intellectuel des " boubours ", dans les années à venir, quand me saute aux yeux, la " Une " du Point, de la semaine dernière .

   " Les Néocons  : ils détestent l'Europe, le libéralisme et la mondialisation " . Surprise ! Ca alors, quelqu'un me connaît dans la rédaction du Point, me dis-je, car je suis tout cela : je hais l'Europe livrée à la libre-concurrence faussée et déloyale ; je hais l'ultra-libéralisme financier et je ne supporte pas la mondialisation non régulée .

   Curieux, comme souvent, je regarde bien cette " Une ", qui, comme c'est l'usage au " Point " doit être pleine de sous-entendus .

   Le choix du verbe " détester " est trés fort ; ce choix signifie que si tu es un lecteur du " Point ", et par ailleurs doté d'une certaine intelligence, " tu dois aimer " : ce triptyque : Europe, Libéralisme, Mondialisation  . Et puis , " Le Point " a bien raison, ces trois termes sont liés : c'est l'Europe qui a inventé les deux autres systèmes et qui s'est instituée laboratoire d'essais de leur efficacité . Ils sont forts, au " Point " !

   Et ce château de sable, avec son drapeau français ? N'est-ce pas un trait de génie, de M. Franz Olivier Gisbert, le directeur du Point, le Christophe Colomb du journalisme . La France, en château de sable, est assise sur des bases fragiles, incertaines et va s'effondrer à l'arrivée de la première vaguelette, se transformant en un petit tas de sable informe . Et, oui ! La France est faible et c'est donc l'Europe qui est forte . Et donc, il faut être bête pour ne pas aimer l'Europe, et même, puisque " Le Point " le dit : il faut être con !

   Dans l'article intérieur, " Le Point " nomme , carrément " des " néocons ", mais, ouf !  je n'y suis pas . D'ailleurs, la liste paraît tout à fait incohérente, allant de Marine Le Pen à Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg, du journaliste Eric Zemmour à l'historien et anthropologue Emmanuel Todd , de Patrick Buisson à Régis Debray  ... ( Le petit européiste, Agoravox : néocons ou néocollabos ) . Tout ce qui est contre l'ordre néo-libéral est fascisé . ( Aude Lanceli . Marianne No 868 ) .

   Et alors, remis de m'être fait traité de " con ", j'entrevois l'arnaque . Les " néocons ", terme américain inventé dans les années soixante, désignait les néoconservateurs qui combattaient les lois civiques instituant l'égalité entre noirs et blancs, prises par le Président Jonhson, puis les adeptes de la politique du Président Reagan, puis les soutiens des politiques agressives et irresponsables du Président George W. Bush, comme la guerre en Irak .

   En somme " Le Point " commet un véritable contre-sens historique . Les " néocons " sont à rechercher dans les valises de " l'Atlantisme ", chez les Gluksmann, Bruckner, Goupil, Bernard Henri Lévy et autres Kouchner qui n'ont jamais reconnu les mensonges de l'administration Bush, à propos de l'Irak , et le chaos que l'intervention américaine a semé dans ce pays .

 

   Et là, je me dis que je viens de faire une découverte :  le foyer d'où sortent les " boubours ", les " bourgeois-bourrins ", c'est " Le Point ", les journalistes du " Point " autour de leur gourou, le grand " F.O.G. ", l'homme qui parle aux dieux, comme vous, vous vous adressez à votre voisin .

   F.O.G., le grand bourrin, pour qui, tous ceux qui ne pensent pas comme lui, sont des cons , nous invite fermement à adhérer à sa religion : " Les GOPE " .

   ( Article 98 du TCE : les Etats membres de l'Union conduisent leurs politiques dans le respect du principe d'une économie de marché ouverte, où la concurrence est libre afin de favoriser une allocation efficace des ressources et ce dans le contexte des GOPE - Grandes Orientations de Politique Economique - recommandations émises, chaque année, par la Commission ) .

   Cette fois, et puisqu'il faut bien appeler un chat, un chat, FOG, Franz Olivier Gisbert , " a franchi le mur du néocon" .( Aude Lancelin . Marianne ) .

 

 

   NB :  sources :  site Agoravox, Mediapart : Le Gay Tapant ,  mensuel : Causeur .

  

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 14:30

 

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" Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France . Ils vont rédiger le Programme du Conseil National de la Résistance, qu'ils vont, si joliment intituler : " Les jours heureux " . (1) . Gilles Perret, cinéaste, auteur du documentaire du même nom ) .

 ( Illustration :  site " utopia " ) .

 


   Nous sommes à une croisée des chemins . Où ira l'argent du nouvel impôt mixé, issu de la fusion CSG/IR, tel que la " remise à plat fiscale " souhaitée par J.M. Ayrault le prévoit, sous les auspices d'une simplification annoncée ? Au budget de la Sécurité Sociale - comme la CSG actuellement - ou au budget de l'Etat, comme l'IR aujourd'hui, interroge le socialiste, ancien inspecteur du travail, Gérard Filoche ?  La question paraît, posée ainsi, simplement, anodine . Pourtant, elle est au fondement d'une réforme qui peut, du principe de simplification, nous conduire aux douleurs de la confiscation .

   Comme prévient G. Filoche, veillons à ce que " la remise à plat " ne se transforme pas en " contre-révolution " fiscale .

   Rappelons qu'en France, il y a deux budgets séparés : l'un de l'Etat, l'autre de la Protection sociale, distinction essentielle, spécificité française si décriée par les réactionnaires de tous poils, le patronat et les " toutologues " , mais fruit du génie de ces grands hommes qui signèrent la Charte du CNR au nez et à la barbe du pouvoir de Vichy .

   Les "ultras-libéraux " entretiennent, à dessein, la confusion sur " les prélèvements obligatoires ", " les charges des entreprises , disent-ils . Nos côtisations sociales, ne sont pas des charges : ce sont des prélèvements volontaires, une collecte légalisée, elles représentent une part de notre salaire - d'ailleurs ne parle-t-on pas de salaire brut et de salaire net -  c'est pourquoi les côtisations figurent en toute transparence sur nos bulletins de salaire et non pas sur un avis d'imposition .

   Les rédacteurs de la Charte du CNR avaient eu le souci, majeur, d'une mutualisation partielle des salaires, mise dans un pot commun, la Sécurité Sociale, afin qu'elle ne puisse être utilisée, détournée à d'autres fins que la protection sociale . Ces côtisations préaffectées sont parfaitement lisibles sur les bulletins de paie, avec la spécification des caisses de leur affectation :  famille, logement, chômage, accidents du travail, maladie, retraite ...

   La Sécurité Sociale fonctionne selon le droit privé, avec des normes économiques rigoureuses, qu'elle est administrée selon un régime paritaire, par les syndicats de salariés et les organisations patronales .

   Cette indépendance par rapport aux politiques de l'Etat a été rognée, à plusieurs reprises, en 1967 par les ordonnances Pompidou- De Gaulle qui attribuaient la gestion de la SS au patronat, en 1996, par la Réforme Juppé instituant le contrôle du Parlement sur les budgets de la SS, puis en 2005 avec la mise en place des Lois des Finances SS .

   " Etatiser " la SS est un leivmotiv des ultras-libéraux . Pour un gouvernement, reprendre la main sur les énormes sommes générées par notre volonté de nous prémunir - nous et nos familles -  contre la maladie, les accidents et contre la vieillesse, pour en faire autre chose, est un vieux rêve, pour le patronat c'est un combat .

   Rebaptiser des " côtisations volontaires " , une part de nos salaires, en " charges ", n'est pas un banal va-et-vient sémantique .

   L'objectif permanent du patronat, le plus important, la grande bataille sur laquelle il mobilise tous ses " toutologues " est bien de faire entrer dans nos esprits cette notion de " charges ", et dans le même temps d'en faire sortir, la nature réelle de " salaire pré-affacté " . Mettre, ainsi,  la part de notre " salaire social " dans la " dépense publique ", pour stigmatiser le modèle français est une malhonnêteté intellectuelle inacceptable .

    Le but final étant d'en faire un impôt, que l'Etat pourra moduler à sa guise, selon les pressions populaires, et surtout lui permettra d'agir directement sur la baisse des prestations sociales, mal identifiées dans un budget global de l'Etat .

   Le MEDEF lancera alors son dernièr assaut : faire disparaître la notion de " salaire brut ", ne plus payer toute cette part de " salaire social ", et ne payer que le salaire, encore appelé aujourd'hui, " salaire net " . Vous avez du mal à croire cela : pourtant, sur le budget 2014, la première étape de ces transferts est amorcée . Le gouvernement a concédé aux entreprises un cadeau de 2.2 Mds d'€ sur la part concernant les allocations familiales, 34 Mds à terme .

 

   Si nous n'y prenons garde nous pouvons nous trouver à la veille d'un basculement colossal de notre système . Imaginez-donc : le budget de la SS est une fois et demie supérieur au budget de l'Etat - 450 Mds d'€ contre 300 Mds - . Nous pourrions assister , si le patronat emportait la décision, à la baisse la plus énorme du coût du travail, jamais réalisée, en transvasant 450 Mds d'€ de salaires vers l'impôt .

   Un hold-up géant !

 

   Et ce n'est pas tout ! Qui dit " fusion des caisses " dit aussi " fusion des dettes " ! La Dette publique de la France est de 1800 Mds d'€ . La SS en représente 10% ; les collectivités locales 11.5% ; l'Etat, qui a dû éponger les dettes des banques, a lui, une dette qui atteint 78.5% de la totalité : on voit , tout de suite, à quelles tentations pourraient succomber ceux qui nous gouvernent . De la confusion des recettes à la confusion des dettes, le pas sera vite franchi .

 

   En conclusion, je me dis que nous n'avons peut-être jamais été appelés à autant de vigilance qu'aujourd'hui . D'autant que " l'insondable nature " du Président actuel, qui ne parle jamais de l'essentiel,  n'est pas pour nous rassurer .

 

 

   NB :  d'aprés le billet de Gérard Filoche " Fusion CSG-IR , le hold-up du siècle ", www.filoche.net/   .

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 15:27

 

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" Pour l'entertien de la force publique , et pour les dépenses de l'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés " . ( Article 13 de la Déclaration des Droits de l'homme et du Citoyen du 26 août 1789, à valeur constitutionnelle ) . Cet article institue donc la progressivité de l'impôt .

( Illustration : tnrevolution.tableau-noir.net ... La nuit du 4 août 1789 : l'abolition des privilèges ) .

 

   Je ne suis pas en train de faire taire tout le monde : la Ferme Générale, c'est Bercy et ses Fermiers Généraux, chargés de calculer le niveau de nos impôts et d'en inventer de nouveaux .

   " Le temps est venu d'une remise à plat, en toute transparence, de notre système fiscal . A prélèvements obligatoires constants, je le précise bien . Jusqu'ici nous avons répondu à l'urgence pour redresser la barre . Il nous faut désormer bâtir pour l'avenir " . ( Jean-Marc Ayrault . Les Echos . Le 18 novembre ) .

   " Nous devons aux Français la vérité sur les enjeux budgétaires: il faut mettre le cap sur les économies, jusqu'à la fin de la législature " . ( Bernard Cazeneuve . Ministre du budget . Les Echos, le 6 novembre ) .

   " Nous allons réaliser 15 Mds d'€ d'économies en 2014, mais il faudra continuer au même rythme en 2015, en 2016, en 2017 ... La dépense publique est trop élevée, aujourd'hui, à 56.6 % ... " ( J.M. Ayrault . Les Echos . 18 novembre ) .

   Pas de panique, mais le Premier Ministre nous prévient, non sans sincérité, que l'austérité va se poursuivre durant tout le quinquennat , qu'il n'est plus question des " deux années de sacrifices " évoqués par F. Hollande, au début du quinquennat, avant un début de redistribution, par la suite .

 

   Le décor posé, nous sommes en droit de nous demander à quoi va servir " la remise à plat de la fiscalité ", si aucune baisse de la pression fiscale n'est envisageable ? A rétablir la progressivité du niveau de l'impôt, nous est-il répondu, pour plus de justice ! C'est plutôt bien, pensons-nous !

   Mais, car il y a un " mais ", par où faut-il aborder l'objectif ? Et sur le sujet, les économistes ont semble-t-il trouvé un consensus . L'impôt sur le revenu ( l'IR ), 70 Mds d'€ de rentrées fiscales,  est déjà progressif - enfin presque -, par contre, la CSG ne l'est pas, elle comporte cinq ou six taux de référence, pour 90 Mds d'€ de rapport .

   Simplifions ces prélèvements en les réunissant : un seul impôt , un prélèvement à la source par les entreprises, la CSG alignée sur de nouvelles tranches de l'IR, et tout devient lisible, clair et même lumineux .

   Sauf que cela ne saurait se passer aussi aisément !

 

   Et c'est là que l'exercice annoncé par le Premier Ministre va se heurter aux premiers écueils . A propos de la " fusion de la CSG et de l'IR ", à la demande du Parlement, un rapport avait été établi en janvier 2012 par la Direction de la Législation Fiscale et celle de la Sécurité Sociale . ( Les Echos du 29/11 , Elsa Conesa ) .

   Le résultat fut sans appel . " Ce projet ne peut conduire qu'à une explosion fiscale, impossible à anticiper " car concernant prés de la moitié des contribuables . En effet, selon ce rapport , le rapprochement CSG-IR alourdirait l'imposition de dix millions de foyers, 10 millions de perdants donc, soit prés de la moitié des 22 millions de contribuables .

   En victimes potentielles les experts pointaient environ 4 millions de Français payés en-dessous du salaire médian, soit 26000€ net /an, et 1 million payés au SMIC, soit 14000 € net / an . Et il y avait pire, l'étude concluait que, vu le nombre de situations familiales et fiscales différentes et l'impossibilité de les appréhender toutes, " il était impossible de prévoir une liste suffisamment précise des " bénéficiaires " et des " pénalisé&s " de la réforme .

   A quelques mois de l'élection présidentielle ce rapport explosif  fut vite enterré . 

   Le Premier Ministre eût été bien inspiré, avant d'annoncer cette " remise à plat ", en jouant " perso ", de prendre contact avec Bercy, qui aurait pu le mettre en garde . Car, l'amateurisme manifesté précédemment, dans les augmentations d'impôts, sans évaluation préalable des impacts sur les diverses couches sociales, a déjà coûté fort cher à ce gouvernement . Alors, la même erreur, sur une réforme d'une telle envergure, serait vraiment vouloir mettre le pays à feu et à sang .

 

   La fusion envisagée est impossible !

   L'IR est un impôt progressif - avec ses limites - et " familiarisé, la CSG est un prélèvement proportionnel et individuel, préaffecté aux équilibres de la Sécurité Sociale, et donc non utilisable pour aller faire la guerre en Afrique, par exemple .

   Les assiettes sont trés différentes : celle de l'IR est étroite et truffée de " trous ", les niches fiscales , tandis que celle de la CSG est trés large et recouvre la presque totalité des revenus . C'est dans cette différence qu'il faut aller chercher les transferts massifs de l'impôt , transferts non maîtrisés et donc impossibles à évaluer .

   Les questions posées par le rapport sont innombrables . Puisqu'il s'agit de créer un nouvel impôt, faut-il retenir l'assiette de l'IR ou celle de la CSG ? Comment pourra-t-on tenir compte des situations matrimoniales et familiales induites dans l'IR ? Comment prendre en compte les enfants, les ascendants, les familiers handicapés, les enfants étudiants, boursiers ou non-boursiers ? La prime pour l'emploi ? Les dons aux oeuvres et partis politiques ? Les pensions alimentaires ? Les frais professionnels ? Et surtout " les niches fiscales " ?

   " La combinaison des différentes causes de transfert et la diversité des situations individuelles , disait le rapport, peuvent conduire , pour certains ménages, à des évolutions trés importantes, impossibles à anticiper faute de pouvoir appréhender l'intégralité des situations " .

   

   Dans un scénario, élaboré dans le rapport, les experts ont pris une progressivité de ce nouvel impôt, de dix tranches , allant de 0% à 51% , à produit constant et sur une assiette à mi-chemin entre l'IR et la CSG . Dans tous les cas, le nombre de perdants est proche de 10 millions de personnes, alors que environ 40% de ces perdants " gagnent moins de 26000 € /an . L'impact sur les classes populaires - que nos éminents " toutologues " tiennent obstinément à appeler classes moyennes - , l'impact est évident .

   Le détournement d'une partie de l'ancienne CSG vers le budget général de l'Etat, au mépris de sa nature sociale originelle , n'est pas mentionné dans le rapport , mais est tout aussi évident .

 

   En résumé, ce projet de remise à plat, est " un projet à hauts risques " disent les rédacteurs du rapport de 2012 , " risque d'acceptabilité du corps social, risque budgétaire, risque de détérioration de l'efficacité globale de notre système fiscal " . 

   Rappelons que ce rapport est bien antérieur aux mouvements des " bonnets rouges ", des " bonnets blancs ", des " bonnets verts ", des " pigeons ", des " poussins ", des " dindons " et autres volatiles attendrissants .

 

 

   NB :  d'aprés l'article d' Elsa Conesa, " Les Echos " du 29/11/2013 , " Le rapport de Bercy qui plombe la fusion IR-CSG " .

 

   


 

 


 

  

 

  

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 17:05

"  En politique, le monde est blanc ou noir . Il n'y a aucune place pour l'ambiguïté, les contradictions, le paradoxe " . ( Milan Kundera, aprés la Révolution de velours en Tchécoslovaquie, novembre et décembre 1989 ) .

 ( Illustration : facebook.fr ) .

 

 

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   Oui, en politique, comme dans le domaine économique, le monde ne peut qu'être blanc ou noir ! Pourquoi devrait-il être gris ? Les 700 salariées, ( on ne dit plus travailleuses ), de La Redoute,  qui vont être licenciées par la holding Kering, de François-Henri Pinault, afin de rendre l'entreprise " vendable " , vont-elles basculer dans un monde gris ou noir ?

 

   Le côté noir de la société,  le plus insupportable aussi est, à l'évidence, le coût du travail . Des salaires trop élevés ; des côtisations sociales trop élevées ; des taxes trop élevées ; des impôts directs trop élevés ; des exigences en matière de santé et de sécurité au travail trop élevées ; des normes environnementales trop élevées ; des retraites trop élevées ...  

   Des syndicats, le droit de grève, des Inspecteurs du Travail, des Conseils de Prud'homme, un Code du Travail ...  et des fonctionnaires ... Que de noirceur dans ce monde de brutes !

 

   Heureusement, il existe une autre face où tout est blanc, où tout est pur, où les libertés s'épanouissent pour le plus grand bonheur de l'actionnaire, du rentier, du banquier, du financier, du spéculateur, ces nouveaux travailleurs, ces nouveaux créateurs de richesses, qui unissent leurs efforts en vue d'une seule et belle ouvrage :  faire " travailler leur argent " .

   Le Dieu de ce monde immaculé s'appelle " Le Capital " , son prophète est le " Profit " , et le culte d'adoration de la divinité a pour nom " Compétitivité " .

  Quand une ombre venue du monde " noir " ose s'aventurer dans le " monde libre ", avant d'en être chassée rapidement et sans ménagement, elle croit que le rite de la compétitivité est une somme de prières pour appeler " le Dieu Capital " à créer des multitudes d'emplois pour répandre du mieux-être, un peu partout .

   Elle n'a rien compris !

   

   Dans les temples de verre illuminés, nuit et jour, de nos chaînes d'information permanente, on ne plaisante pas 

 avec le coût du travail : on y revient tous les jours, on en martèle les effets nocifs, on multiplie les courbes et les graphiques meurtriers mais du " surcoût du capital ", point de mention .

   La compétitivité  des entreprises laminée par un niveau de SMIC scandaleux et un coût de la Santé des Français insupportable, vous en avez entendu parler , depuis le début de la crise .

   Mais la compétitivité écrasée par un " Capital " surrémunéré, par des dividendes qui atteignent l'obscénité, par des investissements uniquement tournés vers l'accumulation de capital, savez-vous ce que c'est ?

 

   Une étude trés sérieuse de l'IRES ( Institut de Recherches  Economiques et Sociales ), administré par l'ensemble des syndicats français, et menée par cinq économistes - Laurent Cordonnier, Thomas Dallery, Vincent Duwicquet, Jordan Melmiès et Frank Vandevelde - révèle, qu'en 2011 , les entreprises du secteur privé, banques non comprises, ont dépensé 94 Milliards d'€ de trop pour financer leur capital productif, ( locaux, machines, robots, outils logistiques ) .

   Que faut-il comprendre ? Ceci :  afin de ne pas réduire les dividendes versés aux actionnaires, ces entreprises ont financé leur modernisation par des emprunts auprés des banques, voire auprés de leurs actionnaires, donc par de l'endettement au lieu d'utiliser l'ép argne liquide disponible . Un tel surcoût, est fait des charges financières largement plus élevées que les cours normaux et légitimes du marché, qui tournaient autour de 2% en 2011 .

   Où était la recherche de compétitivité, dans ces calculs ? La vérité est simple : les actionnaires et les financiers imposent sur chaque projet d'investissement une ponction indue, qui asphyxie les entreprises et peut atteindre en une année, l'équivalent des déficits de l'Etat . Mais qu'à cela ne tienne, c'est l'emploi qui trinque .

   Deux exemples de nos grands groupes français sont éclairants . 

   Alsthom, l'entreprise française qui construit les TGV, sauvée il y a six ans par l'Etat, annonce 1300 suppressions d'emploi et pourtant son PDG , Patrck Kron, écrit dans le même temps à ses actionnaires que " les perspectives de long terme de l'entreprise sont solides ... que la marge opérationnelle va s'améliorer dans les deux ans pour atteindre 8% , et qu'à ce titre, il leur verse 32% sur les 802 millions d'€ de bénéfices . 32% ! Et en pleine crise !  ( Au début du siècle dernier, la rentabilité demandée par les industriels à leur entreprise s'établissait autour de 5 à 6% ) .

   Quelqu'un dit-il mieux ? Oui !  " Sanofi " ! Le grand groupe français de la pharmacie, dont les actionnaires s'engraissent depuis des années sur le dos de la Sécurité Sociale, puisqu'on paie en Frances, les médicaments, 25% plus cher que dans le reste de l'Europe . ( Cherchez l'erreur !) .

   Sanofi a annoncé le  licenciement de  186 chercheurs , en France . Les syndicats expliquent que Sanofi, afin de préserver les 2 Milliards de dividendes promis aux actionnaires, taille dans la recherche-développement, malgré le crédit-impôt que lui verse l'Etat ; elle compte sur les start-up des biotechnologies et la recherche publique pour lui apporter les molécules de demain . Et cela permet au Directeur de Sanofi-France d'annoncer aux actionnaires que la redistribution des dividendes va passer de 45% à 50% des bénéfices , en 2013 .

   N'attendez donc pas de nouveau vaccin de chez Sanofi, mais vous allez avoir droit à " Beautific " - " Beautifric, pour les salariés - , une nouvelle boisson développée en partenariat avec " Coca-Cola ", grâce au " Crédit d'Impôt Emploi Compétitivité ", financé par les hausses de TVA qui vont frapper les ombres du côté noir de la société, à partir du 1er janvier prochain . Les actionnaires de Sanofi broient du blanc !

 

   Un de nos grands humanistes actuels, le PDG de la société française TOTAL, M. de Margeride, un proche du Président de la République, a traduit ce dépeçage des entreprises au détriment de l'emploi, par une formule tout à fait explicite : " Le retour compétitif vers l'actionnaire " , qu'il promet, non sans arrogance, " éternel " !

   L'école de Chicago appelait cela " la création de richesse pour l'actionnaire ", ce dont témoigne le constat suivant : en trente ans, la somme des dividendes versés aux actionnaires est devenue deux fois plus importante que l'argent consacré aux améliorations de l'appareil productif .

 

   Depuis trois millénaires, les deux faces d'une même monnaie se sont toujours tourné le dos !

 

 

   NB : d'aprés l'article de Laurence Dequay, " Les gabegies du privé " ; Marianne No 867 de décembre 2013 .

 

   

   



   

 

   

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 15:11

" En France, les CDD de moins de un mois sont devenus la marge de flexibilité des entreprises qui n'hésitent plus à faire signer des contrats de quelques heures à la chaîne ..." ( OFCE  : Office français des conjonctures économiques ) .

 ( Illustration :  Le Monde / M- emploi ) .

 

 

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   Jamais on n'avait signé autant de CDD, en France qu'en 2013 : au premier trimestre, 83% des recrutements dans des entreprises de plus de 10 salariés ont été faits en CDD, un record depuis l'année 2000 ( Ministère du Travail ) . Pire, les données des URSAFF montrent que , en dix ans, entre 2003 et 2013, le nombre de CDD de moins de un mois, a plus que doublé, passant de 1.8 millions à 3.7 millions , tandis que les CDDn de plus de un mois restaient stables . ( Le Monde ) .

   " Sur les 20 millions de contrats signés chaque année, les 2/3 sont des CDD de moins de un mois ..." ( Eric Heyer , OFCE ) . Chaque mois, les gros bataillons qui s'inscrivent à Pôle Emploi sortent d'un CDD ( 25% ), ceux qui sortent d'un CDI représentent 3% des nouveaux chômeurs .

   Qui affirmait que le grand handicap de l'économie française résidait dans son manque de flexibilité ?

 

   La présentation de cette toile de fond est nécessaire pour saisir avec un peu de pertinence la situation de l'emploi à la fin du mois d'octobre, et les chiffres officiels . Cette situation peut être résumée ainsi : le chômage baisse mais l'emploi n'augmente pas .

   L'INSEE classe les demandeurs d'emploi en cinq catégories :

  •  Le groupe A, représente les demandeurs tenus de rechercher activement un emploi, et n'ayant pas du tout travaillé dans le courant du mois .
  • Le groupe B représente les demandeurs tenus de rechercher un emploi mais ayant eu une activité courte de moins de 78 H dans le mois .
  • Le groupe C représente les demandeurs tenus de rechercher un emploi mais ayant eu une activité de plus de 78 H, sans atteindre un temps complet .
  • Les personnes du groupe D ne sont pas tenues à une recherche car elles sont en stage, ou en formation ou en maladie .
  • Les inscrits dans le groupe E ne sont pas tenus à une recherche car ils bénéficient d'un contrat aidé 

   Examinons à présent les chiffres officiels, publiés avant-hier , et qui concernent le mois d'octobre 2013 . Il y a 3 275 000 chômeurs, de la catégorie A, en France métropolitaine,  soit 20 500 de moins qu'en septembre . Par simple désir d'honnêteté ajoutons-y les chômeurs des DOM - qui sont aussi Français - et nous passons à 3 537 000 demandeurs d'emplois, mais ce chiffre est également à la baisse de 19500 . Voilà qui est réconfortant !

   C'est sur ces chiffres que les medias et le gouvernement nous demandent de porter notre attention, plus exactement , c'est sur ces chiffres seuls, que notre attention doit se focaliser .

   La réalité globale est un peu plus nuancée . Si l'on regarde l'ensemble des véritables demandeurs d'emploi, les catégories ( A+B+C ) leur nombre a augmenté de 41500, ce qui revient à dire que les 20000 en moins en A, ont basculé en B et C, et en particulier ces saisonniers des vendanges en Bourgogne, dans le Bordelais ou en Languedoc- Roussillon . Nous sommes loin d'une " inversion de la courbe " .

 

   Si l'on aborde les statistiques sous un autre angle, on peut y trouver une raison de se réjouir, la baisse des jeunes de moins de 25 ans, chez les demandeurs d'emploi, relevée depuis 6 mois, se confirme, en catégorie A : effet des 50000  contrats d'avenir déjà signés, mais par contre la somme A+B+C, là encore, est en augmentation . Ajoutons-y un phénomène malheureusement propre à la jeunesse, le nombre de non-réinscriptions, par insouciance' est toujours trés élevé dans cette tranche d'âge .

   ( Les contrats aidés, CUI, d'aide à l'insertion, de l'ère Sarkozy , propres à cette population, restent encore trés élevés, de l'ordre de 200 000, et vont donc s'éteindre peu à peu ) .

   Relevons également, qu'en octobre 2013, par rapport au mois précédent, les radiations d'office, sont passées de 41800 à 51600, une hausse de quasiment 10000 , c'est trés significatif .

 

   La volonté de détourner notre attention devient  évident, quand on se penche sur les statistiques du chômage de longue duré&e que l'on ne nous invite, surtout pas, à regarder .

   Commençons par un constat : les jeunes profitent un peu des emplois aidés ; les 25-49 ans restent la cible privilégiée des entreprises et seront donc les premiers à profiter d'une éventuelle embellie ; mais les plus de cinquante ans, dans les catégories A+B+C, ont doublé en cinq ans et progressent de 11.4% en 2013 . ( Les 25-49 ans auront progressé de + 6.4% et les moins de 25 ans, de 2.8% ) .

   Sous un autre angle d'observation, le nombre d'inscrits à Pôle Emploi depuis plus d'un an ( A+B+C )  a doublé, lui aussi,  en cinq ans, dépassant , en octobre la barre des 2 millions, ( record depuis 1999 ) soit 41% du nombre de chômeurs, dont la moitié ( 1 million ) est inscrite depuis plus de deux ans .


   Quand on sait que , au-delà d'un an de chômage, un travailleur perd la moitié de ses compétences, on voit clairement , que l'inversion de la courbe du chômage, à la hussarde, n'est qu'une duperie, pour cacher la réalité d'un fléau que les politiques d'austérité ne sont pas prêts de résoudre .

   Pour ramener vers l'emploi ceux qui en sont exclus depuis plus d'un an, la " boîte à outils " du Président reste vide .

 

 

   NB : à partir d'un article du Monde du 21/11/2013 . " Explosion des CDD de moins de un mois " . ( J. B. Chastand ) .

   

 

   

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 15:59

" Ce qui empêche l'homme d'accéder au bonheur ne relève pas de sa nature mais des artifices de la civilisation " . ( Claude Lévi- Srauss . Tristes tropiques ) .

( Illustration : ouestfrance-entreprises.fr ) .

 

 

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   C'eût pu rester une banale affaire d'abattoirs pour porcins à mettre aux normes ; c'eût pu demeurer une vilaine histoire d'exploitation de travailleurs roumains ; c'eût pu s'arrêter à une triviale crise économique frappant une région en difficulté . Eh ! bien, ce fut tout cela , et plus encore . Ce fut la démonstration pour beaucoup de gens que la construction européenne, c'était aussi un sacré " marché de dupes " . Nous parlons, ici, de la crise bretonne et de ses bonnets rouges .

   La Directive Européenne de 1996 , ( 96-71 ), instituant le " détachement des travailleurs " au sein du Marché Unique de l'UE, qui voulait organiser la libre-circulation des travailleurs, a surtout organisé la fraude sur les travailleurs .

   Il y a au départ, un groupe breton d'abattage et de découpe de viande ( GAD ). Au mois de septembre dernier, il annonce la suppression d'un site : les abattoirs de " Lampaul-Guimiliau ", une commune de 2000 habitants prés de Brest, avec 889 licenciements à la clef . Toute l'activité du groupe est recentrée sur un seul site: Josselin, dans le Morbihan proche , mais sans reclassement pour ceux de Lampaul .

   Les raisons avancées pour justifier cette restructuration, restent trés classiques : la concurrence allemande . Ce qui est moins classique, c'est qu'un ouvrier d'abattoir soit payé en Allemagne 3 ou 4 € de l'heure, parce qu'il est polonais, bulgare ou roumain et engagé sous le statut européen de " travailleur détaché " , quand un ouvrier breton est payé 12 ou 13 € l'heure .

   Ce qui est moins classique, c'est que le groupe envoie de grosses quantités de viande , à la découpe en Allemagne ; ce qui est moins classique, c'est que le groupe ne reclasse pas certains ouvriers bretons de Lampaul à Josselin, simplement parce qu'il a embauché une centaine d'ouvriers roumains pour le site de Josselin, payés moins de 600 € par mois, pour 151 heures de travail, que l'entreprise roumaine d'intérim facture à GAD, 1425 € brut .

   En Allemagne, 90% des ouvriers des abattoirs travaillent sous le régime de " travailleur détaché ", à 3 ou 4 € de l'heure, avons nous dit ; en France, le " travailleur détaché " est payé, sur " le papier " au SMIC - la vérité est qu'il touche de son entreprise d'intérim 600 €, parce que l'entreprise française pratique des retenues énormes sur le salaire , pour le logement, le plus souvent insalubre, suroccupé, à dix ou douze, dans la même souvent, quand ce n'est pas, tout simplement en camping .

   Si la Directive de 1996 était respectée, le travailleur détaché aurait droit à la protection du code du travail français : paiement des heures supplémentaires, droit aux congés, droit de grève, protection de la santé et de l'hygiène au travail . Aucun de ces droits n'est respecté dans les entreprises, pire, on demande à ces travailleurs de se cacher et il leur est interdit de parler aux médias .

   Si la circulaire était respectée à la lettre, l'affaire serait moins intéressante pour les patrons, mais les Etats n'ont pas suffisamment d'inspecteurs du travail et, par ailleurs, le principe du travail détaché étant, par définition appuyé sur des missions temporaires, il suffit de déclarer la mission, trés tard, voire quand elle est terminée, et l'on échappe à tout contrôle . Certaines boîtes font encore mieux, elles ne déclarent rien du tout, ainsi la mission peut être renouvelée sans problème, si bien que certains de ces travailleurs deviennent des permanents trés facilement . Ce principe est trés courant dans les entreprises de transport .

 

   On voulait organiser la libre-circulation des travailleurs, on a organisé la fraude au travail . Les charges sociales sont payées aux taux du pays d'origine, l'intérêt de l'entreprise apparaît tout de suite : en France le taux des prélèvements sociaux est de 51.7% , en Allemagne de 39.4% , en Pologne de 20.2% , en Bulgarie et en Croatie de 17.9% .

   La conséquence politique est évidente, on fait peser sur les salaires une pression à la baisse inadmissible .

   Le gouvernement belge s'est révolté contre cette situation au vu d'un rapport, sans équivoque, de son Conseil Central de l'Economie du royaume . Ce rapport constate que, la part salariale dans les entreprises de transformation de la viande a augmenté de 2.2%, entre 2006 et 2010, tandis qu'il baissait de 10.4% en Allemagne , avec une part des bénéfices en augmentation de 17.4% pour les entreprises allemandes, part en diminution de 5.4% en Belgique .

   Le doublement de ces contrats a été constaté dans l'UE, entre 2010 et 2013, atteignant 1 million en 2012,  et est évalué à 340 000 en Allemagne, 145 000 en France pour la même année .

   En France, on évalue à 45 000 le nombre d'emplois dans les abattoirs de viande porcine et bovine ; d'ores et déjà, 4000 d'entre eux sont occupés par des travailleurs en détachement ( 10% ) . Cela commence à faire !

   Ajoutons à ce système, sa petite soeur, la Directive " Bolkeisten " de 2006, qui avait alimenté le débat du référendum de 2005 sur le projet de Constitution Européenne, rejeté par les Français .

   Elle autorise la fourniture de services transfrontaliers aux conditions du pays d'origine du travailleur . Les patrons allemands adorent, en particulier les services d'ouvriers polonais .

   Agro-alimentaire, bâtiment, travaux publics, transport : ces branches " reniflent " le travailleur détaché à des centaines de kilomètres à la ronde .

   Cette directive pose donc la question de fond sur le modèle d'Europe que nous voulons .

 

   Ne nous affolons pas ! Le 9 décembre prochain un Conseil Européen des Ministres du Travail va changer tout cela et réexaminer le texte incriminé . F. Hollande a misssionné Michel Sapin pour y montrer ses muscles, et mettre un terme définitif à de tels abus . Vous avez dû voir et entendre, comme moi,  M. Sapin sur nos chaînes d'info, rouler des mécaniques et enfler la voix : le 9 décembre ça va saigner à Bruxelles .

   Des contrôles trés sérieux et systématiques vont être mis en place et les sanctions vont tomber, vous dites-vous . Eh ! bien, pas vraiment ! M. Sapin qui veut se faire bien voir du patron, et tient donc à un accord, a proposé un texte à ses collègues, qui va décoller " les tapisseries " : " toutes les mesures de contrôle pourront être mises en place ... disait-on dans une première mouture ... mais Angela merkel ayant fait les gros yeux, le cabinet de M. Sapin a vite ajouté ... ces mesures de contrôle devront être proportionnées et justifiées ..." . Ouf ! On a failli avoir peur . Qui pouvait croire que les Allemands allaient laisser encadrer un système sur lequel ils ont bâti leurs excédents agricoles depuis six ans .

   Un pas cependant  semblait avoir été fait, avec la possibilité de poursuivre les donneurs d'ordre, uniquement dans le BTP, sur les grands chantiers européens - les Bouygues, Vinci et consorts - qui se cachaient, jusque-là,  derrière des sous-traitants . Mais, patatras, Sapin édulcore encore un peu : seulement si l'entreprise ne s'est pas conformée aux mesures de vigilance prévues au plan national - c'est à dire, se faire envoyer une copie des contrats de travail .

   Les syndicats européens dénoncent " un accord d'affichage, sans efficacité " .

   Courage, Michel Sapin, prépare une petite victoire politique à F. Hollande, pour Noël ! Ca sert aussi à cela, les amis . 

 

  

  

  

 


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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 15:12

" La plupart des pays de la zone euro payent cher le fait d'avoir adopté des politiques d'austérité trop restrictives en regard de la situation réelle des économies . D'autant plus que chacun subit les politiques restrictives de ses voisins ..." ( Xavier Timbeau . OFCE ) .

( Illustration : Une du journal l'Humanité ) .

 

 

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   Encore une information que vous ne trouverez pas dans vos gazettes parce qu'elle vient heurter frontalement la pensée dominante, d'une France non compétitive, trop redistributive, dont les prélèvements sociaux sur les entreprises sont devenus confiscatoires, où les riches sont persécutés, où les pauvres sont choyés, et dont le Président est un héritier du Komintern .

   L'information dont je vous parle, est un rapport récent, d'octobre 2013,  de l'économiste en chef de la Commission Européenne, M. Jan In't Veld,  le principal " modélisateur " de toutes les politiques économiques mises en oeuvre par la Commission .

   Ce rapport a été publié en Anglais et porte le titre , traduit, suivant  : " Les consolidations budgétaires - comprenez, les mesures d'austérité -  et leurs retombées dans le noyau dur et la périphérie de la zone euro, de 2011 à 2013 " .

   Croissance, taux de chômage, investissements, consommation, tout est passé au crible afin d'isoler les effets de l'austérité des autres facteurs économiques et en mesurer les effets .

   M. Jan In't Veld constate que les politiques d'austérité mises en place dans la zone euro, ont fait perdre à la France 4.8% de PIB, cumulés, entre 2011 et 2013, et les " toutologues " de reprocher au modèle français de n'avoir pas encore retrouvé son PIB d'avant 2008, d'avant la crise .

   ( Chacun se souviendra que l'économiste en chef du FMI avait mené la même étude, en octobre  2012, sur la mesure des conséquences de l'austérité, prônée par le FMI, en Europe, et avait conclu à une erreur fatale de ses modèles, qui avaient minoré l'impact de l'austérité sur les pays du sud de l'Europe de trois fois inférieur à la réalité .

   Rapport trés vite enterré, singulièrement, ou pas singulièrement, par les médias . )

   Le rapport de M. Jan In't Veld n'aura pas à être enterré puisqu'il n'a pas vu le jour en France .

 

   Ce rapport avance des chiffres qui témoignent de la momification de l'économie européenne , momification provoquée par les saignées budgétaires imposées par la Commission, aux différents pays de la zone .

   L'addition est astronomique - de 2011 à 2013 -  8.05% de perte pour le PIB de la Grèce ; 4.8% pour la France ; 4.9% pour l'Italie ; 5.4% pour l'Espagne ;  6.9% pour le Portugal ; et même 2.6% pour l'Allemagne, malgré ses énormes excédents commerciaux .

   Mais on peut donner de la chair à ces alignements de chiffre : désormais, des Grecs ont faim et n'ont plus de TV publique ; des jeunes Italiens, des jeunes portugais, émigrent, comme le firent leurs arrière-grands-parents, un siècle plus tôt ; le chômage dévore les espoirs de la jeunesse espagnole ; des millions de travailleurs sont payés une misère en Allemagne et enchaînent les petits boulots ; le Royaume-Uni s'est engagé dans une course au record pour le nombre d'enfants pauvres .

   Dans toute l'Europe, la consommation s'affaisse , avertit M. Jan In't Veld .

   ( Cependant, un bémol s'impose . Tout n'est pas sombre dans l'économie française, ne désespérons pas les Bretons :  les 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises ont augmenté de 25%, en un an, et la France figure au premier rang européen, et au troisième rang mondial,  pour le nombre de millionnaires en dollars ) .

   En matière de chômage, cet expert n'y va pas par quatre chemins : sans les politiques d'austérité, la France aurait pu gagner plus de trois points sur l'emploi, et rester à un taux de chômage de 7.8% au lieu des 10.8% actuels . Il aurait suffi de se contenter d'ajuster la dépense publique uniquement au potentiel de croissance, au lieu de la torturer jusqu'à plus soif, par des matraquages fiscaux complètement absurdes .

 

   Certes, ces travaux sont purement techniques et exempts de toute considération politique, puisqu'ils viennent d'un " expert " . Mais leur nature ne va pas manquer d'alimenter le débat, car ils parlent d'eux-mêmes : les preuves sont sur la table .

   Ils démontrent que la logique qui veut que plus la croissance est faible plus les politiques doivent être rigoureuses pour réduire les déficits est absurde . Elle ne conduit qu'à des ajustements sans fin du noeud coulant, qui amuse les technocrates jouant sur leurs tablettes, mais étrangle les peuples .

   Tout ce qui concourt à réduire la rémunération du travail, à diminuer la redistribution qu'opèrent les services publics au bénéfice du plus grand nombre, à rétribuer de plus en plus les placements financiers, donc les dividendes freine l'essor économique et le bien-être social . 

   Aprés cet aveu, les gouvernements ne peuvent plus dire qu'ils ne savaient pas .

   Les grands medias, ces " moulins à prière  " de l'inéluctabilité des sacrifices et de l'obligation des coupes budgétaires , qui tairont, une fois encore, ces constats, resteront du côté de la régression , " se laissant choir de toute la masse de leurs préjugés, ivres de l'ardeur de leurs faux principes ", ( René Char . Cité par Patrick Apel-Muller, dans  l'Humanité ) .

 

 

   NB :  A partir des articles de Patrick Apel-Muller, l'Humanité du 20/11/2013 et du No de Libération du 20/11/2013, " Rigueur : même à l'UE, on n'y croit plus " .

 

  

   


   

 


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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 15:47

La France ne sait pas se féformer ; elle n'avance que par révolutions " . ( Jacques Attali ) .

( Illustration :  petrus.angel.over-blog.com / les bonnets rouges  s'en prennent au Vatican ) .

 

 

 

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   " Nul besoin d'être grand clerc pour percevoir qu'aujourd'hui le pays se trouve, à nouveau, au bord de grandes secousses " , ( J. Attali . Urgences françaises ) .

 

   Les grandes secousses :

   " Innombrables frustrations, peurs diverses, colères multiples et contradictoires, réformes manquées, besoins non satisfaits, mécontentements remâchés se font partout sentir . Pour l'instant, excepté quelques échauffourées,  chacun vit cela dans son coin, à sa manière .

   Les uns n'en peuvent plus de n'avoir ni emploi valorisant, ni logement décent , voire ni emploi, ni logement, tout court . Les autres, sont furieux de voir arriver à grands pas le risque de perdre petits ou grands privilèges, et s'estimant victimes d'une mondialisation instrumentalisée par les grands possédants, sont désormais prêts à se battre, jugeant qu'ils n'ont plus grand chose à perdre .

   Les jeunes, grands perdants de la dérégulation financière, ont commencé à comprendre qu'ils vont avoir à payer une triple dette, accumulée par un capitalisme plus sauvage que jamais : dette publique à rembourser ; retraites qu'ils vont devoir financer ; dérèglement climatique qu'ils vont devoir supporter .

   Tous, en tout cas, ont sombré dans l'angoisse de n'avoir plus, un jour, les moyens de financer leur nourriture, de financer leur logement, de financer leur santé, de financer leur retraite, de financer la scolarité de leurs enfants ...

   Quand tout ce monde verra, avec clarté, que le personnel politique, a servi et sert encore, avant tout , les intérêts d'une classe -  les détenteurs du patrimoine mobilier et immobilier - tous ces gens, passant par-dessus partis et syndicats, ne se contenteront plus d'un vote de protestation, ils descendront dans la rue ... "

   La révolution sera amorcée ...

 

 

   L'explosion du chômage :

   " A en juger par les plans sociaux qui se multiplient, les faillites de petites entreprises qui explosent, on peut constater que la confiance en ceux qui nous gouvernent a déserté nos rivages, les entreprises localisées en France ne recrutent quasiment plus et même licencient .

   Et malgré les tentatives du gouvernement de masquer les dégâts par une politique massive d'emplois publics aidés, les 6 millions de chômeurs seront atteints au début de l'année 2014 . La situation va devenir explosive, car, le chômage de longue durée ne va plus toucher seulement les " non-qualifiés " et les ouvriers, mais plus massivement les cadres et les jeunes diplômés que ce n'est déjà le cas : or, rien n'est pire que des diplômés à qui on ne peut même plus offrir la perspective du salariat .

   Cela va rendre encore plus visibles les privilèges dont bénéficient les enfants des classes favorisées privant par la même occasion les "jeunes des quartiers " de toute perspectives de promotion sociale . Des centaines de milliers d'entre eux ne disposeront plus, trés bientôt, d'aucun revenu .

   Le désespoir va conduire les salariés à des démonstrations de force, plus nombreuses qu'à ce jour, et peut-être, plus radicales . Des manifestations majeures vont voir le jour ... "

   La révolution pourra commencer ... 

 

   Perte de contrôle de la dette :

   " De l'Europe en échec n'attendons pas le salut . L'Union bancaire ne se fait pas, l'Allemagne n'en veut pas . La gestion de la crise par Mme Merkel, dominatrice, égoïste et surtout déloyale , met en lumière, sous les yeux des prédateurs financiers, l'incapacité de l'Europe à s'entendre, à s'organiser, à maîtriser ses déficits, à contrôler l'augmentation mécanique de sa dette, offrant un front désuni aux appétits des fonds de pension et d'investissements anglo-saxons .

   Les marchés, calmes depuis deux ans, parce qu'ils observent les évolutions européennes, ont déjà compris que la France est devenue le front des incertitudes, avec le climat d'indécision que le nouveau pouvoir y fait régner . Les attaques spéculatives se préparent .

   Il apparaîtra trés vite, que le pouvoir actuel se refusera à toute concession et n'acceptera pas des diktats extérieurs, d'une quelconque " troïka ", pour obtenir des aides de l'Europe, donc de l'Allemagne, du FMI, donc des Américains, sauf à vouloir se suicider .

   Alors, il faudra prononcer un moratoire sur la dette et frapper directement l'épargne . Les marchés ne se priveront pas de rôder sur nos dépouilles bancaires pour s'empiffrer de charogne, à coups d'intérêts prohibitifs . Le pouvoir d'achat s'effondrera brusquement tandis que le chômage  s'envolera définitivement . Les Français ne l'accepteront pas et la violence parcourra les rues ..."

   La révolution pourra se déclencher ...

 

   Le délitement de l'Union Européenne : 

   La Banque Centale Européenne qui a déjà engagé 2700 Mds d'€ de fonds propres pour protéger l'euro, alors que ses ressouces propres sont trois fois inférieures à ces engagements, ne va plus représenter le filet de sécurité qu'en attendent les marchés, et ce d'autant moins que les attaques des milieux d'affaires allemands contre la BCE, quant au respect de l'esprit des Traités, vont redoubler, appuyés par la Cour Suprême allemande .

   L'Allemagne ne va même plus se donner l'apparence de l'ami protecteur, ses exigences envers la France  vont se faire plus précises et plus pressantes : réduction drastique des dépenses de santé, des aides à la famille et de l'indemnisation du chômage .

   La France protestera violemment, et la crédibilité de la zone euro sera compromise . L'intégration politique européenne apparaîtra aux marchés financiers comme impossible, ils se mettront alors à spéculer sur la " rupture " de la zone euro .

   La chute du niveau de vie des Européens sera spectaculaire, la classe politique perdra toute légitimité ...

   La révolution pourra se déployer ...

 

   Le collier de la Reine : 

   " En 1785, quatre ans avant le début de la Révolutuion Française, le scandale du collier de Marie-Antoinette avait affaibli considérablement la Monarchie . En l'état actuel du climat social, un scandale financier, industriel ou politique pourrait aussi mettre le feu aux poudres . L'affaire " Cahuzac " est arrivée un an trop tôt, elle aurait éclaté aujourd'hui, la déflagration eût pu ébranler tout le système .

   Car le pays a épuisé toutes ses capacités d'indulgence, est même prêt à condeamner sans preuve, avec l'aide inépuisable des médias .

   Pour le pays, désormais, il n'y a pas de fumée sans feu, pire, toute fumée est en elle-même un feu , toute rumeur est un scandale . Les dirigeants des grands partis ont intérêt à s'éloigner des foyers nauséabonds, sinon c'est un grand vide qui va prendre la place des milieux politiques ...

    La révolution va pouvoir s'affirmer ...

 

   L'âge des extrêmes : 

   Les " toutologues " ont peur de ces scénarios radicaux, alors ils nous ont inventé le récit des " extrêmes " . Le peuple va se jeter dans les bras de l'extrême droite , à la recherche de l'autorité rassurante . Ou bien, qui sait, dans les bras de l'extrême gauche, décrite - dans un odieux et insupportable contre-sens  historique - comme aussi barbare que l'extrême droite ; deux extrêmes réunis dans une étreinte dite " désastre rouge et brun " .

   Comment nos intellectuels ont-ils pu tomber si bas ? ...

   La révolution peut être invoquée ...

 

 

   NB :  d'aprés un extrait du livre de Jacques Attali, " Urgences françaises ", publié le 28/05/2013 par lexpress.fr .

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 15:42

 

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" Les toutologues " : ils savent tout, ils ont un avis sur tout, ils discourent de tout, ils sont diplômés ès tout, ils sont spécialisés en tout, ils cherchent à briller avec tout .

( Illustration : France-Inter ) .

 

   " Les toutologues " sont en transe . Pensez ! Le Président et le Premier Ministre viennent de les prendre à revers . Ni dissolution, ni remaniement, ni renvoi tonitruant de ministre trop bavard, mais à la place, une réforme courageuse : rien moins que la " remise à plat de la fiscalité " .

   La preuve par neuf est fournie, au lendemain de l'annonce, par l'inanité des commentaires " toutologiaques " . L'un de stigmatiser le vent de panique qui a saisi l'exécutif et l'aveu de l'échec d'une politique fiscale ; l'autre de prédire que la droite entrera dans le jeu de la concertation, parce qu"elle n'a pas le choix, mais pour mieux détruire ce qui aura été fait, aprés sa victoire de 2017 ; un troisième y va d'un qualificatif sans nuance : " pitoyable ", parce que, à la veille des élections municipales, l'heure n'est pas au consensus : un autre souhaite dédaigneusement " bon courage " au gouvernement .

   Un toutologue , plus en verve, nous propose une analyse moins lapidaire : " C'est une oeuvre herculéenne : quatre années entrecoupées d'échéances électorales, cela ne suffira pas pour mettre en place le prélèvement à la source, la fusion CSG +IR, grand impôt progressif, en devant réaliser en même temps 60 Mds d'€ d'économies , en espérant en plus obtenir un rassemblement autour du concept républicain du consentement à l'impôt ... " . Sauf que, c'est oublier que le mandat présidentiel c'est cinq ans, et pas dix ; que des élections en France, et c'est tant mieux, il y en a chaque année,  et que prendre en compte cette situation, c'est ne plus rien décider du tout .

   Puis il y a les " toutologues " qui voient F. Hollande jouer son va-tout dans une proposition " suicidaire ", car c'est trés risqué de rouvrir le débat fiscal, si éruptif, si sensible, si brûlant, en ce moment .

 

   Et si nous examinions l'évènement avec calme ?  Oui, le coup de poker politique est " gonflé " ; oui, le gouvernement, au plus bas dans les sondages, avait besoin de tenter un coup ; oui, le gouvernement, avait besoin d'envoyer des signes à la gauche de sa majorité qui réclamait cette réforme .

   Oui, il faudra du courage, parce qu'entreprendre une réforme fiscale d'envergure, c'est s'attaquer à la forteresse de Bercy, contre laquelle bien des Ministres se sont cassé les dents . Mais le premier signal est encourageant : le renvoi, hier, dans la foulée de l'annonce, des deux Directeurs Généraux les plus puissants, du Trésor et du Budget, nommés par N. Sarkozy, n'est pas un acte anodin . SI les Financiers tiennent l'économie sous leur joug, les Inspecteurs des Finances tenaient Bercy et toutes les réformes anti-libérales venaient s'écraser régulièrement sur les rochers de ces deux Directions .

   Le Ministre de l'Economie et des Finances, concerné au premier chef, n'a pas été averti, semble-t-il,  de l'annonce de la mise en place d'une concertation ; ne disait-il pas, quelques jours avant, qu'il était hors de question de toucher à l'échafaudage fiscal ?

   Mais on peut comprendre la réserve du Premier Ministre :  il était souvent reproché à P. Moscovici d'être un peu trop docile devant ses grands directeurs . 

 

   Et si l'on faisait crédit au Premier Ministre d'une réelle volonté d'améliorer les choses, de vouloir " rendre l'impôt plus lisible, moins compliqué, plus juste " ; d'entamer les discussions " sans tabou ", comme il le dit ; de vouloir aborder, dans ces discussions, le sujet ultra-sensible de " la dépense publique " ?

   Forcément, l'affaire est trés complexe et périlleuse : personne ne va mettre les mêmes choses dans la notion de " remise à plat " ; chacun devine qu'il y aura au bout, des perdants et des gagnants, et que certains se sentiront le droit de reprocher aux politiques de leur avoir menti .

   Un autre écueil à éviter sera, pour ceux qui vont être appelés à discuter, de ne pas se laisser enfermer dans un débat technique qui occulterait les vrais enjeux : le débat aura besoin d'idéologie, et notamment de clarifications sur la destination de l'impôt . 

   J'accorde aux " toutologues " l'autorisation de dénoncer " une sorte d'auberge espagnole ", au départ ; mais si au bout du compte, cette négociation, nous amenait à revoir ne serait-ce, par exemple, que le financement de notre Protection Sociale ", en faisant qu'elle repose un peu moins sur le travail et un peu plus sur le capital, avouez que cela valait bien le coup .

 

   Enfin, s'il s'avérait qu'il ne s'agissait que d'occuper le terrain, de gagner du temps, et qu'il ne se passe pas grand chose, eh ! bien, ce sera l'incohérence de la politique de F. Hollande qui aura été mise sur la table et donc la fin définitive et totale de son autorité, voire de sa légitimité .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 15:19

imagesRQ5BCNE1.jpg" N'anticipez pas trop, la vie est plus intelligente que vous " ! ( François Mitterrand ) .

 (1) Expression du démographe Emmanuel Todd .

 ( Illustration : sur-mon-nuage.net ) .

 

   C'est quoi , ce printemps des " bonnets de toutes les couleurs ", en plein automne froid et pluvieux ?  La délégitimation de l'impôt au sens où la légitimité de celui-ci était assise sur la théorie de la démocratie représentative, démocratie déployée sur un territoire donné, habité par des citoyens partageant un destin commun .

   Ce qui n'est plus tout à fait le cas aujourd'hui . Certes l'impôt sert encore à financer l'Etat social, un modèle auquel les Français sont attachés, mais ils ont bien compris que ce modèle est fragilisé par les agressions permanentes qu'il subit de la part des maîtres de la finance et d'un personnel politique, trop souvent, à leur solde .

   Parallèlement à ces attaques, le discours ambiant, à droite comme à gauche, est de dire à longueur d'antenne et de pages de " quotidiens " asservis, qu'il faut accroître la pression fiscale, pour rembourser une dette publique, dont les Français, peuple trés politique de par son histoire, savent qu'elle est largement illégitime , ce qui revient à dire que le prélèvement fiscal sert de plus en plus à donner de l'argent à ceux qui en ont déjà trop . C'est le premier constat !

   Un deuxième constat n'a pas échappé à nos compatriotes . Dans un cadre strictement national, le montant de l'impôt voté par nos représentants, élus, légitimait l'impôt, presque naturellement .

   Mais la confiscation de la création de monnaie, au pouvoir souverain de nos élus, puis son transfert à Francfort,  à une banque ( BCE ), dirigée par des technocrates anonymes et non responsables ; puis l'abandon à une Commission, à Bruxelles, elle aussi dirigée par des technocrates anonymes, d'un autre pouvoir, celui de voter souverainement le budget national, puisque la dite Commission peut déclarer ce budget,  voté tout de même, par nos Députés et Sénateurs, non conforme à un intérêt supérieur à celui de la Nation .

   Enfin, le " coeur " de notre bon sens général ne pouvait que se soulever en apprenant que la dernière taxe en date, allait être prélevée, non par un service de l'Etat, mais par un consortium financier privé, qui allait se servir, au passage, du cinquième des sommes collectées, et ce, summum de la " suffisance " de notre personnel politique, sur la base d'un contrat, dont la justice, pourrait, un jour, nous dire, qu'il était crapuleux .

   Il faut clarifier la situation, au plus vite . Nous ne pouvons pas échapper à un grand débat sur la légitimité de l'impôt .

   Grâce aux " bonnets rouges ", aprés tout, ce n'était sûrement pas leur intention première, va peut-être s'ouvrir une vaste réflexion sur la manière de sauver un des fondements de la démocratie : la légitimité de l'impôt, et donc un retour, dans la vie politique, de la " philosophie politique " . En somme, un retour des " Idéologies ", substrat de toute construction démocratique, que " maîtres " de l'argent, technocrates complices, et politiques aux marges de la corruption,  avaient réussi à écarter de leur chemin, depuis trente ans .

 

   Et à ce stade, l'actualité du jour, s'impose à nous . Le Premier Ministre, annonce, ce matin, dans le journal " Les Echos ", la mise en place prochaine, d'une grande concertation, entre gouvernement, parlement, élus locaux, organisations patronales et syndicats de salariés, et j'ose croire que la société civile ne sera pas oubliée, en vue de réfléchir à l'élaboration d'une grande réforme fiscale ", pour 2015 .

   Et là, je ne peux m'empêcher de penser que J. M. Ayrault et François Hollande viennent de réaliser " un coup de maître ", politique s'entend .

   Depuis plusieurs semaines, la droite imbécile, parce que sans proposition, observateurs et commentateurs politiques, journaleux en mal de " buzz ", préconisaient des " coups " politiciens minables, du style, remaniement, changement de Premier Ministre, dissolution, démission du Président, le " buzz ", quoi !

   Eh ! bien, l'exécutif, comme ils disent, vient de contourner avec habileté, tous ces " pondeurs de gazettes à cent sous " en proposant, enfin, une mesure trés politique et intelligente : la grande réforme fiscale promise par F. Hollande dans les 60 propositions de sa campagne électorale, mais dont l'ampleur l'avait effrayé à son arrivée à l'Elysée, et l'avait fait reculer . Le coeur de la réforme, défendue par un certain nombre d'économistes, résidait dans la fusion de la CSG et de l'Impôt sur le Revenu,  et du rétablissement de la progressivité de cet impôt, en vue d'une véritable justice fiscale, puisqu'aujourd'hui, plus on est riche, moins on paie, en proportion de ses revenus .

   Peur qui avait autorisé l'ex-ministre du budget, Jérôme Cahuzac, à dire, avant sa déchéance, au début de l'année, que la réforme fiscale était faite .

   F. Hollande et J. M. Ayrault ne voyaient plus aucune sortie possible du bourbier breton, de l'enserrement ignoble parce qu'hypocrite, d'une droite tombée dans la dénonciation de mesures qu'elle avait elle-même votées, et soutenue par une FNSEA anti-socialiste primaire et un MEDEF , fac-similé du Tea Party américain , partisan de " Zéro " impôt, et du chacun pour soi .

   J. M. Ayrault peut ainsi retarder la mise en route de l'écotaxe, et calmer un peu la grogne bretonne, sans paraître céder, couper l'herbe sous les pieds de J. L. Mélenchon qui appelle à une manifestation pour une réforme fiscale, le 1er décembre, et prévenir le MEDEF que les 20 Mds d'€ du CICE sont payés par les nouvelles taxes dont il serait suicidaire pour les patrons de se priver . Mais il envoie également un signe à la gauche du PS, fort agitée, qui réclamait cette réforme depuis des mois .

 

   D'aucuns diront que J. M. Ayrault joue les pompiers afin d'éteindre les incendies allumés par les brûlots des taxes à répétition . Il y aura du vrai dans cette critique, mais il n'empêche que le débat ouvert, si chacun s'en saisit avec honnêteté et conviction, sans naïveté également, peut se révéler productif .

   Nous avons été si peu habitués, durant ces dix huit derniers mois, à des réponses politiques - les opérations comptables ayant pris en permanence le dessus - que l'honnêteté intellectuelle exige que l'on reconnaisse à leur juste valeur les bonnes décisions, au moins les bonnes annonces .

  

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