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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 14:58

" Qu'une société s'abîme au vent qui se déchaîne sur les  Hommes cela s'est vu plus d'une fois : l'histoire est pleine de naufrages de peuples et d'empires ... Pourquoi ? Nous l'ignorons . L'ombre couvre toujours les civilisations condamnées ..." .

 ( Victor Hugo . Les Misérables ) . (1) .

 ( Illustration : Chaunu . L'Union de Reims ) . 

 

 

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    " Nous ignorons les maladies des civilisations condamnées mais nous connaissons les infirmités de la nôtre ... Un sombre face à face des égoïstes et des misérables . Chez les égoïstes, les préjugés, les ténèbres de l'éducation riche, l'appétit croissant par énivrement, un étourdissement de prospérité qui assourdit, la crainte de souffrir qui va jusqu'à l'aversion des souffrants, une satisfaction implacable, un " Moi " si enflé qu'il ferme l'âme .   Chez les misérables, la convoitise et l'envie, la haine de voir les autres jouir, les profondes secousses de la bête humaine vers les assouvissements, les coeurs pleins de brume, la tristesse, le besoin, la fatalité, l'ignorance impure et simple ...

 ... L'idéal est effrayant à voir, ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant quand même, mais entouré de toutes ces grandes masses noires monstrueusement amoncelées autour de lui ..." . ( Livres VI et VII des Misérables, cités dans le " hors-série " du Monde, de février - avril 2012 ) .

 

   Comme en une sorte d'écho à cette vision terrible de V. Hugo  - le romantisme en moins - le sociologue  Alain Touraine évoque dans son dernier livre, " La fin des sociétés " , ( chez Seuil, novembre 2013 ) , l'idée que les structures qui  constituaient le tissu du " vivre ensemble ", depuis des siècles, se délitant sous les coups de boutoir de la mondialisation, c'est la notion même de " société " qui se retrouve mise en cause .

    Quand Victor Hugo pense Inde, Chaldée, Perse, Assyrie, Egypte, ces civilisations disparues, A. Touraine nous dit : Europe ... où nous serions en train de vivre " la fin du social " .

    " Dés lors que l'économie et la finance se sont émancipées de toute attache à un milieu donné, à un système juridique et économique donné, c'est l'ensemble des relations entre les individus et les groupes qui se trouve désorganisé : les institutions qui structurent d'ordinaire ces relations ont perdu leur sens ", explique l'éditorialiste Jacques Julliard, dans le magazine Marianne, à propos du livre .

    Quand l'enseignement, la médecine, la justice, la police, la lutte contre le feu, l'assistance aux personnes accidentées deviennent des métiers à risques ; quand les professeurs, les infirmières, les médecins, les juges, les policiers, les pompiers, se font agresser tous les jours dans l'exercice de leurs missions ; quand l'organisation des relations sociales, avec ses réseaux serrés de syndicats, d'employeurs, de fonctionnaires, tournent à vide ; quand les classes sociales sont réduites par les intellectuels et les médias à des fantômes du passé ; quand le manège politique continue de tourner mécaniquement, sans que plus personne ne sache qui l'a mis en route et qui devrait l'arrêter ; quand " les petites gens, les braves gens, les gens du commun sentent le sol se dérober sous eux "  tandis que des privilégiés fuient toutes les contraintes et les solidarités imposées par une commune morale, vers des paradis protégés ; quand personne ne sait plus trés bien qui est " le bon " et qui est " le méchant ", qui pourrait oser prétendre que cette grande confusion des valeurs, n'a pas déjà précipité nos sociétés dans le chaos ?

    C'est ce que nous dit Alain Touraine : nos sociétés sont moribondes !

 

   On a tué la notion de Lutte des Classes, réduite à une apologie de la violence,  qui pourtant dans sa logique laissait espérer aux classes populaires une issue à leur sort, et par une voie politique, on les a donc laissés seuls, eux les plus exposés, eux les moins protégés, eux qui ont plus besoin de la société que les possédants, on les a laissés seuls dans " le sombre face à face " qu'évoque Hugo .

   Et ce " face à face " , les pauvres savent  qu'ils l'ont déjà perdu !

   Face à " l'étourdissement que procure la prospérité, face à l'aversion des souffrants" , aux " Moi , qui enflent " sans aucune pause, que peut-il surgir " des coeurs pleins de brume ", d'une " ignorance impure " car trop simple , sinon la violence ?

 

    Et qui prospère sur les ruines d'une société, sur la nullité des réponses politiques données au chaos actuel par les partis traditionnels , sinon les " extrêmes-droites " ? 

   Au carrefour de la société appauvrie de ses " filets sociaux " et de de "la non-société " de l'individualisme effréné, les " Marine Le Pen " vont se multiplier, avec une mission assignée trés claire . Non pas de prendre le pouvoir, trop aléatoire ! Mais de continuer à porter des coups aux piliers encore debouts de la société, ainsi faisant, de nous faire tourner le dos inexorablement à la démocratie, afin de poser, à l'étape suivante, la confrontation dans les termes du " face à face " primaire qu'entrevoyait Hugo . Dans ce face à face, les puissants pensent avoir le dernier mot .

   A l'aune d'une telle vision, les présentations médiatiques de la poussée de l'extrême droite, par les propos de l'un, les petits mots de l'autre, les dérapages du troisième, peuvent paraître bien insignifiants .

   

 

 

 

 

 

 

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 14:31

 " La misère nous regarde tous . Depuis que l'histoire écrit et que la philosophie médite, la misère est le vêtement du genre humain ; le moment serait enfin venu d'arracher cette guenille ..." ( V. Hugo, à propos  de son roman Les Misérables ) .

( Illustration : Cosette . fr.wikipedia.org ) .

 

 

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   Le roman majeur de Victor Hugo n'est plus un grand livre dans les anthologies de la littérature française d'aujourd'hui . Pensez donc, qui a envie d'évoquer la misère, de nos jours, dans ces quartiers huppés de la Capitale, encore surnommée " la Ville des Lumières " ?  En fait, ce n'est même pas cela la vraie question . " Les Misérables " de Hugo n'ont plus d'intérêt tout simplement parce que pour les classes dirigeantes et médiatiques de notre pays, la pauvreté en a été éliminée . La France est riche, il n'y a plus de pauvres .

   Le tour de " passe-passe " a été orchestré par d'éminents sociologues vite relayés par les économistes, en supprimant le mot   " pauvre "  de notre vocabulaire .

   Aujourd'hui, il y a des exclus, des précaires, des anonymes, des oubliés, et même des " invisibles ", mais il n'y a plus de pauvres .

   Et pourtant, les pauvres sont légion, chez nous, et ils sont même des millions . Et il n'est pas indélicat de vouloir les rendre visibles, même en se servant des outils déformants des économistes : " les chiffres " .

 

   Une statistique de l'INSEE, de 2012, restée plutôt confidentielle, et pour cause, indiquait ceci : en 2011, 6 millions d'actifs, soit 25% des salariés, n'ont gagné que 322 € par mois en moyenne, lissés sur l'année, soit un tiers du SMIC, parce qu'ils n'avaient pu travailler qu'un quart de l'année ; ces intermittents de la vie économique sont agents d'accueil, saisonniers, intérimaires, hôtesses de caisse, livreurs de pizzas ou hommes-sandwiches, qui grapillent, ici et là, quelques heures quelques journées " .

   On ne sait pas bien que sur les 5 millions effectifs de chômeurs inscrits à Pôle Emploi, un million et demi, alternent déjà, périodes d'activité de moins de 70 heures mensuelles et indemnités .

   Le Ministère du travail annonce, de son côté, que, toujours en 2011, 3.6 millions de salariés ont perçu moins de 1055 € par mois, primes comprises : " ceux-là, forment le régiment des travailleurs sous-employés à temps partiel dans le commerce, les services au particulier, payés 7.39 € de l'heure, sous le taux horaire du SMIC " . Ce sont bien souvent des femmes peu qualifiées avec un travail partiel imposé et qui élèvent par ailleurs, seules, leurs enfants ", dit l'économiste Noam Landri, Président de l'Observatoire des Inégalités .

   Oui, n'en déplaise à N. Sarkozy, on peut travailler beaucoup et gagner peu ! On peut trouver, régulièrement, dans certaines agences de Pôle Emploi, les annonces suivantes : " On embauche des livreurs-livreuses de plats cuisinés, propriétaires d'un véhicule léger, au tarif plancher de 7.39 €de l'heure, pour 15 heures par semaine . Total : 443 € par mois " . On peut trouver mieux, parfois : bon sens de l'organisation exigé plus un permis moto, qui coûte plus de 1000 € à obtenir .

   Il est un secteur particulièrement attrayant, celui des " Etudes et Enquêtes " . C'est un secteur où l'on est trés bien payé mais où l'on gagne peu parce qu'on y travaille peu de temps , par mois .

   " Un enquêteur mystère " -  étonnant, non ? - chargé de contrôler la qualité de service d'une enseigne peut gagner entre 9.50€et 40 € de l'heure, mais l'employeur ne le sollicitera qu'une fois par mois , et cela en échange d'une disponibilité totale .  Par exemple, en 2010, à l'institut de sondages IFOP de Mme Parisot, ex-patronne du MEDEF une enquêtrice régulière gagnait  858 € brut, par mois  .

   Une technique utilisée par les employeurs pour se prémunir contre les augmentations légales du SMIC, même sans coup de pouce du gouvernement , reste trés méconnue : l'employeur augmente les temps partiels dans son entreprise .

   Afin de lutter contre ces abus, les syndicats ont obtenu, qu'à partir du 1er janvier 2014, aucun temps partiel ne puisse être inférieur à 24 heures hebdomadaires . Qu'à cela ne tienne, grâce aux accords ANI, du début de l'année, il suffira que l'employeur obtienne - extraordinaire ! - de son salarié qu'il renonce par écrit à ce nouveau droit pour y déroger .

   Il faut ajouter à ces régiments de travailleurs outragés le million et demi de jeunes recrutés en stage, non rémunérés en-dessous de deux mois, payés 436 € mensuels, au'dessus de deux mois, et trés souvent utilisés à d'autres fins qu'une mise en pratique de leurs études .

 

   En résumé, à côté de 3.2 millions de chômeurs " temps plein ", si j'ose dire, il existe " une armée " de travailleurs pauvres de 6 à 8 millions de personnes, placés dans des situations infernales, mais tellement utiles aux employeurs . ( Une statistique de l'INSEE de 2010, précise que les disparités de revenu salarial ne s'expliquent plus qu'à 17% par des différences de salaires horaires, mais pour 83%  par des disparités de durée d'emploi dans l'année ) . Voilà qui devrait être édifiant ! 

 

   Comprenons-nous bien ! " Exclu, précaire, invisible ", sont des mots qui ne dépeignent rien ! 

   L'armée de réserve du capitalisme - les chômeurs - que décrivait Marx, il y a 160 ans, a grossi de millions de travailleurs " jetables ", pris en charge par la collectivité, pour se protéger des " explosions sociales ", et ce sont , les uns et les autres les pauvres d'aujourd'hui : l'INSEE dit encore que les revenus des ménages au bas de l'échelle sont constitués à 62% par les transferts sociaux et fiscaux : RSA, minimas sociaux, prestations familiales, retraites, prime pour l'emploi, les salaires ne concernant que 32.4% de ces foyers ...

   Le modèle social français que nos gouvernants prétendent vouloir sauver a  été dévoyé, depuis trente ans : destiné, à la Libération, à protéger des risques de la vie, vieillesse, maladie, chômage, il est devenu une " machine " à camoufler les dégâts de la mondialisation, la dérive financière de nos économies, les dérégulations du marché du travail, les coups de hache de la libre-concurrence, la cupidité des banques .

   Ce nouveau modèle porte un nom : le " social-libéralisme " . 

 

 


 

   NB : d'aprés le dossier du magazine Marianne No 860, des 12 au 18 octobre 2013 . " Ce que gagnent vraiment les pauvres " , de Perrine Cherchève et Laurence Dequay .

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:00
" Errant de supermarchés en stations services et en pharmacies nous avons oublié les précieux services que nous rend la nature comme celui d'assurer nos fonctions élémentaires telles que respirer, boire de l'eau et nous nourrir ... " ( Site : suite101 . Aurélia Demarlier ) .
( Illustration : Ph. Delestre . Site : suite101 ) .
(1) .Expression de l'économiste Jean-Baptiste Say .

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   L'homo-oeconomicus a oublié qu'il n'a pas créé de toute pièce le monde dans lequel il vit . Il a oublié, par exemple, que la majorité des aliments qu'il consomme dépend du travail des animaux pollinisateurs .

   Mais revenons aux origines . A la demande du Congrés américain qui veut mesurer les effets de la Grande Dépression de 1929, l'économiste Simon Kuznets, invente en 1934, le PIB, Produit Intérieur Brut d'un pays, l'indicateur de production de richesse de ce même pays .

   En quelques décennies, ces quelques éléments mathématiques de mesure de l'activité économique, allaient devenir la " boussole ", l'étoile des " rois mages " de l'économie . " Chaque jour les médias nous rappellent que, sans croissance de ce PIB,  il ne peut y avoir de croissance des revenus, de croissance de l'emploi, de croissance du bien-être général " .

   Et donc, les décideurs, les yeux rivés  sur les manomètres du PIB, orientent l'action publique et l'action privée, la pression sur les salaires, sur l'emploi, sur les politiques sociales, donnent une direction, puis une autre, à l'ensemble des forces du pays, en fonction de la place de l'aiguille du manomètre .

   Jusqu'à présent, l'intervention de la nature dans tous les processus de production, n'a jamais été pris en compte . Que l'accroissement du PIB provoque des destructions dans le milieu naturel dont l'être humain ne peut se passer, n'a pas intéressé, jusqu'ici, les économistes . Et tant pis, si certains avaient prononcé des mises en garde . Pour le Français, Jean-Baptiste Say ( 1767 - 1832 ), " la nature est toujours en communauté avec le travail de l'Homme . Pour produire, il faut que se joignent l'industrie, les capitaux et les agents naturels . Le travail des machines, le travail de l'homme, le travail de la nature " , disait-il .
    Le travail de l'abeille ou des vers de terre dans la culture de nombreuses plantes dont nous nous nourrissons est complètement occulté . Fruits et légumes, en l'absence d'animaux pollinisateurs, colza, tournesol, pois fèves, épices, café et cacao, dépendent du travail de l'abeille .
   Sans elles, c'est l'homme qui devrait effectuer le travail de fécondation à la main . C'est ce qui se passe avec la vanille . Plante importée dans des pays où ne vit pas l'abeille Melipone, seule apte à féconder la fleur de vanille , ce sont des ouvriers qui effectuent ce travail . Cela explique pourquoi les gousses de vanille sont si chères .
   La culture des céréales , blé, maïs, riz, dépend quant à elle, de la fertilité des sols .Le sol regorge d'organismes vivants, bactéries, champignons, vers, termites, qui décomposent la matière morte pour fabriquer de l'humus qui sert de nourriture aux racines des plantes . Mais nous avons largement perturbé ces systèmes par des techniques d'agriculture, productivistes, telles que le labour en profondeur ou l'utilisation massive de produits chimiques . Le résultat est que prés de 50% des terres cultivables de la planète ont perdu une grande partie de leur fertilité .
   Les végétaux et certains micro-organismes épurent les eaux . Le service qu'ils rendent est nettement plus économique que la construction d'une station d'épuration . Ainsi, la ville de New-York a pu réaliser une économie de huit milliards de $ en choisissant de protéger les forêts qui entourent le bassin montagneux qui alimente son réseau d'alimentation d'eau potable .
    Les végétaux jouent un rôle de protection contre les inondations, car ils permettent à l'eau de pluie de s'infiltrer dans le sol .En l'absence de couvert végétal, l'eu ruisselle et les cours d'eau débordent .
   Selon l'OMS, 80% de la population utilisent des remèdes à base de plantes pour se soigner et 50% de nos médicaments trouvent leur origine dans la nature . L'aspirine provient, à la base, de l'écorce du saule blanc . <L'AZT utilisée dans le traitement du Sida, provient de molécules sécrétée par une éponge des coraux des Caraïbes, une espèce menacée d'extinction .
   Beaucoup de nos médicaments qui affichent une composition à 100% chimique - pur subterfuge des laboratoires pour valoriser des brevets - ne sont en fait que des copies de la nature .
 
   Mais, je vais en rester là, car ce n'est pas un billet sur l'écologie que je suis en train d'écrire, j'écris sur l'économie .
   Je devrais dire sur " L'horreur économique " ! Non que je veuille me hisser au niveau de Viviane Forreter qui a disparu, cette année, mais parce que, ce que j'entends dénoncer est purement incroyable .
   Les économistes du PNUE , Programme des Nations Unies pour l'Environnement, indignés que les apports de la nature à l'activité humaine ne soient pas pris en compte, se sont lancés dans l'élaboration d'indicateurs de richesse complémentaires au PIB : le but étant de " chiffrer " la valeur économique des servives rendus par la nature .

   L'enfer étant dans un mot : le " chiffrage " !  Peut- on chiffrer des services gratuits ?  Les services fournis par la nature ne sont-ils pas gratuits ? Pour l'instant ! Trois catégories de services ont ainsi été identifiées : 

   Les services d'approvisionnement : biens produits par la nature, aliments, énergies fossiles, fibres textiles .  
   Les services de régulation : régulation du climat, régulation de la pollution de l'air et de l'eau .
   Les services à caractère social : les biens immatériels tels le plaisir de contempler un beau paysage ; la qualité de l'environnement sonore, la régulation des espèces nuisibles . 
   Dans l'esprit des experts du PNUE, il s'agit en utilisant l'argument économique, dans un monde régi par l'argent, de sensibiliser plus efficacement les dirigeants de la planète aux dégâts que provoquent les politiques productivistes . Mais tous les experts ne sont pas sur cette vision là .
 
   Certains économistes ont carrément quantifié ces services . Ils apporteraient à la création de richesse annuelle mondiale environ 33 000 Mds de $ . On n'est pas loin du montant du PIB mondial actuel : 70 000 Mds de $ .
   Ils ont catégorisé 17 services rendus par la nature et leur valeur en argent . En France, l'Agence de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité a identifié 43 services .
   Une question vient tout de suite à l'esprit : peut-on attribuer un " prix " à la nature ?  Cette façon d'aborder les apports de la nature comme un simple capital à exploiter ne préfigure-t-elle pas une nouvelle ère de la société capitaliste, de la financiarisation même, du milieu dans lequel nous vivons ?  
   Nous sommes tributaires de toutes les autres formes de vie , mais espèce orgueilleuse et cupide, nous voudrions modeler mathématiquement ces si complexes relations .
 
   Seul le poète peut répondre à une telle stupidité  : "  certain soir par exemple... retiré de nos horreurs économiques ... il frissonne au passage des chasses et des hordes ... " ( A. Rimbaud . Les Illuminations ) .
 
 
   NB :  Inspiré du billet de Aurélia Demarlier, sur le site : " suite101 " ; ces précieux services offerts par la nature et le billet de Jean-Luc Porquet " zéro deux pour cent " dans la Canard Enchaîné du 9 octobre 2013 .  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
    
 
 
 
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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 14:20

" Avant 1981, la gauche était formidable . On pouvait rêver de ce qu'elle ferait  une fois au pouvoir ". Marianne . No 859 .

 ( Illustration : allocine.fr . Les diaboliques . H.G. Clouzot ) .

 

 

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   Le concept de " consentement à l'impôt ", un des piliers de la démocratie, est en grande difficulté, en ce moment . Il faut dire que la campagne agressive antifiscaliste, menée, depuis des mois, par une droite irresponsable y est pour quelque chose, mais à l'opposé, la responsabilité de François Hollande et de son gouvernement, dans l'apparition d'un " marais fiscal " né de la multiplication de " razzias " sur tout ce qui bouge, " marais " illisible, incompréhensible, dont les effets physiques et politiques ne sont jamais mesurés, ont complètement brouillé le rapport des citoyens à l'impôt .

   Chose rare dans l'histoire fiscale de notre pays, toutes les catégories sont touchées : hommes, femmes, jeunes, vieux, actifs, retraités, cadres, employés, chômeurs ... Les Français ne parlent plus que de cela . Ils ont par ailleurs compris que " pause " ou pas, les niveaux atteints grâce aux augmentations de ces dernières années resteront en place, et qu'aucune baisse n'est à espérer .

   Par ailleurs, la fausse " continuité " entre les politique fiscales des deux dernières années de N. Sarkozy et les premiers dix huit mois de F. Hollande, ne leur a pas échappé, car quoiqu'en disent beaucoup de commentateurs, bien des choses ont bougé .

 

   Observons, les mouvements qui ont émaillé la montée de la charge fiscale de 2011 à 2014 , les tensions sur les différents secteurs économiques ont trés sensiblement changé de camp . Globalement, N. Sarkozy plus F. Hollande ont augmenté la pression fiscale et les côtisations sociales de 8%, soit un prélèvement de 60 Mds d'euros .

   Mais le diable se cachant toujours dans les détails, il n'est pas inintéressant de regarder comment chacun s'y est pris . Entre 2011 et 2012, face à l'endettement public colossal, qu'il avait lui-même provoqué, le Président des riches répartit ses 30 Mds d'augmentations d'impôts - peut-être parce que l'échéance électorale approche - de la façon suivante :  Classes Moyennes et populaires, 30% ; Ménages aisés, cadres supérieurs : 21% ; Entreprises : 49% .

    Remarquons que les gens aisés sont un peu épargnés, mais que les entreprises ne sont pas ménagées par ce Président néolibéral : la contradiction est évidente .

   Observons à présent la répartition des 30 Mds d'augmentation retenus par le Président - représentant des " Classes  populaires " :  Classes moyennes et classes populaires : 49% ; Ménages aisés, cadres supérieurs : 41% ; Entreprises : 10% .   

   Le renversement est d'une limpidité à toute épreuve . Le Président qui se dit encore socialiste matraque les classes moyennes et populaires sans ménagement, en utilisant le mensonge, car aucun Français n'a oublié l'engagement du Premier Ministre sur la justice fiscale :  " les augmentations d'impôts ne toucheront pas 9 ménages sur 10 " .

   Les entreprises sont trés ostentatoirement épargnées, au nom d'une compétitivité aléatoire, vu la situation mondiale .

   En chiffres bruts, cela donne l'image suivante : 15.8 Mds d'€ en plus pour les classes moyennes et populaires ; 13.8 Mds pour les ménages aisés ;  3.2 Mds pour les entreprises . 

   ( Ces données sont empruntées aux documents du  Projet de Loi des Finances 2014 ) .

    " La lune de miel entre le gouvernement et le MEDEF est appelée à durer, puisque le CICE atteindra les 20 Mds de remboursements , 6% de la masse salariale des entreprises, en 2015, et que les augmentations des côtisations retraites seront compensées aux entreprises, à l'euro prés, grâce à des economies sur la politique familiale , a annoncé P. Moscovici, à M. Gattaz, à qui tant de cadeaux ne suffisent pas . ( d'aprés Marianne No 859 . Le choc fiscal est-il juste ? ) .

 

   Là-dessus, surgit une élection partielle cantonale, dans le Var, qui voit le candidat du Front National, arriver en tête du premier tour et le candidat de la gauche éliminé , une nouvelle fois . Les réactions socialistes sont désarmantes . Le déni est total ! La France se droitise, entend-on encore, rue de Solférino, comme si ce constat avait un quelconque sens politique .

   La France se droitise quand sa classe politique se droitise . Le résultat de Brignoles, ce n'est pas la faute des " Roms " .

   Le commentaire du Monde d'aujourd'hui est révélateur qui parle de " l'effacement " des partis de gauche : ce n'est pas un effacement, c'est un " affaissement " . Ce n'est pas une victoire du Front National,  puisqu'en voix, il ne progresse pas, et qu'en pourcentage par rapport aux inscrits il n'obtient que 13.9% des voix ; en 2011, ce canton a déjà eu un élu FN ; le séisme n'est pas dans le score du FN  mais dans la condamnation sans appel, par le taux d'abstention, de la politique du gouvernement mais aussi la condamnation de l'UMP qui perd des centaines de voix .

   Deux Brignolais sur trois ne sont pas allé voter . Qui peut croire que le matraquage fiscal n'y est pour rien ?

   

   Quans les socialistes vont-ils voir que lorsqu'ils entonnent le refrain de " la nécessaire réhabilitation de l'impôt ", les Français, et particulièrement les classes défavorisées, courent aux abris ?

 

   

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 14:43

" Tout ce que nous voyons cache quelque chose d'autre " . ( René Magritte ) .

 ( Illustration : la clairvoyance . René Magritte ) .

 

 

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   Dans tous les pays développés on a amélioré, depuis quarante ans, la productivité d'une façon colossale, dans tous nos pays on a besoin de moins travailler pour produire plus . La question est de savoir si l'on y va de façon sauvage et par la précarité ou par la négociation , dit l'économiste proche du Parti Socialiste, Pierre Larrouturou .

   Je me pose souvent la question suivante : pourquoi nos amis socialistes se raidissent-ils toujours, pourquoi restent-ils tétanisés, quand on évoque devant eux, les fameuses " trente cinq heures " de Martine Aubry, comme s'ils avaient peur du ridicule ?

   Une telle mesure allait pourtant dans le sens de l'histoire . Certes, l'aventurier qui a plongé le pays dans les profondeurs d'une dette irremboursable avait réussi , en 2007, à introduire dans le pays une confusion totale avec son slogan " travailler plus pour gagner plus ", excluant de facto, les millions de chômeurs qui étaient déjà là, sur les parvis de " Pôle Emploi " de son projet .

    Mais regardons le sujet bien en face, et non comme le peintre , de côté .

 

    D'un côté, des millions de chômeurs à zéro heure de travail par semaine . De l'autre, ceux qui travaillent plein pot, 39.5 heures par semaine ( enquête INSEE 2013 ), et au milieu, des millions de personnes, encore, qui galèrent de petits boulots en petits boulots . C'est " le partage du travail ", que nous appellerons " sauvage ", voulu par le monde de la finance, pour le plus grand profit des actionnaires .

    Car le partage du travail, de fait, existe partout, mais c'est un " certain partage du travail " comme le dit le constat que nous venons de faire . Tenez ! Prenons l'exemple des EE.UU. Il y a tellement de petits boulots, dans ce pays, que la durée moyenne hebdomadaire de travail y est de 33.7 heures ( Livre blanc de la Maison Blanche, 2007 ) . En Allemagne, le Ministère du Travail indique qu'avant la crise de 2008, déjà, il y avait aussi tellement de petits boulots, payés moins de 600 € par mois, que la durée moyenne , hors comptabilité des chômeurs, était de 30.3 heures hebdomadaires . Aux Pays-Bas, pays champion du travail à temps partiel, la durée moyenne hebdomadaire du travail est de 31.4 heures .

    En France, nous en sommes à 36.6 heures, car nous avons moins de temps partiel . Un avertissement s'impose donc : quand les journalistes " inféodés "  osent vous parler d'une France où l'on travaillerait moins, comprenez qu'ils ne comparent que les temps complets, le plus souvent les emplois industriels, ce que l'on pourrait appeler les emplois sous " conventions ", donc protégés .

   Allons, camarades socialistes, retrouvez un peu de fierté ! L'erreur fut de les introduire d'en haut, sans concertation, trop vite, sans tenir compte des contextes environnant chaque entreprise . Les " trente cinq heures " n'étaient pas une aberration historique, pas davantage économique, d'ailleurs l'idée était née dans la tête de capitaines d'industrie et de dirigeants politiques de droite, avant que vous n'affrontiez le chantier .

 

   En 1993, le fondateur et patron de la société BSN Danone, Antoine Riboud, affirmait déjà : " Il faut passer à quatre jours, 32 heures . C'est le seul moyen d'obliger les entreprises à créer des emplois " . En 1995, sous le gouvernement Balladur, la Commission Boissonnat mise en place par le Premier Ministre préconisait qu'il fallait baisser la durée du travail hebdomadaire de 20 à 25%, d'ici 2015 .

   Le financement de cette mesure n'était pas la difficulté majeure .  Le 11 juin 1996 était adoptée une Loi, sous le gouvernement Juppé, la Loi Robien sut l'aménagement du temps de travail, qui permettait à une entreprise de réduire la durée du temps de travail afin d'embaucher ou d'éviter des licenciements en conterpartie d'un abaissement des côtisations patronales . Critiquable par certains aspects elle n'empêcha pas 400 entreprises ( Fleuru Michon, Mamie Nova, Télérama ... ) de tenter l'expérience, qui créèrent prés de 15 000 emplois, sans diminuer les salaires et sans augmenter d'1 € les coûts de production .

   Une étude du Ministère du Travail de 1997 indiquait, à partir de l'expérience des " 400 pionniers " que, un mouvement général vers la semaine de quatre jours, souple et bien financé, pouvait permettre de créer 1 600 000 emplois . Imaginez donc l'impact sur la consommation et donc la croissance et donc la création d'emploi .

    La Loi sur les trente cinq heures, en uniformisant le processus,  stoppa cette initiative . Mais le chemin était ouvert .

   Aujourd'hui, P. Larrouturou, avec Michel Rocard et les membres du Collectif Roosvelt,  face au chômage de masse chronique,  propose d'avancer, à nouveau, dans la voie de ce qu'il appelle " la semaine de quatre jours à la carte " .

   Loin du Crédit d'Impôt Emploi Compétitivité ( CICE ), 20 Mds d'euros de cadeau sans contrepartie, qui iront aux actionnaires, ce collectif propose d'activer les dépenses de chômage, ce qui a l'avantage d'épargner les contribuables des classes populaires et moyennes, de ne pas baisser les salaires et de ne pas nuire à la compétitivité des entreprises : une entreprise passant aux quatre jours et créant 10% d'emplois en CDI est exonérée des côtisations chômage .

   Mais la droite ne croit qu'en la vérité révélée de son Dieu : " travaillez plus " , bien qu'il n'y ait plus assez de travail - désindustrialisation et délocalisations obligent - . Et le PS est honteux des " trente cinq heures " .

    Pourtant il faudra bien sortir du piège : ou un vrai débat, sincère, sur le sujet, ou une crise majeure .

 

   

 

   NB : d'aprés le " Collectif Roosvelt ", ( M. Rocard, P. Larrouturou, Stéphane Hessel, Susan George, Cynthia Fleury, Dominique Méda, Patrick Viveret, Patrick Pelloux et quelques autres, fondé en février 2012 ), Marianne No 859 d'octobre 2013 .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 14:23

 (1) ." Sans l'augmentation de la dette des ménages, la croissance serait nulle , en France, depuis 2002 " . ( Patrick Artus . Economiste et analyste à la banque Natixis . Note du 23/09/2013 ) .

 ( Illustration : français.istochphoto.com ) .stock-photo-13621180-jack-in-the-box.jpg

 

   Notre classe politique est fatiguée . Aprés cinq années de crise passées à ressasser les mauvaises nouvelles, nos femmes et nos hommes politiques n'en peuvent plus . Alors, à l'affût du moindre frisson de notre économie, ils bondissent hors de leur boîte, parce que tel indice semble avoir bougé ou que M. " Pôle Emploi " a éternué : " Cette fois est la bonne ! La reprise est là ! La crise est derrière nous " .  Mais non, la boîte se referme brutalement sur eux et le ressort du " diablotin " grince .

   Il n'y a aucun espoir de voir une croissance forte et durable revenir dans la zone euro ; en outre les deux pays censés tirer cette croissance, les EE.UU et la Chine, sont plus des bombes à retardement que des locomotives .

    Examinons les chiffres du chômage qui nous sont donnés chaque fin de mois, pour le mois précédent, en laissant de côté la statistique du mois d'août, qui prête à rire, mais qui démontre la véracité du propos précédent .

   Attachons-nous aux résultats du mois de Juillet : 52 000 chômeurs en plus, annonçait le mal-nommé Ministère du Travail . Résultat dramatique mais par trop optimiste car ne décrivant la réalité, mais seulement la partie immergée de l'iceberg, c'est à dire une précarité jamais vue .

   En fait, en un mois, Juillet, ce sont 540 000 nouvelles personnes qui se sont inscrites à Pôle-Emploi, et si le " stock " de chômeurs - pour parler comme les économistes - a augmenté de seulement 52000 , c'est parce que, dans le même temps, 488 000 personnes sont sorties des fichiers .

   Attention, ne pâvoisons pas : le Ministère reconnaît que dans le nombre de sortants, seulement 47% d'entre eux ont trouvé un emploi, à 80% un CDD . Les autres sont en fin de droit et basculent dans la catégorie des gens pauvres, au RSA ou sans rien ; certains sont radiés, purement et simplement, parce que, las des tracasseries administratives ou par ignorance, ils en oublient la démarche de réinscription ; certains enfin sont devenus des retraités .

   Parmi ceux qui ont retrouvé un emploi, pour l'année 2013 qui n'est pas terminée, 84% ont été embauchés en CDD courts, c'est à dire qu'ils vont vite revenir à Pôle Emploi , les CDI à temps plein ne représentent qu'un peu moins de 10% . ( C'est la France si peu flexible du MEDEF ) .

   La réalité est celle-ci : depuis le début de l'année ce sont 400 000 nouveaux chômeurs qui se sont inscrits à Pôle-Emploi, auxquels il faut ajouter 500 000 personnes qui ne le sont plus et qui ont basculé dans le statut " en fin de droits " : 900 000 personnes et leurs familles ont rejoint la France Pauvre . 

   Aux Etats-Unis, malgré un déficit de 8% et des politiques budgétaires ultra-agressives, et quoi qu'en disent nos commentateurs économiques idolâtres, le pays n'arrive pas à sortir de l'absence de croissance et du sous-emploi : 1.7% de croissance en 2013 au mieux, et seulement 63% des adultes en âge de travailler qui ont une activité . En Chine, une bulle immobilière s'est créée, plus grosse que la bulle espagnole, avec une dette privée en augmentation de 30% sur le PIB, au point d'inquiéter le gouverneur de la Banque d'Angleterre: " la prochaine crise risque d'être pire que celle de 1929 ", dit-il à qui veut l'entendre .

   Et même le patron de la Réserve Fédérale, aux Etats-Unis clame son incompréhension : " Pourquoi tout ce que nous avons fait depuis cinq ans n'a-t-il pas permis de sortir de la crise ? 

   ( Le Président de la République Française est-il si isolé qu'il ignorerait ces interrogations ? )

 

   La croissance pourrait-elle revenir et avec elle le plein emploi ? C'est impossible avec les logiques actuelles mises en place deans les années 1980 . Les baisses d'impôts offertes aux plus riches commencent à creuser les déficits - jusqu'en 1981, le ratio dette/PIB est stable - . Les politiques de dérégulation et la chute de l'Union Soviétique entraînent la baisse de la part des salaires : dans les pays de l'OCDE, la part des salaires qui représentait 67% du PIB, en 1982, passe à 57% en 2007, au moment où éclate la crise financière : moins dix points . Parallèlement, dans les pays de la zone-euro, entre 1995 et 2007, le taux de l'impôt sur les bénéfices des entreprises passe de 37% à 25% de ces bénéfices : un tiers de moins, ce n'est plus un cadeau, c'est une offrande divine .

   Avec le niveau d'endettement privé des ménages, les " hold up " réguliers sur les prestations sociales, la pression sur les salaires, les augmentations irraisonnées de la TVA et les gains de productivité réalisés chaque année, la consommation ne peut plus repartir .

   Nul besoin d'être un économiste affûté pour savoir que seule la consommation des ménages est le moteur fondamental de l'activité, c'était " le compromis fordiste " qui avait apporté aux Etats-Unis trente ans de prospérité .

   Les économistes mentent, encore une fois, quand ils nous invitent à croire que les pays endettés peuvent commencer à créer de l'emploi à partir de 1.5% de croissance ; il faut en réalité, au moins 2.5%, pour faire reculer le chômage, or cela fait trente ans que nous n'avons plus ces 2.5%, ce qui explique, une partie du chômage de masse .

 

   Le vol institutionnel à l'encontre des salariés, si les salaires avaient suivi l'augmentation normale du coût de la vie, représente des sommes colossales . C'est un économiste tout à fait libéral qui le dit : " Chaque année, dans la zone euro, la part prise par les entreprises sur ce qui devrait revenir aux salariés, augmente de 1% du PIB ", ( Patrick Artus de Natixis ) . C'est à dire qu'en trente ans, c'est 150% du PIB  de l'ensemble de nos pays qui a été dérobé aux salariés, pour rejoindre les marchés financiers, au lieu d'aller aux salariés, donc à la consommation, donc aux Etats pour les politiques sociales, à travers la collecte de la TVA et autres impôts, donc également au plein emploi .

   Notez donc, chers amis : ces 150% de PIB sont allés aux 0.2% des plus riches de nos pays ; en 2010, la fortune cumulée de ces 0.2% de riches s'élevait à 39 000 Mds d'€ , la moitié du PIB mondial .

   Il m'eût été agréable de payer des impôts pour des hôpitaux, des écoles, une justice plus efficace, la recherche scientifique plutôt que pour rembourser des intérêts à des banques prédatrices .

  

   Les diablotins de nos " boîtes surprises " n'ont pas fini de faire des bonds, en vain, si nous poursuivons une telle logique, car " ceci n'est pas une crise, c'est une arnaque ! ", clament " Les Indignés " .

 

 

   NB : d'aprés le dossier du " Collectif Roosvelt " publié par le magazine Marianne, No 859 des 5 au 11 octobre 2013, " 6 mesures oubliées par F. Hollande " .

 

 

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 10:37

" L'idéal  démocratique consiste dans le self-government des masses, conformément aux décisions des assemblées démocratiques ... Mais ce système n'offre aucune garantie contre la formation d'un état-major oligarchique ... Le gouvernement direct des masses dans les partis, avec son système qui n'admet ni discussions sérieuses, ni délibérations réfléchies, facilite singulièrement les coups de main d'hommes et de femmes exceptionnellement audacieux, énergiques et habiles . " ( Robert Michels . Les partis politiques ; 1911 ) .

 ( Illustration : sudouest.fr )  .les-deputes-ecologistes-eelv-barbara-pompili-cecil-copie-1.jpg

 

   La " firme " ne désigne pas ici une entreprise industrielle ou commerciale, mais selon la critique avancée par le député-maire de Bègles, Noël Mamère, le clan qui a fait main-basse sur la direction du parti écologique : " Europe-Ecologie- Les Verts ", dont il est démissionnaire . Un autre démissionnaire de ce mouvement , et non des moindres, D. Cohn-Bendit, va plus loin encore et dénonce " les couples terrifiants " qui déversent quotidiennement sur ce parti les vagues tumultueuses de leur ambition et de leur arrivisme . Le journaliste et sociologue, spécialiste de l'écologie politique, Erwan Lecoeur, parle lui, d'un parti où " les gens ne se parlent pas, ne se forment pas, où il n'existe aucune vie intellectuelle " . Nicolas Hulot, moins innocemment qu'il n'y paraît, se pose même la question : " pourquoi y a-t-il un tel rejet de l'écologie, aujourd'hui, en France ? "

   La firme et ses couples terrifiants sont bien connus . On pense tout de suite au couple " politique " constitué par la Ministre Cécile Duflot, particulièrement accrochée à son maroquin, et le Sénateur Jean-Vincent Placé, qui achèterait volontiers,  si on le lui permettait, un maroquin, lui aussi .

   Autour de ces deux personnages, qui, convaincus qu'ils étaient devenus indispensables, se sont transformés, de serviteurs du parti, en maîtres de ce parti, se sont agglomérés de " vrais couples " à la ville - dirait-on dans le show-bizz - qui, profitant des scrutins organisés à la proportionnelle - élections régionales, sénatoriales, municipales, européennes -  où les qualités personnelles pèsent moins que la place que vous accorde le parti sur une liste, se sont hissés, en couple, jusqu'au niveau de fonctions qu'ils ne tiennent plus à perdre .

   On peut en citer quelques-uns, sans pour autant imiter les magazines " people " : le sénateur Jean-Vincent Placé et la députée Sas, ex-compagne du Ministre Pascal Canfin ; Emmanuelle Cosse, vice-présidente du Conseil Régional de l'Ile de France, compagne du Député Denis Baupin, et déjà désignée pour prendre la tête du parti, en remplacement du secrétaire national Pascal Durand, débarqué par Cécile Duflot pour iconoclastie ; la députée de la Somme Barbara Pompili, compagne du vice-président du Conseil Régional de la Région Picardie ... Et bien d'autres, tel le nouveau Duc d'Aquitaine et Comte de Toulouse, José Bové, qui ne veut aucun rival dans sa circonscription du " Sud Ouest " en vue des Européennes . ( Cf . l'article du Canard Enchaîné de décembre 2012 : " Les élus de coeur " ) .

   On sait trés bien se partager les bonnes places, au pays, non pas de Candy, mais de Duflot . Alors, on tente un coup médiatique d'indignation, contre les propos hasardeux du Ministre de l'Intérieur, sur les " Roms ", pour essayer de faire oublier l'image de " totalitarisme " provoquée par la démission de Maire de Bègles .

 

   Si l'on tentait " une classification des espèces politiques ", on pourrait attribuer aux écologistes cette " incapacité à rencontrer les électeurs " dont se désespère N. Hulot, et dont témoignent tous ces leaders restés, au fil des années, sur le bord des chemins de la politique : Brice Lalonde, Antoine Waechter, Corinne Lepage, Dominique Voynet, Noël Mamère, Eva Joly, etc, etc ...

   " Elevée dans les serres surchauffées des réunions internes " interminables, sanglantes, et vaines, Cécile Duflot a voulu replanter ses élus verts " bio " - avec l'aimable complicité de Martine Aubry -, sur des terres socialistes pas du tout préparées à la culture biologique .

   Du coup, elle en a fait des " élus génétiquement modifiés " , des " OGM de la politique " : " ces OGM ne repoussent pas grâce à leur propre semence mais à partir " d'engrais électoraux " fournis par le Parti Socialiste . Ces " députés artificiels " perdent peu à peu leur " label bio " mais voient rouge devant un budget qui - comble des hérésies - ne prend pas en compte " la taxe sur le gaz oil " : cette taxe qui plombera deux fois le pouvoir d'achat de ces travailleurs de la banlieue qui ont besoin de leur voiture pour aller " au boulot " et renchérira le prix des marchandises . Ces travailleurs pauvres n'avaient qu'à rester dans les " centres-ville ", comme les " bobos-écolos " !

   Les élus " écolos " ont un sens du peuple trés élevé : N. Hulot a la réponse à sa question . F. Hollande s'est montré intelligent à leur place : une telle taxe leur aurait fait retrouver le score d' Eva Joly en 2012 , 2%, aux Européennes .

   F. Hollande a aussi fait preuve de gentillesse à l'endroit de ses partenaires en leur promettant " la transition énergétique " pour 2050 . Cécile était contente comme tout : elle pouvait garder sa fonction de " plante verte " au gouvernement .

 

  " Les luttes unitaires des écolos quand il s'agit de sauver des marécages " leur ont au moins appris " le grenouillage politique " . Il se dit, dans les milieux bien informés, que le " climat est glacial chez les Verts, en ce moment, malgré le réchauffement climatique " !

 

 

 

    NB : la deuxième partie de ce billet s'inspire du texte de Guy Konopnicki, dans Marianne No 858 du 28 septembre et 4 octobre 2013 . " L'écologie dégradée " . 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 14:05

"  Je me suis pâmé, il y a huit  jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen . Voilà la troisième fois que j'en vois . Et toujours avec un nouveau plaisir . L'admirable, c'est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons .

   Je me suis fait trés mal voir de la foule en leur donnant quelques sols . Et j'ai entendu de jolis mots à la Prudhomme . Cette haine-là tient à quelque chose de trés profond et de complexe . On la retrouve chez tous les gens d'ordre . C'est la haine qu'on porte au Bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète .

   Et il y a de la peur dans cette haine . Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère . Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton . "  ( Gustave Flaubert . Lettre à George Sand . 12 juin 1867 . Ed. de La Pléiade . Présentée  par le site larevuedesressources.org ) .

 ( Illustration :  Van Gogh . Les roulottes, campement de Bohémiens ) .

 

 

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   " Sur la question de l'insécurité j'ai péché par naïveté . Je m'étais dit pendant un certain temps que si on faisait reculer le chômage, on ferait reculer l'insécurité ", disait Lionel Jospin , au lendemain de sa défaite du 21 avril 2002 .

   " Le socialisme français s'est suicidé . A force de courir au centre, il a perdu le peuple de gauche . Ses repères sont brouillés . Les gestionnaires de gauche exaltent une Europe libérale source de destruction sociale . Ils multiplient les réductions de charge au bénéfice des patrons, ils courtisent les cadres, chérissent les " bobos" mais protègent de moins en moins les faibles . Malgré la gauche les inégalités croissent : la véritable insécurité est là .  Les classes populaires ont la hantise des lendemains qui déchantent dans une société hyper-compétitive où l'homme devient chaque jour davantage un loup pour l'homme . Alors, ces classes populaires désespérées se jettent dans les bras des démagogues . Parce qu'elles ont peur . peur panique pour leur emploi, leur allocation chômage, leur retraite, leur sécurité physique, l'avenir de leurs enfants . La peur, premier vecteur de l'extrême droite " . Pensez-vous que ce constat date d'aujourd'hui, et nous prépare aux échéances électorales de 2014 ? Pas du tout ! Il s'agit de la leçon tirée par un observateur belge au lendemain de la défaite de Lionel Jospin, le 21 avril 2002 qui vit J. M. Le Pen accéder au 2e tour d'une élection présidentielle française . ( " Le consensus guimauve " . Claude Demelenne . La Libre Belgique ) .

    Pour autant, faut-il jeter ce billet à la poubelle ? Certainement pas, dans la mesure où il nous décrit la situation actuelle , dans laquelle F. Hollande a mis le pays, à l'instar de L. Jospin, à quelques mois d'échéances électorales majeures pour la suite du quinquennat .

   Pour ceux qui s'en souviennent, dans les derniers mois de la campagne de 2001, le thème de la sécurité avait pris la première place, dans le débat politique, avec la complicité de médias complètement délirants, toutes les Unes de la presse écrite comme toutes les ouvertures des journaux télévisés reposant sur la présentation des faits divers les plus sordides et les plus accrocheurs en matière d'émotion .

   Eh ! bien, c'est reparti, en 2013, comme en 2001 .

   Les assassins, les violeurs, les pédophiles sont à la Une, avec une aubaine dont tout le monde va essayer - et essaie déjà - de se servir, va " instrumentaliser " pour utiliser la langue du sociologue, je veux parler des " Roms " . 

 

   Si l'on en croit nos " journaleux " chauffés à blanc par un Ministre de l'Intérieur au discours trés ambigü et dévoré par une ambition aussi démesurée que celle de N. Sarkozy, 400 campements illégaux et 17000 personnes - dont 40% d'enfants -  font trembler les piliers de la République , parce que ces personnes sont inassimilables et n'ont qu'un seul avenir qui est de retourner chez elles .

   Attention, le Ministre sait ce qu'il fait, il ne perd pas la tête : 77% des Français approuvent ses propos, seuls 21% en appellent à la vocation d'accueil de la France . Le Ministre n'ignore pas davantage que dans l'avion qui le ramenait de l'ONU,  F. Hollande a tenu des propos identiques .

   Et la droite de surenchérir et le Front National de jubiler .

   Saluons au passage la lucidité de son collègue du gouvernement, Benoît Hamon, ou du Député socialiste Henri Emmanuelli,  qui posent une bonne question : " Qui serions-nous pour refuser le droit à l'éducation, à la santé et à un toit à une population au nom de sa différence ? " .

    L'indignation de Cécile Duflot , ministre verte, à ces propos, m'a paru moins sincère, et davantage tenir d'un calcul politique: pourquoi appeler le Président de la République à se prononcer publiquement, si ce n'est pour le mettre en difficulté ? Ce qui ne peut qu'accroître la confusion provoquée par Manuel Valls .

   Le Premier Ministre, en pompier de service, essaie de calmer tout le monde, en rappelant la circulaire interministérielle d'août 2012, calibrée et sage, qui prévoit qu'un campement ne peut être démantelé, qu'aprés une décision de justice et un délai de trois mois aprés le jugement, afin que les services sociaux aient le temps de procéder à un diagnostic social et à la mise en place d'un accompagnement des familles délogées .

   Sauf que le Ministre, et certains élus, même socialistes, se sont assis sans aucune gêne sur cette circulaire,  depuis un an . C'est ce que dénonce, Dominique Baudis, Défenseur des Droits, dans une interpellation au Premier Ministre : " La circulaire d'août 2012 n'est pas appliquée dans tous les cas : pas de décision de justice, le plus souvent, délai de trois mois non respecté ce qui interdit tout accompagnement en aval ..." .

    Cette irresponsabilité conduit à jeter des personnes vulnérables sur des trottoirs, souvent à quelques mètres du campement démantelé, ou à errer autour des villes, ou à fuir dans la ville voisine, chaque maire se renvoyant le " mistigri " .

   Vous parlez d'une politique sérieuse et pensée ?

   Mais n'attendez pas que cela s'arrange !  Comme le précise la Commissaire Européenne aux Droits de l'Homme, 50 Mds d'€  ont été mis sur la table par l'UE ces sept dernières années, pour aider les Etats dans leurs politiques d'insertion des minorités, dont 4 Mds pour la France . Cet argent a été trés peu utilisé par la France . 

    Pourtant,  l'option de l'implantation de " villages d'insertion des Roms " , prise en charge par des associations, initiée par quelques municipalités de gauche, notamment en Seine-Saint Denis , aurait pu constituer une réponse intéressante : une vingtaine de familles relogées dans un même ensemble et prises socialement en charge - santé, formation, recherche d'un emploi, scolarisation des enfants, hygiène assurée - mais les pressions externes, les préjugés, associés au manque de moyens humains ont conduit à des dérives sécuritaires - clôtures, vigiles et chiens, interdictions de recevoir - qui ont conduit ces expériences à accumuler les échecs .

   Et pourtant les moyens financiers attendaient les demandeurs à Bruxelles . Les politiques ont-ils pleinement assuré leur mandat en ce domaine et pourquoi tant de négligence à l'endroit des crédits européens ? 

 

   Que cherche Manuel Valls ? En 2002, il est membre du Cabinet Jospin à Matignon ; on peut supposer que la déflagration causée par la déroute de son mentor l'a marqué et qu'il ne veut pas revivre une déroute semblable en 2014, aux élections municipales et européennes . Il joue donc sur une politique sécuritaire sans états d'âme, d'autant plus qu'il bénéficie de l'approbation tacite de F. Hollande . 

   Gageons que l'approbation à 77% de ses propos, par les Français, doit le remplir d'aise et d'espoir pour son avenir politiqueMais à sa place, je serais plus prudent .

   Rappelons d'abord un constat concernant les résultats de 2002 :  Jean-Marie Le Pen ne gagne que 300 000 voix sur le scrutin présidentiel de 1995, c'est L.Jospin qui en perd 2M6 par rapport au même scrutin . La sécurité n'a pas été seule à jouer, dans la mesure où l'abstention, dans les quartiers populaires et chez les jeunes, fut trés élevée, en raison des politiques sociales menées par la gauche .

    Ce que je veux dire à Manuel Valls c'est que ces 77% devraient l'inquiéter, plus que le ravir . Ce chiffre ne révèle qu'une chose, un rejet de l'autre, largement relayé et nourri par des médias irresponsables mais qu'à l'heure des choix, les électeurs ne vont pas se tromper : sur les questions de sécurité, les gros bataillons électoraux, les gens de plus de 60 ans, les artisans et les commerçants, qui s'abstiennent peu et qui ont peur de la délinquance dont on les aura abreuvés pendant des mois, vont se tourner vers Marine Le Pen parce qu'elle leur paraîtra la plus dure, la plus déterminée à mettre dehors les voyous .

   Et les jeunes, moins indulgents envers les politiques " de rejet de l'autre ", écoeurés, resteront chez eux, comme les classes populaires et moyennes, lasses de payer pour les banques et les patrons . 

 

   Mon cher Manuel Valls, faites preuve de plus de discernement : le film " retour vers le futur " a déjà été tourné .

        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 14:40

" Les hommes exceptionnels ne se présentent guère aux élections, sachant que l'opinion publique, celle de la majorité , leur est défavorable " . ( Tocqueville . De la démocratie en Amérique ) .

 ( Jefferson Memorial. Washington, D.C. )  .

 

 

220px-Jefferson Memorial with Declaration preamble

 

   Et Tocqueville de poursuivre sa réflexion sur la médiocrité de la classe politique en démocratie, par ces mots : " lorsque le pays est en danger des hommes remarquables s'offrent à prendre la direction des affaires publiques et le peuple s'avère apte à les choisir . Mais que faire en temps de paix pour que la médiocrité ne prime pas dans la direction des affaires de l'Etat ? ...

   ... Les gens intransigeants sur les principes craignent de ne pouvoir être eux-mêmes, dans les carrières publiques, et de s'y avilir ..." .

 

 

 

   Le constat du philosophe politique est terrible mais malheureusement peu discutable si l'on regarde de prés l'actuelle classe politique européenne, plus particulièrement la classe politique française de ces vingt dernières années et plus singulièrement le début de l'ère Hollande .

   Affligeant ! N. Sarkozy nous avait maltraités, brutalisés, F. Hollande nous ignore : reste-t-il des travailleurs en France, existe-t-il encore un peuple français, le pays vit-il grâce aux efforts des classes populaires ? Autant de concepts qui n'existent pas dans la langue hollandaise ?

    Une seule réalité a droit de cité en " Hollandie " : l'entreprise !  L'entreprise créatrice de richesses et son chef, héros des temps modernes .

   Le travailleur est devenu un salarié, et seulement un salarié ! Ce qui a l'avantage de clarifier les rapports sociaux ; le travailleur ne participe plus à l'histoire du pays, l'histoire du pays s'écrit désormais sans lui ; il est devenu un salarié, cet être abstrait des statistiques, des indicateurs économiques, et des listings bancaires sur lesquels est inscrit, chaque fin de mois, le virement qu'on appelle salaire, autre abstraction, car le salarié n'en voit jamais la couleur, tant vont vite les prélèvements automatiques du loyer, de l'électricité, du gaz, de l'assurance et des frais de cantine des enfants ...

   Par contre, aux mois de septembre et octobre, quand les douces couleurs de l'automne viennent adoucir les brûlures de l'été finissant, le salarié peut devenir un contribuable tout à fait concret et respectable .

  Je viens d'évoquer les banques ! Est-ce un mot du vocabulaire de la " hollandie " ? Pas du tout, il sent trop le soufre !  F. Hollande ne cite jamais les banques . La réalité " bancaire " est noyée dans ce grand " conglomérat " lexical qui désigne l'entreprise , ce qui permet à la banque de recevoir son " Crédit Impôt Recherche Développement " et son " Crédit Impôt Compétitivité Emploi " comme toute entreprise industrielle .

   C'est que voyez-vous, les banques ont joué de mauvais tours aux salariés et en ont fait des " contribuables qui tombaient à pic ", il y a de cela quelque six ans, et que cela continue et va continuer encore . Parce que, il faut le savoir, les " salariés- contribuables ", qui coûtent cher au pays et ne lui apportent rien, ont quand même sauvé " les meubles " de nos institutions bancaires ", depuis six ans : les produits financiers " toxiques " issus de la spéculation, représentaient pour l'Europe 4000 Mds d'€ en 2007, qu'il a fallu éponger en saignant les salariés, mais qu'il en reste encore 1000 Mds dans les coffres-forts des banques européennes . Alors, il vaut mieux éviter de parler des banques dans les discours, les citoyens ont tout à fait intégré la réalité du " hold-up " bancaire auquel ils ont été livrés et qui se poursuit .

   Dans un autre ordre d'idée, le concept de " progrés social ", qui donnait autrefois un cap, une direction, à l'action politique, a disparu de la doxa hollandaise et a été remplacé par l'expression " sauver - ou préserver -  notre modèle social, objectif qui ne nous place plus en situation de conquête mais bien sur la défensive . " De là à parler de nouvelles " conquêtes sociales ", qui donneraient de la consistance au discours présidentiel, ne rêvons pas !

 

   En fait, en retirant de ses discours tous les mots gênants, F. Hollande rend celui-ci illisible, illisible pour les citoyens, mais indéchiffrable également pour ceux qui l'entourent . C'est reprendre un secret de polichinelle que de rappeler ce qui se dit dans son entourage, à savoir que personne ne sait où il va, où il veut aller, ce qu'il a en tête .

   Et cela devient trés grave ! Car, sans cap, sans consigne, sans cadre, ses ministres disent et font n'importe quoi ; c'est ce que j'appelle, selon l'expression du socialiste Julien Dray : " le bal des divas " .

   Sur les parquets cirés des Palais de la République, arrivistes, ambitieux, et mythomanes s'en donnent à coeur joie : Valls dérape ; Montebourg joue de la harpe; Duflot met en demeure ; Moscovici passe la cire ... Tous l'oeil rivé sur l'horizon 2017 .

 

   Il est loin le temps où un homme politique pouvait s'exclamer : " Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat . Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront sans maison et sans toit ... " . ( Thomas Jefferson . Co-rédacteur de la Déclaration d'Indépendance du 4 juillet 1776 ; troisième Président des Etats-Unis, de 1801 à 1809 ) .

   Puisse F. Hollande méditer sur cette étrange - par son actualité -  prophétie, faite en 1802 !    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 15:35

" L'argent n'est pas sacré, payer ses dettes n'est pas l'essence de la morale, ces choses là sont des arrangements humains ..." ( David Graeber . Economiste américain initiateur d'Occupy Wall Street ) .

 ( Illustration : Une du Canard Enchaîné du 18 septembre 2013 . Dessin de Kiro sur le bombardement fiscal ) .une_canard_18092013-S-copie-2.png

 

   Le Bombardement fiscal doit cesser en 2014 nous a annoncé le Président de la République . Ce sera plutôt en 2015 précise le Premier Ministre . Ce sera entre les deux rectifie la Porte-Parole du Gouvernement . Que ces nuances ne vous angoissent pas, elles proviennent seulement d'une différence de caractère entre les deux têtes de l'Etat .

   Depuis que le Président a serré la jugulaire d'un casque des " forces spéciales " autour de son cou, il ne voit plus le pays que comme un champ de bataille où seuls sont comptabilisés les gros bombardements . Le Premier Ministre a une vision plus étroite de la question et sait donc qu'en 2014, le bombardement à l'arme lourde va se calmer mais qu'il faut s'attendre encore à un certain nombre de tirs sporadiques à l'arme légère - du type de ces petites taxes dont les médias ne parlent pas mais qui - accumulées - font les grosses rivières qui se déversent à Bercy .

   Et le Premier Ministre est bien placé pour savoir que les " snipers "  de Cécile Duflot sont toujours à leur poste sur les toits de l'écologie pour exiger de nouvelles taxes punitives .

 

   Le Projet de Budget 2014 présenté aujourd'hui en Conseil des Ministres témoigne de ce que le mitraillage fiscal ne va pas cesser . Et d'abord que le niveau des dépenses, à 370.1 Mds d'€ est le même qu'en 2013 370.4 Mds .

   Il faut comprendre que lorsqu'on cesse de gouverner à partir d'un rêve de construction d'un monde meilleur - d'aucuns diront par l'utopie -  pour piloter selon un tableau de bord fait uniquement d'indicateurs économiques, le mensonge s'impose à vous .

    Pierre Moscovici peut s'exciter comme une puce et nous annoncer une baisse historique de la dépense publique de 15 Mds d'€,  la réalité est plus forte que le discours, la baisse annoncée est une fausse baisse .

    Et les deux chiffres qui précèdent le démontrent sans avoir besoin de grands discours .

    La baisse annoncée n'est en fait qu'un ralentissement des augmentations mécaniques de dépenses si on laissait tout aller à vau-l'eau .   Le gouvernement donne, certes, un coup de frein à ces augmentations, coup de frein qui se traduit ainsi :  9 Mds pour l'Etat et les collectivités locales et 6 Mds pour la Sécurité Sociale .

    Et les ficelles sont grosses pour nous faire avaler le discours officiel . Si l'on ne faisait rien, disent les crânes d'oeuf de Bercy, au rythme des dernières années, nous aurions eu une augmentation automatique des dépenses

de 7.5 Mds d'€ en 2014, donc on serre les boulons dans les Ministères . On n'a donc à trouver que 1.5 Mds d'économies réelles pour atteindre les 9 Mds promis à Bruxelles .

   Sauf que cette diminution de 1.5 Mds ne prend en compte ni la majoration légale annuelle des retraites des fonctionnaires - 2.2 mds d'€ - , allez savoir pourquoi ! Quant à la dette, elle va augmenter mécaniquement de 80 Mds, ce qui représente , même si les taux d'intérêt restent bas à 2.5%,  2Mds d'intérêts supplémentaires à payer, mais que l'on ne compte pas, allez savoir pourquoi !

   Et il y a mieux ! L'Etat réduit de 1.5 Mds la dotation globale de fonctionnement reversée aux collectivités locales, en 2014 . Mais dans le même temps, il autorise les départements à relever les droits de mutation - diverses taxes payées par un acheteur de bien immobilier, chez le notaire, de 1.3 Mds d'€ . Les départements vont reprendre aux contribuables le cadeau que l'Etat annonçait vouloir leur faire . Peut-on imaginer plus grande duplicité .

   Maintenant, additionnons les trois " douceurs " , et cela nous fait une charge supplémentaire de 5.1 Mds que le contribuable va devoir assumer ; c'est à vous dégoûter de faire des économies .

   Mais soyons " beaux joueurs ", ces 5.1 Mds seront comptabilisés dans les tirs sporadiques auxquels fait allusion le Premier Ministre, qui font moins mal que les bombardements du Président, sauf pour ceux qui sont atteints par les balles perdues .

   Pendant ce temps, le " Crédit Impôt Compétitivité Emploi " ( CICE ) rapportera aux entreprises - industrielles mais aussi banques, assurances, grande distribution, publicité  et autres rapaces - 10 Mds nets, dés 2014 .

 

   Montesquieu disait : " Je rêve d'une société où le juge ne serait que la bouche de la Loi " . Pourquoi ne rêverions nous pas, à notre tour, d'une société où l'homme politique ne serait que la bouche de la vérité ?

 

 

   NB : à partir du billet de H.M. dans le Canard Enchaîné du 18 septembre 2013 .  

 

 

 

 

 

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