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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 14:21
Non aux excommunications ! D'abord, comprendre ...

Non aux excommunications ! D'abord, comprendre ...

" La vérité d'un homme c'est d'abord ce qu'il cache " . ( André Malraux ) . Nous cachons tous quelque chose de nous . La vérité c'est simplement de l'admettre . Nous sommes des humains et non des mythes ou des dieux .

Le résultat de la primaire socialiste, au soir du 29 janvier, nous confronte à " un sujet paradoxal : " Le rejet de la politique de F. Hollande sauve, au moins momentanément, le PS de l'implosion . Le paradoxe vaut qu'on s'arrête sur ce moment pour comprendre et non " excommunier " . Résumons .

Du fait de la politique de droite menée par F. Hollande, le divorce entre les classes populaires et le Parti Socialiste s'est poursuivi tout au long du quinquennat touchant jusqu'aux syndicats et aux partis . Mais le coeur de l'électorat socialiste plutôt composé de classes moyennes urbaines résistait, du moins jusqu'en février 2016 . En effet, dans les enquêtes d'opinion, F. Hollande est encore à 20% de popularité en janvier de cette même année . Mais la question de la déchéance de nationalité et l'arrivée de la Loi Travail, dans le débat, va entraîner le décrochage de ces classes moyennes dès février . Ainsi, dans les enquêtes, F. Hollande passe en-dessous de la barre des 15%, en juin 2016 alors que J.L. Mélenchon passe de 10% en janvier à 15% en juin . La bascule est assez claire, au niveau de 5% . Quand E. Macron se lance dans la bataille, en octobre, un nouveau décrochage se produit, Hollande passant sous le seuil des 10% . 

Les sondages donnant B. Hamon aux alentours des 15%, cette semaine, paraissent donc indiquer une sorte de retour à la normale . " Les brebis socialistes reviendraient-elles à la maison après un an d'insoumission ? " .  En tout cas provisoirement . Par quel miracle ?

Les " primaires " mobilisent avant tout le camp concerné, dans ce camp, les plus politisés, et davantage les classes moyennes supérieures des villes animées par deux dynamiques : " le vote utile " visant à choisir  le candidat le mieux placé pour l'emporter à l'élection présidentielle et " un vote de coeur " pour le candidat le plus à même d'entrer en résonance avec les électeurs de la primaire .

En 2011, on peut dire que c'est le vote utile qui a joué, dans le choix de F. Hollande mais en 2017, c'est la seconde dynamique qui a gagné, le vote utile n'ayant plus grand intérêt .

La victoire de B. Hamon du 29 janvier est donc une gifle retentissante adressée à la politique de Hollande et Valls, qui vient de leur propre camp . Cette victoire est donc une bonne nouvelle et pourrait être inscrite dans la continuité du processus de décomposition du " hollandisme " et - si l'on succombe à l'attrait d'une analyse trop hâtive - sonner la fin du " social-libéralisme " . Sauf que certains indicateurs semblent inviter à d'autres hypothèses . Dans les sondages sortis des urnes, dans le socle des votants socialistes, les deux finalistes font jeu égal : 50/50 . C'est auprès des votants de la gauche non socialiste que Hamon fait la différence . Et donc,soit la droite du PS rejoint clairement Macron et le PS explose en vol, soit Hamon recentre son discours et devient l'homme de la synthèse .

Et dans l'une ou l'autre hypothèse, c'est le hollandisme qui sort vainqueur : soit un Macron renforcé, soit un Hamon endossant l'habit de la synthèse, à la Hollande . Le film est donc loin d'être terminé .

En 2012, face à la montée dans les sondages de J.L. Mélenchon, à la même période qu'aujourd'hui, F. Hollande avait dégainé le " Discours du Bourget " et les anathèmes contre la finance . Finalement, en 2017, les électeurs de la primaire offrent au PS une porte de sortie presque similaire . La question qui se pose à ce stade étant : le PS l'a-t-il saisie de façon opportuniste ou cette issue a-t-elle été négociée dès le renoncement de F. Hollande ? Nous ne le saurons probablement pas .

Loin des " excommunications " hâtives et contre-productives, la nouvelle étape qui s'ouvre pour la gauche est claire : amener Hamon à renoncer à " la force obscure " à l'oeuvre au PS avec les sirènes " macroniennes " ou combattre les illusions liées à sa candidature s'il reste arrimé au bateau socialiste " macronisé " .

 

NB : d'après le billet de Hendrik Davi dans Mediapart, 02/02/2017, " De quoi Hamon est-il le nom ? " .

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 14:41
" Koh-Lanta " .

" J'ai toujours remarqué que nos plus grands chagrins étaient le fruit de notre cupidité ", - Voltaire, l'Ingénu ) .

Nous n'assistons plus à une campagne électorale mais à une saison du jeu de télé-réalité diffusé sur TF1 : Koh-Lanta . Hollande : éliminé ; Sarkozy : éliminé : Juppé : éliminé ; Valls : éliminé ; Fillon: éliminé ... Car " le seigneur d'Ensablé sur Sarthe " est déjà mort .

Ce n'est pas une affaire mais six qui vont le faire tomber car ses réponses face aux révélations sur l'emploi présumé fictif de son épouse, les sommes perçues par ses enfants ou les chèques indus touchés au Sénat peinent à convaincre . En effet, s'il ne se retire pas de la course à la présidentielle, ce sont les électeurs qui se retireront qui se réfugiant chez Marine Le Pen, qui chez Emmanuel Macron . Résumons !

Première affaire : L'assistante parlementaire . Pénélope Fillon est soupçonnée d'avoir été rémunérée pour un emploi parlementaire auprès de son mari quand il était député mais qu'elle n'aurait pas occupé réellement . Selon le canard Enchaîné elle aurait empoché 831 440€ brut, lorsqu'elle collaborait avec son mari à différentes époques : de 1990 à 1998, puis de 1998 à 2002 et entre 2012 et 2013 . Elle aurait également été au service de Marc Joulaud, le suppléant de F. Fillon, maillon faible de la chaîne, entendu aujourd'hui par les enquêteurs du parquet financier, lorsque F. Fillon fut ministre sous le gouvernement Raffarin : elle aurait touché, durant cette séquence, plus de 10 000€ par mois, un record, car l'enveloppe de l'Assemblée nationale pour payer les collaborateurs n'était pas encore plafonnée .

Deuxième affaire : dite des deux notes de lecture dans la " Revue des deux Mondes ", propriété d'un ami de la famille, milliardaire, Marc Ladret de Lacharrière . Pénélope les aurait signées sous pseudonyme, étrange chose . Le directeur de la revue de l'époque, l'écrivain Michel Crépu, a affirmé aux enquêteurs n'avoir jamais vu Pénélope dans ses locaux ni n'avoir jamais travaillé avec elle . Mme Fillon n'en était pas moins rémunérée 5000€ par mois, soit, pendant un an et demi, une rémunération cumulée de 100 000 € explique le volatile humoristique .

Troisième affaire : les généreux salaires de ses enfants étudiants . Du propre aveu du candidat à la présidentielle, dur TF1, il a embauché deux de ses enfants avocats, Marie et Charles, pour des missions spécifiques, lorsqu'il était sénateur . Sauf qu'à l'époque qu'il évoque, ses enfants âgés de seulement 23 ans, n'étaient pas avocats mais étudiants en droit, auraient bénéficié d'un contrat d'embauche d'attaché parlementaire de plusieurs mois, très bien rémunéré, au-delà des pratiques habituelles : 57 000 € pour l'une, 26 000 € pour l'autre .

Quatrième affaire : un autre emploi présumé fictif pour sa collaboratrice Alexia Demirdjian ( Révélation Mediapart ), un pilier de son équipe, qu'il ne pouvait pas laisser tomber : à partir de 2015, cette personne a été chargée de mission pendant plus d'un an pour la " Fondation Culture et Diversité ", une branche de la holding " Fimalac " de M. Marc Ladret de Lacharrière, l'ami de la famille . Sauf que la jeune femme n'a laissé " aucune trace publique de son passage " . 

Cinquième affaire :  dite des chèques versés par le Sénat . Entre 2005 et 2007, alors qu'il est sénateur, F. Fillon aurait reçu sept chèques de 3 000 € chacun, comme soixante autres sénateurs UMP - affaire judiciaire en cours - tirés d'un compte appartenant à l'Union Républicaine du Sénat, représentant le groupe des élus de l'UMP, des fonds provenant de reliquats de crédits d'assistants parlementaires , et certainement pas destinés à être mis dans la poche de quelques-uns . ( Le JDD ) . Et F. Fillon ne nie pas, répondant seulement à ses détracteurs : " C'est de l'histoire ancienne ", " le transparent opaque " ajoutant l'arrogance à la cupidité .

Sixième affaire : la " Société 2F Conseil " . Entre 2012 et 2015, François Fillon aurait travailé au sein de la société " 2F Conseil " et aurait empoché 600 000€, pour une activité de consulting ( Le Canard Enchaîné ), interdite par le règlement de l'Assemblée Nationale si elle intervient après l'élection du député, ce qui est le cas de F. Fillon . Dans ce cadre-là, F. Fillon aurait travaillé pour des sociétés russes, affirme le candidat écologiste Yannick Jadot .

Certains médias rapportent que dans les rangs de la droite, la publicité télévisée du groupe LIDL fait fureur : " On est mal, patron, on est très mal " !

NB : sources, www.bfm.tv.com/ politique .

 

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 15:00
" Qu'elle ose enfin paraître ce qu'elle est ! " (1) .

(1) . " Qu'elle ose enfin paraître ce qu'elle est " : dès avant 1914, Edouard Bernstein, théoricien de la social-démocratie allemande ( 1850-1932 ) interpellait ainsi cette dernière . La social-démocratie française a-t-elle jamais répondu à cette question ?

Depuis sa création, en 1905, Le Parti Socialiste Français est un parti " gauchiste " mais toujours dominé par son aile droite . Cette définition du socialisme français a-t-elle sa raison d'être ?

Gauchiste, il l'est en ce sens qu'il a toujours entretenu une image de lui-même plus à gauche que son électorat . Jusqu'au début des années 1980, il s'est même cru révolutionnaire alors qu'il n'était que réformateur ; il s'est cru ouvrier, alors qu'il était petit-bourgeois ; il s'est cru une voie de rechange au capitalisme alors qu'il n'en était qu'une variante . 

Le résultat en a été une schizophrénie permanente qui se déploie désormais dans un grand écart insondable entre l'adoubement d'un Benoît Hamon porté par le rejet de la politique de F. Hollande et l'assomption médiatique d'un Emmanuel Macron en objet politique non identifié .

Une schizophrénie qui lui fait défendre un programme maximaliste irréalisable, quand il est dans l'opposition et un programme minimaliste décevant quand il est au pouvoir . Il ne sert à rien d'emboucher les trompettes de la " trahison " sur le mode romanesque et psychologisant des trotskystes qui n'explique rien comme s'il existait un " gène " social-démocrate de la trahison . Après tout, peut-on affirmer que Hollande a plus trahi que Tony Blair au Royaume-Uni, Ghérard Schöder en Allemagne, Bettino Craxi en Italie, Mario Soarès au Portugal ou même F. Hollande en France ?

Il y a une spécificité française dans le rapport qu'a toujours eu le PS avec la social-démocratie : c'est que ce qui tient lieu en France de social-démocratie n'a jamais été social-démocrate . Celle-ci, dans tous les pays européens est la résultante de la collaboration sur un pied d'égalité de puissants syndicats, de coopératives fortement implantées avec un groupe parlementaire socialiste . Cette collaboration n'a jamais existé en France . A cause, en partie, d'un retard chronique sur le plan industriel par rapport à de puissants voisins allemands et britanniques, d'où un syndicalisme minoritaire qui s'est replié sur une tradition anarcho- syndicaliste de protestation et de lutte face à un patronat sectaire, arrogant et cupide . Cette situation a donné à notre pays un mouvement social toujours dominé par une petite bourgeoisie urbaine et diplômée - celle que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de " bobos " - sociétalement radicale, socialement opportuniste, aujourd'hui mondialisée et plutôt friquée et véritable soutien du PS qui, de ce fait, n'a jamais cessé de jouer " au chat et à la souris " avec son identité . 

Depuis ses origines les contradictions internes du PS, entre les paroles et les actes, l'idéologie et la pratique, hantent ce parti qui n'a jamais cessé de chercher des " compromis boîteux " pour faire tenir ensemble des tendances contradictoires, comme celle de confier à son aile droite le soin de réaliser le programme de son aile gauche .

A Jaurès, après 1905 le soin de mettre en oeuvre le programme de Jules Guesde ; à Blum celui de Marceau Pivert ; à Mitterrand celui de Chevènement ; à Hollande celui de Martine Aubry ; et, peut-être, mais dans une configuration inédite car elle n'est pas encore écrite, à Macron celui de Hamon . On voit aisément que cela ne peut produire aucun résultat .

Et cela n'est pas réjouissant . Quand en 1958, le socialiste Guy Mollet se complaît à reconnaître que les conditions de l'exercice du pouvoir ne lui permettent pas d'appliquer son programme et reste les bras ballants, c'est dans les bras du  général De Gaulle, ne trouvant aucune autre planche de salut, qu'il se jette, capitulant devant la droite et les colonialistes . La SFIO ne devait jamais s'en relever .

Nous sommes de nouveau en 1958 . F. Hollande, incapable de gouverner le pays plus longtemps, le livre à n'importe qui, et pourquoi pas un " Bébé Cadum " des années 1950, si moderne . Le choix par la base socialiste de Benoît Hamon est un indicateur d'importance : il signifie qu'à nouveau la gauche socialiste a choisi la grande échappatoire classique pour se dérober à sa vocation : se jeter dans l'utopie pour s'exonérer de l'écrasant fardeau du pouvoir .

Après nous le déluge ! " En Marche " vers le tout et le n'importe quoi !

 

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 16:00
Phileas Fogg .

Phileas Fogg .

" Quelle place tiendra un individu qui est dans le siècle, qui n'a pas d'ambition et qui n'aime pas l'argent ? Ambition et cupidité sont les deux jambes de l'homme du siècle ; celui qui ne les a pas est un cul-de-jatte " * ( Phrase " attribuée " à François Fillon ) .

Une élection présidentielle à boucler en 80 jours, puisqu'au soir du 29 janvier, rien ne sera réglé : qui sera le Phileas Fogg de la politique française qui arrivera indemne au 23 avril 2017, jour du premier tour de l'élection présidentielle ? Alors que l'horizon politique devait s'éclaircir, dès ce 29 janvier 2017,  avec l'apparition d'un candidat socialiste incontesté, la mise sur orbite par un meeting géant à Paris, du candidat de la droite incontestable et les trois prétendants - prétendus hors-système - en place sur la ligne de départ, la course allait pouvoir vraiment commencer .

Patatras ! Rien ne se passe comme prévu et l'on doit repartir de zéro, autrement dit, tout est à recommencer ou presque .

F. Fillon est touché - mais pas coulé, nous sommes d'accord - par un missile venu de son propre camp, semble-t-il, il pourrait ne pas atteindre la ligne d'arrivée, comme paraît le montrer la fébrilité qui s'est emparée de la droite cette semaine, le peu d'empressement de ses soutiens à monter au créneau pour prendre sa défense et quand ils le font, la confusion que leurs propos introduisent dans l'histoire . Le moins qu'on puisse dire est que le bloc " Les Républicains " est ébranlé .

Du côté des socialistes, on sait d'ores et déjà que Manuel Valls ne soutiendra pas Benoît Hamon, le probable vainqueur, ce soir, de la primaire du Parti .

On sait que le PS va se déliter, et qu'une partie, non négligeable, des troupes va se précipiter, dans les semaines qui viennent, dans les bras du " Pin's " du système, gonflé à l'hélium médiatique, et tout à fait incapable de soumettre aux Français un projet lisible, hors une purge ultra-libérale du même tonneau que celle de F. Fillon, même si elle est présentée avec des atours " affriolants " . En dehors des microcosmes urbains bien protégés de la mondialisation, on ne voit pas qui " le blondinet " pourrait entraîner dans son sillage .

Mais le " casse-noix " cher à Mélenchon, entre les mâchoires duquel va devoir se faire un chemin le candidat socialiste et ce qui lui restera de troupes, opèrera et ce dernier pourrait bien jeter l'éponge avant l'arrivée .

Jean-Luc Mélenchon joue sa carte, non sans succès, fort d'une intégrité personnelle que personne ne songe à lui disputer, mais qui, trop personnalisée, connaîtra ses limites à un moment - face au rouleau compresseur d'un besoin d'union dans les classes populaires qu'il se refusera d'assumer - et ce malgré des propositions très travaillées,  cohérentes et structurées .

Marine Le Pen reste dangereuse mais semble plafonner, empêtrée elle-même, dans des affaires d'emplois fictifs dénoncées par le Parlement européen - d'où son silence dans l'affaire Fillon - et fortement handicapée par des problèmes de financement de sa campagne . 

Une évidence s'impose à nous : un quinquennat mené tambour battant contre l'intérêt des classes moyennes et populaires ; une fin de quinquennat s'étirant dans une lente déliquescence des institutions ; une campagne électorale à l'image des quartiers Nord de Marseille où les règlements de compte ont commencé très tôt ; des partis dans l'incapacité de tenir leur rôle, dévolu tout de même par la Constitution : " concourir à l'expression du suffrage universel ", " un chaos " technique - pardon pour ce mauvais jeu de mots - d'où ne pourra sortir qu'une abstention massive .

C'est là, la seule certitude des temps qui viennent . Avec son corollaire : le Front National en arbitre des élégances malgré ses faiblesses actuelles .

Dans le roman de Jules Verne, Phileas Fogg fait le pari, misant 20 000 livres, devant ses amis, qu'il fera " le tour du monde en 80 jours " ( 1872 ) en utilisant tous les moyens de locomotion à la mode, dans la seconde moitié du XIXe siècle .

Qui va pouvoir atteindre  l'Elysée en 80 jours sachant que tout est à reprendre, dès demain ?

* Henry de Montherlant, Les célibataires, 1934 .

 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 14:58
Le tir à la corde .

Le tir à la corde .

" Jamais la polarisation idéologique n'a été aussi forte au sein du PS , et l'existence de forces centrifuges à l'extérieur du parti, avec les dynamiques Mélenchon et Macron, pourrait très bien tendre l'élastique socialiste jusqu'à la rupture effective " ( Rémi Lefebvre, politologue ) .

Une prophétie de F. Hollande faite sous forme de confession aux journalistes du Monde, auteurs du livre mortifère " Un Président ne devrait pas dire ça ", est passée inaperçue, lors de la parution du brûlot . Nous sommes en décembre 2015 et le Président avoue à ses interlocuteurs que son souhait le plus profond est de voir disparaître le parti qu'il a dirigé pendant onze ans, " il faut un acte de liquidation, il faut un hara-kiri du parti ", leur dit-il, appelant de ses voeux une recomposition politique autour d'un " parti du progrès " . Du Macron dans le texte .

Le processus de liquidation appelait plusieurs sacrifices : celui de F. Hollande en personne, d'abord, puis celui de Manuel Valls  ébouillanté dans la primaire, enfin celui de Benoît Hamon ( ça aurait pu être Montebourg ) . C'est quasiment chose faite . Un militant socialiste dépité s'est écrié, dans un moment de grande lucidité, au soir de la primaire : " Finalement, Benoît, ça pourrait être l'Eva Joly du PS ", faisant allusion au sort que les " Verts " firent à leur candidate officielle, en 2012 . 

Le simple tweet de l'adjoint au maire socialiste, de Paris, Julien Bargeton, au lendemain du premier tour, en dit long sur le climat qui règne au PS : " Je pense que Hamon va gagner et je ne me vois pas faire campagne ni voter pourlui à la présidentielle " . Le député de Paris, Christophe Caresche, se refusait dimanche soir à prendre position, déclarant : " Je n'ai aucune leçon à recevoir de gens qui n'ont jamais respecté la discipline collective " . Et, mardi matin, sur France Info, Manuel Valls lui-même repoussait la réponse au lendemain du 2e tour du scrutin contre l'engagement écrit qu'il a pris en s'inscrivant à cette, décidément trop cruelle, primaire . Prise de position confirmée ce matin encore, quand il annonce que, s'il est battu, il s'effacera . Ce qui revient à dire qu'il ne fera pas campagne pour le vainqueur de la consultation .

Dernièrement, un conseiller de l'Elysée s'alarmait du " spectre d'un score à la Gaston Defferre, pour la SFIO, à la présidentielle de 1969 : 5,01% ", à la limite du remboursement par l'Etat des frais de campagne et alors que le candidat communiste, Jacques Duclos, faisait 21,16% et se hissait à la troisième place .

D'ailleurs, un cadre de Solférino prédit, qu'en raison de la violence des attaques de Manuel Valls contre Benoît Hamon, " le PS est en fin de cycle ... Dans ces conditions il n'y aura pas de rassemblement dimanche soir ... " .

Le député jean Glavany n'est pas plus optimiste, qui déclare à Paris Match, dès lundi matin : " Si Valls est battu, tout le monde voit bien que c'est un tapis rouge qui se déroule devant Emmanuel Macron et c'est la mort programmée du PS " .

Le politologue Rémi Lefebvre, inventeur de l'image de " l'élastique socialiste " qui évoque que le point de rupture est atteint au PS n'hésite pas à aller plus loin : " Ce n'est pas une crise habituelle, il n'est pas exclu que le PS explose avant la présidentielle, car le parti, pris en étau, a perdu sa rente de position dominante à gauche, qui lui permettait jusqu'à présent de surnager . C'est la première élection, depuis 1981, où le mécanisme du vote utile va jouer contre lui " .

J.L. Mélenchon a bien ciblé la situation, avec une image à lui, dans un meeting au Mans, le 11 janvier dernier : " Il y a un petit air de panique au PS, c'est comme le casse-noix, faut que ça serre des deux bords : Macron et Mélenchon . Et au milieu, ça fait de l'huile " . 

Du côté de Macron on prépare l'après primaire et l'on prévient : " On ne sera pas la machine à recycler le PS " , en particulier lors des Législatives qui s'annoncent catastrophiques pour les socialistes, où l'on craint une Bérézina sur le mode de 1993 . 

" Emmanuel Macron veut un renouvellement profond de ses candidats aux Législatives . Au moins 50% d'entre eux ne seront ni des sortants, ni issus du champ politique traditionnel . Et nous n'accepterons pas de ralliements collectifs ", explique un proche de l'ancien ministre . Un autre soutien du banquier révolutionnaire proclame : " Si Macron gagne la présidentielle , le PS est mort " . Et la prophétie de F. Hollande réalisée .

Au " tir à la corde ", c'est souvent qu'une des deux équipes finit à terre . Ce sport, retiré des Jeux Olympiques en 1920, aura retrouvé ses lettres de noblesse grâce au PS . C'est tout à l'honneur de ce parti .

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 15:06
Le désert d'Atacama en fleurs .

Le désert d'Atacama en fleurs .

Ainsi parlait F. Hollande : " Ne vous attristez pas, comme ceux qui n'ont pas d'espérance " , proclame L'Ecclesiaste .

Le mystère du voyage de F. Hollande au Chili, le jour du premier tour de la primaire socialiste est levé . Le Président de la République voulait à tout prix visiter le désert d'Atacama . 

Grâce au phénomène météorologique " El Niño " qui prend naissance dans le centre de l'Océan Pacifique pour se répandre sur la surface du globe, tous les deux ou sept ans, le désert d'Atacama, le désert le plus aride de la planète peut se mettre à fleurir grâce à d'abondantes pluies provoquées par " El Niño " .

Et en 2016, fait encore jamais vu, le désert aura fleuri deux fois : en hiver, en raison de pluies abondantes en mars ( nous sommes dans l'hémisphère sud ) et au printemps . Une sorte de renaissance de la nature . Informé, F. Hollande a tenu à aller se recueillir devant le phénomène, lui qui rêve, dit-on, d'une renaissance politique . Certes une renaissance par procuration, nous allons y venir .

On ne peut s'empêcher de penser à la colère de Camille dans la tragédie de Corneille " Horace ", haranguant un frère qui vient de tuer son fiancé : " Rome, l'unique objet de mon ressentiment " . Chez F. Hollande, c'est le PS, du moins les parlementaires et Solférino qui font l'objet de tout son ressentiment . Aussi n'a-t-il de cesse de manifester ostensiblement son mépris envers cette engeance qui lui a interdit de se représenter et d'aller défendre son bilan .

De sa médiatique virée au théâtre, le soir du débat de deuxième tour de la primaire, à son voyage au Chili, préparé à la va vite, en quinze jours, afin de na pas avoir à voter au premier tour de celle-ci, ou de ses coutumières petites phrases aux journalistes sur le scrutin, tout est prévu pour montrer l'indifférence avec laquelle F. Hollande regarde son parti se rétrécir inexorablement .

En fait, F. Hollande a son poulain . Oh ! Il en veut bien au " garçonnet " qu'il a contribué à mettre sur orbite, qu'il a fabriqué, pense-t-il, d'avoir abandonné le navire un peu trop tôt, mais cette déception n'a rien à voir avec la haine qu'il voue aux parlementaires qui ont pourri son quinquennat, dont Hamon était l'inspirateur, et à Valls, la brute qui lui a asséné le coup d'épaule qui l'a éjecté du traîneau .

F. Hollande a donc son poulain . Ceux qui en doutent n'ont qu'à s'informer sur la visite qu'E. Macron vient de faire au Liban, les 23 et 24 janvier, hier donc . E. Macron a été hébergé à l'ambassade de France à Beyrouth, a rencontré le Président libanais Michel Ayoun, a pu prononcer une conférence devant des hommes d'affaires français et libanais avec la présence  au premier rang de l'ambassadeur de France, toutes choses impossibles à organiser sans le soutien de l'Elysée et du Quai d'Orsay, mais très utiles pour donner au candidat à la présidentielle une stature internationale .

Parallèlement, Ségolène Royal, trace le même sillon . Après quelques petites phrases évoquant toute la bienveillance qu'elle avait pour la démarche d'E. Macron égrenées tout au long de ces derniers mois, ce matin, elle se fait plus insistante : " Après la primaire, je soutiendrai un candidat de rassemblement . Ce pourrait être E. Macron, il est de gauche ", déclare-t-elle en substance . La suite ne fait d'ores et déjà aucun doute . Là encore, les haines recuites, contre Martine Aubry qui soutient Hamon, et Manuel Valls qui lui a mis bien des bâtons dans les roues dans son action pour l'environnement, sont à l'ordre du jour .

Dans cet " hallali " contre un PS en voie de balkanisation, le " couple infernal " de la politique, Hollande-Royal, s'est reconstitué . Et ces deux-là ont des capacités de nuisance non négligeables .  On ne vit pas de la politique, en couple, pendant trente cinq ans, sans y avoir acquis quelques réflexes . Surtout quand, en face, un J. Ch. Cambadélis n'a à opposer qu'un tristounet : " Je trouve qu'on sonne le glas du PS un peu trop tôt . Il peut se disloquer mais s'il reste uni, il a toutes les chances de se ressourcer ", ( Le Parisien du 22 janvier ) . Se disloquer dans l'union . Du Francis Blanche tout cru : " Quand on a la santé, ce n'est pas grave d'être malade " .

 

 

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 11:35
Les migraines de Marianne .

" Tenter, braver, persister, persévérer, s'être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête, voilà l'exemple dont les peuples ont besoin ... " ( Victor Hugo, Les Misérables ) .

Décidément, je n'arrive pas à me faire à ce système d'élections primaires qui prépareraient les secondaires, comme si quelques passages " télé ", même bien menés, pouvaient suffire à jauger un candidat à la fonction suprême .

Ils permettent au mieux de voir qu'un bon camarade ne fera jamais un bon président s'il n'a pas ce " souffle " qui permet d'incarner les valeurs de la nation . Mais le petit écran échoue à montrer qu'un bon orateur n'est pas toujours un bon ordonnateur . Ceux qui savent séduire sont rarement des gens sachant agir . Les avocats par exemple sont de magnifiques rhéteurs, ils peuvent défendre aussi bien la moindre réforme que la plus radicale révolution mais du coup leurs convictions sont fragiles . Les apparatchiks sont de bons commerçants, ils vendraient de l'eau à la mer, très cher même, et feraient passer un mirage pour un miracle . Les intellectuels ont donné de bons présidents à la IVe République, mais sous la Ve 2.0, ils ont du mal à penser en 140 caractères et en plus à supporter qu'on les insulte . 

En fait, seules les brutes de travail au cuir épais et dotées d'un gouvernail habitué à affronter tous les vents peuvent faire de bons capitaines, mais cette dépendance au travail les empêche d'écouter et donc de corriger parfois le sillon qu'ils tracent . Cette surdité les conduit à foncer droit sur les icebergs, icebergs parfois mis sur leur route par leur propre camp .

La traversée médiatique des candidats à la primaire socialiste est donc sur le point de se terminer . Elle aura été presque amusante pour ceux qui n'étaient à bord que pour sauver une circonscription, prendre le PS, négocier un siège de Sénateur à vie, empêcher M. Untel de prendre une première place trop en vue . 

L'exercice fut moins agréable et plus périlleux pour les trois qui aspiraient à prendre en main le gouvernail du pays . Ils ne pouvaient promettre la lune ni faire semblant d'inventer l'eau tiède . On vous traite vite de " girouette " si vous reconnaissez vous être trompé de route . Et pourtant, il faut bien changer de boussole et mettre à jour les cartes quand on veut commencer un nouveau voyage . D'autant que les nouvelles coordonnées, ces mots de campagne, vont peu à peu prendre la forme d'un pacte avec ceux qui vont avoir envie de monter à bord .

En fin de compte, c'est à une autre boussole qu'il va falloir s'adresser, " le tempérament " du candidat, le tempérament ne change jamais . Oui mais, comment connaître le tempérament d'un homme, d'une femme politique, à travers le petit écran ?

Quatre critères peuvent aider le citoyen qui vit loin des élites : la circonscription d'origine, la capacité de travail, le modèle, le moteur profond du candidat .

La circonscription, c'est le laboratoire, la base, la France en miniature qu'un grand capitaine en politique a toujours en tête pour imaginer sa terre promise : c'est le Chamalières bourgeois de Giscard d'Estaing ; la Corrèze Corrèze radicale de Jacques Chirac ; la Nièvre tranquille de F. Mitterrand ; le Neuilly arrogant de N. Sarkozy mais aussi l'absence de terroir de référence de F. Hollande : la Cour des Comptes n'est pas un terroir, c'est pourquoi, F. Hollande n'a jamais réussi à définir son cap .

Si l'aventurier du pouvoir garde les pieds empêtrés dans la glaise de ses premiers pas, il n'ira pas loin . S'il garde les deux pieds sur sa terre d'élection - si j'ose dire - mais prend le risque de parler au pays, " urbi et orbi ", il peut anticiper les tempêtes à venir .

On n'accède pas à la passerelle puis au gouvernail si l'on n'est pas un bourreau de travail . On voit trop souvent des hommes politiques aimer faire campagne, sembler tenir la bonne ligne  puis, une fois le " graal " obtenu, s'en retourner à la pêche . Combien de ceux-là qui, un temps adulés pour leur verbe et leur allure mais ne sachant pas faire marcher une administration, placer les bonnes personnes au bon endroit pour qu'elles traduisent leurs ordres en actes, laissent des mots sur leur passage et rarement des traces . Le dandy et le besogneux . Il en est un qui a payé cher, dimanche dernier, son dilettantisme . Mais le besogneux peut poser des problèmes . Il a tellement travaillé qu'il se pense au-dessus des autres et n'écoute plus . 

Ce sont des détails de coulisses que les électeurs ne voient pas mais qui peuvent changer beaucoup de choses à bord du paquebot que l'on nomme Etat .

Le modèle de celui qui veut devenir capitaine a aussi son importance . Ce n'est pas la même chose que de s'identifier à Robespierre, à Napoléon, à Clémenceau, au Général de Gaulle ou à Mitterrand surtout quand on en appelle à de Gaulle pour faire du Margareth Thatcher . Comprendre ce que voudrait être l'apprenti capitaine en dit long sur ce qu'il est .

Mais le plus important pour tester la boussole d'un homme ou d'une femme politique reste le moteur, le moteur profond . Avons-nous affaire à quelqu'un qui veut être aimé, vivre de la politique, marquer son temps, écrire l'histoire ou tout simplement travailler à l'intérêt général du pays ?

C'est de la bonne réponse à la bonne question que se fabrique l'épaisseur de l'homme d'Etat !

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:13
La troïka : voxeurop.eu .

La troïka : voxeurop.eu .

Réédition de juillet 2015 .

" On est en train de châtier la terre, les peuples et les personnes de façon sauvage . Derrière tant de douleurs, tant de morts et de destructions, on sent l'odeur de ce que Basile de Césarée appelait " le fumier du diable " : le désir sans retenue de l'argent qui commande " . ( Pape François, Bolivie, 9 juillet 2015 ) .

( Basile de Césarée : Père de l'Eglise, IVe siècle ap. JC ) .

Le spéculateur et milliardaire américain Warren Buffet vient d'acheter, pour une bouchée de pain, l'île de Saint-Thomas, dans le Golfe Saronique ( ou Golfe de Salonique ), région éminemment touristique, celle des premières Cyclades . Vous pouvez rayer de la liste du site " Tripadvisor ", cette île , vous ne la visiterez plus .

" Le marché aux puces " géant qu'est devenue la Grèce, grâce à la mansuétude européenne, avec son " site de vente " sur internet ( authentique ) où vous trouvez de tout, vous est ouvert : " le bon coin " de la zone euro à portée d'un clic . Sont à vendre nombre d'autres îles, d'anciens sites olympiques ( mais oui ), des tronçons d'autoroutes, des ports, des plages, des sources thermales, des aéroports, des hôtels, des monuments, des châteaux, des musées, des services publics ...

Comme le disait Alphonse Allais, " quand on a dépassé les bornes, il n'y a plus de limites " .

Parmi les mesures imposées figure donc cette exigence de l'Europe que la Grèce doit vendre tout ce qu'elle peut vendre, pour le plus grand bonheur de ceux qui vont faire leur marché en Grèce, comme nous allons acheter nos provisions dans l'hypermarché voisin, chaque fin de semaine .

Alexis Tsipras, comme son lointain ancêtre Socrate, ayant insulté les dieux en convoquant son peuple à s'exprimer sur la politique européenne, a dû boire la cigüe de l'austérité jusqu'au bout, devant accepter même le retour des " hommes en noir " de la Troïka, les hommes de main des institutions européennes et du FMI . Des " hommes en noir " qui vont décider du sort de la Grèce à la place des Grecs, vérifier que leurs ordres sont bien exécutés, quels que soient les dégâts prévisibles et l'assurance que la dette continuera d'augmenter .

Rien n'a de sens dans la purge imposée aux Grecs, du point de vue des seuls créanciers . C'est comme ces " prisons pour endettés " du XIXe siècle, où l'on emprisonnait les gens qui ne pouvaient payer leurs dettes, les empêchant ainsi de travailler et de pouvoir les rembourser, rappelle l'économiste Joseph Stiglitz .

Par contre si l'on regarde le pseudo plan de redressement qui leur est infligé sous l'angle du libre-échange devenu le dogme de l'Union Européenne, on en comprend mieux la logique .

Ainsi l'exigence d'une " modernisation " du droit civil, comprenons des conventions collectives qui régissent le droit du travail, qui ne signifie rien d'autre que l'affaiblissement des syndicats et la négociation sociale ramenée au niveau de l'entreprise .

Mais deux exemples concrets vont nous éclairer davantage . Le diable ne se cache-t-il pas dans les détails ?

Le cas du lait est révélateur . Les Grecs aiment leur lait frais produit localement et distribué rapidement , le jour même ou le lendemain . Les Allemands aimeraient bien que leur lait, sans goût, produit par des usines de cinq ou six mille vaches, transporté sur de longues distances et bien moins frais soit considéré comme du lait frais .

Alors ordre a été donné aux Grecs, en 2014, de retirer la mention " frais " sur leur lait puis d'allonger la date limite de consommation . Aujourd'hui, on exige d'eux qu'ils retirent la règle de cinq jours de date limite pour leur lait pasteurisé . Les gros producteurs allemands espèrent bien mettre à genoux les petits éleveurs grecs . Voilà qui n'est pas sans rappeler une actualité hexagonale et qui n'a rien à voir avec le remboursement de la dette .

Un deuxième exemple, cité encore par Joseph Stiglitz, est tout aussi convaincant . La Troïka exige que les firmes nationales mais aussi les petits commerces et les boutiques paient leurs taxes d'avance, en début d'année, avant d'avoir gagné un revenu, avant même de savoir si elles en auront un : du jamais vu ; faire payer des impôts sur des revenus non encore encaissés, virtuels donc .

Mais cette exigence s'accompagne d'une autre totalement contradictoire avec la première : abolir la retenue à la source transfrontalière concernant l'argent envoyé de la Grèce vers les investisseurs étrangers, retenue qui caractérise les bons systèmes fiscaux ( Canada ) et qui représente une part importante des recettes fiscales . Apparemment la troïka est plus soucieuse de s'assurer que les Grecs paient les impôts que de s'en assurer pour les étrangers .

En attendant, 200 000 jeunes grecs diplômés ont quitté le pays, ces cinq dernières années .

Que ceux qui vont voter, aujourd'hui, à la primaire socialiste, se souviennent que F. Hollande et le PS ont soutenu les mesures de destruction de la société grecque .

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 20:40
Les temps sont durs, vive le " MOU " !

" Je ne parle pas de politique . Je préfère jouer du concertina . C'est l'instrument de l'alternance : quand on appuie à droite, ça souffle à gauche ; quand on appuie à gauche, ça souffle à droite . Et à l'intérieur, c'est du vent " . ( Raymond Devos ) .

Les Editions " Le Cherche Midi " ont eu une heureuse idée en republiant, le 17 janvier dernier, le Manifeste de Pierre Dac, " Le Parti d'en rire, Pierre Dac Président ", sorti en 1965, pour inaugurer la création du " Mouvement Ondulatoire Unifié " ( Le MOU ), parti autour duquel l'humoriste allait construire sa candidature à la première élection présidentielle au suffrage universel .

L'actualité de ce texte est indiscutable et attestée par l'une des premières propositions qu'il comporte et qu'aucun candidat à la primaire socialiste d'aujourd'hui n'a osé reprendre : " Des mesures seront prises pour relever le Salaire Minimum avant qu'il ne tienne plus debout " . Mesure d'une grande force, s'il en est, mais nous remarquerons que le SMIC, bien malade, attend toujours d'être relevé, P. Dac n'ayant pu mener sa candidature jusqu'au bout . Des économistes empressés profitèrent de ce forfait pour imposer à la droite et à la gauche un principe dont ils ignoraient tout ce qu'il devait à la prescience de P. Dac : " Un dirigeant soucieux de faire preuve d'autorité ne doit jamais oublier que, quand ses concitoyens sont raides, ils se montrent beaucoup plus souples " . Depuis cinquante ans, les hommes politiques n'ont par contre, jamais oublié ce concept de " raideur ", là . N'est-ce pas d'ailleurs l'esprit des dernières lois sociales ? Quand les hommes n'en peuvent plus de chômer, ils avalent toutes les législations sur les boulots précaires, sous-payés et renoncent à toutes les protections sociales .

On peut avancer sans craindre de se tromper l'affirmation que P. Dac va être très présent dans la campagne présidentielle qui commence . Prenons pour exemple le fonctionnement des chaînes de télévision dites d'information continue .

P. Dac disait : " Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir  " .

BFMTV . Le deuxième débat de la primaire socialiste était précédé et suivi de tables rondes d'éditorialistes, politologues et " grands reporters " - mais si - . Il s'agissait dans un premier temps de déterminer la posture de chacun des protagonistes, en fonction de celle qu'il avait adoptée lors de l'épisode précédent . Après le débat, il importait de discuter sur la forme de chacun . Débattre du fond du débat n'était pas à l'ordre du jour . Les sondeurs apportant à la discussion une densité politique émouvante : toutes les prévisions précédentes se sont avérées erronées aussi convient-il de se dire que les résultats vont amener sans nul doute des surprises . 

Prendre un taxi pour se rendre, à travers les embouteillages parisiens, dans des studios pour n'avoir rien à dire et le dire quand même, entre deux commentaires portant sur la couleur de cravate des prétendants, qui ne disent pas grand chose et en pensent encore moins, quel vibrant hommage offert au " Sâr Rabindratah Duval " et à son compère Francis Blanche . Les dents des crânes de nos deux complices doivent claquer d'allégresse dans leur tombe . 

D'autant plus que sur la chaîne concurrente on ne rêvait que de relever l'affront de ne pas avoir été choisie pour accueillir ce débat primaire, peut-être à cause du nom de son propriétaire, " M. Bolloré ", anagramme parfait du " Boléro " sur l'air duquel les " fous du rire " chantaient l'hymne de leur parti .

La chaîne concurrente répliqua par un débat entre les porte-parole des candidats, " seconds couteaux vantant chacun le tranchant de son maître " . C'est déjà une tâche très difficile de porter la parole d'un homme politique, mais d'un homme politique qui n'a pas encore parlé, vous imaginez la gageure . Et pourtant il y a plus difficile encore . Que dire quand " il " l'a déjà dit ? Une seule chose, comme dans le sketch de " Sâr Rabindratah " , répétant F. Blanche : " Il l'a dit " . Sauf que le porte-parole adverse, très avisé, vous rétorque, à son tour, à demi-mots : " Il l'a dit " ? ... Mais nous, nous l'avions dit quand il fallait le faire " . Réplique fatale ! Quarante minutes d'un débat de perroquets, de la maltraitance caractérisée .

Quand la télévision organise le débat politique elle tient une promesse faite par le candidat P. Dac, et encore, en 1965, n'existait-il qu'une seule chaîne  : " Pas question d'élever le niveau de qualité et de bon goût du débat et de rompre avec les souverains poncifs de la médiocrité universelle " .

A quoi bon rappeler aux programmateurs d'émissions politiques cet autre conseil de l'auteur : " S'il est bon de ne rien dire avant de parler, il est encore plus utile de réfléchir avant de penser " ? Ils n'en retiendront rien . Il faut dire que leur horizon est bien bouché, au niveau que l'humoriste dépeignait ainsi : " Il vaut mieux qu'il pleuve aujourd'hui plutôt qu'un jour où il fait beau  " ... 

 

NB : à partir du billet de Guy Konopnicki dans Marianne No 1034, " Les temps sont toujours durs ... " .

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 15:06
Photo : Le Parisien.fr .

Photo : Le Parisien.fr .

" Quand le possible est improbable, le souhaitable peut, au moins psychologiquement, tenir lieu de réalité " ( Jacques Julliard , Journaliste ) .

Hier soir, lors du troisième débat de la primaire socialiste, je me suis cru au théâtre, devant une pièce de Pirandello : six personnages allaient et venaient, se croisaient, s'apostrophaient parfois, soliloquaient souvent, levaient les yeux au ciel à certains moments, chacun visiblement pris dans son histoire personnelle et tous en quête d'un auteur qui à l'évidence n'était pas là .

J'en écarte un, d'emblée, un tantinet illuminé, qui visiblement n'a besoin de personne pour se raconter et qui nous fait sourire quand il annonce les premières mesures qu'il prendra, dès son arrivée à l'Elysée .

Mais ces six comédiens jouaient-ils la même pièce dans la mesure où les trois acteurs principaux du drame étaient absents : F. Hollande au centre, J.L. Mélenchon à gauche et E. Macron à droite ? C'est donc bien à un véritable théâtre d'ombres que la "Belle Alliance Populaire " nous conviait, hier soir, sur le service public dans la mesure où, jusqu'à ces derniers jours, le vainqueur de cette consultation ne se voit crédité que de la 5e place au premier tour de l'élection présidentielle du printemps prochain, après M. Le Pen, F. Fillon, E. Macron et J.L. Mélenchon .

Un classement aussi piteux explique l'atmosphère irréelle qui entoure la désignation du candidat socialiste dont les chances de parvenir à l'Elysée sont nulles .  

Cependant, la primaire n'est pas totalement dénuée d'intérêt . Les deux favoris - Manuel Valls et Benoît Hamon - y ont dessiné deux lignes qui annoncent une nouvelle répartition des rôles pour l'après présidentielle .

La première, incarnée par Manuel Valls, qui considère que le PS doit rester un parti de gouvernement, posture qui est la sienne depuis F. Mitterrand et assumer pleinement l'ensemble des questions qui se posent à la France, mondialisation, prédominance de la finance, diktats européens, volonté qui limite singulièrement les marges de manoeuvre .

L'autre, portée par Benoît Hamon, se veut en opposition à la précédente, se pare de certains atours utopistes - c'est le cas avec la proposition de revenu universel, l'ouverture sans beaucoup de limites à l'immigration, une certaine indulgence envers le communautarisme ou encore la légalisation du cannabis - sans pour autant inviter à une quelconque révolution, ce doit être clair . Ce faisant, on s'affranchit des deux conditions exigées par la posture précédente : une alliance majoritaire au sein du peuple entre classes populaires et classes moyennes et le financement des projets . Remarquons que B. Hamon n'a pu apporter aucune réponse au financement du revenu universel .

Benoît Hamon négocie un virage périlleux : quand on n'a plus les moyens d'agir on conserve toujours les moyens de rêver . Et si dimanche, c'était cette ligne utopique qui l'emportait, on peut être assuré que cela signifierait que le Parti Socialiste se mettrait en vacances de la politique et peut être du réel .

Ne soyons pas aveugles, n'est-ce pas ce que désirent ces classes moyennes supérieures et classes supérieures diplômées, présentes encore au sein de la clientèle socialiste, qui n'ont rien à craindre de la mondialisation, et qui peuvent trouver même quelques avantages aux politiques proposées par F. Fillon, en matière d'impôt particulièrement ? 

Une nouvelle répartition des rôles : aux progressistes, le rêve, aux conservateurs la réalité ? Cela dit, est-ce si nouveau que cela ?

Il y a donc deux façons de regarder la primaire socialiste . On peut y voir une sorte de " tournoi ", dans la grande tradition médiévale, de " guerre symbolique " et désintéressée dont l'enjeu n'est que de désigner un futur vaincu, perspective peu grisante . Mais on peut estimer aussi que le PS est à la croisée des chemins, écartelé entre une dégénérescence " bobo " et une dégénérescence " austéritaire ", écartèlement dont la sanction pourrait être la scission du parti d'Epinay assortie d'un double reclassement . Et, à ce stade, j'ose une prédiction : la partie dite de gauche du PS, la plus bourgeoise, irait rejoindre les troupes de Mélenchon - l'essentiel des classes populaires ayant rejoint Marine Le Pen depuis longtemps - , la partie de droite du PS, plus populaire, allant rejoindre les troupes d'un centrisme revu et corrigé par l'expédition Macron, pour en faire un parti démocrate à l'américaine .

Et à la clé de ces reclassements, l'assurance d'une droite au pouvoir pour vingt ans !

 

NB : d'après le billet de Jacques Julliard, dans Marianne, " Utopie et social-démocratie ", No 1034, du 20 janvier 2017 .

 

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