Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 14:55

" Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte " . ( Confucius ) .

Depuis hier soir, la France a repris des couleurs . Grâce à l'acuité intellectuelle de militants de l'UMP, le seul homme politique capable de sauver le pays revient dans l'arène politique ; les Français vont enfin entrevoir la fin de leurs souffrances et un avenir où la lumière jaillira de toutes les sources de jouvence que cet homme d'exception fait surgir sous ses pas .

Oui, la semaine écoulée porte en germe la fin d'un cauchemar . La collision de trois évènements mettent au jour et nous révèlent les étapes d'une marche vers le salut qui nous sera octroyé au mois de mai 2017 .

Le premier évènement est l'élection à la tête de l'UMP de Nicolas Sarkozy ; le deuxième est le Congrès du FN, à Lyon ; le troisième est le sondage " Marianne - Harris Interactive, sur la nouvelle sensibilité des électeurs UMP et des électeurs du FN .

C'est, peut-être bien, la première fois que l'on peut baliser avec autant de certitude, une séquence politique à venir .

Le programme économique de la future UMP est d'ores et déjà calibré, grâce à l'apport idéologique de F. Fillon, repris par N. Sarkozy et Alain Juppé, du " Thatcher " dans le texte : fin des 35 heures ; les fonctionnaires à la diète ; le " monstrueux " code du travail, dixit l'ancien Premier ministre, à expurger d'urgence pour faciliter les licenciements ; propositions chocs sur l'immigration comme le durcissement de l'accès à la naturalisation, la suppression de l'AME, l'introduction des statistiques ethniques, la révision des accords de Schengen ...

La récente campagne de N. Sarkozy pour prendre la tête de l'UMP, témoigne de la droitisation de l'UMP voulue par l'ex-président, sur le modèle de la campagne des présidentielles de 2012, du candidat N. Sarkozy, pour faciliter les futurs accords électoraux avec le FN de Marine Le Pen .

Le Congrès du FN de ce week-end, apporte de son côté, une indication politique majeure : la petite fille du Grand Chef, Marion Maréchal-Le Pen, est plébiscitée par les militants pour entrer au Bureau politique du parti . Elle représente le canal historique du mouvement, ultra-libéral, et la ligne des accords avec l'UMP, dans toutes les élections locales . Elle devance largement, le numéro deux actuel, F. Philippot, tenant d'une ligne plus solitaire, qui continue à dénoncer l'UMPS et laissant venir les couches populaires vers le front, par la seule force de ses propres idées, condition d'une victoire de Marine, sans compromissions, à l'élection présidentielle de 2017, d'où elle tirerait une légitimité indiscutable .

Le sondage " Marianne - Harris Interactive ", ( de la même semaine, vient apporter une réponse explosive à toutes ces considérations stratégiques en croisant les regards des sympathisants de l'UMP et du FN à propos d'un rapprochement des deux partis politiques . ( Marianne No 919 du 28 novembre 2014 ) .

Six sympathisants sur dix des deux formations privilégient majoritairement une alliance électorale, élan consensuel partagé presque à égalité, dans les deux camps ( 64% pour les proches du FN, 55% pour les proches de l'UMP ), alliance justifiée, de façon écrasante, par le souci de battre toute personnalité socialiste .

Un sympathisant UMP sur cinq, dit à son nouveau chef : pour éviter de laisser une Région à un socialiste, nous choisirons une personnalité du FN . ( Et donc, par exemple, pour Marine Le Pen, dans la nouvelle région Nord-Pas de Calais-Picardie ) . Une marche est bien franchie, dans l'électorat de l'UMP, entre la précédente situation, qui consistait à faire élire quelques conseillers départementaux ou régionaux, et la position présente qui révèle une véritable acceptation d'une ou deux présidences de région d'extrême droite . Comme le dit l'analyste d'Harris Int., Jean-Daniel Levy, dans l'électorat de l'UMP, l'idée que le FN puisse arriver au pouvoir n'est plus une absurdité .

Du côté de l'électorat du FN, ils sont 44% à se dire prêts à gagner avec l'UMP et qui voudraient faire voler en éclat la ligne de dénonciation de ' l'UMPS " portée par F. Philippot .

Le sondage est enrichi par une enquête sur la vision des valeurs fondamentales dans chacun des camps . Et si certaines différences d'appréciation apparaissent, sur certaines de ces valeurs, on peut relever de fortes proximités, tout à fait édifiantes . Dans le domaine de la famille d'abord ( 59% - 59% ) ; de la sécurité ( 67%- 58% ) ; de l'immigration ( 52%- 47% ) ; des impôts ( 51% - 50% ) ; pouvoir d'achat ( 50%- 47%) . ( Le premier chiffre correspond aux électeurs de l'UMP, le second à ceux du FN ).

Quand Mélusine prenait son bain, la partie inférieure de son corps prenait la forme d'un serpent . Le nouveau " Grand Timonier " de la droite a-t-il déjà choisi la nature de son bain ? ( Mao aimait les eaux du Yang Tsé Kiang ) .

zphoto.fr

zphoto.fr

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 14:37

(1) . " Eh bien, continuons " est la dernière réplique de la pièce " Huis clos ", de Jean-Paul Sartre . (Continuons pour rien, vers rien, un rien sans guillemets ...semble-t-elle signifier) .

Nos derniers billets essayant de décrypter les lois profondes du libéralisme et de son dernier avatar le capitalisme financier débridé et sauvage, parvenu à son achèvement et donc à son blocage, devant trouver une conclusion, une insoutenable question a perturbé notre esprit . Et si la dégénérescence du système était un contrat à durée indéterminée, et si elle pouvait durer toujours, dans cet état de pourrissement que nous avons décrit ... et qui deviendrait éternel ?

C'est ainsi que nous est revenue en mémoire la dernière expression de " Huis-clos " . Le constat de dégénérescence ne suffit pas ; on ne peut établir des postulats de résistance sur " une fin sans fin ", sur une attente résignée .

Résumons-nous ! Il a fallu, au début de la mise en place de la dernière révolution libérale, duale, production-consommation, toute une accumulation de circonstances : saturation relative des biens d'équipements - compensée, un temps, par la technique de l'obsolescence programmée de ces biens -, la baisse du pouvoir d'achat, la fin des avantages de l'inflation - le crédit facile - , le chômage de masse, les nouveaux pauvres, l'angoisse du lendemain, la peur de l'avenir pour ses enfants, autant d'éléments dont le cumul conduit les couches populaires, les plus nombreuses, à se détourner de la consommation inutile, la marchandise capitaliste trouve de moins en moins preneurs, la marché se réduit de plus en plus .

Automatiquement, la célèbre loi - dite naturelle - de l'offre et de la demande se met à jouer à plein : moins de pouvoir d'achat, moins de clients, baisse des prix , loi à laquelle il faut ajouter sa consoeur, la non moins célèbre : " la libre concurrence " .

Une fois de plus, les dogmes du libéralisme vont se retourner contre lui . La libre concurrence est devenue implacable . Guerre civile entre les Etats ou les zones post-industrialisés( Europe, EEUU, Japon ) mais aussi agression extérieure des pays émergents ( Chine, Russie, Brésil ), détenteurs de l'arme suprême, " les délocalisations ", autre principe libéral, qui se retourne contre le créateur, parce que, pour un Chinois, par exemple, " A libéral, libéral et demi " .

Mais, contradiction sur la contradiction, les prix bas obtenus par les délocalisations et l'arrivée des pays émergents sur le marché occidental, n'arrangent rien . Le constat est sans appel : plus les prix baissent et moins les biens et les services trouvent preneurs ( austérité, Maastricht, monnaie unique ), ce qui entraîne une réduction des investissements et de la production, donc le chômage de masse : la déflation !

Tout cela peut-être remis en situation historique, pour la clarté du propos .

Au commencement de ce que les observateurs assermentés appellent la " modernité ", il y eut la crise de 1929, déjà générale, première remise en cause accablante du principe même du libéralisme, dépassée, essentiellement grâce à la deuxième guerre mondiale, mais aussi " la rénovation " de ce libéralisme : radicaliser le développement maximal de son principe : la systématisation du profit . En somme, aller jusqu'au bout de ce qui n'avait été réalisé qu'en partie .

Nous l'avons déjà écrit : développer deux marchés, le marché des marchés traditionnels, des biens d'équipements, et le marché du " désir ", la double économie, l'exploitation archi-brutale du producteur et la permissivité des mœurs, l'économie du diurne et l'économie du nocturne, de la jouissance sans frein .

Cette dernière semblant pouvoir se développer à l'infini, puisqu'elle recouvre toute l'existence de l'être .

La permissivité totale ne pouvait qu'enfanter un autre avatar : l'économie de l'interdit, souterraine, parallèle . L'économie " complémentaire " du blanchiment d'argent, des mafias, des " affaires " assise sur le trafic de drogue, le trafic d'armes, le trafic d'êtres humains ... autant d'horreurs, tout à fait acceptées, car porteuses de dynamique pour le marché officiel . L'économie nocturne et de l'interdit jouant le rôle de vitrine publicitaire et promotionnelle ; l'économie souterraine apportant à l'économie licite l'injection d'énormes capitaux, la sauvant provisoirement .

Reconnaissons que Marx n'avait prévu ni théorisé cette économie de la complémentarité .

Alors, voici la question qui se pose : Comment pourrait-il y avoir une réelle " relance ", promise par tous les économistes appointés, d'un système dans lequel tout est accompli, que tout a été essayé ? demandait le philosophe Michel Clouscard, il y a quelques années .

Le capitalisme n'a-t-il pas réussi le développement maximal de son principe immanent : l'enrichissement, jusqu'au vertige, des propriétaires des grands moyens de production ? Oui, mais ! C'est aussi dans son " apogée " que sont apparues les causes de sa dégénérescence future .

La leçon devient évidence : la dégénérescence d'un système économico-politique ne s'achève que si on l'achève ! Autrement, l'agonie pourrait indéfiniment se prolonger, dans une dégénérescence de plus en plus sauvage, barbare .

Le dilemme nous ramène à Huis-clos : " Continuons " ou " Passons à l'acte " !

NB : texte inspiré par l'essai du philosophe Michel Clouscard, " Les métamorphoses de la lutte des classes " .

Toutlecine-challenge.fr

Toutlecine-challenge.fr

Repost 0
Published by regain2012 - dans Economie
commenter cet article
27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 14:20

Sous-titre : " Rien ne sera plus comme avant " !

Il est des gens pour qui, se féliciter de la crise, est un acte de foi . " On serait entré dans une nouvelle société qui se débarrasserait, non sans peine, de contraintes archaïques, d'une organisation du travail - la société du salariat - qui ne répond plus au progrès . Le progrès passerait exclusivement par le triomphe de la robotisation, de l'automatisation, de l'informatique ... Le travail lui-même serait une fonction dépassée, un blocage de la créativité " ! ( Michel Clouscard , Les métamorphoses de la lutte des classes ).

Le titre du présent billet demande un éclaircissement . Il ne s'agit pas de nier aux politiques une certaine volonté de vouloir faire baisser le chômage, mais dans le contexte d'une crise généralisée du système, leur action est, aussitôt engagée, paralysée . Le chômeur de moins dans l'environnement actuel, enfante deux pauvres : lui-même, embauché pour un salaires très bas, sur un contrat précaire, des frais de transport élevés, un loyer prohibitif . De chômeur, le voilà devenu, d'un mot très moderne, " travailleur pauvre " .

Par dessus le marché - si j'ose dire - il va coûter à l'entreprise des cotisations que l'Etat va prendre en charge, car le chef d'entreprise ne veut plus payer, et donc être la cause d'augmentations d'impôts et de réductions des aides sociales, qui vont retomber sur son voisin, qui devient, du coup, le deuxième pauvre .

Cette expression synthétise parfaitement le blocage de la société devant lequel le libéralisme nous a conduits, blocage né de la contradiction majeure dans laquelle ce système s'est " enferré ", qui peut être traduit, aussi, par une autre expression, bien connue des milieux économiques : " Quand le chômage diminue, aux Etats-Unis, Wall Street s'effondre " ... Expression sur laquelle nous reviendrons .

C'est bien dans une nouvelle société que nous venons d'entrer, mais bloquée, c'est pourquoi les idéologues essaient de s'en sortir, mais non pas en cherchant à la dépasser, c'est devenu impossible ; alors on " tripatouille " la réalité, on agite le " bouillon " ;dérèglementation, ainsi ce qui n'était que les pires effets de la crise, devient " norme " - mais jusqu'à quand - : dérèglementation, flexibilité de l'emploi, délocalisation .

Et les médias à la solde, se voient assigner une mission précise : il faut faire accepter chaque ratification des dégâts provoqués par la crise comme un progrès vers la " modernité " .

L'allusion précédente à " Wall Street " nous permet d'exprimer schématiquement la contradiction fatale qui frappe le stade ultime du libéralisme .

Oui, il peut y avoir, de-ci, de-là, un " epsilon " de reprise, dans les mois qui viennent ( d'ailleurs, observez comment les journalistes se jettent, affamés, sur le moindre 0,1% de croissance ), mais qui ne fera pas long feu, car au départ de toute relance, il y a désormais "surchauffe ", inflation si vous voulez : or, ce mot est frappé d'excommunication, depuis bien longtemps, dans le monde économique, puisqu'il rogne les revenus des épargnants et des investisseurs .

C'est que la relance de la consommation, seule à même de réduire le chômage - le reste n'est que baudruche médiatique - passe par l'augmentation du pouvoir d'achat, c'est à dire des salaires et du développement du crédit . La reprise de l'inflation est fatale . Du coup, la rentabilité de l'argent diminue , l'intérêt étant réduit par l'inflation . C'est donc le capitalisme financier et bancaire qui est alors en question et menacé .

Aussi pour enrayer cette dévalorisation de son capital, le capitalisme financier et bancaire relève les taux d'intérêt, mais alors, c'est le capitalisme industriel, qui ne retrouvant pas ses petits renonce aux investissements productifs .

Tel est le cycle infernal d'une économie bloquée par ses contradictions : pourquoi prendre le risque d'investir alors que le bénéfice envisagé sera moindre que celui de l'argent qui dort, dans les dettes publiques, par exemple .

C'est là toute la vacuité du système dual que le libéralisme a mis en place : le capitalisme financier contre le capitalisme industriel . Et n'allons pas prendre cela pour une nouvelle lutte des classes, quand il ne s'agit que d'un combat entre requins .

La gestion de l'impressionnante technostructure libérale ou social-démocrate a pu longtemps contenir et limiter cette contradiction, en jouant - non sans succès - sur les quatre grands paramètres qu'elle avait inventés : commerce extérieur, inflation, chômage, niveau de vie . Selon la conjoncture économique, la manipulation de tel ou tel paramètre apportait une amélioration, dans la mesure où un autre en supportait les conséquences, puis à son tour ce dernier était réparé au détriment des autres ...

Mais le petit jeu technocratique des rattrapages puis des compensations n'est plus possible : les critères de convergence de Maastricht, la monnaie unique, la réduction drastique des déficits, l'austérité, en instituant " la désinflation " comme " loi sacrée " ont définitivement et durablement sacrifié l'emploi : chômage massif et nouvelle pauvreté .

La situation est irréversible et catastrophique .

" Le péché originel du libéralisme est le profit . Il mourra du profit " . ( Michel Clouscard ) .

greenetvert .

greenetvert .

Repost 0
Published by regain2012 - dans Economie
commenter cet article
26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 14:45

" Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie " ( Blaise Pascal ) .

Ce n'est qu'un film, un documentaire qui sort en salle le 26 novembre : " Master of Universe ", du réalisateur Marc Bauder . Un ancien banquier d'affaires allemand, licencié, Rainer Voss, depuis une tour abandonnée du quartier financier de Francfort, y raconte trente années de dérégulation financière qui ont mené le monde au bord de l'explosion .

Au milieu des années 1980 la dérégulation bat son plein en Europe, sous la houlette d'hommes politiques français . Les banquiers américains débarquent, en véritables dieux, avec des milliers d'innovations financières totalement inconnues sur le vieux continent, à un moment où tout semble possible pour le monde de la finance .

Une véritable industrie financière se met alors en place, développant une culture de puissance et d'impunité . Pour entrer dans ce monde, explique l'ancien banquier " il faut être prêt à renoncer à la vie, il ne faut plus se poser de questions, il faut renoncer à avoir des idées politiques, accepter de perdre ses amis . Peu à peu, la réalité s'éloigne de vous ... Les repères disparaissent ... Les salariés de la banque s'installent dans un monde clos, où le contrat du jour devient la chose la plus importante du monde ... " .

Décryptant " l'affaire Kerviel ", Rainer Voss dépeint la culture bancaire qui met une pression infernale sur les traders pour les conduire à maximiser toujours plus les profits, quelles que soient les circonstances, quels que soient les dangers .

Le coût des faillites bancaires en Allemagne, lors de la crise de 2008, qui s'élève à 488 Mds d'€, est resté, pour l'essentiel à la charge des contribuables allemands, précise-t-il, encore . Dans la panique, les Etats ont su trouver des centaines de Mds, en quelques jours, pour éviter l'effondrement des banques à l'origine de la catastrophe .

Mais l'homme ajoute, à titre d'avertissement : les banques n'ont rien retenu de cette crise, " le système ne se réformera pas de l'intérieur ..." et il n'y a aucune chance pour que cela se termine bien .

Au grand casino, les banques ne veulent jamais perdre . Elles ont mis au point des systèmes qui fonctionnent à la " nanoseconde - le trading à haute fréquence - où il faut s'approcher des serveurs au mètre près, ( c'est pourquoi l'essentiel des échanges de la bourse de Paris est délocalisé à Londres, près de la City ), pour pouvoir échanger le plus rapidement possible .Que peuvent valoir les notions de " capitalisme entrepreneurial " ou même de " création de valeurs pour l'actionnaire ", chères aux néolibéraux, quand le temps moyen de détention d'une action est désormais de " 22 secondes " ? demande Voss .

Le système financier a mis les pays du sud de l'Europe en déroute . L'Espagne, la Grèce, le Portugal s'écroulent, mais cela ne s'arrêtera pas, selon lui . Les financiers vont reprendre leurs attaques contre les maillons faibles de l'Europe .

A la question brutale, " quel est le prochain pays sur la liste ? ", le banquier répond sans hésiter : " la France " ! ... " Après, c'est game over " ! ( Fin du film ) .

Que veut dire Rainer Voss, avec ce " game over " ambigu, en guise de conclusion ? Que la partie sera terminée, et que les marchés seront repus ? Que la partie sera ouverte à tous les vents, à une sorte de Far West, sans foi ni loi ? Qu'une autre partie pourra commencer, mais alors laquelle ? Que la planète aura été dévastée par le trop plein d'argent, une sorte de planète des singes ?

La réponse est sans doute dans les quelques constats suivants . Ce sont aujourd'hui, selon la Banque des Règlements Internationaux ( BRI ), 860 000 Mds de $ qui circulent, tous les jours, entre les places boursières du monde ; ces capitaux représentent 13 fois le PIB mondial, environ 70 000 Mds de $ ; les 2/3 de l'Humanité sont désormais exclus du progrès, à cause de la concentration croissante des richesses, affirme le Forum Social Mondial .

Le silence actuel des espaces infinis de la spéculation m'effraie !

L'optimisme affiché du Directeur de l'Institut brésilien d'analyses sociales et économiques ( IBASE ), co-animateur du Forum Social Mondial ( FSM ), Candido Grzybowski, peut-il encore nous réchauffer, comme un soleil pâle dans une journée de tempête de neige : " Les problèmes mondiaux sont immenses et complexes mais le monde ne s'arrête pas, et les peuples font toujours l'histoire " .

NB . Source concernant le film " Master of Universe " : site Mediapart du 24/11/2014 .

ufc-quechoisir-var-est-org   .

ufc-quechoisir-var-est-org .

Repost 0
Published by regain2012 - dans Economie
commenter cet article
25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 15:08

" L'Apocalypse n'annonce pas la fin du monde ; elle fonde une espérance qui voit tout à coup que la réalité n'est pas dans le désespoir absolu de l'impensé moderne, mais retrouve un monde où les choses ont un sens " . ( René Girard, " Achever Clausewitz ", 2007 ) .

Rappelons les composantes ambiguës du libéralisme social libertaire, enfanté lors de Mai 68 :

  • Sur le plan technologique : les moyens financiers et la recherche technologique sont contrôlés par le système, conditions de la maîtrise de la compétitivité des entreprises .
  • Sur le plan social : nécessité d'une production en série et d'une consommation de masse pour élargir au maximum les profits ( se garantir une clientèle captive ) .
  • Sur le plan culturel : libéralisation des mœurs et émancipation comme conditions de la viabilité du marché " du désir " ( libérer pour mieux aliéner ) .

La crise généralisée que nous sommes en train de vivre depuis le début de ce siècle révèle que " ce progressisme ", à la fois, et c'est tout son paradoxe, technocratique et libertaire, sans contrôle et sans limite, débouche, pour une grande majorité des personnes, sur une impossibilité de vivre : chômage de masse et insécurité .

Le libéralisme social libertaire n'a pu tenir deux promesses essentielles : d'abord, la prise en charge des valeurs du travail par le plein emploi et l'aménagement harmonieux du temps de travail ; ensuite, la prise en charge des valeurs du " loisir ", pourtant massivement louées par la publicité, par l'accomplissement d'un désir véritablement libéré .

Le chômage de masse et l'insécurité démontrent que les fondements mêmes du libéralisme sont faux .

C'est une autre réalité qui se présente devant nous : le pourrissement de l'existence !

Avec le libéralisme de la " décadence " qui a succédé aux " Trente glorieuses ", on constate, et c'est sans appel, que la crise n'est pas due à des effets extérieurs au système, elle est la conséquence immédiate d'une croissance totalement soumise au profit, et aujourd'hui, grâce à la financiarisation de l'économie, aux profits sur les profits .

C'est pourquoi, il devient plus que nécessaire de s'adresser aux nouvelles couches moyennes, en des termes sans ambiguïté, parce qu'elles sont à même, aujourd'hui, d'entendre certains discours .

" Non seulement vos privilèges, mais même votre existence, sont remis en question . Vous avez magistralement joué le coup que le capitalisme vous proposait : profiter pleinement du fabuleux marché du " désir " et de la première société de " la jouissance " de l'histoire . Cela valait bien d'y perdre son âme, car tant pis si cela s'est fait au prix de la liquidation des travailleurs de la première et de la deuxième révolution industrielle, en vue de mettre en place la première phase de la révolution informatique . Ce capitalisme va devoir démanteler, et a largement commencé, des pans énormes des secteurs tertiaire et quaternaire, liquider même, carrément, certaines activités, pour mettre en place la seconde phase de sa " modernisation " par l'accroissement de la flexibilité, la poursuite des délocalisations, et surtout l'emploi massif des logiciels ... Et, à cette étape, c'est vous les classes moyennes, qui allez être sacrifiées . La classe ouvrière, doublement opprimée dans la période antérieure en vue de la rendre invisible, au nom de la fin de la lutte des classes, a atteint un niveau quantitatif qu'on ne peut plus réduire, sauf à prendre le risque de mettre en cause la production . En outre, sa présence massive dans les statistiques du chômage, particulièrement le chômage de longue durée, donne à penser à ceux qui nous gouvernent, qu'elle est, pour un temps anesthésiée . Donc, les prochaines victimes, c'est vous ! ...

Vous ! Parce que toute cette " modernisation " par " le logiciel " est impossible sans un chômage de masse accru, dans vos rangs ...

Nous avons déjà relevé que la permissivité des mœurs débouchait inexorablement sur l'insécurité . L'insécurité qui est l'effet majeur et incompressible de la mutation technologique et de son chômage de masse . Elle enveloppe, aujourd'hui, toutes les expressions de l'existence quotidienne . Qu'elle soit réelle ou fantasmée, expérience quotidienne ou structure d'un imaginaire collectif, elle est bien présente et menace au premier chef les couches moyennes, exposées par leur niveau de vie, encore un peu attractif pour les délinquants en puissance, mais n'ayant pas les moyens de protections raffinées, comme en possèdent les grands de ce monde ...

Et tout cela n'est rien à côté de ce qui vous attend . A la peau de chagrin de la jouissance, il vous faudra bientôt ajouter la facture des lendemains de fête, les conséquences de la permissivité sans limites, les désintoxications ... " .

Il est plus que temps que les couches moyennes se tournent vers les travailleurs de la production et se mettent à réfléchir avec eux, sur les moyens à mettre en œuvre, ensemble, pour porter un coup fatal au long pourrissement de nos existences préparé par un libéralisme, aujourd'hui sur la défensive, mais prêt à toutes les fuites en avant .

Henry Clews : statue de " le dieu des humeurs antiques ", socle : les allégories du vice  .

Henry Clews : statue de " le dieu des humeurs antiques ", socle : les allégories du vice .

Repost 0
Published by regain2012 - dans philosophie
commenter cet article
24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 14:06

L'élite reproche souvent au peuple l'ignorance dans laquelle elle le maintient ... On ne saurait attribuer les maux d'une société à la méchanceté humaine, mais aux défauts de l'organisation politique de cette société ... tentait de nous expliquer Spinoza, au XVIIe s.

Ils ont osé ! Le bavardage des journalistes n'a pas de limites . Ces derniers jours, à propos de la barbarie de L'Etat islamique, au Moyen-Orient, nos journalistes ont franchi le Rubicon et les bras m'en sont tombés . Las de ressasser des élucubrations " psychanalytiques " - du type, " la mort du père " - pour tenter d'expliquer les horreurs commises par les djihadistes, ils ont atteint les profondeurs où l'ignorance fraye avec l'imbécilité .

Les " néo-convertis " à l'Islam, français, qui partent en Syrie seraient pareils à ces combattants démocrates, républicains, socialistes et communistes, des Brigades Internationales, partis défendre, en 1937, au nom d'un idéal d'émancipation et de progrès de l'humanité, la République espagnole, légitime parce qu'issue du suffrage universel, agressée par le fascisme européen, en pleine ascension .

Le renversement idéologique accompli par ces " piètres " médiateurs est " renversant " . Dieu avait été " phagocyté " dans la célèbre Croisade, menée au nom du Christ, de Franco, les brigadistes se battaient pour la liberté ; ils étaient du côté de Spinoza et de sa célèbre formule : " Dieu est l'asile de toutes les ignorances " .

Les Brigadistes vivaient le temps de la création, les djihadistes vivent au temps de la destruction .

Tentons de revenir à une approche par la raison, aurait suggéré le philosophe, pour comprendre, la tragédie qui ensanglante l'Irak et la Syrie .

Le Big- Ban de cette tragédie a eu lieu, dans les années 1980, avec la chute du communisme soviétique - avec pour toile de fond, l'installation en Iran d'un régime théocratique, le régime de l'Ayatollah Khomeini - . La chute du communisme eut deux effets essentiels . Il permit d'abord, l'accélération de l'ultra-libéralisme, libre désormais de toute entrave, préparé par le reaganisme et le thatchérisme, et le basculement de l'Europe, sous la houlette de F. Mitterrand et de J. Delors, dans l'économie financière . Le deuxième effet, peut-être plus dévastateur que le premier, fut l'affaiblissement , pour longtemps sans doute, de la promesse, portée par le mouvement socialiste de la fin du XIXe s. et de l'essentiel du XXe, de l'avènement d'un monde nouveau, d'où toute référence à Dieu serait bannie . Le tremblement de terre de la fin des années 1980 précipita le grand retour des religions, partout dans le monde .

La supériorité idéologique acquise alors par le néo-libéralisme lui permit de lancer, sur les bases de la société de consommation déjà bien en place, ce que j'ai appelé, dans des billets précédents, la société du désir, société permissive à souhait afin de faire exploser la demande de biens inutiles mais sources de nouveaux et " juteux " profits . Aussi, lorsque les crises, indissociables des " jeux " financiers auxquels se livrent les " dominants ", éclatent, les frustrations auxquelles sont confrontés les consommateurs, et particulièrement les jeunes, moins armés face aux privations, ces frustrations vont faire des ravages, dans une jeunesse déjà fragilisée par un monde sans repères . Le modèle des modèles, individualiste jusqu'à l'horreur, leur apparaît soudain fatigué, incapable d'endiguer les fléaux dont ils sont par ailleurs les premières victimes : pauvreté, drogue, malnutrition, chômage, inégalités sociales ...

Alors, la religion, de retour sur le théâtre public, peut offrir à tous ces gens, pris dans une désorientation sociale et identitaire prononcée, l'illusion d'une communauté protectrice, solide, en tout cas fraternelle .

Les religieux, particulièrement ceux qui sont dans une logique fondamentaliste, possèdent, ce que certains spécialistes n'hésitent pas à appeler du charme, pour celui qui ne sait plus vers où se diriger . Les gourous de toutes les sectes savent cela, depuis longtemps .

Une autre clé explicative existe qui ne saurait être ignorée . Le discrédit qui frappe la classe politique, dans son ensemble, tout comme les experts démonétisés, rabaissés par la puissance du réel, et ce sous les coups d'une mondialisation débridée, sauvage, sans attelage, donc sans conducteur, ce à quoi il faut ajouter les dégâts de la corruption de nos élites, font apparaître les religieux comme des phares de probité, de respectabilité, pour passer très vite à des forces de pureté .

On peut résumer ainsi le procès : la politique telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui n'est plus qu'une coquille vide, le fondamentalisme l'a bien vu, et l'a vampirisée, devenant son nouvel occupant . On retrouve cette vampirisation dans le concept très à la mode " d'autorités morales " qui peuplent tous les comités d'éthiques ; les dignitaires religieux auréolés par les politiques d'une " aptitude à délivrer des bons points à ceux qui nous gouvernent ", mais comités d'où sont exclus les laïques et les libres penseurs .

N'a-t-on pas vu des hommes d'Etat délivrer des brevets de respectabilité historique à toutes les Eglises en tant que facteurs d'ordre, de stabilité, de recours ultime face à la désintégration des normes ? Nicolas Sarkozy s'illustra particulièrement dans cette séquence ( discours de Latran ) .

N'a-t-on pas vu beaucoup d'hommes politiques, durant ces deux dernières décennies, malmener la laïcité, tenter de la manipuler au point de créer, dans le pays , une véritable détestation, chez certains, de ce principe constitutionnel ?

N'a-t-on pas vu nos grands médias faire entrer le loup dans la bergerie, en invitant, sur leurs plateaux télévisés, ou dans leurs grandes pages éditoriales, sans se lasser, ce qu'il y avait " de plus chrétien ", " de plus musulman " - car l'économie médiatique ça existe -, de Christine Boutin à Tariq Ramadan ?

Quelle est, de la part de " Daesh ", la mécanique d'absorption de nouveaux adeptes ? Mettre en cause d'abord ceux qui servaient le despote déchu ; puis les clans ou tribus qui avaient refusé de se soulever ; puis la minorité ( chiite ) ; puis ceux qui sont trop occidentalisés ou trop proches des chrétiens ; puis ceux qui sont considérés comme trop tièdes à l'endroit du message coranique tel qu'il est porté par les prédicateurs du calife : un message très organisé, totalitaire, afin de faire comprendre au futur adepte qu'il y a toujours plus dur, plus authentique, donc plus pur !

Alors put venir l'utilisation des plus récentes nouveautés en matière de communication . Ils ont investi le Net, se sont appropriés les technologies de pointe en matière de communication mais seulement après que tous les autres processus furent en place et pas avant, comme le prétendent nos verbeux journalistes, car c'eût été contre-productif .

La barbarie ne peut croître que dans un terreau bien retourné !

Chers journalistes parisiens, concentrez vos efforts sur les couloirs de l'Elysée et les hystéries de nos ex-premières dames, vous êtes faits pour cela : laissez les grandes questions aux gens sérieux !

NB : inspiré par l'article de J. Macé-Scaron et M. Gozlan, " Pourquoi les religions les rendent fous ? ", Marianne No 918 .

Ils ont osé !
Repost 0
Published by regain2012 - dans histoire
commenter cet article
22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 15:20

" Les cathédrales, les pyramides, la Joconde sont à tout le monde . Pourquoi en serait-il autrement avec la nourriture, l'eau et le pétrole ? " ( Albert Jacquard ) .

Nous sommes tous les jours abreuvés d'images, d'informations, de débats sur l'horreur insoutenable qui s'abat, depuis des mois, sur les peuples du Moyen-Orient, et nous sommes tenus de constater, lors de chaque journal télévisé, que l'horreur d'hier est déjà dépassée par celle du lendemain . Cette information est légitime , cela ne saurait se discuter .

Cependant, au même endroit, certains protagonistes du premier conflit, en livrent un autre, moins visible, moins barbare certes, mais dont le silence médiatique qui l'entoure, prouve à quel point nos élites nous prennent pour des enfants, disons le clairement, nous méprisent .

Le prix du pétrole ne cesse de baisser depuis l'été dernier, ces derniers jours, il est en chute libre . Le baril de brut ( brent ) atteignait hier 80,50 $ . Au mois de juin, il frôlait encore les 115 $, après avoir culminé en pleine crise financière, en 2008, à 147 $ . Avez-vous entendu un seul de nos journalistes, sur cette question, hormis quelques spécialistes, dans ces émissions de la nuit, où l'on enterre les sujets qui fâchent ?

D'accord, il n'y a pas de sang ! Mais, le quotidien de beaucoup d'entre nous est impacté par ce phénomène de " dévissage " et cela mériterait que nous eussions droit à certaines explications, nous " les petits " .

Ecartons tout de suite la réaction égoïste de celui qui emprunte sa voiture tous les jours pour se rendre à son travail, ou de ceux qui ont l'insolence de vouloir se chauffer en hiver : ces baisses n'apparaissent pas " à la pompe " ! C'est normal ! Les taxes sur l'énergie ont atteint un tel niveau, qu'aucune baisse de la matière première n'est perceptible au " robinet " .

Alors, posons-nous les questions que, ceux dont c'est le métier, ne veulent pas se poser .

La demande d'énergie, au niveau mondial, est en nette diminution, en raison de deux facteurs : la croissance anémiée par la crise mondiale, d'abord, des pays émergents ( stagnation russe, récession brésilienne, Inde à bout de souffle ) et de l'Europe ( 2e consommateur de pétrole après les EEUUU ) en proie à la déflation du fait de plans d'austérité totalement absurdes ; l'indépendance énergétique des EEUU et du Canada, ensuite, acquise grâce aux pétroles et au gaz de schiste - au détriment de l'environnement, rappelons le - pour les premiers, et aux pétroles bitumeux de l'Alberta, pour les seconds .

La consommation augmente nettement moins vite que par le passé, ce qui conduit à la baisse des prix .

Un autre mouvement contribue à faire baisser le prix du pétrole : le maintien d'une production à un bon niveau . La levée partielle des sanctions de l'Union Européenne contre l'Iran, en vue de la prochaine signature d'un accord sur le nucléaire iranien - absolument voulue par Barak Obama - a ramené ce pays sur le marché de l'énergie et accru les capacités de production, auxquelles il faut ajouter la multiplication récente par quatre de la production libyenne, malgré l'instabilité politique de la région, et l'Irak qui, malgré la guerre, a réussi à maintenir son " système pétrolier " .

Et c'est là que les affaires se corsent ! Pourquoi l'Arabie Saoudite - qui fut longtemps l'instrument des Américains dans la protection des équilibres énergétiques mondiaux - ne bouge-t-elle pas, et laisse-t-elle filer, alors qu'elle admet que son propre équilibre économique demande des cours , de l'ordre de 100 $ le baril et que le Koweït prévient qu'il est en train de voir son économie s'asphyxier, avec un tel niveau des prix ?

Et nous retrouvons ici la toile de fond du conflit du Moyen-Orient : la guerre religieuse entre Sunnites saoudiens et Chiites iraniens qui a enfanté la " tumeur " de l'Etat Islamique .

L'Arabie Saoudite joue la carte géopolitique de coûts du pétrole bon marché, en ne diminuant pas sa production - bien que ce soit au détriment de son économie - afin de priver son ennemi héréditaire - l'Iran - d'une partie de la manne du pétrole, quand il sera revenu totalement dans le concert des nations .

Une deuxième hypothèse, tout à fait acceptable, est que les EEUU et l'Arabie Saoudite se sont trouvés, une nouvelle fois, un terrain commun de combat, à partir du pétrole à bas prix, les EEUU frappant, dans ce cadre là, la Russie, là où ça fait mal, les recettes du pétrole, dans la droite ligne des sanctions européennes, pour sa politique à l'endroit de l'Ukraine, afin de la déstabiliser davantage .

Cependant, ne rêvons pas, nous les citoyens consommateurs, le prix du pétrole va très vite remonter, car beaucoup de champs d'exploitation sont sur le déclin et il va falloir investir massivement pour aller chercher de nouveaux pétroles à des coûts de production bien plus élevés .

Et puis, nos gouvernements , n'apprécient pas trop, ces baisses, qui représentent moins de recettes fiscales immédiates, les taxes étant calculées au pourcentage du prix de vente .

businessattitude.fr

businessattitude.fr

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:18

" Nous emploierons provisoirement le terme d'esprit du capitalisme moderne pour désigner la mentalité qui vise, de façon systématique et rationnelle, par le biais d'un métier, un gain légitime " . ( Max Weber , L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme ) .

Dans le capitalisme, l'obéissance forcée aux contraintes de marché et aux règles impersonnelles des procédures bureaucratiques n'est plus qu'une machine dans laquelle ne règnent que contraintes formelles d'efficacité, privées de toute signification pour le sujet social . Nous sommes donc obligés de vivre dans une sorte de " cage d'acier ", nous sommes dans une mécanique, nous ne sommes plus que des rouages dans un système d'engrenages, nous sommes dans des " tuyaux " ou des " étuis " dont nous ne pouvons sortir, explique encore Max Weber .

Le capitalisme a été tellement pétri comme naturel dans nos imaginaires qu'il nous apparaît comme immortel . Pourtant, si nous nous posons une question, parmi les plus simples qui soient : le capitalisme est né, pourquoi ne pourrait-il pas mourir ? Le capitalisme est un système, et tous les systèmes ont une durée de vie, ils ne sont pas éternels, nous nous sentons, très vite, beaucoup mieux !

D'autant plus que si nous regardons le système en face, nous pouvons repérer facilement les premiers signes de son essoufflement . Le premier signe a trait aux tendances à long terme du processus d'accumulation sans fin du profit . En outre le consensus " libéralisme- social démocratie " qui a favorisé le développement de la société de consommation, au cours de la seconde moitié du XXe s. est très largement affaibli : il a même volé en éclat dans les années 1990, à la chute du bloc communiste, et n'a cessé de dépérir avec l'alignement de la social démocratie sur les thèses les plus radicales du libéralisme, engendrant le désespoir des couches populaires .

L'ascension des " BRICS " ( Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ), dans la revendication au partage des richesses réduit le " gâteau ", impose une compétitivité mortelle, qui rogne les profits . Une lente réorganisation des hiérarchies du système mondial est en route .

Parallèlement, le fiasco politico-militaire des EEUU de Georges W. Bush, de la première décennie du XXIe s., au Moyen-Orient, a provoqué et mis en route le processus de déclin de l'hégémonie américaine : le monde est devenu multipolaire, et ce sont entre huit et dix centres de pouvoirs régionaux assez forts qui, aujourd'hui, sont capables de négocier, dans une relative autonomie , avec leurs rivaux .

Cependant, cette multiplication des centres de pouvoirs entraîne de fréquents réalignements géopolitiques ( Ukraine, Moyen-Orient, Afrique de l'Ouest ) qui provoquent des ralentissements économiques et chez les gens, confusion, peur aigüe, colères, rébellion contre les élites .

La crise financière et économique mondiale de 2008 a ébranlé le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale ; il ne retrouvera plus cette place, malgré tous les efforts menés par les administrations américaines pour mettre au pas les institutions financières internationales . On voit apparaître aujourd'hui un système de devises multiples, ou de " paniers de devises ", dans les échanges commerciaux dont il n'est pas dit qu'il cherchera à favoriser de nouvelles activités productives, sources de nouveaux profits .

La révolution culturelle du néolibéralisme est également passée par là . La permissivité imposée - j'ose l'oxymore - par la société du désir, et l'écrasement des valeurs morales, immanence du capitalisme, nous conduit à un degré de violence dans la société qui va devenir, à terme, insupportable, pour les classes les moins protégées .

Et, pour conclure par ce qu'il y a de plus " dur ", dans le système capitaliste, relevons l'apparition dans le débat, de façon prégnante, du thème de l'épuisement des ressources naturelles, entre autres, des ressources renouvelables .

Le capitalisme, dans sa mécanique, n'a aucun problème avec l'état d'épuisement total de la terre, mais les peuples, eux, savent, d'ores et déjà, ce qu'est la réalité des pénuries d'eau, d'eau potable, de l'énergie, de la forêt, des poissons ou de la viande .

La question de savoir qui possède quoi, qui consomme quoi, à quelles fins les ressources naturelles sont utilisées, est désormais, très fortement posée . Et si le système capitaliste, s'en tire , encore une fois, sur cette question, ce ne sera que très provisoirement, car l'explosion démographique, ne laisse aucun choix, à personne .

Et la cage de " Weber " s'ouvrira !

NB : d'après les pages de Marianne ( No 918, 21 sept. 2014 ) sur l'essai de cinq économistes américains, " Le capitalisme a-t-il un avenir ? " .

studiomethode.com

studiomethode.com

Repost 0
Published by regain2012 - dans Société
commenter cet article
20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 14:32

( Nocence : du latin - nocere : nuire - néologisme inventé par l'écrivain d'extrême-droite et admirateur de Marine Le Pen, Renaud Camus, dans " Le Grand Remplacement ", la bible du FN, pour décrire les nuisances importées par les immigrés : atteinte à la nature et à la qualité de vie ) .

" Sur les lieux mêmes de ma culture et de ma civilisation, je marchais dans une autre culture et une autre civilisation ", ( Renaud Camus, Le Grand Remplacement ) .

Poser le débat de l'identité par la civilisation et la culture en instituant un préalable non négociable - la nocivité des étrangers dans notre quotidien - revient à " écraser " tous les autres niveaux de définitions possibles, au profit d'un seul, ce qui s'apparente à un totalitarisme idéologique aux frontières du fascisme . C'est ce que fait le Front National au quotidien, en écho aux discours du très recommandable Renaud Camus .

Commençons par rappeler l'étrange " Débat sur l'Identité Nationale " lancé en 2010 par N. Sarkozy et son égrégore Eric Besson, débat raté, empoisonné, interrompu sans tambours ni trompettes, parce que, le Président sans culture que les Français s'étaient offert, n'avait rien compris au sujet auquel il s'attaquait .

L'identité est une notion vaste, abstraite presque métaphysique et ce n'est pas parce qu'il y a des nationaux et des étrangers qu'il y a des formations d'identités . C'est à dire que cette différence du national et de l'étranger s'inscrit dans beaucoup d'autres possibles, et des possibles qui se présentent dans les hasards offerts par la longueur d'une vie .

Concrètement, la notion d'identité ne peut se concevoir sans le sentiment d'appartenance car elle est une façon pour chacun de se rapporter à lui-même ; il ne peut pas y avoir d'identité pour un individu isolé . Il ne peut y avoir d'identité que comme moyen de se reconnaître membre d'une communauté ; toute identité est un lien, en ce sens qu'elle dépasse l'individualité de celui qui la porte et constitue un moyen d'entrer en communication .

Toute identité est également un regard, c'est à dire une façon de voir les autres mais aussi de se voir soi-même à travers les yeux de quelqu'un d'autre, et dans cet échange, deux formes vont se heurter : soit je crois voir, en face de moi, le regard de quelqu'un qui serait mon double, presque indiscernable de moi-même, soit je crois voir le regard de quelqu'un de totalement différent, presque d'une autre espèce . Illusions extrêmes, fantasmes ! Les phénomènes d'identifications relèvent donc ainsi d'un véritable imaginaire, ce qui tend à signifier que l'on se raconte aussi des histoires, qui peuvent être des histoires dans lesquelles on cherche à s'isoler ou, au contraire, des histoires avec lesquelles on tente d'entrer en communication avec toutes sortes d'autres, ce qui indique que toutes sortes d'identifications sont possibles .

L'identité est aussi une trajectoire personnelle que j'ai construite en fonction des possibilités qui m'étaient offertes de jouer un rôle dans plusieurs identités : la famille, l'école, l'entreprise, le métier, le syndicat, le parti, l'église, la synagogue, la mosquée, l'association, la société de chasse, l'association de boules, le club de foot ou tout simplement le quartier, le village ...

Relevons que dans la grande majorité de ces cas, l'étranger n'apparaît pas !

Soulignons, par ailleurs, qu'il peut exister, à l'opposé, une forme intenable psychologiquement : l'absence d'identité, le fait de n'avoir aucune identité particulièrement déterminante, en somme le fait de n'être personne ou, dit autrement, d'être tout ce qu'on veut . Le " monde virtuel " vers lequel on nous projette, la dématérialisation par le numérique, va en engendrer en masse, de ces êtres dépersonnalisés, transformés en objets . Cibles très recherchées par les néo-fascistes, car la banalisation absolue peut se renverser brutalement en délires identitaires, en chasses ouvertes à l'altérité .

On le voit bien, l'extrême diversité d'identités qui traverse nos existences, leur caractère souvent abstrait voire trop lié à l'imaginaire de chacun, gênaient les théoriciens du FN . Il fallait donc " écraser " tous ces niveaux, en vue de fabriquer " une identité pleine ", exclusive, par la fusion " Famille - Nation " - sous le signe de la religion ( chrétienne, cela va de soi ), une référence culturelle ( Jeanne d'Arc ) pour la communauté du sol et du sang, et un combat contre " le mélange " et la " mixité " par l'apologie de la généalogie .

Le drame de tout cela et - l'opération éditoriale d'un Zemmour en atteste - c'est que les notions mêmes de "francité ", de France ou d'Histoire de France, ont été vidées de tout leur sens, ne sont plus que des " notions vides " pour beaucoup de Français, au profit d'un " fétichisme exacerbé de cette histoire " . Et c'est peut-être là, le plus grand danger .

NB : d'après l'exposé d'Etienne Balibar sur les identités, dans le livre " Aux sources du populisme nationaliste " .

( NLTO ) .

( NLTO ) .

Repost 0
Published by regain2012 - dans philosophie
commenter cet article
19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 14:27

" La république garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs la protection de la santé, de la sécurité matérielle, le repos et les loisirs . Tout être humain qui en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence ... " ( Préambule de la Constitution de 1946 repris dans le préambule de la Constitution de 1958 ) .

Autant l'incapacité à gouverner le pays de Marine Le Pen et de son entourage est évidente, autant l'habileté idéologique des penseurs de l'extrême - droite qui la soutiennent ne doit pas être sous-estimée . Ils sont redoutables .

Très tôt, et bien avant tout le monde, ils ont repéré la faille par où faire écrouler le système : la zone intermédiaire, la zone d'écart survenue entre " citoyenneté politique " et " citoyenneté sociale ", avec l'apparition de la crise généralisée .

La Nation s'est construite, depuis 1789, sur une équation à trois termes, qui nous semblait encore, il y a quelques années, " naturelle " : " citoyenneté = nationalité = souveraineté " . Le troisième terme se retrouvant au croisement des deux premiers . La souveraineté est une notion qui fonctionne dans les deux sens : la souveraineté que l'Etat exerce sur les citoyens nationaux, citoyens placés sous son contrôle, et, dans l'autre sens, la souveraineté du peuple, s'exerçant par délégation ou représentation et qui génère le sentiment, pour les citoyens, d'appartenance à une Communauté .

A l'intérieur de la communauté, il ne peut y avoir d'exclusion, tout le monde y a sa place - même si c'est une petite place - . L'idée qu'il y a une solidarité nationale induit aussitôt l'idée d'une frontière, à la fois territoriale et humaine, la communauté des citoyens ne peut pas être l'humanité tout entière .

Cette équation a bien fonctionné , ce fut le cas sous la Troisième République, mais s'est parfois retrouvée en danger, luttes des classes, boucheries du XXe siècle, guerres d'indépendances dans les anciennes colonies . Les classes dominantes, inquiètes, ont alors essayé de la renforcer périodiquement . Comment ?

Ce fut " Le pacte social ", à la Libération, inventant une citoyenneté sociale à côté de la citoyenneté politique, indissociable de la conquête et du bénéfice de droits sociaux . Nous l'appellerons aussi " la République sociale " ( Art. 1er de la Constitution ) .

Le pacte social va occuper une fonction centrale dans nos difficultés actuelles . La politique sociale ( régulation d'un antagonisme de classes susceptible de remettre le système politique en question ), est mise en place en la fondant dans le cadre national, de sorte que l'appartenance à la nation devient la condition essentielle à la jouissance des droits sociaux .

Elle a pour corrélat le développement d'une citoyenneté sociale négociée, contrôlée, susceptible d'évoluer . Si elle n'est pas la citoyenneté politique pure, on voit bien qu'elle englobe des droits fondamentaux supplémentaires, droits syndicaux, droits de représentation ou d'expression dans l'entreprise, élections professionnelles, droit de grève, qui deviennent très vite des droits politiques .

Et l'interférence devient névralgique quand est posée la question de savoir où est la place des immigrés dans la citoyenneté sociale . Et c'est la question que posent, très tôt, les idéologues d'extrême droite, qui ont vu toute la confusion à créer autour du sujet et l'écart apparu , avec la crise du mouvement ouvrier, entre citoyenneté politique et citoyenneté sociale qui ne seraient plus, tout à fait, des synonymes .

Il y a des " non-nationaux " qui exercent des droits sociaux à signification objectivement politique, et des " nationaux " qui, bien qu'officiellement propriétaires de droits politiques, sont exclus de la citoyenneté sociale, étant devenus des " assistés " . Cet écart ne pouvait qu'hystériser la notion de " nationalité ", en période de crise, ce qu'ont bien appréhendé les idéologues néo-fascistes - le concept de préférence nationale faisant partie de l'arsenal doctrinal qu'ils vont utiliser - tout comme l'image d'une citoyenneté sociale qui se viderait de tout contenu avec à la clé la disparition de tout système d'assurance .

Assistanat ! Exclusion ! Déshumanisation ! Question ! Qu'ont-ils de plus que moi, qui suis Français, pour avoir plus de droits que moi, ces étrangers ? A partir de là, réclamer l'expulsion des étrangers du bénéfice des droits sociaux, des crèches ou des hôpitaux, puis des écoles, puis du pays lui-même, des droits syndicaux, pour restaurer par là le contenu de ma propre citoyenneté nationale, devient un slogan très facile à entendre . En plus, on va récupérer sur leur dos une partie des ressources que l'on me refuse !

Voilà comment les idéologues néo-fascistes ont promu le développement d'une demande de racisme institutionnel très puissante qui n'engendre pas que de l'inquiétude, mais véritablement la panique, dans les couches populaires, dont le FN fait son miel .

Et comment pourrait-il en être autrement, quand nous avons atteint déjà deux générations de chômage de masse, les chômeurs fils de chômeurs, ( avec la misère et le désespoir que cela entraîne ), à qui, du haut des palais nationaux, on annonce que leurs prestations sociales et leurs retraites seront inévitablement réduites, mais que cela se fera au nom de la compétitivité .

" Il faut donc vider la marge " ! Tel est l'objectif du FN ! Mais, un tel objectif suppose une violence institutionnelle exceptionnelle, qui conduira au déchirement du tissu social tout entier .

" En politique, l'angoisse collective du vide est dévastatrice ", nous prévient le philosophe Etienne Balibar .

Nuit étoilée ( Van Gogh ) .

Nuit étoilée ( Van Gogh ) .

Repost 0
Published by regain2012 - dans Société
commenter cet article

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens