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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 14:08
" La Goulue ", Toulouse-Lautrec . Publication Facebook de Niku Riboldi .

" La Goulue ", Toulouse-Lautrec . Publication Facebook de Niku Riboldi .

En 1077, l'empereur Henri IV d'Allemagne dut se soumettre à l'injonction de l'Eglise et entreprendre un voyage dans la ville italienne de Canossa pour s'incliner devant le pape Grégoire VII qu'il avait voulu faire destituer, implorer son pardon et faire lever l'excommunication qui pesait sur lui .

Hier, dimanche 7 mai, beaucoup de Français ont dû se soumettre à une injonction de même nature que celle de Canossa, quel que soit leur choix : " Injonction de se soumettre à à une logique politique de coordination ( donc collective ) que le vote " par l'isoloir " exclut par construction puisqu'il est totalement individuel " .

La campagne électorale qui s'achève laisse à des millions de citoyens un goût amer . Nous ne parlons pas ici de son côté pestilentiel mais des choix qui auront été imposés aux uns et aux autres . Il aura été fait appel à toutes les voix qui ont pu compter par le passé .

Ainsi en a-t-on pu appeler au philosophe Emmanuel Kant, pour tenter de condamner les abstentionnistes " ne voulant pas se salir les mains " . L'impératif catégorique du philosophe tombait à point : " une règle de comportement ne vaut comme maxime morale que si elle peut être universalisée " . Mais la politique n'est pas une affaire de morale et de maxime universalisable, elle est même tout le contraire : une question de conflits donc de fragmentation et de rapports de force . L'abstention ne s'adresse pas à tout le monde . Elle ne fait sens politique que pour une fraction déterminée de l'électorat, précisément de gauche . On n'a demandé aucune justification aux gens de droite et pourtant ce sont eux qui ont fourni les bataillons de la progression du FN au second tour . L'objection de " laisser faire le sale travail aux autres " ne tient pas dans la mesure où la position abstentionniste ne prétend en rien à l'universabilité .

Jean-Paul Sartre n'a pas manqué d'être interpellé par les abstentionnistes - un classique - à propos de sa formule : " Elections, piège à cons ! ", formule largement  incomprise, le philosophe ne pointant qu'une contradiction de la politique : pratique fondamentalement collective et immanquablement altérée quand elle est soumise à un vote totalement individuel " dans l'isoloir " .

Même Baruk Spinoza fut mis à la peine, avec son " homme qui rit de tout ", comme si un seul des Français qui s'est rendu aux urnes, hier, avait envie de rire .

Le 7 mai 2017 a, en fait, mis en évidence, l'aporie fondamentale du vote individualisé : l'absence de passage, les difficultés du choix, l'embarras ... 

Nous nous devons d'intégrer la réalité suivante : " La politique se fait ensemble, le vote uniquement par devers soi " . Et la puissance de la politique comme activité collective est telle qu'elle cherche à toute force à réinvestir le vote atomisé . C'est ainsi que la pratique du " vote utile " - faire barrage au FN - ou la logique spéculative - stratégiser son vote en fonction du vote anticipé des autres - sont autant de tentatives de recréer de l'action coordonnée là où, par construction n'existe aucune instance de coordination . 

Vouloir réintroduire de la coordination collective dans un univers d'où cette logique est exclue, paraît vain . C'est pourquoi n'étaient que fiction, les appels à " faire élire Macron avec la plus décevante des marges " ou " noyer Macron sous un vote massif " pour qu'il ne puisse arguer d'aucune majorité lisible .

Chacun de nous a pu se dire parfois que l'absence de son vote " n'aurait rien changé ", et c'est vrai, même si cet énoncé vrai au niveau individuel devient faux lors du passage au bilan du résultat collectif . Mais c'est là un autre énoncé du problème .

Dieu que ce billet est confus, à l'image de la journée d'hier . Aussi pour y introduire un soupçon de clarté, je n'en retiendrai qu'un résultat : la poussée irrésistible du FN, " cet iceberg de merde, repeint légèrement en blanc sur sa partie émergée " ( Frédéric Lordon ) est provisoirement stoppée .

Cependant, la volonté destructrice de l'oligarchie de faire disparaître le clivage " droite-gauche " , qui structurait notre vie politique depuis plus de deux siècles demeure : empêcher les dominés de trouver un quelconque passage par les urnes à l'éclosion de leur émancipation .

 

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 14:19
Wikipedia.fr

Wikipedia.fr

" S'il faut tirer par tous les bouts, / Copains tirons les quat'cents coups . " ( Léo Ferré, 1961 ) .

Si Marine Le Pen devait être élue présidente le 7 mai, nous devrions nous attendre à ce qu'elle nous inflige un régime de " 400 coups institutionnels " à donner le vertige à tout ce que nos universités comptent de constitutionnalistes et de professeurs de droit public .

Voici ce qu'annonce au Canard Enchaîné un certain Gilles Lebreton, professeur de droit public, député européen FN, conseiller de MLP et membre de son conseil stratégique de campagne : " Si la nouvelle Assemblée - issue des législatives du mois de juin - devait nous être hostile, nous changerons la loi électorale par un référendum organisé dès l'été, puis la Présidente dissoudra l'Assemblée ... " Les grands chefs lepénistes gambergent depuis des mois sur ce scénario, tout est prévu, ou presque, et écrit dans le programme officiel de la candidate . Au moins ne prend elle personne en traître mais il vaut mieux être informé .

Le projet frontiste de nouvelle loi électorale figure donc au titre V de son projet : " Les députés seront élus à la proportionnelle intégrale " . Cette idée est très populaire et portée depuis longtemps par la vraie gauche . Mais, comme toujours avec le FN, il y a une entourloupe . La proportionnelle à la sauce lepéniste prévoit " une prime majoritaire de 30% des sièges à la liste arrivée en tête " . Et qui peut arriver en tête dans la configuration d'une gauche très divisée et d'une droite en pleine déconfiture ? La réponse est dans la question .

Pour en arriver là, la présidente aura donc commencé par préparer son référendum sur la base de l'article 11 de la Constitution qui autorise le chef de l'Etat à organiser ces consultations quasiment à sa guise sans passer par un vote du Parlement et sans avoir à consulter le Conseil Constitutionnel .

En principe, cet article n'autorise que les référendums portant sur " l'organisation des pouvoirs publics ", sur les traités internationaux et sur des réformes économiques et sociales . " Mais la notion d'organisation des pouvoirs publics est si floue que je ne vois pas comment on pourrait bloquer un référendum modifiant la loi électorale " ,s'étrangle un constitutionnaliste de Paris II .

En théorie, le FN pourrait user et abuser de cette ambiguïté constitutionnelle pour multiplier les référendums et nous projeter dans un système de " 400 coups institutionnels " à tout va . D'ailleurs, la petite nièce de la présidente l'annonce très clairement : " Nous multiplierons les référendums pour nous débarrasser du gouvernement des juges et contourner les blocages potentiels ", ( Interview du 27 février sur le site Atlantico ) . Certes, encore faudra-t-il tous les gagner !

La présidente se sent d'autant plus à l'aise pour nous mitonner des kyrielles de référendums sur tout et n'importe quoi, que le Conseil Constitutionnel s'est lui-même lié les mains, dès 1962, en décidant qu'il ne pouvait pas se prononcer sur la conformité d'un texte, une fois celui-ci adopté par référendum . Mais ce n'est pas tout !

Et s'il prenait à la présidente la fantaisie de s'amuser en déclenchant la procédure prévue par l'article 16 de la Constitution - une seule fois utilisé pendant la Ve République, et c'était par le Général de Gaulle, en mai 1961, à l'occasion du putsch des généraux, à Alger ? Ce texte permet au chef de l'Etat de disposer de pouvoirs exceptionnels et quasi illimités, pendant trente jours au moins, et de décider, sans la permission d'aucune instance démocratique, de son propre chef, que " les institutions de la République sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu " .

Quand on a pris la mesure du niveau intellectuel de la candidate lors du débat télévisé de l'entre-deux tours, et de ses fragilités psychologiques, on est en droit de se demander si, arguant des troubles qui ne manqueront pas de se produire après son élection, elle ne se sentirait pas autorisée à utiliser cet article 16 . Elle pourrait alors édicter à sa guise des lois - y compris des lois organiques encadrant la Constitution - sans que nul ne puisse légalement s'y opposer ni même les contrôler .

" Sonner à la porte du diable / Comme on sonnerait le pasteur, / Etre le treizième à sa table, / Même si ça doit porter bonheur" ( Léo Ferré ) . Dimanche 7 mai, a-t-on le droit de sonner le diable ?

 

NB : d'après l'article du Canard Enchaîné du 03/05/2017, " Le Pen à l'Elysée : Cauchemars, farces et attrapes " .

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 14:46
( Dessinateur.biz . " Na " ) .

( Dessinateur.biz . " Na " ) .

Petit mémo de " Marinelepénisme ", suite .

" Ce qui permet de définir l'appartenance au peuple, c'est seulement le statut de dominé " .

" Elle est vraiment émouvante la petite mère des ouvriers, quand elle prend, les yeux mouillés, le défense des petites gens, au nom du peuple " . ( Le Canard Enchaîné ) .

Hélas ! Les faits sont têtus - comme disait Lénine qu'elle finira bien par citer, d'ici dimanche, partie comme elle est - car dans toutes les villes où la bande à Marine - des Bolcheviques pur jus -  a pris le pouvoir les petites gens et les faibles ne sont pas vraiment à la fête .

Au Pontet, dans le Vaucluse, c'est la cantine gratuite pour les plus démunis qui a été supprimée sur un argument très clair : " Il faut responsabiliser les familles " . A Fréjus, on a réduit les subventions pour les centres sociaux, tout comme à Béziers, où les chômeurs n'ont plus droit à la garderie gratuite - ils ont le temps de s'occuper de leurs gosses, eux-mêmes, ces fainéants . Ces " assistés " sont aussi particulièrement choyés à Villers-Coterêts, dans l'Aisne, où la cantine à prix réduit pour les plus modestes n'est plus qu'un lointain souvenir .

A Marseille,  Stéphane Ravier, sénateur-maire FN du 7e secteur de la ville, vote contre tous les projets de logements sociaux, choix qu'il assume sans honte : " Je ne veux pas que l'on déverse des millions d€ vers ces quartiers, en nous faisant croire que cela va changer la nature de ceux qui y habitent " . Le même ajoutant : " Il n'y a pas beaucoup de Scandinaves dans ces quartiers " . Voilà qui a le mérite d'être clair !

Bien entendu, ce brave sénateur et son collègue, David Rachline, sénateur-maire FN de Fréjus, directeur de la campagne de marine, n'ont pas voté, cet hiver,  la Loi - qu'ils ont jugée scélérate - " Egalité et Citoyenneté ", imaginée pour réconcilier un peu les Français, après les attentats de 2015 car ce texte allait trop loin : davantage de logements sociaux pour les plus pauvres dans les quartiers non prioritaires, cantines pour tous, transparence accrue dans l'attribution des HLM, renforcement de la lutte contre les discriminations ... C'était quoi toutes ces mesures horribles, votées par les élus Front de Gauche de Mélenchon ? Le bien nommé David Rachline s'expliquant avec raffinement : " Pour ce qui est des droits, je propose leur renforcement . Oui ! Il faut renforcer les droits des citoyens français et le premier de ces droits c'est que les Français soient, en France, les premiers servis " . faire sonner de tels propos dans l'hémicycle du Sénat est profondément républicain .  Bien sûr leurs collègues FN de l'Assemblée, Marion Maréchal Le Pen et Gilbert Collard leur emboîtèrent le pas .

On aurait pu lui rétorquer que ses collègues maires du Front appliquaient déjà cette drôle de transparence dans laquelle, pour se récompenser de tous les efforts fournis en faveur des petites gens, ils avaient tendance à ne pas s'oublier . Le maires de Cogolin et du Luc ont augmenté, aussitôt élus, leur indemnité de 15% et celui du Pontet a tenté, carrément une augmentation de 44%, refusée par le Tribunal administratif . Encore le complot des juges !

Voilà résumées, en deux billets, " Petit mémo du Marinelepénisme ", toutes les limites de la période " marinière " du Front National, sa pseudo- dédiabolisation médiatique qui a explosé en vol, hier soir, lors du très médiocre débat télévisé de l'entre-deux tours . Marine Le Pen est apparue en " Le Pen ", ce qu'elle n'a jamais cessé d'être, et telle que la décrivent d'anciens proches, très critiques : " Elle est incapable d'être Présidente ... Elle ne sait pas trancher, la prise de décision est une torture pour elle . Elle n'a qu'une idée très floue de ce qu'est l'exercice du pouvoir . Elle ne connaît que quelques décisions de gouvernement alors qu'un ministre en prend mille tous les jours " . Et dimanche, en cas de très large défaite, il faudra admettre, au Front, que MLP aura été une condition nécessaire à l'ascension du parti, mais pas suffisante pour l'accès au pouvoir .

Pour un de ses toujours proches ( Cf. Libération, Dominique Albertini, " La revanche de la bande " ), peut-être que sa chance est déjà passée : " 2017, c'est son dernier coup, c'est cette fois ou jamais " . Voilà qui pourrait expliquer le " va tout " qu'elle a tenté hier soir et qu'elle a perdu .

 

NB : d'après l'artcle du Canard Enchaîné du 03/05/2017, " Bolchévique pour de rire " .

 

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 15:17
Charlie Chaplin : le dictateur .

Charlie Chaplin : le dictateur .

" Le totalitarisme légitime toute action qu'elle soit ou non, utile ou profitable, économiquement rentable ou pas,  favorable ou non à l'intérêt national et au bien-être du peuple, juste ou injuste, favorable ou non à la liberté, dès lors qu'elle accomplirait la loi de la nature ou la loi de l'histoire ... ", expliquait Hannah Arendt dans " Le système totalitaire ", 1972 .

A la veille du deuxième tour de la présidentielle, je propose le " petit mémo " sur le " Marinelepénisme " publié par le Canard Enchaîné de ce mercredi 3 mai 2017 ( en Une ), à l'usage de ceux qui vont voter blanc dimanche prochain, et peut-être, très blanc .

Marine Le Pen, c'est d'abord une bande, ce sont des amis, des potes, fidèles et loyaux, des frères de l'ombre, pas très reluisants, comme Frédéric Chatillon et Axel Loustau, des adeptes des commémorations hitlériennes ou des soirées déguisées, en pyjama rayé de déporté juif . C'est un directeur de campagne, Rachid Rachline, qui confie les festivités de sa bonne ville de Fréjus aux anciens de la " Fédération d'action nationale et européenne " ( Fane ), un groupement nazillon très actif dans les années 1970 et dissous dans les années 1980 mais reconverti en " société événementielle " . C'est encore un sympathique élu régional de PACa, Benoît Loeuillet, libraire, qui affiche ostensiblement les oeuvres d'Hitler dans sa boutique .

Le Front, c'est aussi un très éphémère Président par intérim, le temps d'une campagne, Jérôme Jalkh, Qui nia un jour que le " Zyklon B " ne pouvait pas, techniquement, avoir exterminé autant de juifs qu'on le dit, dans les chambres à gaz et qui commémora, un autre jour, la mort de Pétain, aux côtés de Jean-Marie Le Pen, à l'île d'Yeu . Ephémère président aussitôt remplacé par Steeve Briois, l'homme au bras levé, amateur de doigts d'honneur aux journalistes qui s'intéressent à ses activités, attendu d'ici peu au tribunal correctionnel pour diffamation raciale .

Le Front National de Marine, c'est encore le parti qui, après la présidentielle, va comparaître pour s'être engraissé, lors de précédentes élections, depuis 2012, sur le dos des contribuables, pour une broutille de 10 millions d'euros, à ajouter aux 5 millions détournés et dus au Parlement européen, affaires pour lesquelles elle refuse de comparaître devant la police et devant la justice, depuis des mois .

La patronne, s'amuse aussi, à titre plus personnel, avec l'argent public . Riche co-propriétaire qui s'ignore, " Marine le pèze " a le fisc et la police aux trousses pour avoir sous-estimé son patrimoine, d'au moins 500 000 euros, pour échapper à l'ISF .

Mais ce n'est pas fini . Le Front, ce sont également " Les identitaires ", à prendre au sérieux, discrets dans les meetings, mais rassemblés, aussitôt le meeting terminé, pour célébrer la victoire prochaine de la patronne à coups de chants hitlériens et de cris de haine envers les immigrés . Organisés dans " l'Union de la Défense de la Jeunesse ", formée pour pallier à la mollesse du FNJ ( Front national de la jeunesse ), ils organisent avec une efficacité redoutable les campagnes des candidats du Front, aux élections locales et les manifestations anti-avortement et pro-crucifix de la nièce Marion, et aiment bien fréquenter les thés dansants, en Autriche, de néo-nazis distingués .

Ces gens-là, au début 2017, avaient réussi à faire quitter le Front à près d'un tiers d'élus du parti adoubés aux élections municipales de mars 2014, et bien vite dégrisés après avoir goûté aux joies du lepénisme .

Mais me voilà contraint, à présent, en vertu de la règle de l'équité de traitement entre les candidats, imposée par le CSA, de dire un peu de bien de la candidate, de lui redonner un bout d'humanité, une tranche de féminité . Un proche de Marine, selon le journal " Libération " du 02/05/17, confie que lorsqu'elle était jeune, Marine voulait devenir Dalida et que dans les soirées que lui organisaient ses amis fascistes des " GUD " ( groupes action défense ), elle ne se faisait pas prier pour entonner " Il venait d'avoir dix huit ans ", entre deux " Ein Heller und ein Batzen " poussés par ses potes .

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 14:08
Image jmthivel.com

Image jmthivel.com

(1) . " Si Marine Le Pen l'emporte, nous verrons rapidement si nos institutions sont solides, si nous sommes encore en démocratie et si la France peut se transformer en régime totalitaire, haineux et violent en quelques mois " ( Guillaume Martin, No Planet B, " Anthropocène sans la migraine " ) .

Ce qui me déprime dans cet entre-deux tours de la présidentielle, ce n'est pas tant que l'alternative portée par JL Mélenchon, et que je soutenais, n'ait pas convaincu assez de gens pour avoir sa chance . Ce n'est pas la première fois que je sors battu - en compagnie de millions d'amis - d'un combat que j'avais choisi .

Ce n'est pas non plus la taille des ficelles qui s'agitent devant nos yeux depuis des mois . Un grand classique . Ces " invisibles "  qui, en réalité, gouvernent mais que nous n'avons pas le pouvoir d'élire ou de révoquer sont capables de créer de toute pièce, en quelques mois, " une fiction politique " et d'en propulser le poulain, en pole position, en se servant du cerveau émotionnel des électeurs, à coups de Unes dans la presse, d'éditos mensongers, de plateaux télévisés débilitants, de sondages bien bidouillés et autres artifices publicitaires . Si l'on ajoute à cela une bonne dose de divisions politiques bien entretenues au sein des partis, grâce au chant des sirènes chargé d'allumer le feu des " égos " et le scénario est bouclé : on jouera contre Marine Le Pen, le combat contre la honte et la haine, la meilleure affiche .

Ce qui me déprime, ce n'est pas davantage que la structure des partis historiques, certes gravement défaillants, soit remplacée par des formations nouvelles, véritables nébuleuses de gaz, attachées à un seul candidat, ce qui n'est jamais bon, où la démocratie ne peut devenir qu'un exercice de pure communication, une dialectique altérée de publicitaire, sans véritable fond . C'est exactement le spectacle que nous offre Emmanuel Macron . Tout d'abord, il a usé de ce qu'on appelle, dans le langage des communicants, " le teasing ", l'art de faire durer le suspense en dévoilant le plus tard possible la nature de son " offre ", son programme, comme s'il s'agissait d'un vulgaire produit et non de l'avenir du pays . Du coup ses meetings laissaient voir des scènes ahurissantes, durant lesquelles en remarquable bonimenteur de foire, il s'égosillait pour convaincre la foule d'acheter son aspirateur dernier cri . Dérangeante ambiguïté .

Ce qui me déprime vraiment, c'est que face à tant de vacuité, MLP peut l'emporter, dimanche 7 mai, elle et son idéologie crasseuse . En partie, parce que certains, trop nombreux, n'iront pas voter refusant de cautionner un scénario arrangé d'avance, et je ne leur jette pas la pierre . Je comprends qu'ils ne veuillent pas " marcher " pour un monde qui s'écroule et accélérer la fuite en avant des " invisibles " qui essaient de gagner du temps en attendant que croissance et innovation leur permettent de se mettre bien au chaud, sur leurs îles transhumanistes, bien gardées, quand au-dehors tout ne sera que chaos et flammes . D'autres passeront de la France Insoumise au Front National, par contestation et révolte, d'autres encore, les malades de " Sens commun ", le fan club de F. Fillon, seront plus attirés par MLP  - et ses ambigüités sur le droit à l'avortement ou la PMA - que par le filleul politique de F. Hollande .

Et ce qui me déprime le plus, c'est que, grâce à l'acuité politique de F. Hollande, les élections présidentielles se déroulent en plein " Etat d'urgence " qui démultiplie  les pouvoirs exorbitants, accordés par la Constitution, du Président de la République . La Présidente de la République, Mme Marine Le Pen, aura dès le 8 mai, en mains, un arsenal de pouvoirs discrétionnaires exceptionnel, plus une moitié de policiers et de gendarmes très compréhensifs à son égard .

Alors voilà ce que me dit ma mélancolie : la métaphore de la peste ou le choléra n'est pas adaptée à la situation , préfère-lui celle de la mort ou la longue maladie . Contre la mort, tu ne peux rien . Contre la maladie tu peux encore lutter .

C'est pourquoi, dimanche, je voterai " Polichinelle ", pour ne pas être mort dès lundi, mais être prêt à me " remettre en marche " pour la lutte contre la maladie . 

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 14:06
Images Slate .

Images Slate .

" Je ne crains pas le suffrage universel : les gens voteront comme on leur dira ", ( Alexis de Tocqueville, De la démocratie ) .

" La France est devenue une mosaïque composée de plaques mortes et de plaques vivantes, comme une chevelure touchée par la pelade . On passe d'une petite ville à une autre, d'une vallée à une autre, d'une rue à l'autre, et on change de monde . Le voyageur ne s'y retrouve plus " . ( Florence Weber, professeur à l'ENS ) .

Si l'on observe les résultats du premier tour de la présidentielle dans les 20 plus grandes villes de France, un constat saute aux yeux : si elles seules avaient voté, le second tour aurait donné, non pas Macron-Le Pen mais Macron- Mélenchon . Ce dernier y obtient en effret 24,48%, devançant F. Fillon de 5 points et Marine Le Pen de 10 points . Macron aurait fait mieux de 2 points .

Alors que Marine Le Pen est en tête dans 19 000 communes ( 54% des 35500 communes ), elle n'atteint ce classement que dans une seule grande ville : Toulon, s'écrasant pitoyablement, à Paris, où elle reste en dessous de 5% .

Evidemment, à partir de ces chiffres, nombre d'observateurs avisés, ont tôt fait de les traduire en une équation des plus simplistes, psychologisante : la fameuse coupure entre l'avant-garde prospère et courageuse de la mondialisation heureuse, habitant les grandes métropoles, et la France des périphéries abandonnées, ce repaire de Français craintifs, angoissés, résignés, souvent paresseux, mais, c'est vrai, parfois en colère . 

Comme si tout cela pouvait être aussi simple, comme si un vote ne pouvait être que l'expression d'une vive émotion, d'un stress, d'une réaction au mieux d'un calcul tactique . Eh, bien ! Non . Le vote est d'abord le fruit de la rencontre entre une offre politique et des dispositions sociales, culturelles, de statut social et de trajectoire personnelle .

C'est pourquoi on ne peut faire l'économie d'une analyse sociologique du vote du dimanche 23 avril 2017 .

Autrement dit, le faible score de Marine Le Pen dans les grandes villes est d'abord le résultat de l'inagale répartition territoriale des groupes sociaux et des classes d'âge . Dans les 20 plus grandes villes du pays, la part des classes populaires dans la population, et particulièrement des ouvriers qui ont voté à 39% pour Le Pen, dit l'IFOP - y est nettement plus faible . La part des chefs de famille ouvriers y est de 12,3% contre 16,7% dans la France entière, et l'écart est plus grand encore si on retire le nombre d'ouvriers étrangers en plus forte concentration dans ces métropoles, étrangers qui ne votent pas . 

Concernant l'âge, les moins de 30 ans y sont de 6,5 fois plus nombreux ( 43%) qu'ailleurs, les retraités, y représentant seulement 20,6% contre 26,6% de la population totale . Or le vote des retraités penche nettement à droite .

Le rejet du FN et la propension à voter à gauche dans les grandes villes tient aussi à la part des emplois publics ( administrations, enseignement, santé, action sociale ) qui y regroupent 37,6 d'emplois, contre 31,6% ailleurs et à celle des diplômés du supérieur, 37,5% contre 26,8% ailleurs . A contrario, les non-salariés y sont moins nombreux, 13,5% contre 16,1%, tandis que les propriétaires de leur résidence principale n'atteignent que 36,3% contre 57% hors métropoles .

On oublis enfin trop souvent de prendre en considération le revenu médian, qui est inférieur de 1300€, annuels, par rapport au reste du pays, eu égard au poids des familles mono-parentales .

On voit bien là, davantage un effet de configuration sociologique qu'une opposition entre " Winners " et " loosers "

Cela dit, toutes les grandes villes ne se ressemblent pas . On peut tout à fait opposer Paris  avec ses 28,3% de cadres et professions intellectuelles supérieures, ses 5,5% d'ouvriers chefs de famille, ses 57% de diplômés du supérieur et son revenu médian de 25 981 € et Le Havre, et son histoire de ville communiste pendant longtmps, où ces données s'inversent, 5,9% de cadres, ses 19% d'ouvriers, ses 20,9% de diplômés du supérieur et son revenu médian de 19 087 € mais où l'activité portuaire a jusqu'à aujourd'hui épargné les emplois .

A Paris, E. Macron recueille 13,5 points de plus qu'au Havre tandis que J.L. Mélenchon y fait 10,5 points de moins, et Marine Le Pen 15 .

Corrélation ne signifiant pas causalité, ces éléments ne sauraient se suffire à eux-mêmes et sont donc à combiner à bien d'autres données .

Cependant, ils révèlent une inconnue, pour le deuxième tour . La surreprésentatio des cadres et des professions intellectuelles parmi les électeurs d'E. Macron est un fait . Mais celle des professions intermédiaires l'est tout autant, alors que ses prises de position en faveur des petits patrons, commerçants et artisans ont bien moins pris, ces derniers lui ayant préféré F. Fillon . 

Mais alors, si ces derniers auxquels peuvent venir s'ajouter les ouvriers, les familles monoparentales, les fonctionnaires de catégorie C, toutes catégories auxquelles le candidat " En Marche " ne parle pas, se réfugient dans l'abstention ou carrément décident de sauter le pas, le cordon sanitaire établi par les grandes villes peut se déchirer brutalement .

 

NB : Eléments empruntés à l'article de " Alternatives économiques ", du 28/04/2017, " Le vote des grandes villes et ses clivages ", Frédéric Sawicki,  professeur à Paris I .

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 15:03
Arche de Noë .

Arche de Noë .

(1) . titre de l'article de Guy Konopnicki, Marianne No 1049 du 28 avril 2017 .

" Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat ", ( Louis Aragon, La rose et le réséda, mars 1943 ) .

Heureusement, quand les choses vont mal, la poésie est encore là pour nous remettre la tête d'aplomb .

" Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l'essentiel , parce que l'effort lui paraît indigne de soi ? Ne pas faire son devoir républicain en raison de la nausée que nous donne le moyen d'action, c'est prendre un risque collectif sans commune mesure avec l'inconvénient individuel " . Au mois d'avril 2002, tu avais su, Jean-Luc, comme très souvent, trouver les mots, de très beaux mots, pour appeler le peuple de gauche à ne pas se dérober, à ne pas se défausser sur la décision du voisin, à assumer son combat par l'expression d'une conscience de classe particulièrement acérée . Et, dans une situation analogue, quinze ans après, tu pourrais renier de tels mots ? 

Pourquoi un tel visage sombre au soir des résultats de ce 23 avril 2017, bien loin des accents de victoire d'un Noël Mamère et d'un Olivier Besancenot, au soir du 21 avril 2002, parce qu'ils venaient de franchir la barre des 5%  - qui vous donnent droit au remboursement des frais de campagne - alors que Jean-Marie Le Pen accédait au 2e tour et que la gauche s'écrasait déjà sur le mur de ses reniements ?

Pourquoi ce silence, alors qu'au terme d'une magnifique campagne où certes tu méritais bien mieux qu'une 4e place, une campagne suivie avec enthousiasme par une gauche militante que nous croyions tous disparue, où tu venais de convaincre deux fois plus d'électeurs qu'en 2002, et remporter ton pari d'élever la conscience politique de toute une France rebelle sans laquelle aucun progrès n'est possible ? Une campagne qui a mis un frein indiscutable à la montée permanente du FN depuis 2002 .

Faut-il laisser la parole pour combattre le pire à quelques peoples en manque d'image cathodique ?

Pour l'heure, le problème ne réside pas dans le programme du petit lutin de la finance, " les insoumis " qui invoquent le danger de 2022, après une nouvelle purge libérale, mésestiment leur force . Quand on vient de rassembler  prés de 20% de suffrages et près de 7 millions de voix, sur un programme de transformation sociale, politique et écologique, on ne peut cultiver pareil pessimisme .

Le succès de la " France insoumise ", car c'est bien d'un succès qu'il s'agit, dessine enfin une véritable alternative au Front National si cette " France insoumise " sait, tout en préservant son indépendance politique, faire fructifier ses acquis du premier tour . 

Si d'aventure, la victoire d'E. Macron s'avérait trop étroite, réduite à l'alliance d'un centre vaguement de gauche et des restes d'une droite républicaine, Le Front National apparaîtrait alors comme la seule force d'opposition, une force ayant démontré sa capacité à rassembler au deuxième tour plus de 40% d'une élection présidentielle, plus de 10 millions d'électeurs . Qui ne voit, la catastrophe que cela serait ?

Par l'espoir que tu incarnes désormais, Jean-Luc, tu es le seul aujourd'hui à pouvoir nous aider à dépasser le sempiternel et inefficace " barrage au fascisme " en poursuivant le combat de la construction d'une grande force citoyenne . 

La vraie question qui nous est posée est celle-ci : le Front National ne doit pas rentrer en force à l'Assemblée Nationale, avec 50 ou 60 députés, ou plus, c'est bien pourquoi, le combat commence dès à présent, à condition que tu parles encore et clairement à ces 7 millions de Français qui attendent de savoir si tu continues le combat .

 

NB : source, " Ne fais pas la gueule Jean-Luc " , Guy Konopnicki, Marianne No 1049 .

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 15:28
Ojim.fr

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 D'un point de vue philosophique, la substance est la réalité permanente qui sert de substrat aux attributs changeants, expliquait Leibniz . La substance est ce qui existe en soi, en-dessous des accidents, sans changements, du latin " substare ", se tenir dessous, le support .

" Il faut saluer la performance, l'itinéraire d'Emmanuel Macron est inédit dans l'histoire de la république, sauf peut-être à remonter à Louis-Napoléon Bonaparte, le neveu, en 1848 . Novice en politique, jamais élu, doté d'un programme social-libéral qui n'a jamais pris dans une élection française, fondateur d'un mouvement qui compte à peine douze mois d'existence, il se hisse en tête d'une présidentielle . Qui l'eût cru, il y a seulement un an ? " . C'est ainsi que le journal Libération salue, sous la plume de son directeur,  le score du candidat " au centre du milieu " de la politique française, le présentant comme une espèce nouvelle due à un phénomène de génération spontanée . Louis Pasteur tousse .

Et si l'on allait regarder de plus près, la substance du phénomène, ce qui est en-dessous, la permanence, comment le candidat " d' En marche " a été fabriqué de toutes pièces par des médias, entre les mains du capital .

Souvenons-nous, des images d'E. Macron, sortant discrètement de Bercy, à la fin du mois d'août 2016, pour emprunter une navette fluviale de la police, et se rendre à l'Elysée où il va remettre sa démission à F. Hollande . Une escapade voulue, nous dt-on secrète, mais alors que faisaient les caméras de BFMTV, en nombre sur les quais et filmant l'événement, en direct, en mode " paparazade ", en mode images volées ?

Ce que nous ignorons à ce stade, c'est que les coeurs des patrons du CAC40, battent depuis un certain temps pour " le chérubin " si compréhensif aux doléances de ces messieurs et ont fergé un projet : le porter à la Présidence de la République . A ce stade, le jeune homme n'est encore rien, mais ce n'est pas un problème . Les " Gepetto " qui envisagent de le guider ont les poches pleines de billets et des rédactions de médias pleines de journalistes peu regardants . Ils sont prêts à en faire un tout .

La scène de Bercy, reprise en boucle sur les plateaux de BFM est hallucinante : la surexcitation des commentateurs chargés de faire mousser le non-événement et le faire passer pour un moment historique atteignait des sommets de ridicule et pourtant nous ne comprîmes pas, ce jour-là, que commençait une opération de propagande d'une dimension tout à fait inédite .

Depuis des années la situation dans les médias français s'est spectaculairement dégradée, jusqu'à faire chuter la France au 45e rang du classement mondial de la liberté de la presse, selon " Reporters sans frontières ", entre le Botswana et la Roumanie - excusez du peu . Le tout à cause " d'une poignée d'hommes d'affaires ayant des intérêts extérieurs au champ des médias et qui ont fini par posséder la grande majorité des médias privés à vocation nationale " ajoute l'organisme international .

En ce domaine, on retrouve, une nouvelle fois, l'imposture de F. Hollande qui avait promis de relever les seuils anti-concentration de la presse et nous gratifia de la loi naine appelée " Loi Bloche " ( fin 2016 ), enterrant le projet au profit de la mise en place de dérisoires " chartes éthiques " censées garantir la liberté des journalistes .

A rebours de ses engagements, F. Hollande favorisera en 2015, le rachat de titres historiques comme " Libération " et " L'Express " par Patrik Drahi, géant des télécoms ; la prise de contrôle de " Canal + " par le groupe Vincent Bolloré avec ses conséquences sinistres ; le rachat du " Parisien " par Bernard Arnaud, déjà propriétaire des " Echos " ; l'absorption du " Monde " par le trio d'investisseurs bien connus : Xavier Niel, télécoms, Mathieu Pégasse, banque, et Pierre Bergé, luxe, auxquels le Président va offrir ensuite, le titre sur lequel il veillait comme le lait sur le feu, " l'Obs " .

Soyons clairs, F. Hollande pensait avoir verrouillé ce milieu, pour lui-même, en vue de sa propre réélection . Et là nous flirtons avec " la farce " en tant que spectacle du Moyen Age : l'habile homme politique ne vit jamais que le polichinelle à qui il avait mis le pied à l'étrier, avait amené dans ses tiroirs ses amis du CAC40 . Le châtiment biblique l'attendait : la lapidation .

Plus précoce que la dupe élyséenne, il y a des années que Macron plaçait ses pions auprès de ces géants des médias . En tant que banquier d'affaires chez Rothschild, il avait conseillé le groupe Lagardère dans la vente de ses journaux à l'international ; de ses relations avec Bolloré, l'impétueux ne se cachait, il les avait révélées, sans fard, au journaliste Marc Endeweld qui les rapporte dans son livre " L'ambigü M. Macron " chez Flammarion tout comme son étroite amitié avec le fils, Yannick Bolloré, PDG d'Havas, un géant de la communication mondiale, chargé de la grande soirée de janvier à Las Vegas, où Macron lança sa campagne auprés de grands donateurs triés sur le volet .

Avec Patrick Drahi, patron de BFMTV, c'est la lune de miel permanente, au point que ce dernier se sent régulièrement obligé de nier que sa chaîne fait du " Télémacron " , ce qui ne trope personne .

Avec Xavier Niel, patron du " Monde ", la relation est torride . Au point que ce monsieur allait annoncer, en janvier 2016, son soutien financier aux ambitions de l'autre, mais un reportage au 20H de France2 éventa le coup et fit peur aux protagonistes qui devinrent plus taiseux sur leur relation .

Une enquête bien informée du magazine " Vanity Fair ", au début du mois d'avril, sur la reine de la presse people, Michèle Marchand, dite " Mimi " dans le milieu, levait un coin de voile, cependant, sur les dîners privés organisés entre Xavier Niel et le couple Macron, depuis plus d'un an .

L'argent rode autour de cette candidature, et cela sortira un jour, tout finit par sortir .

Mentionnons pour conclure la dizaine de couvertures sur Macron réalisées par l'Obs en deux ans, alors que dans le même temps une seule était consacrée à Mélenchon et une seule à Benoît Hamon, tout comme l'Edito publié à quatre jours du scrutin appelant clairement à voter Macron, en contradiction flagrante avec le pluralisme de gauche revendiqué depuis toujours par ce journal .

Alors ? " Génération spontanée " ou " Job bien mené " par des amis qui veulent du bien au candidat ou plutôt qui se veulent du bien à eux-mêmes ?

 

NB : source, article de la journaliste Aude Ancelin, " Emmanuel Macron, un putsch du CAC40 ", site Agoravox, du 21 avril 2017 .

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:17
Photo, " Le Temps " ( Suisse ) .

Photo, " Le Temps " ( Suisse ) .

" Voter, ce n'est pas choisir entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable " ( Raymond Aron ) .

Expédions les affaires courantes : le 7 mai, je voterai E. Macron parce que je tiens plus que tout à dire " Vous, jamais ! " aux héritiers des collabos de Vichy et de l'Algérie Française . Il ne peut y avoir débat, pour moi, là-dessus . Bon, ça c'est fait !

Passons aux choses sérieuses . Les " faiseurs d'opinion " qui se succèdent sur les plateaux télévisés depuis dimanche soir sont pathétiques . Ils ont tout faux . " Le petit prince de la finance " a terrassé les partis, il ouvre la voie à un renouvellement de la vie politique, enfin avec lui, toutes les formes de conservatisme incarnées par les partis étant étouffées, la France va pouvoir se réformer . Bla, bla, bla ! ...

Sauf que ce qui s'annonce avec la victoire annoncée d'E. Macron, c'est le retour en force des Partis . Parce que loin du " mantra " médiatique actuel de la fin des partis, ces derniers ne meurent pas, ils se transforment, certes, ils évoluent, mais ils restent, parce qu'ils sont nécessaires à la vie politique, comme le disait Léon Blum, parce qu'ils la structurent et j'ajoute - avec l'historien Michel Winocq - qu'ils doivent être forts et disciplinés, pour rester les vrais remparts contre toutes les aventures totalitaires, de toutes natures .

Je reprends donc à mon compte la métaphore mélenchonienne du " casse noix ", inventée pour dépeindre la tragédie du pauvre B. Hamon, pour décrire ce qui vient . 

Pour une affaire de " gros sous " d'abord, leur financement durant les cinq années à venir, pour peser de tout leur poids dans le prochain quinquennat, et pour la droite, prendre sa revanche de la présidentielle ratée, les Socialistes, de leur côté, et Les Républicains, du leur, vont se rabibocher, panser quelques plaies, pour empêcher Emmanuel Macron de gouverner à sa guise .

Ce matin, chez J.J. Bourdin, sur BFMTV, Bruno Le Maire a énoncé très clairement la stratégie de son camp : " La droite ne présidera pas la France mais elle peut la gouverner ", tant le désir d'alternance est grand chez ces conservateurs .

Les grognards de ces deux camps ont bien compris que " Peter pan " et les 577 - ou presque - inconnus qu'il va lancer dans la bataille des Législatives n'ont aucune chance d'obtenir une majorité à l'Assemblée Nationale, alors soyons lucides, le troisième tour de la présidentielle ne se jouera pas entre E. macron et la droite, sans Fillon, mais dans un combat entre le PS et Les Républicains, afin d'obtenir pour chacun des camps, le groupe de députés le plus puissant à l'Assemblée et imposer au nouveau président, éventuellement, un Premier Ministre issu de leurs rangs ou, au moins, un pacte de coalition très contraignant . Et l'on devrait appeler cela la mort des partis ?

J. L. Mélenchon, après une magnifique campagne, et alors qu'il pouvait s'enorgueillir d'un résultat pour la vraie gauche, remarquable, gagnant huit points et plus de trois millions de voix sur 2012, choisit de son côté, de mettre un terme à son épopée, au soir du premier tour, dans une intervention télévisée, confuse, inaudible et sans panache, hypothéquant ainsi les résultats de ses insoumis lors du troisième tour . 

La question qui se pose donc, aujourd'hui, ne concerne plus le deuxième tour de la présidentielle, déjà joué, mais les Législatives : quel signal les Français voudront-ils envoyer au nouveau président ? Barrage, rejet, navigation plus à droite, cap plus à gauche ? Dans tous les cas, le nouvel élu n'a pas à attendre, comme ses prédécesseurs d'état de grâce, sa marge de manoeuvre sera très étroite . Il n'aura ni majorité claire ni autorité morale suffisantes pour réformer . Dans l'Hémicycle, les familles politiques ne l'épargneront pas et les tentations de dissolution seront fréquentes .

Alors, le président aura à choisir : l'impuissance ou la brutalité ! 

" Emmanuel ", c'est ainsi que dans la bible le prophète Isaïe, désigne le Messie, Jésus : " celui qui accomplit le dessein de Dieu " . Cette référence biblique devrait pouvoir nous réconforter sauf, qu'à ce jour, notre Emmanuel n'a toujours pas annoncé quel était son dessein .

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 14:23
" La République des copains " .

" La tribu qu'une passion collective soude à son chef ", ( Marc Bloch ) .

Au-delà des reniements sur les questions économiques et sociales, il en est une où le quinquennat hollande ne pourra jamais être absout, c'est la question démocratique . 

Au terme du quinquennat de N. Sarkozy qui avait poussé jusqu'à la caricature tous les traits détestables de la monarchie républicaine, au point de transformer la France en une sorte de système néo-poutinien, on s'était pris à sepérer que F. Hollande tournerait la page sur ce plan-là . On pouvait donc espérer que les socialistes engageraient, au moins, des réformes - qui ne coûtent rien - pour refonder la démocratie, pour sortir des méfaits du legs bonapartiste et de tous ses excès : le pouvoir personnel, l'affairisme, le népotisme, la xénophobie, la flatterie des instincts les plus vils .

Pour beaucoup de Français qui votèrent en 2012 pour F. Hollande il y avait d'abord l'indignation soulevée par les comportements de N. Sarkozy, la volonté de tourner une page honteuse . Sans doute ce vote était-il un vote sans illusion sur la question sociale, les socialistes avaient tant de fois tourné casaque, mais au moins, avec F. Hollande, l'air pouvait devenir démocratiquement un peu plus respirable .

Il n'en fut rien . Et " l'imposture " s'imposa en ce domaine comme dans tous les autres :  la république des copains poursuivit son chemin comme " la tribu soudée à son chef " que dénonçait Marc Bloch en 1940 . 

L'historien, nous donne dans " L'étrange défaite ",  en pleine  débâcle de 1940, où la démocratie s'écroulait parce qu'elle était anémiée, sa très belle définition de cette démocratie : " La Cité étant au service des personnes, le pouvoir doit reposer sur leur confiance et s'efforcer de la maintenir par un contact permanent avec l'opinion . Sans doute, cette opinion peut-elle, doit-elle être guidée, mais elle ne doit être ni dupée, ni violentée, et c'est en faisant appel à sa raison que le chef doit déterminer en elle la conviction ... - Deux quinquennats successifs n'auront fonctionné que sur l'appel aux passions des gens - . Ainsi doit-il avant tout distinguer les aspirations profondes et permanentes de son peuple, exprimer en clair ce que celui-ci dénie parfois bien confusément et le révéler pour ainsi dire à lui même . Un tel débat ne peut être méné que dans la sécurité - c'est à dire hors passions . L'Etat au service des personnes ne doit ni les contraindre, ni se servir d'elles comme d'instruments aveugles pour des fins qu'elles ignorent . leurts droits doivent être garantis par un ordre juridique stable . La tribu qu'une passion collective soude à son chef est alors remplacée par la Cité que gouvernent les Lois ... "

A l'évidence, F. Hollande n'a jamais lu notre grand historien . C'est pourtant de cette démocratie tolérante, libérale au sens politique du terme, respectueuse des citoyens, dont la France a été privée durant les deux derniers quinquennats, dont elle a besoin .

Marc Bloch formule peut-être un rêve . Mais en ce dimanche d'élection présidentielle, prenons la mesure des enjeux : trois candidats sur les quatre en lice font peser d'énormes dangers sur la démocratie, le quatrième nous invite au contraire à tenter l'aventure démocratique . Ne nous trompons pas . Nous vivons un moment historique .

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