Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 14:38

Réédition de septembre 2011 .

telechargement.jpg

 Gavroche !

" Le XIXe siècle est grand, mais le XXe siècle sera heureux...On n'aura plus à craindre la famine, l'exploitation, la prostitution par détresse, la misère par le chômage, et l'échafaud, et le glaive, et les batailles et tous les brigandages du hasard dans la forêt des évènements ... On sera heureux . Le genre humain accomplira sa loi comme le globe accomplit la sienne " ,( V. Hugo : Les Misérables, Enjolras) .

Après ces mots, Enjolras meurt, sur sa barricade .

Au XVIIIe siècle, un drapeau rouge hissé au sommet des beffrois des bourgs, annonçait un danger . Au mois d'octobre 1789, l' Assemblée Constituante décrète qu'en cas de trouble, un drapeau rouge sera placé aux carrefours des rues de Paris pour signifier l'interdiction d'attroupements et avertir que la force publique est susceptible d'intervenir .

 Au mois de juillet 1791, après l'arrestation de Louis XVI à Varennes, de nombreux Parisiens se rassemblent au Champ de Mars pour demander la destitution du roi .

 Le Maire de Paris , Bailly, craint l'émeute et fait hisser un grand drapeau rouge . Mais la Garde Nationale tire sans sommation, provoquant plusieurs dizaines de morts dont on fait aussitôt des " Martyrs de la Révolution " .

 C'est à partir de cet épisode sanglant que le drapeau rouge va devenir le symbole des opprimés et des révoltés.

   Au mois de février 1848, le gouvernement de la Deuxième République tente même d'en faire le drapeau national en tant que " Symbole de la misère du peuple..."

 C'est le poète Alphonse de Lamartine, membre du gouvernement provisoire, qui retourne la situation, mais sa déclaration, en la circonstance, ne manque pas d'intérêt : " Le drapeau rouge est un pavillon de terreur qui n'a jamais fait que le tour du Champ de Mars, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie..."

 Le sort du drapeau rouge est dès lors scellé : grâce au poète, le drapeau rouge devient l'étendard des luttes sociales . 

 

Quand les femmes s'en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c'est que le soleil se lèvera sur une ville révoltée ", ( Jules Vallès, L'insurgé ) .


 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 14:34
" La destruction au service d'un dessein individuel ! "

" Cette pratique est absolument immorale ... On est battu par nous-mêmes, par la division " ( Interview de JL Mélenchon, 30 mars 1992, sur France 3, archives INA, publiée par Le Point, le 23/02/ 2017 ) . Le sénateur socialiste JLM vient d'être battu à une élection cantonale, à cause du maintien au 2e tour du candidat de " Génération Ecologie " et vilipende la désunion .

" L'aveuglement sectaire de Jean-Luc Mélenchon est en train de provoquer un gâchis invraisemblable . Un gâchis dont il ne tirera lui-même qu'un profit passager et qui coûtera très cher au monde du travail et à la gauche " ( Blog de Christian Picquet, co-fondateur du Front de gauche, 1er juin 2017, " A quoi sert JL Mélenchon ? " )

Chacun peut entendre que les partisans de JLM veuillent sanctionner les trahisons du dernier quinquennat, qu'ils entendent bouleverser les équilibres qui avaient fait depuis 40 ans du PS le parti hégémonique à gauche voire qu'ils considèrent leur démarche comme " une cohérence conquérante ", chose courante chez ceux qui s'engagent souvent pour la première fois et sans grande formation politique dans une nouvelle aventure partisane, et même qu'ils escomptent bénéficier d'une forte dotation financière publique, à l'issue des législatives, afin de financer leur formation jusqu'à la prochaine présidentielle, dont ils cachent à peine qu'ils comptent bien figurer .

Sont-ils pour autant autorisés à afficher plus de hargne contre ceux grâce auxquels ils ont pu présenter leur candidat devant les Français - sans les signatures des élus communistes, JLM, n'aurait pu candidater - et contre le reste de la gauche, que contre ceux qui préparent, en haut de l'Etat, l'effacement d'un siècle et demi de combats du mouvement ouvrier ?

Menacer le reconduction de députés communistes sortants, la reconquête de circonscriptions perdues de justesse lors de la vague rose de 2012, rendant du même coup plus difficile la résistance pour la défense des droits fondamentaux des travailleurs dans l'hémicycle et accordant les coudées franches à la nouvelle " majorité présidentielle ", est loin d'être cohérent et conquérant .

Certes M. Mélenchon assume sa " volonté hégémonique " . Dans son blog daté du 29 mai 2017 et sous le titre " En campagne sans trêve " il n'hésite pas - en bon connaissseur de notre langue - à dire : " Un accord nous aurait affaiblis dans l'opinion en nous obligeant à devoir assumer de drôles de promiscuités " . De quelles promiscuités veut-il parler ? De celle de ces jeunes militants communistes issus du monde du travail ? Impayable Jean-Luc, hautain et méprisant, même avec ceux qui le soutiennent, qu'il interpelle dans ses meetings, par ce terme péjoratif : " Les gens ! ", certainement pour ne pas avoir à dire " camarades ", mais qui me rappelle, à chaque fois que je l'entends, l'expression très aristocratique, pour désigner ceux qui vous servent : " Mes gens ! " 

Ce qu'il écrit révèle que JLM est aujourd'hui emporté par une dérive personnelle qui le conduit à vouloir détruire tout ce qui pourrait contrarier ses desseins personnels et à demeurer indifférent à la quasi disparition de la gauche de zones entières du territoire national .

La métaphore du " casse-noix " qu'il utilisa pour expliquer comment il allait s'y prendre  pour broyer la candidature Hamon, prend ici, pour l'étape des législatives, une concrétisation sinistre : " Laisser à la classe dominante un coup d'avance sur la gauche ", selon l'expression de la sociologue Monique Pinçon-Charlot, elle-même impliquée dans la bataille .

Quand JLM twitte : " Chaque page du Code du Travail est l'histoire d'une lutte de nos anciens pour nos droits ", on se sent l'envie de l'aimer . Mais comme aussitôt, on part chercher sur les réseaux sociaux, les mots d'assentiment de ses Insoumis, pour se rassurer, et qu'on ne tombe que sur la violence hallucinante de ces mêmes insoumis, à leurs bordées d'injures à l'encontre du PCF, et de tout ce qui n'est pas insoumis, on est pris de nausée et on éteint l'ordinateur .

Les 11 et 18 juin prochains, les électeurs de gauche ont trois questions à se poser, avant d'entrer dans l'isoloir . Quel candidat, ou candidate, peut porter le mieux l'objectif de rassemblement sans lequel la gauche va disparaître pour très longtemps du champ politique français ? Lequel ou laquelle portera le mieux l'exigence de justice sociale parce que ce , ou cette candidate a pour seule boussole l'intérêt général ? Lequel ou laquelle s'identifiera le plus à une approche de la politique basée sur l'éthique et la proximité ? " ( Blog de Christian Picquet, 1er juin 2017 ) .

Apporter une réponse lucide à chacune de ces trois questions, avant de décider de ce que doit être son vote, a toujours été le cas, mais cette fois, c'est devenu vital , car au soir du 18 juin, le seuil de " l'insupportable " pourrait être atteint .

PS : Alors que j'écris ces lignes, le magazine Society publie une interview de JLM reprise par actu.orange.fr . Voici ce que dit le leader des Insoumis sur F. Hollande -qui n'est plus dans la course, précisons-le - à deux jours du 1er tour des législative  : " F. Hollande est un pauvre type . la plus éminente médiocrité du PS, des années 2000 " ... Et d'ajouter : " Il n'y a rien à en dire ! Il n'a jamais rien fait . Il était à l'ENA, même pas bien classé . Personne ne faisait attention à lui ... C'est le genre de gars qui devait arracher les ailes aux mouches quand il était gamin . C'est sa psychologie . Ca l'amuse de rouler les gens et de les voir se débattre ... " Du Mélenchon de très haut niveau !

 

 

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 15:54
Statue de Sun Tzu .

Statue de Sun Tzu .

" Ceux qui savent ne parlent pas . Ceux qui parlent ne savent pas . Le sage enseigne par ses actes, non par ses paroles ", ( Lao Tseu, fondateur du Taïoisme, Ve s. av. JC ) .

Il n'est nul besoin d'être le général chinois Sun Tzu ( L'art de la guerre, VIe s. av. JC ) pour savoir qu'une armée " En marche ", quand rien ni personne ne s'oppose à elle, a tendance à renverser, bousculer, piétiner tout ce qui se trouve sur son passage . C'est ce qui est en passe d'arriver en " Macronie ", pardon, en France, à l'occasion des prochaines législatives .

Grâce à des fuites - peut-être bien organisées -, dans 10 des 11 circonscriptions des Français de l'étranger, où l'on a voté une semaine avant la métropole, " La République en Marche " est largement en tête et remportera ces sièges, au deuxième tour, sans coup férir .

Cette conquête sans pitié fait redouter à tous les états-majors parisiens des " anciens partis ", pour le 7 juin prochain, dans les circonscriptions hexagonales, des effets tout aussi ravageurs, danger largement prophétisé par les enquêtes sur les intentions de vote des Français, toutes concordantes . Même les circonscriptions qui étaient garanties " en or " - comme on disait autrefois, avant la naissance à la politique d'Emmanuel Macron - sont menacées . Pour ne prendre que deux exemples, citons : Nathalie Kosciusko-Morizet dans le 7e Arrondissement de Paris pour la droite, Jean-Christophe Cambadélis, 1er secrétaire du PS, pour la gauche, dans sa circonscription, réputée imperdable, du XIXe Arrondissement, compte déjà ses abattis . Les autres se préparent à passer deux dimanches au rouleau compresseur .

Seul, un isolé, grâce à un concours de circonstances bizarres mais favorables - comme la politique sait encore les fabriquer - semble pouvoir tirer son épingle du jeu : Manuel Valls . Les sondages disent aussi que la " Macronie " va piétiner même ceux qui ne s'opposent pas à elle et ont fait des offres de service mais que " Jupiter " n'a pas jugées assez convaincantes .

Les pronostics donnent le vertige : près de 400 députés " En Marche et Modem ", à l'Assemblée Nationale, sur 577 sièges à pourvoir . Un tsunami : à peine une centaine pour " Les Républicains ", qui seraient la 1ere force d'opposition, mais bien affaiblie ; entre 30 et 40 socialistes, une misère ; entre 20 et 25 représentants du FN ; entre 15 et 20 Insoumis et PC . 

C'en est au point que les dirigeants " d'En Marche " font mine de s'inquiéter . " Nous allons avoir beaucoup d'élus, peut-être trop, il va falloir les encadrer de près pour éviter le foutoir, car la moitié seront des novices ", dit le Président . " Nous allons dépasser les 400 députés, parfois des gens valables  vont se faire battre par des gens de moindre valeur . C'est triste mais c'est comme ça ", surenchérit G. Collomb, soutien de la première heure . " Nous risquons d'être dépassés par l'ampleur de notre succès . Des dizaines de députés pourraient poser problème, ne serait-ce que pour leurs activités de conseil . Il va falloir surveiller tout ça ", prévient J.P. Delevoy, l'ancien chiraquien, devenu " Monsieur Elections " de la " Macronie " . Amusants états d'âme !

C'est un ancien secrétaire d'Etat de F. Hollande, J.M. Le Guen qui décrit le mieux la noirceur de l'avenir du " système " : " Dès le premier tour, on va vivre l'implosion du système, un véritable effet de souffle . Au premier tour il y aura la prime présidentielle aux candidats " En marche " qui, au second, vont récupérer, face à la gauche, les voix de la droite, face à la droite, les voix de la gauche ... " Remarquable lucidité ! Mais n'est-ce pas là que se niche toute l'habileté politique du " chérubin " qui a placé tous les partis en situation de se trouver ainsi piégés .

Mais E. Macron aurait tort de " prendre le melon " . Avoir aplati toute la concurrence ne signifie pas avoir aplani toutes les difficultés . Il reste bien des obstacles . Et pour un Président élu avec seulement 24% de suffrages au premier tour de la présidentielle, des obstacles, il en reste même beaucoup à contourner : de la réforme du marché du travail à la moralisation de la vie politique en passant par la lutte contre le terrorisme, " la marche en avant, au pas cadencé " va rester de mise encore longtemps, même avec une écrasante majorité au parlement .

 

NB : d'après l'article " Un tonnerre d'aplatissements ", Le Canard Enchaîné du 7 juin 2017, page 1, d'Erik Emptaz .

 

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 14:13
Portrait de Machiavel .

Portrait de Machiavel .

" C'est le bien général et non l'intérêt particulier qui fait la puissance d'un Etat ; et, on n'a en vue le bien public que dans les Républiques : on ne s'y détermine à faire que ce qu'y tourne à l'avantage commun et, si par hasard, on fait le malheur de quelques particuliers, tant de citoyens y trouveront de l'avantage qu'ils sont toujours assurés de l'emporter sur le petit nombre d'individus dont les intérêts sont blessés . " ( Machiavel, 1469-1527, Discours sur la première décade de Tite-Live ) .

Machiavel écrit à l'aube de la grande réforme protestante qui va déchirer la chrétienté et entraîner des guerres de religion qui ensanglanteront l'Europe durant deux siècles .

Machiavel ne cherche pas, comme l'avait fait Platon, à décrire la république idéale . Il ne s'intéresse pas à un Etat qui n'a jamais existé : il veut s'en tenir à la vérité effective du politique . Il ne se préoccupe pas de ce que l'homme devrait être, de la morale ; il fonde ses réflexions sur les comportements effectifs de l'homme : " Plusieurs se sont imaginé des républiques et des principautés qui ne furent jamais vues ni connues pour vraies . mais il y a si loin de la manière dont on vit à celle selon laquelle on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui devrair se faire append plutôt à se perdre qu'à se conserver " .

Pour Platon, les hommes se réunissent au départ, pour assurer grâce à la division du travail, leurs besoins de nourriture, de vêtements et de gîte . pour Machiavel, au contraire, les hommes se réunissent en société, essentiellement, pour des raisons de sécurité .

Cette affirmation pose aussitôt la question de savoir quelle est la nature de l'homme pour Machiavel .

Les hommes sont ingrats, changeants, menteurs et dupes, ennemis du danger et avides de gains . Les désirs de l'homme sont insatiables, il veut toujours plus et ne se contente jamais de ce qu'il a : " La nature nous a créés avec la faculté de tout désirer et en même temps l'impuissance de tout obtenir ; en sorte que le désir se trouvant toujours supérieur à nos moyens, il en résulte du dégoût pour ce qu'on possède et de l'ennui de soi-même ", ( Discours sur la première décade ... ) L"homme est le même, quelles que soient la société et l'époque . La nature de l'homme est immuable et il ne peut y avoir de progrès moral de l'humanité . Les moeurs peuvent changer mais ces changements s'inscrivent au sein de cycles historiques qui ne remettent pas en question la nature humaine . C'est parce que les hommes sont essentiellement méchants qu'ils doivent être contraints à la bonté, soit par la force et par la ruse, soit par des lois . Machiavel affirme donc que l'homme politique doit imiter ces deux bêtes que sont le lion et le renard pour fonder en Etat durable et stable . L'usage de la force seule est insuffisant, l'utilisation de la ruse est indispensable .

Dans une république, les lois et les tribunaux empêchent les citoyens ambitieux et puissants d'attenter à l'Etat, ils assurent le règlement pacifique des litiges entre particuliers, ils interdisent que des individus se coalisent pour régler leurs querelles par la violence . Des individus peuvent être opprimés par l'Etat, des injustices peuvent être commises mais dès lors que cette oppression est opérée par une autorité légale elle n'entraîne pas, pour machiavel, le principe du " mal " : le désordre dans l'Etat . 

Les hommes se laissent facilement tromper par l'apparence . Ce jugement s'applique autant au peuple qu'aux grands : " L'universalité des hommes se repaît de l'apparence comme de la réalité ; souvent même l'apparence les frappe et les satisfait plus que la réalité " ( le Prince ) . De ce constat, il résulte que pour obtenir l'appui de ses sujets ou des citoyens, le dirigeant politique doit paraître vertueux, sans l'être nécessairement, car le maintien et la consolidation de l'Etat peuvent requérir l'emploi de moyens condamnés par la morale traditionnelle . Machiavel parle abondamment de son contemporain le pape Alexandre VI Borgia qui feignait habilement être doté de toutes les vertus mais utilisait sans mesure la force et la ruse pour défendre ses intérêts et ceux de sa famille : " Alexandre VI ne fit jamais rien d'autre que piper le monde trouvant toujours sujet propre à tromper ... jamais homme ne fut plus ardent à donner des assurances, à promettre sa foi avec grands serments mais à moins l'observer " ( Le Prince ) . 

Paraître vertueux, mieux même, religieux, est un instrument nécessaire à la ruse .

[ Toute ressemblance avec des personnages, existant ou ayant existé, ne serait que pure coïncidence . ]

Repost 0
Published by regain2012 - dans philosophie
commenter cet article
2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 14:56
Le col de Roncevaux .

Le col de Roncevaux .

" Soudain comme chacun demeurait interdit,(1) / Un jeune homme bien fait sortit des rangs et dit : / " - Que Monsieur Saint-Denis garde le roi de France !" / Il (2) regarda celui qui s'avançait et vit, / Une espèce d'enfant au teint rose , aux mains blanches, / Doux, frêle, confiant, serein, sans écusson , /  " - Toi, que veux-tu, dit Charles, et qu'est-ce qui t'émeut ? / - Je viens vous demander ce dont pas un ne veut, / L'honneur d'être, ô mon roi, si Dieu ne m'abandonne, / L'homme dont on dira, c'est lui qui prit Narbonne ..." ( Aymerillot, La Légende des siècles, Victor Hugo ). 

1. Aucun baron de la suite de Charlemagne ( retour d'Espagne, et après le désastre de Roncevaux ) ne veut affronter les puissantes murailles de Narbonne . 2 . Le roi . 

Mille trois cents ans après, un nouveau chérubin, sorti de nulle part, au teint rose et aux mains blanches, prend Narbonne pour la deuxième fois sous la devise : " Sus au vieux monde ! Place à la moralisation de la politique ! " Nous allons tout changer .

Certes, notre vieux pays a connu un tel moment, en 1988, sous la houlette de F. Mitterrand . Ne pouvant plus nous enfumer, comme en 1981, avec le slogan d'une société plus juste débarrassée de la logique des profits grâce à la nationalisation des banques et de la sidérurgie, le vieux leader nous entraîna dans une deuxième aventure, vers un second espoir, celui de " le génération morale " . Bien sûr quelques mauvaises affaires avaient terni le premier septennat, mais les Français étaient encore prêts à s'engager vers de nouvelles exigences . Et les socialistes affirmaient vouloir être les porteurs du bien face au corrompu Chirac, au malfaisant Pasqua et à l'affreux Le Pen .

La morale transcendant les clivages politiques le divin président ouvrit son gouvernement à des hommes de droite, du centre et de la société civile .  L'incarnation de cette société civile brilla en la personne d'un certain Bernard Tapie, dont on parle encore aujourd'hui, pour ses turpitudes jamais assouvies . L'homme avait toutes las qualités pour refonder la politique . Le résultat fut que la transparence régna mais qu'il n'y eut jamais autant d'affaires que pendant ce deuxième septennat de F. Mitterrand, qui n'épargnèrent personne, ni un Premier Ministre - victime expiatoire des prétentions morales du socialisme - ni des ministres, ni le Président lui-même . A la vérité ce ne fut pas beau du tout .

Du coup, les trois successeurs du Président Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, se sont bien gardés d'insister sur le bouleversement moral qu'apportait leur élection . 

Mais à l'arrivée d'Emmanuel Macron sur le trône, tout change, un nouveau parti avec des candidats tout neufs s'apprête à bouleverser l'Assemblée Nationale .

" Quand la République est en marche, la Vertu doit triompher ! ", telle est la devise .

Les députés ne pourront plus embaucher ni leurs épouses, ni leur enfants . C'est bien ! Mais compte tenu du rajeunissement de la prochaine assemblée il convient de prévoir aussi les parents qui pourraient prétendre arrondir leur maigre retraite aux frais du fiston ou de fifille .

D'accord, on va limiter le cumul des mandats dans le temps mais prévoyons parallèlement la non transmission familiale des mêmes mandats que certains ont érigée en véritable sport tout comme le règne d'un couple infernal sur telle ou telle commune par l'interdiction faite au maire de nommer son épouse première adjointe .

Interdisons encore les fonctions de Maire, entre deux époux, dans deux communes différentes, alors que le code civil prévoit que deux époux font élection d'un domicile commun et le code électoral que l'élu municipal doit résider dans la commune où il est élu .

Après, il faudra se pencher sur le sort des amants, des maîtresses voire des enfants non reconnus .

Paradoxalement, il va y avoir des gagnants à ce jeu là : la presse à scandale et les sites à ragots qui se feront un cruel plaisir de dénicher les secrets de la vie privée . 

La morale ne se décrète pas et se traduit difficilement dans la loi : Machiavel le disait en son temps . Elle ne tarde jamais à rattraper ceux qui tentent de s'en prévaloir  .

M. Robert Ferrand, apôtre du sauveur, est là pour nous le dire . On n'efface pas si facilement son passé de notable socialiste fait de petites magouilles qui n'intéressent personne tant que vous restez à l'écart de la lumière .

Décidément, la ficelle du " Rédempteur " qui va nous purifier de nos fautes, est un peu trop grosse : c'est une si vieille histoire !

" Aymerillot, reprit le roi, dis-nous ton nom . / - Aymery . Je suis pauvre autant qu'un pauvre moine . / J'ai vingt ans, je n'ai point de paille, ni d'avoine, / Je sais lire en latin et je suis bachelier ... / Mais tout le grand ciel bleu n'emplirait pas mon coeur . / J'entrerai dans Narbonne et je serai vainqueur, / Après je châtierai les railleurs, s'il en reste . / Charles plus rayonnant que l'archange céleste, / S'écria : " - Tu seras pour ce propos hautain, / Aymery de Narbonne et comte palatin, / Et l'on te parlera d'une façon civile . /

Va, fils ! " Le lendemain, Aymery prit la ville ... " 

 

 

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 18:08
" Les craquements de l'arbre mort " .

" Regardons toujours du côté de l'aurore, de l'éclosion, de la naissance, . Ce qui tombe encourage ce qui monte . Le craquement du vieil arbre est un appel à l'ordre nouveau ", ( Victor Hugo, Quatrevingt-treize ) .

Il est trop fort . Il " incarne ", il " transgresse ", il " métamorphose ", il " terrasse " l'auroch des Appalaches, il " séduit " le Tsar de Moscou, il " guérit " les écrouelles, il est " le miracle de Fatima ", tous les jours renouvelé ; il est le général Bonaparte franchissant le Pont d'Arcole ou le col du Grand Saint-Bernard ; la consommation des ménages repart, le croissance revient, le bâtiment retrouve de la vigueur, le chômage vient de baisser en avril, " Macron la chance " marche sur l'eau sans même avoir eu à lever le petit doigt .

Observateurs et commentateurs embarqués dans l'aventure " bavent " d'admiration, sont à genoux, s'esbaudissent devant l'assurance du " paladin " tout droit sorti de la légende du Roi Arthur qui nous a été envoyé par le Créateur pour délivrer le royaume de la douce léthargie dans laquelle les mauvaises fées Chirac, Sarkozy et Hollande l'avaient plongé . 

Reconnaissons quand même que " le bébé hollande " a réussi, en quelques mois, un coup de maître . Il s'est imposé à la hussarde avant d'en finir, en deux temps, avec deux vieux arbres vermoulus : marginaliser le PS en faisant venir à lui quelques vieux modèles voués à la casse ; dynamiter la famille Les Républicains via une OPA sur trois éminences qui constituent désormais le trio de tête gouvernemental ( Philippe, Le Maire et Darmanin ) .

Mais, " séduire ", " incarner ", " transgresser ", ces trois verbes même mis bout à bout, s'ils font bouger les lignes, s'ils rebattent les cartes, ne constituent pas une politique .

En effet, pour mener à son terme la transgression, encore faut-il avoir un projet à la hauteur des enjeux ; une chose est de prôner le rassemblement des bonnes volontés, autre chose est de porter un message novateur, comme ce fut le cas, à la Libération, avec le programme du Conseil National de la Résistance, " Les jours heureux " mis en oeuvre par une équipe allant des gaullistes et des démocrates-chrétiens jusqu'aux communistes . Mais la France sortait alors d'une redoutable plongée dans l'horreur brune . 

Emmanuel Macron a, par un certain côté, une chance . Il bénéficie du travail engagé par ses deux prédécesseurs immédiats grâce à qui, rien ne ressemble plus à la droite décomplexée que la gauche paralysée, les uns et les autres s'étant alignés sur les diktats de Bruxelles : libre-échangisme, dérégulation, financiarisation, délocalisations, dumping salarial, course à l'intégration européenne ; le vade-mecum de la " mondialisation heureuse " .

Mais il y a une autre face à son aventure : en fait, pour la mener à bien, il lui faut rassembler des forces hier opposées afin de lutter efficacement contre " le rejet "  de ces politiques menées par les élites, que nous venons d'énumérer, rejet qui a rassemblé 50% des électeurs ayant voté au premier tour de la présidentielle auxquels on pourrait ajouter 22% d'abstentionnistes . On le voit, la partie n'est pas gagnée d'avance .

Entre les anciens socialistes débranchés et Les Républicains désénervés, il n'y a que l'épaisseur d'un papier à cigarettes sur les sujets économiques, par contre, sur le plan sociétal, la donne est différente : dans l'ancienne gauche tout le monde n'est pas libéral-libertaire à la sauce californienne mais tout le monde est acquis à la cause du néolibéralisme dont l'apogée s'exprime dans la consommation sans limites mais dans la droite conservatrice les valeurs chrétiennes restent présentes . La " coagulation " voulue par le nouveau président n'est donc pas aussi évidente .

Et là est la limite de son " chamboule-tout " .

Pour le moment donc, si l'on excepte les " adorateurs " de la divinité, on n'entend que les craquements des vieux arbres et rien ne monte de la terre nouvellement fécondée .

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article
26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 15:35
A la fin de la fête, on brûle le roi du carnaval .

A la fin de la fête, on brûle le roi du carnaval .

" Il ne suffit pas de vouloir le juste, il faut savoir le juste qu'il faut vouloir " ( Platon ) .

Ainsi J.L. Mélenchon, grisé par son succès à la Présidentielle, a rompu son alliance avec les Communistes . C'est d'abord une erreur politique : son succès, commencé en 2012, est dû aussi sinon largement, aux communistes . Ceux-ci ont été massivement les acteurs de ses rassemblements par la force de leur organisation, l'engagement de ses militants et sa presse . Si JLM avait analysé avec précision et objectivité ses résultats, il se serait aperçu que ce sont les lieux ( villes, cantons, départements ), où le PC reste encore fort qu'il réalisait ses plus forts scores . Or ce n'est pas du tout un hasard . C'est l'effet non seulement d'une sociologie particulière, celle des victimes du libéralisme, mais aussi de l'influence politique du PCF sur ces dernières . En se coupant de parti et en entrant en guerre avec lui, il va perdre beaucoup de voix parmi ceux qui ont voté pour lui, avec enthousiasme, le 23 avril dernier, dont je suis .

Il s'ensuit que son projet de recomposition de la gauche " autour de lui " va du coup à l'échec . Tant pis pour lui : c'est ce qui arrive à ceux qui, en politique, sont déstabilisés par leur propre réussite au point de vouloir jouer " leur seule image " contre les multiples sensibilités de ceux qui ont concouru à leurs premiers succès . 

Bien sûr, c'est un grand malheur, hélas, pour les classes populaires qui ont tant besoin de " l'Union " de la vraie gauche .

Puis, au-delà de cette erreur, il y a la faute morale . En fait, deux fautes . J.L. Mélenchon feint d'ignorer tout ce que le mouvement qu'il a fondé doit aux communistes - nous l'avons déjà dit - ce qui est une forme d'ingratitude moralement incompréhensible, nous disons bien moralement, car philosophiquement, si l'on en croit son dernier livre " De la vertu ", il fait une place majeure à la morale, dans son engagement politique . Où est donc passée la morale, dans ces circonstances ? Le cynisme a-t-il repris le dessus ? Mélenchon entend occuper toute la place à gauche et du coup ne respecte pas davantage les électeurs de B. Hamon, pourtant aussi dignes de respect que ses insoumis .

Tout cela est inadmissible moralement et irresponsable politiquement par rapport à l'avenir de la gauche antilibérale, dite " radicale "

Refuser à un courant fondamental des XIXe et XXe siècles le droit à une expression autonome en l'ensevelissant sous un discours certes humaniste mais qui ne remet pas en cause le capitalisme est indigne . Le PCF a évolué mais porte toujours en lui deux fondamentaux du combat contre le capitalisme grâce à la théorie marxiste qui oriente son action .

C'est d'abord le fait que le Marxisme est la seule doctrine qui nous révèle dans sa crudité l'essence du capitalisme, en accuse l'injustice structurelle et nous en propose le dépassement profond, à terme, afin de lui substituer une tout autre organisation économique et sociale : une société visant l'intérêt de tous et l'épanouissement de chacun, ce que l'on pourrait appeler " l'émancipation ", la fin de l'aliénation qui fait de la majorité des êtres humains des individus mutilés, rabougris, in-humains, c'est à dire privés de leur pleine humanité, incapables de réaliser toutes leurs potentialités ...

C'est ensuite l'espoir d'une " Nouvelle civilisation " fondée sur les droits humains les plus universels bien plus riches encore, humainement, et bien plus concrets que ceux de la Déclaration de 1789 .

C'est ce " verrou doctrinal ", qu'au fond de lui-même, JLM entend fragiliser, en bon social- démocrate qu'il fut toujours et qu'il reste, en s'en prenant avec un mépris rare au PCF et en voulant le liquider . Celui-ci est le support d'un héritage idéologique fondamental et en voulant détruire ce support on prend le risque de détruire l'héritage . Sans ce fond doctrinal et sans ceux qui le défendent, c'est le conformisme le plus sot qui nous menace, en la personne d'E. Macron et des auteurs qui l'inspirent : Tocqueville, Hayek, Aron : le culte de l'individu entrepreneurial et consommateur, pour ceux qui en ont les moyens, l'expansion du malheur social pour tous les autres .

Peux-tu encore comprendre, JLM, ce qui nous menace ou préfères-tu poursuivre ton " cavalier seul " et finir " en Roi du Carnaval " une fois la fête terminée ?

Repost 0
Published by regain2012
commenter cet article
24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 14:30
" Le travail sera libéré ! "

" Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ", ( Lacordaire, Conférences de N.D. de Paris ) .

Je ne crois pas une seule seconde aux cent jours et à la réforme par ordonnances . Regardez ce qui vient de se passer quand on réforme en passant par le 49.3, qui est pourtant un article constitutionnel : les gens le prennent très mal " ( Emmanuel Macron, 24 novembre 2016, interview au Monde, en réponse au projet de F. Fillon ) .

" Nous avons besoin de faire passer cette réforme - du travail - par ordonnances pour que les premiers effets se fassent se fassent sentir rapidement ... C'est plus rapide et efficace ... C'est différent du 49.3, ça permet d'accélérer les dbats et d'éviter les navettes parlementaires " ( EMmanuel Macron, 11 avril 2017, interview à la chaîne Public Sénat ) .

" Sur la réforme du marché du travail, il faut aller vite , pour la confiance, pour l'attractivité de la France ", ( Pierre Gattaz, MEDEF , 16 mai 2017, Le Télégramme ) .

" Il faut libérer le travail ", d'urgence . C'est pourquoi le marathon en vue de démanteler le code du travail a commencé dès hier par la réception - à la queue-leu-leu - à l'Elysée, des responsables des organisations patronales et des syndicats de salariés .

Sur la base de l'article 38 de la Constitution, E. Macron légiférera par ordonnances et compte bien avoir plié son projet phare avant la fin de l'été, c'est à dire avant le retour des travailleurs de leurs congés : une riposte sociale en plein été est vouée à l'échec . Un amour de la vitesse qui n'est pas de bon augure .

Il veut introduire dans ses textes, tout ce que F. Hollande et M. Valls l'ont empêché de faire lors des débats sur la " Loi Travail ", au printemps 2016 et élever à la puissance 10, la " Loi El Khomri " .

 " Plafonnement des indemnités prud'homales, même en cas de licenciement injustifié, les plafonds étant fixés d'avance ; regroupement des instances représentatives du personnel ( Comité d'entreprise, CHSCT, délégué du personnel : gain de temps pour l'entreprise et moins de temps accordé au représentant du personnel pour étudier les dossiers ; relèvement des seuils sociaux imposant les comités d'entreprises et certaines fonctions représentatives ; réécriture des conditions de licenciement trop protectrices encore dans la loi El Khomri  ; enfin, mise en place de la possibilité de négocier au niveau de l'entreprise ( et non plus des branches ) des accords dérogatoires concernant l'emploi, les salaires et la durée du travail, durée du travail déjà en partie dérégulée par la même loi El Khomri ... 

La loi travail de 2016, prévoyait en outre la possibilité du recours au référendum d'entreprise pour les syndicats minoritaires souhaitant valider un accord sur le temps de travail et les congés ; E. Macron prévoit d'accorder ce droit également à l'employeur, s'il a le soutien des syndicats représentant au moins 30% des salariés ... " 

E. Macron ne faiblira pas sur le projet phare de son quinquennat et il ira vite . Il a été porté à son poste par des forces qui ne lui laisseront pas le loisir de craquer en cours de route . C'est donc dans la méthode que tout va se jouer . Et le nouveau Président ne répétera pas la grossière erreur de Manuel Valls en 2016 qui avait laissé les syndicats apprendre le contenu de sa réforme par les journaux .

Premier tour : nommer au Ministère du Travail, en charge de l'opération, Muriel Pénicaud ( une orfèvre en matière de négociations sociales, ex-DRH en chef de la multinationale Danone, ancienne collaboratrice de Martne Aubry, grande amie de Jean-Claude Mailly et dont le Directeur de Cabinet, Antoine Foucher, ex du MEDEF mais ennemi de Gattaz, est très proche de Laurent Berger de la CFDT ) .

Deuxième tour : le Président reçoit individuellement les chefs syndicaux . En tête à tête, on peut se dire beaucoup de choses, voire s'entendre sur " le bout de gras " . Ces rencontres ayant été bien préparées, tout au long du dernier week-end, par le Premier Ministre et par la Ministre du Travail, qui ont multiplié les appels téléphoniques de " câlinothérapie " ( Le Canard Enchaîné du 24 mai ) auprès de tous ces syndicalistes .

Troisième tour : isoler la CGT . " Ils nous ont envoyé des signaux qui tombent bien, car on veut le dialogue ",  traduit aussitôt un proche de L. Berger de la CFDT . Jean-Claude Mailly, de FO, est aux anges : " Les yeux dans les yeux, c'est mieux, on va pouvoir se parler cash ", ajoutant et le propos mérite son explication de texte : " S'il ne bouge pas, ça va être compliqué " . Traduction :  Les ordonnances pourraient à la rigueur devenir acceptables - " après tout, la Sécurité Sociale a été créée par ordonnance " - si le gouvernement s'engageait, par exemple à ne pas reprendre en main la gestion de l'Unédic et la Formation Professionnelle ( Le Canard Enchaîné du 24 mai 2017 ) . Deux organismes paritaires où les partenaires sociaux règnent en maîtres et qui sont des sources de financement des syndicats et des organisations patronales .  Compris ?

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, il se trouve que Berger et Mailly ont enterré la hache de guerre . Ils discutent très souvent au téléphone et " ça se passe bien ", confie Berger, quand Mailly fait savoir au gouvernement qu'il reprendrait volontiers, et avec de bonnes intentions, sa place à la table des négociations ( Le Canard Ench... )

Si l'on n'est pas pingre en pommade sur les ordonnances, tout est possible !

 

 

 

Repost 0
Published by regain2012
commenter cet article
22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 14:08
Authenticité : sur le fleuve Sénégal . ( Photo " lamaisondelafrique " ) .

Authenticité : sur le fleuve Sénégal . ( Photo " lamaisondelafrique " ) .

" Tout le monde le sait, quand on rénove, il est beaucoup plus facile de détruire que de rebâtir ( Caroline Fourest, Marianne ) .

Lors de la semaine de la formation du nouveau gouvernement, un petit événement est passé inaperçu . Il s'agit de la passation de pouvoir entre Bernard Cazeneuve et Edouard Philippe, à Matignon . L'inébranlable Premier Ministre sortant, socialiste, a donné une magistrale leçon politique à son successeur, sans avoir l'air d'y toucher, comme il nous y avait accoutumés . Je suis de gauche et toute mon action fut guidée par " les héritages ", de ceux qui forgent les principes et les fidélités par-delà les conjonctures et les ambitions, dit-il, en substance : une éclairante leçon amicale de l'authenticité à la modernité .

Le nouveau Premier Ministre y répondit en mettant en avant la fidélité successive à des hommes : Michel Rocard, Alain Juppé, Emmanuel Macron .  Propos largement insuffisant .

Insuffisant car le nouveau modèle proposé par E. Macron et E. Philippe est loin d'être clair et ne répond qu'à peu de questions, pourtant légitimes  . Peut-on substituer aussi facilement la République des " Projets " à la République des " Partis " ? Au nom de quelle fidélité ? Au point de renoncer à toute idéologie sous prétexte de nouveauté ? cette nouveauté rime-t-elle absolument avec progrès ?

Au cours de ces cinq dernières années du quinquennat Hollande, le député E. Philippe, a fait preuve d'un absentéisme notoire sur les bancs de l'Assemblée, et quand il était présent il s'est conduit en opposant systématique votant contre tout ce que le gouvernement proposait, même quand les lois allaient dans le bon sens : l'égalité réelle entre les hommes et les femmes ; le mariage pour tous ( abstention ) ; la transition énergétique ; le non-cumul des mandats et la transparence de la vie politique ... C'est ce même homme qui va devoir maintenant expliquer aux nouveaux députés qu'il faut dépasser les vieux clivages partisans pour soutenir son gouvernement et le Président Macron . On devine aisément, grâce à cette liste, à quoi pensait B. Cazeneuve lorsqu'il délivrait sa petite leçon d'authenticité .

Cela dit, chacun a le droit de changer d'avis et cette métamorphose peut se révéler positive si elle permet de construire une majorité de principes, à défaut d'héritage . Mais de quels principes sera-t-il question ? A quels principes se raccrocher pour ne pas glisser subrepticement de la République des " Projets " à une République des principes que l'on " renie ", une nouvelle fois ? 

On entrevoit aisément ce qui peut réunir le centre-droit et le centre-gauche en matière de réforme du travail - libéralisme et précérité - mais comment le macronisme va-t-il dépasser les clivages persistants en matière de société ? L'écologie : les combats entre N. Hulot et E. Philippe vont être épiques ; la PMA pour toutes : Macron est pour, E? Philippe la refuse ; quant à la lutte contre l'intégrisme - sujet majeur, s'il en est - la confusion risque d'être totale . E. Macron est flou et son Premier Ministre est plus que flottant : en tant que maire du Havre, E. Philippe s'est montré très conciliant avec sa clientèle communautariste ( il a fait jeter 8500 mousses au chocolat des cantines scolaires parce qu'elles contenaient de la gélatine de porc ), a prêté une salle municipale à l'association haineuse du rappeur " Médine ", inaugurant par ailleurs une mosquée intégriste et signant un accord de ville avec le maire islamiste de Tanger .

Comment E. Macron va-t-il pouvoir concilier sa rivalité personnelle avec les vallsistes dans le combat pour la " laïcité " et son Premier Ministre, dans le but de réunir des républicains des deux rives - vieille lubie chevènementiste ?

Les grands partis se meurent, c'est une réalité . Pour autant, faut-il s'en réjouir ? Car le " bain de jouvence " dont on nous rabat les oreilles depuis l'élection d'E. macron, ne nous propose, pour le moment, aucun plan B .

Repost 0
Published by regain2012
commenter cet article
21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 15:20

 Sous-titre : L'organisation recèle ses propres périls .

" Les masses iront toujours vers un césar " ( Georges Sorel, Réflexions sur la violence ) .

   " Une classe qui arbore en face de la société le drapeau de revendications déterminées et aspire à réaliser un ensemble d'idéologies, ou d'idéaux, découlant de fonctions économiques qu'elle exerce, a besoin d'une organisation. Qu'il s'agisse en effet de revendications économiques ou politiques, l'organisation apparaît comme le seul moyen de créer une volonté collective. Et  en tant qu'elle repose sur la plus grande économie de forces, l'organisation est, entre les mains des faibles, une arme de lutte contre les forts... L'ouvrier isolé se trouve en fait livré sans défense à l'exploitation de ceux qui sont économiquement plus forts... ( Robert Michels. Les partis politiques. Traduit par S. Jankélévitch en  1914.)

... Mais le principe politiquement nécessaire de l'organisation, s'il permet d'éviter la dispersion des forces contre l'adversaire, recèle d'autres périls... C'est que l'organisation constitue précisément la source d'où les courants conservateurs se déversent sur la plaine de la démocratie et occasionnent des inondations dévastatrices qui rendent cette plaine méconnaissable."  ( R. Michels.)

 

1137-VLAHOVIC.jpg

 

   Je ne veux pas rentrer, ici, dans le débat âpre qui opposa , à la fin du XIXe siècle, les syndicalistes révolutionnaires, tenants de la Révolution par la grève générale, et les sociaux démocrates,  partisans du parlementarisme et donc de l'organisation des travailleurs en partis politiques. Ce débat est tranché, les démocraties se sont construites tout au long du XXe siècle sur les partis politiques et leur pluralisme.

   Mon propos est de reposer la question, dans le contexte actuel où notre démocratie s'essouffle :  est-ce que les partis n'ont pas montré, dernièrement, leurs limites ?  Est-ce qu'il ne faut pas creuser de nouvelles pistes pour se rapprocher d'une démocratie plus directe, pour faire reculer, par exemple, la trop facile délégation des pouvoirs, la désastreuse formation des oligarchies dirigeantes des partis ?  " ...L'idéal pratique de la démocratie consiste dans le gouvernement des masses par les masses, conformément aux décisions des assemblées. Mais s'il est vrai que ce système limite l'extension du principe de délégation,  il n'offre en revanche aucune garantie contre la formation d'un état major oligarchique ", affirmait le sociologue allemand Robert Michels .

   Le philosophe français  J.J.Wunenburger résume très bien la pensée de Michels, me semble-t-il, et explicite la métaphore de ce dernier :  " Sur les plaines dévastées... "

   " ...Ce qui est en cause, c'est la mécanique des Partis... , dit-il  ... Sous la complexification croissante des affaires publiques dans les Etats modernes, le parti a tendance à se bureaucratiser, chaque représentant se spécialise dans des domaines techniques, ce qui donne en retour, à la direction du parti un poids hégémonique, puisque seuls les dirigeants seront à même de prendre les décisions d'importance politique. Les plus ambitieux ou chanceux des membres du Parti se consacreront rapidement à une lutte permanente pour la direction du parti, les autres deviennent d'authentiques professionnels, préférant, même en cas de désaccord avec le parti, continuer à y faire carrière, de peur de ne plus retrouver de responsabilités à leur mesure dans la société civile. Quant aux chefs,  ils se livrent à de cyniques manipulations d'appareil pour neutraliser leurs concurrents et pour mettre à profit des jeux de coalition et de factions,  afin de devenir les leaders charismatiques incontestés auprès des militants, avec souvent, d'ailleurs, le concours de la presse..."

     A cette fin,  l'idée préconisée  par  J.J.Wunemburger, de l'application du principe de subsidiarité, pour toute décision politique, au sein du parti, est tout à fait intéressante : faire prendre toute décision à l'entité la plus inférieure dans la hiérarchie institutionnelle, à même de la prendre, et toutes les fois que c'est possible.

 La démocratie, pour les anciens Grecs, se fondait sur un principe : " l'exercice par tous les citoyens de leur souveraineté libre et inaliénable, ce qui veut dire communauté publique,  les gouvernants n'étant que des magistrats chargés d'appliquer la volonté générale..." explique J.J.Wunemburger ) . Mais de là, à prendre exemple sur ce modèle, il y a un pas difficile à franchir . Aristophane, s'amuse déjà,  dans sa comédie " Les guêpes ", ( environ 430 av. JC ), de la propension des citoyens à vouloir être magistrats, si bien qu'un tiers de ceux-ci étaient des juges et que tout le monde voulait juger tout le monde .

Le fiasco des primaires de la droite et du Parti socialiste illustre à l'envi le défaut d'un tel modèle .

En ce moment, la question ici posée, de la place des partis dans la vie politique, est devenue brûlante . E. Macron veut gouverner au-dessus des partis comme en témoigne la formation de son gouvernement . Pour mener à bien son dessein présidentiel,  le champion réformateur  compte sur la " verticalité"  de sa gouvernance  par l'usage des réseaux sociaux pour continuer à mobiliser ses troupes et les technocrates de ses administrations centrales . Une " désintermédiation " d'où, partis et médias traditionnels seront en permanence contournés voire ignorés, comme en témoignent ses deux premières sorties officielles : visite à l'hôpital militaire de Percy - sans caméras - et visite aux soldats français, au Mali - avec des journalistes sous contrôle .

Chamboulement dans la méthode, ça paraît clair : big bang ? C'est autre chose . Il arrive qu'un big-bang se termine en " Boum ! "

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens