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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 19:03
photo Reuter / les inrocks.com

photo Reuter / les inrocks.com

" Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays . Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies " . ( Article 14 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, signée à Paris en décembre 1948 ) .

60 millions de réfugiés dans le monde en 2014 .

Quelques milliers de manifestants, ce samedi 20 juin, à Berlin, à Paris, à Rome pour exprimer leur solidarité avec les réfugiés .

L'Italie a accueilli 47 000 migrants depuis le début de l'année ; la moitié des migrants ayant atteint les côtes européennes, le reste ayant été accueilli par la Grèce .

Touristes qui prendrez vos vacances en Grèce, vous les verrez cet été, sur les plages de la belle Hellas .

Puis cette photo qui n'appelle aucun commentaire : des migrants empaquetés dans des couvertures de survie sur les rochers de la plage de Vintimille, refoulés par les polices française et italienne .

L'un des bouts de la canalisation du très poétique Nicolas Sarkozy !

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 15:03
" Il faut engager un bras de fer avec l'Allemagne ". (1) .

(1) . Thomas Picketty, Entretien à Marianne, No 947, du 12 juin 2015 .

" La dette est une question politique, citoyenne, pas technique . A trop la laisser à un petit groupe d'experts, de technocrates et de financiers, on arrive justement à des solutions idéologiques " . ( Thomas Picketty ) .

" Nos défaites, voyez-vous, ne prouvent rien sinon que nous sommes trop peu nombreux à lutter contre l'infamie mais nous attendons de ceux qui nous regardent sans rien faire qu'ils éprouvent quelque honte ..." ( Bertolt Brecht ) .

Oui, le compte à rebours a commencé en Grèce . La sortie de la zone euro interviendra, tôt ou tard . Les épreuves et les défaites valent mieux que l'immobilisme et les pièges de la résignation .

De quoi a-t-on discuté jusqu'à présent ? De l'obligation pour les Grecs de payer jusqu'à 4% de leur PIB en impôts, en plus de ce que nécessitent leurs dépenses publiques, pour rembourser leur dette . C'est pourquoi l'Union Européenne exige, que les montants des retraites soient encore abaissés, alors qu'ils ont été réduits de moitié depuis cinq ans, les salaires contractés encore, la flexibilité du travail aggravée . . A vouloir que les Grecs payent à tout prix, l'Europe invente le paiement éternel, la pénitence éternelle .

Les jeunes Grecs ne sont pas plus responsables des bêtises de leurs parents que les jeunes allemands des années Cinquante ( à une autre échelle ) .

Soyons clairs ! Cela ne se fera pas . Ce que les Allemands veulent à tout prix éviter : restructurer la dette grecque, et avec elle l'ensemble de celles des pays de la zone euro, on finira de toute façon par le faire .

N'en déplaise à Berlin, l'histoire économique nous enseigne qu'on a déjà vécu des situations d'endettement public encore plus élevé qu'aujourd'hui . Pour en sortir, il y a la méthode lente, celle que l'Europe demande aujourd'hui à la Grèce de suivre qui consiste à réaliser des économies comme le ferait un ménage, autrement dit à faire des excédents budgétaires importants selon le principe que le contribuable populaire enrichit les rentiers du pays .

C'est la voie retenue par l'Empire Britannique, au XIXe siècle, après Waterloo ( dans l'actualité de ces derniers jours ) . L'Angleterre avait financé toutes les guerres européennes engagées contre Napoléon et en était ressortie exsangue . Mais le redressement économique lui prit un siècle : et encore avait-elle ses colonies derrière elle . Charles Dickens témoignera de la misère qui avait envahi les Iles Britanniques .

Puis il y a la méthode rapide, qui permet aux peuples de souffrir moins longtemps de mesures injustes et injustifiées, qui combine plusieurs mécaniques : beaucoup d'inflation, des impôts exceptionnels sur les patrimoines privés les plus élevés, et des réductions de dettes pures et simples comme le montre la Conférence de Londres de 1953, qui effaça 60% de la dette extérieure allemande .

Angela Merkel ou son Ministre des Finances Wolfgang Schäuble, qui n'a qu'une idée en tête, pousser la Grèce hors de la zone euro, n'en veulent pas .

Cinq mois viennent d'être perdus dans les négociations UE-Grèce à cause de la France qui s'est mise hors-jeu des discussions, de suite après les élections grecques du 25 janvier 2015, laissant le nouveau gouvernement grec seul, face à Berlin .

Rien n'obligeait F. Hollande à agir ainsi . L'Allemagne toute seule, sans l'accord de la France, n'aurait pas pu imposer ses choix au reste de l'Europe . Encore une fois, la pusillanimité de F. Hollande, lui fera porter une lourde responsabilité historique dans les mois qui viennent .

La France, sauf à choisir de se suicider, n'a pas le choix . Elle doit engager un bras de fer avec l'Allemagne, avec à ses côtés, l'Italie, La Grèce, demain l'Espagne, pour lui dire qu'il ne peut pas y avoir de monnaie unique sans un minimum de processus démocratique sur les questions du choix des déficits publics, de la supervision de la BCE, du niveau des investissements, de l'union bancaire .

Un Parlement de la zone euro s'impose et non pas un ministre des finances de cette zone qui ne sera qu'un technocrate de plus .

Les Allemands en prendront ombrage au début . Mais bien que férocement attachés au refus des déficits budgétaires, parce que leur population est vieillissante et qu'il faut lui payer des retraites par capitalisation, s'ils jugent la détermination de la France inébranlable, ils céderont .

Ils ne prendront pas le risque politique et historique et surtout la responsabilité de l'échec définitif de la construction européenne . 1945, c'était hier !

Le moment est donc venu pour la France de dénoncer le Traité de 2012 ( TSCG ) . Les élections grecques n'ont visiblement pas été suffisantes pour faire bouger le gouvernement français, celles à venir en décembre, en Espagne, pays d'une autre taille que la Grèce, pourraient l'être ...

Le sommet européen de ce lundi 22 juin 2015 nous dira où en est le niveau de courage du " silencieux " des sommets européens .

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 14:28
Je prends les paris .

" Le jour est proche où nous n'aurons plus que l'impôt sur les os " . ( Michel Audiard ) .

Je prends les paris : la mesure technique - qui n'est pas une réforme, puisqu'elle ne changera rien à la vie des Français - dite du " prélèvement à la source " de l'impôt sur le revenu - qui occupe, depuis trois jours nombre d'observateurs fébriles - ne verra pas le jour . La 14e proposition du programme du candidat F. Hollande, en 2012, ne sera pas mise en œuvre .

Le Président de la République, lui-même, n'y croit pas : " C'est trop compliqué ! ", déclarait-il, en novembre 2013 .

La Cour des Comptes, dans un rapport de février 2012, déconseillait la mesure, estimant qu'elle coûterait à l'Etat, entre 1 et 3 milliards d'€, de dédommagements à verser aux entreprises, pour le surcroît de travail qui allait leur être imposé .

Aujourd'hui, la plupart des experts la jugent inutile . En effet, plus des deux tiers des contribuables sont mensualisés, précise le Secrétaire d'Etat au Budget . La sagesse serait, à la rigueur, de rendre obligatoire la mensualisation, comme on veut rendre obligatoire les déclarations de revenus sur internet, et toute la complexité technique liée à la mise en œuvre de la mesure serait ainsi gommée .

Cette idée n'est pas née aujourd'hui . Le Président du Conseil,Edouard Daladier, l'évoquait en 1939, tout comme Michel Debré, Premier Ministre du Général de Gaulle, en 1966 et un secrétaire d'état encore inconnu, Jacques Chirac . Un Ministre des Finances, un certain Valéry Giscard d'Estaing, la proposait en 1973, proposition qu'il s'empressa d'enterrer, deux ans plus tard, dès qu'il fut élu Président de la République .

Le Premier Ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, s'engage dans le processus, en 2006, processus stoppé par N. Sarkozy en 2007, ce dernier faisant le choix du bouclier fiscal .

En 1990, quand Michel Rocard et F. Mitterrand créent la CSG, le moment est idéal pour engager la retenue à la source mais aucun des deux n'est tenté par l'aventure .

Aucun de ces hommes politiques n'a pris le risque d'aller jusqu'au bout .

Nous entendons, de-ci de-là, parler d'une mesure de simplification administrative . Soit ! Mais la déclaration de revenus demeurera nécessaire pour que l'administration fiscale prenne en compte les situations particulières, les coefficients familiaux, les revenus non salariés, les trop perçus : en fait, au cours d'une année fiscale, les contacts avec l'administration des impôts se multiplieront pour la plupart des contribuables .

Cette mesure pose, en fait, de gigantesques problèmes techniques, juridiques et même constitutionnels . La triangulation qu'elle suppose : Etat, Entreprise, Contribuable est-elle viable ?

Je laisse de côté l'histoire de confier à mon employeur ma situation familiale, question morale peu intéressante .

La mission de l'impôt étant d'assurer la couverture des charges publiques, la Constitution ( art. 34 ) prévoit que même si l'impôt peut être prélevé par d'autres organismes que l'Etat, ceux-ci doivent assumer une telle charge ( CAF, SS, URSSAF ) . L'entreprise privée assure-t-elle une mission publique ? Problème constitutionnel !

En France, l'impôt sur le revenu n'est pas - comme ailleurs dans le monde - personnel mais il est fondé sur le foyer fiscal, la famille : comment répartir les réductions procurées par les personnes à charge ? Comment régler le problème des niches fiscales, des crédits d'impôts, des abattements pour enfants à charge dont bénéficient actuellement les ménages ? Problèmes juridiques !

L'employeur va-t-il être disposé à recueillir auprès de ses salariés les éléments fiscaux concernant son salarié pour les transmettre à l'administration à chaque changement de situation familiale ? Est-ce l'employeur qui devra rembourser le trop perçu par l'Etat, en fin d'année, à son salarié ou l'administration et quand ? Que se passera-t-il quand l'entreprise fera faillite en cours d'année ou sera absorbée par une plus grande dont le siège sera transporté à l'étranger ? Quelle sera la situation du contribuable honnête dont un patron voyou aura gardé pour lui les versements obligatoires ? Que de contrôles à prévoir ?

Problèmes techniques !

Et " l'année blanche " ? Epoustouflante invention sémantique ! Combien de contribuables sont en train de croire, qu'en 2017, dernière année avant le basculement, ils ne paieront pas d'impôt sur le revenu ? En fait ce sont les revenus de 2017 qui ne feront pas l'objet d'une imposition, mais nous la paierons sur les revenus de 2016 . Mais là, le Conseil Constitutionnel fait son retour : une année de revenus ne peut être sortie du champ de l'impôt, dira-t-il .

Et l'imposition de cette année là, nous sera, renvoyée, avec des excuses, certes avec un lissage sur deux ou trois ans . Mais nous aurons payé deux fois en 2017 !

Le très roué F. Hollande et son gouvernement vont donc employer les mois qui leur restent avant la présidentielle à nous faire croire qu'on avance farouchement vers la retenue à la source, avant qu'il ne découvre, au lendemain de l'élection, s'il est élu, que décidément les obstacles soulevés par cette mesure sont bien trop importants .

Quant à N. Sarkozy, s'il hérite de " la patate chaude ", comme en 2007, il ne tentera pas l'aventure .

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 14:31
" Les pissenlits de la politique " .(1) .

" Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage ", ( Article 4 de la Constitution de 1958 ) .

(1) . Expression empruntée à la journaliste de Marianne, Soazig Quémener .

L'article 4 de notre Constitution n'est plus de saison . Les partis politiques, banales écuries de course pour candidats en mal de privilèges, ne concourent plus à grand chose .

C'est pourquoi, les comparer à des pissenlits ne me paraît pas offensant .

Le pissenlit ! Ce terme vernaculaire désigne en fait diverses variétés de plantes d'où son ambigüité . Hermaphrodite, il se reproduit de l'intérieur, il est doté d'une racine profonde pour se protéger du gel, et l'aigrette qui orne son sommet s'envole en poussière au moindre souffle d'air . Ses qualités diurétiques le font appeler parfois " pisse-au lit " .

Prenons en exemple les deux récents Congrès des deux grands partis du théâtre politique français .

Après le Congrès du PS à Poitiers, au début du mois de juin, qui peut dire ce que pensent et à quoi croient les socialistes ? Manuel Valls n'y a pris aucun risque n'évoquant surtout pas la Loi Macron, pourtant revenue quelques jours après dans l'actualité . Cela l'aurait contraint à apporter des clarifications à la ligne brouillée sur laquelle F. Hollande enracine son incessante campagne de réélection au détriment du PS réduit à un club d'élus et de notables, en bon frère cadet du Parti radical de la IIIe République . Il finira un jour à 4%, comme son autre frère grec, le Pasok .

Après le Congrès de " Les Républicains " de la fin du mois de mai, à La Villette, que retenons-nous ? Aucun programme, aucune idée-force, aucun étendard mais pour les cadres du parti à nouveau terrorisés par le vampire de Neuilly, un seul but : assurer à N. Sarkozy sa revanche personnelle sur F. Hollande .

Des écologistes, il n'est plus de saison d'en parler, leurs aigrettes vertes se sont disséminées à tous les vents .

L'UDI, Union des Démocrates Indépendants, est sur le point d'éclater en petites chapelles inoffensives .

Le Parti Communiste en a plus qu'assez des sorties tonitruantes de Jean-Luc Mélenchon qui le lui rend bien .

Le FN vampirise les prétoires pour faire dire à la justice que Marine n'est plus la fille de son père .

Les Français en ont plus qu'assez, ce qui se traduit, d'abord, par une abstention qui atteint des sommets à toutes les élections intermédiaires .

Puis par un désamour des partis édifiant . Le sondage Opinion Way pour Marianne, du 15 mai, indiquait : 75% des Français ont une mauvaise opinion du PS, 72% de l'ex-UMP, 71% du FN .

D'autres chiffres, connus grâce aux votes qui ont eu lieu lors des récents Congrès, ne sont pas moins révélateurs : le PS comptait fin 2013 170 000 adhérents, 131 000 en juin 2015 ; l'ex-UMP comptait 338 000 adhérents fin 2006, 213 000 au printemps 2015 .

N. Sarkozy a évalué le nombre des congressistes " Républicains " de La Villette, fin mai, entre 15 000 et 17 000 : la presse unanime a eu du mal à en comptabiliser 9000 .

Hémorragie de militants ! Aujourd'hui, les partis politiques réunis ont du mal à dépasser 500 000 adhérents ; dans les années 1970, le Parti Communiste, à lui seul, en comptait 600 000 .

Avec l'historien Serge Berstein ( Revue Esprit de septembre 2013 ) on peut discerner quatre causes fondamentales - en fait quatre dates - à cette extrême défiance envers les partis politiques .

1983 : tournant de la rigueur, sous l'ère Mitterrand . Les socialistes au pouvoir renoncent à construire un modèle alternatif de société et revêtent les habits de la droite de laquelle ils ne cesseront plus de se rapprocher .

1986 : Acte Unique et poursuite de la construction européenne sur les bases du libre-échangisme intégral qui aboutit à des transferts de la souveraineté des Etats vers l'UE et la création de la monnaie unique, comme corset à d'autres initiatives .

2000 : introduction du quinquennat dans la Constitution avec l'accélération de la vie politique qu'il induit ; sitôt élu, le Président ne fait plus rien, obsédé par sa réélection ; un poison pour la vie publique .

2007 : la crise ! Application en Europe d'une austérité implacable et injuste puisque ceux qui payent sont ceux qui ne sont pour rien dans la crise .

A cet inventaire, l'historien aurait pu ajouter la multiplication des affaires de corruption dans la classe politique que le peuple ne supporte plus en raison des sacrifices qui lui sont demandés .

Autrefois les partis politiques irriguaient la République, aujourd'hui ils n'irriguent même plus les pissenlits !

PS : à partir de l'article de Soazig Quémener, Marianne No 947, 12 juin, " Politic Park " .

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 15:03
Site de l'Assemblée Nationale .

Site de l'Assemblée Nationale .

" Républicain, c'est le nom de ceux qui refusent d'abandonner à d'autres la maîtrise de leur propre destin et qui veulent vivre debout, de leur intelligence, de leur travail, de leur mérite sans être redevables à personne " . ( Extrait de l'appel remis par les dirigeants de l'UMP aux Congressistes du nouveau parti sarkoziste, réunis à La Villette les 29 et 30 mai : " Les Républicains " ) .

Mon frère, tu ne pourras plus dire, désormais, que tu es républicain si tu n'es pas sarkoziste . Si tu n'es pas sarkoziste, c'est que tu acceptes de vivre à genoux ; si tu n'es pas sarkoziste, tu manques d'intelligence ; si tu n'es pas sarkoziste, tu es un fainéant ; si tu n'es pas sarkoziste, tu ne mérites pas la considération des autres .

Tu te croyais républicain parce que tu voulais t'adresser à la Nation ; N. Sarkozy te demande de prier " le marché " .

Tu te croyais républicain parce que tu aspirais à une société où les meilleurs apportent aux autres ; N. Sarkozy te demande d'être le plus fort pour l'emporter sur les autres .

Tu te croyais républicain parce que tu voulais parler aux gens ; N. Sarkozy te prie de parler à des gènes .

Tu te croyais républicain parce que tu croyais aux valeurs d'une Révolution qui avait aboli l'esclavage et affirmait à la face du monde que le serf, le clerc, le bourgeois, le ci-devant aristocrate, le juif, le protestant, ou le Noir, le riche ou le pauvre, l'aîné ou le cadet, le père ou le rejeton faisaient partie de la même citoyenneté ; N. Sarkozy te dit que tu es d'abord catholique ou juif ou musulman ; Français de souche ou Français de l'immigration ; Corse ou Breton ; Beur ou Black ; hétérosexuel ou homosexuel ; jeune, adulte ou vieux ; homme ou femme ... accessoirement citoyen .

Tu te croyais républicain parce que tu avais foi dans les valeurs universelles des Lumières ; N. Sarkozy te rappelle que tu appartiens avant tout à une communauté, une tribu, un clan, une catégorie, une classe autant d'espaces autonomes où doivent régner les principes du capitalisme financier : la compétitivité, la concurrence, la violence .

Tu te croyais républicain donc tu prônais l'intégration de tous à la nation ; N. Sarkozy te tance . Sa république c'est la ghettoïsation urbaine, l'apartheid social, la partition de la délinquance, les zones de non-droit, la législation à la tête du client, les autodésignés primant sur les élus du suffrage universel, les intérêts privés prenant le pas sur le service du public ...

Tu te croyais républicain parce que tu avais investi dans une nation sociale et fraternelle ; N. Sarkozy se fâche,il approuve les plus extravagants écarts de revenus et de conditions de vie, parce qu'ils sont le résultat - supposé - du mérite de chacun .

Tu te croyais républicain parce que dans la Constitution de ton pays, le principe d'égalité est fondamental ; N. Sarkozy raille ta naïveté et ton goût pour " l'égalitarisme ", lui qui a toujours voulu se hisser dans le monde des " élites " .

Tu te croyais républicain parce que tu avais adhéré à la puissante modernité du Programme du Conseil National de la Résistance, à la Libération, qui avait permis la reconstruction du pays et les " trente glorieuses " ; N. Sarkozy " t'engueule ", parce que pour lui, la modernité, c'est de noyer " l'exception française " dans le modèle uniformisant de " l'ultralibéralisme " .

Tu te croyais républicain, enfin, parce que, pour toi, les valeurs républicaines prennent racine dans la vie des gens ; N. Sarkozy, lui, s'est inventé un tout autre modèle : " le nécrolibéralisme " !

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 15:12
jolpress.com . Ada Colau en campagne .

jolpress.com . Ada Colau en campagne .

" Il nous faut, toutes ensemble, étonner le monde par un exploit encore jamais vu " . ( Laurencia, héroïne de la pièce " Fuente Ovejuna ", du dramaturge espagnol, Lope de Vega) .

Ada Colau, l'activiste, à Barcelone, Manuela Carmena, " la juge rouge ", à Madrid, Teresa Forcades, la religieuse très médiatisée, connue pour avoir dénoncé les profits de l'industrie pharmaceutique pendant l'épidémie de grippe aviaire, soutien d'Ada Colau ...

Certains s'étonnent du " protagonisme féminin " que révèleraient les dernières élections espagnoles et qui expliquerait certains résultats .

C'est vite oublier que les femmes ont investi en nombre la politique, lors de la transition démocratique - à droite comme à gauche -, c'est vite oublier leur engagement dans la défense de la République,( las milicianas ), entre 1936 et 1939, c'est vite oublier leur fureur dans la guerre d'indépendance et la résistance, incarnée par Agustina de Aragòn, à l'occupant napoléonien en 1809 .

L'engagement des femmes espagnoles dans la vie politique de leur pays est une tradition .

Clara Campoamor, militante féministe qui participa à la rédaction de la Constitution de la IIe République de 1931 ; Federica Montseny, première femme ministre, en 1936, lors du Front Populaire, anarchiste et féministe ; Dolores Ibarruri, " La Pasionaria ", secrétaire générale du Parti Communiste Espagnol de 1942 à 1960 .

Quand, en 1932, lors des débuts de la IIe République, des révoltes paysannes éclatent un peu partout dans les " pueblos " pour demander une accélération de la réforme agraire, un médecin lettré et respecté, qui a lutté et été emprisonné pour l'avènement de la république, Gregorio Marañón, une référence morale, publie un article sur ces émeutes, dans lesquelles il croit entrevoir les qualités ataviques du peuple espagnol et invite ceux qui gouvernent à relire, dans l'œuvre du grand dramaturge Lope de Vega, la pièce - publiée à Madrid en 1619 : " Fuente ovejuna " ( la source des chèvres ) .

" Fuente ovejuna est un gros bourg, au nord-ouest de Cordoue, en Andalousie . Selon la chronique de Frey Francisco, de 1572, un siècle auparavant, tous les paysans de ce bourg se révoltèrent contre leur seigneur, un grand d'Espagne, Don Fernando Gomez de Guzmàn, Commandeur du prestigieux ordre de Calatrava, qui utilise son " droit de cuissage " sans retenue, violant les femmes et châtiant les maris mécontents .

Don Fernando est saisi un jour de 1476, dans son château, par les habitants du village excédés et défenestré . Il s'agissait de venger l'enlèvement de Laurencia, l'héroïne de la pièce de Lope de Vega, qui après s'être enfuie du château, était venue haranguer les hommes, et leur reprocher leur lâcheté .

" Une fois à terre, et avant qu'il ne finisse d'expirer, on vit accourir les femmes, avec des tambourins et des grelots, afin de célébrer la mort du seigneur, et tous rassemblés, hommes femmes, enfants, ils transportèrent le corps sur la place du village où ils le mirent en pièces ; et ils refusèrent de le remettre à ses serviteurs qui voulaient lui donner une sépulture ... ", dit la chronique .

Au juge royal venu enquêter sur les évènements et qui posait la question : " - Qui a tué le Grand Commandeur ? Tous ne faisaient qu'une seule et même réponse : " - C'est Fuente ovejuna ! - Qui est Fuente ovejuna, insistait le juge ? - Tous les habitants de cette ville " !, répondaient-ils . Et le juge ne put trouver un seul coupable .

Lope de Vega sauve de l'oubli ce bourg andalou . En 1933, Federico Garcìa Lorca, fera jouer une adaptation personnelle de " Fuente ovejuna " .

En 1932 et 1933, à quelques dizaines de kilomètres de " Fuente ovejuna ", à " Casas Viejas ", ( les vieilles maisons ) ou " Castilblanco ", ( blanc château ), se déroulent des évènements comparables à ceux de Fuente ovejuna : des " amazones ", les sœurs de Laurencia, se dressent avec la plus grande violence contre d'autres mâles arrogants .

A Castilblanco, ( un bourg de 900 habitants, à la frontière entre l'Andalousie et la misérable Extrémadure où vivent des gens " jetés par les dieux car ils ne savent plus quoi en faire ", à la fin de l'année 1931, les " journaliers " ( travailleurs des champs payés à la journée ) manifestent : payés 3 réales par jour ( trois quarts de peseta ), logés dans des dortoirs de trente personnes, couchant sur des matelas de paille, mal nourris, interdits de parler de politique, ne rentrant chez eux que chaque dix jours, pour une nuit seulement, travaillant du lever au coucher du soleil, ils n'en peuvent plus . La garde civile s'interpose .

Et voilà ce qu'il advint : " Un garde paniqué fait usage de son arme . Les femmes poussent le village à s'emparer de lui puis des autres . A coups de pelle, de houe, tous furent tués et les femmes dansèrent avec des grelots autour de leurs cadavres " .

Et comme dans la pièce de Lope de Vega il fut impossible de traduire un seul coupable en justice car le coupable " c'était le village tout entier " .

" Le village tout entier " ! N'avons-nous pas, là, dans cette expression, la force la plus haute, la plus souveraine, " l'unité " dans la lutte pour la justice : unité organique faite de successions d'émotions, de complicités, de partages, de communions et de traces millénaires .

Ada, Manuela, Teresa, en vraies héritières de ces femmes, connues ou anonymes,( précisons qu'aujourd'hui, Mariano Rajoy n'a rien à craindre pour ses testicules ) ont su retrouver et réveiller cette force souveraine qui habite l'âme de chaque femme et homme espagnols .

Loin des modèles du " storytelling " cher aux communicants modernes, elles ont cassé les vieux codes de l'ancienne politique et imposé une nouvelle forme de campagne, faite de conversations, dans la rue, sur les places publiques, dans les halls, dans les jardins publics, où l'écoute, le contact direct, l'émotion, la complicité, la parole remettent le citoyen au centre du jeu démocratique .

Avec ces femmes remarquables, la gauche parle à nouveau et redonne la parole à ceux qui ne l'avaient plus . Là, réside la grande victoire du 24 mai espagnol .

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 14:48
lesechos.fr

lesechos.fr

" La capture des désirs par le capitalisme néolibéral produit une déprime collective qui s'exprime sous la forme d'une dépolitisation totale " . ( Paul B. Preciado, philosophe espagnol ) .

( Sì, se puede : oui, on le peut ) .

L'indigence des " articles " de la presse française sur les résultats des élections espagnoles du 24 mai dernier est affligeante .

Heureusement, le philosophe espagnol Paul B. Preciado, ( née Beatriz Preciado, à Burgos, en 1970 ) nous invite - Mediapart, 27 mai 2015 - à aller plus loin, dans l'analyse de la secousse politique qui vient de faire " bouger les lignes " en Espagne .

Les plates-formes citoyennes - soutenues par le parti " Podemos " - issues du mouvement des " Indignés " et de l'esprit du " 15-M " ( 15 mai 2011), occupation des places, dans toutes les villes d'Espagne, font trembler les deux grands partis politiques, dits de gouvernement, ( PP et PSOE ) qui s'étaient approprié le pouvoir en 1981, à la fin de la phase de transition, qui avait suivi la mort de Franco .

Ces partis perdent, à eux deux, 3,3 millions de voix, ( le PP perd 10 points à lui seul, 2,5 millions de voix ) par rapport aux élections générales de 2011, et ce alors que la participation est en augmentation de 8% par rapport à la même échéance, grâce aux mobilisations engagées par une multitude de micro-partis " citoyens " qui se retrouvent dans les plates-formes municipales .

La lutte contre la corruption a été un des points forts de cette campagne . La corruption qui gangrène les deux partis de gouvernement, mais d'abord et de loin, le PP et ses caciques .

Non seulement Barcelone et Madrid, les deux plus grandes villes du pays, vont se donner un maire issu de ces mouvements mais probablement, Valencia, troisième ville, peut-être Zaragoza, capitale de l'Aragon, où la liste " En comùn " talonne celle du PP, ou encore La Coruña, capitale de la très franquiste Galicia où " La marée Atlantique ", autre plate-forme citoyenne, est en tête, voire même Santiago de Compostela .

" Podemos " avait choisi de faire l'impasse sur les Municipales mais soutenait et participait aux " plates-formes ", s'associant aux " Actes " communs ( grands rassemblements ) de la campagne . La formation de Pablo Iglesias avait misé sur les élections régionales, menant des listes sous son propre drapeau dans les treize " autonomìas " concernées, va donc entrer dans plusieurs assemblées régionales et participer à certains exécutifs .

Le PP détenait la majorité absolue dans douze de ces treize régions et devrait en perdre au moins quatre, peut-être plus : Aragòn, Asturias, Extremadura, Communauté de Valencia, et même, selon les alliances possibles, Castilla la Mancha, un de ses fiefs historiques .

Ce qui est presque excitant dans ce " choc politique " - qui n'est pas encore un séisme, car le PP reste le premier parti d'Espagne avec 27% des suffrages, le PSOE second à deux points - c'est que ce sont des partis politiques nouveaux qui bousculent l'ordre établi, des partis qui ne reproduisent pas la structure des professionnels de la politique, qui n'ont ni l'argent, ni les réseaux des partis " installés " .

La nouvelle politisation qui s'est emparée de l'Espagne provient d'une mobilisation des classes populaires et moyennes appauvries, précarisées, sacrifiées par les politiques d'austérité engagées après la crise de 2008 . Une politisation qui est le résultat d'un travail extraordinaire mené, à Barcelone par exemple, par Ada Colau ( future maire de la Ciutàt ) et la PAH ( plate-forme anti-expulsions immobilières, lancée en 2009 ) et les actions radicales, dénommées " scratches " , rassemblements organisés devant le domicile des députés complices des expulsions immobilières .

L'intelligence d'Ada Colau aura été d'élargir ces expériences et leur force de transformation au-delà de ces réseaux d'activistes, tout en gardant ses distances avec les revendications indépendantistes . Elle a su combattre la désaffection générale de départ, qui amenait les Espagnols résignés à dire : " Ce sont tous des voleurs, mais on s'en fout " .

Comme l'explique avec une grande clarté le philosophe Paul B. Preciado, avec la PAH, on touchait à la question du logement, de l'habitat, de la survie, de la vulnérabilité du corps . Ada Colau a su organiser la vulnérabilité pour la transformer en action politique .

Et pourtant on revenait de loin . Il fallait repolitiser une classe grisée par vingt ans de " démocratie, même - biaisée ", de développement lié à l'entrée de l'Espagne en Europe - après quarante années de nuit franquiste - puis soudain plongée dans la dépression politique née de la crise de 2008 .

J'aime bien la phrase du philosophe : " Ce qu'il y a de plus beau dans leur victoire : les corps sont sortis dans la rue, et la ville tout entière a été repolitisée par leur présence " .

Les actions de ces mouvements sont, évidemment, qualifiées de radicales, par la presse française, cette gauche, de gauche radicale, même régime que pour la Grèce . Mais quand ont-elles surgi ? A un moment où la corruption des politiques était à son comble, alors que le peuple payait pour des banques cupides, et où la faillite du système démocratique apparaissait de façon béante .

Il faut bien comprendre qu'en Espagne, le franquisme reste tapi dans les oripeaux du PP : les institutions démocratiques demeurent balbutiantes, corsetées par une Constitution ( 1978 ) enfantée dans un post-franquisme vacillant mais pas mort . La démocratie se cherche encore, " on pourrait dire qu'elle est encore expérimentale ", ajoute Paul B. Preciado .

Le qualificatif " expérimental " est essentiel : il signifie que la démocratie espagnole en construction offre des possibilités d'expérimentations institutionnelles plus grandes que " la démocratie installée ", à la française .

Formidable distinction : J.L. Mélenchon devrait y réfléchir !

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 14:09
Hydre de Lerne .

Hydre de Lerne .

" La cause de la prochaine crise ne sera pas la même que celle de la crise précédente, mais il y aura une autre crise " (Jamie Dimon, PDG de la banque américaine JP Morgan ) .

Un groupe de 28 banques, les plus colossales, essentiellement anglo-saxonnes, détient un pouvoir démesuré sur la planète : ces institutions représentent un total de bilan de 50 000 Mds de $ en 2012, un chiffre comparable à la dette publique mondiale .

Onze d'entre elles ont la main sur 80% des transactions de change, mais dominent aussi les marchés de taux d'intérêts comme celui du " Libor ", ( taux interbancaire ), à Londres, qu'elles ont manipulé pendant des années, avant d'être condamnées, telle la Deutsche Banque, à une amende de 2,6 Mds de $ ( une paille ! ), domaines où elles ont l'opportunité de participer à la formation des prix de l'argent, d'où elles tirent leurs colossaux profits .

La première des urgences serait, de la part des Etats, de casser ce noyau dur, en imposant de façon tranchée la séparation patrimoniale ( les dépôts des clients ) de leurs activités spéculatives . Mais comme les états ont été infiltrés par " les hommes de main de ces banques ", rien ne se fait . En sept ans, depuis 2008, les états ont échoué, par manque de volonté politique, à imposer des règles à ces mastodontes de la finance .

La bande des "onze " est connue : quatre banques américaines : Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan : trois banques britanniques : Barclays, HSBC, Royal Bank of Scotland ; deux banques de la zone euro : Deutsche Bank et BNP Paribas ; deux banques suisses : Crédit Suisse et UBS .

Ces banques dites " systémiques " parce que si l'une d'entre elles fait faillite, c'est tout le système financier qui s'effondre, ont un quasi monopole sur les " produits dérivés ", ces produits d'assurance sur les devises, les matières premières, les produits agricoles, les taux d'intérêts ... auxquels on doit une partie de la crise de 2008 ; elles ont des positions dominantes sur la plupart des marchés fondamentaux de la finance globale : marché des changes, marchés interbancaires, marchés obligataires ( dette publique ), là où se forment les taux d'intérêt, les marchés financiers où se pratiquent les activités de " trading ", où elles sont très actives .

Ces banques ont un objectif partagé : chacune d'entre elles travaille, sans cesse, à accroître sa taille afin d'obtenir la part de marché la plus importante possible et influencer les prix touchant la monnaie, condition essentielle pour obtenir des gains toujours plus élevés . Mais les plus grands intervenants qui possèdent cette capacité d'action sur les prix ont absolument besoin de se connaître et de s'observer, afin que la concurrence des autres géants ne réduise à néant cette maîtrise . Ainsi naît " l'oligopole " . On s'épaule pour mieux " se tenir par la barbichette " . Mais malheur au premier qui faiblit . Là est le cœur du réacteur d'où viendra la prochaine " fusion " du système financier . Ces mastodontes ne peuvent qu'en faire toujours plus .

C'est pourquoi ils sont très actifs en matière de " trading ", autre source de gains importants, sur le " trading " à haute fréquence en particulier, et nouveauté pour échapper aux règles à minima imposées par les états, dans le développement " des places de marchés internes " : " les dark pools ", ( places de l'ombre ) . Les capacités d'imagination des financiers sont infinies .

Gérées directement par les grandes banques, ces " nouvelles bourses de l'ombre ", sont des places de marché de gré à gré, opaques, où l'anonymat des investisseurs est garanti, mais aussi l'opacité de la transaction . A quelles fins ? Une spéculation toujours plus risquée .

On voit bien que toutes ces pratiques ne peuvent nous conduire que vers l'abîme économique . Aussi puissantes soient-elles ces banques n'ont aucun moyen de se protéger contre elles-mêmes !

Pour autant, faut-il souhaiter et attendre la " crise finale " ? Les banques de l'oligopole ruinées, rachetées pour une bouchée de pain par les Etats . Ces derniers seraient alors en capacité de se désendetter facilement puisqu'ils deviendraient propriétaires de leurs propres dettes . Ils pourraient alors les annuler et en diminuer substantiellement leur poids .

Mais le temps nécessaire à cette remise à plat du système de financement de l'économie mondiale sera un temps très dangereux, celui de toutes les aventures : replis identitaires et nationalistes, recherche de boucs émissaires, risques d'affrontements de toutes natures, dans une situation internationale déjà déstabilisée par les radicalisations politiques et religieuses .

C'est prévenir qui s'impose . L'obligation nous est faite de démanteler " l'oligopole bancaire mondial " : d'abattre " l'hydre bancaire " . Car l'heure de vérité approche . Ou l'on continue de feindre que la solution de la crise actuelle qui serait la dernière, en particulier celle de l'endettement public, passe par des politiques de réduction des déficits - et le nouveau cataclysme financier va fondre sur nous . Ou nous faisons le pari de l'intelligence politique, celle qui comprend les enjeux fondamentaux de la planète et de nos sociétés, celle des mobilisations citoyennes, seules à même d'imposer à ceux qui nous gouvernent les décisions incontournables .

NB : réf. " L'hydre mondiale, l'oligopole bancaire ", essai de l'économiste François Morin, Ed . Lux et son article " Ces 28 banques qui menacent le monde ", Marianne No 944 .

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:27
business.lesechos.fr

business.lesechos.fr

" Je nourris un pauvre et on me dit que je suis un saint ; je demande pourquoi le pauvre n'a pas de quoi se nourrir et l'on me traite de communiste " , ( Dom Helder Pessoa Camara, archevêque de Recife, Brésil, " l'évêque des pauvres " ) .

F. Hollande sait être prudent . A ses ministres qui s'emballaient sur le chiffre de la croissance, du 1er trimestre 2015, publié par l'INSEE le 13 mai dernier - + 0,6% - : " c'est la preuve que la ligne suivie est la bonne ", il a lancé : " Pas de précipitation, il faut attendre que les projections de l'INSEE soient confirmées " . Comme il a raison !

Tout à l'euphorie de ce premier chiffre réconfortant, ministres et journalistes, ne sont pas allés plus loin et n'ont pas vu les chiffres qui suivaient et qui décrivent un univers moins paradisiaque .

Et d'abord ceci : l'institut de la statistique précisait que par manque de recul, la marge d'erreur était de 0,3%, donc la croissance de ce 1er trimestre pourrait n'être que de 0,3% ( ou 0,9% pour les grands optimistes ) .

En outre le chiffre de ladite croissance pour 2014, annoncé en début d'année, à 0,4%, est révisé à la baisse : 0,2% - .

Par ailleurs, la divine surprise du 0,6% doit être tempérée . Un petit rien peut faire bouger le mercure du thermomètre .

Au dernier trimestre 2014, les températures étaient restées douces, réduisant les dépenses de chauffage des ménages . Au 1er trimestre 2015, les températures sont revenues à la normale faisant faire un bond à ces mêmes dépenses de chauffage, qui interviennent, selon l'INSEE, pour un tiers, dans le 0,6% annoncé . De la pure mécanique et donc rien qui puisse inciter à l'optimisme .

Car de la croissance, ce qu'en attendent d'abord les Français, c'est le travail qui va avec . Or, au premier trimestre 2015, notre économie a encore détruit 13500 emplois, alors qu'en moyenne 25000 jeunes entrent sur le marché du travail chaque trimestre . Information peu relayée par les médias, on se demande pourquoi .

En poursuivant la lecture du rapport, les uns et les autres auraient pu relever aussi qu'au cours du trimestre concerné nos importations avaient augmenté deux fois plus vite que nos exportations . Explication : les entreprises ne sont pas reparties à la conquête des marchés étrangers malgré la baisse de l'euro, et restent dans l'attente de nouveaux cadeaux fiscaux de la part du gouvernement ; la consommation des ménages a légèrement augmenté, profitant d'un peu de pouvoir d'achat laissé par la baisse du prix du pétrole et des carburants ; mais cette consommation a surtout permis aux usines d'écrans plats chinoises de tourner .

Un autre rapport aurait pu éveiller la curiosité des observateurs avisés, celui de la Direction Générale des Finances Publiques, à Bercy : en 2014, comme ne l'avait pas promis Manuel Valls, les impôts ont augmenté . Certes, 1,6 millions de foyers sont sortis de l'impôt sur le revenu, mais ce même impôt a rapporté à l'Etat, 3 Mds d'€ de plus que prévu . Cherchez le mistigri ! Les classes moyennes ont payé beaucoup plus . Celles qui seront à nouveau invitées à voter F. Hollande en 2017 .

Mais, dans toute cette grisaille ambiante, on voit apparaître le bout du tunnel . C'est le MEDEF et Pierre Gattaz qui l'ont désigné à la fin de l'année 2014 . Le bout du tunnel : " Le licenciement sans motif " . Ce sésame de la reprise a déjà fait son entrée à l'Assemblée Nationale sous la forme d'un amendement à la Loi Macron, déposé, en février dernier, par onze députés de l'UMP, avec en tête la bien nommée Mme Laure de la Raudière ( Chef d'entreprise et hautement cumularde en mandats électifs ) .

Cet amendement autoriserait ( s'il était voté ) un patron à licencier, sans motif, jusqu'à 10 salariés, chaque année, restant protégés les femmes enceintes et les salariés en congé de longue maladie . Nous avons une âme ! En outre, la France reprendrait sa signature de la Convention 158, de l'Organisation Internationale du Travail, du 22 juin 1982, qui interdit tout licenciement sans motif .

Cependant et ce faisant, elle se mettrait hors la loi, par rapport à la charte européenne des droits fondamentaux de 1999 . Nos honorables élus n'y ont pas songé .

M. Gattaz, quant à lui, passe allègrement sur tout cela . Ce qui l'intéresse c'est de se débarrasser, demain, sans aucune entrave, de la personne qu'il salarie aujourd'hui, obsédé qu'il est par la procédure finale, la rapidité, le coût de la rupture du contrat .

" Un chef d'entreprise n'a pas la tête encombrée par le désir de garder longtemps un bon ouvrier ou par les sottises du genre : mon carnet de commandes impose que j'embauche ", nous dit le socialiste Gérard Filoche . Non ! L'important est de ne pas être obligé d'envoyer une lettre, ni d'assumer un entretien de licenciement, ni de convoquer le salarié, les yeux dans les yeux, ni de motiver sa décision et encore moins de payer des indemnités .

En somme, ce que nous propose le MEDEF, c'est comme un divorce ( que l'ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, appelait gentiment : " la séparabilité " ) . " Un divorce où ce serait toujours le même qui garderait la maison et les meubles " . (G.F.) .

NB : les chiffres sont empruntés à l'article de Hervé Martin " Enthousiasme décroissant ... ", Le Canard Enchaîné du 20 mai 2015 .

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 14:18
De la monnaie de singe .

" La mécanique mise en place par la haute finance a été conçue pour " faire payer les peuples " en accompagnant le processus technique d'une offensive de " culpabilisation " visant à détruire les droits les plus essentiels ", ( Le blog de Junon Moneta ) .

A partir du Conseil Européen de Hanovre ( 1998 ), du Comité DELORS ( 1999 ) et du projet d'Union Economique et Monétaire, l'Europe a abouti au Traité de Maastricht ( 1992 ) qui a institutionnalisé " l'indépendance " du Système Européen des Banques Centrales, qui regroupe la Banque Centrale Européenne ( BCE ) et toutes les Banques Centrales nationales de cette zone (18) .

Tous les pouvoirs d'émission de la monnaie ainsi que la gestion des réserves de change ont été " privatisés " dans les mains de la Banque des Banques, la BCE .

Par le traité de Maastricht, le Système Européen des Banques Centrales a été déclaré " indépendant " de tout pouvoir politique et administratif et interdit tout droit d'ingérence dans ses décisions, à qui que ce soit, tout en lui réservant le droit d'ingérence dans toutes les questions budgétaires des états .

Autrement dit, " le pouvoir régalien " ( pouvoir royal ) de création de la monnaie a été " confié " à des banques privées .

Le résultat de cette gestion privée n'a pas tardé à se faire sentir .

Entre fin 2003 et fin 2011, le bilan de la BCE a explosé, passant de 1078 Mds d'€ à 4700 Mds, en crédits accordés aux banques, sans aucune garantie supplémentaire en face : autrement dit, la BCE créait pour plus de 3000€ de fausse monnaie .

Parallèlement, grâce aux facilités accordées par la BCE aux banques commerciales européennes, en matière d'emprunts à l'étranger, leur bilan passait de 19800 Mds d'€ à 33500 Mds, dans lesquels, on retrouvera en 2008, on l'imagine aisément, un gros stock de produits toxiques .

Toujours parallèlement, les prêts des banques à l'économie réelle restaient faibles ( cherchez le chômage ) : 10 000 Mds d'€ dont 4700 Mds aux entreprises et 5300 Mds aux ménages - en matière d'immobilier, principalement, qui allaient alimenter la bulle immobilière, en Espagne, par exemple - . La BCE faisait exploser le bilan des banques mais appauvrissait l'économie .

La création de monnaie par toutes les banques privées peut prendre toutes les formes : espèces, crédits, prêts, simples jeux d'écriture . En fait, 95% des dettes de toutes les banques commerciales peuvent être considérées comme de la monnaie puisqu'elles sont autorisées à les utiliser comme bon leur semble .

Ainsi, quand une banque française demande une ligne de crédit à la BCE, en fait elle demande à la Banque de France de lui échanger des euros contre des titres, qui ne lui appartiennent pas nécessairement . C'est là que commence à apparaître, subrepticement, " la monnaie de singe .

Si le titre offert n'est pas de bonne qualité, ( produit suspecté de toxicité ), l'Etat français doit donner " sa garantie de bonne fin " à la BCE par l'intermédiaire de la Banque de France .

Autrement dit, encore une fois, la BCE prête, " en dernier ressort " - jargon officiel qui ne manque pas de piquant - si les Etats la couvrent, donc si les citoyens européens ont accepté de socialiser les pertes éventuelles .

Donc, quand la BCE prête à une banque française, disons " La French ", sans titre de qualité en face, c'est le citoyen français qui devient le vrai débiteur de la BCE, mais il ne saura jamais - indépendance de la BCE oblige - pourquoi celle-ci a accordé ce " prêt spécial " à " La French ", ni pourquoi la dette publique a augmenté .

Or, " La French " peut avoir caché des pertes gigantesques enregistrées dans des opérations de spéculation sur " des produits dérivés ", à partir de paradis fiscaux, où les plus puissantes sont installées .

Supposons que quelques années plus tard, la dite banque ne peut plus cacher ses pertes, ( l'accident de Lehman Brothers, dont nous parlions hier ) voire qu'elle les a fait exploser, ni la BCE ni la BDF, ne pourront être poursuivies pour " soutien abusif " à un établissement financier, ce sera à l'Etat français de répondre . Et celui-ci répondra en venant puiser sur nos comptes bancaires .

Cela signifie qu'aucune épargne préalable n'est exigée d'une banque pour obtenir un crédit de la BCE . L'argent sort donc de nulle part . Mais il y a pire : aucune épargne postérieure n'est exigée de ces banques, puisque la dette des banques commerciales vis à vis des banques centrales n'a pas cessé d'augmenter depuis la création du SEBC et de la BCE, au 1er juin 1998 .

Le système est bel et bien construit sur la " dette perpétuelle "

Aucun effort d'économie ultérieur - pour rattraper leurs fautes - n'est exigé des institutions financières, ce qui n'est pas le cas des citoyens . Au citoyen, les sacrifices, aux banquiers la grande vie .

C'est pourquoi on peut affirmer que sur les comptes bancaires des Français, qui n'ont pas de compte en Suisse, il n'y a plus que de la monnaie de singe, puisque l'Etat peut, à tout moment, s'en saisir pour sauver les banques .

Et ce n'est pas tout . La création de la monnaie de singe, donc le racket sur les avoirs des citoyens, a commencé la veille de la mise place de l'euro : sur " les fonds baptismaux " de cette monnaie .

Le taux de change officiel de l'euro fut fixé en janvier 1999 : 1€ = 1,161$ ( moyenne de ce mois-là ) .

Pendant trois ans, jusqu'au 1er janvier 2002, la haute finance put spéculer contre la nouvelle monnaie, en achetant à tout va des dollars ( l'équivalent de 10 000 Mds d'€ de dépôts des clients furent utilisés ) pour faire tomber la valeur d'échange de l'euro à 0,877$, une baisse de 24,5% .

A la veille de la mise en circulation de la nouvelle monnaie, les banques commerciales se mirent à racheter de l'euro, à 0,877$, qui, au 1er janvier 2002, reprenait légalement sa valeur officielle prévue en janvier 1999 : gain des banques initiées, 2500 Mds d'€ .

" Les souffrances des heureux bénéficiaires de l'euro, coulaient déjà dans l'eau bénite du baptême " !

NB : d'après le blog de " Junon Moneta ", Europe & Euro .

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