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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 11:56
L'imposteur .

" Les anciens socialistes chantaient Le temps des cerises, les nouveaux, de droite, à l'image de F. Hollande, n'ont retenu que les merles moqueurs ... ", dit le journaliste Guy Konopnicki .

Ne dites pas de F. Hollande qu'il est un " traître " au PS, à la gauche, au socialisme ; F. Hollande n'a trahi personne, il n'est qu'un " imposteur ", un banal " imposteur " . Le sommet de son imposture est atteint durant la campagne des présidentielles de 2012 et les tout premiers mois de son mandat . " Une double campagne " .

Sa campagne officielle, une posture publique, où il feint de tourner le dos aux priorités économiques et sociales inégalitaires défendues par N. Sarkozy et propose au pays une politique économique alternative : " Le changement, c'est maintenant ! " son slogan principal qui promet des lendemains qui chantent, une véritable rupture avec les années Sarkozy . Cette campagne, c'est le discours du Bourget du 22 janvier 2012 qui en est le temps fort . Ce jour-là, le candidat socialiste dévoile ses principales promesses : les réformes démocratiques, du non-cumul des mandats à l'introduction d'une dose de proportionnelle dans les élections législatives en passant par le mariage pour tous ou le vote des étrangers aux élections locales . On y trouve aussi une refondation de l'école, une réforme fiscale profonde, la fin des dérives du nouveau capitalisme financier - " mon adversaire c'est la finance " - une taxe sur les transactions financières, la séparation des activités, de crédit et de spéculation au sein des banques ... En cet instant, F. Hollande semble être devenu le candidat dont le pays a besoin, le chevalier blanc qui va terrasser " cette finance qui s'est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle ", ajoute-t-il .

Ne nous étendons pas, le refrain est connu ...

Mais F. Hollande mène une double campagne . car il y a, dans le même temps, la campagne officieuse, celle dont la grande presse ne parle pas, une campagne autrement plus prudente, conservatrice, qui tourne le dos à la campagne publique .

Pour comprendre ce qui se passe quand F. Hollande accède à l'Elysée, il faut se plonger dans cette deuxième campagne, pour y déceler les ambiguïtés du candidat mais aussi sa part de calcul et surtout, disons-le sa part de duperie .

F. Hollande est homme habile, et même dans ses envolées lyriques évoquant la passé glorieux de la gauche, des oreilles averties peuvent déceler des petits riens subliminaux envoyés au camp d'en face, des signaux envers les milieux d'affaires, soucieux de rigueur économique et de respectabilité financière .

Le début de la campagne occulte du candidat socialiste peut être datée . En septembre 2010, F. Hollande n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature à la primaire socialiste, mais soumet un débat sur internet sur le thème : " Parlons de la France ", et le petit livre numérique qu'il dévoile, à cette occasion, aurait dû faire dresser l'oreille à certains . Multiplication des appels à la raison et à la modération comme s'il cherchait à ce que de vieux slogans comme le " Changer la vie ! " de 1981, ne revienne pas hanter la gauche .

Nous ne pouvons pas multipler les propositions comme si nous avions tous les moyens pour agir et disposions de tous les leviers ... les trésors cachés n'existent pas ... Les prélèvements sur les revenus financiers comme sur les grandes fortunes, aussi légitimes soient-ils, ne peuvent suffire à combler tous les déficits de notre protection sociale ", insiste-t-il . Matine Aubry y avait vu un " flou ", puis un " loup " .

Puis il ajoute : " Ces comportements peuvent paraître séduisants électoralement car nos concitoyens préfèrent entendre que " Tout est possible " ( Marceau Pivert, en 1936 ) plutôt que " l'Etat ne peut pas tout " . Par ailleurs, toujours dans son petit livre numérique " Parlons à la France ", il entre fermement dans le concret à propos des retraites : " Afin de tenir compte de l'allongement de la durée de la vie, il est logique d'allonger la durée de cotisation au fur et à mesure que l'espérance de vie augmente " .

Quelques mois plus tard, en janvier 2011, lors d'un face à face organisé par Mediapart, avec l'économiste Thomas Piketty, que certains ont prétendu à tort qu'il a inspiré la politique économique de F. Hollande, ce dernier fait comprendre, d'emblée, que sa révolution fiscale sera la moins radicale possible et qu'elle s'interdira une trop forte taxation des plus hauts revenus . Le dirigeant socialiste, émettant de très fortes réserves sur le barème d'imposition préconisé par l'économiste : " les taux faciaux pour un tout petit nombre sont inefficaces et conduisent aux délocalisations ... Je préfère un impôt payé à un impôt fraudé ", assène-t-il, quand Piketti lui fait remarquer que si on réduit en-dessous de 50% le taux supérieur de l'impôt sur le revenu, cela induit d'augmenter les taux d'imposition des revenus moyens et inférieurs, ce qui se produira d'ailleurs, dès le début du quinquennat .

Le 24 mars 2011, au détour d'un entretien, le journal " Les Echos " demande au candidat Hollande s'il accepte une filiation avec le centriste Raymond Barre - " le Père la rigueur " - que les socialistes ont chassé de son poste de premier Ministre en 1981, et Hollande acquiesce : " Il a eu le souci de mettre nos finances à flot " .

Le 24 août 2011, à l'occasion d'une réunion qu'il tient avec des économistes, le socialiste, va tenir les propos suivants : " La gestion au fil de l'eau, l'accoutumance aux déficits, la programmation sur des hypothèses irréalistes, l'acceptation d'un niveau d'endettement plus élevé sont autant de manifestations d'une irresponsabilité qui a coûté trop cher et à laquelle il est temps de mettre un terme " . " Cet effort de longue haleine devra être mené avec résolution ", martèle-t-il, avant d'ajouter qu'il fait siens les objectifs de réduction des déficits fixés par le gouvernement Fillon .

Ce jour-là, il n'y a pas que le contenu du discours de F. Hollande, qui a de l'intérêt . La brochette d'économistes invités à débattre avec lui, ne manque pas de piquant . Les plus convenus de Paris, les plus mondains, les plus libéraux, les plus conservateurs .

Et comme il a aimé l'expérience, le candidat cette fois investi par la primaire, remet ça, le 9 novembre suivant, à la maison de l'Amérique latine, avec les mêmes experts : Jean-Hervé Lorenzi, Président du cercle des économistes ; Philippe Aghion, l'économiste de Harvard ; Gilbert Cette, l'économiste de la Banque de France : Agnès Bénassis-Quéré, future présidente du Conseil d'Analyse politique, auprès du Premier Ministre ; Thomas Philippon, professeur d'économie à New-York ; Romain Rancière, professeur à l'Ecole d'économie de paris, et ancien du FMI ou encore Stéphane Boujnah, directeur général du " Banco de Santander France " . " Des imposteurs de l'économie " qui barbotent dans d'insupportables conflits d'intérêts, tous discrètement appointés par le monde de la finance .

Foin de jeunes chercheurs et d'économistes qui essaient dans un contexte de crise historique de chercher des voies nouvelles pour la gauche .

Le leiv-motiv de cette journée sera : " Une politique salariale trop généreuse fait le lit du chômage et nuit à la compétitivité " . 

Bien d'autres réunions discrètes suivront et en particulier après le 6 mai 2012, pour mettre en place, en 2013, le fameux " Pacte de responsabilité " qui devait déverser sur les grosses entreprises des dizaines de milliards d'€ . Mais nous y reviendrons .

Le chef politique est nécessairement un imposteur puisqu'il enseigne à résoudre les problèmes de la vie en ne les posant pas " ( A. Malraux, L'espoir " ) .

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 14:40
Site, Urtikan.net ( Dessin de Deligne, octobre 2014 ) .

Site, Urtikan.net ( Dessin de Deligne, octobre 2014 ) .

" Dans les poulaillers d'acajou, / Les belles basses-cours à bijoux, / On entend la conversation / D'une volaille qui fait l'opinion . /  Ils disent : / Que font ces jeunes, assis par terre, / Habillés comme des traîne-misère, / On dirait qu'ils n'aiment pas le travail, / Ca nous prépare une belle pagaille . / Mais comprenez-moi : c'est inquiétant, / Nous vivons des temps décadents, / Mais comprenez-moi : le respect se perd / Dans les usines de mon grand-père ... " ( Chanson d'Alain Souchon, album " Jamaix content ", 1977 ) .

Accrochons-nous ! " Les volailles qui font l'opinion " sont énervées . A dix jours du scrutin - des présidentielles - elles continuent à nous livrer le même diagnostic, qui les irrite car elles ne peuvent nous offrir aucune nouveauté : Le Pen et Macron dominent toujours la compétition, malgré un léger tassement pour les deux, à 23%, contre Fillon et Mélenchon, au coude à coude, autour de 18% . Avec la satanée marge d'erreur des sondages, à 3% - en plus ou en moins - rien n'est donc joué . Pas de favori indiscutable à nous présenter . C'est énervant ! D'autant plus que le jeune et bienveillant " fils de ... " se voit décerner des bons points par F. Hollande - ce n'est pas forcément un cadeau - qui dans le même temps flingue avec la méthode qui lui est propre, l'artillerie lourde, J.L. Mélenchon ( Interview du " Point ", à lire demain ) .        

Pourtant, tout est tellement clair !  

" Macron devrait gagner au deuxième tour, mais si Mélenchon continue son ascension, il peut lui passer devant, ce qui donnerait un deuxième tour " FN-France insoumise " que Mélenchon devrait emporter avec un apport de la gauche, à moins que la droite fillonniste choisisse massivement Le pen, hypothèse qui néglige toutefois le fait que Fillon garde son socle au premier tour et ne voie revenir à lui les électeurs de droite momentanément  déconcertés par les affaires de justice, ce qui le placerait en challenger de Le Pen au deuxième tour, avec une bonne chance de l'emporter, sauf si la gauche faisait totalement défaut au candidat LR, sans oublier le fait que dans un autre cas de figure, toujours possible, Fillon et Macron pourraient s'affronter au deuxième tour, avec une bonne chance pour Macron, sauf si la droite se mobilise et si la gauche s'abstient, rebutée par l'ultra-libéralisme de Macron, lequel peut avoir éventuellement en face de lui - et pourquoi pas - Mélenchon, dans un duel final que Macron devrait alors dominer grâce à l'apport des électeurs de droite effrayés par " La France insoumise ", à moins que les électeurs de Le Pen ne se joignent à ceux de la gauche pour faire tomber le candidat de la haute finance, qui garde toutes ses chances, sauf s'il les perd dans les tout derniers jours ... 

Résumons-nous :

A droite, si l'on est lepéniste, on vote Le Pen ! Si l'on est conservateur-libéral à la Thatcher, on vote Fillon ! Il n'y a là, aucun motif d'hésitation . Si l'on est d'une droite plus ouverte, plus modérée, on votera Macron pour éviter les fractures que le programme " réac " à souhait de Fillon va provoquer, et si l'on est d'une gauche libérale, réformiste, on va aussi voter Macron pour éviter Le Pen, Fillon et Mélenchon .

A gauche, la gauche authentique, si on veut la rupture, on vote Mélenchon, pas de changement . Si on veut, d'abord, sauver le PS et une gauche historique, on vote Hamon . Ah ! oui, mais : Le Pen et Fillon, c'est la catastrophe annoncée, alors il faut bien se résoudre à voter Macron, même sans savoir ni ce qu'il vaut, ni ce qu'il veut ...

" C'est pas simple, tout ça ! " Voilà pourquoi, notre sondeur se tait .

 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 11:45
" Ciel, un ouvrier à la télé ! "

" J'en appelle aux fainéants, aux crasseux, aux drogués et aux alcooliques pour leur foutre au cul ! ... Je suis grossier mais pas vulgaire, merde ! " ( Coluche, campagne pour la présidentielle de 1981 ) .

" La grossièreté se promène parfois en débardeur . La vulgarité, elle, porte souvent des costumes bien coupés " ( Renaud Dély, journaliste Marianne ) .

Les réflexes de classe ne tardent pas à resurgir dès qu'un représentant " des classes dangereuses " s'immisce dans les débats policés de " la caste " .

" Un ouvrier à la télé ", dans un débat institutionnel et pas seulement " dans un micro- trottoir " où on lui fait dire ce qu'il n'a pas dit . La Rédaction du Figaro a eu des hauts-le coeur . Le soir même du débat " à onze " du 4 avril, sur BFMTV, la brochette de chroniqueurs mobilisés par cette chaîne tançaient " l'irrespectueux " Philippe Poutou, aux si mauvaises manières, enfin, les soutiens de F. Fillon qui suivaient le débat, de laisser transpirer leur agacement contre les maires qui ont cru bon de parrainer " l' intrus ".

Mais la palme de l'indécence reviendra au philosophe et ancien ministre - le philosophe des sagesses très tiédasses -, Luc Ferry, déversant sur Twitter son mépris de classe contre ce candidat "  débraillé en Marcel " et à sa distinguée épouse Marie- Caroline Becq de Fouquières infligeant au mécanicien de l'usine Ford de Blanquefort une leçon de maintien " ouvrier " : " Faut-il mépriser la classe ouvrière pour croire la représenter en guenilles, par la veulerie, l'impolitesse et la bêtise " . En matière de " veulerie ", Marie-Caroline sait de quoi elle parle : son passage au Ministère de l'Education Nationale, en 2003, à côté de son ministre de mari, où elle fit la pluie et le beau temps, sans y avoir aucun titre à revendiquer, a laissé des traces ... 

" MARIE-CAROLINE FERRY SE LA PÈTE ! 

( Site " Le Mague ", 02/10/2003,  François Xavier ) .

Avec un tel prénom, la pauvre fille était déjà encline à un mauvais destin. Mais au lieu de la jouer soft, la voilà qui en rajoute : à 27 ans, elle est la plus jeune femme de ministre de la Ve République, ce qui devrait suffire à son bonheur, en sus d’avoir épousé le play-boy de service. Car, avec Bernadette Chirac et Cécilia Sarkozy, elle forme le trio des « Drôles de Dames » de Paris … 
Mais non, elle parade, elle légifère, donne son avis, dirige, remanie … 
Bref, elle indispose.

Le 110 de la rue de Grenelle n’a plus de secret pour elle. Elle y pénètre comme si elle était chez elle, le port altier, la tenue provocante, le regard hautain. Qui ne l’a pas vu au moins une fois en mini-jupe et bas résille, traverser la cour avec Droopy tenu en laisse, petit chien de la haute qui fait un peu tâche dans ce fief de gauche, ne connaît pas madame Ferry.
Qui n’a pas été scotché par la gestuelle sensuelle avec laquelle elle manie son fume-cigarette noir tout en caressant d’une main distraite, en apparence, sa natte auburn, ne sait pas ce que c’est qu’une vamp …
Cette femme est une bombe, mesdames et messieurs, une sulfureuse, mille volts dressés sur des escarpins italiens pour vieux monsieur à l’ego surdimensionné.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?
Comme tout n’est que relationnel dans le petit monde de la politique, surtout quand celui-ci croise le petit monde intello-mondain, il se trouve que le sieur Villepin, ami de son mari, a intercédé pour que le brillant philosophe ait enfin le poste qu’il mérite (sic) … Il ne suffit pas, en effet, de dire à chaque réunion du Conseil national des Programmes, « il faudrait … il faudrait … », pour que les réformes se fassent ; il faut mouiller la chemise, payer un peu de sa personne. Et là encore, Marie-Caroline prendra la direction des opérations et enverra manu militari son mari dire oui, merci monsieur le Président, je ferais de mon mieux, et patati et patata …

Une fois dans la place, Marie-Caroline décide que, non, vraiment, l’Hôtel de Breteuil n’est pas agencé dans le bon style, trop vieillot le truc, vous voyez ? Pas du tout de bon goût ces meubles maronnasses et beiges, beûrk !
Et la voilà qui donne des coups de pieds dans les vilaines chaises d’époque, jugées trop sinistres, tout en exigeant un décorateur dans l’heure sinon rien …

Sur sa lancée, la voilà qui transforme une bibliothèque réservée au personnel en une salle de gym privée. N’aurait-elle pas confondue ministère de l’enseignement avec ministère de la jeunesse et des sports ? Adieu livres et encyclopédies, culte du corps d’abord ! Il faut dire qu’elle cultive son corps Marie-Caroline, à son âge, la trentaine arrivant est vécue comme un drame insurmontable. 
Donc, salle de gym remplace bibliothèque égale ? Premier tollé. Résultat tout le monde aura le droit d’aller transpirer sur les jolis agrès tout neuf. Sans jouir de Marie-Caroline en plein effort, cela va de soi.

Puis vinrent les interruptions de séance, les réunions de cabinet aux allers et venues tapageuses dans des tenues que l’on a plutôt l’habitude de voir dans des boîtes de nuit à la mode, les prises d’opinion et les discours déplacés. Les réponses fulgurantes à la place de son mari. Etc. Les chefs de cabinet s’exilent pour ne pas avoir à se prononcer sur les manières cavalières de madame. Qui à Gaz de France, qui à l’inspection générale de l’administration.

Au fait, qui a osé la surnommer Cruella ?. "

En 2012, au lendemain de la défaite de son idole N. Sarkozy, cette icône du " bon goût " n'hésita pas à commercialiser dans sa petite entreprise de luxe, des sacs brodés " Nicolas, reviens ! " 

Mercredi dernier, pendant quelques heures, au lendemain du débat " des onze " on se serait cru revenu au matin du 11 mai 1981, lorsque les-mêmes, ou leurs aïeux, s'enfuirent planquer leurs lingots en Suisse devant l'arrivée annoncée des chars soviétiques sur les Champs Elysées, suite à la victoire de François Mitterrand .

Comme le dirait Ph. Poutou, ils sont restés toujours aussi " cons ", ces gens-là ! Ce qui est sûr, c'est que, et bien mieux qu'une romancière " rive gauche ", l'ouvrier de Blanquefort a su dire, haut et fort, à F. Fillon le dégoût et la colère qu'inspire aux classes populaires un candidat mis en examen pour détournements de fonds publics et a renvoyé l'héritière de " Montretout " dans son clan, celui des privilégiés du " système " , démontant en quelques mots la supercherie lepéniste bien mieux que des années d'indignation et de leçons de morale d'une gauche bien-pensante si souvent rongée par ses propres turpitudes .

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 14:58
" Andante sostenuto " .

" Pour des regards distraits la France était sereine ; / Mais dans ce ciel troublé d'un peu de brume, à peine, / Où tout semblait azur, où rien n'agitait l'air, / Lui, rêveur, il voyait par instant un éclair ... " (  " Le 7 août 1829 ", Recueil : " Les rayons et les ombres ", 1840, V. Hugo, à propos de la chute de Charles X ) .

 Cette espèce " d'aggloméré " de bouts de bois divers, qu'il est convenu d'appeler " Le Mouvement en Marche ", a pris la route il y a un an, sur un rythme " andante sostenuto " ( allant et soutenu ), mais pourra-t-il soutenir ce rythme jusqu'au bout ? Car dans tout matériau aggloméré il faut un liant - colle ou résine - et la question fondamentale  est bien : où sont la colle et la résine qui puissent faire tenir ensemble R. Hue, A. Madelin, M. Valls, F. Bayrou, A. Minc, JY Le Drian, B. Kouchner, C. Lepage et tant d'autres ? ( Relevons au passage que quatre de ces soutiens ( Hue, Madelin, Bayrou et Lepage ) étaient déjà candidats à la terrible présidentielle de 2002 et avaient réalisé un score de 16% à eux quatre ) .

Pour le moment, tous ces gens en proposent un, un mantra qui vaut ce qu'il vaut, mais qui ne saurait tenir très longtemps : " Je choisis EM parce que je veux barrer la route à Marine Le Pen " . Ah bon ! Barrer la route à M. Le Pen, dès le premier tour ? Parce que M. Le Pen aurait quelque chance que ce soit d'accéder à l'Elysée dès le premier tour, de faire plus de 50% des voix dès le 23 avril ? La bonne blague !

Allons, chers " convertis ", ne vaudrait-il pas mieux nous donner les vraies raisons de votre conversion - de l'illumination qui vous a saisis sur votre chemin de Damas politicien ? Lesquelles d'ailleurs ? Le programme du candidat ? La diversité enthousiasmante de ses soutiens qui ont longtemps affiché avec détermination leurs convictions de droite, du centre et de gauche ? Le niveau des sondages ? L'après présidentielle ?

Auriez-vous honte d'expliquer les vraies raisons de votre choix, rencontrez-vous quelques difficultés à donner un seul argument positif pouvant justifier votre décision, par crainte d'y perdre toute crédibilité ?

Il est vrai que le candidat s'est juré de faire disparaître les partis politiques . Ne s'agirait-il pas alors, dans votre esprit, de construire un mouvement, " le MEM ", rassemblant toutes les composantes de cet " arc extravagant " surgi de quelque tête malade ? 

Mais il vous faudra bien alors l'appeler parti, comme le veut la Constitution, dans son article 4 : " Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage ... " et parce que, et ce n'est pas le moindre des pièges qui vous attendent, des lois ( 11 mars 1988, 15 janvier 1990, 19 janvier 1995, 11 avril 2003 ) ont prévu un financement public de leurs activités, indispensable pour qu'ils ne soient pas tributaires des dons privés .

Et ce financement privé, qu'allez-vous en faire ? Sera-t-il versé à un seul parti, " le MEM ", ou à chacune de ses composantes qui voudra avoir sa vie propre, tout comme elle souhaitera conserver à l'Assemblée Nationale " un groupe ", gage d'autonomie politique et de privilèges exorbitants ?

La loi a prévu que le financement public d'un parti, est accordé pour cinq ans, le temps de la législature, en fonction des résultats aux législatives, à ceux qui ont présenté des candidats et obtenus au moins 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions, et au prorata du nombre de députés élus . Des millions d'euros pour les meilleurs .

Qui ne voit qu'au soir du 7 mai, et alors que la pression des législatives s'abattra sur chacun, " La Belle Alliance Christique " en prendra un coup et que " l'andante sostenuto " se liquéfiera en " moderato comptabilisé " !

Allons, chers nouveaux convertis, ne vous cachez pas derrière la bonne figure de M. Le Pen, laissez tomber le paravent du buffle nationaliste, il y aura un deuxième tour pour cela . Un peu de courage ! Expliquez-nous clairement les raisons de votre choix, ces préoccupations opportunistes pour vous permettre d'exister encore, au jour d'après, dont l'avenir proche nous dira si " le MEM " que vous aurez contribué à créer aura envie de les prendre en considération . 

Dieu que la vie politique est difficile pour ceux qui ont choisi d'en vivre surtout quand elle s'écrit sur une partition très gélatineuse .

 

 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 14:53
Le " Te Awa Tupua " .

Le " Te Awa Tupua " .

" Le climat s'est emballé, la biodiversité s'est effondrée, la pollution est omniprésente, les conditions même de la vie sur terre sont menacées, nous ne pouvons plus rester spectateurs " ( Valérie cabanes, juriste, Le Monde du 31/03/2017 ) .

" Le débat à onze ", d'hier soir concernant la présidentielle française n'a tourné qu'autour d'un seul et même refrain : d'abord débrider la croissance et relancer l'emploi . Pour le reste, ont-ils semblé dire, on verra après ...

Aux EEUU, Trump s'attaque à coups de décrets au " Clean Power Act " de Barak Obama, dispositif pour réduire les émissions de CO2 et renonce à fermer les centrales à charbon qui emploient encore 100 000 mineurs . A la question, à quoi sert d'avoir du boulot si c'est pour construire un monde invivable, il répond, sur le mode Fillon : et alors ?

A Saint-Pétersbourg, à l'occasion d'un Forum international sur " l'Arctique ", en partie sous juridiction russe, Poutine annonce avec l'arrogance qu'on lui connaît qu'il considère cette région comme disposant d'un " potentiel économique colossal " avec son gaz, son pétrole, ses minerais, son trafic maritime naissant, grâce à la fonte des glaces, et qu'en conséquence il compte bien " l'exploiter à mort " .

A paris, le MEDEF pond son " livre blanc anti-écolo " dans lequel il avance 40 propositions pour " simplifier " - comprendre raboter - le droit de l'environnement . Après le démantèlement du code du travail par la Loi El Khomri, le démantèlement du code de l'environnement . 

Exemple : dès qu'un projet aurait reçu l'approbation des autorités publiques - par ce qu'on appelle la Déclaration d'utilité publique ( DUP ) - plus personne n'aurait le droit de le mettre en cause devant les tribunaux . Ainsi le barrage de Sivens ou l'aéroport de Notre Dame des Landes seraient devenus inattaquables dès la DUP .

Les spécialistes du profit maximal et immédiat s'en donnent à coeur joie .

Heureusement, de-ci,de-là, des " Bartolomé de las Casas " convaincus que la nature pourrait avoir une âme se mobilisent pour que l'homme cesse de se croire " maître et possesseur de la nature " .

En Nouvelle-Zélande, les députés viennent d'accorder au fleuve au fleuve " Te Awa Tupua " le statut " d'entité vivante " . Tout comme un humain, il sera doté d'une personnalité juridique dont les intérêts personnels pourront être défendus devant les tribunaux par des personnes qui le représenteront, parleront et agiront en son nom . Le " Te Awa Tupua " pourra parler d'égal à égal avec la société . 

Que celui qui pense  " mais ils sont fous ces Maoris ", cesse là sa lecture, ce texte ne lui est pas destiné . Qu'il attende sagement le prochain " Salon de l'agriculture ", ce Musée du Quai Branly de l'agriculture intensive .

Ils sont peut-être fous ces " Maoris " mais ils ne sont pas seuls . L'Inde vient de reconnaître " le Gange " et l'un de ses affluents " le Yamuna " , deux fleuves affreusement pollués , comme personnes morales . 

Déjà, en 2008, l'Equateur avait inscrit dans sa Constitution les droits de " Pachamama ", la terre-mère, suivi aussitôt par la Bolivie .

L'année dernière, les Kanaks des  " Iles Loyauté " ont fait en sorte que des éléments de la nature et certains animaux totémiques comme le requin, la tortue, certaines plantes et sites sacrés puissent eux-aussi jouir de ce statut ( quotidien Libération du 29/03/2017 ) .

Bien sûr, tous ces petits Etats, proviennent d'Océanie - ou presque -, diront les bien-pensants, pour qui Maoris, Kanaks et autres aborigènes sont restés de grands enfants, ce cinquième continent  mal placé entre l'Asie à l'Ouest et l'Amérique à l'Est, et surtout " méprisé par les quatre autres ", disait Pierre Desproges dans son " Dictionnaire superflu " ( 1997 ) .

Reconnaître des droits à la nature, des droits humains, pour la protéger, quelle belle utopie ! Et si cela s'avérait efficace ? Chez nous, dans notre société de l'abondance, des juristes ont commencé à en débattre . Une lueur . Ce 29 mars, le Parlement Européen a " évoqué " la possibilité de lancer une initiative citoyenne sur le sujet .

Quoi ? On entend d'ici les gros rires avinés de Trump, de Poutine, de Gattaz : la priorité ne serait plus la croissance à tout prix ? Reconnaître que la Nature a le droit de se défendre contre les agressions, les prédations, les nuisances de l'homme ? Mais dans quel monde veulent-ils nous faire vivre tous ces irresponsables ?

Oui, quel monde ? C'est trop bête : " Un monde qui ne soit pas devenu invivable ! "

 

NB : d'après l'article de Jean-Luc Porquet, " Te Awa Tupua vous salue bien ", Le Canard Enchaîné du 5 avril 2017 .

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 14:19
" L'étrange défaite " ou " Le procès verbal de l'an 40 " (1) .

( 1) ." Il lui faudra enfin, à ce peuple, se remettre à l'école de la vraie liberté d'esprit : il est bon qu'il y ait des hérétiques ", ( Marc Bloch, été 1940, " L'étrange défaite " , essai publié en 1946, par les Editions Franc-Tireur, deux ans après l'assassinat par la Gestapo du grand historien ) .

" A l'heure où le PS pousse un dernier râle avant d'expirer, le vrai coupable se tient à l'écart de la lutte finale et contemple le désastre, impassible, depuis un balcon de l'Elysée ...  Chirac avait dissous l'Assemblée nationale, Sarkozy la fonction présidentielle, et Hollande a dissous son parti ... " ( Renaud Dély, Marianne ) .

En appeler à l'essai, écrit à l'été 1940, d'un de nos plus grands historiens, pour décrypter le moment que nous vivons, paraîtra à certains très osé . Ils auront raison, parfois . 

" L'étrange défaite ", c'est l'histoire magnifiquement racontée d'une France qui, en juin 1940, sombre presque d'elle-même, sous les avancées de l'armée allemande . Aucun rapport avec ce que nous vivons aujourd'hui . D'accord, quoique ! Certes l'Etat-Major militaire est incompétent et sourd mais la société n'est pas moins sclérosée que les militaires . " L'étrange défaite " nous raconte aussi l'histoire d'un pays qui traverse une crise morale majeure, un pays dont les élites se sont discréditées dans les scandales, dont les derniers gouvernements ont capitulé devant les techniciens, dont la presse n'assume plus sa mission démocratique et, gangrenée par l'affairisme, ratiocine sans cesse les fausses évidences, en somme l'histoire d'un pays en crise qui s'effondre de lui-même, parce que ses élites n'ont pas assumé leurs responsabilités, parce que les partis politiques ont largement fait faillite . Vue sous cette angle, la comparaison même si elle n'est pas raison vaut la peine d'être explorée .

Même les partis de gauche, ceux du Front Populaire, n'échappent pas à la critique acerbe et lucide de l'historien qui pourtant connaît sur le bout des doigts l'histoire du mouvement ouvrier et a de la sympathie pour lui, mais en ces temps de tourmente, la gauche a été défaillante - abandon de la République espagnole, Munich - et l'historien le constate avec férocité : " Je n'ai nulle envie d'entreprendre ici l'apologie des gouvernements du Front Populaire . Une pelletée de terre pieusement jetée sur leurs tombes de la part de ceux qui, un moment, purent mettre en eux leur foi, ces morts ne méritent rien de plus, ils tombèrent sans gloire et le pis est que leurs adversaires y furent pour peu de chose ... " 

Tout est là : " Leurs adversaires y furent pour peu de chose " . Et c'est ainsi, à force d'affaissement moral, qu'une Chambre des Députés issue de Législatives organisées sous le Front Populaire ( 80 députés s'y refuseront cependant ), peut voter, le 10 juillet 1940, les pleins pouvoirs à Pétain .

Elle est bien là, la terrible résonance de " L'étrange défaite ", " ce procès verbal de l'an 40 ",  avec notre époque, qui fonctionne comme un miroir . Car on se prend à redouter qu'à l'image d'un Front populaire vaincu et résigné, la gauche socialiste de gouvernement ne nous ait entraînés, par lâcheté et par faiblesse, en conduisant une politique tellement contraire aux intérêts de son électorat, à nous jeter dans le lit du camp d'en face - un camp qui n'a plus de frontière étanche avec l'extrême-droite .

Marc Bloch reproche avec force aux gouvernants de son époque d'avoir déposé " avant l'heure les armes " . En observant la course à l'échec dans laquelle F. Hollande et les oligarques socialistes étaient pris depuis le mois de mai 2012, comment la terrible formule de l'historien ne viendrait-elle pas à l'esprit ? Elle fonctionne comme un rappel et une solennelle mise en garde à tous ces hiérarques socialistes qui, eux aussi, déposèrent les armes dès l'accession de F. Hollande à l'Elysée .

Le naufrage annoncé de la gauche réformiste à l'élection présidentielle de 2017, la place à un tournant de son histoire . Sous les " Trente glorieuses " elle a pu croire, un temps, pouvoir garder l'ambition de conduire une politique réformiste . Mais au lendemain de la chute du mur de Berlin, sous les agressions, du coup, d'un capitalisme anglo-saxon beaucoup plus intransigeant, construit sur la tyrannie du capital sur le travail, elle n'a pas vu son impuissance prendre corps au point de ne plus avoir d'énergie du tout, ni âme, ni volonté ... L'essoufflement !

Le quinquennat de F. Hollande marque le point de rupture d'une histoire longue : la gauche réformiste n'est plus, voilà tout ! Elle n'a plus ni ressort, ni doctrine et on ne peut même pas lui faire grief de trahir ses valeurs, elle n'en a pas plus, à l'image d'un Manuel Valls transformé en " Iago " . " Ils tombèrent sans gloire ", rappelle Marc Bloch .

Alors, la vigilance est plus que jamais de mise . Ne nous laissons pas berner par le " grand leurre " du moment : Emmanuel Macron . Il nous est présenté comme le successeur de Hollande, celui qui va poursuivre les réformes dans la concorde, un social-démocrate apaisant . Tout cela est faux . Certes il s'agit de redorer le blason de l'idée réformiste mais Emmanuel Macron n'est pas un réformiste, c'est le Deus Machina de l'ultra-libéralisme le plus agressif : fin des politiques sociales, fin des services publics, fin de toutes les protections, un système au beau nom " d'économie numérique " qui n'est rien d'autre que le creusement dangereux des souffrances sociales .

Gardons-nous d'avoir à écrire, au lendemain du mois de mai, " le procès-verbal " de l'an 17 !

NB : Réf. " L'étrange capitulation ", Laurent Mauduit, Ed. J. Claude Gawsewitch, avril 2016 .

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 13:08
Le Figaro, culture .

Le Figaro, culture .

Réédition du 08/01/2016 : personne ne peut s'arroger le droit de bâillonner la parole posthume des martyrs de Charlie !

(1) ." Franchement, si Dieu existe et qu'il est aussi puissant que ses serviteurs le prétendent, nous, les infidèles, les incroyants, les laïcards, les athées, les antithéistes, les mécréants, les apostats, on est mal ... " ( Charb : " Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes ", 16/04/2015, Ed . Les échappés ) .

( Note de l'éditeur : ce texte a été finalisé le 5 janvier 2015, deux jours avant l'attentat de Charlie Hebdo ) .

  • " Si tu penses que la critique des religions est l'expression du racisme,
  • Si tu penses qu' " islam " est le nom d'un peuple,
  • Si tu penses qu'on peut rire de tout sauf de ce qui est sacré, pour toi,
  • Si tu penses que faire condamner les blasphémateurs t'ouvrira le paradis,
  • Si tu penses que l'humour est incompatible avec l'islam,
  • Si tu penses qu'un dessin est plus dangereux qu'un drone américain,
  • Si tu penses savoir combien il y a de musulmans en France,
  • Si tu penses qu'il est essentiel de classer les citoyens selon leur religion,
  • Si tu penses que caricaturer un djihadiste est une insulte faite à l'islam,
  • Si tu penses que les fascistes attaquent l'islam lorsqu'ils visent un Arabe,

Alors, bonne lecture, car cette lettre a été écrite pour toi ... " .

" ... Le racisme est présent dans tous les pays depuis l'invention du bouc émissaire et il y aura probablement, toujours, des racistes . La question n'est pas de " perquisitionner " le cerveau de tous les citoyens, à la recherche de la moindre étincelle de racisme, la question est d'empêcher les racistes de formuler leurs pensées nauséabondes, d'exprimer leurs haines, de revendiquer leur " droit " d'être racistes .

" ... En France, la parole raciste a été largement libérée par Sarkozy et son débat sur " l'identité nationale " . Le racisme est sorti " des fins de repas de famille trop arrosés ", a envahi la rue, a irrigué les médias, a encrassé un peu plus les tuyaux des réseaux sociaux ...

D'autant plus dangereux que par fainéantise, par ignorance, parfois par erreur, certains travaillent à ce qu'il ne soit plus employé, ou seulement timidement, pour être remplacé par " islamophobie " . Mais en ne considérant plus, chez le raciste , que l'islamophobie, c'est le danger raciste qu'on minimise ... Les victimes de racisme qui sont d'origine indienne, asiatique, rom, noire africaine, antillaise, ont intérête à se chercher vite une religion, si elles veulent être défendues ...

" ... Lutter contre le racisme, c'est lutter contre tous les racismes . Lutter contre l'islamophobie, c'est quoi ?

Lorsque une femme voilée est insultée ou violentée, parce qu'elle est voilée à la mode musulmane, l'anti-islamophobe soutient, non pas la citoyenne prise à partie pour ses croyances religieuses par un fasciste, mais la représentante de l'islam . Pour l'anti-islamophobe, la chose la plus grave est qu'elle a été attaquée non pas en tant que citoyenne qui a le droit de s'habiller comme elle l'entend, mais en tant que femme musulmane .

" ... Les militants communautaristes qui essaient d'imposer aux autorités judiciaires, à coups de procès hautement médiatisés, la notion d'islamophobie, n'ont d'autre but que de pousser les victimes de racisme à s'affirmer musulmanes ...

" ... Le militant anti-raciste d'hier, tend à se transformer en " boutiquier hyperspécialisé " dans les diverses formes de discrimination ...

" ...Et l'athéophobie dans tout ça ? Chers amis anti-islamophobes, ne réservez pas vos insultes à l'égard de la Raison à l'intimité de vos temples, de vos tombeaux de la pensée, faites des journaux, des blogs, des spectacles, des marionnettes, pour vous moquer de cette absurdité que représente pour vous la vie sans Dieu . Caricaturez l'absence de Dieu, faites-lui un gros nez, un petit nez, des yeux de fous, des cheveux hirsutes, aucun athée ne vous poursuivra en justice pour cela, vous ne recevrez aucune menace de mort, et vos locaux ne seront pas détruits ... " .

( Extraits de la " Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes ", Charb, avril 2015 ) .

Ceci est mon hommage aux victimes de Charlie Hebdo, du 7 janvier 2015, sans tambours ni trompettes, sans gardes républicains, sans concert de Johnny Halliday, sans légion d'honneur .

Note : En 2010, une enquête conjointe de l'INED ( Institut National d'Etudes Démographiques ) et de l'INSEE ( Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques ) a produit les chiffres suivants, qu'aucun média n'a relayés : En France, 2,1 millions de personnes se déclaraient musulmanes, 11,5 millions se disaient catholiques et 125 000 juives . Ces chiffres n'arrangeaient pas tout le monde car nous sommes loin des 6 ou 8 millions de musulmans revendiqués par les associations communautaristes .

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 14:47
Blob-fish : poisson gélatineux des profondeurs

Blob-fish : poisson gélatineux des profondeurs

" Si Macron est élu, la droite explose, la gauche explose, le centre explose, et il faut tout reconstruire ... " ( J. F. Kahn ) .

La campagne électorale qui se déroule sous nos yeux ahuris révèle, au moins, une urgence : ne pas laisser s'installer au centre de la vie politique " une masse gélatineuse " regroupant autour d'Emmanuel Macron, Hollande, Valls, Juppé, Bayrou, et d'autres, une sorte de " blobfish " des profondeurs, capable de s'adapter aux plus fortes pressions - de la finance - qui nous conduira tout naturellement en 2022 à une coalition droite-extrême, extrême-droite dont les arêtes feront très mal . Il faut agir vite pour que dès les Législatives le sort de la gauche anti-libérale ne soit pas définitivement condamné . " Les ficelles du passé " sont désormais trop grosses aujourd'hui pour la sensibilité politique des vrais gens de gauche qui veulent " prendre part " . Il est une condition à mettre en oeuvre sans tarder et elle est élémentaire : remettre au centre de l'activité politique la lutte pour " l'égalité sociale " trahie par la gauche de gouvernement, trahison qui a conduit à la désertion des classes populaires et aux succès du Front National . Et faire que cette politique égalitaire commence dans les formes d'organisation que la gauche de la gauche entend mettre en oeuvre dans la préparation des législatives, seule voie concevable pour que la gauche survive et se reconstitue . La transformation sociale désirée à gauche commence donc par une remise en question par tous de soi-même .

Il faut agir vite en commençant par se poser les bonnes questions : avec qui faire l'unité demain et comment ? On ne doit plus se faire aucune illusion sur la nature du Parti Socialiste tant l'on sait dorénavant combien il est un obstacle  à toute rupture avec l'ordre existant . Compte-tenu de la décomposition actuelle de la gauche, il est incontournable de réfléchir à la constitution d'un vaste bloc démocratique antilibéral rassemblant composantes politiques, syndicales, associatives, d'accord pour faire front commun contre les deux ennemis aux destins inséparables que sont le néofascisme et le néolibéralisme .

La " gauche de gauche " a pris beaucoup de retard et, reconnaissons-le, déçu beaucoup d'attentes . 

Soit le sectarisme d'appareils se prolonge et ce sera la fin, pour très longtemps de la gauche critique et radicale, soit il peut être dépassé par une coalition, à la fois unitaire et diverse et le couple infernal de ses deux ennemis pourra être combattu avec des succès . 

Il va de soi que le processus de dynamique unitaire suppose un éclatement du PS avec le départ clair de son aile droitière incarnée par Manuel Valls vers la chair gélatineuse du macronisme ; les vrais socialistes restés fidèles à leurs grands idéaux et libérés des chaînes les liant artificiellement à des oligarques solfériniens ayant perdu tout honneur, auront toute leur place dans la nouvelle coalition .

Les responsabilités de chacun n'ont jamais été aussi grandes : c'est dès maintenant qu'il faut réfléchir à l'organisation d'un " Front commun " en vue des Législatives . Si les appels à l'unité en vue de ce deuxième rendez-vous qui semble avoir pris le pas, aujourd'hui, sur la présidentielle, ne sont pas entendus, au-delà des intérêts partisans, alors nous ne pourrons plus rien empêcher .

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 14:11
" Combats de boue " ( 7sur7, be. ) .

" Combats de boue " ( 7sur7, be. ) .

" Une masse nombreuse décide mieux que n'importe quel individu ... de même qu'un festin payé collectivement est meilleur que celui offert par une seule personne " ( Aristote, Les politiques ) .

Qu'on ne s'y trompe donc pas ! Tout ce que la grande coalition " en marche ", hommes politiques démonétisés et sans honneur alliés aux médias " enrôlés "  recherche, c'est atteindre l'aboutissement du long processus engagé depuis trente ans, la dépossession politique totale des dominés pour remettre entre les mains d'un leader leur intelligence et leur capacité d'action .

Les combats de boue qui accompagnent le processus ne sont que des leurres pour cacher la véritable ambition des oligarchies à la manoeuvre .

Le vrai combat qui se joue, n'est pas celui qu'on veut pourtant nous faire avaler du " néolibéralisme " contre " le néofascisme ", les deux facettes d'un même mouvement qui se nourrissent mutuellement, le néofascisme ne représentant nullement une rupture avec le système néolibéral .

La question est beaucoup plus stratégique pour les vraies forces de gauche . Comment lutter sur un double front contre ces deux fléaux ? En commençant par établir le vrai diagnostic : l'essor du néofascisme a été sciemment favorisé par les politiques néolibérales . Le Parti Socialiste et le gouvernement portent une responsabilité écrasante dans le désastre actuel . Toute leur politique a consisté à infliger une longue série de défaites sociales aux salariés, aux retraités, aux gens les plus modestes qui se paient aujourd'hui par la désunion et le désastre politique .

On aurait pu espérer que le rejet régulièrement exprimé de cette politique, lors de tous les scrutins intermédiaires ou des violents conflits sociaux de l'année 2016, allait offrir une chance de refondre une nouvelle gauche mais c'était sans compter avec les manoeuvres souterraines qui ont conduit F. Hollande à renoncer ou à l'éjection de Manuel Valls de la primaire socialiste pour, au prétexte d'une virginité retrouvée,  pousser vers le piédestal médiatique le " néolibéralisme " assumé et arrogant de E. Macron .

Les soutiers à la manoeuvre ont intégré que le désespoir des victimes du néolibéralisme, leur rejet de ce système, les poussent à vouloir se venger . Les analyses ne manquent pas qui, élection après élection, montrent que les classes populaires qui autrefois soutenaient les partis de gauche, soit se détournent du suffrage  - " Plus rien à faire, plus rien à f... " - soit veulent renverser la table en votant FN, tant le sentiment d'abandon par une classe politique pas du tout désireuse d'enrayer la désindustrialisation du pays, le chômage et la précarité, est fort .

Le problème, à l'intérieur du problème, étant que les trahisons successives du PS, comme le montrent nombre d'études, amène les classes populaires à penser que c'est toute la gauche qui a trahi, et JL Mélenchon n'est pas épargné par ce rejet . Désormais la vraie gauche est très largement minoritaire parmi les ouvriers et les employés qui ont bien compris que depuis 1983 les politiques dites de " gauche " n'ont plus cherché à remettre en question la puissance du capital mais ont au contraire visé à la renforcer à travers le grand marché européen, la monnaie unique, la concurrence interne, la guerre entre salariats et fractions de salariat .

La situation est donc bien celle-ci . Les victimes du néolibéralisme veulent se venger des trahisons et des reniements . Mais cette vengeance pourrait profiter aux pires . Alors on agite " l'épouvantail " pour mobiliser cet autre ancien électorat de la gauche, les cadres du secteur public, les enseignants, les diplômés, qui éprouvent la même aversion profonde pour le buffle nationaliste que pour le tartuffe entretenu de la droite extrême . 

La porte est étroite mais on s'y précipite . Il faut imposer, non pas un projet, il n'est pas présentable, " l'ubérisation " de la société, non pas une " secret story " qui ne pourrait être que celle d'un homme agissant dans l'ombre de F. Hollande pour mettre en musique la trahison du " Bourget " . Non ! On va écrire une autre histoire, " l'ascension " d'une image : le " winner ", le jeune général de trente ans terrassant un Directoire corrompu, Hercule asservissant l'Hydre de Lerne, le général de Gaulle du XXIe siècle - sans la résistance - le Clémenceau de 1917, et puis, cela ne gâche rien, le petit Mozart de l'économie .

" L'illusion Macron " ne sera qu'un sursisla certitude que dans cinq ans, les digues entre " extrême-droite " et " droite-extrême " étant définitivement tombées, le " néofascisme " sera encore plus fort et prêt à prendre le pouvoir . Mais le système s'en moque bien puisque, comme nous le disions en entrée, " néolibéralisme " et " néofascisme " sont ses deux mamelles .

Alors, les " combats de boue ", contentons-nous de les prendre pour ce qu'ils sont, " un amuse-bouche " avant " le grand festin " .

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 14:20
" Ils ne sont plus là, mais ils dézinguent " .

" Ils ne sont plus là, mais ils dézinguent " .

" Nous vivons les dernières convulsions d'une élite qui ne veut pas lâcher le pouvoir " ( Benoît Hamon, 27/03/2017 ) .

A l'occasion du premier débat concernant l'élection présidentielle, diffusé sur TF1, nous étions dix millions devant nos postes de télévision, lundi dernier . Et les observateurs de se précipiter aussitôt sur ce résultat pour louer la passion très française pour la politique . Les choses sont-elles aussi simples ? Car ce taux d'audience certes exceptionnel venait percuter de front, l'essai du politologue et sondeur Brice teinturier, paru quelques jours auparavant et intitulé : " Plus rien à faire, plus rien à f... " 

Intéressé à expliquer d'où provient la rupture entre les Français et la politique et le danger d'une abstention élevée au prochain scrutin, le politologue fait les constats suivants . " Le malaise de la démocratie en France est insondable ; effondrement de la morale, crise de l'exemplarité, confusion de la politique et de la téléréalité, mutations de l'information, influence des réseaux sociaux, c'est l'avenir de notre système démocratique qui est interpellé " .

Dans le double quinquennat de F. Hollande et de N. Sarkozy, précise l'essayiste, il y avait eu, pour la première fois, une véritable alternance, avec une droite puis une gauche, ayant à chaque fois tous les pouvoirs, donc sans dilution des responsabilités qui étaient le jeu des cohabitations précédentes . Or cette décennie a été pour les Français un énorme échec . Certes, par le passé, un camp et puis l'autre, avaient pu souffrir de déceptions, Mitterrand, Chirac, Jospin . Mais les deux derniers quinquennats nous ont conduits au-delà de la banale déception, dans un véritable ébranlement politique : effondrement de la morale publique dans une société de plus en plus individualiste et marchande où beaucoup d'icônes sont tombées de leur piédestal, en politique comme dans le monde de l'entreprise, du sport ou de la culture, où à la vacuité de ses offres politiques, les élites au pouvoir ne répondent plus que par des postures de téléréalité pour masquer l'absence de résultats ...

Nous étions donc prés de dix millions devant nos postes . Relevons d'abord que l'exercice était une nouveauté dans les traditions de la Ve République et que le chiffre publié représente à peine plus de 20% du corps électoral et que si l'on met bout à bout, les " fans " de chaque candidat, installés dans leur canapé pour jouir de l'extrême habileté de leur poulain à rejeter dans les cordes l'adversaire, il reste beaucoup moins de véritables citoyens intéressés par les programmes défendus par chacun des candidats . On peut imaginer aisément que JLM et MLP avaient fait le plein de leurs soutiens, que F. Fillon avait rassemblé toutes les troupes de " Sens commun " et que l'objet politique non identifié E. Macron avait titillé la curiosité de certains pour sa personne et sa faculté à figurer dans un exercice périlleux, plus que pour son programme toujours aussi flou . Quant à " Petit Benoît " , s'il n'avait pas de " fan club ", il peut être assuré que les " traîtres " étaient au rendez-vous pour se féliciter en direct de son naufrage .

S'il faut aller chercher les vrais passionnés du débat politique, il est nécessaire de s'outiller . La vieille " pyramide des besoins " du psychologue américain Abraham Marlöw, publiée en 1943, peut nous aider . Marlöw est le père de l'approche humaniste de la psychologie, en opposition à la psychanalyse qui a fait de nous des " sacs à symptômes " .

A la base de la théorie de Marlöw,on trouve les besoins physiologique et de sécurité, au milieu ceux d'appartenance et d'amour, au sommet, ceux d'estime et d'accomplissement personnel . Si l'on applique cette maquette à l'analyse des besoins économiques actuels des Français en utilisant les indicateurs économiques et un peu d'analyses des données, on voit un parallèle avec les trois premiers besoins définis par Marlöw : Le physiologique avec le pouvoir d'achat, qu'on appellera la survie ; le deuxième avec la sécurité économique et sociale, qu'on qualifiera de besoin de protection face aux aléas de la vie ; enfin un besoin d'appartenance maîtrisée à une mondialisation jugée trop galopante et qui flirte avec un " repli " qui pourrait très vite devenir malsain .

Pour le haut de la pyramide, les passionnés du débat, ont compris depuis longtemps qu'il vaut mieux ne pas trop compter ni sur l'économie, ni sur la politique .

En somme, les débats de l'actuelle campagne électorale n'ont d'intérêt que si l'on s'est armé - non pas contre le populisme, le mot ne veut plus rien dire, aujourd'hui - mais contre la démagogie, le clientélisme, la politique spectacle et la " post-vérité " , le champion de ce dernier stratagème s'appelant F. Fillon .

 

 

 

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