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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 14:09
Gravure lavamedia.be

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" Le libéralisme est une valeur de gauche " ( E. Macron, Le Monde du 27/09/2015 ) .

L'aventure politique française dans laquelle E. Macron vient d'engager le pays n'est pas une affaire de génération spontanée : elle a été méticuleusement préparée sur le plan idéologique . 

En 2007, deux économistes italiens, Alberto Alesina et Francesco Giavazzi publient un ouvrage " Il Liberalismo è di sinistra " . La même année, dans un entretien accordé à " La libre Belgique ", le politicien belge Richard Miller déclare : " Le libéralisme est par nature authentiquement social " . En 2013, le journaliste Rainer Hank, déplore, dans la " Frankfurter Allgemeine Zeitung "  la rupture entre " les moralistes de gauche et les idéalistes du libre-marché ", qui gagneraient à être réunis . Le 1er octobre 2015, dans les colonnes de Libération, les historiens Kevin Brookes et Jérôme Perrier, s'étonnent de l'étonnement suscité par le propos d'E. Macron affirmant que le libéralisme est de gauche : rien d'iconoclaste dans ces mots, affirment-ils . Quant à l'écrivain et chroniqueur belge Marcel Sel, plus récemment, il ne fait pas dans la dentelle : Je suis de gauche, " un libéral " de gauche, " la quintessence même de la gauche " .

C'est donc à l'automne 2015 qu'E. Macron lance son imprécation, " le libéralisme est de gauche ", qui lui permettra, quelques mois plus tard, de brandir la bannière de sa campagne : " Ni de droite, ni de gauche " .

Le mécanisme idéologique est fort simple : expurger le mot capitalisme du vocabulaire politique et lui substituer le terme de libéralisme, plastique à souhait ; annoncer que le libéralisme est de gauche ; promouvoir la fin du clivage droite-gauche - qui fleure un peu trop la lutte des classes et structurait dangereusement le vote des Français - ; faire sauter le verrou des partis, lui aussi trop structurant ; laisser entendre enfin que le macronisme est de gauche mais qu'il est également de droite . Et le tour est joué . La confusion est totale . La stratégie de l'arnaque politique est au point .

Comprenons bien le blocage qui vient de sauter . Beaucoup de libéraux - tenants du capitalisme - sont réticents à se revendiquer de la droite, pour des raisons psychologiques autant que stratégiques . L'étiquette de droite est lourde à porter : elle véhicule des idées de pouvoir, de domination, de conservatisme, d'immobilisme, quand la gauche évoque le progrès, l'égalité, les luttes sociales, l'intérêt pour le peuple . Peut-on imaginer un politicien élu sur la base d'un programme prônant ouvertement la dégradation des conditions de vie des travailleurs ? En politique, il y a des choses qui ne se disent pas .

Depuis quatre décennies, deux stratégies se sont offrertes à la droite pour viser au succès . La première était l'inversion des normes : la droite se proclame la force motrice de la société, elle se range du côté de la modernité, elle fait preuve de courage et met en oeuvre les réformes conçues pour vaincre les archaïsmes du système économique actuel, défendus par une gauche favorisant l'inactivité, la paresse et l'assistanat  . La deuxième stratégie, en dépit de tout bon sens, consistait pour la droite à se déclarer de gauche et prend l'apparence de partis socialistes ou sociaux-démocrates : " la droite décomplexée " stigmatisée par Frédéric Lordon . 

Ces deux stratégies arrivaient à bout de souffle après deux quinquennats surréalistes . Une synthèse s'imposait . E. Macron se présenta au grand jury des stratèges libéraux pour l'incarner fort habilement dans la confusion entretenue la plus totale, où l'on vit le génie des médias dominants se déployer en un tableau apocalyptique " d'un conflit meurtrier entre la droite et la droite décomplexée " : " Les Républicains " contre " La République en marche " , à l'occasion des élections législatives .

On pourrait rire du phénomène s'il n'avait des conséquences graves sur l'imaginaire politique et les choix électoraux . Désormais, la France est dominée par un seul courant de pensée : à droite, le capitalisme libéral et à gauche le capitalisme libéral !

 

 

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:21
Pour la politique politicienne, le renouveau attendra !

" Twitter : @EPhilippePM , Dès le 1er janvier 2018, nous supprimerons les cotisations salariales sur l'assurance maladie et l'assurance chômage # ModèleSocial , 6 juin 2017 " .

Le premier volet de la refonte du système fiscal français consiste dans un basculement des cotisations salariales des assurances maladie et chômage vers la Contribution Sociale Généralsée ( CSG ), en un mot, vers l'impôt .

La CSG est un impôt prélevé directement sur notre salaire . Mise en place en 1991 par Michel Rocard, elle était prévue pour être temporaire et comportait un taux de 1,1% sur notre salaire . Cet impôt est resté et a même augmenté pour passer, en 1997, sous Lionel ,Jospin, au taux de 7,5% . Pour compenser la perte de rentrées que devra assumer la Sécurité Sociale, engendrée par la suppression des cotisations salariales, E. Macron va encore augmenter la CSG de 1,7 points, mais - et ce détail est à retenir - au 1er janvier 2019 . C'est ainsi que nous retrouvons la politique politicienne . Le but de la suppression des cotisations salariales est de faire croire aux salariés qu'on leur redonne du pouvoir d'achat, mais il faut que cela se voie sur la feuille de paie, dès la fin du mois de janvier . Or si, simultanément, on augmente la CSG, le gain ne se verra pratiquement pas : il faut donc décaler l'augmentation de la CSG pour que le gain de popularité qu'attend E. Macron de sa première mesure ne soit pas altéré, alors que concomitamment sera mise en oeuvre la réforme du code du travail, elle parfaitement impopulaire  . Tactique purement politicienne . 

Un exemple : une personne payée au SMIC verra, au final, son salaire net passer de 1153 € par mois à seulement 1174 €, une augmentation de 21 € . 

Les salariés doivent clairement voir que le bénéfice de la suppression de la cotisation salariale sera très vite rogné, l'année d'après, en 2019, et par l'augmentation de la CSG et par l'augmentation de leur impôt sur le revenu lié à l'amélioration provisoire de leur salaire .

Trois groupes sociaux vont être frappés d'abord, de plein fouet, par cette mesure : les retraités, les indépendants et les fonctionnaires qui ne payaient pas ou peu de CSG ou de cotisation chômage .

" En même temps ", l'ISF ( Impôt de Solidarité sur la Fortune ) va être réduit de moitié, l'IS ( Impôt sur les Société ramené de 33% à 25% ) et l'impôt sur le revenu des titres spéculatifs ( actions ) plafonné à 30% . A qui profite le crime, pourrait-on se demander ?

La protection sociale en France représente 730 Mds d'€ chaque année, soit 34,2% du PIB . Contrairement aux autres pays d'Europe, le financement de notre protection sociale ne repose pas majoritairement sur l'impôt mais sur des cotisations à hauteur de 61,7%, qui en font un système assurantiel, beaucoup plus sécure, la part de l'impôt atteignant 35,1 Mds - part qui a doublé en 25 ans - toutes les réformes depuis 1991 ayant tendu à gommer cet écart, la dernière à venir gardant le même objectif .

En 1991, la part de l'impôt, dans notre protection sociale, représentait 20%, après la réforme Macron, cette part passera à 38% .

En France, l'impôt finance 100% de ce qui correspond à la solidarité nationale pure comme " le minimum vieillesse " et est majoritaire dans la garantie maladie et aide à la famille, par contre il ne finance rien - ou presque - de tout ce qui touche individuellement au travail du salarié : " assurance accidents du travail " et " assurance chômage " .

Le basculement vers la CSG poursuit donc la fiscalisation de la protection sociale au détriment de la cotisation, engendre l'étatisation de l'indemnisation du chômage, ce qui permettra au gouvernement de reprendre en main plus drastiquement le système, les dépenses, taillant en fonction de la conjoncture économique dans les aides sociales .

En clair, cela signifie une protection contre les aléas de la vie dépendante des crises financières provoquées par les banques .

Aujourd'hui encore, chaque personne, suivant ce qu'elle a travaillé, cotise pour elle et pour tout le monde : magnifique modèle ! S'il vient à être supprimé et transformé sous forme d'impôt, tous les gouvernements, actuel et à venir, s'ouvrent la possibilité de revenir quand bon leur semblera - ou quand bon semblera aux banques, posons notre regard vers l'Est et la Grèce  - sur les droits ouverts aux travailleurs . 

Mais rassurons-nous ! Nos gouvernants ne sont pas des chiens : autour des années 2030, il restera quand même " le minimum vieillesse généralisé ", pour nos enfants, assorti au droit à certains petits boulots d'appoint, jusqu'à l'âge de 90 ans !

 

NB : site www.revolutionpermanente.fr 

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 15:02
Le gouvernement par les rébus .Le gouvernement par les rébus .

" En réalité, le grand roi du monde est entre les mains de la finance " ( Daniel Dessert, historien, chercheur en histoire économique et sociale ) .

Pendant que des historiens passionnés de la grandeur éternelle de la France louent le grand siècle et le règne de Louis XIV, le Duc de Saint-Simon, chroniqueur de ce règne, nous rappelle, dans ses mémoires des réalités moins avantageuses . Le grand Roi était en fait entre les mains de la finance : " Pendant que Versailles ( la Cour ) faisait son carnaval, les Ministres présentaient au Roi, vingt mesures déjà prises - avec les financiers - laissant à ce dernier la possibilité de n'en refuser qu'une ... "

Lors d'un séjour à Marly, Saint-Simon voit passer le roi, s'efforçant de séduire le banquier Samuel Bernard, à qui il doit déjà 11 millions de livres : " Stupeur, devant cette espèce de prostitution du Roi, pourtant si avare de ses paroles, à un homme de l'espèce de ce Bernard ... Le plus riche d'Europe et qui faisait le plus gros et le plus assuré commerce d'argent ... Il sentait ses forces et il voulait des aménagements proportionnés ... Les Contrôleurs Généraux ( Ministres des Finances ) le traitaient avec force distinctions et égards ... " ( Mémoires, 1708 ) . 

En parfait lettré, Emmanuel Macron est amoureux de Versailles : y recevoir Poutine, trois cents ans exactement après l'enfant-roi Louis XV ( 1717 ) recevant le futur Tsar Pierre le Grand, et lancer officiellement son quinquennat ( le 3 juillet ) depuis ce haut-lieu en est une parfaite illustration . Mais la photo officielle de sa présidence, récemment parue, n'est pas moins évocatrice .

 C'est " une ribambelle " de symboles qui nous est offerte .

Entre le drapeau français et la bannière européenne ( affirmation de sa détermination à nous engager dans plus d'Europe ), debout devant son bureau ( où il travaille )  qu'il agrippe de ses deux mains crispées ( torse bombé, prêt à bondir, à se battre ), une fenêtre grande ouverte sur le parc ( l'extérieur, le monde, l'ouverture ) ; sur le bureau, des livres ( de la Pléiade, les Mémoires de Charles de Gaulle ) grands ouverts, et non sagement enfermés dans une bibliothèque, ( intelligence complexe nourrie à la grande littérature, à l'inverse de ses prédécesseurs ) ; à sa gauche, une pendule proclamant que le monarque-président entend rester " le maître du temps ", ( le temps de son action ) ; à sa droite, son téléphone portable ( l'ère numérique dont il entend faire l'axe de la transformation du pays qu'il entreprend ) et un encrier surmonté du coq gaulois pris dans le pli du drapeau national  ( le pendant rassurant pour les souverainistes de la bannière étoilée de l'Europe ), le Président annonce au Pays son programme sous forme de " rébus " .

Enfin, les lèvres pincées de qui sait ce qu'il veut et surtout ce regard perçant que les médias adorent, qui paraît vouloir vous scruter jusqu'au tréfonds de votre âme comme pour vous dire que personne n'échappera à sa vigilance : aucune empathie dans ce portrait, seulement un défi : je suis " le pouvoir ", tel Louis XIV proclamant " l'Etat c'est moi " !

 Célébrer le 14 juillet, en la cathédrale de Reims, c'est pour bientôt !

 

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 14:23
" Enclosures " .

" Enclosures " .

" Il ne faut pas s'attendre à ce qu'un homme qui trime toute sa vie à une activité laborieuse devienne plus savant de la variété des choses de ce monde qu'un cheval de somme qui fait constamment le même va-et-vient sur un chemin poussiéreux, sur la route du marché, n'est spécialiste de la géographie de son pays ... Aussi, une grande partie de l'humanité est-elle, en raison de la nature des affaires humaines, inévitablement vouée à une ignorance invincible, car ayant fort à faire pour acquérir ses moyens de subsistance, elle n'est pas en état de s'occuper des moyens de connaître ... " ( John Locke, Draft A, 1671 ) .

En ce printemps 2017, les Français ont voulu le changement et à cet effet ont choisi un Président Philosophe, affirment les commentateurs . Certains ajoutent qu'il n'a pas vraiment de programme . C'est faux ! Le programme d'Emmanuel Macron existe et il est connu depuis le XVIIe siècle, écrit par le philosophe anglais John Locke ( Draft A, Première esquisse de l'essai sur l'entendement humain, 1671 ) .

Dès le XVIe siècle, en Angleterre, la transformation des terres arables en pâturage pour les moutons et leur clôturage ( enclosures ) exproprient les paysans et leur enlèvent les moyens de subvenir aux besoins de leurs familles . Ils sont pris en charge par les paroisses ( Loi sur les pauvres 1601, loi du domicile 1662 ) .

En 1697, John Locke propose à une commission gouvernementale des mesures aptes à favoriser " l'employabilité " des pauvres .

 " L'extension de la pauvreté n'est pas due à une pénurie d'offres d'emplois mais à une corruption des moeurs entraînée par un relâchement de la discipline sur la population laborieuse . Il faut appliquer avec rigueur les lois existantes et les renforcer pour remettre les pauvres au travail, les rendre utiles et " alléger ainsi le fardeau des payeurs de taxes ..." ( Bourgeois et propriétaires terriens ) .

Locke distingue parmi les pauvres, les aptes au travail, les partiellement aptes et les inaptes . La distinction ne s'embarrasse pas de fioritures ce qui la rend aisée à traiter .

" Les aptes au travail doivent être contraints d'accepter tout travail même s'ils sont payés au-dessous des normes établis, car ils ont été incapables d'obtenir du travail conformément à celles-ci parce qu'ils étaient moins habiles ou moins honnêtes que ceux qui ont été engagés selon ces normes ( On ne pourra pas refuser plus de deux proposition d'emplois ) . Les aptes au travail de plus de 14 ans qui mendient sans autorisation seront envoyés dans des maisons de redressement pour y effectuer des travaux forcés . Les enfants de moins de 14 ans, dans la même situation, seront placés dans des écoles de travail ( formation professionnelle ° . Les femmes à la maison regroupent une grande partie des partiellement aptes : elles disposent, entre leurs tâches de mère et de ménagère, de " temps libre " qui pourrait être utilisé pour apporter des revenus d'appoint à la famille ( temps partiels ) . Afin de libérer les femmes et de les rendre disponibles à un travail productif, les enfants entre trois et quatorze ans seront obligatoirement envoyés dans des écoles de travail où ils apprendront à filer et à tricoter la laine ( Centres de formation des apprentis ) où l'on enseignera aux enfants la discipline du travail, tout en défrayant par leur travail le coût de leur nourriture et de leur formation ( sic ) ... Un agriculteur ou un artisan peut retirer à n'importe quel âge, un enfant de ces écoles pour en faire un apprenti ; celui-ci est alors attaché à son patron jusqu'à l'âge de vingt-trois ans ( Accord d'entreprise ) ...

Les inaptes au travail devront être regroupés dans des bâtiments publics afin de réduire le coût de leur entretien . Ils auront le droit de mendier, dans des lieux précis et à des heures convenues, en arborant un écusson les y autorisant ... " ( Réduction de la dépense publique ) .

Qui est l'imbécile qui, un jour, a osé proclamer que les philosophes étaient tous de doux rêveurs ?

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 14:37
" Le hasard et la nécessité ! "

" Le parti politique est une machine à fabriquer de la passion - au lieu de la raison - une organisation visant à exercer une pression sur ses membres de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice " ( Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques, 1940 . Nouvelle publication en  2017, " coll . Climats ", chez Flammarion ), citée par Jacques Julliard dans le No 1057 de Marianne .

Comme souvent, l'événement est arrivé tel un voleur . Nul ne l'a vu ni entendu venir . " Le Système " a trébuché à trois reprises avant de nous embarquer, bon gré mal gré, dans une aventure que la grande majorité des Français n'a pas voulue mais qu'elle n'a pas davantage récusée, ce dont témoignent les chiffres de l'abstention aux scrutins présidentiel et législatif . 

Songez qu'en 2012, l'événement devait s'appeler Strauss-Kahn - du Macron avant Macron - , événement mort-né dans la chambre d'un Sofitel de New-York et le prétoire d'un tribunal de Manhattan . 

Songez, qu'au milieu de l'année 2016, l'événement devait s'appeler Juppé, c'était fait - du Macron très compatible - sauf qu'un méchant bâton vint se ficher dans la roue du champion, un Béarnais entêté, honni de la droite, dont le soutien fit chuter le maillot jaune .

Songez qu'au début de l'année 2017, l'événement porta le nom de Fillon - le meilleur pour tailler à la hache dans le modèle social français - macron-compatible, lui-aussi - mais que Le Canard Enchaîné vint juste à temps épingler sur ses manquements à la morale, si bien que " Le Système " se retrouva déshabillé, un temps . Un temps seulement . 

Et voilà nos éditorialistes et leur vision transcendantale, en appeler à la pensée du biologiste Jacques Monod ( Le hasard et la nécessité ), concluant que la conjonction de tant de hasards ne pouvait conduire qu'à l'assomption d'une nécessité : l'avènement d'Emmanuel Macron . " Quand débouté par la contingence, l'événement revient à la charge avec une telle insistance, il est difficile de lui refuser l'attribut de la nécessité " ( Jacques Julliard, Marianne No 1057 ) . 

Les Français se seraient donc prononcés pour un changement . Quel changement ?

" Ce serait une vision bien myope que de réduire la foudroyante ascension d'Emmanuel Macron à la condamnation de telle ou telle politique ", affirme encore Jacques Julliard . Les Français n'ont pas exprimé un rejet des politiques passées : chômage de masse, précarité sociale, austérité salariale, augmentation massive de la pauvreté, sûrement pas . Les Français n'ont exprimé qu'un " ras le bol " des partis . Ah, la belle trouvaille ! Il nous est offert la vision la plus réductrice du problème pour nous éviter d'aller piocher dans les questions qui fâchent . 

Et on va en appeler, fort à propos, aux condamnations de la philosophe Simone Weil, ( voir l'en-tête ) en omettant sciemment de préciser qu'elles furent prononcées en 1940, année où les partis traditionnels livraient le pays à " la Révolution Nationale " de Pétain . 

A l'appui de leur thèse, les éditorialistes, ajoutent une considération toute péripatéticienne : les Français n'ont demandé à E. macron ni la mort de la droite, ni la mort de la gauche, certainement pas la mort du centre mais leur collaboration dans l'intérêt de la Nation . 

Pour le parti, le critère du bien, c'est sa croissance, pour les Français, depuis le 7 mai, le critère du bien c'est la prospérité du pays tout entier . Admirable élan de confiance !

Les Français n'acceptent plus que la démocratie s'exprime en termes de conflit, de vétos catégoriels, en somme de lutte des classes : leur " macromania " ( sic ) malgré tout le flou du projet, serait due à leur volonté de mettre fin aux combats stériles de clans, ils ne supportent plus les guerres d'extermination .

Et c'est pourquoi, ils veulent la réussite du nouveau pouvoir, : et voilà qui est dit ! La France unanime à vouloir la réussite du démiurge . Voilà ce que souhaitent les 3 Français sur 5 qui ont refusé d'aller voter aux législatives . 

Et Jacques Julliard ( Marianne No 1057 ) ne cherche pas à enfoncer le clou, il prend un marteau de forgeron pour nous asséner, comme une sorte d'appel à la résistance : " Les partis ont reçu un coup sur la tête . Avant qu'ils ne se réveillent, profitons-en pour les achever ! "

" Brûlez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens " . Et oui ! Il en restera toujours un : devinez ! Et il n'y aura plus personne contre lui . L'irresponsabilité des plumitifs peut être incommensurable .

 

 

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 13:57
Le Monde .fr

Le Monde .fr

" Si toute l'agressivité qui meut les insoumis,cultivée en interne et sur les réseaux sociaux, passait dans la vraie vie, avec comme objectif la destruction de tous les lieux de débats, à l'occasion de graves déceptions dans un contexte social tendu, la FI de J.L. Mélenchon pourrait devenir un foyer possible de graves dérives ... "

" Le système " a réussi sa mue : substituer à un fonctionnement politique basé sur l'alternance de deux partis hégémoniques allant dans le même sens l'installation d'une grande étoile avalant tout ce qui gravite près d'elle et rejetant aux marges deux pôles d'intoxication idéologique à même de protéger l'astre naissant .

L'alternance avait fait son temps mais permis au " Capital " devenu intégralement financier de réaliser des progrès notables . Cependant l'alternance fonctionnait trop lentement : en ces temps de forte financiarisation de l'économie où des profits énormes sont possibles en quelques clics, tout frein est vécu par le " Capital " comme une injure à sa domination .  Les progrès n'y étaient pas assez sensibles et ce modèle social français insupportable à une Europe " fer de lance " de la mondialisation sauvage continuait de résister . Il fallait donc passer à autre chose : " une puissante force centrale " écrasant toutes les structures en capacité de ralentir le processus de destruction du modèle français, bien mauvais exemple pour les autres pays de l'Union Européenne  .

Le développement de cette démarche nouvelle suppose que deux exigences soient remplis : mettre en place deux pôles extrêmes aux deux bouts du système ayant pour mission de capter les déceptions, les frustrations, les colères des classes populaires, leur faisant croire que des " jours meilleurs " seront possibles un jour mais loin de toute idée de révolution sociale, les neutraliser en quelque sorte, en même temps qu'on protège ainsi le " Centre " de toute fièvre .

A l'extrême-droite, l'arnaque idéologique était déjà en place, avec  la présence depuis trente ans du Front National, redoutable arme à capter les frustrations populaires mais admirablement encadré par le scrutin électoral, uninominal à deux tours, afin qu'il ne vienne pas, à l'occasion un imprévisible soubresaut de l'histoire, perturber la mécanique à l'oeuvre . 

A l'extrême gauche tout restait à faire . Mais les stratèges du " système " ne mirent pas longtemps à repérer le personnage idoine à la construction du nouvel édifice : d'un égo démesuré, doté de véritables qualités de tribun, fin connaisseur de l'histoire sociale du pays et auréolé du capital politique conquis lors de l'élection présidentielle de 2012, l'homme ferait l'affaire . Certes, ce capital politique était issu d'une unité populaire matérialisée dans le Front de Gauche, alliance de plusieurs partis, mais qu'à cela ne tienne, les faiblesses psychologiques du " héraut " permettaient d'envisager sans crainte l'appropriation de son capital politique au service d'un projet différent .  " Le héraut " s'appellerait J.L. Mélenchon .

" La France Insoumise ", levier de la nouvelle donne, allait être inventée dès le début de l'année 2016, à la faveur de la déclaration de candidature, très précoce, de J.L. Mélenchon à la présidentielle de 2017 . Il s'agissait pour lui de se dégager de toute négociation, notamment avec le PC, de toute référence au Front de Gauche, tout en excluant sa participation à toute velléité de primaire, quand bien même ces différents processus, discussions ou primaires, pouvaient donner à penser qu'ils aboutiraient à sa légitimation comme candidat . De cela, il ne voulait pas .

Dès le mois de février 2016, le lancement de la " France Insoumise " reposait sur une idéologie précise et une " équipe ", issue du Parti de Gauche, clairement identifiée .

L'idéologie de la " France Insoumise " , distillée pendant des mois sur le blog de JLM est finalement d'une grande simplicité . 

Premièrement, on ne parlera plus de lutte des classes, de salariat, de travailleurs et surtout pas de l'antagonisme " capital-travail " : le clivage fondamental oppose désormais " le peuple " - le " peuple populaire " a dit récemment le tribun, dans un pléonasme aussi lourd que le marteau d'un forgeron -, le peuple également appelé les 99%, à " l'oligarchie ", appelée aussi " la caste " .

Deuxièmement, on redéfinit le peuple : " C'est une nation ", la nation française, et son identification en peuple ne peut reposer que sur une symbolique nationale qui doit se substituer aux symboles du mouvement ouvrier . C'est ainsi que peu à peu le drapeau rouge disparaît des meetings du " dirigeant "  pour être remplacé par le drapeau tricolore et que " l'Internationale " y est proscrite en faveur de " La Marseillaise " .

Troisièmement, " le peuple " devient une nouvelle entité à construire dans un mouvement qui n'associe plus des travailleurs exploités, des salariés écrasés et humiliés, des petits paysans spoliés, mais " des individus-citoyens ", que Mélenchon s'emploie à interpeller par ce mot infamant, " les gens ", qui pouvait trouver mieux pour réduire ses soutiens à l'anonymat , mouvement symbolique et national reposant sur deux clefs de mobilisation et de dynamisme :

  • L'identification à une figure, la soumission au chef charismatique, acquise dès le début, dans le cas des insoumis puisque la construction de l'organisation fut voulue et pensée comme totalement verticale, à partir du chef au capital politique indiscutable .
  • L'identification d'un ennemi : la construction d'une identité politique par désignation d'un ennemi . L'ennemi, dans le populisme mélenchonien étant " l'oligarchie " ou " la caste " . Que derrière ces mots, il n'existe que peu de chose, importe peu . La vraie question est que, cette conception est directement empruntée au principal penseur juridique du national-socialisme, Carl Schmitt .     

" Le peuple " doit donc être construit par son chef dans une mobilisation où il se dote de symboles, les uns nationaux et hérités, les autres identifiant le mouvement, ce sera le cas du " Phi ", et par la conviction d'être le regroupement des " victimes " de l'ennemi, s'engageant contre celui-ci . Une mobilisation de " victimes ", c'est un peu court !

Les sentiments sociaux, le mécontentement social, la conscience politique claire de l'exploitation et de l'oppression, s'ils sont encore présents dans l'imaginaire insoumis, ont glissé dans une zone de pénombre bien différente du projet d'organisation du mouvement ouvrier qui cherchait à donner son expression démocratique au mouvement réel de la société . On ne peut pas nourrir la construction d'un peuple avec d'uniques sentiments de frustration, une identification au chef et une simple désignation d'un ennemi vaporeux .

Dans la tradition du mouvement ouvrier révolutionnaire, le mouvement inconscient et spontané de résistance à l'exploitation et à l'oppression doit être rendu conscient, à la fois par la lutte collective, par l'organisation structurée en commun à travers les syndicats, les partis, les conseils qui tous reposent sur le pluralisme et par la théorie politique appuyée sur une culture historique et sur la culture en général, y compris " bourgeoise " . L'oligarchie n'est pas le capital, elle n'est que la finance, plus les médias, plus les hommes politiques . Réduire " l'exploitation capitaliste " à ces seules entités, c'est se condamner à l'échec ...

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 14:08
Image wikibéral.com .

Image wikibéral.com .

" En démocratie, un citoyen vaut une voix . Avec le scrutin majoritaire à deux tours, certains valent plus, d'autres moins " ( Jack Dion, Marianne ) .

La séquence électorale que nous venons de vivre consacre l'accomplissement d'un vieux dessein des classes dirigeantes : écarter définitivement du champ démocratique les classes populaires . En douceur ! Sans modifier autoritairement  la loi, sans jeter en prison les opposants, sans bâillonner la presse . Très simplement : par le biais de " la frustration civique " génératrice du phénomène de " l'abstention " . 

Une abstention qui atteint 36% aux élections législatives de 2002 - première année de l'application de la loi imposant les législatives à la suite immédiate des présidentielles - puis 43% en 2012, pour culminer, en 2017, à 57%, auxquels il faut ajouter 7% de bulletins blancs . La mort de la démocratie en France est confirmée . Ce chiffre est d'autant moins négligeable que le phénomène touche d'abord les plus jeunes ( 72% chez les 18 - 24 ans ) et les plus pauvres ( 65% chez les ouvriers ) . Plus les médias célèbrent le renouvellement - encore aujourd'hui, un journaliste osait déclarer sur un JT que le renouvellement était bien là, avec l'entrée à l'Assemblée Nationale d'un ouvrier et d'une étudiante -  plus fonctionne la machine à exclure ceux d'en bas, ou du moins à les décourager de glisser un bulletin dans l'urne .

 18 millions de votants sur un corps électoral de 47,5 millions d'électeurs : le score de E. Macron, seul, à la présidentielle . Autant de voix pour désigner 577 députés que pour élire un Président . Cela mérite d'être médité .

Il ne peut s'agir que d'un véritable réflexe de défiance des milieux populaires comme si ces derniers avaient intégré qu'ils n'étaient plus que les victimes expiatoires des décisions politiques auxquelles on n'accordait plus qu'un droit : " Se taire ! "

Le joujou favori de nos dirigeants a accouché, hier, d'un miracle : un parti ultra-majoritaire à l'Assemblée Nationale ( 60% de députés ) alors qu'il ne représente que 30% des électeurs ayant voté et surtout 15% du corps électoral . Ce qui permet d'affirmer qu'un électeur de La République en Marche avait en main deux voix .

Ce résultat nous oblige à nous interroger sur les dessous d'un tel système et surtout sur dangers qu'il recèle . 

L'élection du Président au suffrage universel est une arme à double tranchant . Elle prend les apparences de la plus pure démocratie puisqu'elle permet à chaque citoyen de choisir qui sera, pendant cinq ans, son suzerain, mais dans la réalité, l'hôte de l'Elysée a la statut d'un hyper-président doté de pouvoirs exorbitants qui écrasent ceux de l'Assemblée Nationale et du gouvernement faisant de la France une exception dans le monde . 

Ils sont nombreux ceux qui applaudissent " cette rencontre magique entre un homme et un peuple ", oubliant un peu vite qu'il s'agit de la définition même du pouvoir personnel voire du despotisme . 

D'accord, les partis ne jouaient plus leur rôle depuis longtemps mais de là à idéaliser " un sauveur suprême " , il vaut mieux rester prudent .

Le système des " primaires " pour désigner le candidat de chaque parti venu s'ajouter aux Institutions a, par ailleurs, fonctionné comme une machine à tuer les partis, à asphyxier les adhérents et à empêcher tout débat d'idées . L'élection des députés au scrutin majoritaire fonctionnant, quant à elle, comme une simple opération de confirmation de la présidentielle, faisant dire à l'ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin - qui n'est pas un perdreau de l'année - que " le Président nomme les députés " . Constat qui est loin d'être une caricature : les élus " En marche " ne sont-ils pas issus d'un recrutement " internet " à partir du dpôt d'un CV, d'entretiens d'embauche et de la décision d'un jury de recrutement ( modèle entreprise ) .

Nous voilà bien loin du principe de la souveraineté populaire comme pilier de la République !

 

 

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 14:27
" Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ... "

" Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés . Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des Droits de 1789 ... " ( 27 octobre 1946 ) .

Il proclame en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

1 . La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme .

2. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République .

3 . Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi . Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances .

4 . Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix .

5 . Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le  réglementent .

6. Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises .

7 . Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité .

8 . La Nation assure l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement .

9 . Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs ...

10 . La nation proclame la solidarité et l'égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales .

11 . La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture . L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'Etat ... " 

( Suivent sept autres articles ) ...

Sublime Préambule à la Constitution de 1946, approuvée par référendum le 13 octobre 1946, avec le soutien de tous les partis démocrates, issus de la Résistance à l'oppression nazie et au régime de Vichy . La Constitution de 1958 garde ce préambule  et le Conseil Constitutionnel, dans un arrêt daté du 16 juillet 1971, l'inscrit dans le bloc de constitutionnalité, se faisant ainsi le garant des libertés individuelles .

Tous ces anciens partis sont donc morts aujourd'hui, morts d'avoir bafoué, les uns après les autres, parfois ensemble, toutes ces magnifiques valeurs, par des comportements, des pratiques et des manoeuvres à l'opposé  de ce que ces valeurs défendaient .

La salve d'élections que nous venons de subir enterre ces vieux partis républicains parvenus à un tel degré de décrépitude que nous n'allons pas nous mettre à pleurer . Atteints de troubles de mémoire, parfois grabataires, maintenus en vie à force de perfusions et de greffes idéologiques vaines, parce que refusant de " mourir dans la dignité ", ils ont pu prolonger leur vie tant bien que mal, sacrifiant au passage tout leur héritage .

Le Parti Socialiste est le plus touché : premier de la classe en 2012, il termine bon dernier de l'année scolaire, en 2017 .

Il n'y a plus de partis . La vie politique ne se décline plus, en ce terrible mois de juin 2017, qu'avec trois têtes : Macron, Le Pen, Mélenchon et " un canard sans tête " courant dans tous les sens .

Les anciens partis portaient chacun leur culture ainsi qu'un certain nombre de références communes mais il vaut mieux, dans la nouvelle vie politique, éviter de se réclamer d'une ancienne philosophie . Hors du pragmatisme d'un " étrange président ", on oubliera de se prévaloir de l'histoire des idées .

Place au " principe piéton ", au rythme sans danger d'une " république des joggeurs ", mais, attention, de joggeurs connectés : GPS, podomètre, cardio-fréquence, compteur de calories ou de perte de graisse ...

Le génie d'Emmanuel Macron tient tout entier dans ce principe : avoir su ajouter " La Marche " à " La République " . Ce faisant, il a réduit la France " à une demi-France électorale " ( 48%), tandis qu'une autre moitié de France s'est refusé " de marcher dans la combine " .

 

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 14:14
Explosion d'une supernova .

Explosion d'une supernova .

" Le Parti Socialiste, hégémonique il y a cinq ans, est dans la situation du Parti radical, en 1958 ... Les étoiles brillent puis meurent " ( Gaël Brustier, politologue ) .

 

" LA SUPERNOVA " .

" Les étoiles brillent puis meurent . Elles explosent, deviennent " supernovas ", brillent, un temps, plus qu'une galaxie tout entière, avalent tout, puis se rétractent sur elles-mêmes et meurent ... " C'est la même chose en politique particulièrement pour le PS, au lendemain du 11 juin 2017 . Certes, il peut vivre encore longtemps, à la marge du pouvoir, tenir des congrès, obtenir des sièges et même, à l'instar du parti radical, obtenir de temps à autre, des maroquins ministériels ... Il n'en demeure pas moins que depuis le 11 juin, le Parti Socialiste est mort et que la géographie électorale macronienne, qui est venue se calquer sur l'ancienne géographie socialiste, ne lui laisse aucune chance de regain .

Les bastions socialistes d'antan, le Sud-Ouest, la Bretagne, le Nord, les Bouches-du-Rhône ont sombré corps et âme dans l'océan " En Marche " . Des figures marquantes, des figures prometteuses aussi, du PS, subissent des déroutes cuisantes . Et soyons clairs : le PS paye moins l'action des frondeurs comme certains veulent nous le faire croire que la politique de F. Hollande qui avait tourné le dos aux intérêts du coeur de son électorat comme le prouva la primaire socialiste de janvier 2017, propulsant contre toute attente, Benoît Hamon à la candidature à la présidentielle .

Quant à la dernière ligne droite, la campagne des législatives, on ne peut la qualifier autrement qu'en lui attribuant le titre d'une célèbre série télévisée des années 1980 : " Les socialistes se cachent pour mourir " . Quelle tristesse de voir ces candidats socialistes cacher leur sigle, leur logo, leur appartenance, voire brouiller leur message, en s'octroyant unilatéralement " un soutien à la majorité présidentielle " !

Le PS s'est caché pour mourir . Il n'a pas fait de campagne nationale refusant, hier de penser, aujourd'hui de se battre, renonçant en quelque sorte à vivre . Un gâchis qui n'est que le produit des vices longtemps cachés de l'appareil solférinien .

Le PS s'est effondré sur lui-même, ne sachant même plus lors de ses réunions stratégiques qui, dans la salle, rédigeait déjà une note de synthèse stratégique pour l'état-major d'E. Macron ou bien, où en étaient les discussions entre les siens et " En marche " . La décomposition s'accélérait succédant à la lente agonie du quinquennat .

 

" IL SORPASSO " .

" Le dépassement " théorisé par JL Mélenchon - comprendre le dépassement du PS par la FI - réussi lors de la présidentielle, n'est pas confirmé à l'élection législative . Malgré une supériorité en voix et ses 74 candidats en lice pour le 2e tour, la FI ne peut espérer obtenir un groupe à l'Assemblée Nationale, seule . Le deuxième objectif de Mélenchon, à savoir se défaire du PCF, n'est pas atteint et il devra composer avec le PCF, pour obtenir son groupe dans la nouvelle Assemblée . 

" Ceux qui ne sont pas encore là ", non seulement ne sont toujours pas là, mais 4,5 millions ont même disparu, depuis le premier tour de la présidentielle . 

Tout au long de l'année 2016, en Espagne, au sein du mouvement " Podemos ", le penseur et stratège de ce parti, Iñigo Errejòn, théorisa la bataille idéologique à mener sous la formule " penser à ceux qui ne sont pas encoré là ", soulignant l'importance du travail en direction de ceux qu'il faut convaincre de rejoindre la démarche du mouvement, en partant d'en bas : réunions de quartier, éducation populaire, pédagogie, aide à la prise de conscience politique dans les conflits locaux ... J.L. Mélenchon fut très inspiré par cette théorie . 

Mais au cours du dernier congrès de Podemos, " Vistalegre II ", Iñigo Errejòn et ses amis furent battus par la ligne de Pablo Iglesias et sa stratégie très " gauche de la gauche " d'union avec " Izquierda Unida " ( coalition formée autour du PC espagnol ) .

JLM persiste dans la stratégie " Errejòn " et réaffirme sa volonté d'accéder au pouvoir en ramenant à lui " ceux qui ne sont pas encore là ", c'est à dire les électeurs dont le souhait de changement a trouvé un débouché dans le vote . Les 9 millions d'électeurs rassemblés par Mélenchon et Hamon au premier tour de la présidentielle pouvaient être le point de départ d'une force électorale à même de chercher son unité et sa stratégie et trouvant quelques points communs avec l'action politique d'Errejòn . Ce qui est sûr, c'est que la campagne de JLM pour la présidentielle avait contribué à " construire " un peuple et à jeter les bases d'une force nouvelle . Mais il va bien falloir trouver des justifications à la perte de 4,5 millions de ces voix entre le 23 avril et le 11 juin . Le conflit est bien " fondateur " mais les réflexions du théoricien espagnol devraient inspirer Mélenchon quand il avertit que dans la deuxième étape, les millions d'électeurs qui ont accepté le conflit peuvent ne pas souhaiter l'exagération ...

 

" LE TROU NOIR STELLAIRE " .

" Le trou noir stellaire est une concentration de masse-énergie ( issue de l'explosion d'une étoile massive en supernova ) si compacte que même les photons ( particulaire élémentaire des champs magnétiques ) ne peuvent se soustraire à sa force gravitationnelle . Il se caractérise également par l'existence d'un horizon, surface sphérique dont même la lumière ne peut sortir ... "

C'est la situation actuelle du FN qui ne va hisser au Palais Bourbon qu'un seul député, celle qui l'a enfoncé dans le trou noir de l'incompétence " crasse " : Marine Le Pen . ( moins 4,5 millions de voix le 11 juin dernier ) .

 

NB : d'après l'article de Gaël Brustier, politologue, Libération, le 11/06/2017, au soir du 1er tour des Législatives .

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 13:57
Boutique-arte-tv

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 Magma : mot d'origine grecque signifiant " pâte " . Le magma est constitué de roche en fusion à très haute température, brûlant sous un volcan . Cette roche emprisonne de nombreux gaz . Sous la poussée d'Archimède, la roche a tendance à remonter vers la surface, des fissures vont alors apparaître libérant les gaz qui explosent .

(1) Expression du politologue Gaël Brustier .

Scrutin du 11 juin 2017 : 47,5 M d'inscrits ; abstention : 24,5 M ( 51,3 % ) ; votants : 23,1 M ; blancs ou nuls : 0,5 M ; exprimés : 22,6 M ( 47,6% ), (14 M d'abstentionnistes en plus, qui s'ajoutent aux 10 M du 1er tour de la présidentielle ) .

Entre le 1er tour de la présidentielle et le 1er tour des législatives, E. Macron et La République en Marche perdent 2 M de voix ( 8,6 M contre 6,3 ) ; le FN  perd 4,5 M de voix ( 7,6 M contre 2,9 ) ; La France Insoumise de JLM perd égaement 4,5 M de voix ( 7 M contre 2,5 M ) ; le Parti Socialiste perd 0,6 M de voix ( 2,3 contre 1,7 ) ; Les Républicains perdent 3,7 M de voix ( 7,2 M contre 3,5 ) .

Au soir du 11 juin 2017, on peut dire sans risque d'être contredit que le système partisan de la Ve République est mort et enterré . L'essentiel du personnel politique des quinze ou trente dernières années a été congédié sans ménagement par les Français .Les partis politiques de la Ve République qui gouvernaient en alternance depuis 1981 rejoignent la porte de sortie de notre histoire politique . une autre organisation de la vie politique paraît vouloir s'installer, un nouveau personnel parlementaire se substitue à l'ancien et pourtant beaucoup de signes laissent présager que les fondamentaux des deux ex-partis de gouvernement seront aussi ceux de la future majorité LREM . 

Ne nous y trompons pas : les visages vont changer mais pas le coeur politique et idéologique . Tous les changements de façade auxquels nous assistons ne tiennent que partiellement à la prétendue séduction qu'exercerait le nouveau président ; que pour peu à un " dégagisme " éthéré, théorisé par JL Mélenchon, ne reposant sur aucune analyse sociologique ; encore moins à une espèce de résignation paradoxale qui voudrait que les Français veuillent laisser sa chance à ce jeune président à qui tout sourit ; écartons également le ridicule argument de la chaleur et de l'attrait des plages cher à tout journaliste bien propre sur lui ; ce ne sont là que propos imposés à des hommes de main " en mission " pour soutenir le nouveau pouvoir .

Quelle signification donner alors à ces 4,5 millions de voix perdues par JLM tout comme par le FN, en un mois, si ce n'était qu'une question de " farniente ", dont la grande majorité sont les très jeunes et les classes populaires de ces deux camps ? Ce phénomène requiert des études très sérieuses et approfondies si la gauche ne veut pas poursuivre sa descente aux enfers .

 Ce que nous vivons aujourd'hui est la conséquence directe de la crise de régime née de la crise financière de 2008 - la grande absente des débats d'une interminable campagne électorale - suivie d'une crise économique dont nous ne sommes toujours pas sortis, et de la trahison des clercs, en décembre 2007, qui ratifient un traité européen pourtant rejeté par une majorité de Français, par référendum, deux ans auparavant, conséquence ayant entraîné le divorce entre un nombre croissant de citoyens et le régime, divorce consommé par le taux historique de l'abstention de ce 11 juin 2017 . Une crise de régime aggravée par l'incompétence de deux présidents successifs ayant étalé, toute honte bue, sous les yeux des Français, une vérité, à savoir que les intérêts des actionnaires des grandes banques privées l'emportaient sur l'intérêt général, à coups de matraquages fiscaux monstrueux .

C'est cette crise de régime que le président Macron a pour mission de résoudre, non pas au nom du peuple français mais au nom des classes dirigeantes . Cependant, pour le moment, son exploit se réduit à peu de chose : substituer un personnel politique à un autre, les partis de gouvernement ne suscitant plus le consentement .

Tous les chiffres de ce scrutin du 11 juin doivent être scrutés à la loupe car ils pourraient confirmer une " situation idéologique et politique ", selon le mot du politologue Gaël Brustier, " magmatique ", largement susceptible d'évoluer spectaculairement durant le quinquennat . Pourquoi ?

La République actuelle est née à la fin des années 1950, un " parlementarisme rationalisé " pensé par des hommes nés au début du XXe siècle et qui se méfiaient profondément des " masses " . Cette méfiance à l'encontre des classes populaires a atteint désormais un paroxysme qui flirte avec la caricature, et les masses l'ont bien compris . La soi-disant société civile de " En Marche " faite à 90% de CSP+  n'a trompé personne . E. Macron a très bien capté la logique de la Ve République aggravée par l'inversion du calendrier électoral - merci Lionel Jospin : la présidentielle est l'élection directrice, les législatives, l'élection de confirmation . Aussi la campagne du 2e tour est-elle tout naturellement atone où seules quelques individualités tentent vainement de sauver leur peau .

Le parti " En marche " a été conçu dans cette optique . C'est une sorte de trust électoral, un parti - entreprise qui rappelle le " Forza Italia " du Berlusconi de 1994, un pari fait sur la " vague " . 

Alors, il convient d'être lucide : nous ne vivons pas une mise à jour libertaire de la Ve République . Nous pourrions être en train de vivre une restauration, une rigidification de cette Ve République ( Gaël Brustier ) nécessaires pour faire passer toutes les atteintes aux droits des travailleurs . Mais attention, M. le Président, la Ve très rigidifiée du Général de Gaulle, engendra " Mai 68 " .

 

 

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