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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 18:06
Image : Le Monde .

Image : Le Monde .

" Celle du vieil Hugo tonnant de son exil / Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines / Celle qui construisit de ses mains vos usines . Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on l'assassine / Ma France  ... " ( Jean Ferrat ) .

" Moix la menace " a encore frappé (1) .

Le magazine Marianne semble oublier, depuis un certain temps, sa charte éthique . Après un éditorial dithyrambique, signé R. Dély, la semaine dernière, sur le nouveau Président - pourquoi pas, mais point trop n'en faut - dans l'édition du 19 mai 2017, sa rédaction n'hésite pas à donner la parole à l'écrivain de seconde zone, héros fatigué de l'émission " On n'est pas couché ", Yann Moix, qui signe un véritable appel à la haine " de la France de la de rue " .

Adolphe Thiers, l'assassin de " La Commune ", a ses émules dans l'intelligentsia . Appelé à écrire une adresse au nouveau Président de la République, voici les menaces que le très lointain Prix Renaudot s'autorise .

Méfiez-vous, M. le Président, de la France en colère . Celle de 1793 et de 1871 . Elle n'est pas légaliste, elle est haineuse; elle prône l'égalité au bout d'une pique et n'aime pas perdre la face . Elle n'est pas le peuple, elle est la foule . Elle n'est pas la démocratie, elle est " l'ochlocratie " . ( M. Moix, adore les mots désuets qui, croit-il, l'aident à briller, cependant, dans le cas présent, je pense qu'il a manqué de courage et n'a pas osé écrire, " le gouvernement de la populace " ) . Cette France ne vous fera pas de cadeau . France en colère, France de la rue, remplie de véhémence et de menaces qui, dès demain matin, bloquera votre action, empêchera votre pouvoir, freinera vos décisions . Une France pleine de rancoeur dont on ne saurait excuser la violence quand elle met le feu aux agents de police . Puissiez-vous être le premier Président, depuis De Gaulle à ne pas avoir peur de la rue, à ne pas vous laisser mener par les diatribes des meneurs, par les huées des sans-culottes qui râlent et grognent te plongent, ricanant, hurlant, le pays dans un chaos satisfait, souhaité, voulu ... Cette France de la foule n'est pas la France du peuple : le peuple qu'elle prétend incarner  est pris en otage par elle, comme sous la Commune où l'immense majorité des Parisiens était prise en otage par " la folie rouge " . L'extrême gauche a trop souvent fait montre de toxicité . Soyez ferme ... " 

Passons sur la lecture biaisée de l'histoire que fait cet homme qui ne dédaigne pas flirter, à l'occasion, avec l'extrême-droite . Mais relevons la " niaiserie " d'un tel propos, alors que la procédure électorale conduisant à l'installation, peut-être, d'un nouveau régime, n'est pas terminée : les élections législatives n'ont pas encore eu lieu  . Arrêtons-nous enfin sur l'appel à la haine envers les classes populaires, ces " classes dangereuses ",  parce que par nature, dépravées, alcooliques, sans morale, violentes - un quasi " appel au meurtre " digne des meilleurs moments du XIXe siècle .  Seul un psychopathe peut avoir accès à pareilles pulsions . Emmanuel Macron, veuillez rétablir, au plus tôt, le bagne de Toulon, le bagne de Cayenne, les déportations en Nouvelle Calédonie, les galères, et puis à y être, prévalez-vous de l'ancien projet de Traité Constitutionnel Européen, de 2005, pour réintroduire " la peine de mort ", pour participation à une émeute . 

Journalistes de Marianne, ressaisissez-vous !

(1) . " Max la menace ", espion 86 de l'agence " Control ", et traquant avec plus ou moins de réussite l'organisation criminelle " KAOS " ; série télévisée de la fin des années 1960 .

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 14:19
Monument aux victimes de la Déportation ( Père Lachaise ) .

Monument aux victimes de la Déportation ( Père Lachaise ) .

" Au cas où quelques membres du troupeau les auraient oubliés, voici les dix commandements du bon anticommuniste, dix recommandations dont vous pourrez vérifier qu'elles sont utilisables dans n'importe quels autres commentaire, article ou discussion d'autres natures ..." ( Institut d'Etudes Marxiste- Léniniste ) .

  • " Insistez constamment sur le fait que le marxisme est discrédité, obsolète, totalement mort et enterré  .
  • Rappelez que chaque mort non-naturelle qui a eu lieu sous un " régime communiste " est attribuable exclusivement aux dirigeants de l'Etat mais aussi à l'idéologie du régime .
  • Le communisme sera ce que vous déciderez qu'il est : à cet effet, il vous appartiendra d'étiqueter les pays et régimes communistes indépendamment des objectifs réels, de l'idéologie adoptée, des relations internationales et des relations économiques .
  • S'il y a un conflit où les communistes sont impliqués, tous les morts et conséquences postérieures aux affrontements seront attribués aux communistes . ( Attention, soyez prudents avec la seconde guerre mondiale, ne vantez pas trop ouvertement l'Allemagne nazie, réservez cela à vos conversations privées ) .
  • Vous seul décidez de ce que le " marxisme " signifie réellement et qui furent les véritables représentants du communisme . N'hésitez pas à simuler un intérêt pour Trotsky, qui perdit le pouvoir à temps, c'est très bien vu .
  • Parlez constamment de George Orwell . Citez ses oeuvres, " La ferme des animaux " et " 1984 ", c'est du plus grand chic et oubliez qu'il ne mit jamais les pieds en URSS, ses livres paraissant ainsi plus authentiques .
  • Citez les chiffres des morts massives en faisant fi de la démographie et de la cohérence . 3 millions de morts de faim ? Sept millions ? 10 millions ? 100 millions au total ? Ne vous embarrassez pas de retenue, plus c'est gros, mieux ça passe . Evitez toute comparaison , nottamment avec les victimes du capitalisme car vous n'avez probablement pas de données sous la main .
  • Tous ceux qui ont été prisonniers sous un régime communiste sont bien sûr innocents de tout crime . Les communistes enferment uniquement les poètes inoffensifs et les prophètes de mondes nouveaux paradisiaques .
  • Attaquez constamment les régimes communistes sur des événements qui ont lieu aujourd'hui dans les régimes catitalistes .
  • Répétez que le communisme est utopique puisqu'il n'a jamais pu décrire la société future  à laquelle il aspirait ... "                                                                         

      Si vous souhaitez rendre votre discours un peu plus sophistiqué, jouez au philosophe, et utilisez le mot meurtrier de " totalitarisme " : ce mot permet de créer des liens entre les deux idéologies ennemies, le communisme et le fascisme . Pour la confusion, n'hésitez pas à en abuser .

Si vous rêvez de vous hisser au sommet des contempteurs du communisme, identifiez-vous au ministre de l'Intérieur de Valéry Giscard d'Estaing, un certain Michel Poniatowski, revendiqué centriste, réellement homme d'extrême-droite . A L'automne 2014, le ministre qualifie devant la presse anglaise, le PCF de " Parti totalitaire de caractère fascisant " puis de " socialiste national " . Le 12 novembre de la même année, au Sénat, le sénateur communiste Jacques Duclos interpelle le ministre, créant un incident de séance : " Nous n'avons pas de leçon à recevoir de vous ... Vous voulez dissimuler le fascisme là où il pourrait bien être . Dans votre camp ... " .

Et puis, si vous aspirez à entrer au Panthéon des " grands hommes " de l'anticommunisme le plus gluant, vous pouvez suivre, dans l'injure et la honte, Jean-Luc Mélenchon, adressant au secrétaire national du PCF, le SMS suivant, daté du 4 mai : " Vous êtes la mort et le néant " . ( Le Canard Enchaîné du 18 mai 2017, page 2 ) .

On dit que, ce jour-là, on a entendu, montant du carré " communiste " du cimetière du Père Lachaise, face au monument des Victimes de  la Déportation et au mur des " Fédérés ", une sourde rumeur se répandre . 

Hier soir, à " l'Emission Politique ", sur France 2, Monsieur Mélenchon avait l'occasion, interpellé sur le sujet, de se ressaisir, il n'en fut rien . Il balaya la question, par ces simples mots : " Bon ... c'était un petit coup de colère ... " . Ni excuses, ni regrets . Le petit triangle rouge qu'il arbore sur le revers de sa veste, en mémoire des déportés politiques, me parut plus pâle à cet instant-là .

 

NB : Pour les Législatives prochaines, les communistes laissent le champ libre à J.L. Mélenchon, à Marseille . Pas de candidat communiste dans la IVe, la IIIe, la IXe et la XVIe des Bouches du Rhône .  Une ville livrée au " Tribun de la plèbe " . Comprenne qui pourra !

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 14:01
" Des mots pour faire accepter l'inacceptable " (1) .

(1) .  " Mots-masques, mots mystificateurs, mots menteurs, la dérive n'en finit pas du vocabulaire dévoyé qui décervelle et dépolitise les citoyens . Elle a pris au cours de la dernière période une ampleur à la mesure du pouvoir des publicitaires, de la hargne des technocrates et de l'arrogance des élites politiques ... " ( Le Monde Diplomatique, Mai 1995 ) .

Le mot " communication ", par exemple, avait encore, il y a une trentaine d'années, le sens positif d'échange d'informations entre interlocuteurs de même niveau . Les publicitaires l'ont bien vite monopolisé pour couvrir leur entreprise unilatérale de propagande suivis par les politiciens substituant à la réalité de leur action politique l'obsession des images que les médias peuvent en donner . Un véritable brouillage réussi qui ne manquera pas d'égarer le public : l'ascension d'E. Macron durant la campagne électorale en est l'illustration .

On peut trouver un autre mot, " consensus ", jouissant lui-même d'une considération usurpée, un mot qui se veut le point culminant de la démocratie, ce point où tout le monde s'accorde sans avoir à forcer personne quand, en réalité, il n'est que falsification . L'idéologie du consensus ne vise qu'à une chose : éliminer dans tous les domaines l'opposition, le débat, la délibération proprement démocratiques . Elle présuppose l'existence secrète d'un assentiment collectif qu'il suffit de " révéler " pour que chacun s'y rallie . Un pouvoir habile n'a plus qu'à présenter ses choix comme l'expression d'un consensus - à coups de sondages fabriqués et de sentences de faux experts à gages -, et le citoyen n'a plus qu'à suivre : le gouvernement par " Ordonnances " est l'avatar de ce modèle .

Et le mot " dialogue " ? C'est pour camoufler des décisions autoritaires qu'on le met en avant pour donner à des décisions des allures d'ouverture . Généralement le mot dialogue cache une réalité, le conflit . N'a-t-on pas vu souvent le dialogue s'instaurer après de longues semaines de conflits sociaux ( CIP Balladur, réformes Juppé, CPE  Villepin, Loi El Khomri, et bientôt ordonnances Philippe ) parce que les politiques se montraient incapables d'écouter, le tout se terminant par : venez dialoguer, il y avait un malentendu, on va réparer cela ..? En fait le dialogue ne sert plus qu'à " sauver les meubles " .

De la même manière, le verbe " rassembler " dont abusent les candidats qui se disputent un même public, ne sert plus qu'à voiler son contraire, " diviser " . Dans l'ère " Macron " qui s'ouvre, ils deviennent même synonymes . Une véritable prouesse !

Il en est un enfin, de ces mots, qui vient, aujourd'hui, de sa magnificence toute macronienne, écraser tous les autres : " Progressisme " . L'anti-Hegel - " l' histoire est progrès " - l'usurpation incarnée . Il a déjà remplacé au fronton de nos bâtiments publics la devise républicaine .

La disparition du droit du travail, le démantèlement de la protection sociale, la rentabilisation à outrance de notre système de santé, la privatisation d'une partie du système éducatif :  dans une opération de " communication " offensive  et de grande ampleur, les " progressistes " nous appellent à nous " rassembler ", dans un esprit de  " dialogue " et de " consensus " pour déboulonner toutes les entraves au triomphe du libéralisme . Une autre France débranchée de son histoire .

Faisons respirer nos " start-up ", soyons tous les entrepreneurs de notre destin, "  ubérisons " notre quotidien, suivons aveuglément celui qui aura été " le candidat naturel " de la France de demain, mais peut-être aussi l'artifice idéologique dont le rôle sera de " rendre innocentes " des réalités qui n'ont pourtant rien de naturel .

Et ringard, conservateur, réactionnaire soit " qui mal y pense " !

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 15:05
Une nouvelle technique de pêche : le filet à mailles très larges .

Une nouvelle technique de pêche : le filet à mailles très larges .

" Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est même le contraire, c'est leur situation sociale qui détermine leur conscience ", ( Karl Marx ) .

La politique est simple à comprendre car les idéologies qui la sous-tendent sont elles-mêmes très simples . D'un côté le capitalisme effréné - qu'on appelle plus facilement aujourd'hui, le néo-libéralisme - qui nous a mené au pouvoir absolu de la haute finance, qui exploite tout ce qui existe parce que sa philosophie est que tout s'achète et tout se vend - même l'homme - au risque de tout détruire et d'exterminer l'humanité . 

De l'autre, il y a l'humanisme, certes qui se présente à nous dans une grande diversité et qui ne nous demande pas d'être parfaits et que l'on reconnaît aisément parce qu'il pense d'abord au bonheur des peuples et à la préservation de nos milieux naturels .

C'est simple à comprendre . Il est donc facile de choisir !

Lors de la présidentielle, aujourd'hui derrière nous, il y avait deux visions du futur, portées par deux mouvements se voulant libérées des cadres imposées par les partis traditionnels . " La France insoumise " et " En marche " . La deuxième l'a emporté parce que nous avions été très formatés pendant des mois par un rouleau compresseur médiatique sans retenue . Le pouvoir des médias n'est plus à prouver, aujourd'hui, après la séquence de fabrication de " l'homme nouveau " que nous venons de vivre, un homme nouveau entre les mains de puissances financières animées par une seule logique, simple mais implacable .

Si l'on regarde de près, la France était dans le monde le dernier bastion d'un mode de vie envié, avec ses services publics, ses protections sociales, ses politiques de santé  et son droit du travail très efficaces . 

Mais tout cela ne plaisait pas, depuis très longtemps, aux milieux financiers qui les voient comme des obstacles à leur enrichissement sans fin . Petit à petit, ils essayaient depuis des décennies à démanteler tout cela pour s'emparer de tout ce qui rapporte, mais cela n'allait pas assez vite . Le coup de force qu'ils viennent de remporter en faisant élire Emmanuel Macron est la preuve de leur volonté de tout détruire sans attendre davantage . Et donc, par des privatisations accélérées des services publics,  tout va nous coûter plus cher, exigeant de nous, de payer par nos impôts tout ce qui ne sera pas rentable . Nous paierons tous, tout ce qui ne sera pas rentable, et parfois, deux fois . Les grands gagnants seront les marchands du temple de la mondialisation, les grands perdants, nous .

La réaction immédiate des marchés financiers, de l'Europe, de l'Allemagne, la couverture médiatique donnée à cette élection présidentielle dans le monde, illustrent à l'envi le futur que les puissances à l'oeuvre entendent nous imposer . Dans le même temps, autant de fébrilité démontre que le système ultra-capitaliste est fragile .

C'est pourquoi, l'enjeu des prochaines élections législatives est aussi important que l'enjeu des présidentielles . Il n'est pas trop tard pour bâtir un barrage à la puissance financière . 

C'est très simple . Chacun de nous n'a que deux choses à intégrer : les dangers majeurs, pour les classes populaires, de la politique qui sera conduite dans les cinq années qui viennent et l'obligation de ne jamais oublier d'où il vient .

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 14:19
V. Hugo sur le rocher des proscrits, Jersey, 1853 .

V. Hugo sur le rocher des proscrits, Jersey, 1853 .

" Depuis l'âge où mon esprit l'entrevoit, voici les phases que ma conscience a traversées, en avançant sans cesse, sans reculer un jour : 1818, royaliste ; 1824, royaliste, libéral ; 1828, libéral, socialiste ; 1830, libéral, socialiste et démocrate ; 1849, libéral, socialiste, démocrate et républicain . ( Victor Hugo, Actes et Paroles, 1850 ) .

Qui sont les électeurs d'E. Macron ? Quel est le profil des électeurs de Marine Le Pen ?

I ) . Profils politiques :

E. Macron a bénéficié d'importants reports de voix chez les électeurs de F. Fillon ( 48% ), de J.JL. Mélenchon ( 52% ), de B. Hamon ( 71% ) .

En revanche, Marine Le Pen n'est rejointe que par 20% des électeurs de F.Fillon, 7% de ceux de J.L. Mélenchon, 2% de ceux de B. Hamon . Seulement 30% des électeurs de N. Dupont-Aignan ont voté pour la candidate du FN, malgré leur alliance de second tour, contre 27% à E. Macron, 20% ayant voté blanc et 23% s'abstenant .

L'abstention reste surtout visible chez les électeurs de J.L. Mélenchon ( 24% ) .

E. Macron réalise ses meilleurs scores parmi les électeurs qui se positionnent à gauche ( 92% ) .L'electorat de droite apparaît clivé, au second tour : 48% votent E. Macron, 52% votent pour Marine Le Pen .

Chez les sympathisants des " Républicains " on vote à 70% pour E. Macron et chez les électeurs ne se déclarant proches d'aucun parti, le score atteint 62% .

II ) . Profils démographiques : 

E. Macron réalise ses meilleurs scores chez les retraité ( 74% ) . Il recueille 70% des suffrages des 60-69 ans et atteint les 78% chez les plus de 70 ans, soit 13 points de plus que son score national . Marine Le Pen  a du mal à convaincre cet électorat âgé, réalisant ses meilleurs scores chez les 25-34 ans( 40% ) et les 35-49 ans ( 43% ) . 

III ) . Profils sociologiques :

E. Macron est surreprésenté dans les catégories socioprofessionnelles aisées : cadres ( 82% ) . Marine Le Pen réalise des scores élevés chez les ouvriers ( 56% ) et chez les employés ( 46% ) .

Les voix en faveur d'E. Macron augmentent en fonction des revenus recueillant 75% de voix dans les foyers gagnant plus de 3000 € mensuels, mais ne séduit que 55% des électeurs  dont le foyer ne gagne que 1250 € mensuels . 69% des électeurs qui affirment s'en sortir très difficilement ont apporté leurs voix à Marine Le Pen .

Les chômeurs se sont partagés entre le candidat " En marche " ( 53% ) et la candidate du FN ( 47% ) accordant une légère prime au premier .

Les catholiques votent quasiment comme la moyenne nationale 63% ) pour E. Macron, contre 37% pour Marine Le Pen . Relevons que le premier séduit davantage les électeurs d'autres religions ( 72% ) et les athées ( 68% ) .

Relevons que les autorités musulmanes, juives et protestantes avaient appelé à voter pour le président élu, à l'inverse de l'épiscopat qui vait préféré garder le silence .

IV ) . Profils géographiques :

Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores dans les petites communes ; la France rurale lui apportant 43% de suffrages . E. Macron réalise des scores nettement supérieurs à son résultat national dans les grandes agglomérations de plus de 100 000 habitants .

( Enquête Ipsos Steria, publiée par www. publicsenat.fr,  au lendemain du second tour,  ) . Elle fournit des clefs de lecture incontournables pour les législatives du mois de juin et montre que la formulation " des feux France " qui s'affrontent est très largement approximative .

 

NB : vade mecum, petit livre qu'on porte commodément sur soi, pour se diriger .

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 14:47
Francebleue.fr

Francebleue.fr

" La popularité ? C'est la gloire en gros sous ! " ( Ruy Blas, Victor Hugo ) .

La campagne électorale des présidentielles a été principalement marquée par la substitution au discours politique d'une dialectique de communication publicitaire sans vergogne .

Les deux grands partis de l'alternance qui depuis un demi-siècle ont conduit le pays, empruntant la pente douce de la désinformation, à l'état où il se trouve, aujourd'hui, ont été éjectés du deuxième tour, à la fois par l'esprit de " dégagisme " qui s'est emparé des électeurs, chassant sans ménagements les têtes honnies et par les tiraillements internes entre leurs forces centrifuges, à la recherche de nouvelles sécurités pour les privilèges qu'elles ne veulent pas abandonner .

Avant même les affaires, F. Fillon ne pouvait plus compter sur les juppéistes, dont certains partaient déjà vers Macron, ce qui lui enlevait au moins un tiers de son électorat . Benoît Hamon, sorti malencontreusement vainqueur d'une primaire qui ne lui était pas destinée et où pourtant ni Macron, ni Mélenchon ne se présentaient, allait les retrouver sur le chemin d'un premier tour qui lui fut fatal, ses soutiens potentiels ayant fui vers les deux étoiles montantes de la vie politique hors des partis .

Ainsi, au-delà des affaires pour les uns, d'une erreur de casting pour les autres, la catastrophe politique qui a frappé la France tient avant tout à la déliquescence des partis classiques . Les dissensions internes ne sont pas nouvelles dès lors qu'il s'agit d'atteindre la taille critique pour remporter des élections mais le temps est fini où les citoyens admettaient qu'un appareil vigoureux puisse décider d'un candidat capable de gagner pour imposer ensuite une stricte discipline de parole et de vote : les chaînes d'information en continu et les réseaux sociaux sont passés par là .

La civilisation libérale et consumériste ayant cultivé un individualisme outrancier, les ego l'emportent sur le bien commun, ce que démontrent le " jusqu'au-boutisme " d'un J.L. Mélenchon - " Je ne veux pas affaiblir le PS,  je veux le remplacer - clame-t-il à Marseille "-, et la pussillanimité de B. Hamon : si les deux s'étaient unis, contre tous les obstacles placés sur leur route, la gauche pouvait l'emporter .

Hors de la structure des partis historiques, des " formations " nouvelles sont apparues, qui font la joie des observateurs, commentateurs et mercenaires de la plume, toujours prêts à embarque sur les grands  navires de croisière mais ne rassurent pas pour autant les électeurs . Ces formations nouvelles n'ayant pris l'apparence de la réalité que par l'attachement des premiers fidèles à un seul candidat, attachement personnel dont il n'est pas difficile d'entrevoir les dangers . 

Que peut devenir la démocratie s'incarnant dans un seul homme ou femme sinon un exercice de pure communication et une banale dialectique publicitaire . Exactement le spectacle que nous a offert E. Macron durant toute la campagne . 

Il a d'abord usé du fameux art " de faire durer le suspense " en faisant traîner jusqu'au dernier moment le dévoilement de la nature de l'offre, laissant les médias travailler essentiellement son image . Les Français ont dû attendre pendant de longues semaines son programme comme si celui-ci n'était qu'un vulgaire produit à vendre, et non l'affiche de la future France . Quant à ses mmetings, le candidat a laissé voir des scène ahurissantes de bonimenteur de foire, s'égosillant dans les dernières minutes pour convaincre la foule d'acheter son " aspirateur révolutionnaire " .

Une image : mais quelle image ? Un physique lisse au point d'être insipide, parfait mais sans charme et sans expressivité . Le regard, même lorsqu'il s'enflamme, est d'une étrange vacuité au point que le spectateur ressent un étrange malaise . On devine cet art consommé du commercial consistant à ne fâcher personne afin d'élargir son " bassin de chalandise ", n'énonçant que des principes consensuels mais jamais les moyens de leur réalisation . Il ne cesse de louer ses idées originales au seul prétexte qu'il est jeune, et cela devrait suffire ? La suite de l'aventure le dira .

Chez le nouveau président, tout est flou, conciliant, ambivalent, contradictoire, certes en phase avec une époque  où les intérêts ont remplacé les convictions, où les corpus politiques plus efficaces semblent trop contraignants pour qu'on y adhère, laissant à chacun le soin de se dire de gauche ou de droite dans un choix opportuniste qui ne le concernerait plus .

La France a donc cru voter pour la " nouveauté ", le mot magique des gondoles de  super-marchés, désormais passé dans les urnes .

Les Français ne vérifieront que plus tard si la marchandise est bonne mais ils doivent savoir que dans ce cas, " la marque " n'a prévu aucun remboursement .

NB : Statistiquement, la durée de vie d'une " start up ", en France, est de trois ans .

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:54
" - Oh ! p... que c'est haut ! "

" - Oh ! p... que c'est haut ! "

Depuis des décennies, la " Bonne Mère " s'est montrée très versatile en ce qui concerne le destin de sa bonne ville .

Depuis le soir du 7 mai, peut-on dire que la donne politique a véritablement changé en France ? On veut nous forcer à le croire pour nous faire adhérer à une démarche qui aurait l'apparence de la nouveauté mais est-ce bien sérieux ?

En se hissant au second tour de la présidentielle et en gagnant 1,2 millions de voix sur 2012 ( +3,4% ), le FN confirme son implantation nationale, même si le résultat reste loin des prévisions initiales . Cependant, la percée de Jean-Luc Mélenchon permet de dessiner une carte du vote populaire différente et dont la première victime est l'extrême droite . 

L'ex-ministre de Lionel Jospin gagne 3 millions de voix sur 2012, et en réussissant le coup du " casse-noix " sur B. Hamon, il inverse une courbe électorale qui conduisait la gauche de rupture à la marginalisation . Et donc, si l'irrésistible ascension de Marine Le Pen a été stoppée dans les esprits et dans les urnes, c'est bien à JLM qu'on le doit, en partie . Il ne faudrait pas l'oublier . 

Si Marine Le Pen arrive toujours en tête chez les ouvriers ( 34% ) elle est suivie par JLM ( 24% ) ; chez les chômeurs MLP réalise 30% talonnée par JLM à 27,5% ; de même que chez les employés où la candidate du FN atteint 30,1% devant le candidat des " Insoumis 23,1% . Ajoutons que JLM revit la première place à MLP, chez les 18-24 ans ( 30% ) . Une magnifique campagne couplée à une utilisation des réseaux sociaux inédite ont bousculé les vieilles machines électorales des partis devenues des repoussoirs pour les jeunes générations .

La progression de JLM est spectaculaire dans dans les régions dominées par un électorat populaire . Il est en tête en Seine-Saint6Denis ( 34%), ancien bastion de " l'ex-ceinture rouge " entre-temps passée au rose PS . Dans un bon nombre de villes à direction communiste de la banlieue parisienne, il dépasse les 40%, enregistrant des gains non moins négligeables dans le Nord et le pas-de-Calais sur des terres où le FN croyait régner définitivement .

Bouder son plaisir devant ces résultats serait criminel mais ... les Insoumis seraient avisés de ne pas s'approprier ces votes trop vite et définitivement . Car rien ne dit que ce vote est durable et appelé à se répéter lors des Législatives .

Rien ne dit, aujourd'hui, que la dynamique qui s'est cristallisée sur le nom du tribun se reproduira 577 fois car il n'est pas prouvé que les 577 candidats de la " France insoumise " " seront autant de clones de JLM . En effet, le succès de ce dernier a tenu pour beaucoup à sa personnalité, à son énergie, à ses remarquables qualités de tribun et de pédagogue, ce qui peut représenter aussi, du coup, son talon d'Achille le transformant parfois en sauveur suprême, ce qui ne fonctionnera plus, en tout cas beaucoup moins, aux Législatives . Et l'on risque alors de vérifier que la mise en orbite d'un homme seul ne remplacera jamais un mouvement qui soit à la fois bouillonnant, créatif, démocratique et collectif . Il va être difficile de tordre le bras, après l'avoir fait au PS, au Parti Communiste, aux écologistes encore fidèles à leurs principes, aux socialistes sincères, aux humanistes respectueux de l'histoire de chacun . Les logiques de parti peuvent revenir en force face au message " singulier " de JLM .

Son discours sur l'immigration - sujet structurant dans les milieux populaires - humaniste et franc, pourra-t-il être porté par ses candidats, avec la même ferveur, dans les 577 circonscriptions du pays ? Il s'imagine en pôle de référence d'une grande force citoyenne capable de bousculer l'ordonnancement traditionnel de la vie politique et de faire reculer davantage encore l'influence du FN . L'objectif est noble .

Mais le pari est risqué quand on veut le porter seul !

 

NB : à partir du billet de Jack Dion, " La France d'en bas n'est plus ce qu'elle était ", Marianne No 1050, du 9 mai 2017 .

 

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 14:10
Le funambule . Photographie Alain Nahum ( Galerie Marie Vitoux ) .

Le funambule . Photographie Alain Nahum ( Galerie Marie Vitoux ) .

18 juin 1204 : victoire de Philippe Auguste à Rouen ; la Normandie redevient française .

18 juin 1429 : Jeanne d'Arc écrase les Anglais à Patay, 6 semaines après avoir libéré Orléans 

18 juin 1538 : Paix de Nice signée entre François Ier et Charles Quint .

18 juin 1694 : Bataille de la " plage rouge ", en face de Brest . Les Français repoussent une tentative de débarquement anglais .

18 juin 1815 : Waterloo .

18 juin 1940 : Appel de Londres, du Général de Gaulle .

Qu'en sera-t-il du 18 juin 2017, avec des Français " athées de tout ", " et peut-être athées d'eux-mêmes ", disait André Malraux, qui vont devoir accomplir un acte politique majeur : " choisir entre de grands inconvénients ",  affirmait le Cardinal de Retz ? Et cela ne va pas être aisé .

S'il faut tirer un trait sur le cauchemar présidentiel que nous venons de vivre, nous en retiendrons cependant une image, celle de " la princesse d'un conte médiatique ressassé depuis cinq ans, celui de l'ascension d'une blonde princesse se transformant sous nos yeux médusés en une horrible mégère, les traits convulsés par la haine, la bouche tordue, vomissant des torrents de crapauds et de couleuvres " .

L'élection d'Emmanuel Macron marque-t-elle vraiment une rupture d'idées, de propsitions, de style, comme on l'entend, ici ou là ? Rien n'est moins sûr . Car, qu'y a-t-il dans le mouvement macronien ? Les récents documentaires télévisés sur le sujet montrent à l'envi une chose : au sein de ce mouvement souple règne une discipline rigide . Certes, tout le monde parle mais seul Macron décide . L'on a, en somme, une sorte de clarté dans un halo de confusion .

Et l'on peut dire qu'il y a la même chose dans la nébuleuse dite de " La France insoumise " . Le système des hologrammes en meeting, inventé par l'équipe du tribun, n'est pas un gadget : c'est un principe . Il y a un candidat et ses hologrammes comme en témoigne son choix de se faire parachuter sur la IVe circonscription de Marseille pour les prochaines législatives, assorti d'une injonction télévisée : silence dans les rangs !

Dans ces " rassemblements citoyens ", ou supposés tels, les citoyens ne pèsent guère . Le chef décide, on exécute . Ce sont de très beaux collectifs, c'est indiscutable, sauf qu'on n'y distingue qu'une seule tête, ce sont d'admirables mouvements nouveaux mais qui nous ramènent  à l'ordre ancien : la conquête de circonscriptions en utilisant les " ficelles " passées .

La préparation des Législatives illustre parfaitement ce " leader prinzip " . Au milieu des conciliabules, des combinaisons, des discussions, des tractations, LR se divise, le PS se vide de son sang, le FN est saisi par le doute, le PCF s'étrangle, " En marche " tente de surfer sur la vague présidentielle, b. Hamon crée son mouvement, A. Hidalgo, M. Aubry et  Ch. Taubira le leur .

Les uns veulent des alliances, les autres revendiquent leur autonomie, d'autres encore inscrivent d'ores et déjà leur place dans l'opposition . F. Baroin mise sur une majorité contre la majorité . A. Juppé, B. Le Maire,J.P. Raffarin veulent travailler avec E. Macron, M. Valls veut monter sur la marche-pied, Hamon veut saboter les rails, J.Ch. Cambadélis est recroquevillé dans la salle d'attente de la gare .

Et donc, E. Macron présente des candidats dans toutes les circonscriptions sous une étiquette unique et un programme unique . C'est la même chose pour " La France insoumise ", J.L. Mélenchon exige un seul nom, un seul logo, un seul programme : il veut bien accueillir dans son église les communistes à condition qu'ils se soumettent et acceptent de disparaître .

On ferait donc du neuf ? On disserte sans fin sur la démocratie participative, sur les organisations horizontales, sur la fin des vieilles hiérarchies, sur l'obsolescence des partis structurés au profit de mouvements informels, de nébuleuses qui, à la fin des fins, n'apportent au débat public que des aventures individuelles . Le poète André Chénier semble avoir prophétisé tout cela : " Sur des pensers nouveaux, faisons des vers antiques ... " ( L'Invention, 1787 ) .

Place " au mélancolique et douloureux vertige " du 18 juin 2017 .

 

 

  

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:54
Le bal des vampires .

" Un désert de sable, une étendue plate de stérilité et d'ennui " ( J. Jaurès parlant du Ministère Clémenceau  - octobre 1906, juillet 1909 - qui vient de tomber le 20 juillet 1909 ) . C'est à croire que Jaurès avait prophétisé la nature du quinquennat Hollande . Mais tirons le rideau .

Le magazine " Marianne ", dans son édition No 1050 du 10 mai 2017, post deuxième tour de l'élection présidentielle, fait fort, sous la plume de son éditorialiste Renaud Dély : " La victoire d'E. Macron, c'est une nouvelle étape de cette grande marche républicaine qui fait de la France un pays au message universaliste à nul autre pareil . 

" Au soir de son élection, le nouveau chef de l'Etat a pris des accents " dantonistes " pour nous promettre de " l'audace " , dans la recomposition politique tant espérée par les Français et si nécessaire au pays ... ", ajoute l'éditorialiste .

Et comme si ce n'était pas assez : " Cette élection, c'est aussi la perpétuation de cet esprit du 11 janvier 2015 qui émerveilla le monde au lendemain de l'attentat de Charlie Hebdo " . 

Et puisqu'on y est,  faisons appel au grand Victor Hugo, proclamant, à la chute de Napoléon III : " Les rancunes sont effacées ; tous les coeurs, toutes les pensées, qu'anime le même dessein, ne font plus qu'un faisceau superbe " ( Les Châtiments ) .

Marianne a vraiment vu les choses en grand .

Sauf que l'histoire est loin d'être terminée et que " la recomposition tant espérée " doit passer par une nouvelle bataille électorale : " les Législatives ", et que dans la nuit politique qu'elles génèrent, beaucoup de " vampires " se sont réveillés d'une étrange torpeur qui les avait frappés le soir du premier tour de la présidentielle .

C'est comme une vaste clameur venue des Carpathes : " La recomposition, oui, mais pas sans nous ! " Chers compatriotes, chers amis, chers " helpers " - tout le monde est cher, en ce moment au coeur des vampires -  nous n'avons qu'une ambition, travailler pour votre bien, pour votre sécurité, pour votre bonheur .

Et l'on voit ressurgir de la naphtaline, d'anciens sarkozystes tels J.L. Borloo, Martin Hirsch, Bernard Kouchner ( jamais rassasiés ), Bruno Lemaire, Christian Estrosi, Jean-Pierre Raffarin, lancer, sans vergogne, des offres de service aux " Républicains en marche " ; des juppéistes proclamer leur passion du consensus ; des socialistes, Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, ayant  déjà envoyé à la presse  la nécrologie de leur parti, solliciter un accès au marche-pied du bus " En marche " ; des hollandais, désarmés par la main du président sortant - dans un langage gestuel sans équivoque, lors des cérémonies du 8 mai - posée sur l'épaule du président élu, se tâter encore, mais pas pour longtemps, avant de franchir le Rubicon ...

Puis il y a ceux qui comptent, pour des raisons financières d'abord, pour des raisons de survie, pour des raisons de " leadership " dans tel ou tel camp, faire entrer un maximum de députés à l'Assemblée Nationale, accéder au droit de constituer un groupe parlementaire, source de revenus conséquents, de privilèges de représentativité, de postes dans les Commissions, d'avantages matériels non négligeables . Le Front National, bien sûr, mais aussi la France Insoumise de J.L. Mélenchon, Les Républicains qui espèrent colmater, par un demi-succès, les déchirures nées lors de leur primaire cataclysmique, le PS qui va tenter de sauver les meubles, tant, une déroute magistrale mettrait les finances du parti à mal ...

Et n'oublions pas dans ces différents groupes, les individualités, qui comptent sur les circonstances, pour se trouver une place au soleil, et cela dans tous les camps . Et, hélas, cela est aussi vrai dans " la France Insoumise " où, à ce jeu, on n'hésite pas à refouler " les frères " communistes auxquels on ne veut rien céder, dans l'oubli total de leur histoire .

Alors, cher Renaud Dély, " la grande marche républicaine ", revitalisée par E. Macron, dont vous rêvez, il faudra l'attendre encore un peu .

 

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 14:14
" Tout va maintenant se montrer à nu ! "

" La grande accélération politique arrive : nous entrons dans une période de hautes énergies où les vrais points critiques se rapprochent à grande vitesse . C'est bien ! " ( Frédéric Lordon )

" Tout ce que cachaient les habitudes et les pratiques institutionnelles de ce qu'on peut appeler désormais l'Ancien Régime, va devenir soudain clair comme l'eau d'un lac de montagne " ( F. Lordon ) .

Il ne fallait pas beaucoup d'acuité politique pour apercevoir dans le débonnaire conseiller général de Corrèze, F. Hollande, le loyal fondé de pouvoir du capital - qu'il était depuis longtemps - Mais l'oligarchie exaspérée par l'urgence d'entamer la dislocation de notre modèle social n'avait plus la patience d'attendre le long travail de mise en forme du processus de casse entamé par ce même Hollande, trop lent, trop précautionneux . Elle a donc porté au pouvoir, directement, un des siens, façonné dans des officines de communication et propulsé sans intermédiaire, ou presque, d'un emploi dans un autre .

Mis sur orbite après un lancement spectaculaire de " Unes " de médias, chacun sait qu'il ne faut pas espérer quelque " reprise de contention " des varices que nous laisse F. Hollande . Mais au point où nous en sommes, c'est tant mieux car tout va maintenant se montrer à nu .

La prise de pouvoir en direct, le programme outrancièrement " de classe " que porte le nouveau Président de la République, l'inféodation des médias définitivement accomplie sous le contrôle des puissances d'argent, la crise civilisationnelle qui travaille en profondeur le corps social mais que celui-ci ne percevait pas encore très clairement, vont apparaître en pleine lumière, devenir des évidences, annoncées par " la start-up nation " , la " managérialisation de la politique "  depuis le sommet d'un gouvernement de " co-workers " ( collègues de travail ) jusqu'à la base d'un parti de " helpers " ( les petites mains ), autant d'objectifs du rêve macronien .

Toute au ravissement infra-culturel de la victoire, " la secte macronienne ", égocentrique, elle croit être la France - alors que le vote par adhésion pour son gourou atteint au mieux 20% de Français - va nous régaler de sa philosophie " d'open space " et de son impayable " sabir "

L'écoeurement général, au milieu d'un irrépressible sentiment de grotesque, ne va pas tarder à nous submerger et, avec lui, comme toujours dans les périodes de grande crise, les progrès de la conscience politique .

 Tout promet d'aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite et malheureusement certaines catégories sociales " vont salement ramasser ", mais, la connexion " pouvoir-oligarques- médias " ne pouvant que devenir monstrueusement visible, le rejet général va croître .

Et alors ! L'électorat, réduit à une archi-passivité devenue insupportable, peut, un matin, décider de recouvrir brutalement sa capacité d'agir, mais dans des conditions où l'on peut être quasi certain qu'elle se manifestera par le pire - puisque la seule capacité d'agir sera celle du pire . C'est avec ce risque qu'aura joué la classe élitaire, entre folie et aveuglement, égoïsme et goût des privilèges . 

L'heure n'est plus aux empoignades entre abstentionnistes et " malgré-nous " du macronisme, qui en étaient à un stade égal de désespérance - comme ces guerres où les pauvres s'en prennent aux plus pauvres - sans jamais songer à se tourner vers ceux qui, au-dessus d'eux, aménagent le terrain de leurs empoignades . 

Passé ce scrutin pestilentiel, le temps est venu de s'interroger à propos des irresponsables " très responsables " qui ont installé la catastrophe qui arrive et dont ils croient pouvoir se laver les mains . 

Le résultat du 7 mai leur appartient, à eux-seuls, comme le résultat d'une nécessité n'appartient qu'à ceux " qui ont armé la nécessité " . " Admirables élites qui  désireuses de pousser le bouchon toujours un peu plus loin, ont joué à " la roulette russe " avec la tempe des autres ... " 

 

NB : d'après le billet de Frédéric Lordon, " De la prise des otages ", le Monde Diplomatique, Mai 2017 .

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