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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 14:44
lemoniteur.fr

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" La compétitivité désigne la capacité d'une entreprise, d'un secteur d'activité, d'un territoire à vendre et à fournir durablement un ou plusieurs biens, ou services, sur un marché donné en situation de concurrence ... " ( Dictionnaire ) .

" Le groupe pharmaceutique Sanofi confirme un processus de négociations au niveau de ses sites de production pour co-construire un accord de compétitivité ", ( AFP, 07/10/ 2015 ) . En langage entrepreneurial, la compétitivité de l'entreprise est une " co-construction " bâtie entre partenaires sociaux policés comme l'ont montré les derniers incidents survenus lors du Comité Central d'Entreprise d'Air France .

" Ryanair vaut 8 milliards d'€ en Bourse, Air France-KLM en vaut 2 . Je pourrais donc tout à fait me permettre de les racheter ", ( Michael O'Leary, PDG de la compagnie low-cost irlandaise Ryanair, entretien récent accordé au journal Les Echos ) .

La meilleure définition de la compétitivité appartient à ce Monsieur . Le livre à paraître d'une ancienne hôtesse de l'air de cette compagnie, Sofia Lichani, " Ma vie d'hôtesse low-cost " , le 14 octobre, Ed. Arènes, nous dépeint, avec un réalisme saisissant, ce qu'est la compétitivité de sa compagnie, pour Monsieur O'Leary .

La jeune hôtesse de Ryanair, à la signature de son contrat " régi par les lois de la République d'Irlande " se rend compte qu'elle est de fait employée par une société d'intérim, " Crewlink ", sous contrat exclusif avec la compagnie irlandaise, ce qui libère Ryanair de toute contrainte en cas de conflit social : ce sera à Crewlink de s'en débrouiller . Elle vient d'obtenir un CDD de trois ans, reconductibles si les accords entre Crewlink et Ryanair n'ont pas été modifiés entre-temps . Dans le cas contraire, si Ryanair et Crewlink ne s'entendent plus, elle sera " licenciée sans préavis " .

En outre, Crewlink se réserve le droit, durant les deux premières années, de la licencier sans motif et sans préavis .

La rémunération sera de 15€ pour les vols inférieurs à 1H45, et 27€ au-delà . Le compteur pour le calcul de cette rémunération ne démarre que lorsque les roues de l'avion quittent le sol : le " briefing " de préparation du vol, l'accueil des passagers, le nettoyage de la cabine, la comptabilité du bar ne sont pas considérés comme du temps de travail .

Le salaire n'est versé que le dix du mois, ce qui laisse supposer que la trésorerie conservée pendant dix jours, concernant des milliers d'employés, rapporte à l'entreprise un petit bonus non négligeable, et tant pis si l'employé doit, lui, payer un loyer le premier du mois .

En cas d'absence, justifiée ou non par un certificat médical, l'employé n'est pas payé . Il n'est pas payé non plus lors des périodes de " stand-by home ", périodes d'astreinte où il doit attendre chez lui, ou à moins d'une heure de l'aéroport, ( les fameux campings où on les oblige à se loger ), tout appel de la compagnie, en vue de rejoindre d'urgence un vol de dernière minute : après deux appels de " Cew Control " restés sans réponse l'employé est considéré absent avec les suites disciplinaires qui s'en suivent .

Les " stand-by airport " en uniforme, astreintes assurées dans l'aéroport même, sont payées 30€ les huit heures .

Le salaire est versé sur un compte ouvert obligatoirement dans une banque irlandaise quel que soit le pays de résidence de l'employé . Toute saisie de la compagnie, en cas de conflit, en sera facilitée .

" Sur le contrat, il n'y a pas d'horaires précis et la compagnie peut vous demander de travailler sur n'importe quelle durée et n'importe quel jour . Vous devez être prête à travailler en horaires décalés et à effectuer des heures supplémentaires sans rémunération additionnelle " .

( Bénies soient les 35 heures légales de référence, à la française, pour le déclenchement des heures supplémentaires majorées ) .

L'employé doit être prêt aussi à subir des fouilles intempestives et à ne pas travailler si la compagnie n'a pas assez de clients, sur tel ou tel vol .

Mais l'hôtesse peut se faire des bonus sur les ventes à bord, censées compenser le tarif réduit sur le billet : mais jamais le montant de la commission n'est annoncé à l'avance . Le pourcentage pourra varier, soit être purement et simplement supprimé, sans motif .

Les employés de Ryanair ont quand même droit à des congés payés, 20 jours par an, mais payés l'équivalent de 4 vols courts par 24 heures, soit 60€ .

L'achat de l'uniforme est à la charge de l'hôtesse ( 30€ par mois sont retenus, pendant toute la durée du contrat, sur sa paye, à cet effet ) tout comme l'obtention de " l'airport ID ", l'agrément pour circuler dans les coulisses de l'aéroport, et ne pas être soumis aux contrôles de sécurité à répétition .

Le droit de grève n'existe pas : toute participation à un conflit social met fin au contrat . Enfin, une clause de confidentialité est ajoutée au contrat : interdiction de révéler aux médias, sous peine de procès, un quelconque aspect de ses activités au sein de l'entreprise . ( Un formulaire d'embauche de la NSA, ne dit pas autre chose ) .

Première paye de Sofia Lichani : 348€ nets, pour 20 vols . Et encore parce que la faible part des cotisations sociales à l'irlandaise ( deux lignes sur le bulletin de salaire ) n'ampute pas trop le revenu . Soria en serait presque contente, mais elle ignore encore les inconvénients du système fiscal irlandais .

Au final, lorsque l'hôtesse quittera la compagnie, le 19 janvier 2011, elle aura totalisé , en cinq ans, 5000 heures de travail, dont 3700 heures de " flight time ", temps de vol, seul décompte payé . " J'ai donc bossé un minimum de 1300 heures à l'oeil ", pourra-t-elle écrire .

Vous vous demandiez ce qu'était la compétitivité, ce sésame pour entrer dans la modernité de la mondialisation, cette modernité si chère à nos élites de tous poils . Grâce à Ryanair, désormais, vous le savez .

NB : On peut lire la présentation du livre de Sofia Lichani dans le No 964 de Marianne du 9 octobre 2015 .

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 15:16
L'abrutie !

Abrutie : du latin brutus, lourde, pesante, stupide, sans intelligence, idiote ...

Hier, au Parlement de Strasbourg où Angela Merkel et François Hollande intervenaient conjointement à propos de la crise des migrants, Marine Le Pen qui avait deux minutes de parole, les a utilisées uniquement pour insulter le Président de la République .

" Monsieur le Vice-Chancelier de la province France " : c'est en ces termes qu'elle s'est adressée à François Hollande, dans une enceinte internationale, ajoutant qu'elle ne pouvait l'appeler " Monsieur le Président de la République " puisqu'il ne faisait rien pour défendre la République .

Ne cherchez pas ce matin de grands titres d'indignation dans la presse quotidienne - à l'instar de ceux qu'ont provoqués une insignifiante Nadine Morano, dans un reality show, passé minuit -, vous ne trouverez rien sinon de banales restitutions de l'évènement sans véritable interpellation .

C'est que voyez-vous, l'implacable machine médiatique de dédiabolisation du FN de Marine Le Pen, mise en route en 2011, est désormais trop bien huilée, pour qu'on aille la gripper à la veille d'élections régionales et à quelques mois du scrutin présidentiel, où les scores du FN feront vendre du papier dans des " vendanges médiatiques " à ne pas rater .

Et pourtant, " Le FN n'a pas fondamentalement changé, c'est la façon dont il est aujourd'hui perçu qui a considérablement évolué " disait un rapport très fouillé et complet de "L'observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès ", rédigé par l'enseignant-chercheur de l'Université de Montpellier, Alexandre Dézé, et publié le 15 avril 2015, sous le titre : " Le nouveau Front National en question " .

La responsabilité de cette évolution de la perception en incombe aux sondages, aux médias et aux politiques, même si l'habileté du discours de Mme Le Pen n'est pas à écarter, concluait le chercheur .

Prenons seulement trois points, qui sont autant de slogans, de cette " manipulation médiatique " menée pour maintenir en permanence le FN au coeur du débat .

1. " Le FN est le premier parti de France " . Que ne l'avons-nous pas entendu ce slogan, depuis les élections européennes de 2013 . Sans nier les très bons résultats électoraux du FN l'étude observe qu'aux dernières élections municipales, son score de 4,7% des suffrages est identique au score qu'il réalisa, au même scrutin, en 1995 ; que dans les 415 villes de plus de 10 000 habitants où il présentait des candidats il a obtenu moins de voix que Marine Le Pen aux présidentielles de 2012 ; que ses conseillers municipaux ne représentent que 0,2% de l'ensemble des conseillers municipaux du pays ; Le FN ne dispose, à ce jour, que de 118 conseillers régionaux sur 4108, de 2 députés sur 577, de 2 sénateurs sur 348 et se situe derrière l'UMP et le PS en nombre d'adhérents ( 42130 en novembre 2014, selon Alexandre Dézé, 22 329 ayant participé à la réélection de Marine Le Pen, avec un taux de participation donné par le parti de 53% .

2. " Le Front National est aux portes du pouvoir " . Autre slogan fort apprécié dans les médias . " Le FN ne bénéficie ni de l'implantation, ni d'un réseau d'élus ni même de cadres suffisants et hautement formés pour prétendre à l'exercice du pouvoir au niveau national ", précise l'universitaire . En outre le parti n'est pas une machine de second tour comme l'ont montré les élections départementales récentes faute à son incapacité à sceller les alliances nécessaires avec d'autres formations . Autant de freins reconnus par le plus politique de la clique, Jean-Marie lui-même, après les européennes : " AU FN un certain nombre de gens se croient aux portes du pouvoir . Ils ne savent pas ce qu'est le pouvoir, ni où il est . Nous ne sommes pas aux portes du pouvoir parce qu'on a fait quatre ou cinq millions de voix . Il faut en faire plus que ça " .

3. " La stratégie de dédiabolisation est vraiment nouvelle " . Alexandre Dézé rappelle que la création même du FN en 1972, " procède de l'adoption de cette stratégie " . Le FN fut fondé par les responsables du mouvement nationaliste Ordre Nouveau dans le but de se constituer une façade politique légaliste ", Jean-Marie Le Pen les rejoignant après, dans le but de participer aux élections législatives de 1973 .

Quant au Rassemblement Bleu Marine, créé en 2012, pour servir de structure d'accueil à des transfuges comme Gilbert Collard, ce n'est pas la première fois que le FN se dote d'une telle structure . Pour les élections législatives de 1986, le FN avait déjà mis sur pied un " Rassemblement National " ( RN ) dans le but de regrouper tous ceux qui parallèlement au Front, mènent un combat comparable au sien " .

Bien d'autres points participant de l'entreprise de faire du FN un parti comme les autres sont repris dans cette étude . Cela n'empêche pas la hyène de rester une hyène et la classe médiatique se grandirait à ne pas laisser passer " par pertes et profits " la haine déversée, hier, dans l'hémicycle européen, par " l'infâme rejeton de Vichy " .

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 15:34
1936 : les premiers congés payés .

1936 : les premiers congés payés .

" Une prévision statistique avant la naissance de l'univers aurait considéré celle-ci comme quasi impossible " ( Edgar Morin ) .

Il est intellectuellement affligeant d'entendre encore les commentateurs et autres politologues parler de la politique " social-démocrate " de F. Hollande et de Manuel Valls alors que nous naviguons depuis 2012 dans ce qu'il est moins faux d'appeler un " social libéralisme " , qui touche à sa fin car il n'est qu'une simple étape avant le " libéralisme réformateur " déjà clairement revendiqué par M. Valls, depuis sa formule : " Bâtir une maison commune de toutes les forces progressistes " ( L'Obs, fin octobre 2014 ) .

Ils se prétendirent socialistes, un certain temps, celui des conquêtes électorales - et du surréaliste " mon adversaire c'est la finance " - mais le véritable socialisme, celui de Jaurès et de Blum, contestait le capitalisme . On l'excommunia . Ce fut le premier mouvement des " plaques " de l'univers socialiste, pas encore un séisme .

Le deuxième mouvement des " plaques " advint lors d'une des premières conférences de presse du Président élu - ces grands-messes inutiles - au cours de laquelle il se déclara ouvertement " social démocrate " .

La social-démocratie, à laquelle appartenait Marx d'ailleurs, il n'est pas inutile de le rappeler, eut son heure de gloire, tout au long du XXe siècle, jusqu'à la chute du Mur de Berlin . Elle fut une authentique forme du mouvement ouvrier qui entendait réformer le capitalisme de l'intérieur sur la base d'un compromis entre le monde du travail et le Capital - quitte à envisager à terme le dépassement du capitalisme lui-même ( hormis en Allemagne , Bad-Godesberg, la social-démocratie rompt avec le marxisme, mais pas à pas ) . Un ensemble de conquêtes furent arrachées - par la lutte - à la classe capitaliste par les syndicats et les partis de gauche, dans toute une série de domaines comme les salaires, les droits sociaux, les services publics ...

Réformer, c'était donc améliorer le sort des classes populaires et initier un progrès économique et social en leur faveur . Ce qui explique, qu'en France, cela ait pu se faire avec l'appui des communistes ( 1936, 1946, 1981 ) pourtant partisans d'une rupture révolutionnaire .

Deuxième excommunication !

Place au " social libéralisme " ! Troisième " plaque " à déplacer . Le social libéralisme, c'est tout autre chose que la social démocratie . L'effondrement quasi spontané du bloc soviétique à partir de 1989 dont la menace avait contraint les capitalistes à accepter les concessions déjà évoquées, entraîne une remise en cause brutale des réformes de structure comme les nationalisations des grandes industries et du système bancaire, de la maîtrise de l'économie et vive le libre marché fondé sur la propriété capitaliste privée .

Les contre-réformes vont se déchaîner à partir des années 1990, avant même la crise de 2008, allant toutes dans le sens des intérêts de la finance internationale : réduction des acquis sociaux, allongement de la durée du travail, paupérisation des populations, démantèlement de l'Etat- Providence .

La seule solution qu'ont trouvée les partis dits " sociaux-démocrates " a été d'accompagner le libéralisme renaissant sans même songer à en atténuer les effets désastreux pour le peuple, donc en les accentuant . C'est ce qu'ont fait Schröder en Allemagne, Tony Blair en Grande Bretagne et qu'a engagé F. Hollande en France .

Mais soyons clairs, le " social libéralisme " aussi a vécu . Le terme social y est de trop . L'excommunication est proche . Encore une " plaque " qui va devoir céder sa place à la suivante : " le " libéralisme réformateur " de Valls . Comprenons : " la dérégulation sociale totale et définitive " explique le syndicaliste Jean Claude Mailly de FO, dans le No 983 de Marianne .

C'est un séisme que porte le deuxième projet de loi Macron qui sera présenté au Parlement en 2016 . Encore aujourd'hui, 90% des salariés ( 60% en Allemagne ) sont couverts par des conventions collectives et des accords d'entreprise selon un principe de hiérarchisation des normes . Notre république permet donc à un ouvrier de PME dépourvue de représentants syndicaux de bénéficier de granties communes à son sectuer d'activité, au même titre qu'un collègue d'une multinationale . Qu'en 2016, la Loi brise ce cadre en donnant la primauté aux accords d'entreprise dérogatoires aux normes supérieures et les inégalités entre salariés vont se creuser .

La boîte de Pandore ainsi ouverte va apporter une régression sociale sans précédent dans bien des secteurs comme le bâtiment, la restauration, les services et le numérique qui comptent des myriades de petites sociétés . " Les entreprises les moins vertueuses deviendront les plus concurrentielles " , ajoute ce syndicaliste qui prévient : " Alors, nous ne serons plus en République " !

Ce n'est pas pour rien que la CGPME et l'UPA, confédérations patronales des PME et des Artisans, s'insurgent déjà contre le projet .

La grande débâcle est programmée : seul le niveau d'intensité sur l'échelle de Richter socialiste reste inconnu !

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 14:10
Nostalgie !

Nostalgie : du grec ancien, nòstos, le retour et àlgos, la tristesse . ( Concept créé en 1688 par le jeune médecin alsacien, Johannes Hofer ) .

" La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie " ( Albert Camus ) .

" Les cerisiers ", chanson de Jean Ferrat .

" J'ai souvent pensé c'est loin la vieillesse / Mais tout doucement la vieillesse vient / Petit à petit par délicatesse / Pour ne pas froisser le vieux musicien / Si je suis trompé par sa politesse / Si je crois parfois qu'elle est encor loin / Je voudrais surtout qu'avant m'apparaisse / Ce dont je rêvais quand j'étais gamin / Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises / Avant de claquer sur mon tambourin / Avant que j'aie dû boucler mes valises / Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train / Bien sûr on dira que c'est des sottises / Que mon utopie n'est plus de saison / Que d'autres ont chanté le temps des cerises / mais qu'ils ont depuis changé d'opinion / Moi si j'ai connu des années funestes / Et mes cerisiers des printemps pourris / Je n'ai pas voulu retourner ma veste / Ni me résigner comme un homme aigri / Ah qu'il vienne au moins ...

Tant que je pourrai traîner mes galoches / Je fredonnerai cette chanson-là / Que j'aimais déjà quand j'étais gavroche / Quand je traversais le temps des lilas / Que d'autres que moi chantent pour des prunes / Moi je resterai fidèle à l'esprit / Qu'on a vu paraître avec la Commune / Et qui souffle encore au coeur de Paris / Ah qu'il vienne au moins ... " .

..............

" Réaliser cent utopies pour que les espoirs dépassent enfin la nostalgie " ( Edouard Wynot, historien ) .

" Ceux qui pensent arrêter leur regard sur l'horizon et se bornent à regarder ce qu'on voit, ceux qui revendiquent le pragmatisme et tentent de faire seulement avec ce qu'on a, ceux-là n'ont aucune chance de changer le monde ... L'utopie c'est ce qui est au-delà de l'horizon ..." ( Henri Lefèbvre, 1975, " Hegel, Marx, Nietzsche ou le royaume de l'ombre ) .

" Il est difficile de ranger parmi les héros triomphants les porteurs d'utopie . Ils sont plus familiers de la guillotine, du bûcher ou de l'échafaud que des meetings victorieux et des lendemains qui chantent . Et pourtant, sans eux, toute humanité, toute espérance, auraient disparu depuis longtemps de la planète " .( Henri Ziegler, L'empire de la honte , Fayard, 2005 ) .

L'utopie est le désir du tout autre . Elle désigne ce qui nous manque dans notre courte vie sur terre . Elle embrasse la justice exigible . Elle exprime la liberté, la solidarité, le bonheur partagé dont la conscience humaine anticipe l'avènement et les contours . Ce manque, ce désir, cette utopie constituent la source la plus intime de toute action humaine en faveur de la justice sociale . Et sans cette justice sociale, aucun bonheur n'est possible pour aucun d'entre nous .

Je sais par intuition, par mon exigence morale, que tout homme a droit au travail, à l'alimentation, à la santé, au savoir, à la liberté et au bonheur .

Mais sans justice sociale la République ne vaut rien . A quoi sert à l'analphabète la proclamation de la liberté de la presse ? Un affamé n'a que faire du droit de vote . Celui qui voit mourir de maladie, de misère sa famille ne se préoccupe guère de la liberté de penser et de la liberté de se réunir .

Ambassadeur de la toute nouvelle république des EEUU à Paris, dans les années 1780, Benjamin Franklin aimait fréquenter le café Procope, au coeur du quartier saint-Germain, où se réunissaient également les jeunes révolutionnaires . Un soir, il est apostrophé par un jeune avocat de vingt ans, georges Danton : " Le monde n'est qu'injustice et misère . Où est la sanction ? Votre déclaration n'a pour se faire respecter, ni pouvoir judiciaire, ni pouvoir militaire ... " .

Franklin lui répondit : " Erreur ! Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel : le pouvoir de la honte " . ( Rapporté par Jean Ziegler dans L'Empire de la honte, page 13 . La Déclaration évoquée est celle de Philadelphie de 1776 ) .

Réponse utopique ?

Nostalgie !
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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 14:10
" Le peuple bouge encore " .

" Elle est la faucille dans le blé mûr, pour le pain blanc " . ( Verlaine désignant Louise Michel ) .

" La formule républicaine a su admirablement ce qu'elle disait et ce qu'elle faisait ; la gradation de l'axiome social est irréprochable : Liberté, Egalité, Fraternité . Rien à ajouter, rien à retrancher . Ce sont les trois marches du perron suprême . La liberté, c'est le droit ; l'égalité, c'est le fait ; la fraternité, c'est le devoir . Tout l'homme est là . " ( V. Hugo ) .

Je ne connais pas meilleure définition du triptyque républicain .

Dans " Les promesses de l'aube ", l'écrivain immigré et résistant Romain Gary raconte que sa mère lui recommandait d'aimer le France parce qu'elle avait fait de Victor Hugo un Président de la République . Erreur factuelle mais magnifique parole qui signifie que Victor Hugo embrassa l'universalité des valeurs républicaines mieux que quiconque .

Le sociologue Alain Touraine vient de publier un livre important : " Nous, sujets humains " ( Seuil ), dans lequel il décrit la dérive doctrinaire actuelle de notre société . Le vocabulaire qui décrivait le " social traditionnel " : classes, lutte des classes, syndicats, progrès social, droits sociaux, devient obsolète voire dérangeant, alors que s'affirme de plus en plus souvent la présence de " sujets " porteurs de droits fondamentaux, au-delà de toute appartenance sociale .

Le débat qui a agité ces dernières semaines le microcosme médiatique parisien illustre totalement cette dérive . Je fais allusion au lynchage médiatique dont le philosophe Michel Onfray a fait les frais de la part des quotidiens " Libération " et " Le Monde " .

Ces médias ont carrément assimilé les dernières prises de position du philosophe aux thèses du FN . Heureusement les bûchers de l'Inquisition n'existent plus . Pensez-vous que M. Laurent Joffrin, directeur de Libération et grand libéral devant l'éternel, a reproché à Michel Onfray d'avoir traité ( au printemps dernier ) Manuel Valls de crétin ? Pas du tout ! L'inexpiable colère de M. Joffrin a éclaté quand Michel Onfray a osé déclarer, en réponse à une question sur les migrants, dans une interview au Figaro du 11 septembre 2015 que le peuple était oublié et même méprisé au profit de " micro-peuples de substitution : Palestiniens, schizophrènes, homosexuels, hermaphrodites, fous, prisonniers, métis, étrangers, sans-papiers " .

Ces journalistes omirent de dire que Michel Onfray avait commencé par dire très nettement qu'il fallait accueillir sans réserve tous ces réfugiés parcourant les routes de l'Europe à la recherche d'un havre de paix .

En fait, Onfray stigmatisait cette dérive qu'évoque Alain Touraine, où le mot " peuple " est devenu un " gros mot ", pour laquelle on ne doit plus parler de peuple, car ce vocabulaire nous ramène immanquablement à cette horreur que furent " les conquêtes sociales " . Triste épiphanie des " pisse-copies " !

Dans le reality show de France 2, " On n'est pas couché ", du samedi 19 septembre, Yann Moix, l'écrivain raté, l'idiot utile de l'animateur Laurent Ruquier, fait le malin en mettant au défi Onfray de lui fournir une définition du mot " peuple " . Mal lui en a pris .

Sincèrement, la question de savoir si les intellectuels de gauche roulent pour l'extrême-droite est une ineptie .

La vraie question est de savoir - avec Victor Hugo - si " tout l'homme " est encore dans la formule républicaine telle que " les libéraux réformistes " - dernière trouvaille de Manuel Valls qui se prend à trouver l'expression " social-libéral " trop connotée - veulent la pétrir au nom de la modernité d'un XXIe siècle fantasmé .

" Le peuple bouge encore ", messeigneurs, seulement, oublié, méprisé, il se tourne vers le seul parti, qui, à ses yeux, lui reconnaît encore le droit à l'existence . C'est vous qui faites le lit de l'extrême-droite . C'est votre arrogance, plus que l'immigration, l'insécurité ou l'euro, qui explique l'attitude actuelle de ce peuple que vous cherchez à " néantiser " : l'abstention ou le FN .

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 14:38
cil.cnrs.fr

cil.cnrs.fr

" Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité " ( Albert Einstein ) .

Le rapport Combrexelle, remis au Premier Ministre, au début du mois de septembre, et préconisant une cure d'amaigrissement du Code du Travail n'était qu'un " amuse-bouche " . Un deuxième rapport, celui du DRH d'Orange, Bruno Mettling, ami du Ministre Macron, l'homme libre et décomplexé du gouvernement, vient d'être remis à la nouvelle Ministre du Travail, Myriam El Khomri, avec beaucoup plus de discrétion que le premier .

En principe, ce rapport n'embrasse que l'économie numérique . Mais les responsables syndicaux s'inquiètent estimant qu'il pourrait s'appliquer aussi à de nombreux autres domaines économiques, tels la métallurgie légère, la confection, les métiers de bouche ...

En un mot, que préconise le rapport ? Dans le secteur du numérique, en pleine croissance, le contrat de travail devient obsolète et doit faire place à un " nouvel artisanat " : " des contrats commerciaux passés entre des sociétés et des travailleurs indépendants trimant à domicile, sans garantie aucune sur le temps et les conditions de travail et encore moins sur la pérennité de la mission " .

Un cheval de Troie disent ces syndicalistes, choisi par Emmanuel Macron, l'homme libre, qui prépare une nouvelle loi qui portera sur l'économie numérique, pour dynamiter le Code du Travail .

" Le job à la maison ", ce lieu merveilleux où l'on ne compte pas son temps, où il n'est pas question d'avoir un accident du travail, où le travailleur salarié temporaire fournit souvent le matériel et l'énergie pour le faire tourner et où il sera sous la coupe d'un système crapuleux, le " RSI " : Régime Social des Indépendants ( réforme Fillon de 2003 ) qui ruine beaucoup de ces travailleurs et pousse nombre d'autres à arrêter leur activité . Et avec l'angoisse de voir son " client l'abandonner, " sans préavis " pour un autre fournisseur .

C'est ce que l'on appelle " l'ubérisation " de la société .

La philosophie de base est simple : le temps devient de plus en plus cher ! Le principe économique est tout aussi simple : tout ce qui fait économiser du temps est payé cher ! Les coûts de fonctionnement de l'économie, avec des acteurs économiques " trop lourds " ( les salariés ) bloquent la société mais " l'individu " avec son talent propre, son équipement personnel et la sécurité de sa maison fait gagner du temps .

C'est donc à une économie qui " achète du temps " qu'il faut confier notre avenir . C'est " Uber " ( 40 milliards de $ de capitalisation en bourse, en moins de cinq ans, pour un chiffre d'affaire de 1 milliard l'an, cherchez l'erreur ) : Uber et son application de mise en contact directe d'un utilisateur avec un chauffeur indépendant, mais sans garantie ; Blablacar ( qui pèse 1/6e de la SNCF ) et le covoiturage, mettant l'accent sur la convivialité d'une conversation avec des inconnus ( le bon vieux " stop " recyclé économiquement ) ; Airbnb, mettant en contact des particuliers pour des locations temporaires, au grand dam des entreprises hôtelières ( Paris est la première ville au monde Airbnb ) ; Lending Club et les prêts de particulier à particulier qui inquiète les banques classiques ; Leboncoin qui répond aux besoins quotidiens .

Le discours sur cette nouvelle société est bien huilé : la parenthèse économique et sociale des XIXe et XXe siècle qu'on a appelée la révolution industrielle et qui avait conduit les hommes à devenir salariés est close, " nous entrons dans l'économie souple, à la demande, une économie qui fait place à l'humain " .

Que voulez-vous ? Le train est de plus en plus cher, les hôtels ont de plus en plus de charges ; les prix du logement atteignent des sommets : autant de vérités d'une face de la société, bonnes à dire, pour justifier le démantèlement d'une autre face de cette société, les protections sociales .

Et à cette fin, on a trouvé l'expression imparable : la société du numérique, c'est " la société du partage !

C'est beau comme un chant de Verlaine . En route donc pour " ce monde des rêves " .

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Published by regain2012 - dans Société
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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 10:53
Larousse .

Larousse .

" C'est parce que vous sentez vous-mêmes que le mouvement socialiste sort de toutes nos institutions, que vous êtes acculés aujourd'hui, pour le combattre, à une oeuvre rétrograde " . ( J. Jaurès, discours à la Chambre des Députés, du 21 novembre 1893 ) .

En 1893, Jaurès condamnait, dans un célèbre discours à la Chambre des Députés, les républicains devenus réactionnaires, après avoir porté les valeurs émancipatrices de la République .

" ... Au moment même où le salarié est souverain dans l'ordre politique, il est dans l'ordre économique réduit à une sorte de servage .

Au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l'atelier . Ce roi de l'ordre politique est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes, peut être jeté à la rue, à tout moment ...

Et c'est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c'est parce que le socialisme proclame que la république politique doit aboutir à la république sociale, c'est parce qu'il veut que la république soit affirmée dans l'atelier comme elle est affirmée ici ( à la Chambre des Députés, Ndel'A ), c'est parce qu'il veut que la nation soit souveraine dans l'ordre économique comme elle est souveraine dans l'ordre politique, c'est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain ...

... Et puis vous avez fait des lois d'instruction . Dès lors comment voulez-vous qu'à l'émancipation politique ne vienne pas s'ajouter, pour les travailleurs, l'émancipation sociale quand vous avez décrété et préparé vous-mêmes leur émancipation intellectuelle ? Et vous n'avez pas voulu seulement que l'instruction fût universelle et obligatoire : vous avez aussi voulu qu'elle fût laïque . Et vous avez bien fait !

Par là même, vous avez mis en harmonie l'éducation populaire avec les résultats de la pensée moderne ; vous avez arraché le peuple à la tutelle de l'Eglise et du dogme ; vous avez rompu les liens de passivité, d'habitude, de routine qui subsistaient encore ...

Vous avez interrompu ce rayonnement religieux et vous avez ainsi concentré dans les revendications immédiates, dans les revendications sociales tout le feu de la pensée, toute l'ardeur du désir . Et vous vous épouvantez aujourd'hui, mais c'est devant votre oeuvre ! ...

De même, quand vous avez fondé les syndicats ouvriers, qu'avez-vous prétendu faire ? ... Est-ce que vous imaginiez qu'ils seraient simplement une société de secours mutuels ou une ébauche de société coopérative de consommation ? Non ! Toutes ces institutions d'assistance existaient déjà . En instituant les syndicats ouvriers, vous ne pouviez faire qu'une chose : donner aux travailleurs, dispersés jusque-là, le sentiment d'une force plus grande, par leur cohésion, par leur réunion ... et lorsqu'ils auraient des revendications à produire, soit sur la durée du travail, soit sur les salaires, et qu'ils s'adresseraient au patronat, et que le patronat ne les écouterait pas, donner plus de cohésion et d'ensemble à leur mouvement de revendication ...

Et maintenant, parce que les travailleurs trouvent en effet dans les syndicats une force nouvelle, vous vous effrayez, encore une fois, devant votre oeuvre ...

L'abîme s'élargit et se creuse de plus en plus entre ceux, de plus en plus rares, qui détiennent les grands moyens de production, et ceux de plus en plus nombreux, qui ne sont que des salariés, livrés à toutes les incertitudes de la vie .

Au point de vue agricole, un autre fait doit vous frapper : la légende du paysan propriétaire de la terre de France s'évanouit de plus en plus, la petite propriété paysanne n'est plus qu'une légende ... Un énorme prolétariat rural ne peut plus accéder à la propriété, ruiné par la fiscalité et par la spéculation cosmopolite ...

C'est parce que vous sentez vous-mêmes que le mouvement socialiste sort de toutes nos institutions que vous êtes acculés aujourd'hui, pour le combattre, à une oeuvre rétrograde .

Le socialisme sortait de la République ; vous ne pouvez détruire la République, mais vous y introduisez ses ennemis d'hier en gouvernants et en maîtres, pour en chasser plus sûrement les militants qui l'ont faite et qui ont versé leur sang pour elle ...

Vous trouverez bien assez le moyen, sans changer les lois, de supprimer en fait la liberté des syndicats ouvriers et de faire une loi de servitude de ce qui a été une loi d'émancipation .

Je suis donc en droit de conclure que le socialisme est à ce point un mouvement profond et nécessaire, qu'il sort si évidemment et si puissamment de toutes les institutions républicaines, laïques, démocratiques, que pour combattre le socialisme, vous allez être condamnés dans tous les ordres, dans l'ordre politique, dans l'ordre fiscal,et dans l'ordre syndical, à une oeuvre de réaction ...

Et puisque vous désertez la politique républicaine, c'est nous socialistes qui la ferons ! ... " .

S'en prendre au Socialisme, c'est s'en prendre à la République, tel est le testament de Jean Jaurès . Comprenne qui voudra !

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 15:42
Manuscrit de Jaurès ( ladepeche.fr ) ) .

Manuscrit de Jaurès ( ladepeche.fr ) ) .

Manuscrit de Jaurès .

Manuscrit de Jaurès .

" La république a pour devoir de réduire le grand intervalle entre les droits que la loi reconnaît aux citoyens et les droits dont ils ont une jouissance réelle " . ( Condorcet ) .

Tout le monde a saisi, aujourd'hui, le véritable sens du quinquennat de François Hollande : liquider ce qui restait encore de socialisme dans le système économique et social français . Mais ils sont peu nombreux encore ceux qui entrevoient le deuxième dessein de ce qui restera une très courte parenthèse politique : liquider aussi le principe d'égalité qui fonde nos institutions et sur lequel s'était construite notre République .

Et la condamnation de ce double crime n'émane pas d'indéfinissables " frondeurs " du PS, contemporains de F. Hollande, mais du plus grand des socialistes français .

Le 21 novembre 1893, devant la Chambre des Députés, Jean Jaurès, dans un discours mémorable, décrivait très précisément la synthèse de sa pensée, en cette fin du XIXe siècle, à savoir pourquoi la République devait conduire au Socialisme : antithèse de la pensée - si pensée il y a - du Président de la République actuel .

Et voici ce que Jaurès pouvait dire à ses collègues républicains, majoritaires .

" La vérité, c'est qu'en France même, dans notre France républicaine, le mouvement socialiste est sorti tout à la fois de la République que vous avez fondée, et du régime économique dans ce pays depuis un demi-siècle .

Vous avez fait la République et c'est votre honneur ; vous l'avez faite inattaquable, mais par là, vous avez institué entre l'ordre politique et l'ordre économique une intolérable contradiction .

Dans l'ordre politique, la nation est souveraine et elle a brisé toutes les oligarchies du passé ; dans l'ordre économique, la nation est soumise à beaucoup de ces oligarchies ...

Oui, par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois . C'est d'eux, c'est de leur volonté souveraine qu'émanent les lois et le gouvernement ; ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres ; mais au moment même ou le salarié est souverain dans l'ordre politique, il est dans l'ordre économique réduit à une sorte de servage .

Oui, au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l'atelier . Son travail n'est plus qu'une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré .

Il peut être chassé de l'atelier, il ne collabore pas aux règlements de l'atelier qui deviennent tous les jours plus sévères et plus captieux et qui sont faits sans lui et contre lui .

Il est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes, et à tout moment, ce roi de l'ordre politique peut être jeté à la rue ; à tout moment, s'il veut exercer son droit légal de coalition pour défendre son salaire, il peut se voir refuser tout travail, tout salaire, toute existence par la coalition des grandes " compagnies minières " . Et tandis que les travailleurs n'ont plus à payer, dans l'ordre politique, une " liste civile " de quelques millions aux souverains que vous avez détrônés, ils sont obligés de prélever sur leur travail une " liste civile " de plusieurs milliards pour rémunérer les oligarchies oisives qui sont les souveraines du travail national .

Et c'est parce que le socialisme apparaît comme le seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c'est parce que le socialisme proclame que la république politique doit aboutir à la République sociale, c'est parce qu'il veut que la République soit affirmée dans l'atelier comme elle est affirmée ici, c'est parce qu'il veut que la nation soit souveraine dans l'ordre économique, comme elle est souveraine dans l'ordre politique, c'est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain . C'est la République qui est le plus grand excitateur, c'est la république qui est le grand meneur : traduisez-la donc devant vos gendarmes ! ... "

En s'attaquant au code du travail, en marginalisant la Loi au profit du contrat, en rétrécissant le dialogue social afin de le réduire aux seules relations dans l'entreprise, F. Hollande prend le contre-pied radical de la pensée " jauressienne ", de la pensée socialiste, d'un siècle et demi d'histoire sociale, du principe d'égalité puisqu'il réduit la relation sociale à la soumission du salarié ...

F. Hollande, avec vos sicaires Valls et Macron, vous aurez bien mérité de la malédiction lancée par Jaurès aux républicains de la fin du XIXe s. : " La misère humaine se réveillera avec des cris, se dressera devant vous, et réclamera sa place au soleil du monde naturel, le seul que vous n'aurez point pâli " .

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 14:46
lesechos.fr

lesechos.fr

" Ô buveuse de sang qui, farouche, flétrie, / Hideuse, entraîne l'homme en cette ivrognerie ... / Folle immense de vent et de foudres armée, / A quoi sers-tu géante, à quoi sers-tu fumée, / Si tes écroulements reconstruisent le mal, / Si pour le bestial tu chasses l'animal, / Si tu ne sais, dans l'ombre où ton hasard se vautre, / Défaire un empereur que pour en faire un autre ." ( Victor Hugo, Bêtises de la guerre, 1871 ) .

Avons-nous vu le pire en Syrie ? Non ! L'émotion suscitée par l'exode des réfugiés syriens devant les crimes de l'Etat islamique, le repli des pays européens devant les menaces de leurs extrêmes-droites de plus en plus menaçantes, la mauvaise foi de pays arabes se revendiquant d'un islam radicalisé et ayant soutenu financièrement l'ascension de cet " EI ", l'irresponsabilité de dirigeants occidentaux ayant mis à feu et à sang le Moyen-Orient ces dernières années, la folie de dictateurs s'étant placés hors du genre humain, pourraient bien céder la place, dans un temps peu éloigné, à un défi plus redoutable encore pour nos consciences : la résignation ! Une résignation née de notre accoutumance à n'être plus que les spectateurs impuissants d'horreurs commises loin de nous . Une résignation nourrie par la légèreté de nos responsables politiques incapables de définir une stratégie de mise en échec de l'entreprise de mort poursuivie par des fanatiques, mais toujours prompts à désigner des coupables, et peu importe si ce ne sont pas les vrais coupables du moment que l'on éloigne de soi certaines suspicions souvent justifiées .

Ces derniers jours les médias attirent notre attention sur la Russie qui achemine de l'armement lourd et quelques centaines d'hommes de ses forces spéciales sur le territoire syrien, sans commentaires, laissant ainsi planer une ambigüité criminelle sur le dessein des Russes . Pourtant, il est facile de comprendre le sens de ces manoeuvres . Les Russes affichent une volonté claire : abattre l'EI, l'empêcher par tous les moyens d'étendre ses métastases jusqu'aux républiques musulmanes qui s'étirent tout au long de leur frontière sud . Et ils ont compris que cela passe par une alliance provisoire avec Bachar-el Assad . La résistance syrienne au dictateur est trop divisée et dépendante du front Al-Nosra ( Al-Qaïda ) .

Ce constat éclaire la stratégie nécessaire pour abattre le califat auto-proclamé . Tout le monde est d'accord pour reconnaître que les frappes aériennes sont vaines sans une intervention au sol . Or, dans la mesure où les Occidentaux, échaudés par les échecs subis en Afghanistan et en Irak, ne veulent plus se retrouver piégés dans ce Moyen-Orient qu'ils ne comprennent plus, quelle est la seule armée organisée capable d'affronter, aujourd'hui, au sol, les djihadistes ? C'est celle de Bachar-el-Assad .

Nous ne sommes plus dans les montagnes reculées de l'Afghanistan où ont prospéré les talibans, mais sur de vastes étendues arides, ces steppes qui entourent Palmyre, où personne ne peut passer inaperçu . Coordonner les frappes aériennes occidentales avec une opération au sol de l'armée syrienne, avec l'aide des services de renseignement syriens, les mieux informés sur les dispositifs de défense des islamistes, par là passe la solution .

Une alliance avec Damas, oui, de circonstance, pas indispensable pour neutraliser l'ennemi commun, et préparer les conditions de la sortie de crise en Syrie . Il ne fait aucun doute que que le Président syrien aura à répondre, un jour, devant son peuple, des morts et des destructions dont il porte la responsabilité . Il n'en demeure pas moins, qu'aujourd'hui, il est un élément incontournable du processus de sortie de crise .

D'ailleurs, le Conseil de Sécurité des Nations Unies vient de reconnaître la nécessaire participation de tous les protagonistes à une solution négociée en Syrie, y compris Bachar-el-Assad .

Nier cela, c'est prendre le risque d'une recrudescence des actes terroristes, c'est aussi se condamner à rester les spectateurs d'une pression migratoire croissante à laquelle l'Union Européenne ne résistera pas longtemps . Et les " vols de reconnaissance de nos rafales ", au nom " d'une soi-disant légitime défense " - dernière invention présidentielle - n'y changeront rien

Et pourtant F. Hollande, Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian persistent à exiger comme préalable à toute solution, le départ de Bachar-el Assad . Mais qui prendra la suite ? Aucune personnalité n'émerge, dans l'immédiat, dans l'opposition syrienne divisée . Que veut-on à l'Elysée ? Une deuxième Libye ? Depuis quatre ans et demi que dure le conflit syrien, cette position dogmatique n'a fait évoluer qu'une seule chose : l'extension des territoires occupés par l'EI .

Sauf à se dire que l'Elysée n'est mû que par un seul souci - ce que je me refuse, bien évidemment, de croire - : complaire aux amis saoudiens et qataris qui achètent les " rafales " de Monsieur Dassault .

NB : d'après l'article d'Horace Bénatier, Maître de Conférence , Humanité du vendredi 18 septembre 2015 , " Pour l'ouverture d'un processus politique en Syrie " .

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 15:11
mobilesport.ch

mobilesport.ch

" Le fonctionnaire est un homme de silence, il sert, il travaille et il se tait " . ( Michel Debray, années 1950 ) .

F. Hollande a introduit dans la vie politique française un jeu d'enfant, fort distrayant pour des enfants, beaucoup moins lorsqu'il s'agit d'amuser les adultes : " le jeu de la passe au ballon " .

Son ministre favori, Emmanuel Macron, lance le ballon, Hollande feint de le saisir mais le laisse " subliminalement " filer, tout en grimaçant pour la photo, afin que Manuel Valls puisse s'en saisir, pour le poser au sol et commencer à défaire les coutures du malheureux ballon .

C'est un jeu que le journaliste de Mediapart, Laurent Mauduit, définit ainsi : " transgression, dénégation, régression " .

Le trio infernal du gouvernement nous a fait le coup avec les 35 heures puis avec le " Code du travail " ; il récidive avec le " Statut de la fonction publique " .

Ce vendredi 18 septembre 2015, devant le très libéral Club de réflexion dénommé " En Temps Réel ", dont il est un membre éminent, et où l'on trouve industriels, banquiers, hauts fonctionnaires et journalistes résolument engagés dans le démantèlement de l'Etat de droit, Emmanuel Macron, est allé droit au but, non sans férocité : " Le statut des fonctionnaires n'est plus adapté au monde tel qu'il va ... Je ne vois pas ce qui justifie que certains cadres de mon ministère bénéficient d'un emploi à vie et pas le responsable de la cybersécurité d'une entreprise ... On va progressivement entrer dans une zone - on y est déjà d'ailleurs - où la justification d'avoir un emploi à vie garanti sur des missions qui ne le justifient plus sera de moins en moins défendable ... " .

Ces propos devaient rester " off the record " - comme ils disent - mais, est-ce un hasard ? des journalistes étaient là . En Corrèze, à ce moment-là, pour décorer un fonctionnaire, F. Hollande n'a pas recadré son Ministre, comme veut le faire croire la presse, il a, du bout des lèvres rappelé que, lui, Président, mais aussi haut-fonctionnaire, " était attaché à son statut " .

Emmanuel Macron, dans la foulée - car n'oublions pas que nous jouons - n'a pas "rétropédalé ", comme l'affirment les gazettes, il a seulement précisé qu'il n'avait pas parlé de " réforme ", ce qui est vrai, mais il n'a pas nié l'intention : " Nous devons mener cette réflexion, car elle est un levier de changement ... Ce sera certainement très compliqué de traiter du stock ( des fonctionnaires ) mais en flux, il faut conduire cette réflexion ..." . En vue du second quinquennat, a-il-ajouté .

Maladresse, réflexion malheureuse dans une discussion de club, sans conséquence, prétendront certains . Sauf, qu'à la sortie de la réunion du think tank, Monsieur Macron s'est rendu au siège de l'OCDE, pour un autre débat, et qu'il a repris son prêche néolibéral sur la réduction drastique des dépenses publiques, l'engagement de réformes structurelles et la place de l'Etat lui-même : " Sur la sphère étatique, il faut s'interroger sur les missions de manière plus transparente " .

Pour le moment je préfère, pour ma part, m'interroger sur la nature du jeu auquel se livrent nos " têtes pensantes " . Livrer au FN ce qui reste d'électorat socialiste dans les couches populaires et chez les fonctionnaires, afin de placer, Marine Le Pen, en tête du premier tour des présidentielles, affaiblir N. Sarkozy qui se traîne lamentablement dans les pas de la walkyrie et ramasser la mise au deuxième tour, grâce aux voix d'une droite reconnaissante pour le courage mis à mener à bien les réformes qu'elle n'avait jamais osé entreprendre .

Du pur Mitterrand ! Mais sans la grandeur du personnage .

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