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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 17:33
Mur de tags du hollandisme ;

Mur de tags du hollandisme ;

" La Nation rassemble des citoyens de toutes origines faisant le choix de valeurs communes " ( Ernest Renan ) .

Rien ne s'est passé comme prévu . Au départ, une " belle " manoeuvre ( politicienne ) " sauce hollandaise " ! Profiter de l'émotion suscitée par les attentats du 13 novembre, à Paris, pour piéger la droite dans une mise en scène d'union nationale patriotique, en feignant de reprendre l'une de ses marottes : " La déchéance de nationalité " . Et ça paraît bien parti, le 16 novembre, à Versailles, devant le parlement réuni en Congrès : les élus de droite, émus aux larmes se lèvent, applaudissent à tout rompre le discours du Président et entonnent la Marseillaise .

F. Hollande est aux anges : il a fait son show tout en comptant sur le Conseil d'Etat ( passage obligé pour tout nouveau texte ) pour censurer ce qu'il sait être " une horreur juridique " mais par contre valider la constitutionnalisation de " l'état d'urgence ", mesure inutile juridiquement, ( cela aussi il le sait ), la loi ordinaire y suffisant amplement, mais initiative qui le met " symboliquement " à l'abri de reproches qui ne manqueront pas de surgir lors d'attentats futurs, malheureusement plus que probables .

Une opération de " com . ", la politique réduite à la " com . ", dans la plus pure tradition d'un Jacques Séguéla, jeune, alors que la France a dépassé les cinq millions de chômeurs, que les agriculteurs mettent le feu un peu partout, que les taxis bloquent la circulation, que les syndicats enragent sur l'absence de concertation concernant des textes législatifs socialement dévastateurs, que les enseignants n'en peuvent plus et le font savoir de plus en plus fort, etc ...

Mais patatras ! Les Conseillers d'Etat refusent de jouer les idiots utiles et renvoient " la patate chaude " à l'Elysée, dans un " charabia " juridique de notaire : ce n'est pas vraiment bien mais ce n'est pas anticonstitutionnel puisque le Conseil Constitutionnel s'est déjà prononcé, à propos du " droit du sol " : le droit du sol n'est pas un principe constitutionnel mais une règle législative . Paf ! Les conseillers de F. Hollande n'avaient pas vu venir la balle .

La grenade de la déchéance de nationalité est revenue " dégoupillée " sur le bureau de F. Hollande . " La machine à synthèse " hollandaise a disjoncté, Manuel Valls frôle le " burn out " et ne cesse d'agresser tout le monde , Christiane Taubira nous a offert une sortie digne d'une " diva " qui présage de futurs épisodes rocambolesques, les " copains " de François montent une opération diversion intitulée " Primaire à gauche ", et la " Gauche " signe des tribunes dans tous les médias .

Une tribune, sur la morale, c'est quand même plus facile qu'un bilan économique !

Mais n'allez pas croire que l'histoire va faire " Pschitt " comme la série de commémorations du mois de janvier : les ravages sont déjà là et vont avoir des suites gravissimes .

" Tout n'est qu'affaire de symboles ", répète à qui veut l'entendre le pouvoir . La Nationalité, un symbole ; la citoyenneté, un symbole ; la multi-nationalité, un symbole ; l'indignité nationale, un symbole . Mais peut-on jouer avec les symboles quand on en a perdu le sens ?

Toute cette gauche qui s'est bercée depuis trente ans aux illusions post-nationales, aux illusions européennes ne sait plus ce que ces grands mots signifient, pas plus qu'elle ne comprend ce que le drapeau ou la Marseillaise représentaient pour des millions de nos anciens qui ont bâti la République .

On se déchire par ignorance .

Le prochain débat que certains ne vont pas tarder à ouvrir sera celui de la bi-nationalité : autre symbole, que tous les bretteurs de la " déchéance " ont placé, bien imprudemment, au coeur de leurs déchirements .

L'addition de nationalités - curieusement victimisée - est tout de même un avantage : plus de libertés de circulation, de mouvements sans visas, plus de droits économiques, professionnels ou politiques dans plusieurs pays .

La France a davantage toléré que reconnue la bi-nationalité, par libéralisme culturel, elle ne la recense d'ailleurs pas, pourtant le code civil comporte des législations qui sont autant de mises en garde à l'encontre des bi-nationaux : elle peut retirer sa nationalité française, déjà, grâce à des textes du Front populaire, " à celui qui se comporte de fait comme le national d'un pays étranger " .

Alors, ces mariés algériens qui sortent de la mairie en brandissant le drapeau algérien ou marocain ; ce Français juif qui tient à faire son service militaire en Israël ; ce franco-algérien, qui adhère aux valeurs de la république française laïque mais qui doit adhérer aussi au code des valeurs de la République algérienne qui fait, depuis 1963, de l'islam et du patriarcat le fondement exclusif de " l'identité algérienne ", n'est-il pas placé dans un état de schizophrénie, insoluble ? Même chose pour le franco-marocain dont le code de sa patrie d'origine interdit à un musulman d'épouser une non-musulmane et qui reste marocain, toute sa vie par " le droit du sang " mais qui est devenu français par " le droit du sol " .

Des questions, fort pénibles, que l'aventure politicienne hollandaise va ouvrir : place au grand bêtisier !

NB : d'après l'article d'Eric Conan, " La déchéance de la double nationalité ", Marianne No 982 du 05 février 2016 .

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 15:57
Man, Midi Libre .

Man, Midi Libre .

Un être primaire : être qui manifeste un dogmatisme simpliste, sans vraie réflexion, ni culture .

Il faut regarder la vérité en face . F. Hollande ne " détricote " pas le droit social, F. Hollande ouvre l'année 2016 avec " une véritable salve d'artillerie " contre sa gauche sociale qui en laisse plus d'un perplexe, dans son camp . En quelques jours, il a balancé sur " le front social " quelques projectiles de gros calibre . C'est à un " pilonnage " du dialogue social auquel nous assistons, sans fard, sans précaution, toute honte bue .

Dans les états-majors politiques et syndicaux on se gratte le crâne : mais que cherche donc F. Hollande avec " ce coup de barre à droite toute ", cette stratégie de " la terre brûlée ", cette " fuite en avant ", alors qu'en ce moment, la logique électorale voudrait qu'il rassemble son camp ?

L'attaque est très coordonnée, côté gouvernemental . F. Hollande avait préparé " la salve " lors des voeux du 31 décembre . Puis Manuel Valls a annoncé la dissolution lente des 35 heures avec la réforme des heures supplémentaires ; la ministre du travail Myriam EL Khomri, avance l'instauration d'une dégressivité des allocations de chômage et comme si cela ne suffisait pas elle reprend l'idée de " référendum " , au sein des entreprises sur le sujet de la modulation de la durée de travail : une façon de pulvériser les accords de branches professionnelles et les négociations nationales . Une véritable déclaration de guerre aux centrales syndicales .

Les syndicats, toutes tendances confondues, même les plus conciliants, s'accrochent aux branches, sonnés, et tardent à organiser la riposte, effarés, car ces projets ont été annoncés sans qu'ils aient été prévenus et sont exclus du dialogue social, puisqu'ils vont être installés par la Loi .

C'est sur le projet de dégressivité des allocations de chômage que l'on voit le gouvernement enfiler le plus grossièrement les habits du MEDEF .

" Il fait le boulot des patrons ! ", hurle Mailly de FO ; " Il est hors de question de laisser l'initiative d'organiser de tels référendums, aux patrons ", prévient la CFDT ; " Les syndicats tirent leur légitimité des élections dans les entreprises, c'est avec eux qu'il faut pratiquer le dialogue social ", précise la CGC .

Certains posent même une question embarrassante : est-ce que le Premier Ministre ne serait pas Monsieur Gattaz ?

Alors, désemparés, les amis de F. Hollande, tentent d'allumer un coupe-feu : " La primaire ! " Primaire à gauche ! Un Laurent Joffrin, directeur de Libération, à la tête des pompiers, avec quelques intellectuels proches du PS, en dit plus long que n'importe quel discours .

Il suffit de connaître le mépris " parisien " que porte ce Joffrin à l'égard des provinciaux, pour saisir le sens de la démarche . Les Français sont des " êtres primaires ", sans réflexion ni culture, nous allons donc les embarquer sur une croisière à leur portée : " une primaire à gauche " .

Une primaire très ouverte, allant de J. L. Mélenchon à F. Hollande, en passant par les écologistes, le PCF, des indépendants du genre Nicolas Hulot et même un radical de gauche : le piège est transparent .

F. Hollande malgré ses forfaitures mais fort de son expérience acquise durant cinq ans écrasera le débat d'autant plus facilement que les autres, grands amateurs de délires tribunitiens, et qui n'ont pas des " égos " moins exigeants, ne cesseront pas de se " bouffer le nez " .

C'est donc à une démarche de " relégitimisation ", à gauche, de F. Hollande que nous sommes conviés . D'ailleurs, c'est J. Ch. Cambadélis qui va rencontrer les signataires de l'appel du 11 janvier, qui nous le dit : " Cet appel, était fait pour délégitimiser F. Hollande, je veux le retourner et en faire une primaire de toute la gauche " .

Même le Président se dirait prêt à participer à " une primaire de rassemblement qui aboutisse à une candidature unique de la gauche " ( Le Canard Enchaîné du 3 février ) .

Le piège est particulièrement bien expliqué par l'entourage du Ministre E. Macron : " Sachant que la France est à droite, Hollande se dit qu'il n'y aura finalement que des candidats de droite au rendez-vous de la présidentielle de 2017 ... Lui du centre droit, Juppé, de la droite classique, Sarkozy de la droite dure et Marine Le Pen de l'extrême-droite ... " ( Le Canard Enchaîné du 3 février ) .

Voilà " Le pilonnage anti-social " enfin expliqué et le piège à gauche très clairement défini, tandis que Christiane Taubira, vacharde, y appose son sceau, en privé, évoquant " la déchéance de nationalité ", mais la formule vaut pour le reste : " F. Hollande jongle avec les opposants et les partisans de la déchéance, fait plaisir à la droite et à l'extrême-droite . Il se prend pour Mitterrand, mais il lui manque un étage " . ( Le Canard Enchaîné du 3 février ) .

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 14:18
24 juin 1984 : Nouvel Obs .
24 juin 1984 : Nouvel Obs .

24 juin 1984 : Nouvel Obs .

Ne croyez pas le slogan, ci-dessus, tout droit sorti d'un meeting d'une quelconque organisation islamiste . Cet appel faisait partie des différents slogans brandis par les membres des organisations catholiques , manifestant dans les rues de Paris, en juin 1984, contre le projet de Loi " Savary " portant sur une réorganisation du système scolaire .

Le début de la lente succession d'abandons et d'abdications du " bloc républicain " que constitue " la laïcité ", par le Parti Socialiste, peut être daté : 24 juin 1984 . Ce jour-là, plus d'un million et demi de personnes défilent dans les rues de Paris contre le projet de Loi du Ministre socialiste de l'Education Nationale de F. Mitterrand, Alain Savary, projet en débat depuis le mois de décembre 1982 . Le Premier Ministre s'appelle Pierre Mauroy .

Rappelons que ce texte est la traduction d'une des 110 propositions portées par le candidat à la Présidence de la République, en 1981, F. Mitterrand .

Que proposait le projet ? " Un grand service public unifié et laïc de l'Education Nationale " . Il proposait de transformer les écoles privées et confessionnelles en EIP ( Etablissement d'Intérêt Public ), liées à l'Etat et aux Collectivités Locales par convention, chaque établissement consentant à faire titulariser dans la fonction publique, la moitié de ses enseignants - ce qui était un cadeau et sûrement pas une contrainte -, à accepter le contrôle de l'Etat sur son enseignement général ( mais pas confessionnel ), à ne créer d'écoles maternelles ou primaires dans une localité que s'il existait déjà une école publique .

Et pourtant ce projet protégeait l'enseignement privé pour longtemps, mais les politiques surent le diaboliser .

Les organisations catholiques, l'épiscopat et surtout la droite : J. Chirac, Raymond Barre, V. Giscard d'Estaing ( plus leurs " porte-flingue ), et un petit malin, qui commence à faire parler de lui, Jean-Marie Le Pen, mobilisent tout ce qu'il y a de réactionnaire dans le pays, d'anti-socialo-communistes, et rassemblent, le 24 juin 1984, une foule immense à Paris, après le très important rassemblement de Versailles, le 9 mai précédent .

Le pouvoir mitterrandien prend peur : lors de son discours du 14 juillet suivant, donc quelques jours à peine après la manifestation, F. Mitterrand, dans un propos d'une confusion inhabituelle, annonce le retrait du projet de loi . Le 17 juillet, il " démissionne " P. Mauroy, le remplaçant par L. Fabius : l'apôtre d'une gauche jeune et moderne a le terrain libre devant lui pour commencer à débarrasser le pays de ses " vieilleries " .

Rappelons, en incidente, que quelques mois auparavant, le 15 octobre 1983, la première marche spontanée " pour l'égalité et contre le racisme ", aussi appelée " marche des beurs " quittait Marseille pour Paris, où elle fut accueillie, à son arrivée, par plus de 100 000 personnes et les leaders reçus à l'Elysée par F. Mitterrand .

Le 15 octobre 1984, tout cela va très vite, Julien Dray et Harlem Désir ( cornaqués depuis l'Elysée par Jean-Louis Bianco, Secrétaire Général de la Présidence, et une certaine Ségolène Royal, annoncent la création d'une association " SOS Racisme " dans le but, non avoué, de substituer aux " marches des Beurs ", des grands concerts avec le soutien de stars célèbres - c'est moins dérangeant qu'une manif - afin de donner l'image d'une jeunesse rassemblée par delà ses différences, multiculturelle, mais au sein de laquelle les " beurs ", justement, seront un peu trop vite marginalisés .

Et ce n'est pas, l'invention de la belle main jaune et du slogan " Touche pas à mon pote ", le 15 juin 1985, qui changera la direction idéologique : louable initiative mais qui passe complètement à côté de son sujet en faisant de celui qui aspire à trouver sa place dans la société, non pas un acteur de sa vie, mais un petit être attachant protégé par ceux qui ont tout et surtout " savent " . Le slogan généreux qui met sur la touche celui qu'il veut aider à se hisser sur le mur .

Cependant, le combat antiraciste pouvant être interprété par beaucoup de gens comme l'expression de l'idéal laïque, la petite main va entrer, sans que personne y voit malice, dans les établissements scolaires . Julien Dray et Harlem Désir n'ont pas alors conscience de créer un précédent .

Et lorsque éclate " l'affaire dite du foulard ", dans un collège de Creil, en octobre 1989, les deux compères ne mettront pas de gants pour traiter le principal, qui refuse l'accès de deux jeunes filles, aux salles de cours, si elles n'enlèvent pas leur voile, de raciste .

F. Mitterrand qui n'a rien " du petit père Combes " n'a pas envie - lui qui prône une Europe de tribus et de cultures multiples, rassemblée par quelques intérêts communs - de se lancer dans une nouvelle guerre laïque . Il laisse à son Ministre de l'Education Nationale d'alors, Lionel Jospin, de traiter le sujet . Très courageux, le Ministre botte en touche vers le Conseil d'Etat qui finira par émettre un avis, renvoyant la " patate chaude " vers les proviseurs et les principaux, les laissant juges d'appliquer ou de déroger aux principes laïques : " avis du 27 novembre 1989 " . Une pierre noire dans l'histoire de la laïcité : le nombre de jeunes filles portant le voile dans les collèges et les lycées et les conflits avec les familles ne vont cesser de se multiplier jusqu'au vote de la Loi du 15 mars 2004 encadrant le port de signes religieux, portée par la droite, le PS se divisant, encore une fois, sur le texte .

En avril 1992 et mars 1993, les accords " Lang-Cloupet ", mettent à genoux l'Etat, un ministre socialiste accordant à l'enseignement catholique des avantages financiers sur la rétribution et la formation des professeurs de l'enseignement privé, sur le renforcement du Concordat d'Alsace-Moselle auquel les évêques n'auraient pas osé rêver quelques mois plus tôt , si bien qu'aujourd'hui 80% du fonctionnement d'un établissement privé est à la charge de l'Etat et de la collectivité .

" Nous voulons Dieu dans nos écoles ", mais une présence divine payée par d'autres !

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 15:10
blog de Sébastien Fath .

blog de Sébastien Fath .

" La guerre sans merci portée par tous les intégrismes contre la laïcité est en train de porter ses fruits : les silences politiques et médiatiques sont autant d'abdications ", ( Marianne, No 981 ) .

Alors qu'on aurait pu croire que l'année 2015, et ses tragédies, allait conduire la classe politique et médiatique, les intellectuels, les essayistes, les chroniqueurs, les journalistes, à faire " bloc " autour du socle républicain qu'est la laïcité, c'est l'inverse qui s'est produit, comme en témoigne " l'Affaire de l'Observatoire de la Laïcité ", appelée aussi " Affaire Jean-Louis Bianco ", du nom du président de cet organisme, placé sous l'autorité de Matignon : " un autre grand mou sorti des caves du PS " .

Quand F. Hollande dissout en 2012 le " Haut Conseil à l'Intégration " créé par Michel Rocard, qui avait pendant douze années défendu ce grand principe, et relance " l'Observatoire ", créé par Dominique de Villepin mais resté en sommeil, et qu'il nomme, à sa tête, une créature de la " Mitterrandie ", J.L. Bianco, pourtant décrédibilisé par ses relations anciennes avec des organisations religieuses des plus douteuses, a-t-il déjà, une idée derrière la tête, comme c'est souvent le cas, avec le personnage ?

Ce qui est sûr, c'est que jamais la Laïcité n'a paru autant en danger .

Il n'y avait qu'à voir la sidération de la Ministre de l'Education Nationale, dimanche dernier, sur Canal +, incapable de répondre à l'ignominie des propos d'un fondamentaliste barbu, refusant de condamner les massacres de Daesh ou stigmatisant les femmes ; il n'y a qu'à se demander pourquoi une grande chaîne de télévision s'autorise à inviter à une heure de grande écoute un tel personnage ; il n'y a qu'à se pencher sur la situation de la ville d'Avignon, où un jeune élu socialiste, Amine el-Khatmi, fait l'objet d'une campagne d'injures et de menaces pour avoir affirmé son attachement à la LaÏcité, dans l'indifférence générale ; il n'y a qu'à se rappeler l'émission de David Pujadas, " Des paroles et des Actes ", sur France 2, où est invitée une jeune professeur, téléguidée par " Les Indigènes de la République ", non pas pour débattre avec le philosophe A. Finkelkraut, mais pour l'injurier, à laquelle Pujadas accorde huit minutes, tandis que le " bouillant " D. Cohn-Bendit garde le silence ; il n'y a qu'à mesurer l'insanité des attaques dont fait l'objet la philosophe Elisabeth Badinter, depuis qu'elle a osé affirmer sur France Inter qu'il faut " défendre la laïcité sans avoir peur d'être traité d'islamophobe " ; il n'y a qu'à peser au trébuchet la dérive d'une Clémentine Autain, venue de la gauche radicale, qui choisit, lors des dernières élections régionales d'abandonner un meeting de sa liste, en Ile de France, pour participer à un débat sur l'islamisme aux côtés du " Frère Musulman " Tariq Ramadan, ou qui s'en prend, elle, l'ancienne féministe, à tous ceux qui dénoncent les agressions subies par les femmes lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, à Cologne ; il n'y a qu'à relever la première parole du " grand mou ", lors de sa nomination : " la France n'a aucun problème avec la Laïcité " ; il n'y a qu'à s'interroger sur le glaçant silence du Président de la République à propos de la guerre interne qui ébranle " l'Observatoire " ; il n'y a qu'à écouter la Secrétaire d'Etat aux Droits des Femmes : " Nous avons sur notre territoire des zones où les femmes ne sont pas acceptées, où elles ne sont pas respectées, où elles sont obligées de vivre avec cette donnée " ; il n'y a qu'à se demander à quoi joue Edwy Plenel et son site Mediapart engagé dans un dialogue très suivi avec Tariq Ramadan ; il n'y a qu'à se souvenir du rapport du think tank socialiste ( 2012 ) " Terra Nova ", proposant une citoyenneté à géométrie variable, " une citoyenneté musulmane " ; il n'y a qu'à ... pour comprendre que les dernières digues sont en train de sauter .

" L'affaire Bianco ", c'est ceci : en octobre 2015, le président de l'Observatoire, ne répond pas à l'invitation de la Maire de Paris qui doit remettre Le Prix annuel de la Laïcité décerné par le " Comité Laïcité République ", présidé par Patrick Kessel, pourtant membre de l'Observatoire et attribué au directeur de l'IUT de Saint-Denis en lutte contre l'islamisation rampante de son établissement . Le plus virulent détracteur de ce fonctionnaire laïque est le " Collectif contre l'islamophobie en France ", groupe islamiste proche de Tariq Ramadan et d'imams radicaux, experts en manipulations des statistiques d'actes anti-musulmans .

Le 15 novembre, deux jours après les attentats de Paris, le président de l'Observatoire n'hésite pas à signer avec le CCIF un appel : " Nous sommes tous unis ", vite publié dans Libération, appel également cosigné par le rappeur Médine, à qui l'on doit : " Il faut crucifier les laïcards comme à Golgotha " et le sieur Nabil Ennasri, proche des Frères Musulmans et par ailleurs représentant des intérêts qataris en France .

Il y a dix jours, M. Bianco, apporte un soutien appuyé au rapporteur de " l'Observatoire ", le jeune gardois protestant, Nicolas Cadène qui s'en prend à la " laïcarde " philosophe Elisabeth Badinter, alors qu'il garde comme l'observatoire, depuis de longs mois, le silence sur les pressions communautaristes du CCIF à l'encontre des Français musulmans .

La Laïcité de MM. Bianco et Cadène se veut ouverte aux accommodements religieux, tolérante, c'est pourquoi ils ont choisi comme partenaires, non pas des organisations laïcistes intégristes " ( dixit Bianco ) mais le CCIF, que nousavons déjà cité, mais aussi, le collectif " Coexister ", proche de l'Eglise catholique et partisan d'un dialogue interreligieux allant des ultracathos de la Manif pour tous aux Frères musulmans .

Lors d'une réunion des " Amis du CRIF " le Premier Ministre a dû remettre les pendules à l'heure et cela n'a pas plu au " grand mou " . Pendant ce temps des personnalités éminentes, laïques, lasses, quittent " l'Observatoire Bianco " .

" Quand on donne la priorité aux accommodements sur l'adhésion aux principes universels, on nourrit ceux qui veulent la mort des principes et l'on accule les autres à la démission " .

NB . source : " Marianne No 981 du 29 janvier 2015, " Ils veulent tuer la laïcité ", ( Eric Decouty, Alexis Lacroix, Laurent Nunez ) .

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 15:22
pcfbassindarcachon.fr

pcfbassindarcachon.fr

" 1789, 1848, 1936, 1944 : des dates qui font mieux qu'une mémoire, un sentiment d'obligation ", ( Régis Debray ) .

" Un homme marche sur un sentier de montagne . Il trébuche et tombe dans un précipice . Il a fallu, pour que cet accident arrivât, la réunion d'un grand nombre d'éléments déterminants . Entre autres, l'existence de la pesanteur, la présence d'un relief résultant lui-même de longues vicissitudes géologiques, le tracé d'un chemin destiné à relier un village à ses pâturages d'été ...

... Il sera parfaitement légitime de dire que, si les lois de la mécanique céleste étaient différentes, si l'évolution de la terre avait été autre, si l'économie alpestre ne se fondait pas sur la transhumance saisonnière, la chute n'aurait pas eu lieu ...

... Si l'on demande, cependant, quelle en est la cause, chacun répondra : le faux pas . Ce n'est point que cet antécédent-là fût le plus nécessaire à l'événement, beaucoup d'autres l'étaient au même degré, mais celui-ci se distingue par plusieurs caractères : il est advenu le dernier ; il était le moins permanent, le plus exceptionnel dans l'ordre général du monde . Enfin, en raison même de sa moindre généralité, son intervention semble celle qui eût pu être le plus facilement évitée . Pour ces raisons, il paraît lié plus directement à l'événement et nous empêche d'échapper au sentiment qu'il l'ait seul véritablement provoqué ... " (1) .

Le sens commun, pétri à l'anthropomorphisme, exige la définition d'une cause, la cause, " ce composant de la dernière minute, ce composant particulier et inopiné " . (1) . Pourtant, la réalité devrait nous obliger à regarder, en face, la quantité de lignes de force , c'est à dire les conditions, qui toutes ont convergé vers cet événement . La recherche d'une cause essentielle est une démarche très arbitraire puisqu'elle suppose un choix subjectif et tout relatif, qui s'oppose aux simples mais objectives " conditions générales " .

" Une épidémie aura comme cause, pour le médecin, la propagation d'un microbe et comme condition, la malpropreté, la mauvaise santé engendrées par le paupérisme ; pour le sociologue ou l'anthropologue, le paupérisme sera la cause et les facteurs biologiques, la condition ", écrivait l'historien et sociologue François Simiand .

C'est dans le domaine politique que la recherche de la cause d'excellence, de la cause unique, de la cause immédiate, au détriment du tableau des conditions générales, se montre la plus pernicieuse .

Un exemple : le 6 mai 2012, les Français ont trébuché ! Entendons-nous bien : un faux pas obligé par le système électoral .

Est-ce pour autant qu'on peut affirmer que ce " faux pas " a engendré le phénomène de la " décomposition de la société française ", qui peut-être constaté depuis ?

L'alignement de nos politiques sur les politiques de l'hyperpuissance étasunienne, l'enlisement de nos actions militaires dans les projets de l'OTAN, l'abaissement du politique devant l'économisme, l'assujettissement de l'Etat à la société civile, " on ne peut plus incivile " (2), l'affaiblissement du socle républicain fondé sur la notion de laïcité, la dégradation de l'école et de ses exigences, l'agenouillement des ministres et des présidents devant les organisations communautaires, la déliquescence des mouvements d'éducation populaire et de l'action sociale, la promotion du business en valeur suprême, la diplomatie sans direction, la fuite dans l'inconsistance européenne, la promotion d'émissions de variété en tribunes civiques, autant de maux qui rongent la société française qui ne sont pas nés le 6 mai 2012 .

Si le 6 mai 2012 marque un enlisement manifeste et pérenne dans tous ces travers, au point de nous faire toucher presque le fond, il faut faire preuve d'honnêteté et reconnaître que toutes " les conditions générales " étaient réunies depuis très longtemps pour qu'il en soit ainsi .

Le 6 mai 2012 n'est que l'aboutissement d'un long processus : le travail inlassable des libéraux, pour nous imposer le modèle anglo-saxon comme référence, car plus simple dans ses motivations, plus au diapason avec l'individualisme de masse, et articulant la religiosité diffuse dans l'ensemble de la société - les Droits de l'homme sont un cadeau de Dieu, à sa création - avec un communautarisme, soi-disant à même de la protéger de redoutables confrontations .

Soyons lucides ! C'est l'ONU qui nous y convie . Deux rapports concomitants de " l'honorable Dame " ciblent la France : l'un s'alarme des mesures liberticides annoncées par le gouvernement français à propos de la constitutionnalisation de l'état d'urgence, qui fait de la France un pays en état d'exception permanent ; l'autre, portant sur le respect de la liberté de religion, nous classant à la 28e place des pays jugés retardataires et fautifs car intolérants et discriminatoires : à bas notre laïcité ! Mission, que certains, au PS, ne se gênent carrément plus de mener : voir le conflit actuel, interne à " l'Observatoire de la Laïcité " .

La contradiction du " grand machin que tout le monde tripote " - ainsi l'appelait Charles de Gaulle ( 1960 ) - n'échappera à personne, mais elle dit bien ce qu'on attend de la France qui n'est pas encore allée assez loin, dans le délitement de ce qu'elle voulut, longtemps être - en 1789, 1848, 1936, 1944 - : une France qui n'avait pas honte de sa différence, dont les dirigeants ne se flattaient pas de parler anglais aux tribunes internationales, dont les programmes scolaires ne réduisaient pas à rien la Révolution française, dont les forces armées n'étaient pas intégrées à la dangereuse OTAN .

Le 6 mai nous avons fait un faux pas mais n'attendons pas que ceux à qui nous cédons, nous féliciterons : une fois le suicide consommé, ils en demanderont beaucoup plus .

Ils réclameront que la France se déclare " One Nation Under God ", ils exigeront sa soumission au Dieu " business ", à la normalisation européenne, à la fascination américaine et à l'idolâtrie communautariste .

Plus de 6 mai 2012 ! La revendication de notre singularité égalitaire sur le chemin des crêtes .

(1) . Exemple emprunté au dernier livre écrit par l'historien Marc Bloch, avant d'être fusillé par les Allemands, " Apologie de l'histoire ", ch. 5, ( A. Colin ) . (2) . Régis Debray .

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 15:30
lesobservateurs.ch

lesobservateurs.ch

" La métrologie est la science de la mesure qui précise tout ce qui est conforme à une valeur de référence conventionnelle d'une grandeur physique naturelle, une moyenne donc, car toute grandeur est susceptible de varier légèrement d'une expérience à une autre " .

Les neuf juristes qui ont accompagné l'ancien Garde des Sceaux dans la rédaction de son rapport préconisant comment réécrire le Code du Travail, ne se sont pas livrés à un exercice juridique mais à un travail de métrologie quand ils ont défini la " durée du temps de travail " comme " normale " . ( Normal : adjectif issu du latin " norma " = équerre, qui désigne ce qui est conforme à une moyenne ) .

En mathématiques, il n'y a rien de plus relatif qu'une moyenne .

Le rapport Badinter rappelle 61 principes qui doivent présider à l'élaboration de tout droit du travail . Depuis trois jours que son contenu est connu, tous les médias sont mobilisés pour en décrire la sagesse, la modération, l'équilibre, en un mot, l'absence de dangers, pour les salariés, qu'on peut résumer ainsi : les ouvriers et les employés peuvent dormir tranquilles, F. Hollande ne va toucher à rien ; il ne fera rien, d'ici l'élection présidentielle de 2017, dans le domaine du temps de travail .

Sauf que la rédaction du 33e principe ( art. 33 , dont les commentateurs parlent le moins possible, est lourd de menaces .

Précisons d'abord, qu'en droit du travail, les principes, c'est une chose, mais que ce qui compte, c'est leur mise en oeuvre . Un principe ne dit pas aux gens à quelles règles ils vont être soumis .

Le premier alinéa de l'art.33 le dit clairement : " La durée normale du travail est fixée par la Loi ... " . Que vient faire cet " adjectif " dans un texte juridique ? Nous l'avons vu, rien n'est plus relatif que ce qui est normal, alors que le droit n'est respectable que par les certitudes qu'il inscrit dans le granit .

On sait déjà que le projet de Loi que doit présenter la Ministre du Travail, au début du mois de mars, comprend 135 pages, sur la seule notion du " temps de travail ", on se dit que " la durée légale " risque d'être fort différente de cette " durée normale " .

Une taille normale, un comportement normal, des moeurs normales, une alimentation normale, une éducation normale, d'accord : mais où placer la normalité, entre ces deux extrêmes que sont l'esclavage et la vie de rentier ?

Le texte continue, toujours l'art. 33 : " La Loi pourra toujours déterminer les conditions dans lesquelles les conventions et accords collectifs peuvent retenir une durée différente ... " . Ce sera le rôle des 135 pages signées Myriam El Khomri .

Nous en arrivons au piège tendu aux travailleurs et à leurs syndicats : l'imposture, " le paravent Badinter " : un principe " normal " en quelques mots, et une litanie de dérogations, en 135 pages, une véritable inversion de logique . " On va passer d'un système de dérogation, la Loi dit quelque chose mais m'autorise à y déroger par accord, à un système de supplétivité : ce sont les accords d'entreprise - très souvent arrachés par la pression des directions - qui fixeront la règle et, en l'absence de tels accords, on reviendra vers la Loi " ... ( Anne Braun, juriste, l'Humanité du 26/01/2015 ) .

Et pourquoi le projet de Loi El Komri, commence par le temps de travail ? C'est un choix stratégique . C'est le domaine où l'on peut le plus déroger : on peut déjà moduler les horaires, abaisser la rémunération des heures supplémentaires, imposer le temps partiel, jouer sur les pauses et le temps des repas ...

F. Hollande ne veut rien toucher, nous répètent les " experts " attitrés de l'émission " C dans l'air " ( France 5 ) . Bien sûr que non : jugez un peu . Dans la législation actuelle , les syndicats partent de la base de 25% à 50%, pour négocier la majoration des heures supplémentaires . Avec le nouveau code, ils devront partir d'une base de 10% ( projet El Khomri ), ce qui invite à négocier à minima et à abaisser le socle des droits, mais quand on sait que le ministre macron milite pour faire sauter ce minimum, par accord d'entreprise, on voit bien que cette base est fragilisée, et que dans certaines branches et entreprises, la porte est ouverte à la neutralisation des heures supplémentaires : de fait, la fin des 35 heures .

Toujours le paravent : il faut détruire cette législation anti-libérale, par principe . Eminemment protectrice, elle est trop imprégnée de l'idéal communiste .

Et l'OCDE peut bien répéter qu'une législation extrêmement protectrice des salariés n'influe pas sur la destruction ou la création de postes, F. Hollande et M. Valls ne s'en soucient guère .

" Il existe des spécialistes qui voudraient théoriser une métrologie molle qui décrirait les mesures sans dimensions physiques et qualitatives : le rapport Badinter peut être classé dans cette école naissante " .

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 19:39
" Les robinsonnades " (1) .

Réédition de décembre 2013 .

(1) .Robinsonnades " : terme inventé par Karl Marx, en 1859, dans l'introduction à la critique de l'économie politique,  critique du naturalisme des économistes .

" Le vide idéologique créé par les renoncements de la gauche pourrait être rempli par les penseurs de la droite radicale . Sombre hypothèse " . ( Jean-Claude Michéa ) .

   On ne trouve presque plus d'esprits à gauche, capables  - comme jadis Engels - de critiquer la dynamique aveugle du capitalisme qui conduit peu à peu le marché " à désagréger l'humanité en monades dont chacune a un principe de vie particulier et une fin particulière " . Saint- Simon disait cela autrement : " on veut transformer la société en une agrégation d'individus sans liens, sans relations, et n'ayant pour mobiles que l'impulsion de l'égoïsme " . 

   " Les contestations radicales futures du capitalisme - dans ses dérives financières les plus meurtrières -  seront de plus en plus diabolisées par les innombrables serviteurs médiatiques de l'élite au pouvoir ", diabolisation facilitée par le fait qu'elles ne seront plus portées que par l'extrême-droite .

   De la nature de l'étape historique dans laquelle nous ont précipités les néolibéraux, depuis trente ans, celle de l'argent " maître de tout ", celle que l'idéologue de l'ultra-libéralisme, Friedich Hayek , décrit ainsi : " le droit pour chacun de vivre comme il l'entend ", et donc " de produire, de vendre, d'acheter tout ce qui est susceptible d'être produit et vendu ", il s'ensuit trés logiquement que chacun doit être libre de faire ce qu'il veut de son argent : de le placer dans un paradis fiscal, de spéculer sur des produits alimentaires , de trafiquer avec ces mêmes produits alimentaires ; il s'ensuit également que chacun doit être libre de faire ce qu'il veut de son corps : de le prostituer, de le voiler intégralement, de le louer temporairement ; il s'ensuit encore que le retour à des modes d'esclavagisme d'individus isolés et sans défense n'est pas un acte d'inhumanité si terrifiant ; il s'ensuit que la concurrence entre personnes étant devenue une loi naturelle, écraser l'autre pour assurer sa propre réussite matérielle, non seulement n'est plus moralement répréhensible, mais est même à l'origine de votre statut social .

   De la désertion de ces terrains idéologiques par la gauche de pouvoir, comme du rejet de la droite classique pour en faire des questions,  il s'ensuit que l'extrême-droite les reprend à son compte, pour fidéliser autour de ses fantasmes autoritaires, hiérarchiques, divinisés, les classes populaires désespérées par un sentiment d'abandon, sans précédent, par les classes dirigeantes traditionnelles, et particulièrement les partis de la gauche, dite, avec une insouciante légèreté, de gouvernement .

   Ce n'est pas une affaire d'histoire récente que cette bizarrerie d'une extrême-droite qui se met à parler comme une gauche radicale .

   Il faut bien saisir que la gauche de pouvoir, qu'elle se prétende radical-socialiste, socialiste-réformiste, social-démocrate ou social-libérale a toujours vénéré le marché, et n'a donc jamais voulu le remettre en question,  laissant ainsi à la gauche révolutionnaire le champ des critiques radicales .

   La droite libérale, classique, - au sens économique du terme - a fait de même avec son extrême-droite .

   Gauche réformiste et droite libérale se sont donc enfermées dans une schizophrénie  que l'on pourrait définir ainsi , selon le mot du critique américain Russell Jacoby : " elles vénèrent le marché tout en maudissant la culture qu'il engendre " .

   Comprenons-nous bien : la première exècre toutes les atteintes aux libertés individuelles, n'attachant qu'un prix modéré aux libertés collectives ; la seconde exècre les libertés collectives, n'attachant qu'un prix modéré aux libertés individuelles .

   Pour la gauche révolutionnaire, comme pour l'extrême-droite, il ne reste plus que la contestation radicale, du système, donc du marché, donc du capitalisme, pour s'affirmer et se positionner sur l'échiquier politique .

   N'allez pas croire que la parenthèse Jean-Marie Le Pen, qui n'a jamais condamné le grand capital durant les trente années de gestion de la doctrine du Front National, déroge à la règle précédente ; enfermé dans la vénération d'un capitalisme de colonisation, il ne pouvait s'en prendre directement au capitalisme, sans dénoncer son ADN : l'empire colonial . 

   Toutes ces schizophrénies qui s'entrecroisent prennent racine dans un XVIIIe siècle, certes source de " Lumières ", mais aussi de confusions idéologiques, dont nous payons " l'injuste prix " aujourd'hui, en tout cas depuis la chute du bloc soviétique et la " mise au pilon " de la vision acérée de Marx .

   Schizophrénie, confusion des esprits, utopies qui n'étaient pas tout à fait des utopies, naissent, au XVIIIe siècle, dans une confrontation idéologique que nous avons trop longtemps sous-estimée, et qui pourtant reste un fait majeur de l'histoire des idées, sous-estimation dont tirent profit aujourd'hui, les " croisés " du libéralisme .

   Ce fait majeur est le suivant : les fondateurs du socialisme partageaient, avec les droites anti-libérales, aujourd'hui extrêmes, " un postulat anthropologique commun " . A savoir, que " l'être humain n'est pas un individu indépendant par nature ", comme le prétendaient Smith ou Ricardo, " et seulement guidé  par son seul intérêt souverain ", mais au contraire, " un animal politique " dont l'essence ne peut se déployer que dans le cadre toujours donné d'une communauté historique, à un stade de développement donné . Ce que Marx décrira, plus tard , ainsi :

    " Plus on remonte dans le cours de l'histoire, plus l'individu - et par la suite l'individu producteur - apparaît dans un état de dépendance, membre d'un ensemble plus grand : cet état se manifeste d'abord, de façon tout à fait naturelle, dans la famille et dans la famille élargie jusqu'à donner la tribu ; puis dans toutes les différentes formes de communautés, issues de l'opposition ou de la fusion des tribus ... Ce n'est qu'au XVIIIe siècle , dans la société bourgeoise, que les différentes formes de l'ensemble social se présentent à l'individu comme un simple moyen de réaliser ses buts particuliers comme une nécessité extérieure : c'est le point de vue de l'individu isolé ... " . (  Karl Marx . Critique du naturalisme des économistes . Introduction à la critique de l'économie politique . 1er chapitre du Capital . 1859 ) .

   Ne nous y trompons pas . A part cette identité de vue anthropologique, presque tout, par ailleurs, séparait l'idéal socialiste d'une société sans classe et les conceptions d'une droite extrême,  pour une part monarchiste et donc trés attachée à l'autorité, aux hiérarchies et aux privilèges .

   Du côté des adeptes de l'individualisme libéral qui n'ont jamais contesté  les conséquences morales et culturelles désastreuses de cet individualisme, pour la vie quotidienne des gens ordinaires, plus personne ne cherche à proposer, ne serait-ce qu'une sortie  plus ou moins " civilisée ", du système capitaliste . C'est sur ce vide sidéral que prospère le discours de Marine Le Pen .

   Le vide idéologique actuel s'est incarné, pendant deux siècles, de la parution du livre de Daniel Defoe, en 1718, Robinson Crusoé, au roman de Umberto Eco, en 1994, L'île du jour d'avant ", dans ce que Marx avait appelé : " Les Robinsonnades "  .

   Les chercheurs ont recensé plus de deux mille histoires de naufragés et d'îles désertes, en deux cents ans, ces aventures qui sacralisent l'individu, seul contre tous, et surtout seul contre la nature, mais qui triomphe sans l'aide de personne, et surtout pas grâce aux héritages d'une quelconque société .

  Oui :  " Robinson, ce héros du libéralisme " ; les " robinsonnades ", ces récits mythiques du libre-échange .

NB :  D'après l'entretien donné par Jean-Claude Michéa, " face à la statégie Godwin ",   Magazine Marianne Nos 870/871 du  20/12/13 . 

   

    

  

  

 

 

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 16:50
Photo empruntée au blog de la CFTC Citroën .

Photo empruntée au blog de la CFTC Citroën .

Réédition de l'article de mars 2012, actualisé .

  " Le néo-libéralisme, c'est l'institution pratique d'un monde darwinien de la lutte de tous contre tous, à tous les niveaux de la hiérarchie, et même aux niveaux les plus élevés, qui trouve les ressorts de l'adhésion à la tâche et à l'entreprise dans l'insécurité, la souffrance , le stress et la précarisation... La condition du fonctionnement " harmonieux " du modèle micro-économique individualiste est un phénomène de masse :  l'existence de l'armée de réserve des chômeurs " .( Pierre Bourdieu . " L'essence du néo-libéralisme " : Le Monde Diplomatique : 1998 .)

 

   Que dit le discours dominant d'une droite n'a pas baissé la garde sur ses modèles de pensée ? " La réalisation de l'ordre nouveau, celui de l'individu seul, mais libre, suppose l'effacement de supposés archaïsmes et rigidités, l'Etat par exemple, sommé de se retirer au profit du mécanisme pur et anonyme du marché ... ", ( Bourdieu ) .

   L'ordre nouveau de l'individu libre exige que soient éliminés tous les obstacles à la logique du marché pur . Qu'est-ce à dire ? Que tout ce qui contrecarre la liberté d'investir partout, comme on le veut et quand on le veut , doit être combattu : en premier lieu, toutes les structures collectives .

   La Nation et ses Lois protectrices ;  les catégories de travailleurs et leurs accords de branches, hostiles aux carrières basées sur les compétences individuelles ; les collectifs de défense des droits des travailleurs ; les Syndicats, première cible du discours politique et médiatique ; les associations, qui sont des lieux d'apprentissage de la Démocratie ; les coopératives où l'on vit en direct la solidarité de la production ; la Commune, trop proche du citoyen et donc trop protectrice ; la Famille, à qui la publicité ciblée sur les enfants fait perdre " le contrôle de la consommation familiale "  : point essentiel en société du désir .

   L'ordre nouveau de " l'individu totalement libre " exige la transformation du mode de production et des relations sociales dans l'entreprise . Et en ce domaine, les cercles de réflexion, les think tanks, les consultants d'entreprises et leurs formateurs n'y vont pas de main morte, pour perfuser dans l'esprit des salariés, des cadres, mais aussi des économistes et des politiques, ce nouvel ordre . Tous les discours, toutes les recommandations,  toutes les formations concourent au même but, faire accepter aux travailleurs le dogme suivant : " Il faut individualiser la relation salariale : fixation d'objectifs individuels ; entretiens individuels d'évaluation ; évaluation permanente ; hausse individualisée des salaires ; carrières individualisées ; stratégies de responsabilisation pour assurer l'autoexploitation de certains cadres - avec les suicides qui en découlent - ; exigence de l'autocontrôle pour étendre l'engagement du salarié et que l'on appelle, dans un superbe euphémisme, le management participatif " .

   L'ordre nouveau, de l'individu libre, n'est rien d'autre, on le voit bien, qu'une somme de " techniques d'assujetissement rationnel ", ( Bourdieu), pour obtenir le surinvestissement dans le travail , les gains de productivité, donc un moindre besoin de salariés ; pour obtenir l'acceptation du travail dans l'urgence , pas de temps à perdre ; pour obtenir l'abolition des repères de classe et des solidarités collective . Non ! la droite n'a pas abandonné le terrain de la pensée .

   La gauche, l'a fait ! Je dirai que, depuis la fin du monde bipolaire, elle a vécu un sentiment de culpabilité qui l'a poussée à  s'éloigner du concept qui est à la base de toute la pensée socialiste, des XIXe et XXe siècles : " Le déterminisme social " . Face à l'individu faussement libre, il fallait réinvestir le champ du " destin social " de ce dernier, du concept au fondement de toute philosophie digne de ce nom, la  définition d'Aristote : " L'homme est un être social " . Définition à laquelle il faut accoler, immédiatement, le principe : " Toute richesse est d'abord un produit social ", seule règle à même d'élever un rempart contre un darwinisme social altéré prôné par les forces conservatrices : le tous contre tous .

   On nous rebat les oreilles, ces jours-ci, dans les deux camps d'une future élection présidentielle, avec les valeurs de la République, sur un mode incantatoire qui occulte  l'essentiel : les valeurs de la République sont les filles de la notion de " déterminisme social " .

   C'est bien parce que les philosophes des Lumières, les  Révolutionnaires de 1789, comme ceux de 1848, avaient compris que l'individu était le produit de relations sociales, et non un être éthéré, sorte d'ange sans sexe, tombé du ciel,  qu'ils assignent à la République le devoir de combattre les privilèges ;  le devoir de  promouvoir l'égalité , l'instruction, l'égalité des chances républicaine ; le devoir de créer l'impôt progressif, pour que chacun participe en fonction de ses moyens à l'effort collectif de la Nation ; le devoir de créer un impôt sur les successions afin d'empêcher le retour à la reconstitution de privilèges ...Le devoir de créer un système de protection sociale et de santé qui protège chaque citoyen des accidents de la vie .

   Que nous importe le discours sur le niveau des prélèvements obligatoires, ce qui est important,  c'est de réexpliquer ce que représente notre " Sécurité Sociale ", cette conquête de la Libération, dans laquelle palpite le coeur du Pacte républicain .

   Les outils théoriques sont légion dans le patrimoine culturel de notre pays pour reprendre la bataille de la pensée ; bien des travaux peuvent être réinvestis pour opposer aux cyniques , aux égarés, aux profiteurs, aux manipulateurs et aux imposteurs, une réflexion construite, cohérente et accessible .

   Pour cela il faut que nous nous débarrassions de notre sentiment de culpabilité à l'égard des barbaries du XXe siècle ; il faut effacer le sentiment de résignation qui nous a envahis quand on nous a fait croire que le temps des idéologies était mort  ; il faut que nous regardions en face une réalité que l'on tente de nous cacher : les luttes sociales ne sont pas du domaine du passé, et cela pour la simple raison que c'est " l' ordre nouveau ", lui-même, qui a relance  la lutte des classes par la férocité de sa nature, dont il ne peut se défaire .

Examinons, à cette fin, la contradiction fondamentale qui déchirera, un jour, la belle construction des affameurs et mettra à nu " la course à l'abîme " vers où ils nous entraînent .

  Les affameurs, qui combattent ce qu'ils appellent les rigidités et les archaïsmes de l'ordre ancien - qui les empêchent de se gaver davantage -, voient leurs objectifs freinés, parfois déjoués, par la permanence, la survivance, la résistance " des institutions et des agents de l'ordre ancien en voie de démantèlement" ; ils ne peuvent que constater que c'est le courage de toutes les catégories de travailleurs sociaux, l'efficacité de toutes les solidarités sociales, ouvrières,  familiales,  amicales et de voisinage qui empêchent , malgré le volume croissant de la population précarisée, l'ordre social issu de l'après guerre de s'effondrer dans le chaos qu'ils ont théorisé .

   Cela, les victimes de " l'holocauste économique " le perçoivent de plus en plus clairement mais " l'économisme triomphant " les empêche encore d'entrevoir les bonnes solutions qui ne sont certainement pas du côté des thèses d'une extrême-droite très rouée .

Le premier pas à franchir est d'admettre la vérité suivante : " Le marché n'a rien de naturel ... Le marché est une invention humaine ... " . " Il n'y a pas de droit de propriété ni de Bourse de la banane, chez nos cousins les grands singes " ( David Robichaud, Patrick Turmel "  La juste part, repenser les inégalités ", Ed. Les liens qui libèrent ) .

Ce premier pas franchi, l'écheveau se dénoue tout seul !

   

  

   

 

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 19:44
" Les cadres de la pensée pensable " .

Réédition de la publication de février 2013 .

"  L'un des instruments les plus efficaces d'une démocratie est d'encourager le débat, mais dans les limites d'un système de prémisses non exprimées qui incorporent les principes de base du système doctrinal . Dés lors, ces mêmes principes sont soustraits à l'examen, ils deviennent le cadre de référence de la pensée pensable et non pas les objets d'une prise en considération rationnelle " . ( Noam Chomsky . L'idéologie et le pouvoir ) .

 ( Illustration : blogues. journaldemontreal.com ) .

  Derrière l'apparente légèreté de la vignette, ci-dessus, se cache une vérité fondamentale du fonctionnement de nos démocraties, qu'il ne faut surtout pas négliger . L'expression " cause toujours " nous ramène à un principe de base du fonctionnement " démocratique ", à savoir que l'instrument le plus efficace pour empêcher le citoyen d'accéder à certaines vérités n'est plus la censure, et pas davantage la propagande pesante des dictatures, mais le débat, dit, démocratique .

   Le débat, oui, mais le débat organisé, encadré, planifié . Attention ! Tout peut-être dit, encore une fois, oui, à condition que les cadres du débat global aient été posés, fort subtilement : " Je dis ce que je veux, dans l'ordre de ce qui est pensable ; je ne dis pas ce qui n'est pas pensable , puisque je l'élimine de ma conscience, sans le savoir " . Tel est le concept de Noam Chomsky, plus besoin de propagande officielle, puisque je vais critiquer l'ordre établi, dans le cadre de ce qu'il veut bien voir critiquer, en soumettant mon discours à l'omission des bases vraiment critiquables du système . 

   L'exemple le plus probant de cette rhétorique est bien sûr celui de la guerre en Irak menée par Georges Bush Junior, en 2003 . Il faut savoir que dés son arrivée à la Maison Blanche, G. Bush lance les préparatifs d'une nouvelle guerre avec Sadam Hussein, et ce , des mois avant les attentats  du 11 septembre 2001 .

   L'objectif est le contrôle des puits de pétrole du 4e exportateur mondial et la relance de l'économie américaine par l'écoulement et  le renouvellement de ses énormes stocks d'armes, en se débarrassant de S. Hussein, en mettant en place un pseudo- régime démocratique, en implantant des bases américaines sur le sol Irakien, pour rappeler aux Etats du Moyen-Orient qui est le " patron " .

   Passons sur les méthodes : mensonges sur les armes de destruction massive, mensonges sur les liens de Sadam Hussein avec Al-Qaîda, - cela c'est la propagande classique -  mépris des votes du Conseil de Sécurité . Bush ne combattra pas les débats sur ces sujets, même pas aux Etats-Unis, sauf quand la guerre aura été déclarée - et qu'il faut soutenir unanimement les boys - .

   Il ne s'engagera pas dans ces échanges, car pour lui l'essentiel est ailleurs . L'essentiel n'est pas le respect du processus de la légalité internationale, l'essentiel est ailleurs , dans le principe capital, cher à tout Américain :  nous avons le droit de recourir à la violence où nous le voulons, et personne n'a le droit de nous en dissuader . Principe clairement exprimé par G. Bush, père, sorte de cri du coeur révélateur, au lendemain de la première guerre du Golfe, en 1991 : " C'est nous qui commandons ! "

   Le débat aux Nations-Unies sur une autorisation à donner aux Etats-Unis d'intervenir en Irak n'a pas eu lieu . G. Bush s'en est dispensé, afin d'éviter les remises en cause fondamentales de la politique américaine : les Etats-Unis se veulent au-dessus des lois internationales, puisqu'ils sont économiquement et militairement les plus forts . Ils sont donc " un Etat hors la loi ", comme le dit Noam Chomsky, et les élites américaines veulent qu'il en soit ainsi .

   Si bien qu'en 2003, Bush fit l'objet de beaucoup de critiques, mais les Etats-Unis jamais, sur leur rôle de gendarme de la planète . Au contraire, les élites européennes se plaignirent, certes,  des mensonges utilisés, mais applaudirent le gendarme .

   On pourrait donner d'autres exemples à ces débats " enveloppés " : le problème israëlo-palestinien neutralisé dans le schéma de la sécurité d'Israël avant tout  et non le droit du peuple palestinien à avoir une terre ;  la diabolisation de l'Iran, alors que le danger majeur est au Pakistan ; le soutien à géométrie variable aux djihadistes, selon qu'on est en Afrique ou au Moyen-Orient .

   Mais, ce paradigme " chomskyen ", c'est dans la lutte idéologique, qui traverse actuellement l'Europe, qu'on le voit le mieux se développer .

   La crise de la dette publique offre une opportunité inespérée aux tenants du capitalisme financier et à leurs disciples, de détruire le système social européen, mais surtout français,  trop protecteur : ses politiques familiales et de santé, ses salaires trop élevés, système issu de la fin de la 2e guerre mondiale qui avait fait naître, un certain désir de solidarité, mais aussi alimenté par la peur des progrés du communisme à l'Est . 

   Et le chômage de masse endémique est un outil fantastique pour nous amener à admettre qu'il faut casser tout ce qui protège les travailleurs . C'est pourquoi, j'ai la certitude qu'il passera beaucoup de temps avant qu'on ne s'attaque vraiment au chômage, en tout cas pas tant que des pans de protection restent debout .

   Allez-y, laissez-vous aller, débattez, nos dizaines de chaînes télévisées d'information sont là, pour ça, même sur les prédateurs de la finance, sur le hold-up bancaire quotidien, sur l'explosion des dividendes . Ca ne nous gêne pas, dit-on, dans les cénacles où se retrouvent nos dirigeants politiques et économiques .

   Et pourquoi tant d'ouverure d'esprit ? Parce que, le chômage de masse angoisse tellement chacun d'entre nous, qu'il est devenu la seule réalité pensable . Par conséquent, compétitivité, flexibilité, baisse des salaires, augmentation du temps de travail, sont aussi des réalités pensables et admissibles .

   Avez-vous jamais entendu dire que l'explosion des dividendes qui entraîne la réduction des investissements et des crédits de recherche créait du chômage ? Non !

   Avez-vous entendu dire qu'on voulait démanteler la Sécurité Sociale ? Non ! Au contraire, F. Hollande comme M. Gattaz, nous disent que tous les sacrifices demandés le sont pour préserver ces acquis .

   La bataille pour faire basculer la casse de la protection sociale dans le domaine de ce qui n'est pas  pensable, afin que nous n'apercevions même plus ce sujet comme raisonnable, est presque gagnée par nos gouvernants : qui s'autorise à nous proposer des scénarios de ce que pourrait être la société dans vingt ans ? Personne !

   Ils ont réussi à nous faire débattre sur la nature et la quantité de sacrifices acceptables, mais surtout pas sur la légitimité de ces sacrifices . 

   

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 14:39
goldenmoustache.com

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" Vous avez tout et ce tout se compose du rien des autres " ( L'homme qui rit, Victor Hugo ) .

(1) . Titre d'un article de Jean-Luc Porquet, le Canard Enchaîné du 20 janvier 2015, page 5 .

La Banque Mondiale publiait, l'an dernier, un rapport dans lequel elle se félicitait du recul de " l'extrême pauvreté " dans le monde : diminution de moitié au cours des dix dernières années, le chiffre de cette extrême pauvreté, c'est à dire vivant en-dessous du " seuil acceptable ", s'établissant à 700 millions de personnes - seulement 700 millions - en 2015 ( 10% de la population mondiale ) .

Regardons-y de plus près ! Ce " seuil acceptable " retenu par les organismes internationaux , depuis trente ans, est de 1,90 $ par jour . Qui chez nous se débrouillerait avec une telle somme ? Il suffirait de doubler ce seuil, à 3,80 $, imaginez le tremblement de terre, et le nombre de personnes vivant au-dessous du " seuil acceptable " triplerait, passant à 2 Mds de personnes : plus du quart de la population mondiale .

Le 18 janvier dernier, l'ONG Oxfam qui lutte contre les inégalités, publiait ses chiffres, basés sur les données du Crédit Suisse reprises par le magazine Forbes : le magazine des très grandes fortunes .

62 personnes possèdent, en 2015, à elles seules, la même richesse que 3,5 milliards de personnes, la moitié de la population mondiale . La fortune de ces 62 personnes a augmenté de 44%, entre 2010 et 2015 - en pleine crise financière - s'établissant à 1760 Mds de $ . Parallèlement, " la richesse " de la moitié la plus pauvre de l'humanité a diminué de 1000 Mds de $, une chute de 41%, sur la même période .

Désormais, les 1% les plus riches possèdent davantage que les 99% restants .

L'évasion fiscale n'est pas étrangère à cette situation et représente 7600 Mds de $, soit plus que les PIB réunis de l'Allemagne et du Royaume-Uni .

L'essentiel est là : le monde crève de la cupidité de quelques-uns assez puissants pour tordre les règles de l'économie à leur seul avantage et qui n'entendent rien lâcher, " se barricadant dans une forteresse d'inégalités ", dit le sociologue Bruno Latour, citadelle qu'ils cherchent à rendre inexpugnable par la force de leur toute puissance financière .

Rien de bien surprenant, au demeurant . Cependant, une nouveauté est apparue ces derniers mois . Désormais, ce tableau accablant, mais abstrait - les chiffres sont toujours abstraits - a trouvé son incarnation et porte un nom : " Donald Trump " !

" Donald Trump " et son rictus ! Ce sinistre personnage, au discours haineux, ce milliardaire américain, arrogant, grossier, raciste, souvent immonde a de quoi inquiéter . Qu'il est loin " le sourire hollywoodien " du Président Reagan, dans les années 1980, note le sociologue Bruno Latour !

" Trump " parade en tête des sondages dans la course à l'investiture républicaine en vue de l'élection à la présidence américaine, à la fin de l'année .

Le supporteur type de " Trump " est, selon les statistiques des analystes politiques, un loser : " Un homme blanc, entre 50 et 64 ans, sans diplôme universitaire, de classe moyenne inférieure ; un travailleur blanc, raciste, plongé dans la précarité économique, les petits boulots, rendant responsables de sa situation les immigrés mexicains, radicalement opposé à la venue d'immigrés syriens, constate le journaliste du Washington Post, Paul Berman . L'Amérique profonde, en quelque sorte .

Mais pourquoi ce travailleur blanc, d'âge mûr, est-il si attiré par ce que propose " Trump " pour régler la crise ?

Mais parce que le discours du personnage - qui peut rappeler celui de Marine Le Pen, chez nous - est des plus simples : l'expulsion de 11 millions d'immigrés . Et qu'importe si la mesure est techniquement impossible, économiquement catastrophique . Si elle attise la haine, c'est gagné, pense " Trump " .

On a bien changé d'époque ! " Certes, l'Amérique continue à dessiner notre futur mais celui que veulent nous proposer, dorénavant, les Républicains américains, fait froid dans le dos ", ajoute Bruno Latour .

Certaines saillies de l'abject personnage sont glaçantes : " Chacun sa pomme ; j'ai le droit de porter un flingue ; la Sécurité Sociale est une abomination ; le réchauffement climatique n'existe pas ; vive le pétrole à gogo ; notre niveau de vie est moins négociable que jamais ; que le plus fort gagne ; nous sommes les plus forts ... " ( J.L. Porquet, Le canard Enchaîné ) .

Ne pas faire de lien entre les chiffres d'Oxfam et l'Apocalypse prônée par " Trump " relève du déni .

NB : Sources : Le Canard Enchaîné du 20 janvier et Marianne No 980 du 22 janvier .

" La vallée du découragement ( Paul Krugman ) : Marianne . La chute brutale des revenus des classes moyennes dans les pays développés, entre 1998 et 2008 .

" La vallée du découragement ( Paul Krugman ) : Marianne . La chute brutale des revenus des classes moyennes dans les pays développés, entre 1998 et 2008 .

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