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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 18:17
" Dans le pli de la veste de F. Fillon " .

" Ce que l'homme fait de l'argent dégoûte . Ce que l'argent fait de l'homme fait peur " ( Julien Green ) .

Faut-il prendre à la légère l'affaire " des costumes " de F. Fillon ? Certainement pas car dans le pli de la veste de F. Fillon se cachent les atteintes à la morale publique, le signe extérieur d'une richesse indue, la trace répugnante d'une morgue de classe, le travail de sape qui mine la République .

Le pli de la veste de F. Fillon nous dit comment les hommes et les femmes politiques sont devenus des " animaux politiques élevés hors sol ", " pareils à ces poules pondeuses entassées dans des batteries où elles ne voient jamais le jour, vivant en vases clos, gorgées d'antibiotiques, et protégées de la vraie vie, celle de la basse-cour  " . 

Soyons clairs ! Tous ne sont pas fortunés et s'apparentent davantage à cette petite bourgeoisie décrite par Victor Hugo : " La bourgeoisie, cette portion contentée du peuple " .

Tous ne sont pas fortunés mais tous profitent des petits avantages que donne l'appartenance à la caste, celle qui est de près ou de loin au pouvoir . La plupart des hommes politiques n'ont pas le train de vie des hommes d'affaires qui se paient sur la bête , mais ils sont de ce monde, autant pour les idées que pour le rang social . Cela crée des liens : des réseaux, des renvois d'ascenseur, des cadeaux et autres gâteries d'amis intéressés . On peut légitimement se demander si F. Fillon, en presque quarante ans de vie politique a déjà payé quoi que ce soit de sa propre bourse . Il a le réflexe conditionné du " co-propriétaire " du pouvoir, qui n'imagine les sacrifices que pour les autres, les pauvres, les gueux, gentiment appelés " les assistés " .

Dans le pli de la veste de F. Fillon il y a cette capacité à se refuser tout état d'âme quand il s'agit d'assumer un train de vie indécent et appeler le peuple à de nouveaux sacrifices .

Dans le pli de la veste de F. Fillon il y a cette capacité à justifier tous les efforts exigés de ceux qui n'ont plus rien tout en proposant de supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune ( ISF ), alors que la France détient le record européen des dividendes versés, que les groupes du CAC 40 affichent une santé insolente, ( Le Monde ) sans qu'on  juge nécessaire de leur demander des comptes pour savoir où sont passés les 75 Mds d'€ de profits annoncés . Les six principales banques françaises célèbrent leurs 23,5 Mds d'€ de profits cumulés, en 2016 ( Les Echos ), mais le politique se garde bien de leur demander pourquoi tant de petites et moyennes entreprises mettent la clef sous la porte faute de crédits bancaires .

Réclamer des explications - du latin explicare, déployer, proprement faire disparaître les plis, qui cachent quelque chose, ça ne s'invente pas -  aux groupes privés sur l'utilisation du CICE , de la baisse des cotisations sociales, du crédit impôt recherche alors qu'ils n'ont créé aucun emploi, mais proposer de continuer dans la baisse des dites cotisations - qui tuent la Sécurité Sociale en lui retirant des ressources -, vous n'y pensez pas : on ne va pas déformer le pli de la veste ! 

Mais verser des larmes sur " le coût du travail ", pleurer sur le sort de nos députés si mal payés ( Hervé Mariton à droite, Julien Dray à gauche ), tirer à vue sur notre modèle social trop égalitaire, ça fait bien dans le pli du manteau .

" Trop égalitaire " : le gros mot est lâché ! Mais c'est bien sûr ! Notre société est trop égalitaire . Il faut donc bien que l'homme politique se hisse au-dessus de cette zone uniformisante : c'est le rôle des petits cadeaux, des gâteries de tous ordres, c'était autrefois une certaine mansuétude de la justice - mais cela a l'air, et c'est heureux terminé, et qu'est-ce que ça fait souffrir .

Anecdotique, futile, le pli de la veste de F. Fillon ? Non ! Il est au coeur de la crise actuelle .

 

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 14:46
Publication agoravox ( La Russie post-soviétique ) .

Publication agoravox ( La Russie post-soviétique ) .

" Subalternes : ceux qui subissent une domination à la fois culturelle, sociale, économique et politique ... C'est cet ensemble de dominations qui crée le subalterne " ( Antonio Gramsci ) .

 Le " vote utile " a fait sa réapparition dans la campagne électorale . Oh ! Non plus pour orienter le vote à gauche en direction d'un PS hégémonique, comme ce fut le cas durant ces quatre dernières décennies . Cette fois " le vote utile " jaillit des " Neurones " - le microcosme médiatico-politico-économique - et s'adresse aux " subalternes " de la France profonde, ces indécrottables racistes qui nous conduisent à l'abîme .

La danger est grand d'une victoire de Marine Le Pen , entend-on, donc, nous, " Les neurones ", nous vous mettons en garde et vous intimons l'ordre d'obéir aux sondages en choisissant le seul rempart qui subsiste contre " ce fléau de dieu " et qui s'appelle  Emmanuel Macron .

" Les Neurones ", après avoir fait monter le Front national depuis trente ans, tentent de s'en servir , F. Hollande en tête, aujourd'hui, comme épouvantail . L'attitude est hypocrite, cynique et franchement répugnante ...

Rappelons simplement que la poussée du FN traduit surtout la somme des frustrations, des sociales de millions d'hommes et de femmes jetés dans le chômage, la précarité, la pauvreté, le dégoût des politicards, le ras-le-bol des trahisons et des abandons des plus faibles, les abdications devant Bruxelles, la répression anti-jeunes et anti-syndicale, face à quoi ne subsiste plus aucune alternative de rupture avec le capitalisme ...

Soyons clairs . " Les Neurones " ne croient pas un mot de ce qu'ils disent . S'ils croyaient vraiment au danger de Marine Le Pen ou que Marine Le Pen soit un danger, forts de leur conscience aigüe de l'intérêt général ils feraient litière, toutes affaires cessantes, de leurs " egos ", de leur narcissisme, de leur goût de l'argent, de leurs divisions, pour offrir un front commun de résistance à la bête immonde .

Non ! Tout indique dans leur comportement qu'il n'y a qu'un problème, un seul, dans la société française, " L'indécrottable racisme des classes populaires, les subalternes "  .

A cet effet, " Les Neurones " ont inventé le concept " d'islamophobie ", pour traquer - grâce à des associations devenues peu regardantes - dans toutes les publications universitaires, les essais, les déclarations, les réseaux sociaux, toute attaque contre l'islam intégriste, l'islam politique, l'islam salafiste, comme des atteintes à " l'Islam " tout court, faisant traduire en justice les antiracistes les plus authentiques comme l'historien Georges Bensoussan .

Le martyre du jeune Ilann, les enfants de l'école juive de Toulouse, les victimes de l'hyper-casher de Vincennes, le père Hamel ne sont que des détails de l'histoire pour " les Neurones " - antiracistes d'appartement - comme il y a des vélos d'appartement au regard de cette islamophobie inscrite dans les gènes populaires .

Oui, il y a bien eu crime, de la part des " Neurones " : un crime contre l'esprit . D'abord, par l'ineptie même du concept, ils ont permis à la problématique du Front National sur l'immigration de s'imposer en la radicalisant . " Les subalternes ", ces citoyens d'origine modeste qui ne se reconnaissent pas dans le portrait méprisant que " les Neurones "  " font d'eux, se jettent à corps perdu dans les thèses du FN .

Quel aura été le résultat de ce vrai travail de gribouille mené par " les Neurones " ? On le voit parfaitement dans la confusion qui entoure la campagne électorale . Le FN est promu au rang de grand parti populaire et le camp " progressiste " - ou supposé tel - réduit aux classes riches, aux diplômés, aux professions à statut, contre la France " d'en bas " .

J'ose le paradoxe, la dialectique me l'autorise : " La gauche, désormais, c'est les patrons et la droite les ouvriers " . Merci " les Neurones " !

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 14:38
Affiche anticommuniste des années 1930 .

Affiche anticommuniste des années 1930 .

" L'anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n'en sortirai plus jamais ... " ( Jean-Paul Sartre, 1961 ) .

Les vagues des investitures aux élections législatives se poursuivent au sein de la " France Insoumise " et le moins qu'on puisse dire est qu'elles témoignent d'une volonté affichée d'en finir avec le Parti Communiste Français . Dans les pas de son mentor, F. Mitterrand, Jean-Luc Mélenchon avance à visage découvert et sans états d'âme dans son oeuvre de " salubrité idéologique " .

Les dernières listes de ces investitures indiquent que la " France Insoumise " présente des candidats contre tous les députés communistes sortants ( excepté Marie-Georges Buffet ), dans toutes les circonscriptions perdues en 2012 ( la vague rose ) par un député communiste et " regagnables ", aujourd'hui, enfin dans toutes les circonscriptions où le candidat communiste est le mieux placé . Le parti de Gauche qui a la main sur les investitures profite de la division installée au sein même du PCF à cause d'une direction qui a livré le parti à de telles manoeuvres, par son incompétence et son absolue incapacité à offrir aux communistes une analyse claire du rapport de forces au sein de la société française .

13e circonscription de Martigues, Bouches du Rhône, ancien bastion communiste, Frédéric Grimaud ( Ensemble ) et Stella Appedu ( PG ) affronteront le député communiste sortant Gaby Charroux en duo avec Pierre Dharréville . Grimaud est conseiller municipal à Martigues  sur la liste conduite par le député-maire communiste Gaby Charroux . En 2012, Stella Apeddu était candidate PG dans la 15e circonscription de Châteaurenard, à droite .

16e circonscription du Nord, autre ancien bastion, Marina Dabonneville ( PG ) et Raphaël Brice sont investis dans la circonscription historiquement communiste du député sortant Jean-Jacques Candelier, qui pourrait ne pas se représenter . Le but, arracher aux communistes ce bastion historique .

14e circonscription du Rhône ( Vénissieux ), la France Insoumise a investi les candidats Benjamin Nivard et Najat Barthe contre la communiste Michèle Picard qui mène âprement la bataille de la reconquête dans ce bastion historiquement rouge, de l'ancien député communiste André Gérin .

8e circonscription de Seine-Maritime ( Le Havre ), autre circonscription historiquement rouge, la France insoumise a désigné François Panchout et Johanna Castillo où le PCF peut faire réélire un député,  Jean-Paul Lecoq, ne l'ayant perdue en 2012 que de 83 voix .

10e circonscription du Val de Marne ( Kremlin-Bicêtre ), la France Insoumise entend bloquer toute reconquête par le PCF qui l'avait perdue en 2012 en parachutant Mathilde Panot ( PG de l'Essonne ) et Mourad Taghzout face à Pascal Savoldelli, élu départemental très implanté .

D'autres candidatures de la France Insoumise sont programmées dans des circonscriptions gagnables par le PCF comme à Ivry, Le Havre, Le Puy de Dôme ( chez André Chassaigne ), le Cher ... Le but avoué est que ce qui a été perdu en 2012 par le PCF ne doit pas être regagné par ce dernier, c'est à la social-démocratie - teintée d'insoumission -, sous une forme renouvelée, qu'il revient de s'y installer sinon de les précipiter dans les bras de la droite . 

Nous sommes dans la logique du " quinquennat " instauré par Lionel Jospin, une présidentielle, défavorable au PCF, immédiatement suivie par des législatives pour utiliser la vague présidentielle et faire perdre le maximum de positions au PCF . La " France Insoumise " suit cette logique-là, celle d'une social-démocratie renouvelée pour remplacer un PS qui s'est mis lui-même hors course avec le quinquennat de Hollande .

Ajoutons au panier, d'autres parachutages de cadres du Parti de Gauche, très proches de Mélenchon - Insoumis ne vous endormez pas : Alexis Corbière dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis, Andréa Kotorac dans la 7e du Rhône ou Eric Coquerel ( coordinateur du PG ) atterrissant dans la 1ere circonscription de la même Seine-Saint-Denis ( Saint-Ouen, Saint-Denis Sud ) .

Reconnaissons que dans la période de confusion dans laquelle nous sommes, l'offensive du Pari de Gauche est d'autant plus facile que la direction du PCF donne l'impression d'avoir largement créé les conditions qui permettent aujourd'hui de prétendre achever le PCF . " Le poisson pourrit par la tête " dit le proverbe chinois . Là se niche la stratégie du Parti de Gauche . Réduire l'audience du PCF aux Législatives c'est lui faire perdre une grande partie des financements publics dus aux partis en fonction du nombre de voix obtenus à ce scrutin . ( Plus d'argent, plus de pêche, plus de poisson ) .

" Le vrai est si simple ! " 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 14:29
" Le vrai est trop simple " (1) .

" " Quel bon pays est la France, à tous les escrocs, les aventuriers, les fripons ( Duc de Saint-Simon, Mémoires, sur le règne de Louis XIV ) .

(1) . George Sand .

Le concert des éditorialistes et commentateurs de la vie politique est unanime : les présentes élections présidentielles sonnent le glas des partis, leur déconfiture, leur inutilité, leur affaissement ... Quel aveuglement ! A moins qu'il ne s'agisse d'une entreprise idéologique pour mettre en exergue l'extraordinaire aventure de leur champion, hors de tout parti, Emmanuel Macron .

Qui peut croire encore que tant de candidats à l'élection majeure de notre pays s'agitent pour l'avenir de la France ? Ils se décarcassent pour l'avenir de leur propre parti, et leur avenir personnel, accessoirement, après la présidentielle, avenir qui se jouera aux législatives du mois de juin .  

A l'extrême droite, d'où Marine Le Pen tire-t-elle sa notoriété actuelle ? De ses prestations télévisées ? De sa grâce personnelle ? Ou de l'influence que son parti a gagnée au fil des ans, bien aidé par les partis de gouvernement ? Sans son parti, elle n'est rien . Et comme elle possède un réel sens politique, elle a compris, avant les autres, qu'en 2017, son tour n'est pas encore venu, que ce sera plutôt en 2022, avec l'approfondissement de la crise européenne . Aussi travaille-t-elle à installer davantage le FN dans le paysage politique à l'occasion de son score personnel à la présidentielle et de celui du FN aux législatives qui suivront . Le parti donc, au centre des enjeux !

A droite, comment F. Fillon a-t-il sauvé sa peau, malgré les tuiles qui pleuvent sur sa tête ? Par un putsch, au Trocadéro, pour enchaîner son parti, " Les Républicains ", à sa candidature et en le radicalisant : la victoire aux présidentielles n'est plus à portée de main, mais préserver un groupe puissant à l'Assemblée Nationale est un objectif atteignable, tant la volonté d'alternance est forte dans le pays et là, tout est possible : une alliance sur un programme de gouvernement avec le FN n'est plus à écarter, à l'issue des Législatives, en vue d'une cohabitation éventuelle, avec, au hasard,  E. Macron . Encore les partis !

Au centre, pas de partis mais un mouvement ! La bonne blague ! Les centristes, les Juppéistes, les Gaullistes de gauche, toute la partie réformiste du PS, tout ce beau monde lorgne vers " Peter Pan " dans une stratégie de prudence électoraliste, pas de ralliements intempestifs mais feutrés, presque " comptables ", l'assaut étant reporté au moment des législatives pour enfermer le lauréat de la présidentielle, dans une coalition parlementaire dont il aura du mal à se dépêtrer . Toujours les partis !

Au PS, c'est le temps des grandes manoeuvres . Pour les présidentielles ? Trop tard ! Il s'agit de sauver les meubles du parti, aux législatives . Benoît Hamon n'a aucune chance à la présidentielle, alors toute la droite du PS lui tire dans le dos mais sans se mouiller collectivement pour Macron . Mais pourquoi ? Le parti, bien sûr ! Il faut préserver un groupe important à l'Assemblée Nationale, après, afin d'entrer en force dans une coalition gouvernementale à laquelle Macron ne pourra échapper et enfin faire naître - avec ce dernier - cette nouvelle force, si chère à F. Hollande, d'un " Parti Démocrate " à l'américaine, et en finir avec le PS de Jaurès voire de Mitterrand . Un nouveau parti, mais encore un parti . 

Le rôle imparti à celui qui est devenu " Le petit chose " du PS par la grâce des primaires, étant de contenir J.L. Mélenchon, sur sa gauche .

A gauche . L'aventure personnelle de J.L. Mélenchon serait-elle d'une autre nature, véritablement hors partis et résolument créatrice d'un autre fonctionnement ? Rien n'est moins sûr . JLM n'ignore pas les partis, il veut les tuer . Le Parti Communiste et la gauche du PS sont sommés de se dissoudre dans " la nébuleuse insoumise ", sans drapeau et sans idées autres que celles de " la force " ou de la quitter .  De surcroît, le " Parti de Gauche ", soutien du candidat de la première heure, pour l'instant caché derrière " les insoumis " , manoeuvre pour placer ses cadres aux législatives - au détriment d'un " tirage au sort " pourtant plébiscité par les troupes - et en particulier dans les circonscriptions tenues par des sortants communistes ou perdues par les communistes, à l'occasion de la vague rose hollandaise de 2012 . La fin des partis, même dans ce camp-là ? Il faut être naïf pour y croire .

Les partis ont la vie dure et n'ont pas fini de nous le prouver .

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 14:03
Friche industrielle ( Roubaix ) .

Friche industrielle ( Roubaix ) .

" L' analyse des différentes étapes de la désindustrialisation en France, depuis le début des années 1980, met en évidence que certaines dynamiques défavorables enregistrées depuis la crise de 2008 étaient déjà à l'oeuvre depuis trois décennies " ( INSEE, décembre 2012 ) .

Au début des années 1980, responsables économiques et dirigeants politiques décident que la France n'a plus à être une nation industrielle mais un pays de " services " ce qui implique que nos producteurs, ouvriers et techniciens, n'ont plus vocation qu'à devenir des vendeurs .

A coups de délocalisations, vers l'Europe de L'Est, la Chine, le Maroc, ou l'Amérique, l'industrie nationale est dévitalisée, les emplois industriels pérennes transformés en emplois de services plus facilement modulables, " précarisables ", individualisables, et moins facilement  " syndicalisables " . Le problème subséquent est que le nombre de nouveaux emplois créés dans les services, mais découpés à souhait en temps partiels, hachés en séquences, modulés, n'atteindra jamais le niveau des emplois durs détruits dans l'industrie .

La France s'engage allègrement dans le processus tandis que l'Allemagne et les pays du nord de l'Europe se montrent plus prudents et préservent leur outil industriel .

Le nombre de friches industrielles qui hantent les périphéries de nos villes quand on traverse le pays est là pour nous rappeler cette magistrale faute de nos dirigeants . Soyons clairs : les considérations financières, du type, augmentation des profits immédiats, ne sont pas étrangères à cette transformation économique tout comme l'appétit sans limite des actionnaires français .

La racine du mal, du chômage de masse durable et enkysté dans la société, est là et pas dans le code du travail ou les rigidités dites " structurelles " de notre société . 

L'étude de l'INSEE, dossier spécial daté du 20 décembre 2012 au soir, et passé presque inaperçu, décrit les quatre étapes de la désindustrialisation du pays, du début des années 1980 à l'après crise de 2008 .

Première période . De 1980 à 1989, la part de l'emploi manufacturier, production des biens de consommation, dans l'emploi total est passée de 22,1% à 17,8% . On pense d'abord à la crise de l'industrie textile . En fait, le phénomène n'est pas encore appréhendé par le grand public car ce premier décrochage est surtout dû à un changement d'organisation des entreprises, et ce qu'on appelle " l'externalisation des activités " qui ne font pas partie du coeur de métier de l'entreprise : essentiellement des services comme la comptabilité, l'entretien, le marketing . Artefact qui représente  25% de la baisse de l'emploi industriel, tout de même . 

Parallèlement à ce phénomène, la part de la " valeur ajoutée "  ( taux de profit ) de ces biens diminue de 20,6% à 17,7%, ce qui indique que nos produits deviennent moins bons et donc moins compétitifs parce qu'on néglige leur qualité, censée se faire ailleurs et que les entreprises investissent moins dans la modernisation de l'outil de travail .

Deuxième période . La part de l'industrie manufacturière continue de diminuer, en termes d'emplois qui passent de 17,8% à 14,3% et de valeur ajoutée qui baisse de 17,7% à 15,2% . Cependant, les prix restent stables, en raison de gains de productivité - donc d'exploitation du travailleur - permettant de maintenir la compétitivité- prix de la France et donc un commerce extérieur positif à + 10,5 Mds d'€ en moyenne, sur la période, chiffre qui masque le déclin industriel .

Troisième période . De 2001 à 2007, le poids de la valeur ajoutée passe de 15,2% à 11,9% et la part de l'emploi de 14,2% à 12% Le rythme de la désindustrialisation s'accélère, en particulier par rapport aux voisins européens et au passé ; le solde extérieur s'inverse, de +10,5 Mds en 2000 à - 10,7 Mds en 2007 . La dégradation devient très visible, mais personne ne s'en émeut . On la cache par du traitement social .

Quatrième période . Le mouvement s'accélère, tous les symptômes s'aggravent . L'emploi perd - 1,3%, la valeur ajoutée - 1,8%, le taux de marge des entreprises s'effondre de 33% à 28%, les prix sont trop bas pour refaire des marges parce qu'il faut faire " passer la pilule " de la pression sur les salaires et celle de l'austérité, les exportations à haute et moyenne technologie sont en baisse, le solde commercial atteint des records . ( Dans le même temps l'Allemagne investit dans la recherche pour maintenir sa production haut de gamme et préserve sonindustrie : en 2013, l'industrie représente encore 21,8% du PIB allemand, quand elle ne représente plus que 10,2% en France ) .

L'INSEE explique : les entreprises investissent moins dans la modernisation de l'outil de travail, dans la recherche et le développement, les grands groupes étranglent les moyennes entreprises qui ne peuvent se développer pour atteindre la taille nécessaire à l'accès au commerce international .

" Tu seras vendeur, mon fils ", dit le père . " Mais il n'y a plus rien à vendre ", répond le fils .

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 15:16
Brève histoire " emmêlée " du Front National et du Parti Socialiste .

" La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à des résultats différents " ( A. Einstein ) ." 

Dans une interview récente, mars 2017, à plusieurs journaux européens, présentée par ces derniers comme son testament, F. Hollande glisse un étrange constat à propos du Front National : " La menace existe . L'extrême-droite n'a jamais été aussi haut depuis plus de trente ans " . F. Hollande n'oublie qu'une chose, c'est qu'il est Président de la République et que sous son quinquennat, les scores électoraux du FN ont littéralement explosés .

En juin 1984, Pierre Bérégovoy, ministre de F. Mitterrand, déclarait : " On a tout intérêt à pousser le FN, il rend la droite inéligible . C'est la chance historique des socialistes ", ( Cf. le livre de Valérie Igounet, " Le FN de 1972 à nos jours ", Seuil, 2014 ) . L'option sera confirmée quelques années plus tard par Lionel Jospin, lui-même .Sitôt dit, sitôt fait : F. Mitterrand appelle Pierre Desgraupes, PDG  d'Antenne 2 et lui demande d'ouvrir sa chaîne à Jean-Marie Le Pen, tandis qu'il fait voter par le Parlement l'introduction du système proportionnel aux élections législatives de 1986 et fait passer le nombre de députés de 491 à 577 . Le résultat est que 35 députés frontistes entrent alors à l'Assemblée Nationale laissant à la droite une courte majorité pour gouverner en cohabitation . Le pari socialiste avait été presque gagné .

Bérégovoy - Hollande, un départ et un aboutissement et entre les deux, un constat : à chaque passage de la gauche au pouvoir, depuis trente ans, le FN a gagné en audience .

En 1981, lors de la victoire de F. Mitterrand, le FN n'est qu'un groupuscule d'anciens collaborateurs de Vichy, d'anciens membres de l'Algérie Française, de nostalgiques du nazisme, au mieux d'anciens poujadistes des années 1950 : il s'est donné pour Président - et ce n'est pas peu dire - le plus présentable d'entre eux : " Jean-Marie Le Pen " .

 En avril 1981, JMLP n'a pas pu se présenter à la présidentielle, n'ayant pas recueilli les 500 parrainages d'élus nécessaires . Lors des législatives qui suivirent, juin 1981, il ne recueillit que 0,3% de suffrages . Cinq ans plus tard, aux législatives de 1986, il pointe à 9,86% avec 35 députés élus .

A la présidentielle de 1995, JMLP atteint les 15% mais personne ne s'en émeut, les projecteurs étant braqués sur le combat des amis de trente ans : Chirac-Balladur .

Et le 21 avril 2002, après le passage de " la gauche plurielle " aux affaires, il grimpe à 16,8% et accède au deuxième tour de la présidentielle, envoyant Lionel Jospin à une nouvelle vie de jeune retraité .

La suite est connue : à la présidentielle de 2012, Marine Le Pen est à 17,9%, avant que, tout au long du quinquennat de F. Hollande, son parti ne se hisse à 24,8% aux européennes de 2014, puis à 27,7% aux régionales de 2015 . Par pudeur, nous éviterons de nous projeter au 23 avril 2017 .

A ce sinistre constat, que répond Hollande ? " Eh, bien ! oui, la menace du FN existe . " L'homme politique, en fin de vie, a laissé la place au " commentateur " accablé de la vie publique qu'il a toujours été . 

Sur tout ce dont s'est repu le FN depuis trente ans, rien !

Sur l'Europe, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, comme machine à fabriquer des " europhobes ", rien ! Sur les délocalisations industrielles massives des années 1990 et 2000 qui ont enkysté le chômage de masse, rien ! Sur la guerre entre les pauvres orchestrée par Bruxelles, rien ! Sur l'euro, qui a permis à l'Allemagne de dominer l'Europe de la tête et des épaules, rien ! Sur la théorisation de l'austérité comme règle à la préservation " des grands équilibres " prônée par Bruxelles, indifférente au malheur des travailleurs français et européens, rien !

Les services publics, la désindustrialisation, la désertification des territoires l'insécurité sociale et culturelle sont passés par pertes et profits .

Qui peut s'étonner encore que le FN soit devenu le réceptacle de la colère populaire ? Il n'a jamais participé au pouvoir, ce qui en fait le porte parole naturel des exclus face à ceux qui symbolisent la France " d'en haut " : partis traditionnels, médias, intellectuels, professeurs de morale, adeptes de grands principes pour les autres . Ceux qui parlent au peuple mais ne causent pas avec lui .

 La Gauche a mis le pied à l'étrier au FN et la Droite ( de Sarkozy d'abord, de Fillon aujourd'hui ) lui a apporté une caution morale en légitimant son parti pris identitaire .

Il y a longtemps que nous aurions dû, tous, " crier aux fous " . Nous ne l'avons pas fait . Ne nous plaignons pas si le réveil est rude !

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:07
Héraclite : fondateur de la méthode dialectique .

Héraclite : fondateur de la méthode dialectique .

" L'art de la dialectique : méthode de discussion, de raisonnement, de questionnement et d'interprétation qui consiste à analyser la réalité en mettant en évidence ses contradictions pour chercher à les dépasser " ( Larousse ) . 

La dialectique occupe une place prépondérante depuis l'Antiquité d'Héraclite, dans les philosophies occidentales .

Est-il encore permis de voter à gauche quand on est de gauche ? ", interroge, en bon dialecticien, l'universitaire et psychanalyste Gérard Miller dans " Le Monde " daté du 9 mars 2017 . Cette interrogation dit tout sur la totale confusion qui entoure l'élection présidentielle de 2017 .

Parmi d'autres hommes de gauche insoupçonnables, Patrick Braouzec, ancien Maire et Députè de Saint-Denis, ex-cadre du Parti Communiste, annonce qu'il votera pour Emmanuel Macron, " mesurant les conséquences dramatiques d'un second tour à l'élection présidentielle, opposant la droite à l'extrême-droite ", explique-t-il . C'est exactement la même argumentation utilisée par Bertrand Delanoë, ancien maire socialiste de Paris, pour justifier le même ralliement . Pragmatisme ? Impasse ? Où allons-nous ?

Depuis plus de cinquante ans, la très grande majorité du peuple de gauche, a été mue par un seul principe, lors des élections nationales : " Au premier tour, je choisis, au deuxième tour j'élimine " . Cela signifiait que si le candidat qu'on pensait le meilleur ou le plus proche de ses propres convictions n'était pas au second tour, on votait pour celui qui semblait un moindre mal dans le cadre de la famille progressiste . On appelait cela, également, " le désistement républicain " . C'était clair et presque rassurant !

Or voilà que pour un certain nombre d'électeurs de gauche, cette conception démocratique du vote est désormais caduque et qu'il leur paraît nécessaire d'en adopter une autre, supposée plus réaliste, parce que fondée sur les " sondages " . Des amis socialistes ne m'ont-ils pas expliqué qu'ils allaient imiter Patrick Braouzec et voter pour Macron qu'ils n'apprécient pas, pour la même raison qui les avait conduits à voter Juppé, qu'ils détestent, aux primaires de la droite .

Certes, il y eut, au cours des trente dernières années, le célèbre " vote utile ", cher aux socialistes, qui structurait l'hégémonie du PS à gauche, entraînant le lent déclin du PCF, mais aujourd'hui, nous sommes bien au-delà de ce piège : nous sommes passés au moment " des cabrioles électorales ", un moment qui pousse les hommes et les femmes de gauche à cultiver " la finasserie et le paradoxe comme les formes ultimes du pragmatisme " . 

Une telle perversion de la vie démocratique pourrait-elle être le fruit du hasard ? Certainement pas . Il n'y a pas de hasard dans la vie politique . Cette confusion des esprits consacre la victoire idéologique de la droite . Faisons les comptes des intentions de vote à droite en vue du 23 avril : Marine Le Pen - 26,5% ; F. Fillon - 20% ; N. Dupont-Aignan - 3,5% ; la droite la plus dure que la France ait connue depuis 1958, atteint les 50%, dès le premier tour d'une présidentielle et sûrement plus .

Et face à ce tsunami, que nous proposent les socialistes, les républicains - les vrais -les radicaux, les centristes, les démocrates chrétiens ? La constitution d'un " ventre mou ", fait de bric et de broc, autour d'un personnage éthéré, léger, impalpable, délicat, fugitif, fabriqué à la hâte par des médias qui veulent avoir à tout prix leur propre  candidat, comme c'est le cas à chaque échéance, pour " pisser " de l'encre .

Une élection démocratique exige la confrontation des idées, le débat contradictoire, l'élucidation des contradictions et pas la prise en compte anticipée d'un résultat de sondages, aléatoire  . Il n'y a rien de plus insupportable que les évidences qu'on veut nous faire " gober " . Qui peut relever une seule évidence, dans le climat de cette campagne électorale, totalement biaisée par les affaires et dont l'issue pourrait être la présence, au second tour, de deux candidats mis en examen ?

Que celui qui croit au programme d'E. Macron vote pour lui . Rien de plus normal ! Mais que les " Insoumis "  puissent voter pour leur candidat parce qu'ils l'estiment " le meilleur " est tout aussi évident, tout comme les vrais socialistes doivent pouvoir continuer à soutenir le candidat officiel de leur parti, sans lui tirer dans le dos, en refusant de tomber des hauteurs de la pensée de Jaurès au caniveau de Séguéla  . De là seulement peut venir la clarté . 

Après ? Le peuple de gauche tranchera . Les classes populaires dégoûtées qui ne pensent pas aller voter reviendront dans le débat, mais seulement dans la clarté de ce dernier car pour l'instant elles refusent d'aller voter " sous la pression de certitudes qui n'en sont pas " .

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 14:16
Opéra Garnier : " Le Cid " de Massenet ( 1885 ) .

Opéra Garnier : " Le Cid " de Massenet ( 1885 ) .

" Nous partîmes cinq cents mais par un prompt renfort, /  Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, / Tant à nous voir marcher avec un tel visage / Les plus épouvantés reprenaient de courage " ( Le Cid, Pierre Corneille, Acte IV, scène 3, 1636 ) .

Va, je ne te hais point ! " ( Le Cid, Acte III, sc. 4 ). Rodrigue vient de tuer son père, dans un duel, mais Chimène éplorée ne peut faire taire son amour ...

On s'aime tellement chez " Les Républicains " que le week-end dernier, ils nous ont rejoué " Le Cid ", en cinq actes, la tragédie de Corneille, avec F. Fillon en Gérard Philipe : unité de lieu, unité de temps, unité d'action, respectées à la lettre et en demi-fond, les choeurs grandioses de l'opéra de Massenet  par le grand orchestre " peu harmonique " du  Trocadéro . 

ACTE I : vendredi 3 mars . N. Sarkozy- " ça a assez duré " - décide de débrancher Fillon " sans l'humilier " parce qu'il conduit la famille dans le mur . Il a l'appui de deux fillonistes de choc, Gérard Larcher et Bernard Accoyer . Affaibli par de nombreuses défections Fillon laisse entendre qu'il serait prêt à renoncer . Dans la camp sarkoziste, la volonté du candidat d'organiser une grande manifestation le 5 mars au Trocadéro est interprétée comme un baroud d'honneur . N. Sarkozy entame donc des pourparlers avec A. Juppé mais pose ses conditions pour le soutenir dont celle de prendre, en cas de victoire, " le petit Baroin " à Matignon . La maire de Bordeaux renâcle mais fait quand même dire qu'il est prêt, tout en réservant sa réponse .

ACTE II : dimanche 5 mars, au matin, A. Juppé n'a pas accepté l'accord de Sarko - Juppé et Baroin se détestent depuis 1995 - et celui-ci, comme à son accoutumé s'énerve et entame alors des négociations avec Fillon pour qu'il place d'éminents sarkozistes dans son comité de campagne : Wauquiez à la tête du parti, Baroin à Matignon . D'où la présence des sarkozistes au meeting du Trocadéro, bien en vue derrière Fillon . Mais mauvaise surprise pour " le parrain " . Le candidat, soudain requinqué par " sa secte ", totalement " bunkérisé " ( le mot est de Sarkozy )  par les " longs couteaux " de " Sens commun " et de " La manif pour tous ",  écarte toute idée de démission . 

" Le parrain ", convaincu, alors, que le candidat est " indégommable ", c'est lui qui a la légitimité des primaires et " le magot " - comprenez, le fric de la campagne - décide alors de " faire avec " .

Acte III : lundi 6 mars, 10 h 30, Juppé, enfin convaincu par la présence des sarkozistes au meeting du Trocadéro, que N. Sarkozy le mène en bateau,  et qu'il n'y a que des coups à prendre dans l'aventure, jette l'éponge, non sans amertume, décochant quelques flèches empoisonnées vers son camp : " Quel gâchis ! " dira-t-il .

Fillon a presque gagné la partie ...

ACTE IV : Lundi 6 mars, 18 h, le comité politique " Les Républicains " - non statutaire - convoqué par Sarkozy, Larcher et Accoyer, à l'origine pour porter le coup de grâce à Fillon, se transforme - de façon magique - en cérémonie du sacre où tout le monde fait allégeance au candidat . C'est ce qu'annonce solennellement Gérard Larcher à la sortie de la réunion, d'une voix essoufflée, trop appuyée pour être sincère .

ACTE V : A Bordeaux, le 7 mars, Juppé constate que " cette élection est perdue . Sarkozy a tenté de manipuler tout le monde en cherchant à contrôler le parti et à caser Baroin . Baroin, je n'ai pas une bonne opinion de lui . Il n'a pas d'idées et ne travaille pas ... " 

Gérard Larcher tire les leçons de ces folles journées : " Le candidat Fillon est plombé mais il est l'unique candidat à droite . Il lui reste une petite chance de gagner car il y a dans le pays une terrible soif d'alternance . Mais après, s'il devait être élu, il resterait très affaibli par cette affaire ... "

Tout est dit : " Va, François, je ne te hais point ! "  Pour l'amour, on verra plus tard .

NB : d'après l'article du " Canard Enchaîné ", du 8 mars 2017, p. 2, " Le putsch manqué de Sarko ... " 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 14:15
Image redoutable de la perception par le citoyen des partis politiques .

Image redoutable de la perception par le citoyen des partis politiques .

" Toute destruction brouillonne affaiblit les faibles, enrichit les riches, accroît la puissance des puissants ", ( Jean-Paul Sartre, Le diable et le bon dieu ) . 

L'horizon se dégage et l'on y voit plus clair . De loopings en virages sur l'aile, " l'increvable " Fillon ira jusqu'au bout et avec le soutien inébranlable de son parti, du moins, du clan sarkoziste qui, ce week-end, l'a placé sous tutelle . Fillon va donc continuer d'avancer mais la tête en bas .

Les critiques morales et programmatiques qui lui sont adressées demeurent intactes mais reconnaissons que sous l'angle du combat politique, " l'opération survie " qu'il a déclenchée ce week-end a été impressionnante . Alors même que la droite avait engagé l'opération " changement de candidat " pour ce même week-end, elle a été contrainte de battre en retraite en rase campagne et d'accepter son maintien à cause de l'opiniâtreté du candidat, du talent rhétorique de sa " plume ", un certain Igor Mitrofanoff qui écrit ses discours et du trésor de guerre récupéré, fort ingénieusement,  par son micro-parti de campagne, " Force Républicaine ", sur les bénéfices engrangés pendant les primaires - 2 € par participant .

Appuyé sur un carré de fidèles F. Fillon a résisté à tous les assauts, alors même que tous ses soutiens fondaient comme neige au soleil . Les formules simples et frappantes d'Igor Mitrofanoff, ont touché, à la tribune des meetings ou dans les studios, la droite profonde, la droite dure, la droite proche du Front National et galvanisé une base qui s'est retrouvée sur la place du Trocadéro, dimanche - même en nombre limité, mais suffisant - pour dire " c'est Fillon que nous voulons " et " nous ne voulons pas de Juppé " .

Les dirigeants LR ont dû capituler - A. Juppé ayant jeté l'éponge dès le matin, après avoir humé toute la pestilence du scénario annoncé -  et confirmer le candidat, hier après-midi, dans un conclave privé, un fantomatique " comité politique ", puisque ce n'était pas le bureau politique du parti qui siégeait . Mais l'essentiel était fait : l'honneur de la famille était sauf !

Gageons qu'un prochain Clausewitz de la tactique politique écrira un jour l'histoire de cet invraisemblable " rétablissement ", même circonscrit par la tutelle sarkoziste .

Et quel est le pourquoi de cette tutelle ?  Parce que, malgré les revirements du candidat, malgré son image écornée, malgré les réticences de l'opinion, les chances de F. Fillon d'accéder au second tour de la présidentielle demeurent . Au plus fort de la tempête les intentions de vote à son crédit sont restées autour de 18%, la détermination de la foule du Trocadéro - dont le chiffrage a été impudemment gonflé - hérissée de drapeaux tricolores a intimidé ses adversaires . Le noyau dur de l'électorat conservateur est toujours là, qui fournit à Fillon un socle solide à défaut d'être étendu . Ses adversaires ont eu peur de voir basculer cette base radicalisée dans les bras de marine Le Pen, s'il devait laisser la place . La droite française veut à tout prix sa revanche sur cinq ans de hollandisme et se déclare prête à sacrifier ses scrupules moraux . Et les dissidents de ces derniers jours vont vite revenir la queue basse au bercail .

La vue est-elle pour autant vraiment dégagée ?

A gauche, B. Hamon cherche à atterrir . Il concocte une nouvelle version de son revenu universel plus compatible avec les contraintes d'un pays très endetté, sa version réformée tendant à se rapprocher des propositions de Manuel Valls de la primaire, mais les dégâts de cette primaire ne sont pas réparés et les attaques quotidiennes des vallsistes contre la campagne de Hamon ne font qu'accroître l'isolement du candidat socialiste . Dans son propre camp, on ne lui sait gré que d'une chose, à savoir de parvenir à contenir toute nouvelle ascension de J.L. Mélenchon .

Chez JLM, le climat est morose . Le sectarisme du Parti de Gauche à l'encontre de ses alliés et le mépris affiché de la " nébuleuse insoumise " à l'encontre des communistes et des socialistes interdit à JLM d'envisager tout nouveau progrès de son influence .

Au centre, malgré le soutien indéfectible de la bulle médiatique, E. Macron ne parvient pas à solidifier les gains enregistrés dans les sondages - toujours aussi peu fiables - et notamment ces 50% d'électeurs tentés par son aventure mais pas sûrs du tout de voter pour lui, au dernier moment .

A l'extrême droite, un tiers des Français se dit d'accord avec les propositions de Marine Le Pen mais la " lepénisation ", mode papa, de ces dernières semaines, maintient à un niveau élevé l'image négative que garde le FN au sein de l'électorat . Et sur ce sujet, les circonstances mouvantes et dangereuses du moment doivent nous amener à nous interroger .

Imaginons les trois scénarios suivants pour le deuxième tour de la présidentielle :

  • Le Pen - Fillon : la gauche pourrait-elle aller voter Fillon, mis en examen ?
  • Le Pen- Hamon : la droite fillonniste irait-elle voter Hamon ?
  • Le Pen- Macron : que ferait la gauche mélenchoniste ? Que ferait la droite fillonniste ? On connaît la réponse !   

La campagne est désormais lancée : heureux devin qui en connaît l'issue !

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 14:31
Site : la vache rose .

Site : la vache rose .

" L'entêtement et l'obstination sont semblables à l'idée fixe . La personne est possédée par une opinion exclusive, par une prévention, par un préjugé qui deviennent un clou planté dans le mental . Cet entêtement est donc un message unique qui suit les mêmes lois nerveuses que la concentration et l'idée fixe ... Je crois inutile de préciser qu'un obstiné manque absolument de lucidité, par le rétrécissement de son champ de conscience . " ( Pierre Daco, psychanaliste, " Les prodigieuses victoires de la psychologie " ) .

" Sigmund, relève-toi, ils sont devenus fous . " Je ne vois aujourd'hui que la psychanalyse pour nous sauver de la course vers l'abîme où nous entraînent, associés dans la même volonté, François Fillon et Marine Le Pen . Le fondement du social-libéralisme, selon John Rauwls, est le gouvernement par des experts . Les seuls experts, aujourd'hui, encore à même de nous expliquer ce qui ronge le peu qui nous reste d'esprit civique, sont bien les médecins de l'âme . 

" Les gens obstinés tournent en rond, bloqués sur des opinions-crampons, comme des écureuils en cage mais se croyant lucides . Et comme toute obstination bloque une grande partie de leur cerveau, aucun autre message ne peut les atteindre . Avez-vous déjà essayé de convaincre un obstine ? ", ajoute Pierre Daco .

On peut avancer d'autres définitions de l'obstiné comme celles-ci : " Un homme qui tourne sans cesse sur le même problème intérieur est un obstiné . Un homme qui se crispe intérieurement est un obstiné . Un homme qui est incapable de voir autre chose que son " moi-je " est un obstiné ! "

Le psychanalyste enfonce le clou : " L'entêté, l'obstiné, celui qui se crispe sur des opinions ne pensent rien du tout . Bien qu'ils maintiennent leurs points de vue, contre evnts et marées, il n'est nullement question de volonté . Ils ne mettent jamais de raison dans leur comportement car ils en sont incapables . " 

Et c'est toute la difficulté à laquelle les amis politiques d'un " obstiné " sont confrontés : " Son entourage lui demande pourquoi il est si entêté et il ne répond rien, parce qu'il est dans l'impossibilité de fournir une explication quelconque . Alors que voulez-vous qu'il fasse ? Il se fige davantage et se crispe sur ses positions . Il se cantonne dans une attitude souverainement impériale, essayant de dominer par sa volonté tous ceux qu'il sent supérieurs à lui ... "

Et les autres ? " Que peuvent-ils faire devant ce mur de béton sinon tenter de passer à côté, de se révolter, de se soumettre, avec toutes les conséquences que cela suppose ? " 

Pourquoi F. Fillon s'obstine-t-il ? Il a répondu le 2 mars dernier dans un meeting à Nîmes : " Tout ce monde qui nous est hostile s'est coagulé pour nous faire barrage ! "

Une caricature de cette terrible maladie qu'est l'autisme qui donne à croire à ses victimes que le monde extérieur est un monde qui ne vous veut que du mal . F. Fillon, d'ailleurs, reconnaît s'être posé la question, puisqu'il n'hésite pas à dire sur France 2 hier soir, " Je ne suis pas autiste " . Rappelons lui, alors, que pour gagner l'élection présidentielle, il lui faudra convaincre au moins 17 millions d'électeurs et qu'hier, au Trocadéro, pour ce qu'il voulait être son mini 18 Brumaire, on était encore loin du compte .

" Le clou dans le mental " de F. Fillon tient en trois mots : " C'est mon tour ! " . Lui, l'éternel second, " le collaborateur ", ne laissera pas passer ce tour .

Les " chapeaux à plumes " des Républicains, devraient comprendre que le cas Fillon ne se règle pas dans un conseil national du parti, mais sur le divan protecteur d'un psychanalyste .

 

NB : d'après l'article " F. Fillon, l'obstiné ", du site Agoravox, du 6 mars 2017 .

 

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