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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 14:39
Publication FB de Luc Chalvon .

Publication FB de Luc Chalvon .

" La marionnette est une parole qui agit " ( Paul Claudel ) .

Je ne viens pas ici vous parler d'une émission de télé, qualifiée abusivement de " politique ", où des journalistes malhonnêtes tendent les pièges les plus grossiers aux invités qui ne leur " reviennent " pas .

Je reviens ici sur le mouvement " NuitDebout " que d'aucuns voient moribond et croient pouvoir en entreprendre, déjà, une exégèse tout entière à charge .

Que peut-on entendre sur ce tas de " bons à rien " ?

" - Bon ! Messieurs Hollande, Valls, Cazeneuve, ce n'est pas bientôt fini, " NuitDebout " ? Voilà plus de deux mois qu'ils occupent la Place de la République, et tout ça pour quoi ?

Du " blabla " de " bobos " ! Il n'en est rien sorti, pas un programme, pas une idée, pas la moindre proposition, pas de chef, " nada ", du vent . Des paroles, à n'en plus finir ... Pendant ce temps, les travailleurs dorment, la nuit, et le matin se retroussent les manches, car, eux, ils agissent, ils sont dans la vraie vie, ce sont les forces vives du pays ... enfin, tant qu'ils ne revendiquent pas trop . "

Voilà exactement 50 ans, l'historien, sociologue, Jacques Ellul, pourfendait la société technicienne libérale, au mot d'ordre ridicule : " efficacité et résultats " ( Exégèse des nouveaux lieux communs, Calmann-Levy, 1966 ) .

" La haine du discours et le souci de l'acte ... Avant tout, être efficace, n'est-ce pas le mot d'ordre des techniciens, politiciens, militaires, ingénieurs, économistes, et autres actifs, grâce à qui le monde moderne est ce qu'il est ? "

C'est pourtant bien la parole et le débat qui introduisent le doute, la complexité, l'altérité indispensables à toute compréhension : " Si tu réfléchis aux tenants et aux aboutissants de tes actes, tu es perdu . Si tu réféchis à la signification de tes actes, tu es paralysé . Si tu cherches une raison à ton comportement, tu n'en trouveras pas . Si tu tiens compte de l'homme d'en face, tu ne passeras jamais . Telle est la profonde sagesse du technicien ", se moque Ellul .

" NuitDebout " et la Place de la République ont vu moins de monde, cette semaine . Mais il faut être bien malhonnête pour ignorer les intempéries qui se sont abattues sur la Région parisienne .

Il est fort possible que " NuitDebout " soit en train de s'éteindre, encore que ses détracteurs feraient bien d'attendre la journée de mobilisation nationale du 14 juin prochain, qui pourrait en surprendre, plus d'un . Les participants aux " NuitsDebout " ne se sont jamais proclamés immortels . Leur mouvement a essaimé dans toute la France, puis à l'étranger, il a infusé la société, il peur désormais s'assoupir ou muter et réapparaître sous d'autres formes ...

Mais " NuitDebout " aura apporté, déjà, un démenti à tous ces libéraux qui n'ont en tête que de retirer la réflexion, la parole au " gens d'en bas " . Oui, on peut réfléchir collectivement sans chercher un but concret immédiat . Réfléchir collectivement, c'est déjà entrer en résistance contre ce système qui se méfie tellement de la parole libre qu'il n'a eu de cesse de " la mettre en cage " derrière des écrans de TV, où des Pujadas, des Calvi, des Apathie distribuent le droit de parler et plus facilement à " des bobines d'experts auto-satisfaits " qu'à des militants de la CGT .

L'important, revendique un des fidèles de ces soirées, c'est que nous ayons été nombreux à avoir vécu cela : " faire connaissance, échanger des contacts, partager des idées, ressentir la démocratie directe avec les tripes " .

Après le 7 janvier et le 13 novembre 2015 était née une inextinguible soif de comprendre, de débattre, de parler vrai, de reprendre la parole trop longtemps laissée aux matamores du Parti Socialiste, d'en finir avec les coups de gueule d'un Sarkozy ou d'un Valls, coups de menton venus d'un monde désormais englouti, dépassé, largué : voilà ce qu'aura prouvé " NuitDebout ", malgré les matraquages, gazages et autres coups assénés par des forces de sécurité instrumentalisées .

" NuitDebout ", c'est la réfutation enfin de la prophétie désespérée de Jacques Ellul : " Et puisque l'acte seul importera, la clameur du crétin actif remplira seule désormais le ciel " .

Eh, bien, non ! Les clameurs infâmes d'un Pierre Gattaz ou d'un Franz- Olivier Gisbert ne rempliront pas le ciel : désormais, certains vont s'y reprendre à deux fois, avant de couvrir d'ordures ceux qui n'ont rien .

NB : d'après l'article de Jean-Luc Porquet, " Plus de paroles, des actes ", Le Canard Enchaîné du 1er juin 2016 .

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 14:16
Photo Georges Gabaet, AFP .

Photo Georges Gabaet, AFP .

" Le projet de Loi Travail ne sera pas retiré . La philosophie et les principes de l'article 2 qui portent sur la primauté de l'accord d'entreprise seront maintenus " , ( Président Hollande ) .

La réponse à l'entêtement de " Président Hollande " se trouve dans une note de 2013 du " Conseil d'Analyse Economique " ( CAE ), Organisme rattaché auprès du Premier Ministre qui le préside et dont la mission est " d'éclairer ... les choix du gouvernement en matière économique " .

Intitulée " Dynamique des salaires en temps de crise ", la note, rédigée par trois économistes, Philippe Askenazy, Antoine Bozio et Cecilia Carbona-Penalosa, conseille au gouvernement de faire sauter le verrou des accords de branche professionnelle qui est " un frein " à la baisse généralisée des salaires . Les accords d'entreprise facilitent bien mieux la compression des rémunérations . C'est exactement le montage préparé par la rédaction de ce désormais célèbre " Article 2 " .

Soyons donc précis : en 2016, la conclusion de ces accords d'entreprise " majoritaires ", dérogatoires à la branche, ne sera réservée qu'au temps de travail, aux repos et aux congés, mais voilà - et l'on en a peu parlé dans les médias, et pour cause - la loi prévoit d'étendre ces accords " à compter du 1er septembre 2019 " , " aux autres accords collectifs ", salaires y compris . ( Cf. Portail du gouvernement - gouvernement.fr, le porte-parole, 17 mai 2016 : " 5 leviers pour donner du pouvoir aux salariés " ) .

Rappelons-nous le cri du coeur poussé, la semaine dernière, par Emmanuel Macron comme quoi il fallait élargir ces accords à bien d'autres domaines . " L'abruti ", il dévoilait le pot aux roses qui semblait avoir échappé à nos futés observateurs : il fut très vite recadré .

Le secret de l'acharnement gouvernemental et patronal ( dont font partie les dérapages de M. Gattaz ) à refuser toute réécriture de ce pilier du texte est levé .

Les trois économistes très orthodoxes, auteurs de la note, expliquent très bien leur logique . Ils invitent " Etat et partenaires sociaux à inciter à des clauses dérogatoires dans les conventions étendues, pour ce qui touche aux minima des branches et autres dispositifs affectant la rémunération horaire effective ... grâce, par exemple, à un accord collectif d'entreprise ... car, les accords de branchze, qui couvrent 90% des salariés du privé, définissent pour la plupart des minima de salaire dont la revalorisation induit des effets trop forts d'entraînement ... " à la hausse des rémunérations . Les trois compères qui ont échafaudé une telle architecture n'hésitent pas à conclure que le grand échec du Président Hollande aura été de ne pas stopper " l'escalade des salaires " qui a stoppé l'élan du CICE : " Une dynamique favorable des salaires a mis en danger l'efficacité du " Crédit impôt compétitivité emploi " pour réduire durablement le coût du travail , rendant très difficile l'inversion de la courbe du chômage ... "

Nous retrouvons, ici, la théorie ultra-libérale du salaire ennemi de l'emploi que " Président Hollande " a fait sienne définitivement, qui explique sa détermination à aller jusqu'au bout du processus et démontre que désormais " les 1% ont repris les choses en main et sont de nouveau aux commandes " ( Dany Lang, Economistes atterrés ) .

P. Gattaz, de son côté, faisant savoir au gouvernement ( Le Monde du 30 mai ) qu'il interprèterait toute renégociation de cet article 2 comme un casus belli .

Ce dernier projet gouvernemental signe durablement, s'il en était besoin, " l'énoo'orme escroquerie politique " que fut l'élection de François Hollande, en 2012 !

Et c'est pourquoi aucune négociation n'est possible sur la base d'un tel texte .

NB : à partir de l'article de Clotilde Mathieu " Le véritable objectif de Valls et Gattaz " , l'Humanité du 1er juin 2016 .

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 15:50
Site " Poètes en résistance " .Site " Poètes en résistance " .

Site " Poètes en résistance " .

" Ils sont appuyés contre le ciel

Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel.

Avec toute la vie derrière eux...

Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent ... "

( Les fusillés de Châteaubriant, René Guy Cadou ) .

Ca ne passe pas ! Les injures proférées par Monsieur Pierre Gattaz, patron des patrons, le 30 mai dernier, à l'encontre des militants de la CGT, ne passent pas ...Et ce d'autant moins que dans le même élan où il lançait ses " crachats " au visage de travailleurs en lutte pour leur dignité, il ajoutait, dans son entretien au Monde ( passée un peu inaperçue ) une menace : " Je regrette que le MEDEF n'ait pas la capacité d'agir directement contre ces actions scandaleuses ( grèves et blocages ) . M. Gattaz aurait-il la nostalgie des milices patronales ?

Monsieur Gattaz ! Le 22 octobre 1941, à Châteaubriand, en " Loire Inférieure ", 27 otages , issus du camp de prisonniers politiques de Choiseul, furent fusillés par les Allemands, suite à l'attentat commis, deux jours auparavant, contre un colonel de la Werhmarcht . ( Parmi eux, le plus jeune, 17 ans, s'appelait Guy Môquet ) .

Tous ces otages étaient communistes ou pro-communistes - la plupart arrêtés en 1939, quand le gouvernement Daladier avait déclaré le PCF hors-la-loi - et sept d'entre-eux étaient des responsables de la CGT, secrétaires de Fédérations :

  • Désiré Granet : papiers et cartons .
  • Jean Grandel : postes .
  • Charles Michels : cuirs et peaux .
  • Jean Poulmarc'h : chimie .
  • Henri Pourchasse : cheminots .
  • Jean-Pierre Timbaud : métallurgie .
  • Jules Vercruysse : textile .

​Ils faisaient partie de la liste des 61 noms d'otages à exécuter, présentés aux autorités allemandes comme " individus dangereux ", par le Ministre de l'intérieur de Vichy, Pierre Pucheu, précédemment ministre du Travail et de la production industrielle de Pétain - grand patron de la sidérurgie - sur l'avis de son âme damnée, Georges Chassagne, ingénieur, animateur du Comité d'Organisation de l'Automobile, sur place, à Nantes, à ce moment-là, et ayant visité le camp de Choiseul quelques jours auparavant . Si l'on ajoute à ce duo, le très trouble François Lehideux, directeur général des Usines Renault, jusqu'en 1940, puis successeur de Pucheu à la Production industrielle, et très lié aux deux compères précédents, on peut très aisément avancer que ces responsables de la CGT ont pâti d'être trop bien connus du grand patronat, M. Gattaz !

Ce grand patronat, qui n'avait qu'une obsession : sa revanche sur le Front Populaire .

​Les choses ont-elles bien changé, aujourd'hui ? La question ne mérite-t-elle pas d'être posée quand le MEDEF ne cache plus que son objectif est de prendre sa revanche sur le modèle social issu du programme du Conseil National de la Résistance .

Certes, dans l'ignominie, on trouve toujours plus fort que soi . Et aujourd'hui, 1er juin 2016, M. Gattaz a été rattrapé par un journaliste en plein naufrage : " Même si la comparaison peut paraître scabreuse, est-il si illégitime d'oser la formuler ? La France est soumise aujourd'hui à deux menaces qui pour être différentes n'en mettent pas moins en péril son intégrité : Daesch et la CGT " . ( Franz-Olivier Giesberg, Le Point ) .

Qui sera demain l'ordure de service qui qui prendra la voix de l'indignité et du déshonneur ?

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 14:49
" Il ne faut pas que ça s'infecte " !

Ne cherchez pas les articles ayant titré " Panique à la tête de l'Etat", ou en " haut lieu ", ils ont été retirés de toutes les publications, ou presque, sur le Web, de ces derniers jours .Curieux, non ?

L'escalade verbale qui sévit depuis jeudi dernier dans les milieux patronaux et gouvernementaux éclaire sur le niveau de rupture dans les règles du jeu social que nous vivons .

En voici quelques exemples qui donnent la nausée .

Un haut responsable politique, ayant pris la précaution de garder l'anonymat, a qualifié le mouvement social né de l'opposition à la loi " El Khomri " d'infection ", rapporte le journal Les Echos du 29 mai, repris par Mediapart, du 31 mai : " Il ne faut pas que ça s'infecte " . Saluons la délicatesse du propos !

Le mépris de la classe dirigeante envers les salariés en grève ou qui manifestent, défendant honnêtement leur droit à la vie : des hommes et des femmes ramenés à un " ça " hautain, comme s'il s'agissait d'une misérable marchandise .

Quelle morgue, quelle arrogance, quel déluge de haine percent dans cette incroyable comparaison des grévistes à une " prolifération microbienne ", qui vient contaminer, souiller un organisme qui " allait mieux " ... Le summum du Mépris en majuscule est atteint .

Comparer les militants de la CGT, car c'est évidemment d'abord la CGT qui est visée, à une colonie de microbes, de germes pathogènes infestant la société, peut évoquer, à certains égards, le sinistre mot de " Himmler " comparant les juifs à " une infection majeure " dont l'Allemagne devait se purifier . ( Club Mediapart, Brigitte Pascall, 31 mai ) .

En tout cas, la formule s'accommode très bien aux gazages, matraquages, tirs de LBD40 dont sont victimes depuis trois mois, " ces êtres profondément nuisibles " .

L'idée que les revendications, la colère contre la loi " El Khomri " pourraient être " légitimes " n'effleure plus l'esprit " moisi " de ces dirigeants socialistes, passés avec armes et bagages dans le camp de la défense du capital ...

Hier, c'est la " hyène du MEDEF ", P. Gattaz qui en rajoutait une couche dans les colonnes du Monde, traitant les militants de la même CGT de " voyous " et de " terroristes " .

L'indécence de la saillie du président du MEDEF est proportionnelle à la voracité de ses mandants du CAC 40 qui rackettent les fonds publics du pays, étranglent la recherche et l'investissement, tuent l'emploi à seule fin d'accroître toujours plus leurs dividendes .

Comparer les militants de la CGT aux tueurs qui ont ensanglanté Paris, à deux reprises, en 2015, est proprement ignoble .

Mais soyons clairs ! Manuel Valls répétant à longueur d'interview que la CGT prend les Français en " otages ", frôle également la ligne jaune .

Imaginer, une seule seconde, qu'après de tels propos, de telles violences, une telle arrogance, un compromis, même boiteux, puisse être signé, demain, entre le gouvernement et la CGT, relève de l'inconscience .

Le calcul de F. Hollande de lâcher sur des revendications catégorielles, à la SNCF, à la RATP ou dans le transport aérien, afin de ne rien lâcher sur l'essentiel, à savoir la loi " El Khomri ", en divisant davantage le front syndical, est devenu irréalisable .

Le Président vit en apesanteur . Il reste persuadé qu'à des Français qui perdent pied, qui se noient, qui désespèrent, il va pouvoir encore vendre de l'écume, autrement dit, les prendre, une deuxième fois pour des " couillons " .

PS : Aujourd'hui, le MEDEF demande à toutes les entreprises bloquées par des grévistes de porter plainte contre eux . Cela s'appelle " mettre de l'huile sur le feu " et confirme notre sentiment .

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 15:30
Le salarié n'est pas un objet !

" Je ne pense pas que la connaissance des capacités de production et de consommation soit la panacée pour résoudre la crise actuelle, ce qu'il faut, c'est une diminution légale et graduée du temps de travail, selon les professions, pour supprimer le chômage, parallèlement à la fixation d'un salaire minimum pour garantir le pouvoir d'achat des masses, la régulation des stocks de monnaie et du volume des crédits, la limitation légale du prix des marchandises . " ( Albert Einstein, " La production et le pouvoir d'achat ", dans, " Comment je vois le monde ", 1934 ) .

J'aime bien l'avis des génies issus des sciences dures, les vraies .

La " Loi Travail " ou " Loi El Khomri " introduit un recul historique " inédit " dans notre histoire sociale - en signant le retour au principe du " travail-marchandise " - puisqu'elle réduit le salarié à sa force marchandisée en diminuant ce qui dans la loi et les conventions collectives faisait de l'emploi " un enjeu social " , bien au-delà des seules motivations économiques de l'entreprise, prise à part, particularisée .

Pour saisir ce mouvement en arrière, il faut revenir à quelques données de base .

Dans le droit moderne, issu d'une longue construction conflictuelle mais toujours stabilisée par des mises à jour juridiques, le salarié n'est pas un objet, il n'est pas " la chose " d'un propriétaire . Il n'est ni acheté, ni vendu, il vend une capacité de travail, il se loue comme force de travail, ce qui n'est pas tout à fait pareil . Et s'il se loue, c'est qu'il ne peut faire autrement du fait de la séparation historique du travailleur d'avec les moyens de production .

Ne pouvant subsister sans reproduire sa force de travail, il ne peut vivre que par la médiation du capital auquel il se vend . Le contrat de travail est la forme juridique de cette dépendance économique du travailleur au capital . Autrement dit, le droit formalise la subordination juridique du salarié à l'employeur .

Longtemps, le lien juridique entre un patron et un ouvrier avait pris la forme d'un " contrat de louage " de services entre deux individus réputés indépendants l'un de l'autre, le point de vue marchand prédominant dans cette définition .

Dans le droit du travail moderne tel qu'il se dessine au début du XXe siècle, va s'affirmer le point de vue organisationnel . Le lien de subordination devient explicite : " Il est caractérisé par l'exécution d'un travail ( celui du salarié ) sous l'autorité de l'employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d'en contrôler l'exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné " , jurisprudence de la Cour de Cassation du 13 novembre 1996 .

Dans cet ordre d'idée, on peut également citer une autre jurisprudence de la même Cour, datant du 15 janvier 1960 qui précise : " L'employeur est seul juge de savoir quels sont les salariés qu'il doit conserver dans l'intérêt de son entreprise " .

Ce rapport de subordination est donc le coeur d'un droit du travail qui consacre juridiquement la dépendance économique du salarié et la dissymétrie du rapport de pouvoir entre le propriétaire du capital et le travailleur . Mais c'est la reconnaissance de cette subordination qui a permis aux organisations syndicales de gagner - dans la lutte - l'encadrement de ce pouvoir de l'employeur par la Loi, le pouvoir réglementaire et les accords de branche par le fait même qu'ils obtenaient, tout au long du XXe s., la reconnaissance que l'emploi et le travail engageaient bien plus que des intérêts reliant des personnes privées - au contraire des pays anglo-saxons .

Les luttes syndicales avaient permis de faire reconnaître le caractère pleinement social de l'emploi et du travail justifiant ainsi la protection légale des salariés, en matière de santé, de sécurité, de formation, de protection de leur famille .

La spécificité française, ce n'est rien d'autre que cela, mais cette spécificité pèse très lourd en matière de droits fondamentaux des individus .

Et donc, accroître la fragilité de la position des salariés dans l'entreprise, en les soumettant à une menace renforcée au licenciement, donne au caractère supposé démocratique de " l'accord d'entreprise ", pierre angulaire de la " Loi Travail ", un caractère plus que douteux .

Contrairement aux affirmations réitérées des dirigeants de la CFDT, il faut dire qu'aucun " équilibre " ne peut avoir lieu entre des parties rendues de plus en plus inégales par les faits et par la loi .

Privilégier aujourd'hui " l'accord d'entreprise ", et lui donner une force juridique, compte tenu de la faiblesse, voire de l'inexistence de la présence syndicale dans l'entreprise, compte tenu du chômage de masse et de l'angoisse qu'il génère, compte tenu de la pression de la concurrence qui s'exerce sur les entreprises et donc sur les salariés, inverser la hiérarchie des normes ( art. 2 du projet de loi ) revient à " désocialiser " l'emploi et le travail, et à engendrer une société du travail sans règles, sans liens, ni humains, ni politiques .

L'insécurisation quasi totale des salariés va entraîner des conséquences politiques de plus en plus graves dont les conflits sociaux actuels ne donnent qu'un avant goût .

NB : d'après l'article de " Collectif critique ", " La loi travail est dangereuse, du 30 mars 2016 .

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 15:15
A l'assaut du Palais d'hiver .A l'assaut du Palais d'hiver .

A l'assaut du Palais d'hiver .

" Au prix d'épreuves et de sacrifices, les êtres humains s'adapteront " ( Raymond Barre, Premier Ministre de Giscard d'Estaing, 1976-1981 ) .

La lobotomie durait depuis vingt ans, depuis la fin des grandes grèves de l'automne 1995 qui avaient laissé un Alain Juppé, droit dans ses bottes complètement lessivé , alors que le grand Alain Minc prophétisait, sur France 5, le 9 décembre 1995 : " On se souviendra aussi peu de ça que de la grève SNCF de 1986 " .

Les élites françaises et leurs relais médiatiques se mirent à estimer qu'elles touchaient au but . Ils avaient chanté sous l'ère Mitterrand , dans les années 1980, " Vive la crise ", célébré l'Europe et la modernité, conjugué des alternances sans changement, ils allaient embastiller la justice sociale dans le cercle de la raison capitaliste .

Et pendant qu'allait s'opérer le grand ajustement structurel qui enfin dépouillerait la France de son reliquat d'archaïsme et d'irrationalité, plus rien ne devait bouger . La gauche de gouvernement ne s'était-elle pas déjà ralliée, les syndicats affaiblis, les intellectuels de cour et d'écran laissé séduire par une société qui leur permettait de naviguer sereinement d'un colloque à une commission, en attendant de gagner le soir de l'argent, en dormant ?

Alors, F. Hollande, Manuel Valls et l'ovni Emmanuel Macron se mirent à parler . Il s'agissait une fois encore de mener " la seule politique possible ", c'est à dire de " faire payer les salariés " tout en prétextant qu'on voulait sauver notre protection sociale et l'emploi . Rien de nouveau sous le soleil, en somme !

Le diagnostic était connu - la faillite du pays -, la thérapie prévisible - les sacrifices -, la dialectique familière - équité et modernité - ; pour Président Hollande et Manuel Valls, le succès était assuré .

Aussi, sans trop se soucier de cohérence et de préparation - les médias assureraient la mise en musique idéologique - nos très habiles gouvernants firent partir le coup : " le projet de loi Travail " . Aussitôt, Libération, Le Monde, Le Point, L'Obs, le Figaro, le JDD, les chaînes de télévision d'applaudir un plan, à la fois " courageux ", " cohérent ", " ambitieux ", " novateur ", " pragmatique " ...

Dans la foulée des " scribes ", l'Europe, Wall Street, la City, furent aussi séduits . L'affaire était entendue : après quatre ans d'impairs et de tâtonnements politiques, Président Hollande venait de prouver sa mesure et " François l'audace " prenait toute sa place dans le coeur des journalistes de " marché " .

Mais on ne se défie jamais assez des gueux . On les croyait vaporisés par " la fin de l'histoire ", à tout le moins relégués au rang " d'exclus " sur le sort desquels se pencherait quelque fondation compatissante .

Et voilà qu'ils réapparaissent, "debout ", en colère, déterminés, ayant tout compris . Quelle incongruité ! Nos journalistes " à la solde " se déchaînent : leur discours de haine contre une centrale syndicale et son secrétaire général rappelle celui de Tocqueville lors des journées de juin 1848 .

Comme en 1995, on peut relire des insanités du genre : " Les cheminots et la RATP rançonnent la France pour la pressurer davantage, c'est un vrai racket social " ( Franz-Olivier Giesberg, Le Figaro du 5 décembre 1995 ) ; " D'un côté la France qui veut travailler et se bat, et de l'autre la France aux semelles de plomb, campée sur ses avantages acquis ", clame Claude Imbert, dans Le Point, termes repris aujourd'hui par le Ministre Macron, en personne .

Et le grand Alain Minc d'en rajouter une couche : " Dans un monde unifié par les marchés financiers, il demeure une spécificité française : le goût du spasme " ( TF1, le 4 décembre 1995 ) .

" Un coup de lune ", " une grande fièvre collective ", " un carnaval ", " une dérive schizophrénique ", entendait-on alors, tout comme aujourd'hui .

Mais pour qui se prend-il, cet ouvrier métallurgiste, qui veut abattre " le rêve " des " néo-libéraux ", celui d'une " République du centre " , au service de la Finance, qui dresse contre nous des centaines de milliers de manifestants, des dizaines de milliers de grévistes " mentalement décalés " qui " dessinent les contours d'une France archaïque " ?

Et pourtant la courbe des sondages reste obstinément contraire à celle des marchés et des commentaires, les Français restent majoritairement solidaires ( à 61% ) de ceux qui luttent .

Les gueux " se marrent " quand Manuel Valls leur dit que Philippe Martinez et la CGT n'ont qu'une obsession, prendre d'assaut " le Palais d'hiver " .

NB : interprétation actualisée de l'article de Serge Halimi, dans le Monde Diplomatique de Janvier 1996 ( Les médias et les gueux ), après les grandes grèves de l'automne 1995 .

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 15:11
et les autres !

et les autres !

" C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore " ( Anatole France ) .

D'un côté, raffineries arrêtées, dépôts d'essence bloqués, barrages routiers, grèves à la RATP, grèves à la SNCF, manifestations quotidiennes dans nos villes, trois Français sur quatre contre un projet de loi dévastateur ...

De l'autre, " des minus qui jouent aux matamores ", en guerre contre l'ennemi intérieur, les classes dangereuses : ces routiers, ces cheminots, ces travailleurs des raffineries et des ports, ceux de la RATP, ces jeunes, ces pelés, ces gâleux, ces sans-dents, ces " rien du tout " ... Une minorité, quoi !

Et l'on réprime, on gaze, on matraque, on enfume, on provoque, on cogne, on menace ...

Au-dessus, le Père, le Héros, le Sage, écrit l'Histoire .

Ce matin, sur France Culture, face au journaliste Emmanuel Laurentin, Président Hollande s'est plongé dans l'Histoire, la Grande : " Il y a l'impression que l'on donne de manière fugace, d'une manière volatile, dans le traitement de l'actualité du jour, de l'anecdote racontée, de la polémique, du jugement rapide qui peut être porté sur une action . C'est ce qui est dans l'écume, ce que l'on voit d'abord ... ", a-t-il affirmé . " Et puis il y a la profondeur, le sens même de la trace, l'essentiel de l'action qui n'est pas fondé simplement sur la communication, l'impression que l'on veut donner, le coup politique, le calcul politique ... ", s'est-il défendu . " Et puis il y a le plus important, c'est ce que j'aurai laissé comme trace . Nous faisons l'histoire . Je fais l'histoire . Je ne la raconte pas ... " . Qu'est-ce que vous croyez ? Et d'ajouter :

" Il y a des personnalités très fortes, des caractères remarquables . Mais il y a aussi des circonstances qui font qu'un homme politique décrié, repoussé, Churchill, peut devenir un héros . C'est Clémenceau pris, à la fin du XIXe s., dans le scandale de Panama qui devient le sauveur de la patrie ... " . Là, on prend peur . Le grand naufrage est proche !

L'affaire est entendue : où êtes-vous allé chercher que ce sont les peuples qui écrivent l'histoire ?

Ecoutez TF1, France 2, Canal +, BFM TV, I Télé, LCI et les autres : depuis le pic du 31 mars, les cortèges ne cessent de maigrir et la décrue se stabilise autour de 100 000 manifestants par journée de mobilisation, pour toute la France ( selon la police ) . Evidemment, si c'est la police qui l'affirme on n'a plus rien à dire,

Les quatre organisations syndicales opposées à la loi Travail n'ont, semble-t-il, pas d'autre choix que de recourir aux " blocages " . " Ah ! persifle-t-on à la CFDT, c'est le signe qu'ils sont minoritaires . Ils se radicalisent d'autant plus qu'ils sont moins nombreux " .

C'est vrai, le mouvement dans les Universités est retombé : l'approche des examens .

Mais pourquoi les médias citent-ils de moins en moins FO et Solidaires pour ne mettre en avant que la seule CGT ? En fait, il s'agit de réduire le conflit à une confrontation CGT-Gouvernement, simplification plus favorable aux manipulations à venir .

Et mieux, aujourd'hui, mardi 24 mai, des médias tentent de mettre en scène le seul combat de deux personnalités, une finale de championnat de boxe : " Valls-Martinez ", en quelque sorte .

Qui mettra K.O. l'autre ? Amusant, non ?

Mais l'entourage de Manuel Valls paraît rassuré : " Le blocage d'essence est un grand classique . On ne voit pas la convergence des luttes et il n'y a pas de débouché politique à cette consultation . Il n'est pas question de retirer le texte " .

Cet entourage ferait bien de ne pas oublier qu'une nouvelle journée de mobilisation est prévue ce jeudi suivie d'une grande manifestation le 14 juin et d'écouter l'historien du mouvement syndical, Jean-Marie Pernot : " Beaucoup va dépendre du gouvernement . A lui de ne pas commettre la faute de trop qui pourrait relancer la mobilisation " .

Le chercheur pense à l'évidence à l'arrogance qui habite Manuel Valls qui s'arc-boute sur une intuition, celle de " l'après " : " En 2010, les gens sont descendus dans la rue ( réforme des retraites ) pour peser sur l'après Sarkozy ... Aujourd'hui, c'est différent, ils savent que derrière ( 2017 ), il y a la droite et un projet autrement plus libéral ..." .

Le conflit va s'éteindre grâce à " la peur du pire " et la CGT y aura perdu beaucoup en influence, parie Valls .

Intarissable espoir de ceux qui nous dirigent !

(1) . Titre du billet de Jean Ortiz, l' Humanité du 24 mai 2016 .

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 15:30
Les héritiers !

Les héritiers !

Fourbe : personne qui trompe avec une adresse perfide ( de l'argot fourbir : voler ) . Est perfide ce qui est funeste et dangereux, présenté sous des apparences agréables .

Les observateurs se sont usé les méninges pendant cinq ans pour déchiffrer la personnalité de F. Hollande, en vain : énigmatique, indifférent, distant, froid et même blagueur ... Pourtant, aujourd'hui, la clarté est faite : le Président Hollande est un fourbe .

Une nouvelle fois, F. Hollande ment sur un point essentiel qui engage lourdement la France .

Le journal " Le Monde " vient de dévoiler un document du 7 avril 2016 * qui atteste que le gouvernement français a soutenu devant le Conseil Européen la création d'un mécanisme d'arbitrage privé en Europe, afin de protéger les investissements des firmes multinationales .

Ceux qui ont pu suivre le dossier de la négociation du TAFTA, entre l'Europe et les EEUU, peuvent mesurer le degré de trahison atteint .

L'existence de ces tribunaux privés en matière économique, entraîne que ces firmes sont en droit de porter plaine contre une législation d'Etat ou locale et demander réparation des avantages qu'elles attendaient de la situation précédente . Cela signifie qu'elles ne sont plus jugées selon la loi du pays concerné mais selon les décisions d'un tribunal composé d'experts privés .

Il s'agit d'un système où la loi ne s'appliquera donc plus aux firmes industrielles mais place le pays sous la menace d'un dédommagement à leur verser au nom de la Loi votée par ses représentants .

C'est ainsi que le Canada fait l'objet d'un recours en dédommagement de plusieurs milliards de dollars contre sa décision de stopper les forages sur le gaz de schiste, l'Australie contre sa loi anti-tabac, l'Allemagne contre sa décision d'arrêter le nucléaire .

La trahison de nos dirigeants est totale . Depuis plusieurs mois, le Président français tonne qu'il s'opposera avec fermeté à l'inclusion d'une telle clause dans le TAFTA, invoque l'état de casus belli avec l'Europe, si elle est maintenue . En 2015, le gouvernement français avait même envoyé une note à l'intention des eurodéputés français pour leur signifier que le mécanisme d'arbitrage " investisseur-Etat " dans le cadre de la négociation du TAFTA n'était " ni utile, ni nécessaire " . Et l'Assemblée Nationale avait même voté, dés le début du quinquennat son refus de voir créer de telles instances .

Et l'on découvre, aujourd'hui, que dans le même temps le gouvernement a fait tout le contraire en menant des discussions avec l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande et les Pays-Bas pour soutenir la mise en place de ce mécanisme dont le résultat a été présenté le 7 avril à Bruxelles .

Cet épisode nous rappelle les discussions du premier semestre 2013, quand F. Hollande nous annonçait une loi qui allait obliger les banques à séparer leurs activités spéculatives, de marché, de leurs activités de dépôt des comptes de particuliers, afin de protéger ces derniers et les contribuables des errements des établissements bancaires .

Il jouait au chevalier blanc en public, tandis que son âme damnée, le ministre des finances, Pierre Moscovici, discutait en sous-main, avec les banquiers, un texte à minima, qui finalement n'imposait aux banques de cantonner leurs activités spéculatives dans une filiale ad hoc que pour moins de 1%, de leur chiffre d'affaire . Les 99% autres étant garantis par l'Etat, donc par le contribuable : le pacte fut ratifié par l'adoption de la Loi du 18 juillet 2013 . Cette forfaiture fut peu relayée dans les médias . L'ambitieux Moscovici fut récompensé par un poste à la Commission Européenne .

C'est, dans les deux cas, le pire de la méthode Hollande, son identité génétique : gesticulations de façade pour démobiliser les acteurs de terrain, éventuellement créer un peu d'espoir mais pendant ce temps l'arnaque avance en coulisses et en secret .

* Le Monde du 19/05/2016 . Document, fuité, communiqué par le réseau militant " Seattle to Brussels " . Le document constitue la réponse de ces cinq membres de l'UE, parmi les plus anciens, à une demande pressante de la Commission, à l'été 2015, en vue d'abroger quelque 200 traités bi-latéraux d'investissements, entre anciens et nouveaux membres de l'Union, et élaborer un nouveau traité ...

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 15:47
Fresque de Salvador Allende à Pessac, en Gironde . ( Images déposées par Anne-Marie Lesca le 27/01/2015 )Fresque de Salvador Allende à Pessac, en Gironde . ( Images déposées par Anne-Marie Lesca le 27/01/2015 )
Fresque de Salvador Allende à Pessac, en Gironde . ( Images déposées par Anne-Marie Lesca le 27/01/2015 )
Fresque de Salvador Allende à Pessac, en Gironde . ( Images déposées par Anne-Marie Lesca le 27/01/2015 )Fresque de Salvador Allende à Pessac, en Gironde . ( Images déposées par Anne-Marie Lesca le 27/01/2015 )

Fresque de Salvador Allende à Pessac, en Gironde . ( Images déposées par Anne-Marie Lesca le 27/01/2015 )

" Pas une carte au monde n'est digne d'un regard, si le pays de l'Utopie n'y figure pas " ( Oscar Wilde ) .

" A la huelga " ( Chanson de la guerre civile espagnole de Chico Sanchez Ferlosio, intreprétée par Rolando Alarcòn ) .

" A la lucha compañero, no vayas a trabajar .

Deja quieta la herramienta que es la hora de luchar .

A la huelga diez, a la huelga cien, a la huelga madre, yo voy tambièn,

A la huelga cien, a la huelga mil, yo por ellos madre y ellos por mì .

Contra el gobierno del hambre, nos vamos a levantar,

Todos los trabajadores, codo a codo con el pan .

Desde el pozo y el arado, desde el torno y el telar,

Vivan les hombres del pueblo, a la huelga general .

Todos los hombres del mundo, la mano nos van a dar,

para devolver a España su perdida libertad .

A la huelga diez, a la huelga cien, a la huelga madre, yo voy tambièn,

A la huelga cien, a la huelga mil, yo por ellos madre, y ellos por mì ... "

( C'est la lutte camarade, ne va pas travailler / Laisse ton outil tranquille car l'heure de la lutte est venue / En grève à ,dix, en grève à cent, ma mère, moi aussi je pars en grève, / En grève à cent, en grève à mille, moi pour eux, ma mère, et eux pour moi ... )

La lutte engagée, aujourd'hui, par les travailleurs français, est regardée attentivement dans tous les pays d'Europe . Les peuples européens ont compris qu'elle va bien au-delà d'une simple opposition à un projet de loi mais qu'elle remet en cause tout le système .

Son issue peut devenir un évènement majeur pour toute l'Europe .

Le 11 septembre 1973 , le Président socialiste chilien Salvador Allende, alors que son palais présidentiel est pris d'assaut, par les soldats de Pinochet, s'écrie : " Comme le veut l'histoire, je paierai de ma vie la loyauté du peuple " .

Nous n'en demandons pas tant, au Président socialiste français F. Hollande : nous ne lui demandons pas de mourir pour nous, nous lui demandons seulement de partir .

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 14:54
En orbite !

En orbite !

" L'Europe et le Medef ont trouvé dans le Parti Socialiste et le gouvernement Hollande-Valls deux agents beaucoup plus efficaces pour mener à bien leur " refondation sociale " de la France que le dernier gouvernement Sarkozy-Fillon qui n'avait pas osé aller aussi loin " ( J. Nikonoff ) .

Quand je titre le présent billet par une allusion à " un coup d'Etat constitutionnel ", je ne pense pas au Brésil et à le destitution autant immorale qu'illégale de la Présidente Dilma Rousseff, je parle de la tentative de coup d'Etat, menée au nom du grand patronat français, par un Président et un gouvernement, français, supposés socialistes, tentative habilement orchestrée , jusqu'à présent du moins, grâce à des manipulations médiatiques d'une vulgarité désarmante, mais qui n'en reste pas moins une attaque clairement affichée contre le principe fondamental - au sens étymologique - de notre République : " l'Egalité " .

J'ose même affirmer que c'est précisément parce qu'ils savent très bien ce qu'ils font qu'ils ont choisi de mettre en oeuvre une répression féroce à l'encontre de ceux qui manifestent contre leur projet, faisant prendre des risques majeurs à l'ensemble de la société .

En république le pouvoir appartient au peuple directement ou par l'intermédiaire de ses représentants, les députés . Il leur revient de décider des conditions de travail, de sa protection et de sa promotion par le vote de la Loi .

L'article 34 de la Constitution dit : " La loi détermine les principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et de la Sécurité Sociale " .

Ces questions relèvent donc d'abord et avant toutes autres considérations de la représentation nationale ( le Parlement ) - c'est à dire le champ politique - et seulement après des partenaires sociaux parce que, et la raison est simple, la représentation nationale est l'émanation du peuple tout entier alors que les partenaires sociaux n'en représentent qu'une fraction .

C'est ce que souhaitent changer l'Europe et le Medef grâce à la complicité d'un Président et d'un gouvernement socialistes .

C'est pourtant devant la Loi, et seulement devant la Loi, que " tous les citoyens sans distinction " peuvent voir affirmé et respecté leur " droit à l'égalité ", que tous les citoyens sont considérés comme égaux .

Si la Loi devient seconde par rapport au " contrat " - le contrat de travail, en la circonstance - devant qui ou quoi les citoyens seront-ils égaux ?

Par nature, un contrat ne peut satisfaire au principe d'égalité puisque dans le cadre de la signature d'un contrat il y a toujours un faible et un fort - un demandeur par rapport à celui qui détient la réponse - à fortiori lorsqu'il se contracte individuellement entre un salarié et un employeur .

Nous changeons complètement de paradigme, avec l'inversion de la hiérarchie des normes, avec la disparition de la puissance de " faveur " accordée à la Loi par notre Constitution. Le pouvoir d'édicter les règles sociales passe aux mains du patronat, principalement du grand patronat, concrètement au siège du MEDEF, dont on peut deviner, sans risque de se tromper, ce qu'il en fera : insécurité, flexibilité, précarité ...

Une formule peut résumer le nouveau paradigme social : " Le temps social aligné sur le temps du marché " ( J. Nikonoff ) .

Sur un plan purement juridique " le projet de Loi El Khomri ", adopté en force à l'AN, ne peut pas tenir la route devant le Conseil Constitutionnel, justement à cause de la rupture avec le principe d'égalité qu'il implique .

Mais, comme ce Conseil est aujourd'hui présidé par un éminent socialiste, Laurent Fabius, épaulé par un non moins éminent socialiste, Lionel Jospin, gageons que notre Cour Suprême trouvera le moyen de produire une nouvelle définition suffisamment tarabiscotée de " l'égalité " pour valider la nouvelle Loi .

ET alors, le coup d'Etat constitutionnel sera consommé !

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