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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 14:10
Le pont de l'Alma .

Le pont de l'Alma .

" Dans le théâtre post-soixante-huitard s'imposa la manie de briser la barrière entre acteurs et spectateurs, d'abolir la scène, de mélanger les rôles : le préjugé à la place de la connaissance, l'opinion à la place de la pensée, l'ignorance à la place du savoir ", ( Robert Redeker ) .

Jeudi 8 septembre, salle Wagram, F. Hollande prononce un discours historique dans lequel il redessine la France et annonce ce qu'elle sera lors de son second quinquennat : un souffle nouveau vient de naître .

Extraits :

Le vivre ensemble :

" Je veux réconcilier les oeufs brouillés, faire que le beau temps puisse se coucher, apprendre aux chandelles à se moucher, aux lampes-pigeons à roucouler, amnistier les portes condamnées à l'exception des porte-manteaux, faire sauter les plombs à coups de trique et les pommes de terre au plastic . J'exigerai que les volcans soient ramonés une fois par an, je rendrai obligatoire et laïque le port du slip en céramique mais le port du Havre sera interdit - au titre du principe de précaution - aux moins de seize ans en cas de gros temps . Je simplifierai les lignes d'autobus - d'Emmanuel Macron - en supprimant les terminus et pour montrer que le social reste notre priorité, je ferai beurrer tous les hommes-sandwichs . Voilà notre programme ! "

L'écologie n'est pas oubliée .

Le Think Tank " Terra Nova " propose au Président une solution au problème de la pollution dans Paris .

" Je changerai la Tour Eiffel de place . Il faut mettre la Tour Eiffel Place de l'Etoile . Cela supprimera le sens giratoire imposé par l'Arc de Triomphe, sous lequel on ne peut pas passer, ce qui augmente les émanations de gaz . Avec la Tour Eiffel à l'Etoile on pourra traverser en ligne droite, en croix ou en diagonale ce qui réduira la propagation de particules fines ... "

Sécurité :

" Afin de renforcer les services de renseignement, je transformerai la police des " moeurs "en police des " nurses " chargée, depuis un central de vidéo-surveillance, de veiller sur tous les squares de Paris . Aussitôt une nurse frauduleuse repérée - grâce à son burkini - parmi les centaines de nurses installées dans les allées d'un parc, les patrouilles volantes fonceront vers le point signalé par le central pour interpeller, en toute discrétion, la fausse nurse qui pourrait menacer nos chers nourrissons ;

Solidarité :

" J'officialiserai la semaine de l'eczéma . Je demanderai à la troupe des Epidermes de la Sorbonne de jouer l'Herpès d'Aristophane et psoriasis d'Eschyle . A l'anthrax, en exposition de croûtes sera proposée dans le foyer de l'inflammation, avec dégustation de glaces à la pénicilline .

Le Théâtre de l'Opéra annoncera une reprise de l'Acné ainsi que la création du ballet espagnol : l'Impétigo .

Il sera prudent de réserver ses plaques très à l'avance ... "

Protection des animaux :

" Il sera rappelé à la société protectrice des cornichons que la Directive européenne du 18 brumaire, toujours en vigueur, interdit de précipiter les cornichons vivants dans le vinaigre . Son Paragraphe 49 alinéa 3 stipule que l'âge minimum du cornichon adulte est fixé à 13 ans " .

Politique extérieure :

" J'annexerai le Sahara et créerai le Consortium africain des mirages ( CAM ) qui devra répondre immédiatement à toutes les demandes, dans le but de faire revenir la prospérité économique .

Le malheureux voyageur perdu dans les sables et mourant de soif, dès qu'il sera repéré par un hélicoptère du Consortium, se verra offrir le mirage d'un ruisseau . Quand il s'en approchera, le ruisseau sera aussitôt remplacé par un receveur de la compagnie tout droit descendu de l'hélicoptère :

- Mirage simple, un ruisseau : 500 euros ; supplément pour clapotis : 75 euros ; taxe de séjour : 12 euros ; vous me devez ! 587 euros " .

Comme on peut le constater, le programme du futur candidat de la gauche unie à l'élection présidentielle de 2017 se veut ambitieux, exhaustif et sortant des sentiers battus .

NB : Extraits empruntés au livre de Francis Blanche " Pensées, répliques et anecdotes ", Le Cherche Midi, 1996 .

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 14:38
Dessin de Gros dans Marianne, No 1013 .

Dessin de Gros dans Marianne, No 1013 .

(1) . " L'école devrait être au coeur des préoccupations des candidats à la prochaine élection présidentielle . Or il n'en est rien . Regrettable ..." ( Marianne, No 1013, page 20 ) .

On ne saurait attribuer, sans commettre une injustice, l'état actuel de l'école à F. Hollande . Ce pilier de la République s'affaisse depuis plus de trente ans, après que F. Mitterrand eut tué le dernier grand ministre de cette institution, Alain Savary, au détour de la manifestation géante des tenants de l'école dite " libre ", du 24 juin 1984, à Paris où l'on trouvait les parents de ceux qui manifestèrent au début du quinquennat contre la Loi instituant " le mariage pour tous " .

Les apprentis sorciers qui ont fait de notre école une espèce de boutique de " restauration rapide ", avec force moniteurs de cuisine, tisseurs de macramé et sculpteurs de pâte à modeler, sont connus : Lionel Jospin, Jack Lang, F. Bayrou, Claude Allègre et Ségolène Royal, F. Fillon, Luc Ferry, Xavier Darcos, Luc Chatel, Vincent Peillon, Najat Vallaud-Belkacem, autant de ministres qui choisirent pour leur propre tranquillité, non pas d'améliorer la situation de l'école mais de faire plaisir aux parents d'élèves avec un but non avoué : distraire les élèves pendant que les parents sont au travail .

Cela commença par cette manie désastreuse qui consiste, quand un problème est insoluble, d'en renvoyer la solution sur le système scolaire, comme ils disent, : le sexe, la race, la nation, l'immigration, l'environnement, la politesse ou le code de la route .

La grammaire, la littérature, le calcul, l'histoire de France pourraient attendre .

L'école n'a jamais été faite pour résoudre les problèmes de la société, par contre, comme le disait Charles Péguy, toute crise de l'école témoigne d'une crise de la société .

Depuis trente ans, l'école n'a pas eu les responsables qu'elle méritait . Ils ont pulvérisé ce trésor national au profit de " sales " compromissions avec le monde économique, à travers ce slogan puant : " C'est l'école qui produit nos millions de chômeurs " . Les activités de macramé vont corriger cela !

Prenons la fameuse éducation à la citoyenneté, vue par leurs yeux de technocrates emballés par le slogan : " Il faut ouvrir l'école sur la vie " .

Qu'en est-il ? On a surtout ouvert l'école à la violence, à la triche, au fric, à la frime, à la drogue, au racket, au sexisme, à la haine, à l'inculture .

Pour un certain nombre de parents, l'école publique est devenue un lieu mal-famé : est-ce que j'exagère ? Ecoutez , autour de vous, à quoi tient le succès des écoles privées !

Oui, c'est vrai, j'ai la nostalgie de cette école où j'apprenais le scepticisme avec Montaigne, la vertu de la critique avec Voltaire, l'esprit chrétien avec Pascal, la rêverie avec Gérard de Nerval, le romanesque avec Balzac, la véhémence avec Victor Hugo, la rébellion avec Emile Zola ...

Aussi, je le dis sans ambages, je donnerai ma voix, en 2017, au candidat qui osera annoncer que tout est à reprendre, tout est à réformer, mais attention, réformer avec les maîtres, et non avec l'Inspection Générale de la Rue de Grenelle dont les rapports ne sont que des inventaires de bazar, réformer avec des professeurs mieux payés et considérés que des équipiers de McDo,

Je donnerai ma voix à un discours abandonnant la philosophie de la complaisance au profit de l'excellence, de l'effort, du dépassement de soi . Un discours auquel le candidat de mon choix ajoutera : diminuons l'écart des salaires par deux, fixons un plafond pour les revenus dans l'entreprise, imposons beaucoup plus les dividendes, allégeons la charge fiscale des classes moyennes qui ne consomment plus ...

Et pourquoi ? Pour que la lutte pour la réduction des inégalités, qui doit faire partie des missions de l'école, puisse y prendre toute la dimension qu'elle mérite .

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 14:35
" De Mickey à Donald, d'Eurodisney à la Trump Tower " (1) .
" De Mickey à Donald, d'Eurodisney à la Trump Tower " (1) .
" De Mickey à Donald, d'Eurodisney à la Trump Tower " (1) .

Ou, dix années de la trajectoire de Nicolas Sarkozy .

" J'ai senti que j'avais la force de mener ce combat à un moment si tourmenté de notre Histoire ", ( Tout pour la France, N. Sarkozy, Plon ) .

Les Américains ont Donald, nous avons Mickey . Mais attention, à l'inverse des bandes dessinées qui leur sont consacrées, ces deux-là, ne sont pas vraiment des gentils .

En décembre 2007, Mickey met en scène une escapade à Marne la Vallée pour présenter aux Français sa nouvelle fiancée, Minnie-Carla .

Presque dix ans plus tard, Mickey " Saison 2 ", mais qui a perdu la légèreté juvénile d'un Walt Disney, piétine allègrement les plates-bandes, de Donald .

" Même énergie, même goût pour la provocation, même apparence de virilité, même brutalité, même penchant pour l'argent, attrait commun pour les conférences grassement payées ... " et même toupet : au sommet pour l'un, implantation capillaire ; aux pieds pour l'autre, les talonnettes .

Côté style, la gémellité est donc totale .

Côté contenu, les deux héros de bande dessinée se ressemblent tellement qu'ils labourent les mêmes terres identitaires, attisant une rhétorique belliqueuse et xénophobe censée rassurer des populations apeurées de pays en état de guerre : rassurer le petit peuple " blanc " en voie de déclassement pour l'un,

Donald veut un mur entre les EEUU et le Mexique - mur qui existe déjà - mais il ne l'a pas vu et ne plus accueillir de musulmans aux EEUU ; et quand, un peu inquiet de son audace il veut " rétropédaler ", il provoque la colère de ses supporters .

Mickey veut des camps d'internement pour tous ceux qui sont suspects d'être suspectés de s'être radicalisés dans l'islamisme, un jour, et même un " Guantanamo " pour les plus suspects des suspects pour rassurer le bon peuple aux racines chrétiennes . Dans le même temps il prône la fin du regroupement familial et la remise en cause du droit du sol .

Au printemps 2016, quand Donald s'envole dans les sondages en vue de l'investiture républicaine, Mickey balance à qui veut l'entendre " qu'on va voir ce que ça donnera en novembre, en France " .

Les mots, les attitudes, les grimaces, tout, jusqu'aux rictus, aux mâchoires crispées, au doigt accusateur tendu, font du Mickey français le double de Donald aux EEUU .

Imaginez : alors que la situation économique fragile aux EEUU, dépressive en France, aurait dû suffire à garantir l'alternance dans les deux pays, l'un et l'autre choisissent délibérément de mettre le feu sur le terrain identitaire .

Et comment se justifient les deux histrions ? De la même manière .

Donald : " Je ne suis pas politiquement correct parce que le politiquement correct ça prend trop de temps ... " .

Mickey : " Moi, j'ose ... je dis ce que les autres taisent ... Je remets en cause les vaches sacrées ... Je me moque de heurter les bonnes consciences " .

La gémellité atteint les deux héros jusque dans leurs communes faiblesses . Et il y en a deux .

En premier, le refus d'admettre la dureté du réel que tous deux pensent vaincre par un supposé " bon sens " ( le common sense ) : un mur pour l'un, changer la Constitution pour l'autre .

Mickey n'hésite pas à déclarer qu'il faut faire fi " des arguties juridiques " et de " l'Etat de droit " .

Et puis ces deux énergies ont beaucoup de mal à cacher ce complexe commun de la taille qui les travaille jusqu'à l'obsession, eux aspirent à redresser leur pays, à faire retrouver la grandeur à leur patrie respective : " talonnettes, culture du sport mise en scène, bulletins médicaux à répétition, photos avec une Daisy et une Minnie toutes dévouées à la carrière de leur " Raymond " .

NB : d'après l'article de Renaud Dély, " Ce qu'il y a de Trump en lui " , Marianne No 1013 du 2 septembre 2016 .

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 14:46
En 2017, je voterai Victor Hugo .
En 2017, je voterai Victor Hugo .En 2017, je voterai Victor Hugo .

" Mon petit, il faut toujours aimer la France, parce qu'elle a fait de Victor Hugo un Président de la République ", disait à son fils, la mère de l'écrivain-résistant, Romain Gary .

Quel magnifique mot , même s'il est factuellement faux !

Dans le numéro 1012 du 26 août du magazine Marianne, l'éditorialiste Jacques Julliard cite la définition que Victor Hugo donnait du rôle du poète dans la société : " Il faut qu'il jette sur ses contemporains ce tranquille regard que l'histoire jette sur le passé ... Il faut qu'il ne trempe dans aucune voie de fait . Il faut qu'il sache se maintenir au-dessus du tumulte, inébranlable, austère et bienveillant ; indulgent quelquefois, chose difficile, impartial toujours, chose plus difficile encore ; qu'il ait dans le coeur cette sympathique intelligence des révolutions qui implique le dédain de l'émeute , ce grave respect du peuple qui s'allie au mépris de la foule ... Il faut enfin que dans ces temps livrés à la lutte furieuse des opinions, il ait présent à l'esprit ce but : être de tous les partis dans ce qu'ils ont de généreux, n'être d'aucun par leur côté mauvais ... " . ( Préface des Voix intérieures, 1837 ) .

Avec le journaliste, je dis que cette définition devrait valoir pour ce que nous attendons du Président de la République, ajoutant aussitôt que nous en sommes bien loin tant notre intelligence est ballottée entre les casseroles judiciaires des uns, les soumissions à la finance des autres, l'arrogance des uns, les cafouillages politiciens des autres, la vulgarité d'un tel, la placide indifférence de tel autre .

Cela dit, il faut bien répondre à la question qui hante " les veillées " de nos concitoyens et les angoisse : mais qui peut l'emporter en 2017 et se hisser sur le trône si convoité ?

Il n'y a pourtant aucune incertitude sur le résultat final . Le système électoral est trop bien fait et les médias trop bien verrouillés pour que nous succombions à une surprise politique, qu'elle soit heureuse ou malheureuse selon nos voeux respectifs .

Aussi, est-ce avec une véritable assurance, que j'affirme, d'accord en cela avec Jacques Julliard ( Marianne, No 1012 ), que le futur Président de la République se trouve dans la très réduite liste de noms suivante ( par ordre alphabétique ) :

  • François Hollande
  • Alain Juppé
  • Nicolas Sarkozy .

Parmi les dizaines d'outsiders qui battent de leurs petits pieds l'eau de la piscine électorale, dans le sillage des trois premiers, aucune figure n'est à même d'émerger . Leur seule ambition est d'atteindre la lumière, pendant quelques semaines .

​Les deux tiers des Français ne veulent ni du premier, ni du troisième, mais ils voteront pour l'un ou pour l'autre, pour celui qui aura su survivre aux 30% quasi assurés de Marine Le Pen, au premier tour de la présidentielle, sachant que celle-ci n'a aucune chance de se hisser à 50%, au 2e tour de ce scrutin .

Triste sort pour la France : des hommes politiques médiocres pour mettre en oeuvre des politiques médiocres en vue d'un destin médiocre .

Autre certitude à ne pas négliger : la politique ne changera pas . La voie ouverte par F. Hollande sera poursuivie, qui que soit le locataire de l'Elysée . Seul le style évoluera .

Alors, devant tant de certitudes, je choisis de prendre de la hauteur : en 2017, je voterai Victor Hugo .

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 12:47
" Le vol de l'empereur " .

" Toi qui ne pus jamais comprendre le repos, / N'as-tu donc plus la main qui lance le tonnerre ? / N'as-tu plus le sourcil qui fait trembler la terre ? / N'as-tu plus le regard qui produit les héros ? "

( Gérard de Nerval, L'Ile d'Elbe, poème ) .

Ce sera long, très long ... Plus de trois mois, cent jours ... C'est le temps qui nous sépare de l'issue de la " Primaire " à droite, le 27 novembre . Quand on voit le rythme effréné sur lequel s'est engagé le " Concours Lépine " des propositions les plus radicales censées servir à désigner le futur candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2017, on ne peut que se dire que le trimestre qui s'ouvre va être long, très long . Et franchement pénible pour tous ceux qui demeurent attachés par dessus tout aux valeurs républicaines .

L'aigle du " Cap Nègre " vient de l'annoncer, il entame son envol final, vers la reconquête des Champs-Elysées, qu'un usurpateur osa, contre toute attente, lui dérober, voici plus de quatre ans . Roulez tambours, sonnez trompettes médiatiques pour accompagner le " vol " du " Sauveur suprême " .

Quand on aime on ne compte pas, dit le proverbe . Mais quand on aime par-dessus tout gagner, quand on est prêt à tout pour y parvenir, alors là, c'est la tempête qu'on soulève . On ne s'embarrasse pas " d'arguties juridiques ", de Déclarations de droits de l'homme, de Droit international, qui pourraient entraver la marche triomphale vers la victoire .

On sort le sabre et on mouline . Tel est l'état d'esprit de" l'aigle criard ", en ces jours décisifs pour l'avenir du pays : " Naboléon " va engager le fer très officiellement avec ses frères ennemis, au coeur de la famille " Les Républicains ", pour reconquérir ce qu'il n'a jamais cessé de considérer comme son dû : " le trône élyséen " .

Certes, il lui manque son " Maréchal Ney ", sur la route de Paris . Les Hortefeux, Ciotti, Estrosi, Jacob, Karoutchi et autres Darmanin n'ont pas le panache du Prince de la Moskowa .

Nous vivons des temps inhumains de " contre-réforme ", des temps terribles pour des millions de perdants, des temps dangereux de basculement vers des horizons de peste brune . Nous respirons l'air fétide des grandes régressions . Et pourtant, sous le bicorne d'un empereur d'opérette, bouillonnent déjà toutes les stratégies pour abattre les adversaires . La politique va céder le pas à une campagne électorale permanente dominée par le marketing politicien, vide et avilissant, par la communication manipulatrice, par les coups politiques, les uns plus tordus que les autres, par " le tango des égos " .

Trois mois d'une " ratatouille électorale ", sans queue ni tête, et dans cette ratatouille on cherchera vainement le peuple .

Les " primaires ", ces combats de " coqs frelatés ", ces rideaux de fumée, cette singerie des Etats-Unis qui accentuent la personnalisation à outrance, les postures, les revirements, les petits et gros calculs, au détriment des contenus, des batailles d'idées, des compétences des militants contournés .

Le ton est donné : le vol de l'empereur se fera sous l'étendard de " l'identité nationale ", ce qui annonce, mieux que la météorologie nationale, tous les orages, toutes les dérives, toutes les outrances auxquelles nous allons être soumis .

Nous n'avons aucune illusion à nous faire : aucun homme nouveau ne surgira de toutes les primaires annoncées, parce que la politique ne se joue pas dans les dîners en ville et à coups de " poker menteur ", aussi audacieux soient-ils .

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 16:01
" Pour ce qu'on est ou pour ce qu'on fait " !

" Réfléchir, c'est difficile, c'est pourquoi tant de gens s'empressent de juger " ( Carl Yung ) .

C'est acquis, nous faisons la guerre : bombarder, bombarder, bombarder !

Curieusement, personne ne s'interroge sur le paradoxe suivant : la France, hier pauvre, au bord du dépôt de bilan, à deux doigts de la faillite, incapable d'augmenter de un euro le SMIC, les retraites, les salaires des fonctionnaires, aujourd'hui privant d'APL des dizaines de milliers de Français a, miraculeusement, trouvé des milliards pour engager une guerre sans fin, par on sait quel tour de passe-passe .

Au lendemain des attentats de Paris du 13 novembre, un texte attribué au New York Times, circula sur les réseaux sociaux .

" La France incarne tout ce que les fanatismes religieux du monde détestent : la joie de vivre par une myriade de petites choses . Le parfum d'une tasse de café et des croissants, au petit matin, de belles femmes en robe souriant librement dans la rue, l'odeur du pain chaud, une bouteille de vin partagée entre amis, quelques gouttes de parfum, les enfants jouant dans les jardins du Luxembourg, le droit de ne croire à aucun dieu, de se moquer des calories, de flirter, de fumer et d'apprécier le sexe hors mariage, de prendre des vacances, de lire n'importe quel livre, d'aller à l'école gratuitement, jouer, rire, se disputer, se moquer des prélats comme des politiciens, de ne pas se soucier de la vie après la mort . Aucun pays sur terre n'a meilleure définition de la vie que les Français ... "

Image, cliché, goguenardise, peu importe ! Le discours dominant étant que l'islamisme radical attaque la France " pour ce qu'elle est ", si peu de chose dans le portrait ci-dessus, nous sommes vraiment mal .

Posons-nous une première question . La Suisse, l'Irlande, la Finlande, la Suède, le Portugal, sont des pays dans lesquels il y a aussi des croissants chauds et du café, de l'alcool et de la cuisine, des amis et des adultères, des enfants dans les jardins, du parfum et des athées, des librairies et des écoles publiques, et pourquoi ces pays n'ont-ils jamais eu à déplorer une seule explosion terroriste au nom de l'idéologie islamiste ?

Et mieux encore : après l'horrible attentat de la gare d'Atocha, en plein coeur de Madrid, au mois de mars 2004, ( 191 morts ) , l'Espagne retirait précipitamment ses troupes d'Irak . Depuis, les islamistes ne l'ont plus attaquée .

La question majeure est bien là : faire croire que la France est frappée par le terrorisme " pour ce qu'elle est, " est une farce . La France est attaquée " pour ce qu'elle fait " . Et elle bombarde . Depuis la première guerre du Golfe, en 1991, elle n'a fait que bombarder des pays musulmans : Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Mali, dans le sillage des Etats-Unis .

Affirmer que la France est attaquée " pour ce qu'elle est " et seulement cela, c'est fermer toute issue aux solutions diplomatiques et politiques, et ne reste plus que la guerre, jusqu'à l'écrasement final de l'ennemi avec tous les dégâts collatéraux .

Mieux, en affirmant que la France n'est attaquée que " pour ce qu'elle est " on justifie qu'elle puisse encore continuer à faire ce qu'elle fait : bombarder !

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 18:56
Pourquoi faudrait-il démentir Ellul ?

" La France, 6e pays le plus riche du monde, promet depuis des décennies de consacrer 0,7% de son PIB à l'aide au développement des pays pauvres mesure importante en matière des politiques d'émigration - mais nous en sommes toujours à 0,36% " . (1) .

L'historien et philosophe Jacques Ellul ( 1912-1994 ) prophétisait en 1988, dans son livre " Le bluff technologique ", les événements suivants : " Il y aura un terrorisme tiers-mondiste qui ne pourra que s'accentuer et qui sera imparable dans la mesure où les combattants feront le sacrifice de leur vie. Quand tout dans notre monde sera devenu dangereux, nous finirons par être à genoux sans avoir pu combattre " .

Nous y sommes ! Par quelle intuition magique, par quels raisonnements sophistiqués l'essayiste avait-il pu entrevoir une telle issue, avec trente ans d'avance ? Nul ne le sait .

Son raisonnement commençait par ces mots : " Les pays développés, avec 30% de la population mondiale, concentrent 95% de la richesse, cette misère ne cesse de croître malgré les proclamations officielles des dirigeants des pays riches, le fossé technique ne cesse de grandir à une vitesse incroyable, entre eux et nous . A vues humaines, jamais le tiers-monde ne rattrapera les pays avancés " .

Il ajoutait qu'une telle situation " ne pourrait qu'engendrer des sentiments violents de frustration " .

Après avoir noté " l'échec des politiques d'assistance aux pays du tiers-monde, (1), car personne ne voulait aller au bout des politiques extrêmes que la situation impliquait " , il pointait la nature que devaient prendre ces politiques : " générosité ", " solidarité " , " lutte résolue contre les gaspillages de l'Occident " .

Jusque là, tout allait bien . Chacun pouvait trouver son compte dans la vision " ellulienne ", mais voilà, l'essayiste crut bon de la préciser : " On pouvait être tranquille tant que le tiers-monde ne possédait pas d'idéologie ", or désormais il en avait une, affirma-t-il, et ce n'était pas le communisme soviétique qui depuis quarante ans avait soutenu tous les mouvements d'indépendance mais était à bout de souffle . Cette idéologie, c'était " l'Islam " . La prophétie se précisait . Et que n'avait-il pas dit ?

Trente ans plus tard, alors que tous les événements illustrent l'accomplissement de la prophétie, des voix s'élèvent, qui ne réalisent pas qu'on a changé de temps, pour la condamner : " Démentons vigoureusement Ellul " ! ( Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchaîné du 27 juillet 2016 ) .

Démentir ! Mais au nom de quoi ? " Ellul fait de l'Islam un bloc, comme s'il n'existait pas plusieurs islams et plusieurs manières de le vivre, comme s'il se réduisait à l'islamisme, amalgame dont on sait à quel point il fausse les perspectives ... Tous les musulmans ne sont pas prêts au djihad, ne sont pas hostiles à la laïcité, ne sont pas prêts au sacrifice de leur vie ... ", tonne le chroniqueur du journal satirique .

L'anathème est lancé : " amalgame " ! Même si l'on ne nous dit jamais de quel amalgame il s'agit, entre quoi et quoi : c'est plus facile .

" Penser est devenu compliqué quand les mots ne veulent plus rien dire ", prévient Michel Onfray .

Il n'en reste pas moins vrai que quand nous laissons le tiers-monde croupir dans la misère les fous sanglants de l'islamisme n'ont aucun mal à lever des armées de décérébrés suicidaires .

Posons-nous cette seule question : faut-il considérer les terroristes comme des militants de l'islam politique ? La réponse est évidente : comme quoi sinon ? Comme des loups solitaires, d'inévitables déséquilibrés, d'incontournables malades au passé psychiatrique qui tous crient des slogans de l'islam radical au moment de leurs forfaits, mais qui n'auraient rien à voir avec l''Islam ?

Assez d'hypocrisie, ici ! Assez d'aveuglement, là ! Tous ces criminels sont fichés comme relevant de la mouvance islamique radicale et ils n'auraient rien à voir avec l'islam politique ?

Ces assassins agissent au nom de la frange radicale et politique de l'islam salafiste . Il est plus que temps de nommer les protagonistes correctement .

Mais soyons clairs . Il n'est question ici que d'une chose : affirmer que ces terroristes ne sont pas les représentants de l'islam politique mais combattre l'idée qu'ils ne seraient pas l'une des modalités de cet islam politique .

Démentir Ellul c'est affirmer que l'Islam n'a rien à voir avec la politique . Mais alors, que font tous les régimes islamiques qui, sur la planète, appliquent la " Charia " ?

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 22:38
Sans nuance et sans retenue !Sans nuance et sans retenue !

" Je crois que la perception causée par les pertes civiles constitue l'un de nos plus dangereux ennemis ", ( Général américain McCrystal, commandant la force internationale en Afghanistan , 2009-2010, ISAF ) .

Nous nous débattons, depuis l'attentat terroriste de Nice, dans l'indécence politicienne la plus vile : la communication politique ne s'embarrasse ni de nuance, ni de retenue . S'agit-il de trouver des réponses au terrorisme ou a-t-on seulement en vue l'échéance électorale de mai 2017 ?

A droite, les Sarkozy, Estrosi, Ciotti et consorts, n'en ont que pour leurs camps d'internement des " fichés S ", avant de nous proposer, étape ultime, l'obligation pour tous les Français musulmans, de porter un " croissant jaune " sur le revers de la veste .

Pour F. Hollande et Manuel Valls, nous sommes dans le temps fort de la mise en scène de " la compassion nationale " : quelle est cette manie de se rendre immédiatement sur les lieux d'une nouvelle tragédie, d'y prendre immédiatement la parole, sans recul ni prise de distance, obligeant les préfets à détourner des moyens dédiés à la gestion de la crise pour prendre en charge les autorités de l'Etat en mal de communication .

C'est qu'il s'agit de faire vite : il faut tout de suite désigner le coupable tant il est confortable d'avoir un ennemi, surtout quand il est extérieur à nous ; et quel soulagement quand la revendication tombe ! En nommant l'ennemi tout de suite, on s'exonère de sa propre responsabilité . On évite ainsi de se poser des questions sur les conséquences de sa politique .

Notre Dame, Invalides, Place de la République, gerbes, crêpes, drapeaux en berne, et dernier " must " de la communication, le " tweet " endolori, plus trois déclarations politiques par jour sur les plateaux télévisés, et " le boulot " serait fait ?

Comme si le souci premier des familles des victimes était de compulser, tous les matins, la " tweettosphère " pour y dénicher la phrase la plus attendrissante du carnaval politicien .

Bon, d'accord ! On sait qu'il faut accompagner l'expression de la douleur gouvernementale par des annonces : alors on ressort le Charles de Gaulle et les Rafales, puis, en prime cette fois, la livraison à l'Irak d'artillerie lourde, des canons à longue portée . Et, au prochain attentat, pourquoi pas la bombe nucléaire ?

Il s'agit de faire vite ! Il ne faut pas laisser les gens s'interroger sur des " rapports " trop dérangeants, tel celui de " l'Association Internationale de Médecins pour la prévention des guerres nucléaires ( IP-PNW ) - Prix Nobel de la Paix en 1985 - qui dénonce l'énorme massacre de civils imputable aux guerres occidentales engagées contre le terrorisme : 1,2 millions de civils ont été victimes de ces conflits, en Irak ( 1 million ), en Afghanistan ( 220 000 ), au pakistan ( 80 000 ) . Le jour viendra où il faudra établir le bilan, en Syrie . Les bombes que nous jetons sur l'Irak et la Syrie n'ont aucun impact sur notre sécurité mais tuent aussi beaucoup d'innocents .

" A force d'exporter la guerre, on finit par l'importer chez soi ", dénonce le philosophe Michel Onfray . Le terrorisme n'est pas spontané, il est toujours une réaction à une colère, une frustration : ce questionnement est-il si futile ?

L'indécence politicienne a également une autre face : la focalisation de tous nos maux sur l'Etat islamique ne permet-elle pas l'occultation de nos hypocrisies et incohérences ? Cette danse de " Saint Guy " de nos dirigeants qui bombardent sans discernement tandis que les Etats obscurantistes responsables de " la créature " ont droit à toutes nos contorsions pour leur faire signer des contrats d'armes .

On fait la guerre à Daesh mais sans couper les voies de la contrebande du pétrole : ce qui a pour conséquence que nous avons pu acheter du pétrole de l'Etat islamique, sans le savoir, et ainsi le financer .

Nous livrons des armes aux rebelles syriens, dans une région déjà saturée, pour qu'elles se retrouvent aussitôt entre les mains des combattants du Front Al Nosra ( ex Al Qaîda ), aussi barbare que ses adversaires de Daesh .

Afghanistan, Irak, Syrie, Lybie, Nord Sahel, où est l'efficacité dans la lutte contre le terrorisme, dans nos interventions militaires ?

L'Occident s'arroge le droit de décréter quelles guerres sont justes : Nous jetons à la face du monde nos valeurs universelles mais nous choisissons nos causes . Qu'avons-nous dit quand, en 2014, Tsahal assassinait 1900 civils dans la bande de Gaza ? Que disons-nous aujourd'hui de l'attitude d'Israël dans les territoires occupés de Palestine ?

L'Occident, aujourd'hui, au Moyen-Orient, ne tient plus qu'en une formule : " La guerre et les contrats " !

NB : d'après l'article de l'ancien diplomate Laurent Bigot, " Terrorisme : l'indécence politicienne ... ", Le Monde Afrique .

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 17:14
" Brève histoire de l'exception en matière de justice " .

" Cher fils, s'il t'advient de devenir roi, prends garde d'avoir les vertus d'un roi, c'est à dire d'être attaché à la justice avec une fidélité dont rien ne te puisse détourner ... ", ( Saint-Louis à son fils, le futur Philippe III ) .

A l'heure où une parie de la droite fait feu de tous bois pour introduire dans notre droit des mesures d'exception radicales, un bref retour sur l'histoire de " l'exception " peut apporter un éclairage intéressant sur les visées ce certains .

Relevons cependant que " l'exception " a traversé tous les régimes politiques, et que chacune des mesures engagées à des périodes différentes de notre histoire a laissé des traces dans notre société .

En effet, chaque régime politique se trouve confronté à des adversaires contre lesquels il tente de se protéger par le biais d'une justice spéciale, c'est la première leçon de l'histoire .

L'Ancien régime avait sa justice d'exception qu'on appelait " la justice retenue du roi " qui, du fait que le roi était, par essence, l'émanation de toute justice, voulait qu'il fût le juge en dernier ressort, pouvant trancher seul, sur toute affaire, et ainsi révoquer ou confirmer tout jugement pris par d'autres juridictions .

Le mot " terroriste " est entré dans l'histoire de France pendant la Révolution mais, à l'inverse de notre compréhension moderne, la " Terreur " telle qu'elle fut pensée par Danton devait être l'instrument du peuple pour conjurer les complots royalistes . C'est ainsi qu'en mars 1793, la Convention instituait " le Tribunal révolutionnaire ", justice expéditive chargée d'éradiquer la contre-révolution .

La mesure annulée par le Directoire n'empêcha pas ce dernier de mettre en place des " tribunaux spéciaux ", juridictions mixtes - juges civils et juges militaires - chargés de lutter contre le brigandage qui était devenu un fléau mais aussi contre les royalistes toujours virulents .

Après le Coup d'Etat du 18 Brumaire, Bonaparte mit en place " les Commissions militaires ", tribunaux militaires chargés de neutraliser les Jacobins, largement opposés au Coup d'Etat, tribunaux qui sévirent sous le Consulat et sous l'Empire .

La Restauration eut aussi son éruption de répression avec la " La Loi de Sûreté générale " du 29 octobre 1815, qui suspendait les libertés individuelles et permettait d'emprisonner sans jugement afin de chasser les bonapartistes et les républicains .

La sage IIIe République eut peu recours à " l'exception " même si en 1893 elle dut voter des lois en vue de la lutte contre le terrorisme anarchiste que le socialiste Léon Blum qualifia de " lois scélérates " . Le 19 décembre 1893, la Chambre des députés vota un texte instituant le délit " d'association de malfaiteurs ", qui nous est resté, et qui permettait d'emprisonner sur de simples intentions mais prévoyait aussi des exemptions de peine pour les délateurs - " Aïe ! " -

( Oublions, ici, l'année 1939 et la fin de cette IIIe République avec l'interdiction de la CGT, du Parti Communiste Français et l'emprisonnement de leurs militants ) .

Le régime de Vichy étant une " exception dans sa globalité et son essence nous n'en parlerons que pour souligner qu'on lui doit la légalisation " de la garde à vue ", mesure reprise pendant la guerre d'Algérie et devenue un socle de notre Code pénal .

La IVe République avec la guerre d'Algérie eut peu de scrupules avec " l'exception " : " loi de 1955 " sur " l'état d'urgence " dont nos élus se sont inspirés pour la situation actuelle, état d'urgence utilisé pour la répression des combattants du FLN : pouvoirs de police remis aux militaires, gardes à vue allant jusqu'à quinze jours, camps d'internement en Algérie et en France .

Le Ve République s'inaugura par diverses juridictions d'exception, chargées de la lutte contre l'OAS et les crimes politiques dont la " Cour de Sûreté de l'Etat ", instaurée en 1963 et composée de trois magistrats et de deux officiers supérieurs, dissoute par F. Mitterrand en 1981 .

S'il n'y a aucune continuité entre toutes ces époques ne croyons pas que le corps social et les institutions n'ont pas gardé de toutes ces tentatives de conservation de l'ordre des représentations toujours prêtes à resurgir, des nostalgies à droite et à l'extrême-droite pour un ordre immuable, le besoin pour ceux qui gouvernent de donner à croire qu'ils ne sont pas impuissants . Du moment qu'une mesure d'exception a été perçue comme efficace à un moment de l'histoire pourquoi ne resurgirait-elle pas ?

Cependant, il nous reste des raisons d'espérer : à l'opposé de leurs dirigeants politiques, les Français réagissent aux attentats depuis janvier 2015, et encore aujourd'hui, après ceux de Nice et de Saint-Etienne de Rouvray, avec une dignité qui prouve la cohésion de la société, sa résilience à l'horreur et sa maturité démocratique .

NB : Réf. Vanessa Codaccioni, Maître de Conférenceà Paris VIII : " Justice d'exception, l'Etat face aux crimes politiques et au terrorisme " , CNRS Editions, novembre 2015 .

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 17:19
 Infâmes .

Infâmes .

" Il y a des gens qui observent les règles de l'honneur comme on observe les étoiles, de très loin " ( Victor Hugo ) .

Au diable sociologues, psychologues et autres politologues : aujourd'hui, ce sont des entomologistes dont nous avons besoin, et en grand nombre, pour étudier les comportements des " insectes " qui peuplent le monde politique et se déploient dans des vols erratiques qui ne cessent de nous rendre fous .

Le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik, nous invitait, il y a quelques temps, à nous pencher sur " la pensée sans langage des animaux ", il me semble qu'il devient plus urgent de se pencher sur " le langage sans pensée des hommes politiques " .

Un prêtre égorgé au pied de son autel alors qu'il disait la messe, dix jours après la tragédie de Nice, alors que les Français sont en pleine sidération, à quatre mois des " primaires " de la droite et à neuf mois de l'élection présidentielle, et tous les éléments se trouvent réunis pour qu'un candidat n'hésite pas à franchir le Rubicon et remette en cause l'Etat de droit .

Le mardi 26 janvier, dans une déclaration de deux minutes, un ex-président de la République, a tout bonnement enterré ce qui est le fondement de la république : " Notre ennemi n'a pas de tabou, pas de limites, pas de morale, pas de frontières . Nous devons être impitoyables " . Puis de préciser, lui qui fut pendant cinq ans le gardien de la Constitution : " Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles " .

En quelques mots, la Constitution, " ce tissu d'arguties juridiques " n'était plus qu'un chiffon de papier .

Le patron du parti " Les Républicains ", quelques jours plus tard, précisait au " Monde " - ce qu'il est difficile d'appeler une pensée - tant le propos semble brumeux : " Il faut une adaptation de l'Etat de droit " . Il réclame par exemple le placement des plus dangereux fichés " S ", dans des centres fermés . Une sorte de " Guantanamo " à la française où l'ont peut enfermer des gens, sur de simples soupçons, sans les présenter à un juge, et qui peuvent rester des années sans être jugés, comme c'est le cas dans la base navale américaine de Cuba . Les Estrosi, Ciotti, Wauquiez, Fennech, en véritables comiques troupiers, n'ont pas tardé à emboîter les pas du patron .

A l'affût, Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen ont pris un malin plaisir à tacler l'ex de l'Elysée . La première en défendant la République : " La préservation de l'Etat de droit est indispensable, sur laquelle nous ne transigerons pas ", la seconde jouant sur l'incompétence du " forcené " : " C'est une proposition démagogique, nous avons tous les outils législatifs pour lutter contre le terrorisme " .

En tout cas le ton est donné de la période politique très délicate qui s'annonce : une campagne présidentielle ponctuée d'attentats avec d'incessantes déclarations comminatoires et de trop nombreuses surenchères, sous la pression du Front National .

L'attentat de Nice avait déjà montré la mesure de l'affolement de la droite . Dans un tir groupé prémonitoire, les sarkozistes " azuréens " et leurs lumières, Ciotti et Estrosi, s'étaient déchaînés, toute honte bue, contre le gouvernement et François Hollande .

" Les cadavres sur la Promenade des Anglais ne parlaient plus de l'Etat de droit ", s'était écrié le premier . Du Verlaine ! Quant au vrai faux Maire de Nice, Estrosi - 4 mandats, 7 fonctions - pour cacher son incompétence, il lança une brutale attaque personnelle contre le Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, manipulation de témoins à l'appui, pour abattre le Ministre et dans la foulée affaiblir un peu plus Hollande .

Ces deux viseraient le poste régalien de Ministre de l'Intérieur, après 2017, que ce ne serait pas surprenant .

Et, depuis Paris, on entendit un revenant, l'agrégé des tatamis, David Douillet, dénoncer : " Une gauche sclérosée, figée, qui ne sait se réfugier que derrière cette sacro-sainte Constitution " .

Que ces " accrocs " des sondages regardent bien la dernière livraison " Odoxa " pour Le Parisien et France Info : 80% des Français estiment que la classe politique n'a pas été à la hauteur après l'attentat de Nice . A bon entendeur, salut !

NB : d'après l'article de Soazig Quéméner, " Cette droite qui enterre l'Etat de droit " , Marianne du 29 juillet, No 1008 .

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