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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 17:30
En 1971, il avait 17 ans, F. Fillon était figurant dans le film " Le Mans ", de Lee Katzin, avec en vedette Steve McQueen .

En 1971, il avait 17 ans, F. Fillon était figurant dans le film " Le Mans ", de Lee Katzin, avec en vedette Steve McQueen .

"  Au début cela peut-être désagréable ", avoue l'économiste Robin Rivaton, conseiller de Bruno Le Maire venant de rejoindre F. Fillon, à propos du programme de son poulain . Nous voilà prévenus .

Il y a un moment fondateur dans le parcours politique du nouvel homme fort de la droite . Nous sommes le 2 octobre 2002, à l'Assemblée Nationale, quelques mois à peine après le " big ban " du 21 avril de cette même année qui vit Jean-Marie Le Pen accéder au 2e tour d'une élection présidentielle .

F. Fillon, tout nouveau ministre des Affaires sociales, du travail et de la Solidarité, dans le gouvernement de J.P. Raffarin, présente, ce jour-là, aux députés un projet de loi portant sur " la réhabilitation de la valeur travail " . et visant à assouplir les 35 heures . Déjà !

" Cette réforme n'est pas un retour en arrière mais un retour à la raison ", vient-il de déclarer . Les échanges sont vifs avec la gauche, emmenée par le député communiste Maxime Gremetz , mais corrects, jusqu'à cette tirade du ministre en réponse au député socialiste Jean Le Garrec .

" Vous avez défendu l'idée que la droite est la droite, que la gauche est la gauche, que l'histoire balbutie, que vous avez toujours été à l'origine des conquêtes sociales quand nous aurions toujours tenté de nous y opposer . C'est oublier le rôle que nous avons joué dans la construction de notre système de protection sociale ... C'est aussi oublier le rôle et la responsabilité du Front Populaire dans l'effondrement da la Nation française elle-même ... " 

C'est la consternation sur les bancs des députés . Un ministre de la Ve République enfourchant un vieux cheval de bataille du gouvernement de Vichy pour expliquer " la débâcle de 1940 " .

Le faux doux, le vrai dur, révélait la quintessence de sa pensée et qu'il ne fallait pas se méprendre : la droite était bien la droite et comptait fermement le rester .

Le président du groupe socialiste, un certain Jean-Marc Ayrault, demande alors une suspension de séance, après avoir déclaré : " Il n'est pas acceptable d'entendre à l'Assemblée Nationale de la République les arguments avancés lors du procès de Riom * , les 40 heures et le Front Populaire considérés comme un encouragement à la paresse, et rendus responsables de la défaite de 1940 ... "

Compte rendu des débats de l'Assemblée Nationale du 02/10/ 2002 ) .

F.Fillon propose aujourd'hui au pays un catalogue de mesures ultra-libérales que la droite française avait du mal à assumer jusque là, même le tonitruant N. Sarkozy et que l'on pourrait résumer ainsi : " Mettre en place dans l'entreprise l'ordre patronal " . 

C'est tout l'objet de sa déclaration de guerre aux syndicats, tout au long de la campagne des primaires, de leur dynamitage au niveau national qui neutralisera tous les appels à des mobilisations nationales et de la liquidation totale du code du travail, bien entamée par F. Hollande et la Loi El Khomri : un code du travail réduit à 150 pages de normes sociales dites " fondamentales ", tout le reste étant renvoyé à un dialogue social dans l'entreprise rigoureusement encadré par " l'ordre patronal " établi .

Le quinquennat F. Fillon risque bien d'être " désagréable " !

 

* Le procès de Riom, dans le Puy de Dôme, désigne la présentation devant une " Cour Suprême de Justice ", de février à avril 1942 des dirigeants de la IIIe République, procès voulu par Pétain pour juger " les fauteurs de guerre et les responsables de la défaite " -  Léon Blum, Edouard Daladier, le Général Gamelin - en vérité pour y juger la République .

 

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 15:11
La vie des Saints : le prochain livre d'histoire de nos écoles primaires .

La vie des Saints : le prochain livre d'histoire de nos écoles primaires .

" Heureux les très riches car le royaume de Saint François Fillon leur appartient " .

L'arrivée probable de F. Fillon à l'Elysée, en 2017, annonce une bourrasque antifiscale d'une violence rarement vue en faveur des très riches et des actionnaires : en contradiction avec la foi affichée par l'ancien Premier Ministre, les premiers ne seront pas les derniers, " servis " . Les 10% des Français les plus aisés vont bénéficier de plus de 8 Mds d'€ de cadeaux fiscaux, alors que le reste de la population devra payer une facture de 13 Mds d'€ liée à la hausse de 2 points de la TVA, par an .

En premier lieu ce sont 440 000 familles très aisées  qui retrouveront les allocations familiales pleines, que la gauche avait conditionnées au revenu ; le cadeau pour ces dernières, s'élève à 865 millions d'€, par an .

Ces mêmes familles avec enfants vont retrouver par ailleurs le bénéfice du quotient familial dans le calcul de l'impôt sur le revenu, avec une générosité inattendue, le plafond de l'exonération étant multiplié par deux et passant de 1500 € à 3000 € : le cadeau s'élève à 2,8 Mds d'€ et touchera un million de foyers .

Les patrimoines de ces pauvres gens sera aussi à la fête avec la suppression de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune ( ISF ) : 5,3 Mds d'€ d' économies pour 343 000 foyers dont le patrimoine dépasse 1,3 millions d'€ .

Ce sont bien 8 Mds de cadeaux fiscaux et plus de 800 Millions d'augmentation directe du revenu qui vont soulager l'existence des 10% des Français les plus riches, soit 2158€ par famille, en moyenne et par an mais si l'on entre plus finement dans le processus on s'aperçoit que ce sont 2% de ces familles qui absorberont l'essentiel de ces cadeaux soit une baisse de 19 000 € par ménage .

A cela il faut ajouter le retour au prélèvement forfaitaire libératoire - plus encadré par la gauche - pour les revenus financiers, qui les retire du calcul sur l'impôt sur le revenu et qui permet aux spéculateurs d'économiser près de trois points de fiscalité .

Cela dit, reste le coeur du projet Fillon : la baisse massive de la fiscalité pesant sur les entreprises : 44 Mds d'€ ( 2 points du PIB ) dans le prolongement du CICE de Hollande, afin, officiellement de relancer l'emploi, malheureusement on connaît déjà les résultats du dispositif, grâce à F. Hollande : 0 emplois . S'il ne crée pas d'emploi et ne renforce pas davantage les investissements, on sait par contre qu'il améliore les marges des entreprises donc les dividendes . Cet effort sera essentiellement supporté par l'Etat, à hauteur de 37 Mds, en contre-partie d'économies sur les services publics - or, demandons nous  qui a le plus besoin des services publics -, il reste cependant 7 Mds à prendre en charge par les ménages, en impôts .

Voilà pour les gens aisés . 

Examinons à présent le sort des plus maltraités qui seront les plus fragiles :  les derniers ne seront pas les premiers, au paradis de F. Fillon . 

Les salariés seniors qui partiront à la retraite, beaucoup plus tard, à 65 ans, à partir de 2022, feront économiser 20 Mds aux caisses de retraite .

Les malades, vont être les victimes d'une révolution à l'envers de la Sécurité Sociale : seules les maladies graves et de longue durée seront prises en charge par la SS, les maladies ordinaires - dont on sait pourtant que, non soignées, elles débouchent sur des maladies graves - relèveront des assurances privées volontaires ( système américain ) : c'est une économie de 20Mds qui est escomptée par l'impétrant .

Les chômeurs ne seront pas épargnés puisque la mise en place d'un plafond de 75% du dernier salaire dans le calcul de l'indemnité et de la dégressivité des allocations chômage rapporteront 10 autres Mds .

Pour les laissés pour compte de ce qui rappelle un tableau de chasse, F. Fillon a prévu une gâterie : l'Allocation Sociale Unique ( ALU ), regroupant le RSA, la prime pour l'emploi ( PPE ), l'allocation parent isolé ( API ), le minimum vieillesse ( si c'est le cas ), l'allocation logement ... afin que le service en charge du versement puisse vérifier en amont qu'elle ne dépassera pas 75% du SMIC : " Le rabot " .

En d'autres temps, nous aurions été tentés, en guise de jugement sur un tel projet, par la formule " light " : " c'est du deux poids, deux mesures " .

Mais nous n'en sommes plus là . Le projet de Saint François Fillon - et non Saint François d'Assise, le saint des pauvres - c'est le dynamitage pur et dur du modèle social français afin que l'on n'y revienne plus .

Et merci à François " le laïc " pour avoir ouvert, toutes grandes, les vannes à la surenchère de la droite ultra .

 

 

 

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 14:11
" Au théâtre ce soir " .

" Et que fait le secret au coeur du spectacle ? Il permet justement de masquer le vrai spectacle, au public, autrement dit, sa domination " . ( Guy Debord, La société du spectacle, 1967 ) .

Nous sommes conviés à suivre, ce soir, sur nos chaînes de télévision, un remake des années 1970, " Au théâtre ce soir ", que nous suivions, sur les deux chaînes de la vieille ORTF, " dans des décors de Roger Harth et des costumes de Donald Cardwell ", une fois par semaine, un théâtre de boulevard peu inspiré mais qui remportait des records d'audience .

Au soir du premier tour des primaires de la droite, le résultat était plié . A 44% du score, et l'appui immédiatement annoncé des sarkozystes, prêtes à 80% à le soutenir, F. Fillon, et tout le monde le sait, va remporter le duel dans un rapport de 2/3, 1/3 .

A. Juppé qui n'est pas un perdreau de l'année en politique, a saisi tout de suite, dès dimanche soir, l'équation, et se préparait à se retirer de la course, pour s'épargner une ultime humiliation .

Mais c'était sans compter sur tous ceux que son désistement allait priver d'une occasion de gagner encore, le temps d'une semaine, quelques " tunes " sur son dos, quelques temps de parole sur les plateaux télévisés, quelques recettes publicitaires supplémentaires, quelques honoraires plutôt rondelets pour des éditoriaux bien troussés, quelques sondages de plus confortablement rémunérés .

En premier lieu, le Parti " Les Républicains " suffisamment endetté par les anciennes frasques de N. Sarkozy, pour ne pas cracher sur un deuxième pactole de plusieurs millions d'€ que lui rapportera ce deuxième tour : " l'effet 2 euros de l'électeur " . Même si l'on devine que la participation ne sera pas celle du premier tour, les jeux étant faits : mais un sou est un sou .

On imagine aisément le nombre de coups de fil émanant du siège du parti, rue de Vaugirard, à destination de l'équipe de campagne du candidat Juppé, pour qu'il ne fasse pas de bêtise .

On peut imaginer également que les patrons de presse, proches du Maire de Bordeaux, n'ont pas dû rester muets, ce dimanche soir, abreuvant l'entourage du battu de " mails " pleurnichards et d'invitations à faire face .

Quant aux chroniqueurs adoubés, ils n'ont pas dû être en reste pour adresser à la victime directe des attaques de N. Sarkozy, des milieux catholiques fondamentalistes et des jeunes sans recul historique, des calculs emberlificotés, lui prédisant " une surprise à l'envers ", dimanche prochain .

Toujours est-il, qu'à 22h30, dimanche soir, après deux heures de tergiversations, le candidat apparaissait devant les caméras incandescentes, remonté comme une pendule, pour clamer, haut et fort : " Je continue le combat " .

Un grand " Ouf " de soulagement envahissait alors les poitrines de tous ces gens qui avaient eu si peur de voir s'écrouler " l'échafaudage " mis en place pour la deuxième manche .

Et d'abord, chez F. Fillon, le candidat victorieux, et son entourage, qui n'auraient pu se satisfaire d'une victoire non achevée, d'une moitié de victoire à laquelle il aurait manqué le panache d'un score final à près de 70%, fusée de lancement irrésistible pour la vraie campagne des présidentielles qui débutera dès le 10 décembre avec l'annonce de la candidature, ce dont personne ne doute, de F. Hollande .

Tout cela pour dire que nous vivons " une semaine blanche ", sans enjeu, sans intérêt, privée de sens, une semaine de pur spectacle avec un débat, ce soir, qui tiendra plus de " la farce " que d'une pièce de Corneille . Tout y sonnera faux . On pensera alors au Géronte de Molière, dans les Fourberies de Scapin, en voyant un Juppé déconfit et à la célèbre formule : " Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? "

Les secrets, les coulisses du théâtre de la politique, peuvent prendre parfois une dureté que l'on a du mal à imaginer . Bien sûr, depuis dimanche, l'entourage de Juppé rejette toute allusion à ses hésitations, bienséance oblige .

Le mensonge ! Notre société est bâtie sur le mensonge, affirmait Guy Debord, mensonge qu'il désignait par " Le secret ", le secret, comme technique de gouvernement, comme outil de toute démarche politique, clé de voûte du système " spectaculaire " en ce qu'il permet justement de " masquer ", au public, le spectacle, autrement dit la domination idéologique, expliquait-il encore . Il est vital à la domination, mieux, il est le mode de production de la domination . Car sans lui, qu'on l'appelle mensonge ou secret, cette dernière apparaîtrait au grand jour et deviendrait dans sa nudité et son obscénité, insupportable et fragile ...

Et Guy Debord brocardait alors, sans ménagements, politiques, experts et médias : les experts participent à cette dynamique par le rôle qu'ils ont de falsifier le passé en mettant hors la loi l'histoire, en organisant l'amnésie collective de la société ; le rôle de cacher le présent avec leurs récits invérifiables, leurs statistiques incontrôlables, leurs explications invraisemblables, leurs raisonnements insoutenables ; le rôle d'obscurcir le futur afin qu'il ne soit lisible par personne . ( d'après La société du spectacle, 1967 ) .

" Falsifier, cacher, obscurcir ", telle est la règle des " trois unités " de la société du spectacle .

Alors, soyons en sûrs : cette soirée du jeudi 24 novembre que nous ont concoctée tous ces gens va se révéler d'une grande obscénité .

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 16:20
Le sabre et le goupillon .

" Quand l'homme qui témoigne est armé d'un sabre, c'est la sabre qu'il faut entendre et non l'homme " ( Anatole France ) .

Comme cul et chemise comme larrons en foire / J'ai vu se constituer tant d'associations / Mais il n'en reste qu'une au travers de l'histoire / Qui ait su nous donner toute satisfaction / Le sabre et le goupillon / L'un brandissant le glaive et l'autre le ciboire / Les peuples n'avaient plus à se poser de questions / Et quand ils s'en posaient c'était déjà trop tard / On se sert aussi bien pour tondre le mouton / Du sabre que du goupillon ... " 

( Jean Ferrat, 1965 ) .

Enfin un futur Président de la République respectable et bien propre sur lui, qui nous propose une vision de la France, une direction, un horizon, un cap : " Travail, Famille, Patrie " .

Le Travail au coeur de sa politique économique en vue de redresser enfin le pays : sans filets, certes : fin de la SS et recours volontaire aux assurances privées, fin du CDI remplacé par le contrat unique, selon le modèle anglo-saxon .

La Famille, au coeur de la reconstruction des valeurs de la société, valeurs chrétiennes, cela va de soi .

La Patrie, au coeur du projet de défense de la suprématie occidentale . On va donc durcir les contrôles de l'immigration, l'accueil des immigrés et les aides sociales qui leur sont accordées tout comme les reconduites aux frontières, assortis d'une " préférence nationale allégée " ( propos de 2014 ) . Et réécrire le roman national à l'usage des écoliers de France .

La puissante mobilisation de ce dimanche et le score impressionnant de l'ancien élu de la Sarthe, qui ne peut que prendre une ampleur inouïe dimanche prochain, prouvent que F. Fillon a su cibler le centre de gravité idéologique d'un électorat de droite passé quasiment à l'extrême-droite, un électorat avec lequel " il a su entrer en communion " .

Soyons lucides ! François Fillon et Marine Le Pen partagent trop de points communs pour éviter un télescopage en règle dès le premier tour de l'élection présidentielle : de tous les candidats de la droite en lice lors du premier tour de la primaire, F. Fillon est celui qui assume le plus de convergences avec le programme du Front National, d'où d'ailleurs, le nombre important de ralliements, venus de cette mouvance, qu'il enregistre ces derniers jours et qui énervent passablement, Mme Le Pen .

Souverainiste et patriote, ainsi se définit-il, adepte d'une refonte de l'Union Européenne autour de la zone euro, d'un gouvernement de cette zone, d'une marginalisation du Parlement Européen au profit des parlements nationaux, il a clairement démontré pendant cette campagne qu'il était parfaitement capable de siphonner l'électorat le plus conservateur sur lequel lorgnait le FN . Catholique affiché, sa foi est revendiquée dans tous ses discours, il propose un programme sociétal aussi traditionaliste que celui de Marine Le Pen ce qui lui a valu le soutien du mouvement " Sens Commun ", traduction politique de " La manif pour tous " : ciblage de toutes les aides sociales sur la famille, réécriture de la Loi Taubira sur toute la partie de " la filiation ", IVG qui perd son caractère fondamental .

F. Fillon est une aubaine pour les conservateurs et les catholiques fondamentalistes qui allaient, malgré tout voter Marine Le Pen mais " en se bouchant le nez " .

Et dans le domaine de l'immigration, F. Fillon franchit carrément la ligne rouge qui le séparait de l'extrême-droite avec la  " Préférence nationale allégée " qu'il définissait en 2014 : priver les étrangers en situation régulière d'allocations familiales pendant les deux premières années suivant leur arrivée, réduction drastique du droit au regroupement familial - merveilleux de la part d'un fervent catholique - et mise sous condition d'urgence du droit à l'aide médicale d'urgence .

" Les candidats à l'immigration doivent savoir, à l'avance, que l'on ne peut débarquer en France et aller tout de suite au guichet ", scande-t-il dans tous ses meetings . On admirera l'élégance du propos .

L'ancien Premier Ministre n'a jamais abusé de l'agitation identitaire de son ami N. Sarkozy mais il sait jouer avec les références historiques si chères à l'électorat  conservateur : apologie du roman national à l'école - sans en appeler aux Gaulois -, promotion de l'uniforme scolaire, refus catégorique de toute repentance sur la question du colonialisme .

Avec le respectable mais ultra-conservateur F. Fillon en pole position, les cartes du jeu politique sont totalement rebattues .

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 14:00
Photo " la gauche m'a tuer " .

Photo " la gauche m'a tuer " .

" Un jour chacun pensera exactement ce qu'il a envie de penser et tout le monde aura alors la même opinion " ( Andy Warhol ) .

En 1935, le sociologue et statisticien américain, George gallup, crée son entreprise de sondages d'opinion . Son raisonnement est le suivant : il est possible de déterminer l'opinion des gens en fonction de leur âge, de leur sexe, de leur habitat, de leur profession, de leur religion ... Sur la base de ces critères, la constitution d'un échantillon représentatif de la population totale permet de prévoir ce que pense l'opinion ... Les sondages étaient nés .

Trois ans plus tard, et sans s'en douter, le grand philosophe Gaston Bachelard, ( La formation de l'esprit scientifique, 1938 ) mettait à mal, cette propension à la prophétie, si peu scientifique .

La science dans son besoin d'achèvement comme dans son principe s'oppose absolument à l'opinion . S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion, de sorte que' en droit, l'opinion a toujours tort . L'opinion pense mal, en fait elle ne pense pas, elle traduit tout au plus des besoins en connaissances . En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître .

On ne peut rien fonder sur l'opinion, il faut d'abord la détruire - Marc Aurèle disait, la supprimer, pour aborder des mers plus apaisées - . Elle est le premier obstacle à surmonter . Il ne suffirait pas de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire . L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement . Avant tout, il faut savoir poser les problèmes . Et quoi qu'on dise de la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes . C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique . Pour l'esprit scientifique, la connaissance est une réponse à une question . S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique . Rien ne va de soi . Rien n'est donné . Tout est construit ... "

Il faut comprendre que la condition même de réalisation des sondages suppose la mise en suspens de tout esprit critique qui amènerait à discuter questions et à justifier les réponses, les sondeurs ont horreur de toute critique sur les présupposés de leur technique . Cela nous ramène donc à la mise en garde de G. Bachelard, nous restons bien dans le cadre de l'expression d'une opinion .

Il est une rubrique que les sondeurs ont subrepticement gommé de leurs enquêtes, ce sont les " non-répondants " . Progressivement, les refus de répondre  - et particulièrement aux enquêtes par internet qui constituent, aujourd'hui, la majorité des études menées - ont biaisé les échantillons en leur enlevant de plus en plus leur caractère représentatif . C'est un manque de rigueur évident, en effet, que de taire l'existence de ces " non-répondants " alors que leur refus de répondre engage des avis très différents, mais il est vrai que, pour le sondeur il est impossible de " redresser " - comme on dit - ces prises de position . Les internautes volontaires spontanés n'ont rien à voir avec ceux qui refusent de répondre .

Faute de pouvoir corriger ces distorsions, les sondages en ligne vont donc " filtrer " préalablement leurs sondés, traquant les plus motivés financièrement - par les petits cadeaux que les instituts offrent, désormais - puis les plus motivés politiquement, les plus enclins à répondre, et, tenez-vous bien, où se trouvent ces sondés spontanés et enthousiastes ? Réponse :  à l'extrême-droite, région où l'on s'agite le plus facilement pour dire ce qu'on a à dire .

C'est ainsi que les sondages par internet recrutent, aujourd'hui, plus facilement parmi les " ignorants " et les " fachos " . Il vaut mieux le savoir .

Nous ne dirons rien de ces journalistes qui dissertent quotidiennement sur ces résultats sans jamais douter de leur exactitude, soit par conviction, soit égarés qu'ils sont par leur relation exclusive avec les instituts de sondages, partageant la même proximité avec les personnalités, les lieux et les préoccupations de pouvoir .

C'est bien malheureux, car comme l'écrivait le philosophe : " S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique " .

 

NB : Réf. " Observatoire des sondages " .

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 14:59
" Le fardeau de l'homme blanc " *

* Poème de l'écrivain britannique Rudyard Kipling, de 1899, qui se veut une injonction aux Occidentaux de civiliser, de subvenir aux besoins et d'administrer les populations qu'ils ont colonisées .

Le résultat du premier tour de la " Primaire " de la droite, en vue de la prochaine élection présidentielle est marqué par deux événements importants : la disparition de l'homme qui a le plus parasité la vie politique française, ces quinze dernières années et l'apparition, au premier plan, d'un autre homme, qui va lui, cliver, idéologiquement, le pays, par " la vision du monde " dont il est porteur .

La disparition de N. Sarkozy du paysage politique, éjecté, ce qui n'est pas neutre, par sa propre famille, est un bienfait pour le pays car sa mise à l'écart va rendre bien plus lisible désormais le débat politique .

Le leadership de la droite par un F. Fillon décomplexé nous offre l'opportunité d'une lecture nettement plus claire et sans ambiguïtés, pour le camp du progrès, des luttes à venir parce que F. Fillon est porteur, lui, " d'une vision du monde " et ce n'est pas la plus nuancée : " J'ai puisé dans l'histoire millénaire de la France et dans sa grandeur, la première raison de ma candidature ... quand les autres ignorent l'histoire de France ", ( Sablé, 28 août 2016 ) .

Laissons pour l'instant de côté son programme économique que l'on sait être le plus radical - thatchérien, dit-il lui-même - en matière d'austérité, de reculs sociaux, de " livraison " du pays au grand patronat et attachons-nous à décrypter les lignes de force qui sous-tendent " le rapport au monde " du personnage . 

Le texte qui est au fondement de son rapport au monde est " le discours de Sablé- sur Sarthe ", son  fief, du 26 août 2016 .

Ce rapport est dans sa totalité inclus dans la phrase désormais célèbre, assénée au tout début de ce discours : " Non, la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord  " .

Ecoutons les mots qu'il emploie et le raisonnement qu'il déroule pour découvrir à partir de quel prisme - le premier, car il y en deux - il déploiera ses politiques sociétales ultra-conservatrices . Nous appellerons cette grille de lecture, " le négationnisme ", en ce qui concerne " le fait-colonial " .

Cela rappelle le discours de Jules Ferry de 1885, devant la Chambre des Députés : " Notre devoir de civilisation envers les races inférieures ", ou Rudyard Kipling .

Que nous dit F. Fillon ? Que la France n'a fait qu'entreprendre une démarche généreuse visant à faire partager " sa culture exceptionnelle " aux peuples du monde qui n'avaient pas cette chance . Placer sur le même plan la conquête du Québec en 1608 et la guerre d'Algérie ( 1954-1962 ) ne manque pas de culot : les " enfumades " du Général Bugeaud en Algérie, " la colonne infernale " des capitaines Voulet et Chanoine, à travers le Sénégal, l'expédition du Tonkin menée par J. Ferry tombent dans les oubliettes de l'histoire et F. Fillon se prépare à faire réécrire l'histoire de France à usage des élèves de l'école primaire au Lycée, comme il l'a annoncé .

La vision du monde de F. Fillon est une vision fondée sur un rapport hiérarchique entre les civilisations avec, à son sommet l'Occident chrétien, rapport explicité dans la formule suivante : " Le partage culturel voulu par la France a plutôt bien fonctionné au Québec ... sans doute moins en Algérie . Y sommes-nous vraiment pour quelque chose ? ..." L'habile homme !

Le deuxième prisme à travers lequel F. Fillon lit ce que doit être l'avenir de l'Europe est le prisme " chrétien " qui explique la forte percée qu'il fait dans l'électorat catholique et rural . Pas une intervention sans qu'il évoque la situation des " Chrétiens d'Orient " dont il a pris la défense avant tout le monde, et légitimement, mais qui le conduisent à ne voir le conflit syrien qu'à travers cette grille, ce qui est le cas quand il répond ( main droite levée et index dressé ) à la journaliste Léa Salamé, le 27 octobre dernier, sur France 2, à propos du chaos syrien : " On avait juste oublié un détail, c'est qu'il y a plusieurs communautés en Syrie, que Bachar el Assad est soutenu par sa communauté alaouite ... et par les Chrétiens " .

C'est une vision mythifiée des chrétiens d'Orient qui l'habite, communauté incarnant à la fois une forme d'excellence civilisationnelle, brillante, et vecteur de la présence culturelle française au Moyen-Orient . 

Quand dans l'imaginaire de F. Fillon les Chrétiens d'Orient deviennent la victime principale et innocente de l'Etat islamique, qu'il appelle aujourd'hui, dans un glissement sémantique assez curieux, le " totalitarisme islamique ", " la première cible d'une épuration culturelle, spirituelle et humaine " car " le message bienveillant du Christ, doit faire place au drapeau noir ", quand dans la pensée d'un futur président de la république, le sort d'une minorité, 7% de la population du Moyen-Orient - même si ce sort  est absolument intolérable - devient aussi prégnant, aussi structurant, on ne peut que trouver cela préoccupant par rapport au moment où il aura à assurer la responsabilité de la politique étrangère du pays .

Sa vision " post-coloniale ", qui lui fait ignorer les agendas politiques des acteurs locaux, son obsession d'ensevelir tout conflit sous une étiquette confessionnelle, vont l'amener à évacuer tous les enjeux sociaux et de partage des richesses, pourtant si prégnants dans cette partie du monde ce qui ne peut constituer un gage de paix pour les pays du pourtour méditerranéen et pas davantage l'assurance d'un meilleur accueil pour tous les réfugiés qui affluent de ces régions vers l'Europe .

Alors, peut-on dire que l'apparence placide et posée du personnage annonce l'aube d'un nouvel humanisme pour notre pays ? Certainement pas !

Le nouvel homme fort de la droite s'affirme comme " un homme de convictions " : faisons lui confiance ! Un idéologue - ce que n'était pas Sarkozy - dont l'imaginaire politique est celui du XIXe siècle et la vision de son action politique d'essence coloniale , nous promet une société des plus inégalitaires et très portée sur la violence d'Etat . 

 

NB : à partir du billet de Jules Nenon, le club de Mediapart, 18 novembre 2016 .

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 15:32
Fontainebleau : salle du trône .

Fontainebleau : salle du trône .

" Un traître est celui qui quitte son parti pour s'inscrire à un autre ; un converti est celui qui quitte cet autre pour s'inscrire au vôtre " ( G. Clémenceau ) .

" Ce matin-là, le ciel était lourd, le temps frais, et le jeune homme au sourire enjôleur pétri d'idéal  était bien décidé à laisser éclater sa révolte contre la décrépitude d'un " système " impuissant et corrompu . Le jeune ambitieux n'avait pas encore quarante ans et voulait restaurer " la vertu " du régime . Il se dressa contre le vieux souverain fatigué et lui porta le coup fatal ... " ( Suétone : récit de l'assassinat de Jules César par son fils adoptif Brutus et 22 autres sénateurs conjurés, aux Ides de Mars de l'an 44 avant J.C. ) . Citation du journaliste Renaud Dély, dans son article " Brutus Président ", Marianne No 1025 du 18 novembre 2016 .

Protégé, choyé, nommé, promu sur la scène politique par trois " morts-vivants " de la Mitterrandie, - Jacques Attali, Jean-Pierre Jouyet et F. Hollande - Emmanuel Macron passe aujourd'hui pour la quintessence du  traître . 

Est-ce si grave que cela ? N'est-ce pas cet art aiguisé de la trahison - entre duplicité et rouerie - qui conforte la légitimité de sa candidature à la présidentielle ? 

N'est-il pas bien établi, qu'en politique, la trahison est le passage obligé, la figure imposée, qui propulsent l'ambitieux apprenti dans la cour des grands de la conquête du pouvoir ?

Tromper ses aînés, se débarrasser d'encombrants parrains, bref " tuer le père " pour voler de ses propres ailes, n'est-ce pas la cérémonie d'initiation incontournable pour qui prétend s'asseoir sur le trône ? 

Tous les Présidents de la Ve République, absolument tous, ont trahi pour atteindre le sommet et le discours d' E. Macron, ce mercredi 16 novembre, à Bobigny, n'a fait que rejoindre la longue litanie de ces allocutions félonnes qui font les chefs d'Etat .

Cela commença par le " Je vous ai compris " du Général de Gaulle, aux Français d'Algérie, en 1958, depuis le balcon du gouvernement d'Alger . En 1969, c'est G. Pompidou, qui met les pieds dans les pas du Général, avec " l'appel de Rome " : " Ce n'est un mystère pour personne que je serai candidat à une élection présidentielle dès qu'il y en aura une ... ", prise de position qui affaiblit le Général de Gaulle, toujours président, à la veille d'un référendum à hauts risques . Giscard d'Estaing ne sera pas en reste, lui qui, ancien ministre de De Gaulle, donne, la même année, la consigne de voter non à ce même référendum sur le Sénat et la Régionalisation, consigne qui va accélérer la chute du " Vieux " . A peine deux ans après c'est au tour de F. Mitterrand, par le complot d'Epinay, en 1971, de tromper son monde et de s'emparer du PS  lors du faux Congrès du même nom .

Le 13 avril 1974, Jacques Chirac entre en scène et torpille la candidature à la Présidentielle de J. Chaban Delmas, gaulliste historique, en faveur du centriste Giscard d'Estaing à travers " l'appel des 43 " qu'il pilote : 29 députés et 4 ministres gaullistes appellent à ne pas multiplier les candidatures à droite, s'adressant à J. Chaban Delmas dont J. Chirac, ministre de l'Intérieur, sait qu'il n'a que peu de chances d'être élu . Le très empathique Chirac remettra cela, en 1981, mais cette fois contre Giscard d'Estaing et fera élire Mitterrand .

Ajoutons à cet éloquent palmarès, un certain Nicolas Sarkozy, qui en 1994 prend parti pour Edouard Balladur contre son mentor J. Chirac, en vue de la présidentielle 1995 ou encore les manoeuvres de F. Hollande en 2007 pour torpiller la candidature de Ségolène Royal, sa compagne, qui si elle avait été élue aurait bouché l'horizon pour au moins dix ans à ses propres ambitions .

Autant de manoeuvres, et tant d'autres oubliées, qui élèvent les sept présidents de la Ve République au rang de " Traîtres " couronnés . 

Allons, " mi Manu ", poursuis " ta marche " vers le trône, sans rougir, ceux qui t'ont précédé n'ont jamais exprimé de remords sur leurs turpitudes car, toi, au moins, tu n'as pas encore eu le temps de t'attaquer à la deuxième étape qui donne sa plénitude à la trahison : " trahir ses engagements ! " 

De " changer la vie " à " la fracture sociale ", de " la vraie rupture " à " la finance étranglée ", il y a vraiment quelque chose de " cocasse " à entendre les indignés du bocal parisien tancer ton manque d'éthique .

Attention " mi Manu ", ne te méprends pas : je ne défends pas ta candidature . Elle est aussi " indécente " que toutes les autres - sur le spectre qui va de la gauche socialiste à l'extrême droite -, je voulais simplement rappeler, que l'accession au Trône n'exige aucun brevet de vertu .

 

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 14:51
Poudre aux yeux et carambouille .

" Dans des pays où de simples bulletins de vote peuvent changer les dirigeants tous les cinq ans, la domination des uns sur les autres ne peut exister sans le consentement des gens ", ( Jacques Généreux, économiste ) .

" Il faut tenter de comprendre la bêtise des gens intelligents ", " Même des gens très brillants raisonnent de travers et disent des absurdités ", telle est l'impression que m'a laissée le débat de la primaire de la droite que j'ai suivi, hier soir, sur France 2 .

La biologie de l'évolution, les neurosciences, la psychologie cognitive nous montrent que notre cerveau n'a pas été conçu pour la pensée rationnelle bien pesée, bien articulée, ni pour l'intelligence du monde, mais pour nous permettre d'accomplir d'abord, trois objectifs majeurs : la survie, le succès social et la reproduction, donc la compétition, autant de filtres à l'expression de la pensée intelligente : au départ, nous sommes formatés pour " une pensée de poisson rouge qui ne se pose pas la question de savoir ce qu'il pourrait faire à l'extérieur du bocal " et toute le détermination des gouvernants est de nous maintenir dans cet état .

Nous sommes capables de manifester une grande intelligence mais celle-ci ne peut être en aucun cas un simple réflexe . 

Nous devons admettre que notre pensée réflexe est truffée de " biais cognitifs " qui nous prédisposent aux raisonnements erronés et à l'entêtement imbécile, que l'on soit polytechnicien, énarque ou Prix Nobel .

" Ces biais cognitifs " dont nous souffrons expliquent en partie la propension du plus grand nombre à accepter le système car ils nous prédisposent à préférer le statu quo au changement incertain et les explications simplistes aux réflexions complexes, attitude idéale pour faire de nous des sujets parfaits pour une manipulation de masse .

L'alternative progressiste n'est pas bloquée pour autant . Il faut seulement reconsidérer deux blocages, oubliés depuis trop longtemps : celui de l'intelligence et celui du système politique .

C'est en premier donc l'Education qui doit être repensée dans le but de former un peuple de citoyens animés par le goût de la réflexion critique, entraînés à la délibération, à la reconnaissance de leurs " biais cognitifs " - la qualification professionnelle viendra après - .

Quant au système politique, on voit bien que, dans une société de communication instantanée, la démocratie n'est plus qu'un marché de bulletins de vote administré par " le buzz médiatique ", les émotions fortes et les images chocs, un terrain de jeu idéal pour la pensée réflexe la plus bête, un marché où les citoyens sont dépossédés du pouvoir réel, au profit de prétendus " représentants " qui font carrière sur ce marché qui sélectionne les plus doués pour " la lutte des places " et non les plus compétents ni les plus engagés dans la quête du bien commun .

Il devient urgent de restaurer les conditions d'une souveraineté citoyenne réelle et d'une intelligence collective . La psychologie cognitive nous apprend aussi que " les biais " qui nous prédisposent à raisonner de travers, lorsque nous sommes en compétition les uns contre les autres, se transforment en atouts pour la résolution des problèmes complexes, dès lors que nous sommes placés en situation de délibération collective et coopérative .

Mais délibérer pour délibérer ne change pas grand chose . Ce qu'il nous faut, ce sont des institutions qui placent la discussion argumentée entre citoyens au coeur de tous les processus de décision publique, en gardant à l'esprit que l'essor de l'intelligence citoyenne a besoin de lenteur, de sérénité et de discussions " immunisées " contre tout enjeu matériel ou de position sociale .

Hier soir, nous n'avions rien de tout cela . Nous avions, face à nous, sept modèles de la pensée réflexe, engoncés dans leurs " biais cognitifs " : survie ( politique ), succès social ( par la politique ), reproduction ( politique ) . On cherchait vainement le " coeur " !

Sept modèles d'intelligence, mais sept individus rendus " bêtes " , au sens propre du terme, par le stress de la compétition .

Alors, le concours pour le choix du vainqueur de la soirée, auquel nous invitent avec insistance les médias, je ne sais par quel " biais " le prendre .

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 13:54
" Les bras m'en tombent " * .

* L'expression est apparue vers le milieu du XVIIIe siècle . Elle indique que notre surprise est telle devant un événement que l'on se retrouve incapable de poursuivre ce que l'on faisait . 

Et oui ! Il fallait oser ! Le Parti Socialiste vient de lancer " une pétition " pour sauver les droits des travailleurs face aux projets de la droite en 2017 . On pourrait croire à un gag tant cet appel du PS semble fou . Et pourtant l'appel figure bien sur le site officiel du Parti : " La droite prépare un projet inégalitaire et autoritaire " , peut-on y lire .

" En matière sociale, Les Républicains ne prennent plus de gants : le programme présidentiel de la droite est un concentré de régressions réactionnaires ", ajoutent les camarades .

Nous sommes appelés à défendre les 35 heures face à la proposition des 39 heures/semaine de la droite, voire la suppression pure et simple de ce seuil . Mais les salariés savent très bien qu'ils travaillent déjà, en moyenne, plus de 39 heures/ semaine, grâce à tous les dispositifs votés sous le présent quinquennat, ils savent que les heures supplémentaires ne sont plus, le plus souvent, payées, et que quand elles le sont, c'est sans la majoration légale ; ils savent que la Loi El Khomri permet désormais de faire travailler jusqu'à 60H par semaine .

Le PS devrait faire profil bas alors que les salariés ont bien compris qu'on leur proposait deux façons de détruire leurs droits : la façon hypocrite des socialistes, je frappe mais je préviens que ça aurait pu faire plus mal encore ; la façon franche d'une droite décomplexée grâce au chemin déblayé par F. Hollande, je cogne et " ferme-la " ou je cogne encore plus fort .

C'est également un appel pour nous faire croire que nos camarades sont contre le report de l'âge de la retraite préconisé par tous les candidats Les Républicains - 65 ans - mais n'est-ce pas oublier que c'est la première chose qu'ils ont faite, dès le début du quinquennat Hollande, en augmentant le nombre de trimestres exigibles .

Dans les deux cas, c'est la même logique qui est à l'oeuvre : des millions de gens à la recherche d'un emploi face à des millions de gens qui travaillent trop et que l'on pressure .

Le ton, à la fin de cet appel, est bien meilleur encore : " Comme si s'attaquer aux travailleurs ne suffisait pas, les syndicats sont également attaqués . La fin des listes syndicales aux élections professionnelles, le référendum sur les modalités de la durée du travail à la seule initiative du patron, signent l'éradication programmée de la représentation syndicale ... "

Mais camarades, ignoreriez-vous la férocité de la répression syndicale - soutenue par un gouvernement socialiste - qui s'abat depuis des mois sur les militants syndicaux qui se sont investis justement dans la défense de leurs droits, tout au long de cette année 2016 ?

Et la conclusion de cet appel à la révolte de prendre le ton martial des grandes heures de l'Histoire : " Et ça, pour nous , ça ne passera pas ! " . Nous, qui ?

" Les bras m'en tombent ! " Je rassure tout le monde, les bras tombent le long du corps, pas par terre, sans quoi, comment ferions-nous pour les ramasser ? 

Devant cette initiative, on est en droit de se demander s'il existe, au PS, des gens qui font encore l'effort de penser .

 

NB : d'après l'article du site " Révolution permanente ", du 15 novembre 2016 .

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 14:13
Photo " linternaute " .

Photo " linternaute " .

" Il faut être pédagogue car plus on est pédagogue, moins on donne d'informations " ( F. Hollande, cité dans le livre des journalistes du Monde : Un Président ne devrait pas dire ça " .

Nous évoquions, hier, le mantra en vogue chez ceux qui prétendent faire l'opinion, " le populisme " . Ces gens-là en ont un deuxième : " la pédagogie " .

Quand les élèves travaillent mal à l'école on leur inflige une semonce : tu n'as pas appris tes leçons et tu n'écoutes pas, en classe .

En politique aussi , il faut de la pédagogie . Mais attention, une pédagogie moderne : ni écoute, ni débat contradictoire, ni confrontation intellectuelle, ni prise en compte d'avis divergents et évidemment pas de révision du jugement en cas d'erreur sur les choix . Rien de tout cela : l'art de la modernité est d'enseigner la bonne pensée au peuple, à vendre la marchandise, aussi avariée soit-elle, et pour cela, une seule règle : " gaver les cerveaux comme on gave les oies " .

Quand le citoyen se montre rétif à " l'opinion obligatoire ", qu'il manifeste, qu'il conteste, qu'il vote mal, on le somme aussitôt de rentrer dans le rang - à coups de charges de CRS, si cela s'impose -, de baisser la tête, de se remettre au boulot voire de bien vouloir se prêter avec la meilleure  volonté du monde à un lavage de cerveau car refuser d'adhérer à la pensée dominante relève, soit d'une dissidence qui peut devenir un frein à toute entrée dans la modernité, soit d'une intelligence atrophiée .

Récemment, comment ont réagi les eurocrates de Bruxelles face à la fronde anti-CETA ? Le Président du Conseil Européen, Donald Tuska fait parler ces deux critères : " Le libre-échange et la mondialisation protègent, mais peu de gens le comprennent et le croient ..." - gonflé, le mec - " ... aussi faut-il les convaincre ... ceux qui sont dans la rue doivent entendre et, si possible, écouter ", a-t-il déclaré dans " la salle des profs " de la Commission Européenne .

Donc, avec un minimum de pédagogie - de gavage - et un gros effort de la part des esprits mal tournés, tout devrait rentrer dans l'ordre .

En 2005, lors du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, les Français votèrent très mal - contre l'avis de 90% des hommes politiques, des éditorialistes et des experts . Les battus du suffrage universel s'interrogèrent-ils sur le fond de ce vote ? Pas du tout ! Ils préférèrent considérer que les gens d'en bas n'avaient rien compris et afin de le leur faire bien sentir on fit revenir le fameux Traité sorti par " la porte des urnes " par " la fenêtre parlementaire " .

Au mois de juin 2016, les Britanniques " d'en bas " ont voté pour la sortie de leur pays de l'Union Européenne contre l'avis d'une majorité des " élites " :  qu'à cela ne tienne !

La campagne des pro-Europe - en premier, les milieux d'affaires - a battu son plein, tout l'été, au point que les " pro-Brexit " en sont à exprimer leurs " remords ", aujourd'hui, et que l'ancien diplomate et consultant John Pedler peut conclure : " Le référendum du 23 juin ne représente plus la volonté du peuple, c'est un fait acquis " .

Chez nous, au printemps dernier, qu'a-t-on expliqué aux salariés et aux syndicalistes mobilisés contre la Loi El Khomri ? Vous interprétez mal le projet de loi, vous lui faites dire ce qu'il ne dit pas, pire - et c'était là la grande injure des commentateurs - vous n'avez même pas lu ce texte .

Allons, chers amis, faites un effort : le gouvernement travaille pour vous ; cette réforme du marché du travail - pourtant inspirée des travaux des meilleurs clubs de la pensée néo-libérale - est l'expression d'une gauche réformatrice, héritière de la pensée de Jaurès . ( C'est pour cela qu'il fallut utiliser à trois reprises l'article 49-3 de la Constitution ) .

Ah ! Si ceux qui défilaient avaient pris la peine d'écouter les ministres chargés du service après-vente et même les syndicats " achetés " - pardon, convaincus - tout cela se serait passé autrement, bien mieux .

Le malheur est que ces ministres n'étaient pas des pros de " la Com ", n'étaient pas spécialement des " pédagogues aguerris ", mais surtout n'aimaient pas particulièrement ce qu'ils avaient à défendre et qui leur était imposé par F. Hollande . On ne peut pas être un bon pédagogue si l'on n'aime pas la discipline que l'on enseigne . Ministres paralysés par ailleurs par un Président qui ne s'exprimait pas et qui ne s'est pas exprimé, en fait, sur le texte, que pourtant il avait inspiré, pendant toute la durée du conflit .

Ce n'est pas là le moindre des paradoxes du quinquennat de F. Hollande : " Etre pédagogue, c'est donner le moins d'informations possible ", confesse-t-il .

Pourtant tout élève de 6e sait que si le cerveau n'envoie pas de message aux pieds, les pieds ne bougent pas .

Malgré le fracas - surjoué - de la primaire à droite, la France est figée dans un immobilisme politique glaçant : le cerveau va-t-il enfin sortir du coma ?

 

NB : d'après l'article de Jack Dion, " Les Français ne sont pas des enfants ", Marianne No 1024 du 11 novembre 2016 .

 

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