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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 13:50
Vitrail de la Cathédrale de Chartres : parabole du bon samaritain .

Vitrail de la Cathédrale de Chartres : parabole du bon samaritain .

Le confesseur de F. Fillon était également rémunéré en tant qu'attaché parlementaire . Mais le Parquet financier fait savoir que ce n'était pas un emploi fictif . Le pauvre bougre avait beaucoup de boulot dans cette famille de menteurs ", ( Information Le Gorafi ) .

" Les évangiles condamnent l'accumulation des richesses de façon claire, constante et explicite : posséder, c'est être possédé ", rappelle le théologien et éditeur J. F. Colossimo .

" L'argent, ce fumier du diable ", dénonçait un des Pères de l'Eglise, Basile de Césarée 

" Heureux les doux car la terre leur sera donnée ", ( Sermon sur la montagne, Béatitudes, Evangile de Mathieu ) .

" Tu aimeras ton prochain comme toi-même ", ( Evangile de Mathieu ) .

" La parabole du bon Samaritain " ( Evangile de Luc, définition par Jésus de Nazareth du " prochain " et de la miséricorde ) .

" La parabole du riche " à qui il sera plus difficile d'entrer au paradis qu'à un chameau de se glisser par le chas d'une aiguille ( Evangile de Marc ) .

Chaque fois qu'un nouveau disciple veut rejoindre Jésus, ce dernier lui demande d'abandonner tous ses biens matériels .

Face à une élection présidentielle où plus rien ne tient debout, posons-nous une question parmi les plus candides qui se puisse trouver : comment le catholicisme bon teint d'une bonne part de l'élite française peut-il s'accommoder de tant d'enthousiasme pour une réforme libérale " radicale ", qu'elle vienne de la droite dure ou du centre ?

Bien sûr, cette question peut se décliner en une multitude d'autres interrogations : Comment croire avec une égale ferveur au Christ des évangiles et au " Dieu marché " ? Par quelles voies impénétrables concilier les valeurs de l' Evangile avec celles du MEDEF et la doctrine sociale de l'Eglise avec le catéchisme thatchérien de la dérégulation ?

La doctrine sociale de l'Eglise a pourtant été établie avec clarté par trois Encycliques signées par trois papes différents, en un peu plus d'un siècle .

Encyclique " Rerum Novarum " du pape Léon XIII, en 1891, texte fondateur du syndicalisme chrétien, Léon XIII condamne " la misère et la pauvreté qui pèsent injustement sur la majeure partie de la classe ouvrière " et la concentration des ressources qui " impose un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires ", - parole de pape - .

Quarante ans plus tard, en 1931, c'est le pape Pie XI qui revient à la charge, dans l'Encyclique " Quadragesimo Anno " : en pleine crise économique majeure, des années 1930, le pape  condamnait sans complaisance la toute puissance des financiers capables " de tuer le corps social ", sans états d'âme .

En juin 2015, le pape François, reprend ce discours en l'emmenant tout près d'une certaine ligne rouge, dans l'Encyclique " Laudato Si " : " Il faut éviter une conception magique du marché qui fait penser que les problèmes économiques se résoudront tout seuls par l'accroissement des bénéfices des entreprises  ou de quelques individus ", proclame-t-il avant d'ajouter " le principe de la maximalisation du gain, qui tend à s'isoler de toute autre considération, est une distorsion conceptuelle de l'économie ", fustigeant encore " l'emprise absolue de la finance " . Exit, la main invisible du marché, gloire à Marx au plus haut des cieux .

L'émergence politique d'un F. Fillon, marqué par une culture catholique publiquement revendiquée, serait-elle l'expression d'un malentendu historique ? 

Pour le prêtre et théologien Henri Madelin, la génération galvanisée par " la Manif pour tous " et incarnée aujourd'hui par F. Fillon " n'entend pas la critique du marché " véhiculée par le message chrétien . Pour le prêtre jésuite et économiste à l'Agence française de développement, Gaël Giraud, F. Fillon " n'a pas intégré l'option préférentielle pour les pauvres, portée par les textes canoniques " . 

D'où la question suivante : " La solidarité est-elle encore une valeur pour les catholiques ? " Et les études qualitatives de la sociologie ne sont pas complaisantes envers les catholiques pratiquants : deux fois plus que les athées et les agnostiques, les catholiques tricolores se méfient de la régulation de l'économie par l'Etat et lui préfèrent la concurrence, la compétitivité, valeurs plus darwiniennes que chrétiennes, à 80% .

Rendre le marché du travail plus flexible et plonger dans l'incertitude matérielle des millions de gens ; supprimer l'impôt sur la fortune que paient les riches pour augmenter la TVA que paient même les plus pauvres ; réduire la fonction publique garante de l'égalité de tous ; démanteler la Sécurité Sociale qui nous laissait tous égaux devant la mort ; en vérité,  le programme de F. Fillon ne paraît pas très catholique .

Au diable donc la redistribution, ( sauf dans la famille ) ! Place à la Loi de la modernité : " La Bourse et la vie - éternelle - ! "

 

NB : d'après l'article de Eve Charrin, " Jésus était-il ultra-libéral , " , Marianne No 1037 du 10 février 2017 .​​​​​​​

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 14:34
Enfants jouant à la toupie .

Enfants jouant à la toupie .

 L'Europe tourne comme une toupie devenue folle sous le fouet du dieu " Finance " et rien ne semble pouvoir l'arrêter, ( d'après Jack Dion, journaliste à Marianne ) .

Tous les observateurs ont relevé l'absence de l'Europe dans les débats qui ont animé les primaires de la droite, du centre et du Parti Socialiste . Faut-il s'en étonner ?

" Peut-on échapper à son destin dès lors que l'on a mis les pieds dans une organisation conçue uniquement pour permettre l'envol de multinationales dans un grand marché dérégulé, la mise en concurrence des systèmes sociaux et fiscaux, la fuite en avant dans la financiarisation et la domination de l'économie la plus florissante, l'Allemagne, grâce à une monnaie unique uniquement conçue à son avantage et d'autant plus que ce pays se refuse à prendre sa part de solidarité liée à la construction d'une oeuvre prétendue commune ? " ( Jack Dion ) .

Depuis trois ans et l'immolation de la Grèce menée par l'Union Européenne sous la férule d'Angela Merkel, depuis la crucifixion du mouvement Syriza par Bruxelles,  le seul parti issu des rangs de la gauche de la gauche qui avait réussi à parvenir au pouvoir et qui a dû courber l'échine devant les diktats européens, cet échec reste planté comme un fer rouge dans la mémoire des penseurs de la gauche de la gauche .

Une énigme : quoi ? La bande à Tsipras n'avait-elle pas tout pour elle : la légitimité démocratique, plusieurs fois renouvelée, la jeunesse, la volonté, le talent d'un brillant économiste et l'appui d'un peuple résolu ?

C'est que la crise grecque venait de révéler aux penseurs et économistes de la gauche, partisans d'un certain " progrès social " que au-delà de l'économie, de la dette, de l'austérité budgétaire, la logique économique de l'Europe avait donné naissance à un terreau nourrissant l'affrontement politique entre une oligarchie puissante, à la manoeuvre, et des classes populaires et moyennes complètement défaites .

Qu'ils soient atterrés, sceptiques ou " anomistes ", économistes, penseurs, intellectuels de gauche demeurent paralysés devant ce constat et incapables de proposer des directions comme le montre le florilège ci-dessous . 

" Il est temps de le reconnaître : les institutions sont dysfonctionnelles et doivent être repensées . L'enjeu central est simple : il faut permettre à la démocratie et à la puissance publique de reprendre la main et de réguler efficacement le capitalisme financier mondialisé du XXIe siècle ", proclament Thomas Picketty et Pierre Rosanvallon . Soit ! Mais on a vu, en Grèce, ce que les oligarchies financières ont fait de la démocratie . Car " réguler " n'est pas remettre en cause .

" La création de la monnaie unique avec l' Union économique et monétaire n'a pas seulement institué une politique monétaire fédérale mais elle a plus profondément modifié l'architecture du système politique européen par la rupture du lien organique entre le souverain politique et la monnaie ", constatent les deux économistes Michel Aglietta et Nicolas Leron . Très bien ! " Il faut donc instituer d'urgence une Europe, puissance publique , à deux niveaux de pouvoir, permettant de faire émerger une double démocratie, européenne et nationale ", ajoutent-ils . Oups ! Le raisonnement n'est pas facile à saisir . Quand on sait ce que l'oligarchie a fait à un niveau de démocratie à Athènes, que ne fera-t-elle pas à deux niveaux : les bûchers ? Car, là encore, on ne la remet pas en cause .

Il y a aussi l'effet de la volonté sur le réel . " Un espace public européen - condition indispensable de la démocratie - est en train progressivement de se construire . Il existera d'autant plus que nous serons capables de porter les débats à ce niveau et de construire des mobilisations européennes ", affirme le syndicaliste Pierre Khalfa, de la Fondation Copernic . Mais les gens sont-ils prêts à lâcher la proie du modèle social national pour une hypothétique démocratie européenne ?

" Certains proposent une union politique où les décisions seraient prises démocratiquement par un gouvernement et un parlement de la zone euro . Mais peut-on concevoir un pouvoir fédéral capable  de prendre en compte les spécificités nationales ? Les peuples européens doivent aujourd'hui refuser toute nouvelle avancée vers un fédéralisme européen sans garantie sur la politique qui serait menée ", avertissent les économistes atterrés, Catherine Mathieu et Henri Sterdyniak . Mise en garde pertinente ." Imposer une réorientation du projet européen autour d'objectifs explicites en vue de défendre et développer le modèle social européen en l'adaptant aux nécessités de la transition écologique " , précisent-ils, en phase avec J.L. Mélenchon, sur ce point . L'objectif est noble . Mais il ne s'agit ni plus ni moins que d'envisager une confrontation avec les institutions européennes et l'oligarchie qu'elles entretiennent . Comment ?

Deux philosophes, Christian Laval et Pierre Dardot, tentent de répondre : " S'il faut ouvrir une crise politique c'est à l'échelle de toute l'Europe, en rompant avec le système des traités de manière à imposer une refondation de l'Europe à partir d'une citoyenneté européenne . Briser le cadre de l'UE pour sauver le projet de l'Europe politique " . Existe-t-il une citoyenneté européenne et existera-t-elle jamais ?

Beaucoup de mots pour dire quoi sinon qu'à gauche le combat n'est jamais fini que lorsqu'on a décidé de ne plus le mener . C'est pourquoi, l'Europe sera également absente de la campagne électorale pour la présidentielle .

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 19:02
" Peter Pan " .

Peter Pan : L'angoisse de devenir adulte associée au désir de rester enfant qui vous transforme en adulte immature . ( Personnage de l'auteur écossais J.M. Barrie, apparu dans le roman " Little white bird ", " Le petit oiseau blanc " , 1902 ) .

 Venu récupérer son ombre abandonnée lors d'une précédente visite chez Mme et M. Darling, Peter Pan se trouve face à Wendy, la fille de la maison, qu'il convainc de le suivre au " Neverland " ( le pays imaginaire ) car il est intéressé par les histoires qu'elle pourra lui raconter et par le rôle de mère qu'elle pourrait jouer auprès des " Garçons perdus ", jadis tombés de leur berceau . Mais la fée " Clochette " est jalouse de Wendy et le " Capitaine Crochet " un ennemi implacable ...

Peter Pan est très lié au " Pays imaginaire " . S'il le quitte, le monde s'endort, la nature se fane et les " Enfants perdus " ne se battent plus contre les pirates . Tout change constamment au pays imaginaire ; les " Enfants perdus " ne sont jamais les mêmes, les méchants changent tout le temps, les fées ont une vie très courte ... Seul Peter Pan est immuable dans ce monde, il est l'éternel maître du jeu ... Pour atteindre " le Pays Imaginaire ", il faut voler : Peter Pan se souvient que pour voler, il faut rêver d'aventures .

J.M. Barrie définit son héros comme " joyeux, innocent et sans coeur " - comme tous les enfants - , totalement égocentrique, n'accordant que peu d'intérêt aux autres personnages qu'il ne considère que comme ses faire-valoir et oubliant très vite ses amis .

Peter Pan n'est donc pas quelqu'un d'humain et pas davantage un héros : dans l'histoire, il est incapable d'amour, de compassion ou de quelque sentiment profond . Il reste éternellement bloqué dans le virtuel, ne faisant aucune différence entre le jeu et la réalité ...

Dans le No 1037, du 10 février 2017, du magazine Marianne, le journaliste Joseph Macé-Scaron pose une question très pertinente  : " De qui Macron est-il l'hologramme ? " Personnellement, je réponds sans hésiter, de " Peter Pan ! " Et ce sont ses soutiens qui me guident . Que  répondent-ils à ceux qui critiquent leur poulain ?

Comment osez-vous critiquer l'homme qui veut sauver la France ? Comment avez-vous le front de vous en prendre à celui qui est " jeune, souriant et toujours en mouvement " - comme Peter Pan - et qui entonne " la Marseillaise ", la main sur le coeur, avec la grâce et le sourire ravi d'un des figurants du film " Les Choristes " ? - " Les garçons perdus " du livre de J.M. Barrie - . N'en avez vous pas assez de passer à côté d'une initiative historique que même Las Vegas nous envie ? Ne vous lasserez-vous jamais de nous empêcher de nous propulser vers " un XXIe siècle radieux " - Le Pays imaginaire de Peter Pan - où droite et gauche auront disparu enfin dissoutes dans la grande " Matrix de la modernité " permettant ainsi à la démocratie de " voler " vers un nouveau " Jardin des délices " ?

La cause est entendue : " Tout est bon dans le Macron " ! Chez Macron, rien ne saurait déplaire . N'a-t-il pas inventé la séduction permanente ? Celle qui lui permet à la fois de murmurer à l'oreille des vieux crocodiles et à celle des jeunes lézards . 

La taille bien prise dans ses costumes bleus qui rehaussent un regard qui vous donne l'impression que ses paroles vont transfigurer votre vision du monde . Il a le charme et l'allant de ces aventuriers qui au XVIIIe siècle parcouraient les Cours d'Europe pour y semer les graines du despotisme éclairé .

Après tout, n'est-ce pas l'homme qui a réussi le tour de force de transformer le plomb d'une participation active au quinquennat de F. Hollande en or médiatique ? François qui ? Non, vraiment, il ne voit pas ! Une faculté " d'oubli " à la mesure de celle du héros de J.M. Barrie . Il est trop fort . Sa démission du gouvernement Valls, préparée de longue date et accompagnée de généreux soupers offerts à ses premiers soutiens, à la cantine de Bercy, a fonctionné comme une ardoise magique, effaçant tout .

Très habilement, le personnage ne revendique aucun droit d'inventaire qui le relierait encore à F. Hollande, il y substitue " son droit d'invention ", refilant ainsi le mistigri au frondeur Benoît Hamon .

Son programme, on commence à se demander s'il ne l'a pas confié à son hologramme . Imaginez un peu : Alain Minc, Jacques Attali, Bernard Kouchner, Pierre Berger, Bernard-Henri Lévy qui s'esbaudissent devant un projet dont les axes forts sont : " La pluie ça mouille ! " ou " La guerre c'est mal ! " 

Françaises, Français, tenez-vous le pour dit : on vous demande de ne pas grandir, comme le faisait Peter Pan à l'encontre des " Enfants perdus ", qu'il exécutait lui-même, s'ils n'obéissaient pas, " the bad boy ! " 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 14:18
Une élection impossible .

" Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations . Judas, par exemple, avait des amis irréprochables " ( Verlaine ) .

Depuis les débuts de la Ve République, jamais le pays ne s'était trouvé dans une telle situation : aborder l'élection majeure prévue par les institutions, sans savoir, si les électeurs pourront se rendre aux urnes . Nous sommes sur le point de voir 45 millions d'électeurs " dessaisis " du pouvoir acquis après de longues luttes populaires : le suffrage universel .

Certes, pareille affirmation mérite une explication : les bureaux de vote seront ouverts le dimanche 23 avril 2017 ,et aucun militaire en armes ne sera devant la porte pour en interdire l'accès . Ce que nous voulons dire, c'est que les protagonistes de ce rendez-vous électoral font tout pour dégoûter les électeurs de s'y rendre .

Le premier d'entre eux est évidemment le professeur de morale de " Les Républicains " : " L'Etat et son chef ne peuvent pas demander aux Français de se dépasser, ils ne peuvent pas demander aux citoyens de respecter les lois, si le soupçon est au coeur de l'Etat . Il fallait bien quelqu'un qui se lève pour le dire " .

Désormais, l'ancien premier ministre aura beau faire et beau dire, quoi qu'il dise il verra se dresser devant lui le citoyen de base pour lui répliquer, à chaque demande de sacrifice : et vous ? Par ailleurs, après avoir réduit au silence son parti, la nouvelle défense du candidat de la droite dure consistant à remettre en cause la marche de la justice, place l'échéance électorale sous la tutelle des juges .

Le deuxième protagoniste, l'homme neuf, sans attache, émancipé, libre mais soutenu par une horde de champions olympiques du " retournement de veste ", ( Minc, Attali, Kouchner, Conh-Bendit, Bergé, Lorenzi, Séguéla ), candidat à l'élection présidentielle sans programme présidentiel, passé directement du statut d'hommes d'affaires de la Banque Rothschild à celui de conseiller du président, a bien du mal à nous faire croire que son parcours offre un quelconque soupçon de " progressisme " et rencontrera bien des obstacles pour pour attirer les classes populaires sur son rocher .

Un troisième homme se retrouve sur scène, complètement abasourdi par ce qui lui arrive tant il n'y croyait pas . Aussi avait-il fait une campagne des primaires presque folle, promettant la lune, mais qui plombe aujourd'hui son discours . " Le petit Benoîst ", que les Cambadélis et consorts ont eu tôt fait d'emprisonner dans la camisole des investitures aux Législatives : des candidats déjà investis dans 400 circonscriptions, dont 255 ( 64% ) sont des tenants de la ligne social-libérale de F. Hollande, parmi lesquels des sortants du gouvernement ( Valls, El-Khomri, Le Guen ... ) . C'est à dire que le PS part aux élections avec un candidat à la présidentielle et des candidats aux législatives qui n'ont pas le même programme . Situation idéale pour mobiliser des citoyens .

Le quatrième homme, le plus libre à priori, se retrouve pourtant prisonnier de la démarche personnelle qu'il a engagée, il y a déjà un an : et également prisonnier de ses " Insoumis " dont la violence verbale sur les réseaux sociaux ne l'aide pas . Sa démarche lui interdit tout rapprochement avec Hamon et L'écologiste jadot, sauf à ce que ces derniers acceptent de passer sous les fourches Caudines des " Insoumis " . A terme, JLM paiera l'intransigeance de ses soutiens, le PS sera assez habile pour lui faire porter le chapeau de la désunion .

Et voilà qu'un cinquième homme s'invite à la table : François Bayrou . Qu'apporte-t-il sinon encore plus de confusion ? Son terrain de jeu est largement occupé par E. Macron . 

Ces cinq personnages donnent à entendre que les Législatives, c'est à dire l'existence et la force de leur parti, dans l'après présidentielle, serait plus importantes que l'élection prétendument majeure . Comment mobiliser avec un tel objectif ?

Enfin, la femme ! A l'aise, ayant profité du quinquennat de F. Hollande pour engranger le soutien des frustrés de la gauche et appréciant aujourd'hui l'énorme cadeau que la cupidité de F. Fillon vient lui offrir . Aussi la dame peut-elle durcir son discours raciste, sans crainte et même y ajouter un inouï, " Ils sont tous pourris, sauf moi " !, afin de solidifier son socle électoral désormais inébranlable .

Voilà la nature de cette " élection impossible " : un noyau dur d'égarés qui risquent de faire l'élection, quelques bancs de fidèles nostalgiques de-ci,de-là et une masse de gens dégoûtés, revenus de tout, qui resteront chez eux .

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 14:13
" François la menace " (1) .

Sous-titre : Prise d'otages au parti Les Républicains .

" J'ai bon caractère mais j'ai le glaive vengeur et le bras séculier . L'aigle va fondre sur la vieille buse . Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ... " ( Réplique du film éponyme de Michel Audiard, 1968 ... ) 

(1) . Titre d'un billet de Laurent Joffrin, du 7 février 2017, dans Libération .

Perinde ad cadaver ", " obéir comme un cadavre ", ( Serment en vigueur dans la Compagnie de Jésus ) ), tel est le message adressé par F. Fillon à ses troupes, ce lundi 6 février 2017, lors d'une conférence de presse qui visait plus les caciques " Les Républicains ", pressés de le " débrancher ", que les Français, comme la presse " mainstream " tente de le faire croire . 

Le drôle de paroissien qui pillait avec une constance à toute épreuve tous les " troncs " de la République s'est fâché . Mais quoi : la France n'est-elle pas, depuis des siècles, la fille aînée de l'Eglise ?

Lundi dernier, F. Fillon " l'effacé " a sommé la droite française de se soumettre à ses volontés et il n'y est pas allé de main-morte . " Ne vous trompez pas ", leur a-t-il dit, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, j'irai jusqu'au bout parce que mon heure est venue, vous n'avez pas le choix . Vous n'avez pas de plan B, si je renonce vous allez vous étriper et offrir la présidentielle à un nain, à du vent, à l'insondable .

Le statut que vous avez voulu donner à la primaire a tout verrouillé en ma faveur, aucune solution de rechange ne vous est laissée et si par malheur vous persistez à vouloir me déconnecter, je porterai l'affaire en justice devant laquelle je suis sûr de gagner . C'est le statut de la primaire qui le dit : vous avez fait de moi le patron . Tel est le message que F.Fillon a envoyé aux siens : je ne veux plus voir qu'une seule tête et celles qui dépassent tomberont .

Laurent Joffrin rappelle dans un billet, publié par Libération, le coup de poker du corsaire Jean Bart, au XVIIe siècle, qui était monté à bord d'un vaisseau ennemi, un baril de poudre sous le bras et avait menacé l'équipage de tout faire sauter s'il ne se rendait pas : et l'équipage s'était rendu .

Désarmés, impuissants, pétrifiés, les pauvres hères de la bulle républicaine n'avaient plus qu'à obtempérer  et les dissidents à baisser pavillon . Le candidat restait candidat . Point final .

Dès le lendemain, la trompette de la France conservatrice, Le Figaro, qui la veille caressait encore, non sans angoisse, l'espoir d'une solution " Juppé ", remettait de l'ordre dans les têtes de ses éditorialistes, qui, dans un ordre du jour martial, et d'une seule voix, juraient fidélité au " général ", que, la veille encore, ils songeaient à démettre .

Cependant, à présent, il reste à convaincre les électeurs, pour faire, au soir du 7 mai, un score d'au moins 51% . Et cela paraît moins facile . En ce qui concerne le fond de l'affaire proprement dite, F. Fillon n'a toujours apporté aucune preuve matérielle ou tangible : la candide déclaration de son épouse à un journal britannique, en 2007, confirmée avec fermeté par la journaliste qui avait recueilli ses propos reste dans tous les esprits . Les informations du Canard Enchaîné, d'aujourd'hui, concernant les 45 000 € d'indemnités de licenciement perçues et payées par l'Assemblée Nationale, non démenties et oubliées par F. Fillon lundi dernier, ne vont pas arranger ses affaires .

Il a accueilli avec un certain soulagement l'annonce du renvoi de N. Sarkozy devant le tribunal correctionnel, à propos de l'affaire Bygmalion, pensant que le fardeau de la duplicité sera moins lourd à porter à deux mais rien n'est moins sûr : l'effet d'accumulation peut-être contre-productif .

Que lui reste-t-il à défaut de justifications pertinentes ? Compter sur le temps, grâce auquel les polémiques ont tendance à s'estomper peu à peu et ce, quel qu'en soit le contenu ? Mais du temps, il lui en reste peu : le premier tour de l'élection présidentielle se tiendra dans deux mois et demi . C'est court, pour compter sur une amnésie générale du corps électoral . D'autant plus qu'on ne sait pas ce que notre drôle de paroissien cache encore .

Décidément, le concept inventé par les communicants de Donald Trump de " vérité alternative " a de beaux jours devant lui . Ce que je vous dis n'est pas la vérité mais c'est ma " vérité alternative " et je vous emmerde !

Cet épisode ne doit pas être pris à la légère . La façon dont ce triste personnage vient de casser son propre parti nous dit le niveau de détermination avec lequel il entreprendra la casse de notre modèle social, s'il est élu . A bon entendeur, salut !

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 13:55
La douceur d'un logo au service d'un chaos irréversible .

La douceur d'un logo au service d'un chaos irréversible .

Un logo : la rose socialiste d'une ancienne gauche dévaluée et couchée parce qu'on veut prendre sa place ; le bleu de la droite ; la disparition du patronyme et de la flamme tricolore trop encombrants ; le gris apaisant de " Présidente " ...

Vous avez encore des doutes ? ... Réécoutez donc le discours de Marine, à Lyon, dimanche dernier .

Opportunisme, racisme, patriotisme rance, fin des 35 heures, abrogation du mariage pour tous, allongement de la durée de cotisations pour les retraites, pas d'augmentation du SMIC ... Rien de bon pour les salariés .

Opportunisme et rouerie : le FN abrogera la Loi Travail . Oui mais, lors du débat au parlement, en 2016, les députés et sénateurs du FN avaient préparé plusieurs amendements tendant à libéraliser davantage encore le texte . L'initiative fut bloquée, juste à temps par le bureau politique, inquiet des retombées médiatiques . Ces amendements correspondaient en fait au fond idéologique du FN : " pro-capitalisme français " . La promesse n'engage donc que ceux qui vont y croire .

Racisme : Marine Le Pen déclare ne pas avoir de vision raciste du peuple français car il y a " des noirs français dans nos îles " - qui votent - , mais dans le même temps, elle se proclame adversaire résolue du droit du sol, favorable à la suppression de la double nationalité . En résumé, si elle arrive au pouvoir, aucun " non blanc " ne pourra devenir français . De la même façon toutes les aides sociales accordées aux étrangers - associées à de la fraude fiscale, rien que ça - seront supprimées .

Stigmatisation des musulmans : " Les Français juifs de bonne foi n'ont rien à craindre du FN, c'est le seul parti à avoir la capacité, le courage et la volonté d'éradiquer le fondamentalisme islamique ", affirme-t-elle . C'est bien ! Mais les français juifs de " mauvaise foi ", auraient-ils du souci à se faire ? Et les " blocs identitaires " auteurs de nombreuses ratonnades, pourquoi sont-ils toujours les amis sûrs du FN, comme on a pu le voir, dimanche soir, à Lyon, après le meeting de la candidate ?

Le patriotisme rance : Marine Le Pen prophétise " un printemps des patriotes ", en mai 2017 . Mais on ne sait toujours pas comment, la sortie de l'Europe, le rétablissement des frontières nationales, une taxe de 3% sur les produits importés, même ceux que nous ne fabriquons plus, à part de renchérir coût de la vie, vont améliorer le sort des salariés . Remarquons au passage, que cette taxe, c'est nous qui la paierons, sur les prix .

La fin des 35 heures : le programme de Marine Le Pen prévoit le retour aux 39 heures afin d'améliorer le sort des petites entreprises, fond de commerce du Front . Ouvriers, employés, sensibles aux sirènes de " la Marine ", pesez bien votre décision future .

La fin du mariage pour tous : Cette mesure révèle le fond idéologique de ce parti, anti-égalitaire, mais également la stratégie politique fourbe qu'il promeut, en allant chercher des voix dans le champ de la droite catholique tournée, pour l'instant, vers F. Fillon .

Allongement de la durée des cotisations pour la retraite : la fourberie atteint des sommets, en ce domaine . Le FN affiche carrément le retour à la retraite à 60 ans, mais dans le même temps, se prononce pour un allongement de la durée des cotisations . La contradiction n'est plus intellectuelle, nous sommes dans le mensonge le plus éclatant qui signifie, qu'une fois au pouvoir, le FN fera passer à la trappe sa promesse .

Pas d'augmentation du SMIC : Ouvriers et employés ne tombez pas dans la naïveté . Le FN n'a jamais envisagé d'augmenter le SMIC, car il veut protéger les petits patrons, son électorat . Voici le tour de passe passe qu'il vous propose . L'Etat prendra en charge jusqu'à 200 €, les cotisations salariales, votre salaire différé, jusqu'à 1,4 SMIC . Sachant que cela est déjà fait pour les cotisations patronales, cela signifie que l'Etat se substitue de plus en plus à la solidarité par le travail et que donc, demain, à la première difficulté, la loi, peut tout bouleverser . Que vous restera-t-il ? Payer des assurances privées pour vous soigner . Et, à ce stade, je vous demande un petit effort : à quel autre programme - que vous rejetez avec fermeté - s'apparente cette mesure ?

Si le FN devait accéder au pouvoir, bien des revirements sont à prévoir qui nous feront considérer les revirements de F. Hollande pour de la roupie de sansonnet .

Et tout cela "  AU nom du peuple " !

 

D'après un article ( Le programme du FN pour 2017 ) de l'Association " VISA ", association intersyndicale, allant de la FSU au Syndicat de la Magistrature, en passant par des structures locales de la CGT, de la CFDT, des syndicats Solidaires, de la CNT, de l'UNEF ... 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:54
Lugdunum : capitale des Gaules .

Après la mort de César ( 44 av. JC ),  Agrippa, gendre de l'empereur Auguste ( successeur de César ) partage la Gaule en trois grandes provinces, La Lyonnaise, l'Aquitaine et la Belgique . Lugdunum devient la capitale commune de ces trois Gaules . La Narbonnaise, romanisée depuis beaucoup plus longtemps reste province sénatoriale .

Ce week-end, Lyon, était redevenue, renouant avec des fastes passés, pour quelques heures, la capitale des Gaules . Trois grands candidats à l'élection présidentielle prochaine s'y disputaient la vedette .

Samedi, c'était " Pipo ", héros de bande dessinée, qui ouvrait le ban, avec un long discours ennuyeux, creux, flou, gonflé aux généralités, sans densité ... Et il en sera ainsi jusqu'au scrutin car le positionnement choisi par E. Macron, au-dessus des partis, prétendument ni de droite, ni de gauche, ratissant large, ne lui permet pas de préciser son programme, puisque à chaque mesure trop précise, il perdra forcément un pan de ses soutiens . Mais un triomphe médiatique puisque toutes les chaînes d'information lui ouvrirent leurs canaux avec la complaisance que nous leur connaissons .

Dimanche, nous offrait la guerre des " hologrammes " .

J.L. Mélenchon, présent à la fois à Lyon et Aubervilliers, nous proposait une prestation technologique inédite, avec succès, rassemblant ainsi beaucoup de monde, auquel il livra avec la pédagogie qui est la sienne les contenus les plus cohérents et déterminés de cette campagne . Mais il faudra bien d'autres opérations de ce genre, car les médias, moins complaisants à son égard, ne diffusèrent que partiellement son intervention . Allez savoir pourquoi .

A la même heure, Marine Le Pen, toujours depuis Lyon, tenait meeting -  à " tombereau " d'ordures ouvert - pour lancer sa campagne officielle, meeting retransmis en intégralité sur toutes les chaînes d'information continue .

Impressionnée par l'initiative de JLM, elle aussi avait voulu son " hologramme " comme en témoigne l'image ci-dessus . Et ce n'est pas une plaisanterie . Sur scène, l'image de la " déesse de la dédiabolisation du FN " , mais le discours, un discours digne des hautes heures du " Père ", un discours nous ramenant des années en arrière, suintant de haine, de rejet, de discrimination, d'arrestations, d'expulsions, d'exclusions, d'interdictions, un discours fondé sur un seul pilier, " l'élimination de l'étranger " : éliminer les enfants d'étrangers de l'école publique ; éliminer l'étranger de la couverture médicale ; éliminer l'étranger des allocations de solidarité ; éliminer l'étranger de l'emploi ( la préférence nationale ) ; éliminer l'étranger de l'espace public ; et même, éliminer l'étranger de nos prisons, en renvoyant tous ces gens chez eux pour faire de la place : de la place pour qui ? Les Communistes, les Francs-Maçons, les opposants au régime ?

Accessoirement, se tenait, ce même jour, à Paris, la Convention d'investiture du candidat socialiste . Benoît Hamon y tentait un exercice de funambule très compliqué : retenir les forces centrifuges de la droite de son parti attirées par E. Macron, tout en cherchant à ne pas insulter l'avenir, en préservant les passerelles que son programme a établies avec le projet de JLM .

Le week-end se terminant sur le silence assourdissant du candidat de la droite dure, F. Fillon, absent du débat, pour raisons familiales, a assuré son entourage .

" Tout l'art du dialogue politique c'est de parler tout seul, à tout de rôle ", ( André Frossard ) .

 

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 15:10
Le paysage politique est dévasté .

Le paysage politique est dévasté .

" Trump est un gros con qui ne m'intéresse pas et qui a été élu par des catégories humaines qui ne m'intéressent pas " ( Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point , comique troupier, France Info ) 

Version française : " Marine Le Pen est une conne qui ne m'intéresse pas car elle est soutenue par des catégories humaines qui ne m'intéressent pas " .

 Le propos de " l'hollandolâtre " Ribes n'est pas intéressant par sa " boboïtude " mais par le mépris exprimé à l'endroit des classes populaires par des libéraux-libertaires qui, chemin faisant, ont fait, depuis trente ans le lit du Front National . Et tant que l'on méprisera les classes populaires pour mieux les oublier, le FN prospérera .

Un jour éclate l'affaire Fillon, une bombe à fragmentation qui fait voler en éclat les certitudes d'une droite dure d'accéder au pouvoir en mai 2017, les doigts dans le nez . Un autre jour, c'est un Gilbert Baumet, ancien ministre de P. Bérégovoy, qui encaisse quatre mois de prison ferme pour favoritisme dans l'attribution de marchés publics . Un autre jour encore, c'est Serge Dassault , contre qui le parquet requiert deux ans de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité pour blanchiment de fraude fiscale . Au-dessus de tout cela, la situation d'un ancien Président de la République, toujours mis en examen dans deux affaires .

Selon le chercheur Bruno Cautrès, commentant l'édition 2017 du baromètre de la confiance politique établi par le CEVIPOF ( Sciences-Po ), l'état d'esprit des Français à l'endroit des hommes politiques, se résume en peu de mots : " On ne vous aime pas !" 

L'enquête révèle que  : 89% des Français considèrent que les élus ne s'occupent pas d'eux ; 67% qu'ils se soucient uniquement des riches et des puissants ; leur avis sur la politique : pour 40% c'est " la méfiance "  et pour 28% du " dégoût " .

Les clercs de la communication édulcorent avec cynisme ces résultats et appellent " désenchantement " ce qui est un " rejet franc et massif " . Les couches oubliées par les politiques et les médias, les sans-voix, les sans-dents, les frustrés des promesses électorales non tenues, ceux qui prennent de plein fouet la note de la mondialisation, la crise, les politiques européennes anti-sociales, l'éclatement des repères traditionnels, la peur du lendemain et l'insécurité sous toutes ses formes ( physique, sociale, civique, culturelle ) n'en peuvent plus . 

Et c'est sur ce terreau que le Front National fait son nid . Au fil des événements, c'est toute la classe politique qui déroule le tapis rouge à Marine Le Pen . Ces électeurs qui la rejoignent sont pris d'une telle envie de vomir  dans les urnes leur dégoût  qu'ils en oublient les turpitudes de la championne qu'ils se choisissent et le fait incontestable que le Front National, bien qu'il n'ait jamais été au pouvoir, est le parti qui cumule le nombre d'affaires portées en justice le plus élevé de toute la classe politique et le programme le plus " fourre-tout " des candidats à la présidentielle, au point d'en devenir stupide .

Soyons clairs : depuis des années, le FN stagne en nombre absolu de voix ( autour de 5,5 millions ), ce qui trompe, ce sont les fluctuations de ses résultats en pourcentage qui dépendent fortement des différents taux d'abstention selon la nature du scrutin . Cependant, conclure hâtivement, que cela nous met à l'abri d'une surprise serait une erreur, car justement, il n'est pas exclu que l'affaire Fillon ne pousse davantage de gens vers l'abstention . Le premier parti qui recueille le plus de voix populaires, c'est le parti de l'abstention, et le FN vient tout de suite derrière, loin devant J.L. Mélenchon .

Aussi, au lieu de traiter ces électeurs de " beaufs " ou de " pré-fascistes ", mieux vaudrait s'interroger sur les ressorts de leur dégoût ne serait-ce que pour chercher à y apporter des réponses et tenter d'enrayer les dérives que nous pouvons légitimement craindre .

Pourtant les princes de l'élite préfèrent en rester aux condamnations morales du vote Le Pen - qui détournent les électeurs de leurs fautes et ne remettent pas en cause le système -, un peu comme ces parents qui grondent leur progéniture quand elle enfreint les codes de bonne conduite .

L'avertissement de l'écrivain Yvan Audouard devrait nous inciter à plus de sagesse : " Ce ne sont pas les mécontents qui prennent le pouvoir mais ceux qui savent détourner le mécontentement à leur profit " .

 

NB : d'après l'article de Jack Dion, " La résistible ascension de MLP ", Marainne No 1036 du 3 février 2017 .

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 14:21
Non aux excommunications ! D'abord, comprendre ...

Non aux excommunications ! D'abord, comprendre ...

" La vérité d'un homme c'est d'abord ce qu'il cache " . ( André Malraux ) . Nous cachons tous quelque chose de nous . La vérité c'est simplement de l'admettre . Nous sommes des humains et non des mythes ou des dieux .

Le résultat de la primaire socialiste, au soir du 29 janvier, nous confronte à " un sujet paradoxal : " Le rejet de la politique de F. Hollande sauve, au moins momentanément, le PS de l'implosion . Le paradoxe vaut qu'on s'arrête sur ce moment pour comprendre et non " excommunier " . Résumons .

Du fait de la politique de droite menée par F. Hollande, le divorce entre les classes populaires et le Parti Socialiste s'est poursuivi tout au long du quinquennat touchant jusqu'aux syndicats et aux partis . Mais le coeur de l'électorat socialiste plutôt composé de classes moyennes urbaines résistait, du moins jusqu'en février 2016 . En effet, dans les enquêtes d'opinion, F. Hollande est encore à 20% de popularité en janvier de cette même année . Mais la question de la déchéance de nationalité et l'arrivée de la Loi Travail, dans le débat, va entraîner le décrochage de ces classes moyennes dès février . Ainsi, dans les enquêtes, F. Hollande passe en-dessous de la barre des 15%, en juin 2016 alors que J.L. Mélenchon passe de 10% en janvier à 15% en juin . La bascule est assez claire, au niveau de 5% . Quand E. Macron se lance dans la bataille, en octobre, un nouveau décrochage se produit, Hollande passant sous le seuil des 10% . 

Les sondages donnant B. Hamon aux alentours des 15%, cette semaine, paraissent donc indiquer une sorte de retour à la normale . " Les brebis socialistes reviendraient-elles à la maison après un an d'insoumission ? " .  En tout cas provisoirement . Par quel miracle ?

Les " primaires " mobilisent avant tout le camp concerné, dans ce camp, les plus politisés, et davantage les classes moyennes supérieures des villes animées par deux dynamiques : " le vote utile " visant à choisir  le candidat le mieux placé pour l'emporter à l'élection présidentielle et " un vote de coeur " pour le candidat le plus à même d'entrer en résonance avec les électeurs de la primaire .

En 2011, on peut dire que c'est le vote utile qui a joué, dans le choix de F. Hollande mais en 2017, c'est la seconde dynamique qui a gagné, le vote utile n'ayant plus grand intérêt .

La victoire de B. Hamon du 29 janvier est donc une gifle retentissante adressée à la politique de Hollande et Valls, qui vient de leur propre camp . Cette victoire est donc une bonne nouvelle et pourrait être inscrite dans la continuité du processus de décomposition du " hollandisme " et - si l'on succombe à l'attrait d'une analyse trop hâtive - sonner la fin du " social-libéralisme " . Sauf que certains indicateurs semblent inviter à d'autres hypothèses . Dans les sondages sortis des urnes, dans le socle des votants socialistes, les deux finalistes font jeu égal : 50/50 . C'est auprès des votants de la gauche non socialiste que Hamon fait la différence . Et donc,soit la droite du PS rejoint clairement Macron et le PS explose en vol, soit Hamon recentre son discours et devient l'homme de la synthèse .

Et dans l'une ou l'autre hypothèse, c'est le hollandisme qui sort vainqueur : soit un Macron renforcé, soit un Hamon endossant l'habit de la synthèse, à la Hollande . Le film est donc loin d'être terminé .

En 2012, face à la montée dans les sondages de J.L. Mélenchon, à la même période qu'aujourd'hui, F. Hollande avait dégainé le " Discours du Bourget " et les anathèmes contre la finance . Finalement, en 2017, les électeurs de la primaire offrent au PS une porte de sortie presque similaire . La question qui se pose à ce stade étant : le PS l'a-t-il saisie de façon opportuniste ou cette issue a-t-elle été négociée dès le renoncement de F. Hollande ? Nous ne le saurons probablement pas .

Loin des " excommunications " hâtives et contre-productives, la nouvelle étape qui s'ouvre pour la gauche est claire : amener Hamon à renoncer à " la force obscure " à l'oeuvre au PS avec les sirènes " macroniennes " ou combattre les illusions liées à sa candidature s'il reste arrimé au bateau socialiste " macronisé " .

 

NB : d'après le billet de Hendrik Davi dans Mediapart, 02/02/2017, " De quoi Hamon est-il le nom ? " .

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 14:41
" Koh-Lanta " .

" J'ai toujours remarqué que nos plus grands chagrins étaient le fruit de notre cupidité ", - Voltaire, l'Ingénu ) .

Nous n'assistons plus à une campagne électorale mais à une saison du jeu de télé-réalité diffusé sur TF1 : Koh-Lanta . Hollande : éliminé ; Sarkozy : éliminé : Juppé : éliminé ; Valls : éliminé ; Fillon: éliminé ... Car " le seigneur d'Ensablé sur Sarthe " est déjà mort .

Ce n'est pas une affaire mais six qui vont le faire tomber car ses réponses face aux révélations sur l'emploi présumé fictif de son épouse, les sommes perçues par ses enfants ou les chèques indus touchés au Sénat peinent à convaincre . En effet, s'il ne se retire pas de la course à la présidentielle, ce sont les électeurs qui se retireront qui se réfugiant chez Marine Le Pen, qui chez Emmanuel Macron . Résumons !

Première affaire : L'assistante parlementaire . Pénélope Fillon est soupçonnée d'avoir été rémunérée pour un emploi parlementaire auprès de son mari quand il était député mais qu'elle n'aurait pas occupé réellement . Selon le canard Enchaîné elle aurait empoché 831 440€ brut, lorsqu'elle collaborait avec son mari à différentes époques : de 1990 à 1998, puis de 1998 à 2002 et entre 2012 et 2013 . Elle aurait également été au service de Marc Joulaud, le suppléant de F. Fillon, maillon faible de la chaîne, entendu aujourd'hui par les enquêteurs du parquet financier, lorsque F. Fillon fut ministre sous le gouvernement Raffarin : elle aurait touché, durant cette séquence, plus de 10 000€ par mois, un record, car l'enveloppe de l'Assemblée nationale pour payer les collaborateurs n'était pas encore plafonnée .

Deuxième affaire : dite des deux notes de lecture dans la " Revue des deux Mondes ", propriété d'un ami de la famille, milliardaire, Marc Ladret de Lacharrière . Pénélope les aurait signées sous pseudonyme, étrange chose . Le directeur de la revue de l'époque, l'écrivain Michel Crépu, a affirmé aux enquêteurs n'avoir jamais vu Pénélope dans ses locaux ni n'avoir jamais travaillé avec elle . Mme Fillon n'en était pas moins rémunérée 5000€ par mois, soit, pendant un an et demi, une rémunération cumulée de 100 000 € explique le volatile humoristique .

Troisième affaire : les généreux salaires de ses enfants étudiants . Du propre aveu du candidat à la présidentielle, dur TF1, il a embauché deux de ses enfants avocats, Marie et Charles, pour des missions spécifiques, lorsqu'il était sénateur . Sauf qu'à l'époque qu'il évoque, ses enfants âgés de seulement 23 ans, n'étaient pas avocats mais étudiants en droit, auraient bénéficié d'un contrat d'embauche d'attaché parlementaire de plusieurs mois, très bien rémunéré, au-delà des pratiques habituelles : 57 000 € pour l'une, 26 000 € pour l'autre .

Quatrième affaire : un autre emploi présumé fictif pour sa collaboratrice Alexia Demirdjian ( Révélation Mediapart ), un pilier de son équipe, qu'il ne pouvait pas laisser tomber : à partir de 2015, cette personne a été chargée de mission pendant plus d'un an pour la " Fondation Culture et Diversité ", une branche de la holding " Fimalac " de M. Marc Ladret de Lacharrière, l'ami de la famille . Sauf que la jeune femme n'a laissé " aucune trace publique de son passage " . 

Cinquième affaire :  dite des chèques versés par le Sénat . Entre 2005 et 2007, alors qu'il est sénateur, F. Fillon aurait reçu sept chèques de 3 000 € chacun, comme soixante autres sénateurs UMP - affaire judiciaire en cours - tirés d'un compte appartenant à l'Union Républicaine du Sénat, représentant le groupe des élus de l'UMP, des fonds provenant de reliquats de crédits d'assistants parlementaires , et certainement pas destinés à être mis dans la poche de quelques-uns . ( Le JDD ) . Et F. Fillon ne nie pas, répondant seulement à ses détracteurs : " C'est de l'histoire ancienne ", " le transparent opaque " ajoutant l'arrogance à la cupidité .

Sixième affaire : la " Société 2F Conseil " . Entre 2012 et 2015, François Fillon aurait travailé au sein de la société " 2F Conseil " et aurait empoché 600 000€, pour une activité de consulting ( Le Canard Enchaîné ), interdite par le règlement de l'Assemblée Nationale si elle intervient après l'élection du député, ce qui est le cas de F. Fillon . Dans ce cadre-là, F. Fillon aurait travaillé pour des sociétés russes, affirme le candidat écologiste Yannick Jadot .

Certains médias rapportent que dans les rangs de la droite, la publicité télévisée du groupe LIDL fait fureur : " On est mal, patron, on est très mal " !

NB : sources, www.bfm.tv.com/ politique .

 

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