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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 14:30

" Etre ou ne pas être: telle est la question !  " . Le Parti Socialiste est-il encore un parti de gouvernement ?

 (1) . Expression empruntée au politologue Gérard Grunberg, sur le site Telos : la gauche dans le piège .

 ( Illustration : Paris-Match ) .

 

 

Primaire-PS-Accords-et-desaccords_article_landscap-copie-1.jpg

 

   Affaire " Leonarda " :  le Président socialiste de l'Assemblée Nationale s'en prend au Ministre de l'Intérieur, le Premier Ministre fait tout ce qu'il peut pour contrer le Ministre de l'Intérieur en voyage officiel aux Antilles, le Président du groupe écologiste au Sénat, suivi par le Secrétaire National d'EELV, appelle les lycéens à redescendre dans la rue - le premier parce que les medias ne parlaient plus de lui depuis quelques semaines, avoue-t-il à ses propres camarades - , le Ministre de l'Education Nationale émet des réserves, le Premier Secrétaire du Parti Socialiste critique l'intervention du Président de la République, seulement deux heures aprés celle-ci, pour " rétropédaler " certes le jour même, une Sénatrice socialiste fait huer le Président, le Ministre de l'Intérieur n'hésite pas - inversant les rôles et affichant ainsi toute son arrogance - à adresser " ses félicitations " au Président pour l'intervention trés équilibrée du samedi 19 mai à propos de Leonarda .

   Au sein du gouvernement, ça tire à " hue et à dia ! " .

 

   Qui s'étonnera, aprés cela, que la question de savoir si le Parti Socialiste peut encore être qualifié de parti de gouvernement puisse être posée ?

 

   Et pourtant ces constats ne décrivent que l'écume des choses !

   Il faut revenir aux origines du malaise qui fait que le Parti Socialiste " flotte en l'air ", c'est à dire au 6 mai 2012 . Nicolas Sarkozy a perdu de peu, les demi-soutiens de François Bayrou et Marine le Pen à François Hollande n'y sont pas pour rien . La campagne ultra-droitière du président sortant - plus radicale sous certains aspects que celle de Marine le Pen, à l'endroit des corps intermédiaires, tels les syndicats, par exemple - préparant les futures alliances entre la droite classique dure et le FN, lui a permis d'agréger massivement à son score les voix des artisans et des commerçants .

   Le choix de la cible des classes moyennes et supérieures fait par le PS a rejeté majoritairement les voix populaires dans les bras de M. le Pen, au premier tour .

   F; Hollande a gagné cette élection " légalement " mais le PS l'a perdue idéologiquement . La Gauche Socialiste aurait dû répondre à NS en prenant à rebours le néo-capitalisme financier qu'il défendait - mais le discours du Bourget n'eut pas de lendemains -  et prendre la question de l'insécurité à bras le corps, dans toute sa dimension qui est à la fois sociale, financière, physique et morale . Le simple constat  " d'une dérive sécuritaire " de l'électorat est dévastateur et conduit aux méthodes complètement surréalistes de Manuel Valls, électotalistes et inefficaces : pour 20 000 Roms installés en France, on mesure environ 100 000 Roms déplacés en un an , d'un campement à un autre, c'est à dire qu'une personne a été déplacée au moins cinq fois, mais est toujours là .

 

   Les choix économiques et financiers de ratification du traité européen de stabilité, de maîtrise des déficits par l'impôt, donc de l'austérité, au lieu de la relance de l'activité, le choix du faux-problème de la compétitivité des entreprises - d'où le stupide CICE  de 20 Mds d'€ -  qui n'est qu'un masque à la concurrence meurtrière entre Etats de l'UE, par le dumping social, ont piégé le gouvernement, obligé de frapper par les impôts et les taxes sa cible électorale : classes moyennes et aisées qu'il a rejetées dans l'abstention .

 

   Quand le PS choisit de prendre ses distances avec un électorat populaire il renonce à se donner un cap, une direction économique et sociale, une " base sociale " qui lui impose une route . Tout au long du XXe siècle, c'est ainsi qu'ont été produits les grands pas en avant de la société : une gauche ancrée sur une base sociale claire dont on connaissait les attentes, attentes auxquelles l'on se proposait de répondre .

   En 2012, en écho à l'année " deloriste " et douloureuse de 1983, le PS choisit " l'apesanteur " : le refus de tout ancrage social , pour se donner aux sirènes du marché .

   Le résultat ne s'est pas fait attendre . Plus de base sociale, plus de base électorale pour soutenir son action ! Et les candidats PS qui disparaissent des radars de toutes les élections partielles depuis un an, dés le premier tour . C'est aussi simple que cela .

   Les gens de droite enragés par la défaite de leur héros n'ont pas été convaincus par les multiples gages donnés par le gouvernement de F. Hollande, et certainement pas les patrons qui ne sont jamais assouvis ; les gens de gauche, eux, se sont sentis abandonnés puis trahis par les choix qui ont été retenus .

   " La barque est chargée et désormais le bateau coule ! " .

 

   Le drame, dans tout cet " embrouillamini ", c'est que le Président ne peut pas s'exprimer avec clarté, il ne peut assumer ce tournant sans faire exploser sa majorité, se privant ainsi d'une éventuelle possibilité d'entraîner et de mobiliser les Français .

   Et donc, les silences élyséens, dans une situation de crise économique aussi mortifère, aggravent l'incompréhension des Français face à la politique conduite et favorisent la prospérité du discours frontiste .

   Cependant la réalité politique ce n'est pas une réelle progression du FN, c'est , et là gît tout le tragique de la gestion hollandaise, la démobilisation massive de l'électorat de gauche .  Et oubliez les tentatives de désinformation des medias à propos de transferts massifs de votes de gauche vers le FN, ils existent mais restent minimes .

   Constat qui nous permet de dire que la " descente aux enfers " n'est peut-être pas inexorable . En tout cas le coup d'arrêt qu'exige ce processus ne se trouve pas dans les règlements de compte, les polémiques , les réponses bureaucratiques auxquels le PS nous a malheureusement habitués .*

 

   Puisque, pour être de gauche, il faut être optimiste, nous allons nous déclarer, provisoirement, optimiste !

 

 

   NB : texte inspiré par le billet de Stéphane Delpeyrat-Vincent sur son blog - Gauche : le triangle des Bermudes . 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by regain2012 - dans Politique
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