Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:34

"  Tout système qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la République Française . Un pareil système se trouverait impuissant à entraîner  et à diriger les peuples ... " ( Ch. de Gaulle . 19 avril 1963 . Conférence de presse ) .

 (1) . Expression de F. Mitterrand . Journal l'Unité . 1977 ) .

 ( Illustration : archives.huffingtonpost.fr ) .

 

 


h-4-2263946-1317231345.gif

 

 

 

 " En trois ans, entre 2008 et 2011, les Etats membres de l'Union Européenne ont accordé des aides et des garanties au secteur financier à hauteur de 4600 Mds d'€  ( le tiers du PIB européen ) ... Il est temps qu'en retour le secteur financier apporte sa contribution à la société ... " . ( José Manuel Barroso devant le Parlement  Européen . 2011 ) . Ce jour-là, le Président ultra-libéral de la Commission Européenne, à n'en pas douter,  s'était " shooté " " !

 

   Ne boudons pas notre plaisir, et reprenons en choeur, l'hymne à la joie des europhiles : l'Europe vient de se doter, le 18 décembre, enfin, d'un outil anti-spéculation : l'Union bancaire . Officiellement, il s'agit de couper les liens entre les Etats et le système bancaire, ce qui, métaphysiquement, ne me rassure pas plus que ça !  Je préfère largement la théorie qui consiste à placer la finance sous l'autorité de l'Etat .

   Concrètement, la supervision, le contrôle, des 130 plus grandes banques européennes, appelées à passer à 300,  qui représentent 80% des dépôts des citoyens européens, est confiée à la Banque Centrale Européenne ( BCE ), indépendante . Grâce aux " crash-tests " que cette dernière fera subir aux établissements bancaires, l'on pourrait, nous dit-on, anticiper les crises grâce à une meilleure géolocalisation des dettes pourries et des actifs toxiques .

   Cela c'est pour la prévision des crises . Mais pour leur résolution, la timidité des mesures semble de mise . L'accord sur les garanties des dépôts jusqu'à  100 000 €  est confirmé - mais il existait déjà, depuis 2010 - ;  par contre, la volonté de demander aux actionnaires des banques , et non plus aux Etats donc aux contribuables, comme cela est encore le cas, en est toujours à de trés modestes balbutiements .

   Le fonds qui servira à recapitaliser une banque en difficulté demeure " national "; autrement dit,  pour répondre à la crise, on reste " dans le chacun pour soi ", les Allemands ne souhaitant pas payer pour les autres .

   Les réparateurs de la crise dans laquelle se sera enfoncée une banque, en spéculant, seront donc, pour le moment :

  • Les actionnaires de la banque et ses créanciers, ses créditeurs, mais à hauteur seulement de 8% : pourquoi pas 20 ou 30% ; ce sont eux qui autorisent la banque à spéculer !
  • Les gros déposants .
  • Les fonds nationaux de résolution, qui deviendront actifs au 1er janvier 2016, grâce à une côtisation des banques ; ils devront couvrir 1% , des dépôts nationaux : pourquoi pas davantage ?
  • Les Etats, donc les contribuables : il restera toujours une part non couverte qui appellera l'intervention de l'Etat .
  • Les Epargnants, au-delà des 100 000 € de garantie, comme ce fut le cas à Chypre , au printemps dernier . Observons, que les épargnants sont officiellement introduits dans le dispositif , ce qui n'était pas le cas au moment de la crise chypriote .

   " Le fonds européen de résolution ", alimenté par l'ensemble du secteur bancaire, d'un montant de 60 Mds d'€ environ, censé apporter une aide financière à une banque en situation délicate, n'entrera en vigueur, sur exigence allemande , qu'en 2025, dans dix ans .

   D'ici-là, il va en passer de l'eau sous les ponts , et contribuables et épargnants ne doivent pas encore se considérer comme sortis d'affaire . Dix ans, c'est trés long ! Nos technocrates de Bruxelles avaient quelles arrière-pensées, en retardant une telle échéance ?

 

   Une explication peut être trouvée dans une étude publiée, le 17 décembre dernier,  par un cabinet d'analyse financière AlphaValue, qui dit à peu prés ceci : " Aujourd'hui,  la valeur notionnelle des produits dérivés - c'est à dire leur niveau de risque maximal, en cas de nouvelle crise globale financière -, a dépassé son niveau de 2008, d'avant la crise des subprimes . ( Produits dérivés : CDS, dérivés de taux assis sur des monnaies, swaps ... ) .

   Au premier semestre 2013, le montant total de ces produits dérivés atteignait 693 000 Mds de $, de produits spéculatifs, contre 684 000 Mds $ au premier semestre 2008 . ( Rapport de la BRI : Banque des Règlements Internationaux ) .

   Ces produits financiers s'échangent de gré à gré, sans passer par aucune chambre de compensation, donc dans la plus totale opacité . C'est cela qu'il faut commencer par encadrer .

 

   En titre, cette étude pose la question essentielle : " Quelles banques sont des Fukushima en puissance ? " . Cette bombe à retardement, représente dix fois le PIB mondial ; il y a quinze ans, ces produits ne représentaient que trois fois ce PIB . Ces deux chiffres montrent à l'évidence la part prise par le système financier dans l'économie mondiale en quinze ans, au détriment de la production industrielle et de l'emploi : selon la BRI, sur les 5300 Mds de $ qui s'échangent tous les jours sur les seuls marchés des changes, seulement 8% sont utilisés par des opérateurs finaux non financiers, c'est à dire souhaitant protéger vraiment leur production, des variations des prix du café ou du blé , pour ne prendre que ces exemples .

   Le risque potentiel que nous font courir les banques, qui n'ont en rien changé leurs pratiques,  est une nouvelle fois énorme . Et l'on a envie de penser que les " technos " de Bruxelles n'ont pas vraiment envie d'exposer tout de suite les grands détenteurs de capitaux au futur tsunami qui nous guette .

   Les Fukushima à venir ont des noms, les voici, afin que vous compreniez pourquoi ils peuvent intimider Bruxelles .

  • Deutsche Bank : 55600 Mds € , 22 fois le PIB allemand .
  • BNP Paribas : 48300 Mds € , 24 fois le PIB français .
  • Barclays : 47900 Mds € , 26 fois le PIB britannique .
  • Société Générale : 19200 Mds € , 10 fois le PIB français .
  • Crédit Agricole : 16800 Mds € , 8 fois le PIB français .

   Ajoutons à ces bombes nucléaires, le Crédit Suisse, 85 fois le PIB helvète et  UBS, 65 fois le PIB helvète aussi, et vous voyez sur quels volcans nous sommes assis, et qui n'attendront pas dix ans pour exploser . C'est pourquoi exposer les actionnaires tout de suite, ne revêt pas un caractère d'urgence extrême pour les " technos " de la Commission . ( Précisons que lorsque l'Europe a frappé les épargnants chypriote, on reprochait à la banque de Chypre d'avoir pour huit fois le PIB du pays, en produits dérivés ) .

   Et pourtant tout va si vite, quand la bulle éclate . Rappelez-vous ! L'assureur américain AIG, aprés la faillite de la banque Lehman Brothers, se trouve détenir pour 1600 Mds de $ en produits dérivés ( credit default swap ), dont tous ses clients réclament le remboursement . Or, comme il est incapable de savoir qui détient les CDS qu'il a vendus ou échangés, la situation contribue à propager la panique dans le système financier mondial . Et c'est l'explosion nucléaire de 2008, dont les Etats et les peuples ne sont toujours pas sortis : ce qui n'est pas le cas des banques, apparemment !

 

   Est-ce par naïveté que le financier américain Warren Buffet appelle ces produits : " des armes de destruction massive " ?

   Retenons ce que dit l'analyste d'AlphaValue, Christophe Nijdman : " Si une nouvelle crise survient, si les économies retombent dans la récession à cause des politiques conjointes d'austérité, les banques centrales ne seront plus en mesure de canaliser la crise , et il y a déjà une telle brèche dans la digue que c'est tout le système qui sera emporté ... " .

   L'Europe n'est pas encore débarrassée de la couronne d'épines dont la finance l'a coiffée !

 

 

   NB :  source - Marie Charrel , Le Monde du 17/12/13 :  les produits dérivés dépassent leur niveau d'avant crise .

 

  

  

  

Partager cet article

Repost 0
Published by regain2012 - dans Economie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens