Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 15:36

" La masse ne sera jamais souveraine que d'une façon abstraite ". ( Robert Michels . Les partis politiques ) .

 ( Illustration : enefgonzoland. blogspot.com ) .

 

 

LeFlibustier-Enef-Brousse_suffrage_big.jpg

 

   Le vaudeville UMPéiste n'aurait que peu d'intérêt tant la médiocrité des protagonistes est patente, s'il ne réveillait pas en nous les vieilles interrogations sur la nature, ou plus précisément sur les limites, de la démocratie .

   " Toute organisation de parti représente une puissance oligarchique reposant sur une base démocratique . On trouve  dans toute organisation électeurs et élus . Mais on rencontre aussi partout un pouvoir presque illimité des élus  sur les masses qui élisent . La structure oligarchique de l'édifice en étouffe le principe démocratique fondamental ." ( Robert Michels . Les partis politiques ) .

   Le spectacle actuel nous ramène à la contradiction fondamentale consubstantielle de tout système démocratique :

   - L a tendance forte de l'idéologie démocratique à la critique et au contrôle .

   - La contre-tendandance , tout aussi puissante, et bien réelle, de la démocratie, à créer  des partis de plus en plus complexes et différenciés, c'est à dire  de plus en plus fondés sur la compétence d'une minorité .

 

   L'existence de chefs est un phénomène inhérent à toutes les formes de la vie sociale . Abstraction faite de la tendance des chefs à s'organiser et à se coaliser, abstraction faite de leur reconnaissance par des masses immobiles et passives pour qui, toute différence entre l'acte du vote et l'instrumentalisation par les chefs de ce vote, reste un mystère, on peut affirmer que la principale cause des phénomènes oligarchiques au sein des partis démocratiques, ou supposés tels, consiste dans ce fait que les chefs sont techniquement indispensables .

   A partir de là, se mettent en place deux processus d'ordre psychologique, de même force : l'appétence individuelle à la puissance que confère le pouvoir ; et une logique liée à la spécialisation dans certains domaines des élus, " la différenciation des fonctions du parti " , qui conduit le chef à acquérir un certain nombre de compétences, de qualités, depuis qu'il s'est détaché de la masse, qualités qui le poussent, à un moment donnné, à se considérer supérieur à la masse, et à estimer qu'il a , en quelque sorte,  tous les droits .

   Cela se traduit concrètement, par le passage , du statut de chef spontané, exerçant à titre provisoire et bénévole, au statut de chef professionnel, puis , à l'échelon supérieur, qui est celui de chef définitif, inamovible .

   J. F. Copé représente le spécimen sans nuance de cette mutation , ou N. Sarkozy en son temps .

 

   Mais le phénomène oligarchique, s'il est le fruit des transformations psychologiques des chefs au cours de leur parcours personnel dans le parti, est aussi le produit, à part égale, de " la psychologie de l'organisation elle-même ", ( R. M. ) , c'est à dire des nécessités tactiques et techniques qui sont imposées par la nécessaire consolidation de l'organisation elle-même, au fil des évolutions du contexte politique national ou régional .

   On peut résumer cela ainsi : " l'organisation est la source même d'où naît la domination des élus sur les électeurs, des mandataires sur les mandants, des délégués sur ceux qui les délèguent " .

   Qui dit organisation dit, oligarchie . Qui dit oligarchie dit, dérives démocratiques . Comme l'avait noté le naturaliste suisse Albert de Haller : " Sous toute forme de convivance sociale,  la nature crée d'elle-même des rapports de domination et de dépendance " .

 

   La question que nous permet de poser la comédie UMPéiste, comme en son temps, le congrés socialiste de Reims, en devient plus réaliste, ce n'est certainement pas : comment est-il possible de réaliser une démocratie idéale ? 

   " Il vaut mieux se demander jusqu'à quel point et dans quelle mesure la démocratie est désirable, possible, et réalisable à un moment donné " .

   Pour cela, nous devons poursuivre la réflexion et les recherches sur les limites des puissances oligarchiques, afin de trouver comment les empêcher de se substituer à l'individu : nous devons poursuivre les recherches qui nous permettront de trouver l'ordre social,rendant possible la réalisation complète du concept de " souveraineté populaire" . 

   Sinon il ne restera plus que le cri désabusé de Proudhon, depuis sa prison, en 1830 : " L'espèce humaine veut être gouvernée, elle le sera . J'ai honte de mon espèce " .

 

 

   NB : d'aprés " Les partis politiques " de Robert Michels . 1911 .

Partager cet article

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens