Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 14:18

" A prendre le terme dans la rigueur de l'acception, il n'a jamais existé de véritable démocratie et il n'en existera jamais . Il est contre l'ordre naturel que le plus grand nombre gouverne et que le petit nombre soit gouverné ." ( J. J. Rousseau . Le contrat social ) .

 ( Illustration : mainimage-main ) .


 

 

mainImage-main-4218702.jpg

 

   L'amusant vaudeville qui agite, cette semaine, la droite française, et particulièrement l'UMP, pour savoir finalement qui sera le " cocu " de la farce, vient de faire surgir, des cocottes télévisuelles bouillantes, un nouveau concept, en matière d'élections et de résultats électoraux, non dénué d'intérêt : " les contrariants " . 

   Spécialiste de la physique du désordre, Serge Galam, directeur au CNRS, inventeur de la socio-physique, science qui tente d'élaborer des modèles de comportements politiques et sociaux en étudiant les mouvements d'idées et les comportements des individus, au sein des groupes sociaux auxquels ils appartiennent, à partir des modèles mathématiques utilisés dans le domaine de la physique qui observe les désordres de la matière .

   La théorie de Serge Galam part de l'observation des résultats électoraux récents qui montrent combien, dernièrement, les résultats électoraux se rapprochent du 50/50, seuil fatidique à partir duquel, une voix suffit à donner le pouvoir à un parti, à un homme, à une oligarchie .

   Et de citer : la victoire supposée de J.F.Copé, tout récemment, par 98 voix . Et de rappeler aussi d'autres scrutins : le congrés du PS de Reims, en 2008, où M. Aubry l'emporte de 102 voix sur Ségolène Royal ; mais également des élections nationales, se jouant sur des dizaines de millions d'électeurs : le Mexique, en 2006, où le Président élu l'emporte de 233 000 voix,( 0.56% ),  sur 41 millions de votants ; l'Italie, toujours en 2006, où Romano Prodi l'emporte sur Berlusconi de 24755 voix ( 0.06%) sur 38 millions de votants ; l'Allemagne en 2005, où A. Merkel l'emporte de 0.92% sur le chancelier Schröder . N'oublions pas enfin, les " fameuses et fumeuses" présidentielles de 2000 aux Etats-Unis, où Bush l'emporte sur Al Gore, de 573 voix en Floride, et les cohortes d'avocats, des centaines, au chevet de la Démocratie américaines .

 

   Considérant qu'il serait temps d'arrêter de prendre un vote à 50/50 comme un accident improbable mais comme une réalité solide, les socio-physiciens du désordre nous proposent une approche nouvelle .

   Comment peut s'obtenir, à partir d' une volatilité d'opinion au niveau individuel, c'est à dire des gens qui changent d'avis indépendamment les uns des autres, une stabilité collective qui reste constante à 50/50 ?

    Un postulat est nécessaire qui  " consiste à considérer que ce sont des individus rationnels qui se font chacun une opinion en fonction de leurs croyances, de leurs cultures, de leur vision de la société, et de toutes les informations qu'ils reçoivent à travers les médias et tous autres supports . Ensuite, ils vont vouloir valider leur opinion en essayant d'en convaincre les autres lors de discussions en petits groupes avec leurs connaissances et rencontres " .

   Cependant, lors de ces discussions souvent contradictoires, nos individus rationnels, peuvent être convaincus de changer d'opinion . 

   " Pour tenir compte de ces changements d'opinion individuels, on met en place des règles de majorité locale, qui, répétées, produisent un processus progressif de polarisation d'une opinion globale " - dont des sondages sincères peuvent donner une image- . Les affrontements et les dialogues vont cristalliser à un moment donné une majorité stable en faveur d'un candidat ou d'un autre .

   Une deuxième étape s'impose alors . " Si l'on introduit,  dans le modèle,  en plus des agents rationnels, un certain nombre  d'individus contrariants, les choses se compliquent de façon paradoxale et inattendue . 

   Un contrariant est quelqu'un qui , par moments , se détermine, non pas par rapport à lui-même et à ses valeurs, mais en opposition à la majorité de son entourage ." On peut ajouter à cela, le rôle des sondages, et leur influence sur le choix de l'électeur, en faveur de la majorité virtuelle, ou en opposition à cette majorité virtuelle . En tout cas, on sait que ces comportements ont une réalité .

    En petit nombre, les " contrariants "  ne bouleversent pas la dynamique d'une campagne électorale . Mais les modèles mathématiques montrent qu'au delà d'une petite proportion critique, environ 15%,  l'effet contrariant peut bouleverser la dynamique d'opinion collective .

   A savoir, que " si les discussions locales entre amis créent de la polarisation, au-delà, quand se cristallisent les tendances majoritaires, l'effet " contrariant "  conduit à un amenuisement progressif de l'écart entre majorité et monorité .

   " Et au bout d'un certain temps, l'effet contrariant conduit l'opinion collective à l'état de différence zéro " .

 

   La conclusion de cette théorie, est plus terre à terre que les équations qui dosent les interventions contrariantes : plus on discute individuellement et plus on se rapproche collectivement du 50/50 .

   Mais si la question n'est qu'une histoire de débats et de dialogues de qualité, avons-nous besoin d'une martingale d'équations pour saisir le processus électoral ? 

   Par contre, admettre que le " 50/50 ",  trop fréquent,  pose la question de la légitimité d'un pouvoir politique et même de nos institutions, ma paraît plus pertinent . 

   La bonne question est donc : peut-on donner 100% du pouvoir à un vainqueur qui n'aurait que quelques voix d'avance, par nature contestables ?

 

 

   NB : texte inspiré de l'émission télévisée " Ce soir ou jamais ", du 20 novembre 2012, France 3 . Et du site Atlantico , article du 21/11/2012 .


Partager cet article

Repost 0
Published by regain2012 - dans Société
commenter cet article

commentaires

Fanny 27/11/2012 08:23


Merci pour cet article intéressant et bien écrit!
C'est clair que la légitimité de nos instutions est remise en cause.
Au moment des elections présidentielles, le vote de valeur avait été proposé par plusieurs comme une solution très satsifaisante:


http://www.votedevaleur.org/co/votedevaleur.html


J'avais personnelement été convaincue! Ca répond notamment à ce problème de 50/50 (qui souvent va de pair avec une polarisation gauche/droite, même au sein de l'UMP cette semaine!) 

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens