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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 17:05

"  En politique, le monde est blanc ou noir . Il n'y a aucune place pour l'ambiguïté, les contradictions, le paradoxe " . ( Milan Kundera, aprés la Révolution de velours en Tchécoslovaquie, novembre et décembre 1989 ) .

 ( Illustration : facebook.fr ) .

 

 

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   Oui, en politique, comme dans le domaine économique, le monde ne peut qu'être blanc ou noir ! Pourquoi devrait-il être gris ? Les 700 salariées, ( on ne dit plus travailleuses ), de La Redoute,  qui vont être licenciées par la holding Kering, de François-Henri Pinault, afin de rendre l'entreprise " vendable " , vont-elles basculer dans un monde gris ou noir ?

 

   Le côté noir de la société,  le plus insupportable aussi est, à l'évidence, le coût du travail . Des salaires trop élevés ; des côtisations sociales trop élevées ; des taxes trop élevées ; des impôts directs trop élevés ; des exigences en matière de santé et de sécurité au travail trop élevées ; des normes environnementales trop élevées ; des retraites trop élevées ...  

   Des syndicats, le droit de grève, des Inspecteurs du Travail, des Conseils de Prud'homme, un Code du Travail ...  et des fonctionnaires ... Que de noirceur dans ce monde de brutes !

 

   Heureusement, il existe une autre face où tout est blanc, où tout est pur, où les libertés s'épanouissent pour le plus grand bonheur de l'actionnaire, du rentier, du banquier, du financier, du spéculateur, ces nouveaux travailleurs, ces nouveaux créateurs de richesses, qui unissent leurs efforts en vue d'une seule et belle ouvrage :  faire " travailler leur argent " .

   Le Dieu de ce monde immaculé s'appelle " Le Capital " , son prophète est le " Profit " , et le culte d'adoration de la divinité a pour nom " Compétitivité " .

  Quand une ombre venue du monde " noir " ose s'aventurer dans le " monde libre ", avant d'en être chassée rapidement et sans ménagement, elle croit que le rite de la compétitivité est une somme de prières pour appeler " le Dieu Capital " à créer des multitudes d'emplois pour répandre du mieux-être, un peu partout .

   Elle n'a rien compris !

   

   Dans les temples de verre illuminés, nuit et jour, de nos chaînes d'information permanente, on ne plaisante pas 

 avec le coût du travail : on y revient tous les jours, on en martèle les effets nocifs, on multiplie les courbes et les graphiques meurtriers mais du " surcoût du capital ", point de mention .

   La compétitivité  des entreprises laminée par un niveau de SMIC scandaleux et un coût de la Santé des Français insupportable, vous en avez entendu parler , depuis le début de la crise .

   Mais la compétitivité écrasée par un " Capital " surrémunéré, par des dividendes qui atteignent l'obscénité, par des investissements uniquement tournés vers l'accumulation de capital, savez-vous ce que c'est ?

 

   Une étude trés sérieuse de l'IRES ( Institut de Recherches  Economiques et Sociales ), administré par l'ensemble des syndicats français, et menée par cinq économistes - Laurent Cordonnier, Thomas Dallery, Vincent Duwicquet, Jordan Melmiès et Frank Vandevelde - révèle, qu'en 2011 , les entreprises du secteur privé, banques non comprises, ont dépensé 94 Milliards d'€ de trop pour financer leur capital productif, ( locaux, machines, robots, outils logistiques ) .

   Que faut-il comprendre ? Ceci :  afin de ne pas réduire les dividendes versés aux actionnaires, ces entreprises ont financé leur modernisation par des emprunts auprés des banques, voire auprés de leurs actionnaires, donc par de l'endettement au lieu d'utiliser l'ép argne liquide disponible . Un tel surcoût, est fait des charges financières largement plus élevées que les cours normaux et légitimes du marché, qui tournaient autour de 2% en 2011 .

   Où était la recherche de compétitivité, dans ces calculs ? La vérité est simple : les actionnaires et les financiers imposent sur chaque projet d'investissement une ponction indue, qui asphyxie les entreprises et peut atteindre en une année, l'équivalent des déficits de l'Etat . Mais qu'à cela ne tienne, c'est l'emploi qui trinque .

   Deux exemples de nos grands groupes français sont éclairants . 

   Alsthom, l'entreprise française qui construit les TGV, sauvée il y a six ans par l'Etat, annonce 1300 suppressions d'emploi et pourtant son PDG , Patrck Kron, écrit dans le même temps à ses actionnaires que " les perspectives de long terme de l'entreprise sont solides ... que la marge opérationnelle va s'améliorer dans les deux ans pour atteindre 8% , et qu'à ce titre, il leur verse 32% sur les 802 millions d'€ de bénéfices . 32% ! Et en pleine crise !  ( Au début du siècle dernier, la rentabilité demandée par les industriels à leur entreprise s'établissait autour de 5 à 6% ) .

   Quelqu'un dit-il mieux ? Oui !  " Sanofi " ! Le grand groupe français de la pharmacie, dont les actionnaires s'engraissent depuis des années sur le dos de la Sécurité Sociale, puisqu'on paie en Frances, les médicaments, 25% plus cher que dans le reste de l'Europe . ( Cherchez l'erreur !) .

   Sanofi a annoncé le  licenciement de  186 chercheurs , en France . Les syndicats expliquent que Sanofi, afin de préserver les 2 Milliards de dividendes promis aux actionnaires, taille dans la recherche-développement, malgré le crédit-impôt que lui verse l'Etat ; elle compte sur les start-up des biotechnologies et la recherche publique pour lui apporter les molécules de demain . Et cela permet au Directeur de Sanofi-France d'annoncer aux actionnaires que la redistribution des dividendes va passer de 45% à 50% des bénéfices , en 2013 .

   N'attendez donc pas de nouveau vaccin de chez Sanofi, mais vous allez avoir droit à " Beautific " - " Beautifric, pour les salariés - , une nouvelle boisson développée en partenariat avec " Coca-Cola ", grâce au " Crédit d'Impôt Emploi Compétitivité ", financé par les hausses de TVA qui vont frapper les ombres du côté noir de la société, à partir du 1er janvier prochain . Les actionnaires de Sanofi broient du blanc !

 

   Un de nos grands humanistes actuels, le PDG de la société française TOTAL, M. de Margeride, un proche du Président de la République, a traduit ce dépeçage des entreprises au détriment de l'emploi, par une formule tout à fait explicite : " Le retour compétitif vers l'actionnaire " , qu'il promet, non sans arrogance, " éternel " !

   L'école de Chicago appelait cela " la création de richesse pour l'actionnaire ", ce dont témoigne le constat suivant : en trente ans, la somme des dividendes versés aux actionnaires est devenue deux fois plus importante que l'argent consacré aux améliorations de l'appareil productif .

 

   Depuis trois millénaires, les deux faces d'une même monnaie se sont toujours tourné le dos !

 

 

   NB : d'aprés l'article de Laurence Dequay, " Les gabegies du privé " ; Marianne No 867 de décembre 2013 .

 

   

   



   

 

   

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Published by regain2012 - dans Economie
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