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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 15:09

Sous-titre :  La France et le chômage de masse . 


  "  NAIRU : Non Accelerating Inflation Rate of Unemployement :  taux de chômage nécessaire pour que l'inflation n'augmente pas " .

 ( Illustration : les  journaliers . jmrw.com ) .

 

 

 

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   Nous nous sommes habitués à entendre l'énoncé de la mission, unique mission de la Banque Centrale Européenne, qui est de lutter contre l'inflation . Si bien qu'on ne se pose plus la question de savoir s'il n'y avait pas d'autres missions à lui confier, et particulièrement, la lutte pour l'emploi .

   Voilà plus de vingt ans, qu'en France, le taux de chômage n'est pas descendu en-dessous de la barre des 8% . En 2013, nous dépasserons largement le taux de 11%, ( Métropole et Outre-mer ) . Il y a vint ans, en 1992, François Mitterrand, alors Président de la République, n'hésitait pas à dire, dans une interview télévisée, que, contre le chômage, tout avait été essayé .

  Certes, depuis trente ans, l'emploi s'est profondément transformé . L'INSEE donne une image d'un emploi plus féminin, plus salarié et plus tertiaire

    En 1970, l'emploi est majoritairement masculin, à 64%, la moitié des emplois se retrouvant dans trois secteurs : industriel à 29% ; agricole à 13% ; dans le bâtiment à 10% . Le travail indépendant mobilise 21% de la population active .

   En 2008, l'emploi est essentiellement salarié à 91%, dont 76% dans le tertiaire, et se rapproche de la parité , puisqu'on trouve 47% de femmes chez les salariés .


   Alors certes, la France a perdu 750 000 emplois industriels, ces dix dernières années , délocalisations obligent : quinquennats Chirac/ Sarkozy . Relevons au passage que cette période correspond aux baisses massives de charges et d'impôts, les plus importantes depuis la fin de la deuxième guerre mondiale . La corrélation entre charges , compétitivité et emploi, n'est pas aussi évidente qu'on veut bien nous le faire croire .

   Alors certes, la féminisation de l'emploi s'est poursuivie, mais de là à affirmer qu'elle est une des causes les plus importantes de la poussée du chômage, comme le font certains économistes, il y a un pas que je ne franchirai pas . Pour la bonne raison que nous sommes loin, avec un taux de 57.7% de femmes au travail, à peine au-dessus du taux moyen européen de 57%,  de certains autres. taux : 73.4% au Danemark ; 67.7% aux Pays-Bas ; 70% en Suède ; 65.8% au Royaume-Uni ; 62.2% en Allemagne .

   L'immigration pèserait sur l'emploi nous dit une certaine droite . Or il se trouve que l'immigration de travail est pratiquement tarie depuis vingt ans : nous recevons entre quinze et vingt mille travailleurs étrangers, par an, pas plus . Le reste concerne les étudiants et le regroupement familial .

 

   Le problème du chômage de masse est ailleurs . Et il porte un nom : le NAIRU . C'est encore un de ces coefficients inventés par des experts , par ces économistes qui ne se trompent jamais . C'est la mise en équation mathématique de votre vie, de la vie de vos enfants : les " gens " de l'OCDE ont établi un lien entre l'inflation et le taux de chômage et l'ont traduit dans une formule mathématique, dont tout le monde de la finance se sert : OCDE, BCE, banques centrales, Bruxelles et gouvernements, pour mieux encadrer " l'austérité " qui nous est infligée .

   Le point de départ est le taux de l'inflation . J'ai le souvenir des discours politiques des années 1980 où P. Bérégovoy, ministre socialiste de l'économie, nous assénait l'argument que l'inflation était toujours payée par les salariés, par les pauvres . Et cela marchait . Il nous a fallu un moment pour comprendre une évidence, que le pauvre ne possédant rien, l'inflation ne peut pas lui prendre grand chose .

   Par contre l'épargnant, et surtout le gros épargnant, qui ne peut pas dépenser, avant la fin du mois, tout ce qu'il a gagné le mois précédent, lui, sur la durée, voit sa cagnotte rognée par l'inflation .

   Et dés le début des années 1990, va se mettre en place, avec le Traité de Maastricht, la création de la BCE, et la définition de son unique mission, la politique désinflationniste, qui va faire exploser le chômage de masse .

   Entre 1983 et 2006, la part des salaires est tombée de 9.3%, dans le PIB, tandis que 160 milliards d'euros passaient du travail vers le capital, il fallait bien protéger cette manne de toute inflation .

 

   Pour bien comprendre le processus, il faut faire un rapide passage obligé par les banques : l'objectif d'une banque est de n'avoir que des clients endettés, pour toujours, auprés d'elle, ce qui lui confère le Pouvoir, en mettant tout le monde sous sa dépendance .

   Mais l'inflation vient contrecarrer ce processus, en diminuant sur la durée notre dette : donc, en accord avec les tenants de la grande finance, les banquiers ont dit stop à l'inflation .

   Et comme l'ont montré les experts de l'OCDE, même si l'on peut contenir l'inflation par la pression sur les salaires, il y a un outil encore plus efficace, c'est le chômage de masse .

   Le plein-emploi qui met en circulation trop d'argent crée de l'inflation, alors si l'on ne veut plus d'inflation, il faut mettre un terme au plein emploi : le chômage devient indispensable .

   Ainsi, tenez, en 1999, l'OCDE considéra que la France avait atteint un NAIRU de 9.9% : cela voulait dire qu'il ne fallait pas que le chômage tombe au-dessous de 9.9%, sinon l'inflation repartait . (http://www.oecd.org/dataoecd/44/49/2086128.pdf ) .

   La politique de privatisation des services publics et donc de la suppression des postes de fonctionnaires, sous le prétexte de la dette, va dans le sens de l'application stricte de la règle NAIRU .

 

   Alors, quel avenir reste-t-il au plein-emploi ? Aucun !  La formule de l'ancien patron du MEDEF, le baron Seillière, actuel patron de " Business Europe ", ça ne s'invente pas, est claire : " La contrainte européenne joue à plein pour orienter notre pays vers une certaine forme de réforme " .

   Et l'idéal de M. le Baron, c'est le retour aux journaliers : le cinéma italien d'aprés guerre nous montre ces ouvriers agricoles pauvres, rassemblés dés le petit matin, sur la place du village, attendant les régisseurs des grands domaines, qui vont venir faire leur choix, " de viande ", pour la journée , payée " une misère " .

   Ne riez pas ! Cela existe déjà : dans les extérieurs de nos grandes villes, le ramassage de travailleurs clandestins est une réalité ; et plus légalement, que sont les agences d'intérim - et bientôt Pôle Emploi - sinon les " régisseurs " des temps modernes ?

 

 

   NB : d'aprés l'article d'Agoravox du 15/12/2010 . " Origines du chômage de masse " .

  

   

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Published by regain2012 - dans Economie
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