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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 13:36

barques

 

"L'histoire de toute société, jusqu'à nos jours, n'a été que l'histoire de luttes de classes."( Marx;Engels).

 

   Pour les tenants du dogme de la fin de l'Histoire, la lutte des classes est une affaire terminée. 

 

   "A mesure que s'étend le système capitaliste, se développe aussi la classe des ouvriers modernes,des techniciens et des employés, travailleurs qui ne vivent qu'à la condition de trouver du travail et qui n'en trouvent que si le travail accroît le capital. Ces travailleurs contraints de se vendre au jour le jour sont une marchandise, un article de commerce comme les autres; ils sont exposés par conséquent à toutes les vicissitudes de la concurrence, à toutes les flctuations du marché.

   Le développement technologique et la division du travail, en faisant perdre au travailleur tout caractère d'autonomie, lui ont fait perdre tout attrait. Le producteur devient un simple accessoire des automates, on n'exige de lui que l'opération la plus simple, la plus monotone, la plus vite apprise. Par conséquent, ce que coûte l'ouvrier ou le technicien,se réduit, à peu de chose prés, au coût de ce qu'il lui faut pour s'entretenir, lui et sa famille.

   Or le prix du travail, comme celui de toute marchandise, est égal à son coût de production. Donc, plus le travail devient répugnant, plus les salaires baissent. Bien plus, la somme de travail s'accroît par l'augmentation du travail exigé dans un temps donné,( productivité), par l'accélération des machines...

   Une fois que le travailleur a subi l'exploitation du capitaliste et qu'on lui a compté son salaire, il devient la proie d'autres membres du système: le propriétaire,( parfois marchand de sommeil), la grande surface, le banquier...

   Petits industriels,commerçants, artisans et petits paysans, tout l'échelon inférieur des classes moyennes de jadis tombent dans la couche des travailleurs pauvres; d'une part parce que leurs faibles capitaux ne leur permettent pas d'investir, que les banques ne leur prêtent pas; d'autre part parce que leur habileté technique est dépréciée par les nouvelles méthodes de production...

   Les intérêts, les conditions d'existence au sein des couches laborieuses s'égalisent de plus en plus à mesure que les progrés fechniques effacent toute différence dans le travail rt réduit presque partout le salaire à un niveau également bas; les salaires deviennent de plus en plus instables; la condition du travailleur devient de plus en plus précaire: les collisions individuelles entre le travailleur et le représentant du système prennent de plus en plus le caractère de collisions entre deux classes..."

 

   Ce texte est-il le fruit du travail d'un sociologue de l'ère post-communiste? Eh bien, non. Il s'agit d'un extrait du chapitre I du: " Manifeste du Parti Communiste" de 1847. Je me suis juste amusé à introduire quelques mots d'aujourd'hui.

 

   Il n'y a plus lieu de parler de luttes des classes. En somme, Bernard Arnaud, Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Serge Dassault...même combat que les millions de pauvres qui ne mangent- jusqu'à quand- que grâce aux associations humanitaires,  que les jeunes en CDD ou en stages non rémunérés, que les travailleurs intérimaires, que les femmes isolées à temps partiel imposé ou encore les Smicards?

 

   Je suis obligé de résumer en quelques lignes des dizaines de pages de réflexion, mais essayons au moins de poser les bonnes questions.

   Parmi tous les arguments avancés pour déclarer le concept de lutte des classes périmé, prenons en quelques-uns.

 

   - Tous les chefs des divers courants socialistes de ces deux derniers siècles étaient eux-mêmes des bourgeois.

   -Il n'y a plus de patrons bourgeois et exploiteurs. Les grands groupes industriels et financiers sont la propriété de milliers d'actionnaires qui se recrutent dans toutes les couches de la société.

   -Grâce aux progrés du capitalisme les classes laborieuses s'enrichissent aussi et ne se considèrent plus comme les damnés de la terre.

   -Il n'y a plus de classe ouvrière, il n'y a que des classes moyennes.

 

   Au moment de la Commune de Paris tous les chefs socialistes étaient en exil ou en prison; ce fut bien un mouvement populaire auquel il manqua , peut-être,  comme le dit Marx un parti ouvrier fort, mais surtout contre qui la bourgeoisie lança  l'armée avec le soutien de la Prusse.

   Qu'il n'y a plus de grand capitaliste exploiteur, que les adeptes de cette grande idée aillent le dire aux quatre milliards d'êtres humains qui vivent sous le seuil de pauvreté. Allons, ici, en France, nous avons la photo de ces grands capitalistes , toutes les semaines dans Paris Match.

   La classe ouvrière n'a plus d'ennemi? Savez-vous comment les riches propriétaires des plaines de Bolivie appellent les indiens autochtones? " Los Animales."

   Les ouvriers sont aisés, ils ont: la voiture, la machine à laver, le réfrigérateur... Est -ce du luxe? Mais surtout, c'est au prix de crédits à la consommation qui leur font payer trois fois ce produit. Il y a aujourd'hui huit cent milles familles surendettées recensées à la Banque de France.

   Il n'y a plus de classe ouvrière. C'est vrai pour le gouvernement français: entre mille et trois mille euros de revenus, l'on fait partie des classes moyennes. Dansez Smicards! Précisons quand même qu'en France et selon les chiffres officiels, les ouvriers représentent 26% de la population active; ajoutons-y les employés parfois plus exploités dans la grande distribution; et les cadres jetés comme des kleenex à 45 ans...

 

   Certes, tous ces constats ne conduisent pas automatiquement à une extension de la lutte des classes, mais qui peut prétendre, honnêtement, aujourd'hui, que l'antagonisme entre Travail et Capital est révolu?

 

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Published by regain2012 - dans Politique
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