Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 14:01

867-philosophie   Sous-titre: de la Vertu.

 

   "Rien n'est utile qui ne soit en même temps moral; rien n'est moral qui ne soit utile." ( Cicéron. Les Devoirs.)

 

   Dans nos sociétés d'aujourd'hui, le mot Vertu est devenu un "gros mot". Il est délibérément assimilé, par nos oligarchies politiques, financières, intellectuelles et autres "bobos", à l'ordre moral des pouvoirs totalitaires. Cela arrange bien, ces gens-là, qui ont les moyens, qui aiment paraître, exhiber leur singularité, leur réussite , en refusant toute entrave à leurs excentricités.

   La société de consommation, fille de la société de production et du profit, pour qui la seule valeur est la réussite matérielle ne peut s'embarrasser d'un tel "boulet", une attitude vertueuse.

   Vous l'avez compris, je ne veux parler, ici, que de la Vertu en Politique. La Définition qui m'a paru la plus complète, en tout cas se rapprochant le plus de ce que devrait être la vie politique, de mon point de vue, est celle des stoïciens: la Vertu est un Bien de l'âme qui assure à l'homme son bonheur. Le Bien moral peut prendre quatre aspects: la Connaissance, la grandeur d'âme et la mesure dans la conduite, principec qui ramènent tous, à une seule Vertu: la Sagesse. ( Avertissement: je ne fais pas ici le portrait du Président de la République actuel.)

   La Connaissance, la Sagesse, l'habile perception de ce  qui est vrai, constituent la Vertu première en Politique. On dirait, aujourd'hui, authenticité et transparence.

   Qu'il me soit permis, pour être plus clair, de citer trois exemples de Vertu politique.

 

 Le paysan Cincinnatus, sous la République romaine, aprés avoir conduit les légions à la victoire, refuse les honneurs et le pouvoir absolu, avec le titre de Dictateur ,que lui offre le peuple, et retourne à ses champs et ses labours.

   Maximilien de Robespierre, sous la Révolution Française, est mis en accusation par la Convention, pour abus de pouvoir; il est réfugié à l'Hôtel de Ville, le  peuple qui le soutient se rassemble;  les représentants de la Commune de Paris , fidèles, lui proposent d'appeler à l'insurrection, pour marcher sur la Convention. Robespierre refuse car il juge contraire à ses convictions et à sa vie de s'en prendre aux " Représentants de la Nation." Le lendemain, il est guillotiné sans jugement.

   Le Député républicain Jean Baptiste Baudin, en 1851, lors des insurrections populaires contre le Coup d'Etat du futur Napoléon III, harangue les ouvriers du faubourg Sint Antoine, devant une barricade. Ceux-ci se moquent de lui, en rétorquant qu'ils ne vont pas mourir pour défendre l'imdenité des Députés, de vingt-cinq francs. Baudin grimpe sur la barricade, en s'écriant: regardez comment on meurt pour vingt-cinq francs. Il tomre, fauché par les balles des soldats.

 

   Comment, aprés vingt-cinq siècles de Vertu, dans la Pensée occidentale, a-t-on pu tomber dans le cynisme actuel du chacun pour soi?

   Revitons, trés vite, hélas! les Anciens.

   Attention, ces Penseurs ne sont pas des démocrates , au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Les femmes, les enfants, les barbares ( les étrangers), ne sont pas des citoyens. Le citoyen doit être bien né et bien éduqué. Mais quand même: la Vertu est un élément essentiel de la vie publique.

   Pour Platon, l'économie, le besoin de posséder davantage sont à la base de la société politique, de l'Etat et des guerres. IL faut donc contrer cette faiblesse en séparant le pouvoir économique du pouvoir politique,(La République). Puis dans "Les Lois", il suggère de réduire les écarts économiques. Un lot de terre de même grandeur par famille dont le rendement soit encadré dans une fourchette de un à quatre...( Quelle actualité!) Il veut aussi éloigner la Polis de la mer, support des désirs d'acquisition des grands commerçants... Le Bonheur de l'individu et celui de l'Etat ne sont possibles que si chacun vit selon la Vertu de sa classe: sagesse et prudence pour les dirigeants; courage pour les gardiens de la Polis; tempérance pour les artisans qui produisent. Justice etconcorde étant les résultantes des Vertus précédentes.

 

   Aristote, disciple de Platon, s'il a des réserves sur le Communisme de la Polis de son maître, reste fidèle au principe de la suprématie de la Cité. Le Bien de l'individu s'identifie à la Cité qui est la fin de toutes les communautés humaines, et qui constitue une fin supérieure à celle de l'individu.

   " Même si le Bien de l'individu s'identifie  avec celui de l'Etat, il paraît bien plus conforme aux fins véritables de prendre en main et de sauvegarder le Bien de l'Etat. Le Bien est certes désirable quand il intéresse un individu pris à part; mais son caractère est plus beau, plus divin, quand il s'applique à un peuple et des Etats entiers."

 

   Cela s'appelle aussi, le renoncement devant l'intérêt général.

   Quant à Cicéron, dans son livre " Les Devoirs", il nous indique clairement que l'important est le lien social qui vit sur la primauté de deux Vertus: Libéralité,( lire: Tolérance), et Justice.Libéralité et Justice sont les deux parties d'une même Vertu qui permet la permanence du lien social et de la qualité de la vie en commun. La Tolérance est Bonté, la bienfaisance manifestée envers les autres. La Justice est le respect de l'autre, de ses biens et des biens publics.

   Que réclament aujourd'hui la majorité des gens sinon du lien social?

  Ce qu'il nous faut , ce sont des Hommes et des Femmes  politiques faits " d'Authenticité et de Trasparence, qualités essentielles de l'être",(1) impossibles à atteindre sans Vertu.

 

   Alors, une question m'interpelle: François Hollande, pourrait-il être un de ceux-là?

 

(1): Encyclopédie Agora.

NOTE: Les citations de Platon, Aristote et Cicéron sont empruntées au livre de Jean Marc Piotte: Les Grands Penseurs du Monde Occidental - chez FIDES.

Partager cet article

Repost 0
Published by regain2012 - dans Société
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens