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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 14:19

"  Les laboratoires pharmaceutiques américains Merck - 86 000 employés, classés dans les cinq plus grandes sociétés pharmaceutiques au monde - ne livre plus à la Grèce , son médicament vedette contre le cancer, - l'Erbitux - , par peur de ne pas être payés . En 2011, ce seul médicament a généré pour Merck un chiffre d'affaires de 855 millions de dollars " . ( Magazine Marianne No 812 du 10 au 16 novembre 2012 ) .

 Il ne fait pas bon être Grec et avoir un cancer en ce moment .

 ( Illustration : petrophoto.net  - Siège de la commission européenne à Bruxelles ) .

 

 

712-european-commission-copie-1.jpg

 

   D'où partions-nous ?  " A la sortie de la seconde guerre mondiale, Etats, mouvement social, partis politiques et patronat industriel des pays développés à économie de marché se mettent d'accord sur un compromis  dédié à la construction d'une société d'abondance partagée, dans une logique productiviste généralisée ..." (1) .

   Ce que certains économistes ont bien voulu qualifier, fort abusivement , de  " Trente glorieuses " - pour qui a vécu son enfance et sa jeunesse dans des familles pauvres ou modestes des années 1950- 1960, il ne trouve aucun élément lui  permettant de dire qu'il a vécu dans l'opulence-  ne furent qu' " une course à la productivité " d'où "  la classe ouvrière et ses représentants sortirent usés jusqu'à la corde " .

   Les travailleurs et leurs organisations syndicales et politiques ne virent pas que les deux chocs pétroliers des années 1970, Thatcher et Reagan dans les années 1980, " la course à la guerre des étoiles " lancée par le Président américain pour y entraîner l'URSS et la conduire à la ruine , avaient sonné la fin de l'ère du compromis  .

   Pendant ce temps,  les comptables du grand patronat, avaient déjà tout compris . Loin d'être ignorants des analyses de Marx, leur farouche ennemi,  ils avaient déjà établi, avec l'aide de ce grand penseur, que la baisse des taux de profits, liés à une production industrielle basée sur le marché domestique, devenait inéluctable, puisque les besoins d'équipements individuels arrivaient à saturation . 

   Dans les années 1980 donc, les grands capitalistes " décident unilatéralement d'abandonner le compromis social né de la fin de la seconde guerre mondiale, de se délester de leurs responsabilités sociales et de se concentrer sur les segments stratégiques de l'industrie : recherche, innovation, haute technologie et assemblage " .(1) .

   Le reste est abandonné aux pays émergents de l'Asie du Sud-Est . Voilà ce que les économistes appointés appellent la mondialisation, cette espèce de dragon des temps modernes, présenté comme une étape naturelle de l'évolution de l'humanité, et qui n'est qu'une stratégie, un calcul , des puissants de ce monde .

   Les Etats-Unis s'empressent d'inviter les dirigeants de l'Europe à s'associer à ce mouvement, ceux-ci ne se font pas prier,  la machine est en marche, et les travailleurs et leurs organisations ne voient toujours rien venir . 

 

   Les grands capitaines d'industrie pensent avoir sauvé la mise pour quelques nouvelles décennies, mais en leur sein, quelques surdoués, ayant appréhendé avant les autres, tout le potentiel que la révolution  informatique entraîne avec elle, vont pousser les dirigeants capitalistes à " aller plus loin, plus vite, plus fort " .

   Ces Prométhées de l'intelligence artificielle - enfants de nos grandes écoles de commerce -  vont pousser  les industriels à se détourner des activités productives pour se consacrer aux gisements de profits que la grisante " économie immatérielle " semble promettre :  logiciels, communication, banques d'affaires, services supérieurs, spéculation pure .

   C'est le stade appelé, bien improprement, " la financiarisation de l'économie ", car l'expression ne dit rien du contenu de la révolution que l'on vient de nous faire subir, en douceur, je veux dire sans guerre, et que je préfère appeler , pour ma part : " la transformation de la société de l'arithmétique en société de l'algorithme " . (1) .

   Révolution oui, avec un corollaire terrible, le chômage de masse . La société de l'arithmétique offrait une place à presque tout le monde . La société de l'algorithme , elle, rejette preque tout le monde .

   Et devant la masse des exclus, en constante augmentation, de cette nouvelle société,  les travailleurs et  leurs organisations  semblent, enfin, vouloir ouvrir les yeux .

   Mais il est peut-être trop tard, à tout le moins, on a laissé le capitalisme aller trop loin pour qu'il soit aisé de stopper sa marche vers ce qui pourrait devenir l'anéantissement de l'humanité .

   Parce que, voyez-vous, nous n'en avons pas fini avec l'exportation des crises américaines vers notre continent . Aprés les " subprimes " de l'immobilier, en 2008, nos amis nous préparent une nouvelle bulle financière, qu'ils tricotent déjà en de nouvelles  titrisations toxiques, celle de leur dette sur les " prêts étudiants " . Mille Mds de  dollars de prêts dont les remboursements rentrent trés mal dans leurs banques . Les études supérieures ne sont pas gratuites aux USA . Et avec la crise beaucoup d'étudiants abandonnent les études en cours de route .

 

   Tenez, un petit aparté ! La Commission Européenne de Bruxelles est en pleine discussion pour l'élaboration du budget pluriannuel de l'Union de 2014 à 2020 . La Commission a présenté un projet d'un montant de 1033 Mds d'euros, contre 976 Mds pour les six années passées . Tous les Etats refusent cette augmentation, veulent un rabotage du budget, et les menaces de veto pleuvent : le britannique Cameron le premier ;  les Français, qui ne veulent pas entendre parler de baisse des subventions agricoles ; les Danois qui trouvent la politique agricole trop coûteuse ; les Allemands, qui posent comme condition le strict respect des politiques d'austérité . Et les pays d'Europe Centrale attendent en silence le couperet : la fin des aides au développement venues de Bruxelles . (2) .

   Le mot relance est banni des discussions quoiqu'en dise notre Président, seule l'austérité a droit de cité .

   On sait bien que la sortie de crise passera par l'Europe ou ne sera pas . Le Président peut bien dire qu'il " sent " les prémices de la sortie de crise - en grec, les prémices désignaient les premiers fruits sortant de terre - nous avons compris, nous, que  " la crise reste notre horizon " pour trés longtemps .

   On a rarement vu des fruits magnifiques naître de terres dévastées !

 

 

   NB :  Texte inspiré par l'article des invités de mediapart du 30 octobre 2012 - Les murailles de Jéricho . (1) .

             Le paragraphe sur le budget européen est emprunté à l'article du journaliste François Bonnet, Marianne No 812 du 10 au 16 novembre 2012 . " Europe : ce que cache le futur budget " .

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Published by regain2012 - dans Economie
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