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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 14:26

Le sociologue et économiste américain  Thorstein Veblen,( 1857-1929 ), dans son ouvrage : "Théorie de la classe de loisir" ,  nous aide à mieux comprendre le fonctionnement de la société capitaliste grâce à deux  concepts : " la consommation ostentatoire " et  " le sabotage industriel ."

   Il démontre que la fin de la société capitaliste n'est pas de procurer les produits nécessaires à la vie de la population, mais de maintenir le taux de profit de la fortune et le pouvoir social qui s'attache à la rareté de la richesse .

   ( Illustration : archives-lepost;huffingtonpost.fr )

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   Hier nous avons insisté sur les mécanismes de mise en place de la " rareté " afin de préserver les hauts rendements du capital . Aujourd'hui , nous voulons aborder ce même  fonctionnement à partir de l'organisation de la consommation . Vous l'avez compris, notre conviction est que dans le système capitaliste rien n'est laissé au hasard, tout est pensé et organisé . Les thuriféraires de la liberté des marchés , et du laisser-faire se moquent tout simplement de nous .

   Dans son livre : " Théorie de la classe de loisir", ( comprendre : classe semi oisive des possédants ) ,  Veblen , qui n'est pas un marxiste , décrit le rôle important que joue dans les relations sociales l'ostentation de la richesse et le pouvoir économique dans le contrôle social . Il nous invite à regarder comment le système utilise les ressorts psychologiques , le désir de posséder,  l'âme humaine pour mieux l'asservir .

   Quel est son principe ?

   Le rôle joué par la " consommation ostentatoire" dans le contrôle social est de permettre à la classe oisive de s'assurer l'adhésion des classes inférieures par la création de valeurs morales et sociales tout à fait artificielles, voire dégradées .  

   Cela se passe ainsi : la classe fortunée en montrant de façon ostentatoire ses comportements, à travers surtout sa consommation , instille dans l'esprit des classes inférieures les normes de ce qui est acceptable, convenable, respectable . 

   C'est exactement le rôle attribué aux peoples , aux élites, à la société du spectacle , qui n'est pas un avatar d'une société décadente, mais une construction sociale délibérée pour une fin trés précise . Pour cela sont mobilisés tous les médias, tuotes les sociétés de publicité et de marketting ,  toutes les idoles, sportives ou du showbizz, ou des affaires .

   A travers l'exhibitionnisme de ces" stars préfabriquées", la description dégoulinante de leur fortune, de leur mode de vie , de leurs travers parfois,  s'installe insidieusement la soumission , dans l'esprit des gens .

   Cette soumission se renforce par le phénomène de " mimétisme" qui pousse les individus-consommateurs" à vouloir imiter les modes de consommation de leurs idoles , c'est le phénomène " fans", les modes de consommation de la classe oisive .

   La soumission se traduit ainsi par un changement de comportement des individus . Ils ne se posent plus la question , est-ce que cela est juste ou injuste ?  Leur préoccupation principale devient : comment puis-je devenir riche et rejoindre le mode de vie de la classe oisive , de mes idoles ?

   Les crédits à la consommation font partie du processus .

 

   Et puis vient le piège !

   Les possibilités d'accéder à cette classe oisive sont strictement limitées du fait que le critère d'appartenance à la classe supérieure est la capacité à consommer à des niveaux bien supérieurs aux possibilités de la moyenne des consommateurs . 

   Et il faut que cet écart reste grand , donc il faut que les classes inférieures ne parviennent jamais à imiter complètement la classe oisive car il faut maintenir " la différence de rang social et l'ordre de la société " , c'est à dire une répartition de la forfune inégalitaire .

   A ce stade , nous retrouvons le mécanisme de la rareté organisée , de la pénurie , pour que l'ordre des choses ne soit pas bouleversé . La pénurie maintient les prix élevés pour préserver les  profits, tout en ne privant pas les plus aisés de l'assouvissement de leurs besoins , puisqu'ils en ont les moyens .

   J'avais toujours pensé que l'étalage des richesses de quelques-uns était une erreur stratégique des classes dirigeantes , créant l'envie et la colère des démunis , et que ce phénomène pouvait conduire à la contestation du système . La lecture de Veblen m'a montré qu'il ne fallait jamais sous-estimer l'adversaire .

 

   Sommes-nous si loin du problème de la dette et de la campagne électorale ? Je ne crois pas !

   Ces trente dernières années ont vu l'expansion d'une société de création de richesse par la consommation , appuyée sur la facilité accordée au crédit , le profit provenant de la création de produits financiers nouveaux et trés rémunérateurs . Cependant , les rentes apportées par les produits pétroliers à certains pays, les réussites des pays émergents , et le crédit facile ont provoqué une surabondance de liquidités dans les circuits financiers et économiques qui ont fait baisser drastiquement le rapport de l'argent - au niveau macro-économique- nous sommes donc entrés dans une phase de rareté organisée : il faut éponger ce trop plein de liquidités pour revenir à une rentabilité telle que la veulent les financiers .

   Le problème actuel n'est donc pas la dette des Etats . Le problème est de faire disparaître ce trop-plein, mais les financiers ne vont pas jeter au feu leurs avoirs ; on retire des circuits le trop d'argent en le prenant au plus grand nombre : c'est le rôle  des plans d'austérité, de l'encadrement du crédit , du chômage de masse , de la pauvreté organisée .

   Les investisseurs ne sont pas gênés par la dette des Etats, elle leur rapporte des intérêts sûrs et réguliers . Leur souci c'est le rapport de leur capital .

   C'est pourquoi , le débat des présidentielles est biaisé ; les programmes des trois candidats du système , basés sur la soi-disant réduction de la dette, participent de fait du processus du  "grand  rabotage" des liquidités .

   C'est pourquoi je conclus avec John Maynard Keynes : "La richesse est la vraie cause de la pauvreté ."

 

   NOTE : d'aprés l'article de Charles M.A. Clark , " Richesse et rareté ", sur le site : contreinfo.info/article.php3?id_article=2867

 

 


   

   

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Published by regain2012 - dans Société
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