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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 14:42

"  Frères humains, qui aprés nous vivez, / N'ayez les coeurs contre nous endurcis, / Car si pitié de nous, pauvres, avez, / Dieu en aura plus tôt de vous mercis ." (1) . François Villon .

 ( Illustration : echolalie.org ) .pendus1.jpg

 

   Nous vivons une étrange époque ! Nous devinons que ceux qui détiennent le pouvoir nous ont passé une corde au cou, qu'ils serrent, au fil des mois, sans hâte, mais avec détermination, sans à-coups, pour éviter toute douleur trop aigüe, mais inexorablement, parce qu'il faut mettre hors d'état de nuire des idées saugrenües, que ces irresponsables de Français sont allé instiller dans la tête de gens qu'ils ont osé appeler " citoyens " : c'était en 1789, puis en 1793, puis en 1848, puis en 1870 et même en 1945, où des personnalités de premier plan, qui n'auraient jamais dû porter de telles idées subversives, sont allé inventer la Sécurité Sociale, la politique familiale, la politique de santé universelle, les retraites : en un mot la solidarité .

   Allons, laissons tomber les balivernes de dette, de déficit, de compétitivité, de libre échange, qui ne sont que des leurres pour nous faire accepter une seule chose : les solidarités n'ont rien à faire dans un système où seuls comptent la concurrence entre individus, l'individualisme, la réussite personnelle, l'égoïsme .

   Un système que Jules Renard résumait parfaitement : " Il ne suffit pas d'être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas " .

 

   Le drame, est que les héritiers de ceux qui portèrent haut et fort " la grande Idée " de solidarité, sont ceux qui aujourd'hui tiennent le bout de la corde qu'ils serrent autour de notre cou . Parler de trahison serait trop facile ! Je préfère à cet anathème le reproche de déni, d'aveuglement , de lassitude intellectuelle à l'endroit de forces qui, elles, ne se fatiguent jamais d'amasser, d'accumuler, de profiter .

   Les descendants de ces forces anciennes qui faisaient des profits en créant de la richesse ont complètement changé le logiciel : aujourd'hui " ils créent de l'argent " .

   Vous n'allez pas leur demander de participer à l'éducation pour tous, au maintien de la santé pour tous, au droit que pourraient réclamer nos anciens à une vieillesse digne . Ce n'est pas le rôle de leur " argent " .

   A propos de nos anciens, il est de bon ton d'affirmer qu'ils sont des privilégiés, que les retraités ont plus de revenus que les salariés . J'invite chacun à lire le récent rapport de la Banque de France sur le surendettement, en France . La dernière évolution montre l'augmentation des personnes seules avec enfants, le plus souvent, et surtout de retraités pris entre deux nécessités : l'aide à leurs ascendants trés âgés et l'aide aux enfants tombés dans la précarité .

 

   Trêve de bavardages ! Regardons la réalité en face ! Le gouvernement actuel a choisi l'Europe et ses diktats . Aprés la ratification du traité européen de stabilité budgétaire, en octobre dernier, la messe était dite: nous venions de nous passer la corde au cou et le noeud coulant ne va plus cesser de se serrer .

   Nous avons commencé par la rigueur budgétaire et une explosion fiscale sans précédent . En fait la réponse la moins dangereuse pour les tensions sociales, si on l'habille intelligemment d'une pseudo idée de justice .

   Nous avons poursuivi avec la consolidation d'une politique de santé à deux vitesses, confirmée par les accords sur les dépassements médicaux pour les médecins spécialistes et le déremboursement de davantage de médicaments et de certains actes .

   La pression sur les salaires et les retraites se poursuit .

   Mais Bruxelles, Mme Merkel, la BCE et les Marchés ne sont pas satisfaits . Pourtant, en matière de santé de nos services publics , nous sommes , comme on l'entend dire, " à l'os " .

   On exige de nous des révisions structurelles : l'accord " dit social " du mois de janvier, qui ôte aux travailleurs toute protection contre les licenciements est insuffisant, répètent les mêmes .

   Alors on va serrer une fois de plus le noeud coulant . La Cour des Comptes, agissant de plus en plus comme un Parlement d'Ancien Régime, qui possédait un droit de remontrance envers le Roi, en matière d'impôt, dit, chaque mois, au Président de la République, comment il doit s'y prendre . 

   Et pour cette semaine le ton est donné, et la confirmation que ce qui reste du modèle français de solidarité, c'est encore trop et que cela fait mauvais effet sur l'ensemble de l'Europe, et envers les marchés, mais cela va sans dire . 

   Alors, il va falloir toucher à la politique familiale et , à nouveau, aux retraites . Gageons qu'avec le courage politique qui caractérise ce gouvernement, nous nous acheminons, une nouvelle fois, vers des mesures fiscales, jugées par les politiques moins dangereuses que la suppression des allocations familiales pour les hauts revenus, ou le recul de l'âge légal de la retraite : les prestations familiales seront assimilées à un revenu et donc imposables ; l'abattement de 10%, dans le calcul de l'impôt sur le revenu, accordée à nos retraites , lui, sera supprimé .

   Le noeud-coulant poursuit sa course . Les grands-parents aideront un peu moins les petits-enfants, ce n'est pas grave .

 

   Pendant ce temps, ceux qui nous ont précipités dans l'abîme, vont continuer à vivre du bon temps ! Le saviez-vous ? Vous pensez encore que la finance française est matraquée par le fisc ? Eh ! bien, détrompez-vous ! Les grandes  banques françaises, ( BNP Paribas ou Société Générale ),  ont payé ces dernières années, entre 2002 et 2009,  8% d'impôts, en moyenne, sur leurs bénéfices - pendant que vos frais bancaires explosaient - , le niveau de Total , soit quatre fois moins que les PME . Si l'on y ajoute les banques mutualistes ce montant passe à 13%, oui 13%, alors qu'une PME paie 33.4% . Nous sommes le pays qui taxe le moins ses banques, 13%, seule l'Autriche est plus généreuse que nous pour ses banquiers : 10% . (2) .

 

   Dans le même temps, l'Allemagne taxe ses établissements financiers au taux de 50% ; les trés libéraux Etats-Unis et Royaume-Uni à 30%, Danois et Italiens à 25% . (2) .

   " Mon adversaire c'est la finance ", a-t-on pu entendre, durant la campagne électorale de 2012  :  cherchez l'erreur .

   La vérité est cruelle . N'est-ce pas  M. Moscovici, Ministre de l'Economie et des Finances, qui déclariez, il y a peu, devant la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale : "  Je ne suis pas l'ennemi des banques ..." ? 

   La suite de ce discours ne peut être que :  le supplice du noeud-coulant, pour la grande majorité des Français, est donc une nécessité .

 

 

   NB :  (2) Rapport de fin janvier du Conseil des Prélèvements Obligatoires ( CPO ) . Ces chiffres ne se trouvent que dans les annexes, car le coeur du rapport ne présente que les lamentations des banquiers sur la trop forte pression fiscale qui les broie . ( Cité par Emmanuel Lévy, Marianne No 826, page 42 ) . 

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Published by regain2012 - dans Société
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