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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 13:23

 (1) ." Sans l'augmentation de la dette des ménages, la croissance serait nulle , en France, depuis 2002 " . ( Patrick Artus . Economiste et analyste à la banque Natixis . Note du 23/09/2013 ) .

 ( Illustration : français.istochphoto.com ) .stock-photo-13621180-jack-in-the-box.jpg

 

   Notre classe politique est fatiguée . Aprés cinq années de crise passées à ressasser les mauvaises nouvelles, nos femmes et nos hommes politiques n'en peuvent plus . Alors, à l'affût du moindre frisson de notre économie, ils bondissent hors de leur boîte, parce que tel indice semble avoir bougé ou que M. " Pôle Emploi " a éternué : " Cette fois est la bonne ! La reprise est là ! La crise est derrière nous " .  Mais non, la boîte se referme brutalement sur eux et le ressort du " diablotin " grince .

   Il n'y a aucun espoir de voir une croissance forte et durable revenir dans la zone euro ; en outre les deux pays censés tirer cette croissance, les EE.UU et la Chine, sont plus des bombes à retardement que des locomotives .

    Examinons les chiffres du chômage qui nous sont donnés chaque fin de mois, pour le mois précédent, en laissant de côté la statistique du mois d'août, qui prête à rire, mais qui démontre la véracité du propos précédent .

   Attachons-nous aux résultats du mois de Juillet : 52 000 chômeurs en plus, annonçait le mal-nommé Ministère du Travail . Résultat dramatique mais par trop optimiste car ne décrivant la réalité, mais seulement la partie immergée de l'iceberg, c'est à dire une précarité jamais vue .

   En fait, en un mois, Juillet, ce sont 540 000 nouvelles personnes qui se sont inscrites à Pôle-Emploi, et si le " stock " de chômeurs - pour parler comme les économistes - a augmenté de seulement 52000 , c'est parce que, dans le même temps, 488 000 personnes sont sorties des fichiers .

   Attention, ne pâvoisons pas : le Ministère reconnaît que dans le nombre de sortants, seulement 47% d'entre eux ont trouvé un emploi, à 80% un CDD . Les autres sont en fin de droit et basculent dans la catégorie des gens pauvres, au RSA ou sans rien ; certains sont radiés, purement et simplement, parce que, las des tracasseries administratives ou par ignorance, ils en oublient la démarche de réinscription ; certains enfin sont devenus des retraités .

   Parmi ceux qui ont retrouvé un emploi, pour l'année 2013 qui n'est pas terminée, 84% ont été embauchés en CDD courts, c'est à dire qu'ils vont vite revenir à Pôle Emploi , les CDI à temps plein ne représentent qu'un peu moins de 10% . ( C'est la France si peu flexible du MEDEF ) .

   La réalité est celle-ci : depuis le début de l'année ce sont 400 000 nouveaux chômeurs qui se sont inscrits à Pôle-Emploi, auxquels il faut ajouter 500 000 personnes qui ne le sont plus et qui ont basculé dans le statut " en fin de droits " : 900 000 personnes et leurs familles ont rejoint la France Pauvre . 

   Aux Etats-Unis, malgré un déficit de 8% et des politiques budgétaires ultra-agressives, et quoi qu'en disent nos commentateurs économiques idolâtres, le pays n'arrive pas à sortir de l'absence de croissance et du sous-emploi : 1.7% de croissance en 2013 au mieux, et seulement 63% des adultes en âge de travailler qui ont une activité . En Chine, une bulle immobilière s'est créée, plus grosse que la bulle espagnole, avec une dette privée en augmentation de 30% sur le PIB, au point d'inquiéter le gouverneur de la Banque d'Angleterre: " la prochaine crise risque d'être pire que celle de 1929 ", dit-il à qui veut l'entendre .

   Et même le patron de la Réserve Fédérale, aux Etats-Unis clame son incompréhension : " Pourquoi tout ce que nous avons fait depuis cinq ans n'a-t-il pas permis de sortir de la crise ? 

   ( Le Président de la République Française est-il si isolé qu'il ignorerait ces interrogations ? )

 

   La croissance pourrait-elle revenir et avec elle le plein emploi ? C'est impossible avec les logiques actuelles mises en place deans les années 1980 . Les baisses d'impôts offertes aux plus riches commencent à creuser les déficits - jusqu'en 1981, le ratio dette/PIB est stable - . Les politiques de dérégulation et la chute de l'Union Soviétique entraînent la baisse de la part des salaires : dans les pays de l'OCDE, la part des salaires qui représentait 67% du PIB, en 1982, passe à 57% en 2007, au moment où éclate la crise financière : moins dix points . Parallèlement, dans les pays de la zone-euro, entre 1995 et 2007, le taux de l'impôt sur les bénéfices des entreprises passe de 37% à 25% de ces bénéfices : un tiers de moins, ce n'est plus un cadeau, c'est une offrande divine .

   Avec le niveau d'endettement privé des ménages, les " hold up " réguliers sur les prestations sociales, la pression sur les salaires, les augmentations irraisonnées de la TVA et les gains de productivité réalisés chaque année, la consommation ne peut plus repartir .

   Nul besoin d'être un économiste affûté pour savoir que seule la consommation des ménages est le moteur fondamental de l'activité, c'était " le compromis fordiste " qui avait apporté aux Etats-Unis trente ans de prospérité .

   Les économistes mentent, encore une fois, quand ils nous invitent à croire que les pays endettés peuvent commencer à créer de l'emploi à partir de 1.5% de croissance ; il faut en réalité, au moins 2.5%, pour faire reculer le chômage, or cela fait trente ans que nous n'avons plus ces 2.5%, ce qui explique, une partie du chômage de masse .

 

   Le vol institutionnel à l'encontre des salariés, si les salaires avaient suivi l'augmentation normale du coût de la vie, représente des sommes colossales . C'est un économiste tout à fait libéral qui le dit : " Chaque année, dans la zone euro, la part prise par les entreprises sur ce qui devrait revenir aux salariés, augmente de 1% du PIB ", ( Patrick Artus de Natixis ) . C'est à dire qu'en trente ans, c'est 150% du PIB  de l'ensemble de nos pays qui a été dérobé aux salariés, pour rejoindre les marchés financiers, au lieu d'aller aux salariés, donc à la consommation, donc aux Etats pour les politiques sociales, à travers la collecte de la TVA et autres impôts, donc également au plein emploi .

   Notez donc, chers amis : ces 150% de PIB sont allés aux 0.2% des plus riches de nos pays ; en 2010, la fortune cumulée de ces 0.2% de riches s'élevait à 39 000 Mds d'€ , la moitié du PIB mondial .

   Il m'eût été agréable de payer des impôts pour des hôpitaux, des écoles, une justice plus efficace, la recherche scientifique plutôt que pour rembourser des intérêts à des banques prédatrices .

  

   Les diablotins de nos " boîtes surprises " n'ont pas fini de faire des bonds, en vain, si nous poursuivons une telle logique, car " ceci n'est pas une crise, c'est une arnaque ! ", clament " Les Indignés " .

 

 

   NB : d'aprés le dossier du " Collectif Roosvelt " publié par le magazine Marianne, No 859 des 5 au 11 octobre 2013, " 6 mesures oubliées par F. Hollande " .

 

 

 

 

 

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Published by regain2012 - dans Economie
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