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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 14:16

" Le capitalisme a depuis longtemps remplacé la petite production marchande indépendante où la concurrence pouvait dans des proportions plus ou moins larges développer l'esprit d'entreprise, l'énergie, les initiatives, par la trés grande production industrielle, les sociétés par action, les cartels et autres monopoles . Sous un tel capitalisme la concurrence signifie l'écrasement féroce de l'esprit d'entreprise, de l'énergie, des initiatives hardies de la masse de la population, de son immense majorité . Le capitalisme a ainsi substitué à l'émulation, l'escroquerie financière, le despotisme, la soumission à l' égard des maîtres de la finance ." ( Lénine  ) .

   ( Illustration : finances.fr.msn.com ) .

 

 

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   S'il était besoin de démontrer que les spécialistes de l'économie et de la finance ne savent plus où ils en sont, il suffirait de reprendre toutes les appellations qu'on a données au capitalisme actuel, ces dernières années, de crise : capitalisme mondialisé, financiarisé, patrimonial, actionnarial, entrepreunarial, puis antisalarial,  on a même eu droit au capitalisme cognitif ( de la connaissance ) . Autant de formules qui ne veulent rien dire, et ne donnent aucune idée de ce qui se passe aujourd'hui . Leur seul objet est d'apporter plus de confusion à la confusion actuelle .

   Est-ce qu'un think tank comme l'Institut Montaigne - néolibéral - composé d'économistes, d'universitaires, de dirigeants d'entreprises, peut nous aider à mieux saisir la nature de la crise ? Voici ce qu'il nous dit  et que nous plaçons volontairement en face de la description léniniste . ( Voir son site :  article, reconstruire la finance pour relancer l'économie ) .

 

   " Longtemps la finance fut subordonnée à l'économie . Depuis trois décennies le lien de subordination s'est inversé . La crise que nous connaissons a d'abord touché la finance avant de se propager à l'ensemble des compartiments de l'économie . Il faut aujourd'hui parer au plus préssé : chute de l'activité économique mondiale, montée du chômage, risques de protectionnisme, menaces de tensions sociales . Mais la crise financière n'est en rien réglée . Tant qu'elle perdurera , l'économie ne repartira pas . La faire revivre suppose de reconstruire la finance et pour cela de rétablir la confiance entre les acteurs économiques et les marchés financiers .

  Tétanisés, ceux qui ont les moyens d'investir, d'acheter, d'effectuer des " paris "  industriels pour demain ne le font pas : l'économie est paralysée . " 

   Que comprenez-vous ? D'abord,  qu'il n'y a aucun responsable à la crise . On en reste à " la main invisible des marchés ", d'Adam Smith . Tout cela n'est pas si grave : ce n'est qu'une question de confiance entre financiers et managers d'entreprises ? Sauf que ces gens-là, sont trés souvent les-mêmes, car quelle grande société, aujourd'hui, n'a pas sa " holding ", c'est à dire sa stucture financière pour aller chercher son financement ?

   Et là où nos éminences nous invitent à un véritable feu d'artifice, c'est quand elles proposent de reconstruire la finance : la finance a mis le monde à genoux , mais qu'à cela ne tienne, la solution est de la reconstruire ! A partir de quoi ? avec quoi ? sur quoi ? Pour faire quoi ? Pour aller vers quoi ? La même chose ? Les mêmes dérives ? Les mêmes catastrophes ?

   Mobiliser les peuples contre les désastres toujours présents dans la tête des dirigeants de la finance suppose qu'on leur explique avec précision les détails, le fonctionnement , les mécanismes d'un système qui conduit la planète à la ruine .

 

   L'économiste et statisticien altermondialiste français Michel Husson, dans son livre : " Un pur capitalisme ",  fait partie de ceux qui s'y emploient . Et ses analyses nous présentent une réalité qui permet de comprendre sur quel modèle se construit la marche vers la catastrophe .

   Tout part des années 1980, quand les taux de profit des entreprises baissent du fait du ralentissement de l'activité, la période de reconstruction en Europe s'achevant et les deux crises pétrolières des années 1970 ayant provoqué l'augmentation du coût du pétrole .

   Le système exigeant que les taux de profit soient relevés, les premières pressions sur les salaires apparaissent, le Communisme étant agonisant et ne faisant plus peur . Les politiques antisalariales se répandent et vont permettre une accumulation de capital qui ne restera pas dans l'entreprise, mais sera ponctionné pour alimenter la sphère financière plus rémunératrice en termes de dividendes .

   Quelques données fondent ce constat : entre 1980 et 1990 les taux de profit ( ou de marges ), se redressent, mais les investissements en équipements dans l'entreprise commencent à baisser, et les flux financiers internationaux augmentent . Les investissements dans l'entreprise passent de 25%  à 22%, ( du PIB mondial ), en trente ans, au niveau de la planète  ; les flux de capitaux dédiés à la spéculation passent de 5% au début des années 1980, à plus de 20%  du PIB mondial ces dernières années .

   Il y a eu une inversion des mécanismes dans le système : d'une économie où le crédit bancaire assure le financement des entreprises, on a basculé dans une économie financiarisée où les entreprises ont développé leurs propres activités financières, où elles recyclent leurs ponctions sur l'activité de production , dans la spéculation .

   Le désir de toujours plus de profit conduit l'entreprise à faire pression sur la partie productrice donc sur les salaires . Qu'aucun salarié n'attende son salut de ce système, le système ne le permet pas .

   La montée des inégalités sociales et de la paupérisation des peuples ne relève donc pas d'une question morale : elle est inscrite dans le génome du " capitalisme pur " .

 

   Mais rien n'empêche de se poser la question, qui de mon point de vue, est à la base véritable, du dérapage irréversible du système : pourquoi le capitalisme investit-il moins dans la production, aujourd'hui, au-delà de la réponse classique de la préservation du taux de profit et de la pression de la finance ?

   Et voici encore, la proposition, qui veut se situer à un niveau plus profond,  que nous offre Michel Husson ! Il existe aujourd'hui un écart croissant entre les besoins sociaux de l'humanité et les mécanismes propres au capitalisme . La demande sociale se porte beaucoup plus sur des marchandises qui ne produisent pas un seuil maximum de rentabilité . Les gains de productivité que permettent les nouvelles technologies et l'innovation conduisent à une offre qui  est en totale inadéquation avec la demande sociale qui porte davantage sur des services, non pourvus d'une rentabilité suffisante :  l'accueil de la petite enfance, l'éducation, les soins, l'accompagnement des personnes âgées, les transports en commun , voire les vacances .

   Tout cela n'a plus rien à voir avec l'ère " fordiste" où il fallait équiper les ménages du réfrigérateur, de la télévision, de la machine à laver et de l'automobile ...

   Nouvelle contradiction inhérente au système : les critères d'hyper-rentabilité s'opposent à la demande sociale et provoquent un " phénomène d'éviction " de certaines productions qui pourtant devaient répondre à des besoins sociaux .

   J'en tire la conclusion que la contradiction entre le propriétaire des moyens de production et le salarié, l'exploité, ne peut que s' approfondir .

   Le système avance par un double mécanisme d'extension du domaine de la marchandise, mais que le système sélectionne en fonction du taux de rentabilité conjugué à un refus de répondre aux besoins non rentables . Cette contradiction conjuguée à la pression permanente et toujours plus dure sur les salaires et à la dislocation des filets de protection sociale , ne peut nous conduire qu'à beaucoup de malheurs !

 

 

   Nb : Michel Husson : " Un pur capitalisme " . Editions Page Deux . Lausanne .2008 . Vu sur le site : politique.eu.org/

   

   

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Published by regain2012 - dans Economie
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