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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 14:36

" En 2008, il a fallu un quart d'heure à Xavier Darcos, Ministre de l'Education, sous Sarkozy, pour supprimer une demi-journée de classe hebdomadaire, à l'école primaire . Aujourd'hui, les experts pensent, alors que tout le monde est d'accord sur le principe, qu'il faudra au moins deux ans pour la rétablir, et encore, à condition que les syndicats cessent de prétendre que c'est impossible " . ( Jacques Julliard . Marianne No 824 . du 2 au 8 janvier 2013 ) .

 (1) Shakespeare . Cité par Joseph Macé Scaron, Marianne No 824 .)

 ( Illustration : dangerecole.blogspot.com ) .

 

 

ecole_4.jpg

 

   Quand et comment le Projet de Refondation de l'Ecole mené par le Ministre Vincent Peillon, discuté depuis des mois, et, déjà, bien avant les résultats de l'élection présidentielle, dont les trois piliers, ryhmes scolaires, priorité à l'école primaire, sanctuarisation des moyens, faisaient l'unanimité des partenaires de l'éducation, s'est-il mis à dérailler ? Je ne connais pas la personnalité de Vincent Peillon, mais je m'autorise à lui décerner , à priori, un brevet de sincérité et de compétence, que n'avaient plus depuis longtemps, nombre de ses prédécesseurs .

   Alors, qu'est-ce qui n'a pas marché ? Ecartons d'entrée la sournoise attaque de son camarade socialiste, Jean-Christophe Cambadélis : " Peillon manque de doigté ", car rien ne vient étayer une quelconque thèse des compétences de " Camba " en matière d'éducation, pas plus qu'en matière de sincérité .

   Ne nous fions pas au " chiche " soutien du Président de la République, ce 23 janvier à Grenoble, pour les voeux à la jeunesse, exprimé en peu de mots : " Peillon, on lui demande tout " . D'autant que , lors de la présentation de son Projet en Conseil des Ministres, ce même 23 janvier , il semblerait que sa déclaration ait été reçue dans une courtoise indifférence . Il est vrai qu'il ne s'agissait que de l'école publique, de l'avenir de nos enfants, et pas du retour de nos déficits budgétaires à 3%, ni de la surtaxe des riches à 75%, ni de la compétitivité de nos entreprises . Ce climat ne fait que confirmer l'abandon par les socialistes de la question de l'école depuis bientôt vingt ans, la laissant aux seuls syndicats, aux parents d'élèves et à quelques experts, plus souvent illuminés que lucides .

 

   En fait, Vincent Peillon est seul sur la ligne de front, donc affaibli, et cela n'a pas échappé à ses interlocuteurs . Il a ensuite fait preuve d'une certaine naïveté . Il a cru que le " mammouth " se cornaquait depuis La rue de Grenelle, alors qu'aujourd'hui, le " mammouth " est cornaqué, décentralisation et populisme obligent, par des dizaines de " cornacs " - le " mahout " ou " cornac " est à la fois, le maître, le guide et le soigneur de l'éléphant, ça ne s'invente pas - . Le Ministre, les syndicats d'enseignants, les associations de parents d'élèves, les collectivités locales, M. le Maire de la Commune, dont tous ne veulent que le " bien de l'enfant ", mais dont aucun ne reconnaît aux autres le droit d'émettre la bonne définition de ce qu'est " ce bien " . A tous ces intervenants il faut ajouter les acteurs du tourisme, de l'hôtellerie, des transports et encore, M. le Maire, en défenseur de l'économie de sa ville .

   Comme beaucoup de ses prédécesseurs, Vincent Peillon n'a pas vu venir le boulet de l'hypocrisie qui hante ce monde de l'éducation, où les coalitions se font et se défont au gré d'enjeux personnels,  de rivalités de catégories, de règlements de compte avec telle ou telle administration, de " quant à soi ", quand c'est la scolarité de son enfant qui entre en ligne de compte, de " quant à soi ", quand c'est ma carrière personnelle qui se retrouve mise en cause, ou encore de règlements politiques locaux dans les combats engendrés par les élections municipales .

   Vincent Peillon n'a pas vu arriver , non pas le coup, mais la mitraille , et au Conseil Supérieur de l'Education Nationale du 8 janvier dernier, Vincent Peillon a été mis en minorité par les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves .

 

  La meilleure illustration de cette extraordinaire complexité du monde de l'éducation est justement le débat sur le retour à la semaine de quatre jours et demi .

   Le secrétaire général du SNUipp-FSU, syndicat majoritaire chez les professeurs des écoles, semble plutôt bienveillant à l'endroit du Projet de retour à quatre jours et demi : " Je continue à dire que la semaine de quatre jours, de 2008, avec ses journées à rallonge, avec l'aide personnalisée sur l'heure du déjeuner , fatigue les enfants . Il y a un consensus là-dessus " .

   Mais le site de son syndicat, annonce clairement la couleur : "Nous voulons l'allègement du temps de présence des enseignants à l'école ; la généralisation du dispositif : plus de maïtres que de classes : la réduction du temps de travail des enseignants, en incluant dans leur horaire les rencontres avec les parents, les réunions institutionnelles, l'élaboration de projets, le temps de préparation de la classe ...", autant de vieilles revendications, remises au goût du jour, complètement corporatistes, qui ne peuvent pas passer auprés de l'ensemble de la population .

   Et le syndicat d'asséner sa position, sans ambigüité : " Opposons-nous au Projet de Décret Peillon et donc à la semaine de quatre jours et demi, tant que n'auront pas été réunies les conditions d'une réelle amélioration du travail des élèves et des enseignants " .

   Chez les autres syndicats, on trouve la même antienne, sur la défense des services publics d'abord, ce à quoi on ne peut qu'adhérer, si l'on dit en premier " banco " à une meilleure organisation de la journée de classe de nos enfants, puisque nous sommes tous d'accord, ce qui n'est pas si fréquent .

   Je me dois de relever un point dans le discours du SNUipp-FSU . Le secrétaire général, pour couvrir le côté corporatiste de sa position, accuse l'administration Peillon de " bricolage ", au nom des inégalités de prise en charge du temps péri-scolaire, prévus dans la réforme, dans la journée, par les communes, en fonction des moyens financiers inégaux de chacune d'elles . Ce responsable syndical, enseignant de surcroît, a l'air de découvrir les inégalités de revenus entre nos 36 000 communes et feint d'ignorer que ce problème remonte aux débuts de la IIIe République .

 

   Je sais le dévouement de nos professeurs, dans leur grande majorité, leur disponibilité, leur sensibilité aux difficultés de leurs élèves, mais aujourd'hui , quelques-uns m'ont mis en colère !

 

   

 

 

   

 

   

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Published by regain2012 - dans Société
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