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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 14:49

" On pourrait appeler dépense folle la dépense extraordinaire qui consommerait des capitaux sans nécessité " . (Turgot ) .

( Illustration : economie et société.com ) .

 

 

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   Il fallait laisser les banques faire faillite !

   Dans le secteur bancaire, les fonds propres désignent l'argent qui - à la différence des dépôts des clients ou des emprunts contractés auprés d'autres banques - n'appartient qu'à la banque . Ces dernières années les banques s'étaient - et continuent - beaucoup endettées, grâce en particulier à l'effet de levier qui peut atteindre jusqu'à 40 fois l'apport propre de la banque, comme nous l'avons vu pour la Deutsche Bank, par exemple .

   Quand un Etat recapitalise une banque - ce qu'ont fait les Européens , massivement , depuis 2008 - il choisit de reprendre à son compte la totalité des actifs et des dettes de celle-ci .

   Questionnons donc cette technique ! Est-ce que l'Etat renfloue la banque pour les prêts qu'elle a consentis à des entreprises qui voulaient s'équiper en machines, ateliers, laboratoires de recherche, ou à des particuliers qui voulaient faire construire leur maison, autant d'activités productrices de biens et de services, donc de richesses ? Pour partie seulement . L'essentiel des dettes bancaires relevaient de la spéculation, d'achats de produits dérivés - dits toxiques - dont nous avons déjà amplement parlé et qui se déprécièrent trés vite, dés que la crise éclata aux Etats-Unis .

   Et le hold-up sur les contribuables eut lieu à cet endroit de l'imposture financière .

 

   Les Etats achetèrent les dettes bancaires au prix d'avant la crise, à un prix bien supérieur , donc, au prix du marché . Mais aujourd'hui, ce hold-up joue également un tour aux banques, car la dette publique altérée par ces produits toxiques rachetés, a affaibli la solvabilité des Etats et donc leurs obligations . Si bien que les banques qui détenaient de la dette publique ont perdu en valeur sur leurs actifs . Retour à l'envoyeur ! 

   Mais ce n'est pas tout ! Dans un écosystème aussi perturbé, les banques pensent se mettre un peu à l'abri, en rachetant, malgré tout, de la dette publique, et même , parfois, à des taux négatifs .

   Et les " rois de l'entourloupe " que sont nos économistes, d'applaudir à la confiance revenue sur les marchés . Pas du tout ! La chienlit  financière continue ! Car à force d'acheter à perte, les banques vont revenir vers les Etats, pour recapitaliser les pertes subies sur les obligations publiques . Mais les Etats n'ont plus de sous .

   Le système est à bout de souffle : le serpent se mord la queue !

 

   Alors, une nouvelle fois, faisons appel, à ces choses qu'on ne nous dit pas, parce qu'elles montrent que, même dans ce système complètement fou, on peut toujours faire autrement .

   Dans les années 1990, il y a vingt ans, les pays scandinaves eurent, déjà, à affronter une crise financière sérieuse, déjà liée à l'endettement de leur système bancaire, lui même corrélé  à une crise de l'immobilier .

   Que firent la Norvège, la Suède et la Finlande ? Elles nationalisèrent provisoirement mais à certaines conditions .

   Elles obligèrent leurs banques à procéder à des dépréciations massives de leurs actifs avant d'accorder toute aide , cela amenait ces pays à racheter une banque à sa valeur réelle, ce qui représentait une perte pour les actionnaires qui avaient accepté la spéculation et à un gain pour l'Etat, donc le contribuable ; l'inverse de ce qu'a fait la zone euro, ces dernières années . 

   Cette politique a permis à ces pays d'échapper au piège d'avoir à fournir des capitaux illimités à des banques insolvables par ailleurs .

   Et pour les banques les plus endettées la rachat par les Etats s'est fait sans aucune compensation pour les actionnaires et avec la démission imposée par les gouvernements des dirigeants de la banque .

   Au Nord, on a choisi la défense du contribuable, pas de l'actionnaire !

   Des opérations de sécurisation des dépôts des particuliers eurent lieu, afin de séparer les produits spéculatifs - placés dans des structures de revente -  de ces dépôts et de pouvoir continuer à financer les entreprises et la consommation des ménages .

   Ainsi en Suède, le sauvetage des banques, alors,  a coûté 2% du PIB ; en Belgique, aujourd'hui, avec les choix de la zone euro, le sauvetage des banques belges a déjà coûté 7% du PIB .

   Prenons un exemple précis : la banque franco-belge DEXIA, spécialisée dans les prêts aux collectivités . Avec la politique scandinave, elle pouvait être rachetée par la Belgique pour 500 millions d'euros et repartir sur de bonnes bases . Avec la politique de la zone euro, elle a déjà coûté à la belgique 4 Mds d'euros, et comme il en faudrait entre 7 à 10 Mds supplémentaires, elle est en faillite .

 

   Allons ! Tout cela n'a rien de rassurant ! Les bilans bancaires sont de plus en plus spéculatifs, comme le montre l'exemple de la Deutsche Bank, donc susceptibles de dépréciations brutales . En 2010, la prise de risque des banques de la zone euro représentait 41% du PIB de cette même zone ; fin 2011, cette prise de risque est passée à 53% de ce PIB .

 


  NB :  d'aprés Xavier Dupret, économiste . site :  www.gresea.be  .

   

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Published by regain2012 - dans Economie
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