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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 14:03

" Je ne vous dis pas de me croire, je dis seulement ce que l'on me dit de dire " . ( Bernadette Soubirous . Lourdes ) .

 ( Illustration : confessionnal . 92.catholique.fr ) .

 

 

Confessional.jpg

 

 

 


 

   Les " communicants " ont encore frappé . L'exercice de haute voltige auquel les mercenaires de l'agence Havas Worldwide, ex-RSCG, ont soumis hier, sur la chaîne BFMTV, leur client Jérôme Cahuz ac, qui devait demander le pardon au bon peuple de France pour sa faute, et " sa part d'ombre " a atteint un niveau d'indécence à faire pâlir tous les Machiavel de la terre .

   Ils sont à ranger au magasin des accessoires, les bons vieux confessionnaux de nos églises et nos braves curés de campagne à qui nous demandions, autrefois, dans le secret de la confession, d'absoudre nos péchés . Les communicants ont pris leur place pour organiser le nouveau système " d'indulgences " qui passe par les " paraboles " (sic ) installées sur nos toits ou sur nos balcons .

   Bernadette Soubirous n'était pas " coachée " par Stéphane Fouks, le pape de la communication politique, mais elle avait compris, déjà, il y a cent cinquante ans, que communiquer, " c'est dire ce qu'on vous dit de dire " .

   Et hier, Jérôme Cahuzac n'a pas failli à cette règle d'or .

   Nous avons eu droit au " remake " d'un Strauss-Kahn, retour d'Amérique, il y a deux ans, sur le plateau du JT de 20H, de Claire Chazal : " C'est ma faute, c'est ma trés grande faute ", mais de vérité sur l'affaire,  point !

   Cela n'a rien d'étonnant puisqu'ils sont cornaqués par les mêmes professionnels du mensonge, tout comme d'autres, au sommet de l'Etat .

 

   Une différence tout de même entre les deux interventions . Strauss-Kahn, fidèle à son image de star, avait choisi TF1 et le journal de 20H, un dimanche, tandis que Cahuzac, bien plus finement, retient une chaîne de moindre audience, à 18H,  un journaliste anonyme donc impressionné, pour atténuer l'impact direct de son propos, et laisser aux commentateurs le soin de faire le " buzz ", puisque c'est ainsi qu'on dit aujourd'hui .

   Ce choix est loin d'être innocent ou anodin . Car ses communicants vont l'obliger à se fendre d'un deuxième mensonge public, qu'il est préférable de faire passer filtré par les commentaires des gens avisés . Nous allons nous en expliquer .

   Mais regardons d'abord le ton de l'entretien . Larmoyant, contrit, modeste, repentant : rien ne manque pour créer l'émotion du téléspectateur voire la compassion envers un homme à terre et qui n'hésite pas à dire que la prison lui fait peur - comme à tous les gens honnêtes - , et à qui l'on a conseillé d'ajouter que, oui, l'idée du suicide l'a bien effleuré .

   De ce côté-là, l'objectif est atteint . Le personnage a retrouvé toute l'humanité qui sied, en ces circonstances . Mais, quand même, trois points de cette mise en scène  ne peuvent qu'interpeller quiconque est animé d'un brin de curiosité .

   Et d'abord, si le personnage se défend, presque sur un mode psychanalytique, en arguant de ce comportement humain qui incite à occulter dans son inconscient la faute commise, voire à en faire un véritable déni et parfois  à l'oublier, il ne dit pas qu'il s'est battu comme un beau diable pour empêcher le site Mediapart de publier ses informations, cherchant par tous les moyens à le discréditer : étrange pour quelqu'un qui avait oublié !

   

   Puis à la question, le Président savait-il que vous aviez triché, Cahuzac ne répond pas trés franchement que le Président ne savait rien . Il utilise, avec une extrême habileté, une expression lourde de sens : " J'ignore le niveau de connaissance qu'avait le Président de l'affaire " . Au château, à ce moment-là, certains ont dû sursauter . Je ne peux m'empêcher d'y voir une sorte d'avertissement subliminal, peut-être pour que cesse le jeu des injures ad hominem, ou pour dire qu'il ne pourra pas supporter longtemps seul l'infâmie, et que le temps de l'aider est venu ?

 

   Le troisième  point qui doit nous intriguer est celui du deuxième mensonge public que ses communicants imposent à Cahuzac, celui du montant de ses avoirs sur ce compte caché, aujourd'hui à Singapour .

   Six cent mille euros dit l'ex-ministre, quinze millions d'euros dit la presse suisse, informée par des sources bancaires fiables, montant confirmé par les spécialistes qui précisent que les banques suisses ou singapouriennes n'ouvrent pas de comptes exposés, à moins de dix millions d'euros .

   L'intérêt de ce deuxième mensonge ne m'apparaît pas, d'autant plus qu'il est fort dangereux pour la suite de l'affaire , s'il est éventé .

   J'avoue que sur cette question les communicants m'ont " bluffé " . Il reste à voir jusqu'à quand !

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Published by regain2012 - dans Politique
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