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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 13:00
Publication : " el  capitalismo " .

Publication : " el capitalismo " .

" Le socialisme n'est pas une science, c'est un cri de douleur et parfois de colère, poussé par les hommes qui sentent le plus vivement notre malaise collectif ... " ( Emile Durkheim ) .

Il y a eu dans l'histoire plusieurs socialismes, ou dit autrement, le socialisme fut l'oeuvre de plusieurs . Depuis " Utopie " de Thomas More ( 1516 ), les hommes n'ont cessé de concevoir des modèles de sociétés parfaites et d'imaginer ce que pourrait être une société à la fois juste et pacifique . Dès ses origines, le socialisme est donc lié à un courant littéraire qui élabore des idéaux politiques dans une perspective inspiratrice .

C'est en 1803 que le mot " socialismo " fait son apparition, en Italie d'abord, puis est repris par l'industriel anglais Robert Owen, en 1820 . Il s'invite en France, dix ans plus tard, sous la plume de Pierre Leroux, diffuseur des idées de Saint-Simon : " On se sépare pour se réunir ; l'individualisme doit ramener au socialisme ", ( Le Semeur, novembre 1831 ) . Charles Fourier l'emploiera, en 1833, dans son livre " La Réforme industrielle " .

Owen, Saint-Simon et Fourier furent certes des " utopistes " mais ils furent accompagnés, et bien accompagnés,  par d'autres : Joseph Proudhon ( 1809-1865 ), implacable critique de la propriété ; Louis Blanc ( 1811- 1882 ) qui rêvait du pouvoir pour accomplir les idéaux de la révolution et prônait un socialisme d'Etat, mais aujourd'hui oublié du Panthéon socialiste ; Jules Guesde ( 1845-1922 ) pour qui la Révolution était inévitable parce qu'elle est le produit de la lutte des classes qui s'exacerbe ...

Pendant longtemps, le socialisme restera un " concept disponible ", qui ne trouve ni preneur, ni expérimentateur .

Pourtant, le XIXe siècle a fourmillé d'hommes illustres qui " rêvent " de révolution sociale à commencer par Saint Simon désireux d'unir les forces de l'industrie à l'esprit scientifique, planifier la production, organiser la société, passer " du gouvernement des hommes " à " l'administration des choses " dans le but de mieux redistribuer les richesses . 

Mais Saint-Simon voulait changer le monde, inclure et transformer par le haut, sollicitant sans cesse le monarque, sollicitant les puissants, comme Fourier qui attendait, chaque jour, chez lui, quelque philanthrope généreux prêt à changer ce monde .

Mais arrivent Marx et Engels, rejetant catégoriquement toute alliance avec les puissants reprochant aux deux premiers de ne pas voir que l'Etat est une machine au service de la classe dominante et non l'exercice neutre du pouvoir . Tout en rendant grâce à la pensée pionnière des socialistes utopiques, ils entendent la dépasser et résoudre scientifiquement l'exploitation du prolétariat .

Alors Joseph Proudhon se propose, et dans une distinction inédite, va opposer " le socialisme utopique " au " socialisme scientifique " . 

Au début du XXe s. le socialisme s'est ramifié, complexifié . Guesdistes, blanquistes, réformistes et d'autres, peinent à trouver un terrain d'entente . Mais sur l'injonction de la IIe Internationale, en 1905, la famille s'unit enfin et se retrouve sous la bannière de la SFIO . Un homme va s'imposer, alors . Jean Jaurès s'impose très vite comme la figure majeure du socialisme français . Sa prudence tranche avec la radicalité de ses prédécesseurs convaincu qu'il est que le prolétariat n'est pas encore prêt à l'anéantissement du capitalisme . Aussi veut-il temporiser . On doit émanciper le peuple mais on n'y parviendra qu'en oeuvrant pour l'unité et en consolidant la République notamment par des réformes .

Le socialisme de Jaurès est donc un socialisme réaliste mais non exempt de sincérité : " La substitution totale de la propriété sociale à la propriété capitaliste, l'organisation du travail affranchi, du travail souverain devenu maître de tous les moyens de production et d'échange, demeure notre but ", déclare-t-il dans un congrès, à Toulouse .

Il n'est pas étonnant que Léon Blum ait voulu préserver cette synthèse, convaincu lui aussi que république et socialisme sont liés et que réforme et révolution ne sont pas antinomiques .

A présent vient la question, essentielle, de la fin du XXe s. Mitterrand fut-il un illustre héritier de Jaurès et de Blum ? Quand il affirme : " La théorie socialiste implique une finalité : que cesse l'exploitation d'un groupe d'hommes par un autre groupe d'hommes ... Si on ne libère pas d'abord l'homme de l'exploitation économique, on ne le libère pas du reste " ( Socialisme du possible ), il donne à penser qu'il en est ainsi . 

Sa lutte contre les grandes sociétés est réelle . Quand, en 1981, Rocard et Delors lui proposent des nationalisations où l'Etat se contente de 51% du capital, il tranche : ce sera 100% . Dès 1969, ses positions sont incisives : " L'important est que la propriété change de mains " . Son programme déjà est clair : démocratisation de l'enseignement, nationalisation des grandes entreprises et des banques, planification économique, inclusion des travailleurs dans la prise de décision dans les entreprises ... "

Mais en même temps sa lutte contre les communistes est implacable et son obsession pour la construction de l'Europe le conduiront à beaucoup de renoncements .

Aujourd'hui, le malaise collectif n'a pas disparu, la France " macronisée " doute plus que jamais, au contraire du socialisme qui semble avoir épuisé sesq ressources . Scission avec les classes populaires, incapacité de les représenter et d'exprimer leur détresse ... 

Peut-être lui manque-t-il cette capacité " utopique ", cette capacité qui, autrefois fit sa force, cette capacité à imaginer un monde meilleur ...

 

Nb : d'après la publication de l'universitaire Marion Bet, 26 septembre 2017 .

 

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Published by regain2012 - dans histoire
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