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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 14:28
Murillo : enfants mangeant du raisin et du pain .

Murillo : enfants mangeant du raisin et du pain .

Sous-titre : l'anémie !

Un de problèmes les plus dignes d'intérêt, pour les historiens, est la décadence si rapide de ce peuple dont on avait pu dire, " Quand l'Espagne se remue, le monde tremble " ( A . Fouillée ) .

La dégénérescence du caractère national espagnol démarre en même temps que l'Empire est au faîte de sa puissance et a des causes tout à la fois physiques, morales et économiques . Physiques, parce que le peuple espagnol est frappé d'abord dans son sang dont il avait follement dépensé la partie la plus pure et la plus vitale . Cette part du peuple vidée par plusieurs voies de ses éléments supérieurs . Elle avait commencé par brûler de ses propres mains en d'immenses " autodafés " tout ce qui avait foi profonde et intérieure, pensée indépendante, volonté dévouée à tous les sacrifices, conscience inflexible .

L'anthropologue britannique Francis Galton ( cousin de Darwin ) est parvenu à à calculer le nombre considérable de familles que l'Inquisition fit disparaître, familles d'élites et fécondes en talents dont l'extinction contribua à paralyser les industries, les arts et la littérature . Dans le même temps, elle multipliait outre mesure  les ordres monastiques voués au célibat . Les parties de la nation les plus capables de foi profonde et de haute autorité morale se trouvaient ainsi triées et éliminées, le caractère espagnol y perdant son intériorité pour se paganiser et se réduire aux pratiques populaires d'extériorité .

Bien sûr, l'Inquisition ne saurait expliquer à elle seule l'anémie spirituelle qui s'empare du peuple . Il faut y ajouter les guerres folles de Charles Quint et les conquêtes en Amérique, qui déversent au-delà de l'Océan tout ce que l'Espagne comprenait de caractères entreprenants et énergiques, certains féroces et cruels mais d'autres généreux, authentique saignée à blanc pour la vie nationale .

Ce furent surtout les descendants Goths et Germains et les meilleurs éléments de la part méditerranéo-sémitique qui furent victimes de leur humeur aventureuse et batailleuse, de leur indépendance d'esprit ou de l'ardeur de leur foi . Le gros des groupes ethniques sans résistance -  ibéro-berbères - et sans ressort demeura intact .

L'expulsion des juifs en 1492 ( prise de Grenade ), celle des des habitants d'origine maure - même convertis - en 1609 et 1610 - privent l'Espagne d'une population active et laborieuse : l'indolence méridionale , le préjugé contre les travaux manuels, le fléau de la mendicité qui arrive des Amériques prennent vite le dessus . 

Les expéditions de Charles Quint avaient si bien soutiré au pays hommes et argent que les maisons se fermaient, les campagnes devenaient désertes, une partie de l'Espagne retombait en friche .

Cependant c'est la découverte de l'Amérique qui sera cause des calamités sociales et morales du pays : cause d'une puissante déséquilibration du caractère d'un peuple avec le bouleversement soudain de toutes les conditions sociales, qui enrichit les uns, ruine les autres, fait monter ceux-ci, descendre ceux-là . Om prend pour habitude de compter sur le hasard plutôt que sur la volonté personnelle, et quand on fait un effort ce n'est qu'un effort passager et non un travail soutenu et persévérant . Or, quoi de plus démoralisateur que le hasard - ou la loterie ? Un peuple ne vit pas d'aventures, mais du travail de tous les jours qui assure le pain quotidien . 

 Le romanesque pour une nation, n'est jamais une inoffensive maladie ... 

" La cupidité confiante dans la chance engendre la paresse qui, quand elle devient elle-même objet d'orgueil, constitue un péché capital . La soif de l'or obtenu sans travail régulier, l'honneur placé dans les expédients, les ambitions allumées par les récits merveilleux du Nouveau Monde, les têtes en fièvre, les imaginations exaltées, les fortunes insolentes par leur soudaineté, les ruines encore plus grandes, les violences et l'intrigue remplaçant le devoir patiemment accompli, le vent de folie soufflant sur tout un peuple qui, au moment où il perdait sa moralité se posait en héros d'épopée ne pouvaient que conduire à un universel affaissement des volontés ... " 

Tel fut le péché capital de l'Espagne quand, extérieurement, elle croyait briller de tous ses ors !

" Et le roman picaresque n'avait plus à peindre, à la fin du XVIe s. que la foule des oisifs qui auraient cru déchoir en faisant oeuvre de leurs dix doigts : hidalgos faméliques, aventuriers et intrigants à la recherche de la fortune, gens sans aveu et sans scrupule, soldats fanfarons, valets menteurs et fripons, entremetteuses, sorciers, bohémiens, détrousseurs de grands chemins et spadassins ... "

Les farouches Ibères, les conquérants Berbères et les fiers et entreprenants Goths n'étaient plus que de lointains souvenirs .

 

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Published by regain2012 - dans histoire
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