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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 14:04
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Sous-titre : Les fondations d'un peuple .

" L'espagnol a jusque dans son caractère quelque chose d'âpre comme le vent de ses " sierras ", de dur comme sa terre, de brûlant comme son soleil " ( Alfred Fouillée ) .

Tant au physique qu'au moral, il y a plusieurs Espagne, qui, cependant forment un tout qui s'appelle " l'Espagne " .

Au nord, de la Catalogne à la Galice, on trouve l'Espagne plus proprement européenne où l'âpreté du climat et la rugosité du sol pourraient rappeler l'Auvergne et le Limousin français . C'est là, selon le dicton, " qu'on fait du pain avec de la pierre " . L'Espagne du sud est africaine : à la vigne et à l'oranger, elle mêle le dattier et le coton . L'Espagne intermédiaire, sûrement la vraie Espagne, avec ses sierras et ses plateaux arides ( la Meseta ),  ses steppes parfois, a souvent été comparée à une vaste forteresse dressant ses créneaux dans un ciel profond .

L'aridité est le trait général du climat espagnol où la pluie est plus rare qu'en Italie ou en Grèce . Sous ce rapport il est analogue à celui de l'Atlas avec des nuances : dans les provinces d'Andalousie ou à Murcia il est proprement africain ; il reste méditerranéen dans la vallée de l'Ebre ( la Catalogne ) et océanique dans le nord-ouest ( Monts Cantabriques et Galice ), quant à l'ensemble s'étendant des Asturies jusqu'à la Sierra Morena ( Castilla y Leòn ) il pourrait rappeler la Russie : " Neuf mois d'hiver, trois mois d'enfer ", dit un autre dicton .

" Et une race sèche elle-même vit au milieu de cette sécheresse ", prévient le philosophe  Alfred Fouillée . 

A peine séparée de l'Afrique par un étroit canal de 14 km ( détroit de Gibraltar ), l'Espagne se trouve à la rencontre de deux continents . Dès la plus haute antiquité, des groupes berbères ( mélange de populations méditerranéennes et de tribus noires subsahariennes ) se sont répandus en Espagne, comme l'indiquent des fouilles menées dans les cavernes et les sépultures et se mêlèrent au premier peuplement de la péninsule, les Ibères, population physiquement très proche, puis débordèrent ensemble en Gaule ( les Basques seraient leurs descendants directs ) et jusque dans le nord de l'Italie . 

Entre -900 et -600 avant JC, c'est le tour des Celtes de franchir les Pyrénées, venus des régions alpines, ils se concentrent d'abord au pied de ces monts et forment, peu à peu, dans le nord, la Celtibérie, peuple puissant et redouté .

Aux alentours de -600 av.JC, apparaissent les Phéniciens et les Grecs, les premiers sur les côtes de l'Andalousie, les seconds sur les côtes catalanes, en concurrence commerciale, mais sans chercher à s'affronter, ils fondent leurs comptoirs mais se gardent d'entrer dans les terres . Ils n'auront aucune influence sur l'évolution ethnique du pays .

Au IIIe s. av. JC, à l'occasion des guerres puniques, Carthage entre dans l'histoire espagnole, conquiert une partie de la péninsule à laquelle elle offre une deuxième vague d'influence sémitique .

Dans le même temps, Rome, afin de menacer Carthage, s'intéresse à l'Espagne ( fin du IIIe s. ) et va donner à l'esprit celtibère, durant deux siècles, l'occasion de démontrer " l'énergie de résistance ", dont il est capable : des prisonniers emmenés comme esclaves par les Romains et qui percent la cale du navire pour couler avec leurs nouveaux maîtres ; du berger Viriafhe, invincible pendant neuf ans avant que Rome ne le fasse assassiner ; de Sertorius défiant Scipion et Pompée, jusqu'aux 60 000 légionnaires de Scipion assiégeant les 4000 habitants de Numance affamés, et qui entrent dans une ville où ils ne trouvent que des morts, les Numantins ayant préféré mourir plutôt que de se rendre .

D'Europe en Espagne, le passage est difficile, mais jusqu'à ces dernières décennies, le passage d'une région intérieure à l'autre l'est tout autant . Longtemps, il n'y eut pas de pays où les communications internes fussent aussi rares, à cause du relief compliqué et à l'absence de voies navigables .

Doublement isolés, les Ibères se repliaient facilement sur soi . C'est une des causes qui concentrèrent, sur des territoires bien circonscrits, de plus en plus de tribus farouches et peu communicatives . Les auteurs latins aimaient à différencier Ibères et Celtes . Les premiers amis de la solitude, les seconds, amoureux de la camaraderie, de la vie en société, avides de nouvelles, prodigues de discours, lançant partout leurs hordes très mobiles .

Les Ibères vivaient plutôt en petites tribus montagnardes, se liant très peu entre elles sous l'effet d'un orgueil les rendant confiants dans leurs forces ? Ils ne ressentaient ni sympathie rapide, ni besoin de compagnie . On les disait d'un génie médiocre mais laborieux, bons agriculteurs, mineurs, attachés à la terre pour en tirer les métaux et le blé indispensables à la vie quotidienne, affirme Strabon .

Obstinés et indomptables, ils avaient plutôt le courage de la résistance que celui de l'attaque si familier aux Celtes . 

Et pour les unir, il fallut et la conquête du dehors et la conquête du dedans : ce sont des peuples plus expansifs et plus unitaires qui vont construire, successivement, au début de notre ère, l'unité espagnole ...

( A suivre ) .

 

 

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Published by regain2012 - dans histoire
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