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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 14:37
" Le hasard et la nécessité ! "

" Le parti politique est une machine à fabriquer de la passion - au lieu de la raison - une organisation visant à exercer une pression sur ses membres de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice " ( Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques, 1940 . Nouvelle publication en  2017, " coll . Climats ", chez Flammarion ), citée par Jacques Julliard dans le No 1057 de Marianne .

Comme souvent, l'événement est arrivé tel un voleur . Nul ne l'a vu ni entendu venir . " Le Système " a trébuché à trois reprises avant de nous embarquer, bon gré mal gré, dans une aventure que la grande majorité des Français n'a pas voulue mais qu'elle n'a pas davantage récusée, ce dont témoignent les chiffres de l'abstention aux scrutins présidentiel et législatif . 

Songez qu'en 2012, l'événement devait s'appeler Strauss-Kahn - du Macron avant Macron - , événement mort-né dans la chambre d'un Sofitel de New-York et le prétoire d'un tribunal de Manhattan . 

Songez, qu'au milieu de l'année 2016, l'événement devait s'appeler Juppé, c'était fait - du Macron très compatible - sauf qu'un méchant bâton vint se ficher dans la roue du champion, un Béarnais entêté, honni de la droite, dont le soutien fit chuter le maillot jaune .

Songez qu'au début de l'année 2017, l'événement porta le nom de Fillon - le meilleur pour tailler à la hache dans le modèle social français - macron-compatible, lui-aussi - mais que Le Canard Enchaîné vint juste à temps épingler sur ses manquements à la morale, si bien que " Le Système " se retrouva déshabillé, un temps . Un temps seulement . 

Et voilà nos éditorialistes et leur vision transcendantale, en appeler à la pensée du biologiste Jacques Monod ( Le hasard et la nécessité ), concluant que la conjonction de tant de hasards ne pouvait conduire qu'à l'assomption d'une nécessité : l'avènement d'Emmanuel Macron . " Quand débouté par la contingence, l'événement revient à la charge avec une telle insistance, il est difficile de lui refuser l'attribut de la nécessité " ( Jacques Julliard, Marianne No 1057 ) . 

Les Français se seraient donc prononcés pour un changement . Quel changement ?

" Ce serait une vision bien myope que de réduire la foudroyante ascension d'Emmanuel Macron à la condamnation de telle ou telle politique ", affirme encore Jacques Julliard . Les Français n'ont pas exprimé un rejet des politiques passées : chômage de masse, précarité sociale, austérité salariale, augmentation massive de la pauvreté, sûrement pas . Les Français n'ont exprimé qu'un " ras le bol " des partis . Ah, la belle trouvaille ! Il nous est offert la vision la plus réductrice du problème pour nous éviter d'aller piocher dans les questions qui fâchent . 

Et on va en appeler, fort à propos, aux condamnations de la philosophe Simone Weil, ( voir l'en-tête ) en omettant sciemment de préciser qu'elles furent prononcées en 1940, année où les partis traditionnels livraient le pays à " la Révolution Nationale " de Pétain . 

A l'appui de leur thèse, les éditorialistes, ajoutent une considération toute péripatéticienne : les Français n'ont demandé à E. macron ni la mort de la droite, ni la mort de la gauche, certainement pas la mort du centre mais leur collaboration dans l'intérêt de la Nation . 

Pour le parti, le critère du bien, c'est sa croissance, pour les Français, depuis le 7 mai, le critère du bien c'est la prospérité du pays tout entier . Admirable élan de confiance !

Les Français n'acceptent plus que la démocratie s'exprime en termes de conflit, de vétos catégoriels, en somme de lutte des classes : leur " macromania " ( sic ) malgré tout le flou du projet, serait due à leur volonté de mettre fin aux combats stériles de clans, ils ne supportent plus les guerres d'extermination .

Et c'est pourquoi, ils veulent la réussite du nouveau pouvoir, : et voilà qui est dit ! La France unanime à vouloir la réussite du démiurge . Voilà ce que souhaitent les 3 Français sur 5 qui ont refusé d'aller voter aux législatives . 

Et Jacques Julliard ( Marianne No 1057 ) ne cherche pas à enfoncer le clou, il prend un marteau de forgeron pour nous asséner, comme une sorte d'appel à la résistance : " Les partis ont reçu un coup sur la tête . Avant qu'ils ne se réveillent, profitons-en pour les achever ! "

" Brûlez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens " . Et oui ! Il en restera toujours un : devinez ! Et il n'y aura plus personne contre lui . L'irresponsabilité des plumitifs peut être incommensurable .

 

 

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Published by regain2012
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