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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 14:13
Portrait de Machiavel .

Portrait de Machiavel .

" C'est le bien général et non l'intérêt particulier qui fait la puissance d'un Etat ; et, on n'a en vue le bien public que dans les Républiques : on ne s'y détermine à faire que ce qu'y tourne à l'avantage commun et, si par hasard, on fait le malheur de quelques particuliers, tant de citoyens y trouveront de l'avantage qu'ils sont toujours assurés de l'emporter sur le petit nombre d'individus dont les intérêts sont blessés . " ( Machiavel, 1469-1527, Discours sur la première décade de Tite-Live ) .

Machiavel écrit à l'aube de la grande réforme protestante qui va déchirer la chrétienté et entraîner des guerres de religion qui ensanglanteront l'Europe durant deux siècles .

Machiavel ne cherche pas, comme l'avait fait Platon, à décrire la république idéale . Il ne s'intéresse pas à un Etat qui n'a jamais existé : il veut s'en tenir à la vérité effective du politique . Il ne se préoccupe pas de ce que l'homme devrait être, de la morale ; il fonde ses réflexions sur les comportements effectifs de l'homme : " Plusieurs se sont imaginé des républiques et des principautés qui ne furent jamais vues ni connues pour vraies . mais il y a si loin de la manière dont on vit à celle selon laquelle on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui devrair se faire append plutôt à se perdre qu'à se conserver " .

Pour Platon, les hommes se réunissent au départ, pour assurer grâce à la division du travail, leurs besoins de nourriture, de vêtements et de gîte . pour Machiavel, au contraire, les hommes se réunissent en société, essentiellement, pour des raisons de sécurité .

Cette affirmation pose aussitôt la question de savoir quelle est la nature de l'homme pour Machiavel .

Les hommes sont ingrats, changeants, menteurs et dupes, ennemis du danger et avides de gains . Les désirs de l'homme sont insatiables, il veut toujours plus et ne se contente jamais de ce qu'il a : " La nature nous a créés avec la faculté de tout désirer et en même temps l'impuissance de tout obtenir ; en sorte que le désir se trouvant toujours supérieur à nos moyens, il en résulte du dégoût pour ce qu'on possède et de l'ennui de soi-même ", ( Discours sur la première décade ... ) L"homme est le même, quelles que soient la société et l'époque . La nature de l'homme est immuable et il ne peut y avoir de progrès moral de l'humanité . Les moeurs peuvent changer mais ces changements s'inscrivent au sein de cycles historiques qui ne remettent pas en question la nature humaine . C'est parce que les hommes sont essentiellement méchants qu'ils doivent être contraints à la bonté, soit par la force et par la ruse, soit par des lois . Machiavel affirme donc que l'homme politique doit imiter ces deux bêtes que sont le lion et le renard pour fonder en Etat durable et stable . L'usage de la force seule est insuffisant, l'utilisation de la ruse est indispensable .

Dans une république, les lois et les tribunaux empêchent les citoyens ambitieux et puissants d'attenter à l'Etat, ils assurent le règlement pacifique des litiges entre particuliers, ils interdisent que des individus se coalisent pour régler leurs querelles par la violence . Des individus peuvent être opprimés par l'Etat, des injustices peuvent être commises mais dès lors que cette oppression est opérée par une autorité légale elle n'entraîne pas, pour machiavel, le principe du " mal " : le désordre dans l'Etat . 

Les hommes se laissent facilement tromper par l'apparence . Ce jugement s'applique autant au peuple qu'aux grands : " L'universalité des hommes se repaît de l'apparence comme de la réalité ; souvent même l'apparence les frappe et les satisfait plus que la réalité " ( le Prince ) . De ce constat, il résulte que pour obtenir l'appui de ses sujets ou des citoyens, le dirigeant politique doit paraître vertueux, sans l'être nécessairement, car le maintien et la consolidation de l'Etat peuvent requérir l'emploi de moyens condamnés par la morale traditionnelle . Machiavel parle abondamment de son contemporain le pape Alexandre VI Borgia qui feignait habilement être doté de toutes les vertus mais utilisait sans mesure la force et la ruse pour défendre ses intérêts et ceux de sa famille : " Alexandre VI ne fit jamais rien d'autre que piper le monde trouvant toujours sujet propre à tromper ... jamais homme ne fut plus ardent à donner des assurances, à promettre sa foi avec grands serments mais à moins l'observer " ( Le Prince ) . 

Paraître vertueux, mieux même, religieux, est un instrument nécessaire à la ruse .

[ Toute ressemblance avec des personnages, existant ou ayant existé, ne serait que pure coïncidence . ]

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Published by regain2012 - dans philosophie
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