Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 13:47
Francebleue.fr

Francebleue.fr

" La popularité ? C'est la gloire en gros sous ! " ( Ruy Blas, Victor Hugo ) .

La campagne électorale des présidentielles a été principalement marquée par la substitution au discours politique d'une dialectique de communication publicitaire sans vergogne .

Les deux grands partis de l'alternance qui depuis un demi-siècle ont conduit le pays, empruntant la pente douce de la désinformation, à l'état où il se trouve, aujourd'hui, ont été éjectés du deuxième tour, à la fois par l'esprit de " dégagisme " qui s'est emparé des électeurs, chassant sans ménagements les têtes honnies et par les tiraillements internes entre leurs forces centrifuges, à la recherche de nouvelles sécurités pour les privilèges qu'elles ne veulent pas abandonner .

Avant même les affaires, F. Fillon ne pouvait plus compter sur les juppéistes, dont certains partaient déjà vers Macron, ce qui lui enlevait au moins un tiers de son électorat . Benoît Hamon, sorti malencontreusement vainqueur d'une primaire qui ne lui était pas destinée et où pourtant ni Macron, ni Mélenchon ne se présentaient, allait les retrouver sur le chemin d'un premier tour qui lui fut fatal, ses soutiens potentiels ayant fui vers les deux étoiles montantes de la vie politique hors des partis .

Ainsi, au-delà des affaires pour les uns, d'une erreur de casting pour les autres, la catastrophe politique qui a frappé la France tient avant tout à la déliquescence des partis classiques . Les dissensions internes ne sont pas nouvelles dès lors qu'il s'agit d'atteindre la taille critique pour remporter des élections mais le temps est fini où les citoyens admettaient qu'un appareil vigoureux puisse décider d'un candidat capable de gagner pour imposer ensuite une stricte discipline de parole et de vote : les chaînes d'information en continu et les réseaux sociaux sont passés par là .

La civilisation libérale et consumériste ayant cultivé un individualisme outrancier, les ego l'emportent sur le bien commun, ce que démontrent le " jusqu'au-boutisme " d'un J.L. Mélenchon - " Je ne veux pas affaiblir le PS,  je veux le remplacer - clame-t-il à Marseille "-, et la pussillanimité de B. Hamon : si les deux s'étaient unis, contre tous les obstacles placés sur leur route, la gauche pouvait l'emporter .

Hors de la structure des partis historiques, des " formations " nouvelles sont apparues, qui font la joie des observateurs, commentateurs et mercenaires de la plume, toujours prêts à embarque sur les grands  navires de croisière mais ne rassurent pas pour autant les électeurs . Ces formations nouvelles n'ayant pris l'apparence de la réalité que par l'attachement des premiers fidèles à un seul candidat, attachement personnel dont il n'est pas difficile d'entrevoir les dangers . 

Que peut devenir la démocratie s'incarnant dans un seul homme ou femme sinon un exercice de pure communication et une banale dialectique publicitaire . Exactement le spectacle que nous a offert E. Macron durant toute la campagne . 

Il a d'abord usé du fameux art " de faire durer le suspense " en faisant traîner jusqu'au dernier moment le dévoilement de la nature de l'offre, laissant les médias travailler essentiellement son image . Les Français ont dû attendre pendant de longues semaines son programme comme si celui-ci n'était qu'un vulgaire produit à vendre, et non l'affiche de la future France . Quant à ses mmetings, le candidat a laissé voir des scène ahurissantes de bonimenteur de foire, s'égosillant dans les dernières minutes pour convaincre la foule d'acheter son " aspirateur révolutionnaire " .

Une image : mais quelle image ? Un physique lisse au point d'être insipide, parfait mais sans charme et sans expressivité . Le regard, même lorsqu'il s'enflamme, est d'une étrange vacuité au point que le spectateur ressent un étrange malaise . On devine cet art consommé du commercial consistant à ne fâcher personne afin d'élargir son " bassin de chalandise ", n'énonçant que des principes consensuels mais jamais les moyens de leur réalisation . Il ne cesse de louer ses idées originales au seul prétexte qu'il est jeune, et cela devrait suffire ? La suite de l'aventure le dira .

Chez le nouveau président, tout est flou, conciliant, ambivalent, contradictoire, certes en phase avec une époque  où les intérêts ont remplacé les convictions, où les corpus politiques plus efficaces semblent trop contraignants pour qu'on y adhère, laissant à chacun le soin de se dire de gauche ou de droite dans un choix opportuniste qui ne le concernerait plus .

La France a donc cru voter pour la " nouveauté ", le mot magique des gondoles de  super-marchés, désormais passé dans les urnes .

Les Français ne vérifieront que plus tard si la marchandise est bonne mais ils doivent savoir que dans ce cas, " la marque " n'a prévu aucun remboursement .

NB : Statistiquement, la durée de vie d'une " start up ", en France, est de trois ans .

 

Partager cet article

Repost 0
Published by regain2012 - dans Politique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens