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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 14:20
" Ils ne sont plus là, mais ils dézinguent " .

" Ils ne sont plus là, mais ils dézinguent " .

" Nous vivons les dernières convulsions d'une élite qui ne veut pas lâcher le pouvoir " ( Benoît Hamon, 27/03/2017 ) .

A l'occasion du premier débat concernant l'élection présidentielle, diffusé sur TF1, nous étions dix millions devant nos postes de télévision, lundi dernier . Et les observateurs de se précipiter aussitôt sur ce résultat pour louer la passion très française pour la politique . Les choses sont-elles aussi simples ? Car ce taux d'audience certes exceptionnel venait percuter de front, l'essai du politologue et sondeur Brice teinturier, paru quelques jours auparavant et intitulé : " Plus rien à faire, plus rien à f... " 

Intéressé à expliquer d'où provient la rupture entre les Français et la politique et le danger d'une abstention élevée au prochain scrutin, le politologue fait les constats suivants . " Le malaise de la démocratie en France est insondable ; effondrement de la morale, crise de l'exemplarité, confusion de la politique et de la téléréalité, mutations de l'information, influence des réseaux sociaux, c'est l'avenir de notre système démocratique qui est interpellé " .

Dans le double quinquennat de F. Hollande et de N. Sarkozy, précise l'essayiste, il y avait eu, pour la première fois, une véritable alternance, avec une droite puis une gauche, ayant à chaque fois tous les pouvoirs, donc sans dilution des responsabilités qui étaient le jeu des cohabitations précédentes . Or cette décennie a été pour les Français un énorme échec . Certes, par le passé, un camp et puis l'autre, avaient pu souffrir de déceptions, Mitterrand, Chirac, Jospin . Mais les deux derniers quinquennats nous ont conduits au-delà de la banale déception, dans un véritable ébranlement politique : effondrement de la morale publique dans une société de plus en plus individualiste et marchande où beaucoup d'icônes sont tombées de leur piédestal, en politique comme dans le monde de l'entreprise, du sport ou de la culture, où à la vacuité de ses offres politiques, les élites au pouvoir ne répondent plus que par des postures de téléréalité pour masquer l'absence de résultats ...

Nous étions donc prés de dix millions devant nos postes . Relevons d'abord que l'exercice était une nouveauté dans les traditions de la Ve République et que le chiffre publié représente à peine plus de 20% du corps électoral et que si l'on met bout à bout, les " fans " de chaque candidat, installés dans leur canapé pour jouir de l'extrême habileté de leur poulain à rejeter dans les cordes l'adversaire, il reste beaucoup moins de véritables citoyens intéressés par les programmes défendus par chacun des candidats . On peut imaginer aisément que JLM et MLP avaient fait le plein de leurs soutiens, que F. Fillon avait rassemblé toutes les troupes de " Sens commun " et que l'objet politique non identifié E. Macron avait titillé la curiosité de certains pour sa personne et sa faculté à figurer dans un exercice périlleux, plus que pour son programme toujours aussi flou . Quant à " Petit Benoît " , s'il n'avait pas de " fan club ", il peut être assuré que les " traîtres " étaient au rendez-vous pour se féliciter en direct de son naufrage .

S'il faut aller chercher les vrais passionnés du débat politique, il est nécessaire de s'outiller . La vieille " pyramide des besoins " du psychologue américain Abraham Marlöw, publiée en 1943, peut nous aider . Marlöw est le père de l'approche humaniste de la psychologie, en opposition à la psychanalyse qui a fait de nous des " sacs à symptômes " .

A la base de la théorie de Marlöw,on trouve les besoins physiologique et de sécurité, au milieu ceux d'appartenance et d'amour, au sommet, ceux d'estime et d'accomplissement personnel . Si l'on applique cette maquette à l'analyse des besoins économiques actuels des Français en utilisant les indicateurs économiques et un peu d'analyses des données, on voit un parallèle avec les trois premiers besoins définis par Marlöw : Le physiologique avec le pouvoir d'achat, qu'on appellera la survie ; le deuxième avec la sécurité économique et sociale, qu'on qualifiera de besoin de protection face aux aléas de la vie ; enfin un besoin d'appartenance maîtrisée à une mondialisation jugée trop galopante et qui flirte avec un " repli " qui pourrait très vite devenir malsain .

Pour le haut de la pyramide, les passionnés du débat, ont compris depuis longtemps qu'il vaut mieux ne pas trop compter ni sur l'économie, ni sur la politique .

En somme, les débats de l'actuelle campagne électorale n'ont d'intérêt que si l'on s'est armé - non pas contre le populisme, le mot ne veut plus rien dire, aujourd'hui - mais contre la démagogie, le clientélisme, la politique spectacle et la " post-vérité " , le champion de ce dernier stratagème s'appelant F. Fillon .

 

 

 

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Published by regain2012 - dans Politique
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