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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 14:04
Photo Valeurs Actuelles : plateau du " grand Journal ", l'émission la plus " boboïsée " du PAF .

Photo Valeurs Actuelles : plateau du " grand Journal ", l'émission la plus " boboïsée " du PAF .

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" Ils vivent dans les beaux quartiers, ou en banlieue mais dans un loft, atelier d'artiste branché bien plus tendance que l'avenue Foch ... les bobos ", ( Chanson de Renaud ) .

" Un ouvrier, c'est quelqu'un à qui il faut faire la leçon, quelqu'un que l'on peut ridiculiser ",  relève Jack Dion, journaliste à Marianne  .

Celui qui n'a pas vu l'émission " On n'est pas couché " , de Laurent Ruquier, sur France 2, du 25 février 2017, ne saura jamais jusqu'à quel mépris de caste peut aller " la bobocratie médiatique " .

Ce soir-là, il y a un ouvrier parmi les invités, événement inouï : Philippe Poutou, délégué CGT de l'usine Ford de Blanquefort en Gironde, candidat du NPA ( Nouveau parti Anticapitaliste ) à l'élection présidentielle . C'est une obligation imposée aux chaînes par le CSA .

 Le roquet de service de Laurent Ruquier,  la journaliste Vanessa Burgraff,  " entreprend de l'interroger sur l'une de ses propositions, l'interdiction des licenciements, mais incapable de formuler correctement sa question, elle doit s'y reprendre à sept reprises avant d'éclater de rire, tandis que tout le monde s'esclaffe comme dans une histoire de mari cocu sortie d'une pièce de Feydeau . 

Eberlué, Philippe Poutou fait un geste vers L. Ruquier pour lui suggérer de couper ce passage au montage ... " ( Jack Dion, Marianne No 1040 ) .

Couper ce grand moment ? Décidément, le brave Ph. Poutou ne comprend rien à la télévision . Sur le petit écran, le rire est une garantie de succès, surtout quand il s'agit de ridiculiser un ouvrier, de surcroît syndicaliste . L. Ruquier est aux anges et en rajoute : " D'habitude, on ne rit pas des licenciements ", s'esclaffe-t-il encore, mais sur le service public, on peut .

Les gentils animateurs pleins aux as ne savent pas ce qu'est un vrai licenciement : ils s'imaginent que, comme pour eux, le prolo viré de sa boîte s'en va avec une grosse enveloppe . Alors se moquer d'un Poutou, quand on le tient, il serait idiot de ne pas en profiter . Et le grand écrivain Yann Moix, ravalé lui aussi au rang de " lanceur de bouses " ne s'en prive pas . On l'entend dire à son alter ego avec la mine réjouie de l'imbécile fier de son bon mot : " Tu parles peut-être au prochain Président de la République " . Nouvelle salve de rires déclenchée par le " chauffeur du plateau " et dandinements de joie .

En 2012, dans cette même émission, toujours sous la baguette méprisante de M. Ruquier, les prédécesseurs de Burgraff et Moix, s'étaient déjà allègrement moqués de Ph . Poutou, déjà candidat du NPA, le sommant de s'expliquer sur sa présence presque usurpée à la télévision, alors qu'il avait plutôt vocation à rester sur les chaînes de l'usine Ford comme le veut tout  " héritage génétique " . On lui avait rappelé qu'il était sans diplôme, qu'il avait multiplié les petits boulots après avoir raté son bac et qu'il avait même loupé le concours de la Poste . 

Le philosophe libertaire Michel Onfray, présent sur le plateau, avait même cru bon d'infliger au candidat une leçon de stratégie politique, sans doute peu désireux de laisser ce simple travailleur lui disputer la place d'incarnation vivante du peuple révolutionnaire, ce soir-là .

Prétendre interdire les licenciements - que cela soit plausible ou non - c'est pour Mme Burgraff un truc à se taper sur les cuisses tandis qu'insulter les chômeurs est la preuve d'une intelligence supérieure . L'intelligence d'une confrérie médiatique pétrie de bons sentiments, une caste qui aime faire la morale à la France entière, qui renvoie dos à dos les extrêmes, qui applaudit à la mondialisation néolibérale et à tous ses avatars, qui s'inquiète de la montée du Front National mais qui sombre dans l'hilarité à l'idée saugrenue que l'on pourrait agir contre le chômage .

Pour les bobos médiatiques, les ouvriers constituent "  une espèce " sociale en voie de disparition - et avoir un individu de cette espèce devant les yeux leur devient insupportable .

Leur vision tient dans ces mots de l'écrivain Jules Renard, critiques envers la classe politique : " Le peuple, on lui fait des discours, on ne cause pas avec lui " . 

Tout cela porte un nom, selon le journaliste Jack Dion : " Le mépris de classe ... Un sport télévisé d'avenir " .

Mais si, les bobos existent : ils hantent les plateaux télévisés, à toutes les heures du jour et de la nuit . 

 

 

 

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Published by regain2012 - dans Politique
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