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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 13:59
 Un vrai cauchemar .

" De rares naufragés flottent sur le vaste abîme " ( Apparent rari nantes in gurgite vasto, Virgile ) .

Cette présidentielle tourne au cauchemar : du sentiment d'une montée irrésistible de Marine Le Pen, à une gauche préparant sa défaite avec obstination, en passant par un Emmanuel Macron auquel certains ont pu croire mais voient leur rêve se dérober à mesure qu'ils essaient de le saisir ou d'un François Fillon définitivement atteint par une cupidité familiale longtemps cachée, plus rien ne va .

Depuis des mois, les sirènes médiatiques s'emploient à stigmatiser les classes populaires trop réceptives aux complaintes populistes, individualistes, se recroquevillant sur toutes les propositions de fermeture et de rejet de l'autre, refusant toute réforme, et seulement enclines à brandir le talisman du " dégagisme " .  C'est oublier un peu vite que ces mêmes médias pliant l'échine sous les injonctions des milieux dirigeants ont tout fait pour écarter les classes populaires de la vie politique afin de régner dans un " entre-soi " si commode et si douillet .

La vérité est ailleurs, dans un renversement total de cette proposition . Ce sont les candidats à l'élection présidentielle et les diverses forces qui les soutiennent, pour la plupart venus de nulle part, qui constituent le problème : étranges " naufragés " essayant de surnager sur un océan de désastres annoncés .

On nous inquiète avec la montée inexorable de Marine Le Pen mais pourquoi avoir peur ? Nous savons combien la gauche française dans toutes ses composantes est vigilante contre le danger fasciste, depuis 1934, et l'appel de Staline à conjurer cette menace : l'antifascisme est dans l'ADN de notre gauche plurielle . Alors vous pensez bien que si le moindre danger d'extrême-droite pointait à l'horizon, tous les candidats de gauche rivaliseraient de désintéressement et d'abnégation, d'esprit unitaire et oubliant leurs querelles d'égos, se rassembleraient spontanément autour d'un candidat commun .

Et puis, il y a " ni à droite ni à gauche ",  " Le Christ recrucifié ", le prophète des " Je vous aime " à chaque détour de phrase, force messianique capable d'ouvrir la mer pour y noyer les forces obscures nationalistes .

Trop de malveillants l'accusent de ne pas avoir de programme, alors qu'il en a au moins deux : E. Macron soutient le mariage gay mais dénonce les humiliations subies par les adeptes de " la manif pour tous " . A Paris il parle français aux Français et à Hambourg il parle anglais aux Allemands . A Lyon il affirme " qu'il n'y a pas de culture française " puis revenu à Paris il déclare " Ma république n'est pas multiculturelle " .

E. Macron, le moderne, c'est Jules Simon, un des premiers Présidents du Conseil de la IIIe République ( 1876-1877 ) annonçant, à haute voix, à la Chambre des députés - de gauche - " Une politique franchement républicaine ", et en sourdine, " résolument conservatrice ", puis au Sénat - de droite - en sourdine, " une politique franchement républicaine " et à haute voix " résolument conservatrice " . Un voyageur sans bagages !

F. Fillon, surgi de nulle part, entre un Juppé longtemps triomphant et un N. Sarkozy illuminant de son charisme une droite revancharde . Imaginons un instant, un Président de la République protégé par son immunité présidentielle mais dont la femme et les enfants seraient poursuivis par la justice, mis en examen et déférés devant un tribunal pour recel de biens sociaux . Quelle image magnifique à l'international avec même un ticket absolument surréaliste, juste auparavant : un deuxième tour, où s'affronteraient Fillon et Marine Le Pen, deux candidats poursuivis par la justice . 

Faisons un retour en arrière, sur l'étrange slogan des " deux gauches irréconciliables " . Entre " le revenu universel " de Benoît Hamon et " la transition écologique " de J.L. Mélenchon, entre le " libéralisme classique " du premier et " le libéralisme keynésien " du second, qui se hasarderait à voir plus de distance qu'entre un Guy Mollet et un Maurice Thorez, des années 1950, séparés par le rideau de fer de la guerre froide, les menaces de guerre thermonucléaire, l'OTAN et le Pacte de Varsovie . Et ce, d'autant plus qu'il ne reste plus qu'une gauche, la seconde, la " social-démocrate " a disparu dans le trou noir de la malédiction hollandaise . 

Imaginons un seul instant - hypothèse plus qu'improbable - un second tour " Hamon-Marine Le Pen ", dans le cadre de la désunion à gauche, et d'insoumis chauffés à blanc : une hécatombe !

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Published by regain2012 - dans Politique
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