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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 20:40
Les temps sont durs, vive le " MOU " !

" Je ne parle pas de politique . Je préfère jouer du concertina . C'est l'instrument de l'alternance : quand on appuie à droite, ça souffle à gauche ; quand on appuie à gauche, ça souffle à droite . Et à l'intérieur, c'est du vent " . ( Raymond Devos ) .

Les Editions " Le Cherche Midi " ont eu une heureuse idée en republiant, le 17 janvier dernier, le Manifeste de Pierre Dac, " Le Parti d'en rire, Pierre Dac Président ", sorti en 1965, pour inaugurer la création du " Mouvement Ondulatoire Unifié " ( Le MOU ), parti autour duquel l'humoriste allait construire sa candidature à la première élection présidentielle au suffrage universel .

L'actualité de ce texte est indiscutable et attestée par l'une des premières propositions qu'il comporte et qu'aucun candidat à la primaire socialiste d'aujourd'hui n'a osé reprendre : " Des mesures seront prises pour relever le Salaire Minimum avant qu'il ne tienne plus debout " . Mesure d'une grande force, s'il en est, mais nous remarquerons que le SMIC, bien malade, attend toujours d'être relevé, P. Dac n'ayant pu mener sa candidature jusqu'au bout . Des économistes empressés profitèrent de ce forfait pour imposer à la droite et à la gauche un principe dont ils ignoraient tout ce qu'il devait à la prescience de P. Dac : " Un dirigeant soucieux de faire preuve d'autorité ne doit jamais oublier que, quand ses concitoyens sont raides, ils se montrent beaucoup plus souples " . Depuis cinquante ans, les hommes politiques n'ont par contre, jamais oublié ce concept de " raideur ", là . N'est-ce pas d'ailleurs l'esprit des dernières lois sociales ? Quand les hommes n'en peuvent plus de chômer, ils avalent toutes les législations sur les boulots précaires, sous-payés et renoncent à toutes les protections sociales .

On peut avancer sans craindre de se tromper l'affirmation que P. Dac va être très présent dans la campagne présidentielle qui commence . Prenons pour exemple le fonctionnement des chaînes de télévision dites d'information continue .

P. Dac disait : " Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir  " .

BFMTV . Le deuxième débat de la primaire socialiste était précédé et suivi de tables rondes d'éditorialistes, politologues et " grands reporters " - mais si - . Il s'agissait dans un premier temps de déterminer la posture de chacun des protagonistes, en fonction de celle qu'il avait adoptée lors de l'épisode précédent . Après le débat, il importait de discuter sur la forme de chacun . Débattre du fond du débat n'était pas à l'ordre du jour . Les sondeurs apportant à la discussion une densité politique émouvante : toutes les prévisions précédentes se sont avérées erronées aussi convient-il de se dire que les résultats vont amener sans nul doute des surprises . 

Prendre un taxi pour se rendre, à travers les embouteillages parisiens, dans des studios pour n'avoir rien à dire et le dire quand même, entre deux commentaires portant sur la couleur de cravate des prétendants, qui ne disent pas grand chose et en pensent encore moins, quel vibrant hommage offert au " Sâr Rabindratah Duval " et à son compère Francis Blanche . Les dents des crânes de nos deux complices doivent claquer d'allégresse dans leur tombe . 

D'autant plus que sur la chaîne concurrente on ne rêvait que de relever l'affront de ne pas avoir été choisie pour accueillir ce débat primaire, peut-être à cause du nom de son propriétaire, " M. Bolloré ", anagramme parfait du " Boléro " sur l'air duquel les " fous du rire " chantaient l'hymne de leur parti .

La chaîne concurrente répliqua par un débat entre les porte-parole des candidats, " seconds couteaux vantant chacun le tranchant de son maître " . C'est déjà une tâche très difficile de porter la parole d'un homme politique, mais d'un homme politique qui n'a pas encore parlé, vous imaginez la gageure . Et pourtant il y a plus difficile encore . Que dire quand " il " l'a déjà dit ? Une seule chose, comme dans le sketch de " Sâr Rabindratah " , répétant F. Blanche : " Il l'a dit " . Sauf que le porte-parole adverse, très avisé, vous rétorque, à son tour, à demi-mots : " Il l'a dit " ? ... Mais nous, nous l'avions dit quand il fallait le faire " . Réplique fatale ! Quarante minutes d'un débat de perroquets, de la maltraitance caractérisée .

Quand la télévision organise le débat politique elle tient une promesse faite par le candidat P. Dac, et encore, en 1965, n'existait-il qu'une seule chaîne  : " Pas question d'élever le niveau de qualité et de bon goût du débat et de rompre avec les souverains poncifs de la médiocrité universelle " .

A quoi bon rappeler aux programmateurs d'émissions politiques cet autre conseil de l'auteur : " S'il est bon de ne rien dire avant de parler, il est encore plus utile de réfléchir avant de penser " ? Ils n'en retiendront rien . Il faut dire que leur horizon est bien bouché, au niveau que l'humoriste dépeignait ainsi : " Il vaut mieux qu'il pleuve aujourd'hui plutôt qu'un jour où il fait beau  " ... 

 

NB : à partir du billet de Guy Konopnicki dans Marianne No 1034, " Les temps sont toujours durs ... " .

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Published by regain2012 - dans Politique
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