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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 15:25
Site " Une histoire populaire " : Jaurès en meeting, salle Wagram, novembre 2013 .

Site " Une histoire populaire " : Jaurès en meeting, salle Wagram, novembre 2013 .

Sous-titre : " Temps I : 1870-1890 " .

" La fraternité a beau être un principe de la République, repris par le socialisme, elle n'a guère marqué les relations entre les partisans de la transformation sociale ", ( Guy Konopnicki ) .

" La guerre des Gauches ", fondatrice du Parti Socialiste, commence immédiatement après la chute du premier gouvernement républicain proclamé par Gambetta au lendemain de la défaite de Napoléon III à Sedan, le 1er septembre 1870 . L'incapacité de la trop jeune république à repousser l'invasion prussienne avait amené à la Chambre des Députés une majorité fort peu républicaine et capitularde .

L'insurrection parisienne du 18 mars 1871, suivie de la proclamation de la Commune de Paris, entraînera la rupture de la gauche républicaine et bourgeoise d'avec  le mouvement ouvrier et socialiste qui va s'identifier à la Commune .

Les députés de gauche, pourtant élus par les Parisiens, quittent précipitamment Paris, imités par le Maire de la capitale, Jules Ferry, nommé par Gambetta . Le Comité Central de la Commune s'installe à l'Hôtel de Ville  reproduisant, en son sein, toutes les divisions du mouvement révolutionnaire : sept tendances s'affrontent, au sein du Comité, des anarchistes aux membres de l'Internationale de Marx, qui s'accordent douloureusement sur les mesures d'urgence et l'organisation de la défense . Les divisions de la Commune et la terrible répression que ses acteurs subiront, après sa chute, de la part d'un gouvernement se prétendant républicain, pèseront longtemps sur le mouvement ouvrier, dont " le mythe fondateur " demeurera " la semaine sanglante " ( 21-28 mai 1871 ) : les camps sont devenus irréconciliables .

Le dégoût né de mai 1871, engendre toutes les variantes de l'anarchisme : les plus modérés fondent un syndicalisme hostile à l'action politique à travers les Institutions, les plus durs passant à l'action violente ( Ravachol, Vaillant, Henry, Bonnot ... ) .

C'est au mouvement anarchiste que l'on doit les Bourses du Travail et la CGT .

Ignorer cette rupture à l'origine de l'anarcho-syndicalisme, mouvement puissant en France, à la fin du XIXe sicle et au début du XXe, c'est accepter de ne rien comprendre à la culture contestataire de la classe ouvrière de notre pays, spécificité de notre syndicalisme de lutte, à l'opposé des traditions nordiques de la négociation .

Avec le retour du bagne des Communards à la suite des Lois d'amnistie de 1879 et 1880, le socialisme politique tente de se reconstruire autour d'eux .

En 1882, Jules Guesde fonde le " Parti Ouvrier " en compagnie de Paul Lafargue, gendre de Karl Marx ( après avoir créé deux ans plus tôt avec l'ancien communard Edouard Vaillant la " Fédération des travailleurs Socialistes " ) . Cette Fédération implose avec le départ du socialiste libertaire Paul Brousse, ne supportant pas le carcan d'un parti, puis celui d'Edouard Vaillant jugeant le projet idéologique de Lafargue trop dogmatique .

Un des premiers adhérents du Parti Ouvrier, l'ancien communard Jean Allemane, ouvrier typographe, s'oppose très vite au tandem dirigeant, le jugeant, lui aussi, trop dogmatique puisque ne fondant leur théorie que sur la prise du pouvoir par le prolétariat et rejetant tous les compromis .

Allemane prône un combat socialiste passant par la défense des libertés républicaines, le soutien aux avancées démocratiques comme les Lois Ferry qui ouvrent l'école aux enfants de prolétaires .

En 1890, Jules Guesde qui tente d'imposer sa légitimité contre celle, plus naturelle, des anciens communards, fait exclure du Parti Ouvrier Jean Allemane et ses partisans parmi lesquels on trouve Jean-Baptiste Clément, le poète de la Commune .

Ces derniers fondent aussitôt un autre parti : le " Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire " qui considère - comme les anarcho-syndicalistes - la grève générale en tant que moyen d'action de la classe ouvrière . Allemane se rapproche dans le même temps des syndicalistes et participera, à côté de Fernand Pelloutier, à la fondation de la CGT , en 1895, au Congrès de Limoges . Lafargue n'a pas de mots assez durs pour les anarcho-syndicalistes et Fernand Pelloutier .

Curieusement, la " Fédération Nationale des Syndicats ", créée en 1886, et tenue par les amis de Jules Guesde, aux fins d'avoir les syndicats comme appendices du parti, reste à l'écart .

En 1892, le parti de Guesde devient le " Parti Ouvrier Français " . Il perd avec le temps un peu de son dogmatisme, laissant le terrain ouvert à des formations plus ouvertes, et pourtant, chez les " guesdistes ", le temps n'est pas encore venu de laisser une place, à un homme qui, bien que venant d'un autre horizon, vient de se convertir au socialisme ...

 

NB : d'après l'article de Guy Konopnicki, Marianne No 1029 du 16 décembre 2016 : " La douloureuse naissance du socialisme français " .

 

 

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Published by regain2012 - dans histoire
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