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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 13:39
La Croix.fr

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" Le capitalisme canalise les frustrations des hommes, les empile comme il accumule le capital et fait gonfler des bulles qui finissent par crever comme des bombes " ( Bernard Maris ) .

Imagine ! Imagine un Président de gauche, au pouvoir depuis dix ans, qui annonce qu'il ne se représentera pas à la prochaine élection présidentielle, qu'il ne sera pas candidat parce qu'il veut prendre le temps de réfléchir, de lire, d'enseigner - il a été professeur d'économie - qui ajoute qu'il ne reviendra pas à la politique et qui n'a que 53 ans .

Imagine un Président de gauche qui, dès son élection, convoque une Assemblée Constituante afin de modifier la Constitution dans un sens beaucoup plus social et faire reconnaître dans la loi suprême les droits de la population indigène, ces Indiens, descendants directs des Incas, droits jusque-là, bafoués .

Imagine un Président de gauche dont le " Ministre de la mobilité sociale " défend la " Citoyenneté universelle " - en droite ligne des idées des Lumières - et dont le pays, de 16 millions d'habitants accueille à bras ouverts 60 000 réfugiés et qui leur dit : " Si tu n'as pas de visa et qu'on te traite comme un délinquant, c'est inacceptable " .

Imagine un Président de gauche qui lance, en début de mandat, devant les députés de l'Assemblée Nationale : " Moins de 2% des familles de ce pays possèdent 90% des entreprises, c'est inacceptable ... Les pauvres sont pauvres à cause d'une société injuste qui exclut et qui ne donne pas les mêmes chances à toutes et à tous ... " .

Imagine un Président de gauche qui annonce, en début de mandat qu'afin de mieux distribuer les richesses il va lever un impôt progressif sur l'héritage, allant de 0% en dessous de 35 000 $, à 77,5% au-dessus de 849 600 $ . 

Imagine un Président de gauche, qui aurait eu à défendre le bilan suivant : avant son arrivée au pouvoir, la pays avait connu sept présidents en dix ans, un pays où l'opulence la plus ostentatoire côtoyait la plus extrême misère, où l'Etat consacrait 8 Mds de $ au remboursement de la dette et 2 Mds de $ à la politique sociale et qui en dix ans a inversé ce rapport faisant baisser la pauvreté de 20 points, accordant aux femmes au foyer l'accès à la sécurité sociale .

Imagine un Président de gauche qui a investi massivement dans des infrastructures de base : routes, écoles, hôpitaux, centrales hydroélectriques, grâce à une volonté inébranlable d'ôter aux multinationales les moyens de se comporter en prédateurs : ces sociétés qui empochaient 85% des profits du pétrole, dix ans auparavant, n'en touchent plus que 15%, aujourd'hui .

Ce Président de gauche existe, il n'est pas français, non, il a pour nom Rafael Correa et préside encore, pour quelques mois, aux destinées d'un petit pays d'Amérique latine : l'Equateur .

Ce très croyant Président n'est pas un révolutionnaire, ni communiste, ni socialiste ; son sens aigu de la justice sociale est plus proche de la doctrine sociale de l'Eglise sud-américaine, ce qui lui vaut une opposition déterminée à sa gauche, où on lui reproche de ne pas aller assez loin ; et une opposition irréductible à droite, menée par les oligarques qui ne lui pardonnent pas certaines spoliations .

D'accord, l'Equateur de R. Correa tient à rester inséré dans l'économie mondialisée et continue de vivre grâce à ses exportations de cacao, de bananes, de crevettes, de pétrole, mais a-t-il les moyens de faire autrement, pour l'instant ?

Le cinéaste Paul Carles ( auteur de " Les ânes ont soif " ), qui connaît son Equateur sur le bout des doigts peut dire : " On n'est pas tout à fait au paradis ", il a raison de souligner tout de suite après que, après tout, pour ce qui reste, certes,  une régulation du capitalisme, " cette régulation du capitalisme n'a que très peu d'équivalent aujourd'hui, dans le monde " .

Imagine un Président de gauche, en France ! Tu fais la moue ! Il est vrai que, chez nous, réguler le capitalisme, paraît une drôle d'idée : on ne régule pas, on alimente . Tousles sondages concernant notre présidentielle de 2017 ne promettent-ils pas la victoire aux candidats qui annoncent comme mesure phare de leur programme la suppression de l'ISF ?

 

NB : d'après le billet de Jean-Luc Porquet, " Pas tout à fait le paradis ", dans Le Canard Enchaîné du 26 octobre 2016 .

 

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Published by regain2012 - dans Politique
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