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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 14:03
Photo " L'Express.fr " .

Photo " L'Express.fr " .

" Trente ans après la création du baccalauréat professionnel, l'enseignement public professionnel est en voie de destruction totale . Deux quinquennats se sont acharnés sur lui dans un cocktail dévastateur qui mêle coupes budgétaires et mépris pour les qualifications ... ", ( Jean-Luc Mélenchon, ancien ministre de l'enseignement professionnel ) .

Depuis dix ans, sous F. Hollande et sous N. Sarkozy, 176 lycées professionnels publics ont été fermés, 3500 classes ont disparu dans cette voie éducative, on comptait 57 000 lycéens de moins en 2015, dans cette voie, par rapport à 2005 . Et seulement depuis 2012, on y compte 3340 postes d'enseignants en moins alors que déjà, sous N. Sarkozy, les 2/3 des emplois supprimés dans l'enseignement secondaire ont frappé les lycées professionnels, alors que les effectifs d'élèves n'y représentaient que le tiers de l'enseignement secondaire . Pour la même période de 2012 à 2015, , c'est à une baisse moyenne des crédits pédagogiques - à la charge des Régions - de 30% que nous avons assisté, ce qui reporte sur les élèves et les familles des frais supplémentaires d'équipement et de fournitures : tenues, outillages, matériaux, déjà très chers, souvent dissuasifs .

Dans certaines académies enclavées, Limoges, Clermont-Ferrand, Besançon on compte désormais moins de 20 lycées professionnels publics pour toute une région .

" La hache est passée partout et a frappé fort " , ( JLM ) .

Cette pénurie organisée constitue une dissuasion efficace comme on peut s'en douter . Parallèlement, on s'acharnait sur le cursus des élèves et le recrutement des enseignants de l'enseignement professionnel .

Réduction de la formation au Baccalauréat Professionnel de quatre ans à trois ans, ce qui diminuait l'attrait de cette qualification jusque-là prisée par les patrons, alors qu'elle constituait un passeport pour l'insertion indiscutable .

Bouleversement de la formation des professeurs des disciplines techniques jusque-là recrutés dans les " viviers " professionnels pour leurs compétences reconnues, ce qui était le gage d'un lien étroit et évident avec l'entreprise et dont on exige aujourd'hui qu'ils aient un niveau universitaire de type master .

Absurde ! Aberrant !

Et F. Hollande - fidèlement aidé par sa ministre N. Vallaud-Belkacem - a ajouté au désastre, son cynisme habituel . Les annonces de créations de postes - qu'on appelle aujourd'hui " sans réalité " - comprenons qui ne verront jamais le jour, mais il faut justifier les 60 000 créations de la campagne électorale, ont été concentrées sur l'enseignement professionnel : les concours de recrutement sont très loin de couvrir les créations annoncées officiellement et restent donc vacants . La technique est très simple : sous-calibrage des besoins dans les disciplines fortement demandées, c'est à dire moins de postes ouverts pour éliminer plus de candidats et diminution de leur attractivité : commencer une carrière à 1400 € par mois dans un métier difficile et méprisé avec un niveau master a tari les viviers d'enseignants dans beaucoup de secteurs .

Loin d'être avaugles, toutes ces coupes budgétaires répondaient à une injonction : les critères comptables doivent tout dominer, une injonction voulue et planifiée .

Que beaucoup de jeunes aient pu se sauver pendant des décennies grâce à la voie professionnelle n'est jamais entré en ligne de compte, dans les " comptes " de Bercy .

La mort de la voie professionnelle est voulue et planifiée, sinon comment les politiques auraient-ils pu accepter, que pendant les deux derniers quinquennats, alors que la filière professionnelle n'accueillait plus 57 000 élèves, les lycées d'enseignement général devaient en absorber 76 000 supplémentaires, la plupart venus des listes de refusés en lycée professionnel, par manque de place, donc pas du tout faits pour l'enseignement long - comme on dit encore - et donc en échec dès l'année de seconde et donc qui sortiront en cours de scolarité " sans qualification " .

Et voilà le " gros mot " lâché . Le gros mot qui qui concentre toute la duplicité, tout le cynisme, des politiques .

Voilà trois décennies que l'on nous assène ce chiffre si terrifiant, si culpabilisant : " Chaque année 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification ! " ( 1/5e d'une promotion ) . Relevons que ce chiffre ne bouge pas depuis trente ans . Les 76 000 élèves, dont nous venons de parler, rejetés par la voie professionnelle exsangue et jetés sans filets dans la voie générale auraient pu réduire cette " horreur " .

Mais c'est si bon de pouvoir mettre sur le dos de " l'école " - pour préparer des objectifs plus lointains, à gauche comme à droite - ce qui relève de purs choix politiques : faire voler en éclats tout le système des qualifications !

NB : Réf. " L'ère du peuple ", JLM , " Préparer les producteurs de la nouvelle économie "

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Published by regain2012 - dans éducation
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