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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 16:56
Affiche de la SFIO des années 1960 : Frédéric Vivas et Artefacte.revue, publication 2012 . Le slogan est abrupte !

Affiche de la SFIO des années 1960 : Frédéric Vivas et Artefacte.revue, publication 2012 . Le slogan est abrupte !

" Au mois de décembre 1965, les Français élisent, pour la première fois depuis 1848, le Président de la République au suffrage universel ... Tout laisse présager une victoire de Charles De Gaulle dès le premier tour " .

(1) Titre du Canard Enchaîné du 9 octobre 1963 .

(1) Gaston Defferre : Maire SFIO de Marseille de 1944 à sa mort, en 1986 ( seule interruption de 1945 à 1953 ) et plusieurs fois ministre .

SFIO : Section Française de l'Internationale Socialiste, ancêtre du PS .

UNR : Union pour la Nouvelle République, parti gaulliste .

Le premier tour de l'élection présidentielle de 1965 est fixé au 5 décembre . Au début du mois de septembre, aucun candidat déclaré ne semble pouvoir inquiéter le général de Gaulle, et ce, d'autant moins que l'opposition de gauche, éclatée, émiettée, est dominée par l'influence électorale du PCF qui se situe au-delà des 21%, nationalement . Elle ne s'est pas encore trouvé de champion, à trois mois de l'échéance, ballottée entre la quête d'un " M. X. ", homme providentiel et de nombreux postulants éphémères .

L'appel de l'Express lancé le 19 septembre 1963 ( qui en rappelle un autre plus récent de Libération ) : " M.X. contre Charles de Gaulle ", pour un rassemblement de la gauche et du centre, est resté lettre morte .

A droite, l'ancien ministre des finances, Antoine Pinay, est tenté . Il a la faveur des milieux économiques, agacés par l'anti-américanisme de De Gaulle et le soutien de l'extrême-droite . Mais sa candidature sera vite emportée par une affaire de moeurs, prestement étouffée, mais inacceptable dans une société encore extrêmement moralisatrice .

Au centre- droit, apparaît une figure nouvelle, le jeune président du MRP, ( Mouvement Républicain Populaire ), Jean Lecanuet, atlantiste et démocrate chrétien, qui pourfend la politique étrangère du Général puis F. Mitterrand accusé de pactiser avec le PCF .

Au centre- gauche, il y a bien Pierre Mendès-France, redoutable adversaire pour le général de Gaulle, en tant qu'homme qui a mis fin à la guerre d'Algérie, en 1954, et initiateur du processus de décolonisation par l'indépendance de la Tunisie . Il dispose de soutiens à la SFIO, au Parti Radical, le PSU de Michel Rocard lui est acquis, mais s'étant prononcé en son temps contre l'élection du Président au suffrage universel il lui est difficile d'entrer dans le jeu imposé par De Gaulle . Par ailleurs, il sait qu'il n'obtiendra jamais le soutien du PCF qui ne lui pardonne pas la phrase terrible prononcée en 1954, devant l'Assemblée Nationale, durant le processus de son investiture : " Il ne sera pas tenu compte des voix communistes " . Il refuse de présenter sa candidature .

Tout de même, depuis le 9 février 1965, une candidature est officiellement déclarée, celle de l'humoriste Pierre Dac . Celui-ci a fondé son parti : " Le M.O.U. ", ( Mouvement ondulatoire unifié ) . Sa popularité, il fut l'une des voix de Radio-Londres durant l'occupation, son nom est associé à la France Libre, et sa maîtrise des médias peuvent laisser présager un score honorable . Mais sa fidélité à de Gaulle sera la plus forte ( Coluche ne fut pas un précurseur, en 1980 ) .

Légèrement plus à gauche que PMF, à la SFIO, Gaston Defferre décide de faire connaître son projet : une grande fédération démocrate, avec des socialistes, le Parti Radical, le MRP et un micro-parti " l'UDSR " ( Union Démocratique et Socialiste de la Résistance ) qui n'a qu'un seul élu national, François Mitterrand . Ce dernier semble peu emballé par ce projet .

De son côté, le PCF, peu à l'aise devant ce type de scrutin, a décidé de na pas présenter de candidat . Son leader historique, Maurice Thorez, est décédé subitement un an auparavant, et son successeur, Waldeck Rochet apparaît comme un rénovateur qui s'est donné pour tâche de sortir le Parti de son isolement .

Les élections municipales du mois de mars 1965, ont tout de même commencé à dessiner un certain paysage politique . La SFIO, comme de bien entendu, a joué sur tous les tableaux : alliance avec les communistes sur les listes de villes à conquérir ou à reconquérir, alliance avec la droite dans les bastions à préserver comme LIlle, Toulouse et bien sûr Marseille .

Le résultat est qu'au soir du premier tour de ces municipales, dans les villes de plus de 30 000 habitants, les listes d'union de la gauche font jeu égal avec les listes gaullistes de l'UNR : 35,8% pour les premières contre 36,2% pour les secondes . Les listes centistes obtiennent 21,8% /

Gaston Defferre reprend ses négociations avec Jean Lecanuet, mais fort de ses résultats aux municipales ce dernier choisit de faire cavalier seul .

Le 9 septembre, François Mitterrand, en stratège politique consommé ayant habilement tout perçu des messages envoyés par le scrutin municipal, lance son épopée de conquête du pouvoir et se déclare candidat . On va passer aux choses sérieuses .

Car il a au préalable obtenu le soutien des formations de la gauche non communiste qui se constituent, dès le lendemain, en Fédération : " Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste " ( FGDS ), à même de pouvoir discuter avec le PCF .

Ce ne sera pas très difficile . Dès le 10 décembre, le journal " l'Humanité " publie en Une la photo du candidat de la gauche démocratique et annonce sa candidature, sans aucun commentaire désagréable .

Le 17 septembre Wladeck Rochet et F. Mitterrand se rencontrent en secret et quatre jours plus tard, le candidat de la gauche non communiste, publie, ce qui n'est pas encore un programme commun mais une plate-forme où en termes de politiques publiques, d'économie et d'avancées sociales, on retrouve parfois, mot pour mot des propositions du PCF .

L'aventure personnelle d'un homme peut commencer ... Mais qu'on ne me dise pas, qu'il y a 50 ans, la gauche avait su se rassembler ( Guy Konpnicki, Marianne No 1015, p. 86 ) . En 1965, c'est une aventure personnelle qui prenait forme qui allait coûter très cher aux deux partis de gauche : PS et PCF .

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Published by regain2012 - dans Politique
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commentaires

Claude Courty 16/03/2017 10:49

L'homme est incorrigible et l'histoire est donc un éternel recommencement.

(Compliments pour votre blog, mais petit détail d'ordre pratique : je me permets de vous signaler que la couleur de fond de votre page d'accueil peut en rendre pénible la lecture aux visiteurs qui comme moi, ont peut être une acuité visuelle laissant à désirer. Bien cordialement)

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