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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 13:47
" La gauche rêvée " .

" Pour comprendre la déliquescence contemporaine de beaucoup de forces politiques qui se rangent à gauche, et qui répand un brouillard épais sur l'échéance politique de 2017, une plongée dans l'histoire s'impose, encore une fois " .

Nous sommes très nombreux à avoir rêvé, au cours des dernières décennies, d'une gauche rassemblée et unie, pour - pensions-nous - faire avancer les luttes pour l'égalité sociale, l'intérêt général et le service des classes populaires .

L'histoire nous apprend que la notion de " Gauche " n'a vraiment eu de sens qu'à l'occasion de quatre périodes très courtes de l'histoire de France soit moins de treize ans tout au long d'un XXe siècle de construction de notre modèle social .

Le reste du temps la division a régné : une partie de cette gauche, la social-démocratie, s'alliant à la droite, tandis que l'autre gauche, communiste, s'appuyait sur les supposées réussites du bloc soviétique .

Quatre moments donc !

Le premier : la lutte contre les ligues fascistes et pour la constitution d'un Front Populaire, de la manifestation unitaire du 14 juillet 1935 au 13 février 1937, date de la mise en place de " la pause " dans les réformes sociales, décrétée par Léon Blum . Le PCF soutient le gouvernement sans y participer et rappelons que ce sont les grèves et les manifestations de juin 1936 qui permettent d'obtenir d'importants acquis sociaux .

Le deuxième : les luttes victorieuses contre l'occupant nazi, de la première réunion du Conseil National de la Résistance, le 27 mai 1943 au 5 mai 1947, date de la révocation des ministres communistes du gouvernement, par le Président du Conseil , le socialiste Paul Ramadier " Aux municipales qui suivent, en octobre de la même année, le PCF fait un score de 29,9% ) . Le gouvernement allait de la droite aux communistes, en passant par les socialistes et les gaullistes, soutenu jusque-là, par une forte mobilisation populaire .

Le troisième moment concerne cette improbable Union de la Gauche autour du " Programme Commun de gouvernement de la gauche ", entre sa signature le 27 juin 1972 et la rupture du 15 septembre 1977 . La gauche n'est certes pas au gouvernement mais la démarche fera naître bien des illusions dans les classes populaires, réenchantera même pour un temps le rêve d'un vrai changement . Pas pour longtemps !

Le quatrième de ces moments se situe entre le 10 mai 1981 et la victoire de F. Mitterrand à l'élection présidentielle, l'entrée de 4 ministres communistes au gouvernement de Pierre Mauroy, deux mois plus tard, et le 19 juillet 1984, le départ de ces mêmes ministres communistes, du gouvernement Fabius . Durant les deux premières années, de véritables conquêtes sociales sont mises en place : nationalisations, retraite à 60 ans, 5e semaine de congés payés, Lois Auroux portant sur les droits des travailleurs dans l'entreprise . Mais dès 1983, F. Hollande tourne le dos à ce mouvement, changement de direction facilité par la faiblesse des mobilisations populaires freinées par les directions du PCF et de la CGT en raison de la présence de ministres communistes au gouvernement .

Nous ne nous autorisons pas à classer dans ces grands moments d'une gauche unie, les deux périodes qui suivirent : " La gauche plurielle " de Lionel Jospin *, de 1997 à 2002, caractérisée par l'adhésion au Traité d'Amsterdam qui aggravait le Traité de Maastricht de 1992 et le volume des privatisations, supérieur aux privatisations engagées par J. Chirac puis Edouard Balladur, additionnées .

Et encore moins le quinquennat de F. Hollande qui marque l'adhésion totale et définitive du PS aux thèses néo-libérales et aux dérives suicidaires de la mondialisation .

A ce stade, il convient de préciser que ce qui nous retient d'apporter, pour l'instant, notre soutien à Jean-Luc Mélenchon, en vue de l'échéance de 2017, c'est l'adulation qu'il porte à deux des protagonistes de ces périodes : F. Mitterrand et Lionel Jospin .

Nous poursuivrons demain cette immersion dans l'histoire par un autre billet : " Nous n'avons plus le droit de rêver " .

* Note : le bilan de la gauche plurielle de Lionel Jospin, ( PS, PRG, Parti radical de gauche, Mouvement des Citoyens ( MRC de JP Chevènement ) Les Verts et le PCF ), issue des grandes grèves et manifestations anti-Juppé de l'automne 1995, peut s'établir ainsi :

Alors que la déclaration solennelle de la gauche plurielle proclamait : " La droite brade les services publics ... Pour France Télécom, Thomson, Air France, nous proposons l'arrêt des processus de privatisation " . Le gouvernement fera le contraire .

Signature du Traité d'Amsterdam sans renégociation dès le début de la Législature malgré les engagements solennels de L. Jospin ; accélération massive des privatisations ; 100 milliards de francs de coupes dans les budgets publics ; accroissement de la flexibilité pour les entreprises .

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Published by regain2012 - dans histoire
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