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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 18:28
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" Entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large " ( W. Churchill ) .

Une semaine après le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union Européenne, une incroyable hypothèse prend forme : " Et s'ils ne partaient pas ? " Et cette question n'est pas l'expression " d'eurobéats " qui auraient du mal à admettre qu'on puisse abandonner le " paradis terrestre " . Elle est la traduction bien sentie de tous les intérêts croisés dans une construction européenne ultra-libérale, fondamentalement initiée par les Britanniques au sein des Institutions de Bruxelles . Il suffit de se souvenir du travail du très conservateur Léon Brittan, ministre de Margareth Thatcher puis Commissaire européen à la concurrence, entre 1989 et 1999, qui mit au point la doctrine de la concurrence sans frein de l'Union Européenne . Il suffit de rappeler que ce fut le conservateur John major qui refusa la directive sur la limitation du temps de travail, puis le travailliste Tony Blair qui fit de même avec la charte sociale européenne .

Le maintien dans l'Union du Royaume-Uni, quel que soit le statut adopté, tient d'abord à une question de forme : la crise politique qui ravage les partis en Grande-Bretagne, depuis la publication des résultats, et les a assommés, montre à quel point rien n'est prévu dans le pays pour construire une alternative - et pas davantage, d'ailleurs, en Europe continentale - .

Un deuxième aspect ne doit pas être négligé . On s'aperçoit, depuis le 24 juin, au matin, que Londres a plus d'amis en Europe qu'on ne l'imaginait . Les Néerlandais, par exemple, sont nombreux à s'inquiéter de voir la France - ce pays non réformable - prendre les rênes d'une relance européenne, explique le journaliste Kleis jager dans le Financieele Dagblad . A l'instar des Britanniques, les Néerlandais ne veulent pas d'Europe fédérale ni de solidarité européenne accrue ( Le telegraaf ) .

Les pays de l'Est tiennent à voir le Royaume-Uni continuer à accueillir leurs ressortissants, situation qui leur a permis d'alléger les tensions sur leur taux de chômage : la Grande-Bretagne accueille 8,7 millions d'étrangers, dont un tiers sont originaires de l'union Européenne .

Sur le plan économique, on voit mal les multinationales accepter le Brexit sans réagir . Deuxième économie de l'Union, la Grande-Bretagne est un marché indispensable aux entreprises françaises, allemandes, néerlandaises . L'industrie automobile allemande possède au Royaume-Uni des usines stratégiques et la Bourse de Francfort venait juste de décider sa fusion avec son homologue de Londres - ce qui montre au passage que personne ne croyait au Brexit . La puissance des intérêts en jeu va militer fortement pour un maintien du Royaume-Uni dans l'Union, dans les mois qui viennent .

Les proximités idéologiques joueront également leur rôle, le moment venu . La présence du Royaume-Uni apportait aux conservateurs allemands, néerlandais, polonais la garantie que libéralisme et libre concurrence resteraient l'alpha et l'oméga des politiques européennes . Alors, F. Hollande peut feindre d'agiter ses petits bras, il ne fera rien bouger si tant est qu'il en ait envie .

Un mot encore,. La conjonction de tous ces intérêts bien sentis des élites britanniques et des multinationales ne pourrait pas encore une fois s'opposer à un vote populaire ? N'a-t-on pas fait revoter les Irlandais, en 2001 et 2008 ? Ne s'est-on pas assis sur le vote des Néerlandais et des Français, en 2005, pour leur imposer le Traité de Lisbonne ? Ne vient-on pas de considérer comme nul, en avril 2016, le non des Né&erlandais à l'association avec l'Ukraine, c'est tout récent ?

Angela Merkel vient de promettre à son Bundestag " d'agir avec calme et sagesse " afin que l'Europe conserve " une relation très étroite avec le Royaume-Uni " .

Dans un pays, où le coeur de la démocratie palpite depuis des siècles au Parlement, à Westminster, dans ce pays qui a l'art de produire les plus grands diplomates, est-il si iconoclaste de penser que ce Parlement trouvera la formule pour avaliser un léger éloignement " de jure ", pour un maintien " de facto " : un léger écart " en droit " pour un renforcement des liens économiques " dans les faits " .

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Published by regain2012 - dans Politique
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