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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 08:57
Léonard de Vinci : l'homme de Vitruve .( L'homme au centre de l'Univers )

Léonard de Vinci : l'homme de Vitruve .( L'homme au centre de l'Univers )

Les hommes ne sont, par nature, " libres que pour le mal " ( Luther, Thèses de 1517 ) .

L'institution imaginaire de la société moderne libérale procède de la perception de Hobbes ( De cive, section première ), qu'il faut se défier radicalement des capacités morales des êtres humains, et par conséquent, de leur aptitude à vivre ensemble sans se nuire réciproquement : " C'est donc une chose tout avérée que l'origine des plus grandes et des plus durables sociétés ne vient point d'une réciproque bienveillance que les hommes se porteraient mais d'une crainte mutuelle qu'ils ont les uns des autres " .

Dès son origine, le projet moderne libéral, porté par les " politiques " s'inscrit en rupture de l'idéal humaniste de la Renaissance qui proclamait l'impératif moral supérieur à l'impératif politique ( Erasme ) .

De cela il faut retenir que la réalité politique contemporaine n'est intelligible qu'à la lumière de " l'antihumanisme " originel du courant " politique " . Celui-ci, supposant l'homme " incapable de vrai et de bien " et parfaitement nuisible par ses prétentions chimériques à la vertu plutôt qu'à l'exercice tranquille de ses vices, s'est trouvé logiquement conduit à limiter ses ambitions philosophiques à la recherche de la moins mauvaise société possible .

Mais se résigner à considérer les hommes tels qu'ils sont, à la différence de l'enthousiasme des premiers utopistes, n'était pas sans danger : on pouvait dès lors non seulement s'accommoder de leurs vices, et surtout, chercher à convertir ces derniers en énergie utilisable par le système pour son propre fonctionnement .

Une société qui se présente comme " la moins mauvaise possible " ne peut qu'avoir tendance à fonder sa propagande sur l'idée qu'elle est là pour nous protéger de maux infiniment pires et donc, comme le faisait remarquer Guy Debord dans ses " Commentaires sur la société du spectacle, de 1988 ", une société libérale s'arrange toujours pour " être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats " . C'est toujours un drame idéologique pour cette société que de voir disparaître une figure historique du " Mal absolu " - la chute du mur de Berlin, en 1989, par exemple - . Et comme la place du " pire " ne doit jamais rester vide longtemps, la propagande libérale se trouve dans l'obligation perpétuelle d'en chercher de nouvelles incarnations, au besoin, en les fabriquant de toutes pièces .

Notre actualité est, hélas, très riche de toutes ces créations .

Résumons-nous : si le désir de soumettre les hommes à un idéal moral tenu pour universalisable est bien le crime qui contient tous les crimes, il devient donc impératif, pour instituer la tranquillité et la paix civiles, de neutraliser toutes les formes concevables de la tentation morale, que ces formes soient religieuses ou non .

Ce sera le rôle des nouvelles ressources de la Raison - la science en étant le modèle privilégié avec la technologie qui en découle - selon une double stratégie .

D'une part, désinstaller toutes les figures traditionnelles de l'autorité politique et de l'autre le placement progressif de l'existence collective des individus sous le contrôle de mécanismes impersonnels, idéologiquement neutres, dont le libre jeu produira automatiquement tout l'ordre politique souhaitable .

Et pour les libéraux il n'existe que deux mécanismes, ", " horlogeries parallèles " du système , et seulement deux, qui possèdent cette propriété providentielle : " le Marché et le Droit " .

Dès lors que ce transfert historique massif - et nous sommes à l'orée de ce basculement - aura été opéré, la dimension constitutive du nouvel ordre sera en place selon deux principes : le droit de faire tout ce qui n'est pas interdit par la Loi, le doit de faire tout ce qui ne contrevient pas aux lois du marché : " la société-machine " .

Mais la dialectique peut avoir ses raisons que la raison ignore et pour que les appareillages du Marché et du Droit soient réellement en mesure d'engendrer par eux-mêmes tous les équilibres que la théorie attend, il est nécessaire que les conditions de leur libre fonctionnement soient protégées de toutes les interventions " non orthodoxes " qui pourraient en perturber la logique .

D'où le paradoxe qui étreint " l'Etat libéral " qui se veut minimaliste mais doit se préserver le droit d'intervenir sur la société civile - et très souvent par la violence - chaque fois qu'il s'agit de défendre les conditions du " laissez-faire libéral " et donc à ses yeux de la liberté elle-même .

C'est ainsi qu'il est souvent conduit à devoir briser violemment les résistances culturelles au changement trouvant leur source dans la tradition et dans les avantages " injustement acquis " lors de luttes antérieures de la classe ouvrière et de ses alliés .

Cette contradiction-là est sa faiblesse .

NB : Réf. Jean-Claude Michéa, " L'empire du moindre mal " .

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