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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 15:47
" Pour qui sonne le glas ? " .

" Je n'aime pas Bruxelles mais j'aime la Grande-Bretagne " ( David Cameron, Premier Ministre britannique, Vendredi 19 février 2015, vers minuit, à la sortie des négociations sur le brexit ) .

Arrogant, méprisant, égoïste revendiqué, transpirant la haine, le verbe très efficace, tel est apparu David Cameron, hier soir, dans une salle de conférence pleine à craquer, depuis Bruxelles, éructant à la face des Européens sa satisfaction d'avoir obtenu la sortie " de facto " du Royaume-Uni de l'Union Européenne puisqu'il venait d'obtenir gain de cause sur toutes ses demandes : " Un statut spécial pour le Royaume-Uni " !

" Le Royaume-Uni ne fera jamais partie d'un super Etat de l'Union Européenne, le pays n'adoptera jamais l'euro, nous ne participerons pas aux parties de l'Union qui ne fonctionnent pas, Schengen, l'euro, une défense commune, la solidarité financière avec les Etats en difficulté ", a-t-il déclaré .

Un coup de poignard dans le dos de l'Europe, qui venait de tout lui lâcher, qui ne manquait pas de saveur .

" Il ne sera plus jamais question d'avoir quelque chose sans contrepartie ", ajoutait-il, faisant allusion à l'une des concessions faites par ses partenaires, le droit pour le pays de limiter sur une durée de quatre ans l'accès des travailleurs non européens aux prestations sociales . Revendication portée en France par Marine Le Pen, qui devient crédible, du coup, chez nous .

Le " théâtre " que constituent les " Sommets " a encore une fois bien marché . Alors que tous les médias diffusaient à tours de bras, tout au long de l'après-midi, la même antienne : " la négociation bat son plein ", Angela Merkel se faisait photographier, vers 18 heures, sur une place proche du Conseil, s'offrant un cornet de frites, ( photo retwitée des centaines de fois ) tandis que d'autres chefs d'Etat étaient restés dans leur chambre d'hôtel à suivre, d'un oeil distrait, la négociation à la télévision . Quant à notre Président, il consacrait deux heures à une interview sur France Inter pour parler de l'Europe et de la politique intérieure . ( Le Monde du 20/02/2016, Cécile Ducourtieux ) .

Comme on peut le voir, la tension était à son comble ! En fait, ce vendredi après-midi bruxellois offrait l'image d'une Europe déboussolée, malade de ses dissensions béantes, de son absence de gouvernance, de son incapacité à formuler un projet commun .

Quand le Président du Conseil ne trouve à dire, sur l'accord, que : " Pas glamour, mais sans concession sur les valeurs fondamentales ", le Président de la Commission " un compromis honnête ", ou le Président français : " Un Conseil européen ce n'est pas parce qu'il dure longtemps qu'il s'y passe grand chose ", on est édifié sur les convictions de ceux dont on attend une grande vision .

Par contre la mise en scène du Sommet fut des plus réussies . Le scénario prévu était qu'il fallait laisser à David Cameron la possibilité d'affirmer qu'il s'était battu comme un lion tandis que les autres membres devaient prouver qu'ils avaient résister de toutes leurs forces : d'où ces descentes répétées de la délégation britannique dans le grand salon des conférences de presse du Conseil pour répéter qu'il " restait beaucoup de travail à accomplir ", ou d'autres dirigeants venant répéter en boucle " qu'il n'y a d'accord sur rien, tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout " ( Le Monde du 20/02 ) .

La vérité étant que , malgré les réécritures répétées à la virgule près de l'accord, par ce qu'il est convenu d'appeler les " sherpas " des délégations, le texte final est quasiment le même que celui arrêté il y a deux semaines pour le sommet .

Le bilan ? Il est dans l'invitation du Président de la Commission, aux journalistes " avec l'élégance qui les caractérise, à ne pas considérer que l'Europe est en crise ou incapable de décider " . Ce qui ne signifie pas autre chose que " l'Europe est bien fatiguée " .

Car deux autres sommets sont prévus au mois de mars au cours desquels il va falloir neutraliser deux grenades des plus explosives concernant la crise migratoire : l'initiative autrichienne de convoquer à Vienne, la semaine prochaine, un mini-sommet des pays de l'est, pour coordonner la fermeture de " la route des Balkans " aux migrants, ce qui transformerait la Grèce en un " vaste piège à migrants " et la demande de certains pays, de confier à l'Otan, la surveillance de la frontière turco-grecque, dans une zone où cinglent une bonne dizaine de flottes de guerre .

Peut-on se contenter de dire, aujourd'hui, que l'Europe est seulement fatiguée ? La fin des solidarités, fondement de la première construction européenne, fin actée par les dernières concessions accordées aux Britanniques, amplifie le mouvement vers une Europe " à la carte ", consacre l'Europe en tant que grand marché, en fait un " Titanic " sans capitaine dans la passerelle, alors que les iceberg se multiplient autour de lui .

Et puis une question reste posée : quelques 60 millions de Britanniques vont se prononcer le 23 juin prochain sur cet accord . Pourquoi les Européens ne se prononceraient pas aussi et doivent-ils laisser 27 dirigeants décider à leur place ?

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Published by regain2012 - dans Politique
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