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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 14:58
Brexit : lenouveleconomiste.fr

Brexit : lenouveleconomiste.fr

" L'Europe ne pourra être relancée sans que les Anglais en sortent " ( Michel Rocard ) .

( 1 ) .Titre de Marianne, No 983 du 12 février 2013 .

Une catastrophe menace l'Union Européenne, en 2017 : la Grande-Bretagne pourrait quitter le Continent ( un Brexit ) . L'Union Européenne tremble de peur . " Un drame " pour le Premier Ministre français, à Davos, le mois dernier, aussi grave que " la crise des migrants ", que le " terrorisme ", que " la montée des populismes " . Et pourquoi pas les invasions Vikings ?

Mais où est le problème ? Depuis Margareth Thatcher, les Européens, les Allemands et les Français ont toujours tout cédé aux demandes britanniques .

En 1979, M. Thatcher électrise le Conseil Européen : " Qu'on me rende mon argent ! ", clame-t-elle ! Elle estime que la Grande-Bretagne donne plus au budget européen qu'elle n'en reçoit . Mitterrand et Khol cèdent et actent " le rabais britannique " ( qui a coûté à l'Europe 31 Mds d'€ entre 2007 et 2013 derniers chiffres connus ), sous la forme d'un chèque de remboursement annuel . Des Mds en moins pour la solidarité intra-européenne .

En 1989, le Britannique Léon Brittain, un ultra-libéral, prend en charge le commissariat européen à la concurrence . Pendant dix ans il s'emploie à démanteler, secteur après secteur, les barrières tarifaires et non tarifaires, la préférence communautaire, associant aux décisions les grandes firmes européennes et américaines à travers le " TABD ", lobby international de ces mêmes multinationales .

En 1990, c'est le Premier Ministre John Major qui a succédé à M. Thatcher, qui, en obtenant pour son pays un " opt out ", une " dérogation " à la Charte des Droits Fondamentaux Européens, en particulier ceux des travailleurs, porte un coup mortel à l'Europe sociale : " Le succès économique de la Grande-Bretagne, pourra-t-il expliquer avec fierté, dépend de ses coûts sociaux bas, l'absence de chapitre social et de salaire minimum " .

Et quand, quelques années plus tard, la Cour de Justice des Communautés Européennes ( CJCE ) condamne la Grande-Bretagne, pour le refus d'appliquer la Directive de 1993, imposant trois semaines au moins de congés payés et la limitation du temps de travail hebdomadaire à 48 heures, John Major répond par un bras d'honneur .

En 1997, c'est le travailliste Tony Blair qui va flinguer la vieille Europe : il provoque une scission au sein de l'Europe entre les Atlantistes, purs et durs, en s'alignant sur George Bush et son intervention catastrophique en Irak, et les partisans de la ligne indépendante de l'Europe, la France de J. Chirac et l'Allemagne . Puis en s'opposant au Traité Constitutionnel, en 2005, qui sera rejeté par les Français par référendum, mais milite pour un Traité allégé où la Charte des Droits fondamentaux européens sera vidée de son contenu, ce qui sera fait, avec la complicité active de N. Sarkozy et de F. Hollande, fin 2007 par l'adoption du Traité de Lisbonne .

En 2013, David Cameron porta plainte contre dix autres pays de l'Union qui avaient décidé de mettre en place une " Taxe sur les transactions financières " ( TTF ) pour ptotéger son " marché financier " - comprendre les banques de la City - " d'effets extraterritoriaux " . Et bien que ce recours ait été rejeté, Cameron campe sur sa position : " faire en sorte que les pays qui appartiennent au marché unique mais pas à la zone euro soient protégés comme il se doit " . On ne peut rêver position plus solidaire !

C'est pourquoi, dans le paquet actuellement en discussion,on trouve à une bonne place la demande de " Privilège de juridiction pour la City " : consécration juridique de la City comme paradis fiscal, ce qu'elle est déjà, plus ou moins, dans les faits .

Le résultat de tous ces renoncements européens est que la Grande-Bretagne est une nation " à peine à moitié européenne " : " Elle n'est ni dans la monnaie unique, ni dans l'espace Schengen de libre-circulation des personnes, ni dans les politiques européennes d'asile, ni dans l'Union bancaire, ni dans la politique de défense, ni dans l'espace judiciaire, finalement assez peu dans le budget communautaire et elle n'est même pas impliquée dans la moindre solidarité avec la Grèce . Alors où réside le danger d'un " Brexit " ?

Aucune part ! Aussi je dis avec Michel Rocard que si les Anglais sortent de l'Europe, " j'applaudirai " !

NB : d'après l'article de Hervé Nathan, Marianne No 983 du 12 février 2016 .

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Published by regain2012 - dans Politique
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